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Système nerrenz, pur exemple

mince, pigmentée de bleu et de rouge, est molle et s'enlève aisément en raclant la surface avec la pointe du scalpel.

Toute comparaison de la couche externe avec Tépiderme des Vertébrés et de la couche interne avec le derme, serait feusse ; en effet, la couche superficielle, quelle que soit son épaisseur, n*est qu une ctUtcide, un produit de sécrétion; la couche profonde est seule un tissu dans le sens exact du mot.

La cuticule ou couche externe porte, en général, le nom de couche chitineuse. Elle est formée de zones superposées d'une substance particulière, la chitine (yrtrwv, cuirasse), propre à Texosquelette de tous les Arthropodes et des Vers supérieurs.

Chez les Insectes à téguments épais, dans les ély très, ou ailes de la première paire modifiées, du hanneton, elle ressemble plus ou moins à de la corne ; mais, en réalité, la chitine n'a rien de commun avec les substances cornées. Obtenue pure, par des procédés chimiques, elle se présente sous l'aspect d'une matière parfaitement blanche dont les fragments gardent la forme des parties squelettiques dont ils proviennent. Sa composition* et ses propriétés paraissent indiquer qu'elle n%st qu'un produit de substitution de la cellulose ou d'un autre corps hydrocarboné à formule chimique voisine.

La chitine est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, les acides étendus, et résiste indéfiniment à l'ébullition

dans des solutions concentrées de potasse ou de soude * .

Chez les Articulés, les lames cbitineuses sont, en général, imprégnées de matières colorantes diverses. De plus, chez les Crustacés, les Myriapodes et quelques autres, la chitine est associée à des sels calcaires, phosphate et carbonate de calcium, augmentant beaucoup la dureté des enveloppes squelettiques.

Toutes les saillies, les épines, les poils, les écailles minces', les apodèmes, etc., qui peuvent s'observer à la surface externe ou interne des parois du corps des Arthropodes sont des productions cbitineuses.

La couche intérieure des téguments produisant, par sécrétion, la cuticule chitineuse que nous venons de décrire, a reçu le nom de couche chitinogène. En général mince, composée de cellules juxtaposées plus ou moins nettement distinctes, elle peut être comparée aux couches épithéliales. On y obsen^e des éléments colorés de deux espèces diflTérentes. Les uns sont des granulations pigmentaires rouges chargeant le pro- ' toplasme de cellules contractiles à prolongements ou chromoblastes; les autres sont des corpuscules quadrangulaires bleus disséminés, dans la couche chitinogène, autour des chromoblastes rouges.

Tandis que la matière colorante rouge oflFre une assez

1. Les autres propriétés ne sont pas de natore à être énomérées dans vn onTrage anssi élémentaire que celui-ci.

2. Nous citerons les écailles minces, très jolies k observer au microscope, qui recouvrent, comme une poussière, les ailes des papillons.

grande résistance, la substance bleue, au contraire, est très instable; la plupart des réactifs ou la font disparaître ou la font instantanément virer au rouge*. Ceci nous explique, par exemple, pourquoi TÉcrevisse devient rouge par la cuisson.

La couche chitinogène et son revêtement «décrété de chitine ne sont pas limités aux téguments proprement dits. L'une et lautre se reployant en dedans aux divers orifices naturels du corps, vont tapisser intérieurement une partie des organes. C'est ainsi qu'on observe une cuticule chitineuse simple et une couche sous-jacente de cellules chitinogènes dans une portion étendue de l'appareil digestif, dans les conduits des organes génitaux, dans les organes respiratoires, etc. Il sera question plus loin des productions spéciales auxquelles donne lieu la cuticule interne.

La solidité relative de l'enveloppe des Articulés serait un obstacle à la croissance de ces animaux, si par une disposition intéressante, ils ne pouvaient se débarrasser du revêtement chitineux pour en produire un autre, comme nous échangeons un habit trop étroit contre un costume plus ample. La mue, ou ce que le vulgaire appelle le changement de peau, n'a pas d'autre but. Tous les Articulés subissent une série de mues successives assez régulièrement espacées, soit pendant l'état larvaire seulement, soit durant toute la vie.

I. G. PoucHST. Recherchée anaUmiquea sur la coloration bleue dee Cnatacét. (Journal d'Anatomie et de FhTsiol. de Ch. Bobin. Mai 1873, p. 290.)

L'ancienne cuticule se soulève, se détache; une cuticule nouTelle, molle, qui reproduira tous les détails de la première, s*est formée au-dessous. A un moment donné, les efforts de TÂrthropode amènent la production de fentes (toujours les mêmes et au même endroit chez la même forme d'Arthropode) dans la vieille enveloppe; il retire ses antennes, ses pattes, etc., des étuis intacts ou fendus qui les entouraient, et sort enfin complètement de cette espèce de vêtement qui conserve exactement la forme de son propriétaire et qui comprend, non seulement les parois squelettiques externes, mais les lames chitineuses des organes intérieurs.

L'Écrevisse qui a mué est molle et pâle, mais peu d'heures suifisent pour que la couche cuticulaire se charge de sels calcaires et acquière la dureté voulue.

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