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2. Le péritoine enveloppe et fixe bien d'autres organes que le tube digestif proprement dit : les organes reproducteurs, par exemple : mais nous np pouvo|i8 nous étendre sur ce sujet.

ici ce qu'on nomme muqueuse : de même que la surface du corps est recouverte par la peau, les organes ou appareils internes creux en rapport avec l'extérieur par les orifices naturels, comme Tappareil digestif, par exemple, sont tapissés en dedans par une sorte de peau intérieure. On désigne généralement ces revêtements internes sous le nom de muqueuses. Les muqueuses comprennent, comme la peau, une couche fondamentale conjonctive, vasculaire, riche en nerfs et logeant de nombreuses glandes (on peut rappeler derme des muqueuses), en outre, une couche superficielle cellulaire, jouant, en partie, le rôle d'épiderme, c'est la couche épithéliale ou ïépithéltum de la muqueuse,

La muqueuse du tube digestif est creusée, dans toute la longueur du canal, de glandes innombrables dans lesquelles Tépithélium s'infléchit de façon à passer à diflërentes variétés de cellules k sécrétion. Les liquides sécrétés ont les uns, comme rôle, une action chimique directe sur les aliments (suc gastrique, suc intestinal), les autres n'ont probablement d'autre but que de favoriser le glissement des substances contenues dans le canal.

L'appareil digestif se divise en quatre parties principales : 1*» la bouche, 2^ Yintestin buccal ou antéfneur, 3® Yintestin moyen, caractérisé par ce fait que deux ^1 volumineuses glandes annexes, le foie et le pancréas, y '" déversent leurs produits, 4*» Yintestin ter^ninal. * La bouche de la grenouille est large, ainsi que chez la plupart des animaux insectivores. On y remarque les

dents, qui garnissent la mâchoire supérieure seulement et qui, en raison de leur forme pointue, ne peuvent servir qu*à retenir la proie et non à la diviser, comme le font les dents de Thomme, du chien, du cheval, etc.; la langue que nous avons déjà décrite ; la voûte du palais ou voûte palatine; les orifices postérieurs des fosses nasales, les orifices des trompes d'Ëustache.

Dans la bouche des Vertébrés plus élevés. Mammifères, Oiseaux et même Reptiles, s'ouvrent les conduits de glandes assez volumineuses, placées au pourtour des mâchoires, les glandes salivaires, dont la sécrétion, la salive, a, au moins chez plusieurs Mammifères, une action chimique directe sur les aliments féculents qu^elle transforme en deœtrine et en maltose • . La grenouille, pas plus que les Poissons, n'a de glandes salivaires proprement dites.

L'étude pratique de ce qui suit, nécessite un pas de plus dans la dissection : on détache la mâchoire inférieure, en la coupant près de son articulation. On divise avec les ciseaux les attaches du mésentère, en respectant toutefois, comme sur la figure 27, la portion de membrane qui relie l'estomac à la première partie de l'intestin. On place une ligature de fil sur l'extrémité terminale du tube digestif, pour prévenir l'écoulement des matières, on achève l'extraction du tube de la cavité abdominale et on l'examine par sa face dorsale.

L'intestin buccal ou antérieur comprend trois

1. La tnàUoté est un sucre distinct du sucre de nisin ou dextrose.

Figue 27.

Oo

T17BK DioBiiTiF DB LA oBSNOuiLLB, TVL par la &ce donalo et déroulé. D'après nature (grandeur naturelle).

B, bouche. — L, langue. — La, larynx. — PA, pharynx. — P, poumons afEaiasés. — 0*. œsophage. — E, estomac. — F, foie. — P«, pancréas. — B» rate. — Im, intestin moyen. — It, intestin terminal.

portions successives : \e pharynx, Vœsophage eiYesio^ mac (fig. 27, PA, Oe, e).

Le pharynx, ou arrière-bouche de la grenouille, est un large entonnoir; sa muqueuse , ainsi que celle de Tœsophage, est revêtue d'un épithélium vibratile. Ouvert longitudinalement, il montre, sur la paroi inférieure , au milieu d une assez forte saillie , une fente longitudinale, Yorifice du larynœ, ou orifice de l'appareil respiratoire (fig. 27, ha).

h' œsophage, assez court, cylindrique, très large, un peu oblique vers la gauche, n'est séparé de l'estomac que par un léger rétrécissement. Cette largeur de l'œsophage se remarque. chez tous les animaux qui avalent leur proie sans la mâcher.

La muqueuse œsophagienne ofl're des plis longitudinaux. D'après Swiecicki * , elle loge de nombreuses glandules tubuleuses sécrétant un liquide renfermant de la pepsine, ou un principe très voisin. La pepsine est un ferment • soluble possédant la propriété remarquable, en

1. Untersuehunff Uber die BUdung und AuMcheidung des Pepsifts beiden Batraehiern, (Arch. f. d. ges. Phys. XIII, p. 444. 1876.) Les obserrations de Swiecicki ont été confinnéee en 1879 par les travaux de J.-N. Langley.

2. Certaines substances animales ou végétales nommées firmenU ont la propriété de transformer profondément d'autres substances organiques en n'agissant en apparence que par leur seule présence.

La transformation chimique opérée par un ferment prend le nom de fermentation ^ la substance transformée est la substance fei^nenteêcibU. Ainsi, pour citer deux exemples se rapportant à des faits connus du lecteur : l^' dans les graines existe une substance fermentescible, la fécule ou amidon.

présence d'un acide étendu (ac. chlorhydrique ) , de transformer les albuminoïdes en substances solubles et assimilables, les peptones.

Chez la grenouille, Facide nécessaire à Faction de la pepsine est sécrété plus loin.

L'estomac (fig. 27, e) n'aflecte pas la forme de vaste poche arrondie et la position transversale qu'il offre chez la plupart des Mammifères. C est un tube à peu près cylindrique, coudé seulement vers sa terminaison et presque parallèle à Faxe du corps.

Lors de 1» genDinaiion, apparaît un ferment la diastaêe qui détermine la transformation de l'amidon en glrcose. Dans ce cas particnlier, comme pour toutes les fermentations en général, l'effet produit est énorme relativement au petit Tolume de ferment nécessaire pour le déterminer ; ainsi la diastase peut transformer 2000 fois son poids de fécule. 2° dans la fabrication de la bière, la levure est le ferment, mise en présence de la substance fei'mentescible qui est ici le sucre de gljcose, elle amène le dédoublement de celui-ci en alcool et acide carbonique, arec formation d'autres produits accessoires.

Il existe deux catégories de ferments : a) Us ferments solubles, diastase des graines, ptjaline de la salive, pepsine du suc gastrique, trypsine du suc pancréatique, etc. Ce sont des substances azotées amorphes, solubles, sécrétées par certaines cellules de la plante ou de Tanimal. La grande masse de substance fermenlescible que ces ferments peuvent transformer, a fait supposer qu'on les retrouvait intactes après l'opération. En réaUté , ces ferments ne peuvent agir d'une manière indéfinie ; ils s'usent et finissent par disparaître.

b) Lesfâfmentsjîgurés, la levure de bière, le micoderma aeeti du vinaigre, la tcrulacée de la fermentation ammoniacale de l'urine, les bactéries de la puttéfiiction, etc. Ce sont tous des organismes inférieurs, végétaux inférieurs 00 protistes. Loin de s'user et de disparaître comme les précédents, ils se multiplient et, la fermentation terminée, la masse de ferment a considé» rablement augmenté.

On appelle cardia (x,af,di(x, cœur, c'est-à-dire voisin du cœur), rorifice œsophagien de Testomac, et pylore {mtlri, porte, oipo;, gardien) , son orifice intestinal. Le pylore est ici très étroit.

La muqueuse de Testomac de la grenouille forme aussi des plis longitudinaux, mais moins accusés que ceux de Tœsophage. Assez épaisse, elle loge un grand nombre de glandules en forme de culs de sac (fig. 28). L'épithélium stomacal y pénètre, les revêt intérieurement, s'y

Figura 28.

OOUPB DB LA MUQUEU8B STOMACALE DB LA OBBKOVILLB.

(Réduit de moitié d*après une figure de Banvier, au grosnsBemeiit de 250.) a, épithélium de cellules caliciformes. bb, glandules tubuleuses.

modifie , et y manifeste une activité spéciale par la sécrétion d'un liquide acide qui, mélangé au liquide peptique indiqué pour l'œsophage, constitue le suc gastrique, suc déterminant, dans l'estomac, la digestion de la chair musculaire et des autres albuminoïdes.

Il semble donc y avoir chez la grenouille, au point de vue de la sécrétion des principes constituant le suc gastrique , une subdivision du travail physiologique beaucoup plus marquée que chez les Vertébrés supérieurs * .

La digestion stomacale est très lente chez la grenouille; elle peut seflTectuer à la température de 0®, tandis que chez les animaux à température constante (vulgairement à sang chaud), les Mammifères, par exemple, elle exige environ 38® pour être active.

V intestin moyen (fig. 27, Im), qu'en raison de son diamètre souvent plus faible que celui du reste du canal, on appelle fréquemment intestin grêle, est la plus longue portion du tube digestif de la grenouille. Il forme plusieurs anses. Le long de la première partie ascendante, entre elle et l'estomac, se trouve placée une glande allongée, d'un rose jaunâtre, ressemblant, à l'oeil

1. Chei les Mammiftret , ptr exemple, let prineipee ettentieU da Bac gistriqae, la pepdne et Ttoide ohlorhjdriqoe, ne sont pts sécréUs en deux points distincts dn canal alimentaire, nuds dans Testomao seulement. Les f^aades tnbnlaires qui produisent oesnc, renferment deux espèces de cellules ; les unes claires , finement granuleuses (edlmUê principalesj constituent une couche continue autour de la cavité de la glande , îes antres fortement granuleuses (eelMèê de revêtement) ne forment pas de couche, mais sont distribuées irrégulièrement entre les cellules claires et la paroi propre du tube glandu- Isire. IXsprès Heidenhain, les cellules claires ou principales sécréteraient la pepsine, les eèUules granuleuses on de refètement produiraient seules l'acide chlorfaydriqne. La question n'est pas résolue ; mais ce qui parait érident, c'est que les deux sécrétions ne sont pas absolument simultanées.

nu, à de la graisse, c'est le pancréas. Entre la première branche et la seconde, s'observe un petit corps sphérique rouge, la rate y dont nous reparlerons à propos de l'appareil circulatoire.

La muqueuse de l'intestin moyen présente des plis multiples, circonscrivant des dépressions ou fossettes que l'on doit considérer comme représentant jusqu'à un certain point les glandes intestinales tubulaires des Vertébrés plus élevés.

Le suc intestinal des Vertébrés est alcalin. Ses propriétés sont assez mal définies : son action sur les graisses et les albuminoïdes serait nulle et son pouvoir saccarifiant sur les fécules serait faible. Il paraît renfermer un ferment inversifqniy d'après Claude Bernard, joue un rôle dans la digestion des substances hydrocarbonées, transformant le sucre de canne, matière inerte pour l'économie, en sucre interverti assimilable*. Le suc intestinal de la grenouille possède cette propriété, mais ce sont les produits de deux glandes annexes volumineuses, la bile sécrétée par le foie, le suc pancréatique sécrété par le pancréas, qui déterminent la digestion intestinale principale.

Foie. Un foie véritable et sa sécrétion caractéristique, la bile, n'existent que chez les Vertébrés^. Une glande

1. Mélange de dextrose (sucre de raisin) et de lévulose (sucre de fruits incristallisable).

2. La dénomination de foie si généralement appliquée à la glande digestive plus ou moins Tolumineuso annexée ii l'intestin moyen des Arthropodes, des Mollusques, etc., doit être absolument abandonnée. Cette glande chea les

biliaire manque absolument dans tous les autres groupes d'animaux.

Le foie est la plus volumineuse glande du corps ; il se compose, chez la grenouille, de deux lobes inégaux, le lobe gauche étant le plus considérable (flg. 24 et 27 f).

Contrairement à ce qui sobserve pour les autres organes glandulaires, il ne reçoit relativement que peu de sang artériel, tandis qu'il y passe une énorme quantité de sang veineux * . Pour bien comprendre son rôle dans l'économie, il liaut se pénétrer de ce fait que le foie a simultanément deux fonctions très distinctes, la fonction glycogénique et la sécrétion de la bile. Nous parlerons d'abord de la première.

La fonction glycogénique, qui a été découverte par un des plus grands physiologistes français de ce siècle, Claude Bernard*, consiste dans la production, au sein du foie , d'une substance de Tordre des fécules et sa transformation en sucre déversé dans le sang qui sort de l'organe.

animaux antres qne les Vertébrés produit en général un ferment peptique pour la digestion des albuminoYdee et un ferment diastatique pour la digestion des féculents ; elle se rapproche donc par ses propriétés, du pancréas des Vertébrés et non du foie.

Ces fiiits importants et aujourd'hui incontestéii résultent des recherches de Hoppo Seyler, Erukenberg, Jousset de Bellesme, Frcdericq, Bourquelot et des travaux que nous arons publiés nous môme sur la digestion chez les animaux invertébrés.

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