APPAREIL RESPIRATOIRE
•* La respiration consiste essentielleraent dans l'apport de l'oxygène aux principes constituants du corps, et dans le rejet des produits gazeux d'oxydation, c està-dire de Tacide carbonique.
•* (Test le sang qui, dans cet ordre de phénomènes, sert d'intermédiaire entre les tissus et le milieu respirable : d'un côté, il entre en rapport avec le milieu ambiant dans lequel vivent les animaux (air atmosphérique et eau), pour lui prendre de l'oxygène et lui abandonner de l'acide carbonique (respiration externe) ; tandis que de l'autre côté , il est en rapport avec les tissus du corps, pour leur prendre de l'acide carbonique et leur abandonner de l'oxygène (respiration interne) '. *»
La respiration externe, ou simplement respiration, comprend donc les échanges qui s'opèrent entre les gaz du sang et ceux de l'air atmosphérique, soit libre, soit dissous dans l'eau. Ces échanges ont lieu chaque fois que les courants sanguins ne sont séparés de l'air que par des parois suffisamment minces. C'est ainsi que chez la grenouille dont les téguments sont nus, assez vasculaires et l'épiderme peu épais, une respiration relativement active a lieu par la peau.
1. Empranté à Joltit et Rbovabd {Recherchée sur la respiration dc§ piimaux a^uati^Mê. ParU^ 1877 ; page 21),
Chez les animaux à respiration exclusivement aquatique, la respiration cutanée peut exister seule, sans qu'il y ait d'autre appareil respiratoire localisé ; tel est le cas pour un nombre énorme de formes inférieures. Chez d'autres, la fonction se localise davantage et il apparaît des branchies. Celles-ci sont, ou bien des expansions des téguments sous forme de lamelles minces, découpées pour offrir plus de surface (larves d'insectes aquatiques, beaucoup de crustacés, annélides marins, etc.), ou bien des replis et des lamelles formés aux dépens de la muqueuse buccale et supportés par des arcs osseux ou cartilagineux faisant suite à l'hyoïde (Amphibies inférieurs, têtards de grenouille. Poissons). Dans tous les cas , les branchies sont nécessairement parcourues, dans leur épaisseur, par un courant sanguin continu.
Chez les animaux à respiration aérienne et possédant des organes respiratoires distincts de la peau, l'air pénètre dans des cavités, sacs ou tubes, dont les parois sont garnies d'un réseau vasculaire ou baignent directement dans le sang * . Dans le premier cas, on leur donne le nom de pownons (fig. 24, 30 et 31).
Ainsi que nous l'avons dit (page 132), on obser\^e à la paroi ventrale du pharynx de la grenouille , une fente longitudinale; c'est l'orifice par lequel l'air arrive
1. Voyez, poux ce deuxième cas, la description de la TraeMe des inertes. Chapitre VHl.
aux poumons. Cette fente donne accès dans une boite dont les parois sont soutenues par des pièces cartilagineuses : le larynx ou organe producteur de la voix (fig. 27 La).
Le larynx, situé entre les cornes osseuses postérieures de rhyoïde,a ici une forme presque globuleuse. Quelques petits muscles naissant de Thyoïde servent À le dilater ou à le rétrécir. En rouvrant longitudinalement, on constate que dans les deux moitiés sont tendues des bandelettes élastiques, les cordes vocales, qui, situées parallèlement lorsque le larynx est intact, interceptent entre elles une fente étroite, la glotte. L'air en se frayant avec une certaine force un passage entre les cordes vocales, met celles-ci en vibration. Ces vibrations se communiquent À la petite colonne d*air située au-dessus et un son se produit. Comme dans les instruments de musique à anche , c'est donc l'air qui est le corps sonore, les cordes vocales déterminent et règlent les caractères du son '.
L'épithélium du larynx de la grenouille est vibratiie, excepté sur les cordes vocales.
Chez les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles, entre le larynx et les poumons, existe un tuyau : la trachée artère, se bifurquant à son extrémité pulmonaire
1. Chez les mâles de grenouilles qui produisent des coassements si retentissants, il existe des organes de renforcement de la voix, sous formes de poehet membraneuses extensibles, situées de chaque côté de la mâchoire intérienrp et s'ouTTtnt dans la bouclie, k droite çt à gauche de la lan^e.
en deux troncs latéraux : les bronches. Trachée et bronches ont leur canal maintenu béant par des ares cartilagineux. Chez la grenouille, la trachée manque et les bronches sont rudimentaires ; deux orifices latéraux et postérieurs conduisent par deux tubes très courts directement dans les poumons.
Les poumons de la grenouille (flg. 31) ont une structure très simple. Ce sont deux grands sacs membraneux, ovoïdes, dont les parois sont élastiques, comme le prouve la rapidité avec laquelle les poumons reviennent sur eux-mêmes et se contractent lorsqu'on les crève. Ces parois soutiennent les subdivisions de Tartère et de la veine pulmonaire, formant d*assez larges mailles qui limitent comme de petits cadres des espaces irrégulièrement arrondis occupés par un riche réseau capillaire. Dans chacun des petits espaces en question, la paroi pulmonaire est bombée vers le dehors, de façon à donner à la surface extérieure de l'organe un aspect framboise. Il en résulte pour la surface interne du poumon autant de petites loges ou alvéoles pulmonaires. Comme toutes les subdivisions, replis , vésicules , etc., qu'on observe dans l'appareil respiratoire des animaux, ces alvéoles ont pour effet d'augmenter considérablement la surface offerte aux échanges gazeux.
Supposons les poumons pleins d'air et voyons quels sont les phénomènes qui vont se passer par suite de la présence du sang dans les capillaires : à chaque systole, le ventricule du cœur envoie aux organes respiratoires pne certaine quantité de sanç veineux. Celui-ci, d'ui)
rouge foncé, est chargé d'un excès d'acide carbonique, principalement à l'état de combinaisons instables et de simple dissolution dans le plasma ; il est pauvre en
Figure 31.