APPAREIL DES SENSATIONS
Bien que tous les animaux semblent posséder, à un degré plus ou moins prononcé, la faculté de sentir et de manifester leurs sensations par certains actes extérieurs, ce n'est que chez les Métazoaires qu'on observe un tissu spécial sensitif, le tissu nerveux, susceptible de subir, à la suite de causes ou d'excitations très diverses, l'ébranlement intime qui constitue une impression, et de réagir, à son tour, sur les autres tissus, le tissu musculaire, par exemple, pour y déterminer un état d'activité.
Les impressions ou excitations du tissu nerveux peuvent être perçues par l'individu ; on leur réserve dans ce cas le nom de sensations; souvent elles ne sont point perçues, et l'on est convenu de les appeler alors simplement impressions.
Il est inutile de donner d'exemple de sensations ou impressions perçues ; quant aux impressions simples ou non perçues, elles appartiennent en général au domaine de la vie organique ou végétative. Il est bon de fixer les idées à cet égard en indiquant au moins un cas : notrç
estomac était vide, inactif; nous y introduisons des aliments. Au bout d'un temps très court , un liquide digestif acide, le sucgastrique, est abondamment déversé dans Torgane par les milliers de glandules logées dans sa muqueuse*. En même temps, les couches de fibres lisses faisant partie des parois stomacales entrent en action; Testomac semoule sur son contenu; des contractions régulières de la tunique musculaire se propagent de gauche à droite ; un anneau musculaire qui maintenait fermé Torifice intestinal de Testomac ou pylore, se relâche par intermittences , laissant passer successivement, dans les parties suivantes du tube digestif, de petites portions d'aliments partiellement digérées.
Ici notre tissu nerveux a été excité par la présence d'aliments dans l'estomac et a réagi en excitant la sécrétion des glandules de la paroi et la contraction des fibres musculaires lisses. Seulement, nous n'avons rien perçu; nous n'avons conscience ni de l'excitation, ni des faits qui la suivent. Si peu conscience, que si ce livre est le premier où il rencontre des notions de physiologie, le lecteur doit être surpris d apprendre que les phénomènes en question se passent chez lui à chaque repas.
Le tissu nerveux qui possède ainsi les propriétés remarquables que nous venons d'indiquer brièvement, forme l'appareil qui tient en quelque sorte tous les autres sous sa dépendance, X appareil des sensations, qu'on
1. Voyez, pour l'esplication du mot muqueuse : Appareil dfçeslif, § 21 Te ce chapitre.
dhise, pour la facilité de l'exposition et de l'étude, en système no'veua; et organes des sens.