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Pour le mot cytodi, yoyez page

mouvements deviennent moins vifs ; il se raccourcissent, un nucléole volumineux qui s'entoure d'un corps nucléaire apparaît dans chacun d'eux; ils passent à rétat de cellules (fig. G5, I).

Des différenciations nouvelles ont lieu, les cellules formées deviennent plus complexes et prennent enfin la forme de Grégarines.

Dans les phases principales de leur développement individuel, les Grégarines sont donc successivement cytodiques, puis monocellulaires.

COLPODES, OPALINES ET BALANTIDIUM.

Les trois formes dont nous allons nous occuper sont des Infusoires vrais , c'est-à-dire des Protozoaires nucléés et couverts de cils à Tétat développé comme à Tétat larvaire.

Tout le monde a lu ou a entendu dire que ces organismes fourmillent dans nos eaux douces et dans Teau de mer, et beaucoup de personnes s'imaginent en avaler des milliers dans un verre d'eau. Cependant, si, se fiant à ces données, le lecteur soumet à l'examen microscopique les eaux employées comme boisson, il ne verra probablement rien * ; s'il examine l'eau d'une rivière ou

1. Les mystificateurs qui, dans les foires, font voir, h l'aide du microscope solaire, à des spectears terrifiés, le prétendu contenu d'une goutte d'eau, ont soin de réunir dans l'instrument une «érie d'organismes divers recueillis

de la première mare venue, il sera tout étonné de n'apercevoir que peu d organismes vivants traversant le champ de son instrument.

Le premier insuccès provient de ce que les eaux de source sont, en général , à peu près pures de matières organiques et n'offrent, par conséquent, pas aux Infusoires les éléments nécessaires à leur nutrition et à leur multiplication. Le deuxième échec tient à la nature essentiellement errante de la plupart des Infusoires. Il faut rencontrer ou déterminer des circonstances favorables pour les observer réunis en grand nombre. Nous allons indiquer les moyens de réussir à peu près à coup sûr pour trois formes très intéressantes.

CoLPODES (Colpoda*), Afin de se procurer des Colpodes, dont la forme la plus commune est le Colpoda cucuUus, on met dans un vase renfermant environ un demi-litre d eau, une poignée de foin nouveau de Tannée et on laisse macérer ce foin jusqu'à ce que Teau devienne trouble et répande une odeur désagréable. Toute goutte de cette infusion de foin examinée au microscope renferme des Colpodes, souvent par légions.

En plaçant sous la lamelle de verre qui recouvre la préparation quelques minces débris végétaux entrecroisés, on empêche les individus de sortir trop vite du champ de l'instrument.

d'avance et souvent un à un. Fait plus grave, de soi-disant manuels scientifiques contiennent des figures consacrant la même erreur. 2. Ou Kolpodn.

Ce sont de petits animaux aplatis dont le contour rappelle celui d'une poire ; ils nagent , lextrémité rétrécie en avant, à l'aide d'un revêtement de cils fins recouvrant tout le corps. A la face ventrale et près de l'extrémité antérieure, on observe un orifice en fente transversale : c'est la bouche dont la lèvre inférieure est garnie d'une brosse de cils raides (fig. 06, A, &).

Dans le tiers postérieur, ou vers le milieu de la longueur du corps, existe une sphérule transparente semblable à une gouttelette d'eau pure (fig. C6, A, v). L'observateur pourra constater que cette sphérule apparaît ef disparaît à infer\alîes i-éjjiiîieis. Il ^'a^it, en effet, d'une vacuole pulsatile, organe déterminant probablement l'expulsion de produits d'excrétion.

La taille du Colpode du foin est trop minime pour que des commençants puissent soumettre cette forme à un examen plus détaillé; l'étude d'Infusoires plus grands est donc nécessaire ; mais avant de l'aborder, il nous faut expliquer l'apparition des Colpodes dans l'infusion végétale, afin de prémunir le lecteur contre toute idée fausse.

Dans les lieux où la chose est possible, les prairies $ont soumises à des irrigations durant une partie de Tannée; les graminées et autres plantes sont, par conséquent, baignées par de l'eau où nagent des Infusoires parmi lesquels des Colpodes. Pendant la belle saison, lorsque l'eau se retire et s'évapore, les Colpodes deviennent immobiles, se contractent et s'entourent chacun d'une enveloppe mince et résistante; ils

Figure 66.

A , Colpoda eueuUui, dans diffêmites positions. (D'tprès nature.)

B, Opalinu ramtntm, déTdoppée.

C, D, PHlfiXS DB LA MULTIFUGAUOy PAB DIVI610N.

E, Uk des plus PITITB IKDIYIDUB B^SULTAST DB CETTE DITI&IOX.

F, Le NftME, ENKYBTft (!HSZ LA GBEKOUILLE.

G, iNDlTIDt; ENKTHTi CHEZ VS tAtaHD.

H, Jeune inditidu ayant quitta le kyste.

I, K, Augmentation de taille, multiplication du noyau.

(Les figures B, C, D, £, F, 6, H, I, K sont dessinées d'apiès ZeUer.)

L, Balanlidium mtozoon, (D*après Claparède.)

a, anus.

b, bouche.

V, Yésicule pulsatile.

n, noyau.

Figort 6C.

COLPODIB, OPALINKB ET BALÀlTTIDIUM.

s'enkystent. Ces kystes restent fixés aux tiges et aux feuilles des végétaux ou sont transportés par le vent avec les poussières de toute nature ' .

Dans les kystes, les Colpodes se multiplient par division, de façon à produire chacun deux ou quatre individus qui se sécrètent souvent des kystes particuliers. L'ancienne enveloppe peut se fendre et mettre ainsi des kystes secondaires en liberté.

Enkystés, les Colpodes conservent pendant longtemps leur vitalité, attendant Thumidité nécessaire pour sortir de leur coque et reprendre la vie active. Vienne une irrigation nouvelle, une pluie d'orage qui les entraîne à la rivière ou à Tétang voisin, et au bout de peu d'instants les Infusoires considérablement accrus en nombre quittent les kystes et nagent avec rapidité. Ainsi , en plaçant du foin dans l'eau , nous avons littéralement semé dans le liquide une grande quantité de kystes de Colpodes.

Opalines (Opalina). Après avoir tué une grenouille rousse, on ouvre la cavité abdominale, on enlève l'intestin terminal et on vide ce dernier dans un verre de montre renfermant quelques gouttes d'eau. Les excréments, généralement colorés en vert foncé, ayant été quelque peu divisés à l'aide d'aiguilles, on procède à un examen à la loupe.

1. Stein t troaTé des kystes de Colpodes sar des feuilles de bonleta, à 2000 pieds d'altitude. La locaUté étant sans ean, les kjstes n'avaient pa 6tr« apportés que par le vent.

La première fois, la surprise de Tobservateur est vive; en eflFet, il voit nager, au milieu des débris d'excréments, de grands Infusoires plats atteignant six, sept et même, parfois, huit dixièmes de millimètres de longueur. Ce sont des Opalines fOpa/ma 7'anarum)y parasites à peu près constants de Tintestin terminal de la grenouille rousse*.

L'analyse plus détaillée, au microscope composé, permet de constater que l'Opaline dont le corps très aplati est à peu près elliptique (fig. Ç^Q, B), est recouverte, comme les Colpodes, de cils mobiles servant à la natation et au renouvellement continuel de l'eau en contact avec l'animal.

M. Ernst Zeller qui a fait en 1877 une étude soignée de ces Infusoires parasites', admet que le parenchyme n'est pas limité par une cuticule. Une cuticule est cependant incontestablement présente chez beaucoup d'Infusoires. Les cils ne sont pas implantés à sa surface, mais la traversent, naissant, en réalité, du parenchyme sous-cuticulaire.

Chez les Grégarines, nous avons vu que ce dernier est différencié en un endosarque, un ectosarque et une couche superficielle musculaire. Les Inftisoires nous offrent une disposition à peu près semblable et, chez les

1. La grenouille rerte héberge YOpalina dimidiata. Des formes différentes de celles-ci s'obserrent chez d'autres batraciens anoures.

2. Untertuehungen ûber die Fortpjlantzung der ,.. Opalinen, (Zeitschr. f. wiss. Zoolo^e de Siebold et KoUiker, Band xxiz, 1877, page 362.)

Opalines en particulier, la couche contractile muscnlaire déterminant les mouvements généraux du corps est très nettement visible; elle est formée de bandes claires longitudinales séparées par des traits obscurs.

L'ectosarque est chargé de granules fins et nous cache Tendosarque qui, chez les Infusoires, est ordinairement clair et beaucoup plus liquide. Plusieurs auteurs, entre autres Greef, Claparède et Lachmann, ont regardé Tendosarque comme une cavité digestive pleine de chyme fluide.

Les infusoires sont des êtres monocellulaires, mono ou pluri-nucléés. Les Colpodes et la plupart des animaux en question ne possèdent qu'un seul noyau ; les Opalines constituent, au contraire, un exemple remarquable de Protozoaires à noyaux multiples. Ces éléments qui, ainsi que la découvert Engelmann\ et comme nous allons l'expliquer dans un instant, augmentent en nombre avec l'âge de l'individu, sont, chez les grandes Opalines, disposés en files longitudinales parallèles*.

Il est ordinairement admis, quoique le fait ait été contesté dans ces derniers temps, que les noyaux sont toujours logés dans l'ectosarque.

1. Onderzoekingen over onUcikkeling en voorpîanting van In/moria, Utrecht, 1875.

2. C'est k dessein que nous ne parlons ni de la différenciation de Télément nucléaire des Infusoires en noyau (endoplaste) et nucléole (endoplastnle), ni du caractère probablement femelle du premier et mâle du second, ni du phénomène de la conjugaison. Traités brièvement dans un ouvrage élémentaire, ces sujets resteraient fiatalement incompris.

Les Opalines constituent une autre exception parmi les Infusoires; elles n'ont ni bouche, ni anus, ni vésicule pulsatile.

Comme tous les autres Protozoaires, elles ne possèdent point d'organes génitaux dans le sens strict de ce terme. Leur reproduction est asexuelle. Voici, du reste, en peu de mots, d'après M. Zeller, les phases successives de la reproduction de YOpalina ranarum.

Arrivée à une taille suffisante , l'Opaline se divise en deux, suivant une ligne oblique (fig. ^, C). Chacune des moitiés prend les caractères d'un individu complet, mais plus petit, puis se divise de nouveau en deux et, cette fois, transversalement (fig. G6, D). Cette division transversale se répète et donne lieu à une série d'Opalines fort petites, n'ayant plus chacune que quelques noyaux (fig. 66, E). En cet état, ces animaux se contractent, deviennent sphériques et s'entourent d'une enveloppe mince, en un mot s'enkystent (fig. ^, F).

Au commencement du printemps, ces kystes sont expulsés avec les excréments de la grenouille et sont avalés par les têtards. Dans l'intestin terminal des larves de batraciens, les kystes se rompent et les jeunes Opalines redeviennent libres. Leur noyau est alors unique (fig. 60, G, H). Les Opalines croissent, s'allongent, leur noyau se multiplie par division et produit d'abord ainsi une série de corps nucléaires disposés en ligne longitudinale (fig. 66, 1, K); puis ceux-ci se multipliant, à leur tour, dans le sens latéral, fournissent les autres séries parallèles de noyaux.

Balantidium. L'examen du contenu , non seulement de Imtestin terminal, mais aussi de Tintestin moyen des divers amphibies du pays, grenouilles ou tritons, permet d observer un autre type dlnfusoire , la forme Balantidium {Balantidium duodeni et d'autres).

Les Balantidium (fig. 66, L) ne sont pas comprimés; leur corps est renflé en arrière, aminci en avant; ils sont, comme les précédents, revêtus de cils fins. Leur bouche se trouve placée au fond d'une fosse ou gouttière allongée, légèrement courbée en arc et dont les bords (celui de gauche, surtout) sont garnis de cirrhes en frange serrée. La vésicule contractile est située dans la région postérieure. Le noyau est ovalaire. L*anus est terminal et apparaît sous l'aspect d'une fente étroite au moment de l'expulsion des excréments.

Ce qui précède suffit pour donner une idée de l'organisation des Protozoaires nucléés. Nous renvoyons pour les caractères principaux des diflérents types au tableau qui termine ce chapitre.

PROTOZOAIRES CYTODIQUES*.

Les Protozoaires incontestablement cytodiques ou monères, représentent l'état le plus inférieur de la vie

l. Les Sadiolaires, que l'on a considérés comme cytodiqnes, paraissent, d*aprës les recherches récentes, être intimement liés anx ffé/iozoaires et constituer, par conséquent, arec ceux-ci, une subdivision des Protozoaires nucléés ; le ^upe des cytodiques rrais se réduit ainsi aux mcnères.

animale. Ce sont les êtres chez lesquels les différenciations anatomiques et physiologiques sont poussées le moins loin.

La totalité du corps ne consiste qu*en une masse de protoplasme sans noyau, sans vésicule contractile. On y distingue seulement une couche externe plus claire, plus dense, Yectosarque, et une matière interne chargée de granules et paraissant liquide , Yendosargue, Les seuls organes visibles, si Ton peut appeler cela des organes , sont des appendices protoplasmiques simples ou ramifiés émis par lectosarque et dans lesquels Tendosarque se prolonge en traînées axiales ( fig. 67, A, E ).

Ces prolongements ou pseudopodes {^irjir.ç, faux, Trou;, pied), tantôt filiformes et produisant alors facilement des réseaux périphériques, tantôt larges et obtus, s^allongent ou se rétractent; leur substance, dans ce dernier cas, se fusionnant de nouveau avec la masse générale du cytode.

M. Huxley a proposé le nom de Myœopodes pour les organismes se mouvant à Taide de pseudopodes. Le Myxopode se déplace en faisant adhérer ses prolongements aux corps solides et en entraînant ensuite par contraction le reste de la masse protoplasmique. C'est aussi à laide des pseudopodes que le Myxopode s'empare des Diatomées, des Infusoires et des autres êtres qui lui servent de nourriture. Chaque point de la surface, aussi bien du réseau formé par les pseudopodes entrelacés et soudés autour de la proie, que du corps même du Protozoaire, peut englober des aliments et les digérer,

Figure 67.

A , Protomyxa aurautiaea.

B» Flabmodium de Protomyxa inkystA.

C, Lb contenu du KT8TB B*E8T BEOMENTi.

D, EvdTB BOMPU, laissant échapper des spores k prolongement flagelli-

forme ; transformation de ces spores en myxopodes.

E, Multiplication pab division de la Protamœba primitiva.

( Figures imitées de Haeckel. )

La digestion terminée, les résidus sont expulsés, en traversant une région quelconque de Tectosarque.

Tantôt la reproduction est précédée du phénomène de Tenkystement (VampyreUa, Myœastrum, Protomonas, Proiomyxa, etc.) Dans ce cas, le contenu du kyste se segmente en général en plusieurs portions qui, ou bien peuvent reproduire directement la forme du parent, ou bien passent d'abord par une forme mobile nageant à Taide d un filament ondoyant ou flagellum, puis acquièrent ultérieurement des pseudopodes et prennent l'aspect du Myxopode primitif (fig. 67, B, C, D).

Tantôt la reproduction, encore plus simple, se réduit à une division, par étranglement, de la masse protoplasmique en deux cytodes plus petits, à existence propre et destinés à se reproduire à leur tour de la même façon, après avoir acquis graduellement une taille voisine de celle de l'individu mère. (Protogenes, Protamœbay fig. 67, E.)

Tous ces Protozoaires cytodiques sont des êtres aquatiques, la plupart du temps microscopiques. Certaines formes peuvent s'associer soit par entrelacement de leurs pseudopodes, soit par fusion des corps euxmêmes en une masse ou plasmodie commune d'un volume parfois très grand. Ainsi l'on a constaté que la boue ou vase calcaire des mers profondes (Huxley), la vase des mers polaires (Bessels), la boue dans les eaux douces (Greef), cachent des masses considérables de protoplasme vivant, à mouvements amiboïdes, que l'on

désigne respectivement sous les noms de Bathybivs, Protobatht/bttts et Pelobius ' .

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