Fbahois Dat. Unnêon todety. Séance da 16 insn
introduisit à la Nouvelle-Zélande des œufs de truites provenant d'Angleterre. L'éclosion et l'élevage réussirent fort bien, mais les poissons qui se nourrissaient d'animaux aquatiques évidemment tout autres que ceux qu'ils auraient rencontrés dans leur pays d'origine, ne tardèrent pas à acquérir des caractères locaux portant sur la forme, la taille, ôt, ce qui est bien plus curieux, sur la structure anatomique. L'accroissement de poids annuel devint considérable et le nombre des coecums pyloriques se trouva augmenté * .
Nous croyons inutile d'ajouter d'autres exemples à ceux que nous venons de citer; du reste, le grand nombre de variétés ou déviations locales décrites dans les ouvrages systématiques à côté des formes que l'on regarde comme typiques, les variétés locales fréquentes que l'on peut voir dans tous les grands musées, suffisent à montrer que Invariabilité, c'est-à-dire la tendance des formes animales sauvages contemporaines à varier suivant l'ensemble des influences extérieures, est incontestable.
b) HÉRÉDITÉ. Tous les animaux sont doués d'une propriété inhérente à leur nature même, c'est Yhérédite, en vertu de laquelle un être en se reproduisant
1. Les coecums pyloriques des Poissons téléostéens sont des tubes, parfois
très nombreux, annexés à l'origine de l'intestin moyen. Le nombre de coecums
dans une même forme a généralement été regardé comme constant et peut
^ ttre employé dans la distinction des formes entre elles. On comprend dès lors
t<nit« la Taleur de la modification oiFerle par les traites de la NouTelle-Zélande.
tend à transmettre à ses descendants les caractères et tous les caractères qu'il présente. II n'est aucun éleveur d'animaux domestiques, dit Darwin, qui révoque en doute la force des tendances héréditaires; le semblable produit le semblable, tel est leur axiome fondamental.
Deux cas peuvent se présenter : 1*> si l'individu n'est pas modifié par des causes spéciales ayant agi pendant son développement ou après sa naissance, il tendra à reproduire dans sa progéniture son image à peu près exacte.
^ Si l'individu est modifié, au contraire, il tendra à perpétuer, dans la génération nouvelle qui en provient, les caractères nouveaux qu'il a acquis.
L'hérédité permet d'expliquer les faits curieux que présentent les croisements : les deux individus unis sexuellement appartiennent à des races différentes, c'est-à-dire à des formes ayant dévié d'une même souche dans des directions diverses (cheval anglais et jument flamande, taureau de Durham et vache hollandaise, etc., etc.); ils possèdent chacun des caractères propres qu'ils tendront tous deux à transmettre à leur produit. Voilà pourquoi les animaux résultant d un croisement ressemblent à la fois et au père et à la mère.
Le métis n'est jamais exactement intermédiaire entre deux types; il se rapproche toujours un peu plus de l'un des parents et il en résulte, en vertu de Vhérédtté, que, si le métis est fécond, il donnera lieu à des générations qui se rapprocheront de l'une des formes originaires pour finir par la reproduire complètement. On a, par
exemple, élevé, dans ces dernières années, des mélis de' Lièvre et de Lapin, sous le nom de Léporides ; ces métis se reproduisaient entre eux, mais les générations successives inclinaient de plus en plus vers le type du Lapin et finissaient fatalement par y aboutir.
On voit donc que, pour qu'il puisse y avoir dans le temps transformation réelle d'une forme animale en une autre, ou seulement transformation d'une variété momentanée en une variété permanente, c'est-à-dire, en somme, conservation ou même exagération, chez les descendants, de caractères nouveaux acquis par un individu ou quelques individus, il faut des causes qui impriment à l'hérédité une direction déterminée, la même durant longtemps.
Ces causes existent, ce sont la sélection natm^elle et la concwn'etice vitale.
c) SÉLECTION NATURELLE*. (Élection naturelle, choix, triage naturel.) Lorsqu'un éleveur veut perpétuer, sous forme de race, les caractères présentés par quelques individus, par exemple, des bœufs sans cornes, des moutons à laine très fine, des chevaux particulièrement aptes à tel ou tel exercice, etc., il fait choix de reproducteurs mâles et femelles offrant ces caractères d'une manière déjà assez prononcée pour que, l'hérédité aidant, il obtienne une première génération reproduisant, au moins partiellement, les caractères intenses désirés. Il sacrifiera les individus les moins beaux ou présentant