A réaction tlcaline ches les Mammifères
et à composition très complexe. On y trouve des acides particuliers, les acides biliaires, unis à la soude \ et des matières colorantes*, bilirubine et biliverdine, comme principes caractéristiques , à côté d*autres substances moins importantes. La biliverdine domine chez les animaux à bile verte, comme la grenouille.
Bien que la bile ne soit pas un liquide digestif dans la véritable acception du mot, son rôle dans la digestion est important. Chez les Vertébrés supérieurs, 1-arrivée de la bile dans Tintestin moyen déterminerait les effets suivants :
lo Prédpiittioii à Tétai finement grannlenx des peptones non abiorbéet profenant de Feetomae ;
Î9 Keatnlintion partielle de Tacidité des matières arriyant de la carité stomacale;
3<> Dissolution directe de Insères quantités de corps grM ;
49 Production de sarons alcalins ayant la propriété à*émulêûmfw les graisses, c'est-k-dire de les amener k un état de dirision excessife sous forme de globules très ténus en suspension dans les liquides ;
5<* Excitation énergique de contractions de Tintestin déterminant la progression des matières en digestion.
La bile fiiTorisendt, de plus, le passage des graisses au trarers des tuniques intestinales ; on s'est assuré, en effet, que les graisses émulsionnées ou non passent plus fodlement au trarers des parois de Tintestin, lorsque ceUes-ci sont imprégnées de bile, que lorsqu'eUes sont seulement imbibées d'eau pure.
En résumé, le liquide biliaire est Tun des principaux agents de l'absorption des matières grasses.
1. Parfois à la potasse comme chez les tortues, les poissons de mer.
2. Ces matières colorantes ou pigmenU biliairet sont des produits de destruction de la substance colorante des globules rouges du sang, VhémogMnm (roir § 22 de ce chapitre).
La bile ne s^écoule pas directement dans Tintestin ; elle s'emmagasine d abord dans une vésicule de dépôt , la vésicule biliaire, que nous avons signalée (fig.24, v)* . La bile colore fortement le contenu de l'intestin ; de là la couleur brune ou jaune des excréments des Mammifères, la teinte verte de ceux de la grenouille, etc.
Pancréas. Le pancréas sécrète un liquide d'une puissance digestive très grande. Le suc pancréatique est incolore, visqueux, franchement alcalin, émulsionnant les graisses bien plus complètement que la bile. Il renferme trois ferments distincts : le premier transforme les matières féculentes en sucre; le second, qui a reçu les noms de pancréatine et de trypsine, amène la transformation des albuminoïdes en peptones et, par conséquent, leur solution*; le troisième dédouble les graisses en leurs principes constituants, les acides gras et la glycérine.
C'est, en somme, grâce aux liquides pancréatique, biliaire et intestinal, que se trouve complétée, dans
1. Sui?ant A. von Bninn (Zoologiteher Anteiger, vfi 148, 1883, p. 483), un épithéliam ciliaire tapisse chez la grenooille le canal par lequel la bile se rend de la Tésicule biliaire li l'intestin moyen.
2. La pancréatine ou trypsine n'existe pas à Tétat préformé dans les cellules glandulaires du pancréas.
La glande emmagasine dans son intérieur une substance inactive par elle-même, appelée zymogene (probablement une combinaison de trypsine et d'un albuminolde). Ce n'est qu'au moment de la digestion intestinale que le zymogene se trouve dédoublé et que la trypsine mise en liberté apparaît dans |e liquide sécrété. (Voyez la fin du } 24. Rate.)
I^intestin moyen, la digestion commencée dans la bouche (s'il existe des glandes salivaires) et dansTestomac. Les phénomènes dont Tintestin moyen est le siège sont donc d'une grande importance, et il faut débarrasser son esprit de cette idée fausse propre aux gens du monde que Testomac est le seul organe où s'opère la digestion * .
Les substances dissoutes ou émulsionnées par les agents digestifs traversent les parois du canal alimentaire pour pénétrer dans l'organisme par deux voies : les vaisseaux sanguins et un groupe de vaisseaux lymphatiques appelés chylifères. Nous reparlerons de cette absorption plus tard.
Intestin terminal (fig. 27, it). Il reçoit souvent le nom de gros intestin. Il est, chez la grenouille, notablement plus large que l'intestin moyen, mais fort court. L'intestin terminal n'aboutit à la surface du corps par un orifice anal spécial que chez une partie des Vertébrés; chez les autres, et la grenouille est du nombre, il s'ouvre dans une chambre commune, le cloaque^ où débouchent aussi les organes génitaux et urinaires. L'orifice cloacal est alors une ouverture unique pour
1. Il résnlte même de tout ce qai précède qae restomao n'est pas indispensable et que la digestion intestinale pourrait suppléer à l'absence de ce riscère. Plosieurs obserrations directes et entre autres la suivante confirment cette manière de Toir : Ogata {Arehiv flkr Physiologie, 1883, page 89) a pu examiner un chien opéré en 1878 et auquel on avait enleyé la presque totalité de Testomao. Malgré cette mutilation, l'animal était depuis cinq ans en parfftite fanté, digérait bien et mangeait beaucoup.
trois appareils. Nous reviendrons sur ce fait à propos des organes sécrétoires.
Aucune action chimique n*a plus lieu sur les aliments dans rintestin terminal. Les substances qui ont résisté au travail de la digestion, mêlées de bile et d'autres produits de sécrétion, s*y accumulent sous forme d'excréments et sont finalement expulsées sous Tinfluence des contractions de la couche musculaire des parois et des muscles de Tabdomen \
APPAREIL CIRCULATOII^E, SANO.
L'oxygène et les substances plastiques nécessaires à l'entretien de l'activité physiologique des tissus, sont constamment apportés à ceux-ci par le sang artériel qui les traverse en cheminant dans des canaux excessivement étroits et à parois très minces : les capillaires. Une portion du sang continue directement son trajet et, après s'être chargée d'acide carbonique, sort des tissus à l'état de sang veineux; mais une seconde portion transsude à travers les parois dés capillaires et, après s'être modifiée aussi par le travail assimilateur, sort des tissus sous l'aspect d'un liquide incolore, la lymphe.
Deux liquides distincts, mais dérivés l'un de l'autre
1. Le tube digestif de la grenouille, surtout dans l'intestin terminal, est habité par des parasites, parmi lesquels des infiisoires intéressants dont nous entretiendrons le lecteur à propos des Protosoaires. (Chapitre XIII.)
et voisins par la composition, le sang et la lymphe, circulent donc sans cesse dans Toi^anisme. Leur déplacement a lieu sous Taction d*organes propulseurs auxquels on a donné le nom de coeurs.
Chez les Mammifères, il n'y a qu'un cœur, le co^r sanguin, et le mécanisme de la circulation est tel que ce cœur unique suffit pour déterminer à la fois les déplacements du sang et de la lymphe. Chez les autres Vertébrés cràniotes, chez la grenouille, par exemple, il existe en outre des coeurs lympfiatiques.
Le phénomène important de la circulation du sang, entrevu par plusieurs anatomistes anciens, ne fut réellement mis dans tout son jour qu'au xvii* siècle, par William Harvey, médecin de Jacques I*', roi d'Angleterre. Aujourd'hui que nous avons à notre disposition un instrument précieux , le microscope , rien n'est si facile que d'assister au merveilleux spectacle de la circulation.
Vers l'un des angles d'une plaque de liège rectangulaire, à surface suffisante pour supporter une grenouille étendue, on taille une petite fenêtre carrée ou circulaire d'un centimètre de largeur. On emmaillotte la grenouille dans un morceau de linge, en ne laissant libre qu'une seule des pattes postérieures. L'animal étant fixé solidement sur la plaque à l'aide d'épingles enfoncées dans son maillot, on étend la patte libre, on écarte les orteils et on les fixe par quelques épingles fines, de manière qu'une des membranes interdigitales soit tendue audessus de la fenêtre percée dans le liège. On examine
ensuite au microscope la membrane en question , éclairée par dessous comme une préparation ordinaire, après y avoir déposé , au préalable , une goutte d'eau recouverte d'une lamelle de verre mince.
La figure 29, a, donne une idée du phénomène : la peau ( derme ) est traversée par de nombreux petits
Figure 29.
A . Circulation dans la membrane interdigitale de la grenouille.
Gr. 250. (D*aprè8 nature.)
B. Globules rouges. Gr. 500. (D'après Bantier.)