ODORAT
Chez les Vertébrés à respiration aérienne, les organes de l'odorat ou narines sont en communication avec
1. Les nerfs hypoglaueê ou moteurs de la langue sont représentas chez les Amphibies par la première paire spinale, Vovez fig. 17, 1.
lappareil respiratoire et sont, par suite, constamment parcourus par Tair arrivant aux poumons ou en sortant. Cet air tient en suspension des particules odorantes qui viennent exciter, d une façon spéciale, les terminaisons nerveuses de la muqueuse nasale.
Chez les Vertébrés à respiration exclusivement aquatique (Poissons), les cavités nasales sont ordinairement closes au fond et ne communiquent alors, ni avec la bouche, ni avec l'appareil respiratoire. Ce sont les particules odorantes flottant dans Teau qui viennent les impressionner.
Ainsi que nous l'avons vu, à propos du système nerveux de la grenouille (page 88), les filaments nerveux olfactifs naissent des lobes olfactifs ou prolongements du cerv^eau antérieur. Ils viennent s'épanouir dans la muqueuse des narines et s'y terminer, dans des cellules particulières (cellules olfactives), surmontées chacune, chez la grenouille, d'une touffe de cils dépassant la surface de l'épithélium. Ces cils saillants dont on a constaté aussi la présence chez les Oiseaux, manquent chez les Mammifères.
L'orifice externe des narines est fermé lorsque la grenouille plonge ; il s'ouvre, au contraire, lorsqu'elle met la tète hors de l'eau pour respirer; il est, en outre, continuellement en mouvement pendant la respiration. Ces modifications s'opèrent par l'action de très petits muscles insérés sur les maxillaires et intermaxillaires à la partie antérieure du museau.
Nous n'insisterons ni sur la charpente, ni sur la forme
des fosses nasales des Vertébrés ; nous dirons seulement, parce qu'il s'agit d'un caractère zoologique important, que chez quelques Poissons, la lamproie, par exemple, l'organe nasal est impair. Ces animaux n'ont qu'une narine située à la partie supérieure de la tête, sur la ligne médiane.
Dans le langage ordinaire, on appelle oreilles des appendices externes de la tète aflectant plus ou moins la forme de cornets ou de pavillons et n'existant que chez les Mammifères. Ces appendices ne sont que des parties accessoires, des collecteurs du son, destinés à réfléchir, vers l'organe auditif proprement dit, le plus grand nombre possible d'ondes sonores. Une série d'autres pièces propres à Torgane de l'audition des Vertébrés supérieurs, tels que la chaîne des osselets, etc., ont pour rôle de faciliter la transmission des vibrations jusqu'au compartiment récepteur renfermant les terminaisons nerveuses excitables, mais ne sont pas indispensables non plus. Aussi existe-t-il une foule d'animaux qui entendent incontestablement et ne possèdent cependant que la petite cavité close où viennent aboutir les fibres du nerf auditif. Cette cavité qui est toujours enfouie plus ou moins profondément dans les parois du corps * ou de la tète de Tindividu , est donc la partie
1. L'organe auditif n'est pas toujours porté par la (ùte ; des articules, les Mifiiê{Cr\ïsi^céA)t ont l'organe de l'audition logé «lans les lamelles de la queue.
essentielle, Torgane auditif proprement dit. Elle porte pour les Vertébrés le nom de labyrinthe.
On admet, chez les Mammifères, au point de vue physiologique, une division de Torçane auditif en trois portions successives, qui sont, en procédant de l'extérieur vers l'intérieur, VoreiUe externe, YoreiUe moyenne et YoreiUe interne (labyrinthe). Les deux dernières se retrouvent, quoique simplifiées, chez la grenouille.
L'oreille externe des Mammifères se compose : P du pavillon, repli de la peau soutenu par des cartilages, souvent très mobile, mû par des muscles spéciaux, atteignant, on le sait, de grandes dimensions chez le lapin, l'âne, certaines races de chiens, des chauvessouris, etc. ; 2** du conduit auditif externe, conduit tapissé par la peau et s'enfonçant dans la paroi crânienne. Ce conduit est fermé à son extrémité profonde par une membrane tendue, la membrane du tympan.
La grenouille n'a ni pavillon, ni conduit auditif; son tympan assez grand, tendu sur un cadre cartilagineux situé immédiatement en arrière de l'œil, est à fleur de tête. Il est recouvert par la peau qui y adhère.
VoreiUe moyenne (fig. 22, a), logée dans l'épaisseur des parois de la tête, séparée de l'oreille externe par la membrane du tympan, est une cavité assez irrégulière, communiquant avec l'arrière-bouche par un canal spécial, la trompe d'Eustache*. Les deux trompes d'Eustache de la grenouille aboutissent aux angles latéraux