SIXIÈME SENS
Le sixième sens n'est peut-être qu une modification du toucher; quoi quil en soit, les organes que Ion y rapporte ont été, comme nous lavons indiqué plus haut (page 102), obsenés chez les Poissons, les Amphibies et les Reptiles. Nous nous contenterons d'en dire quelques mots chez les Amphibies.
Lorsqu'on observe à la loupe les côtés de la tête et les parties latérales de la queue des têtards, on y remarque de petites élévations ponctiformes sur la surface de la peau. Chacune d'elles se compose de deux espèces d'éléments ; des éléments protecteurs et des éléments sensoriels.
Les éléments protecteurs sont des cellules épidermiques superficielles disposées en rosace ou en pyramide autour d'un petit tube cylindrique.
Les éléments sensoriels, plus profonds, sont représentés par un groupe de cellules allongées ou piriformes
1. Lkboucq. Beehfrche$ tur le développement et la terminaison de» nerfe chez les larves des Batraciens, (Bulletin de l' Académie. Mars, 1876.)
dont les extrémités inférieures sont chacune en continuité avec une libre nenreuse, tandis que les extrémités supérieures portent, chacune aussi, un petit cil raide faisant saillie dans le fond du tube cylindrique cité plus haut.
Le tube étant rempli d'un liquide visqueux, les cils sont médiatement en rapport avec le milieu extérieur et sont, par conséquent, ébranlés par les plus légères vibrations de celui-ci. Chez les larves de tritons qui ont atteint une certaine taille, les mouvements de leau doivent se transmettre dune façon plus directe, car les boutons sensoriels sont surmontés chacun par un long cil faisant saillie à l'extérieur (fig. 21).
Figure 21.
DEUX OROAVES DITS DU SIXIEME 8KN8,
ran de £ice, pris le loDg de la ligne latérale du corps, Vautre de profil,
sur la peau de la tète. (Têtard de Triton alpeêtris,)
Béduit de moitié d'après une figure de Leydig.
Tous les organes du sixième sens sont animés par autant de rameaux nerveux provenant, pour la tète du têtard, du nerf trijumeau et, pour les flancs, du net^f latéral, grande branche cutanée du pneumogastrique. (Voyez page 94.)
Le sens du goût guidant l'animal dans le choix des aliments, a nécessairement son siège dans des organes situés à l'origine du tube digestif. Chez les Vertébrés et principalement les Mammifères, nous savons, par notre expérience personnelle de chaque jour, que la gustation est localisée dans la langue.
La langue, fixée à la partie antérieure de l'hyoïde, offre souvent, comme charpente , une lame médiane fibreuse; sa masse principale est constituée par des muscles multiples lui donnant sa grande mobilité et s'insérant sur le groupe hyoïdien, sur la mâchoire inférieure, etc. Ce que Ton nomme communément la peau de la langue est une muqueuse épaisse ' comprenant un derme et un épithélium. Le derme, avec son revêtement épithélial, se relève chez beaucoup d'animaux , en innombrables papilles donnant à la langue un aspect soit velouté, soit rugueux.
Un certain nombre de ces papilles sont des papilles gustatives, elles reçoivent à cet effet les terminaisons nerveuses sensitives de nerfs qui, chez les Mammifferes seuls, sont au nombre de quatre. Les papilles gustatives de la partie antérieure de la langue de ces animaux supérieurs étant innervées parles deux nerfs linguaux, les papilles de la partie postérieure ou base de la langue