‹ Zoologie (volume 4)Chapitre 10 sur 50 · DT DT · texte numérisé non relu

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. affinis. Arc. D’OrBIGNY, voy. tom. V, pag. 94, pl. 5, fig. 6-10. PLANCHE 4, FIGURES 1-7.

Testa subglobosa, pellucida, fusco-cornea , infrà globosa et antice transversim striata, superné depressa et quinquecostata ; cuspide terminali lateralibus longiore, conico-acutä, ad apicem superne inflexä; aperturä transversä, angustä ; labro infero crasso, rotundato, in medio depresso ; labro dorsali anticè producto, trun-

cato, acuto, lateraliter emuarginato, infra subinflexo.

Quoique cette coquille ait été décrite déja un grand nombre de fois, nous croyons cependant que ses caractères n'ont pas encore été indiqués d’une manière

suffisamment exacte.

Elle est subglobuleuse, translucide, d'une couleur jaune roussàtre, légèrement nuancée de rose en dessous, beaucoup plus pâle et presque blanche en dessus. Sa face inférieure, fortement bombée, est un peu rentrante à sa partie antérieure qui est marquée de stries transversales très-fines; sa face supérieure, plus déprimée, présente cinq côtes longitudinales qui convergent en arrière vers la pointe médiane, et aboutissent en avant à une espèce de bourrelet arrondi qui circonscrit cette face dans ce sens. Les fentes latérales, assez larges à leur partie moyenne par l'écartement des lames supérieure et inférieure de la coquille, sont interrompues en avant par une espèce d’articulation qui a lieu entre ces deux lames, la supérieure présentant une dépression dans laquelle est reçue une dent de l'inférieure. Les pointes latérales, peu prononcées, sont formées surtout par la saillie que fait la lame supérieure en débordant la supérieure ; la pointe médiane ou terminale, beaucoup plus longue, est légèrement courbée en dessus à son extrémité. L'ouverture, transversale, est étroite, surtout sur les côtés; le bord inférieur, épais et arrondi, est un peu réfléchi en dehors et présente une dépression assez marquée sur la ligne médiane ; le bord supérieur, tranchant, se prolonge en avant en une espèce de bec qui s’infléchit légèrement au-devant de l'ouverture.

L'animal présente tous les caractères extérieurs.que nous avons assignés au genre. Ses nageoires sont grandes, trilobées à leur bord externe et séparées en avant

PTÉROPODES. 139 par une échancrure profonde qui vient se terminer à la bouche. Toute la partie supérieure de ces appendices est teinte d’une belle couleur violacée qui s’affaiblit graduellement vers leur circonférence. Les appendices latéraux du manteau présentent à leur extrémité une coloration brunâtre assez foncée.

Dimensions de la coquille :

millimètres

Longueur totalersusainl . A amas sal DRE eee merde ere il MAULEUT.. 58: neue soie COR ee 8

Nous avons recueilli plusieurs individus de cette espèce dans l’océan Atlantique, par 12° de latitude sud ; nous en avons aussi trouvé, dans les mers de l'Inde et dans l'océan Pacifique, deux variétés caractérisées par des dimensions plus petites et par quelques différences dans la coloration. Nous rapportons, à celle de ces deux variétés que nous avons recueillie dans locéan Pacifique, l'espèce décrite par M. d'Orbigny, sous le nom d’Ayale voisine (H. affinis); celle-ci ne différerait, en effet, de l’Æyale tridentée (H. tridentata), que par des dimensions plus petites et par quelques caractères de l'animal qui, en les supposant exacts, ce qui ne s’accorde pas avec nos observations, ne seraient pas suffisants pour justifier l'établissement de cette espèce.

HYALE A CROCHET.

Hyalæa uncinata, Rang.

Ranc, Monographie des Ptéropodes (inédite), pl. 2, fig. 11-14.

PLancxe 4, Ficures 8-12.

Testa globulosa, hyalina, infrà valdé curvata et anticé strus transversalibus impressa, supernè depressa et quinquecostata ; spinis lateralibus acutis ; spinä terminali vel mediand uncinatä ; aperturä

angustä, profundä, labro supers obtectä.

Cette espèce a beaucoup de rapports avec la précédente; elle s’en distingue par son volume moins considérable, par sa forme plus globuleuse, par ses pointes latérales qui sont plus aiguës et par sa pointe médiane qui est plus courte et fortement recourbée en forme de crochet ; elle en diffère surtout par la disposition de la lèvre supérieure de ouverture qui est beaucoup moins saillante en avani et qui s’abaisse presque perpendiculairement au-devant de cette ouverture.

Ses couleurs sont assez variables ; ainsi, tantôt elle est transparente ou hyaline, avec une légère teinte rosée qui est surtout marquée à sa face inférieure ; tantôt elle présente une coloration jaunâtre plus ou moins foncée , semblable à celle de l'/yale tridentée.

L'animal présente les mêmes caractères que dans

celte dernière espèce ; toutes ses parties sont blanches ou transparentes, à l'exception de la masse viscérale qui est brunâtre. Les appendices latéraux du manteau sont ordinairement très-développés dans cette Hyale, et forment comme deux longues lanières qui débordent beaucoup la coquille en arrière.

Dimensions de la coquille :

millimetres,

Lonsueuretoralemiaunt 2, 1 OR 7 largeur... s..0... Steve nr ee b) HAUTES 4 see soda stades dub 4 À

Nous avons rencontré cette espèce dans toutes les mers ; nous l'avons surtout recueillie en grande quantité dans l'océan Atlantique. Ses dimensions sont toujours les mêmes ; elle présente seulement dans sa coloration les différences que nous avons indiquées.

HYALE GLOBULEUSE.

Hyalæa globulosa, Rang.

Ranc, Monographie des Ptéropodes , pl. 2, fig. 15-18.

PLANCHE 4 , Ficures 20-24.

Testa globosa, hyalina, infra perconvexa et anticè transversim striata, superné quinquecostata; spinis perbrevibus ; labro supero brevi,

galericulato, anté aperturam inflexo.

Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente ; elle en différe par sa forme encore plus bombée, par la disposition de la lèvre supérieure qui s’infléchit perpendiculairement au-devant de l'ouverture, et par le peu de saillie des pointes latérale et postérieure ; celle-ci ne forme plus qu'une petite épine qui se recourbe immédiatement vers la face supérieure.

Cette coquille est transparente, un peu rosée seulement en dessous, surtout à sa partie antérieure et le long des fentes latérales.

L'animal est entièrement semblable à celui des espêces précédentes ; il est d’un blanc transparent dans presque toutes ses parties.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

LONSUCUR LOI: 421458 rm cu sd D RO sud aie date ot 4 FTAUIEURS CR ur ne. 4

Cette espèce paraît beaucoup plus rare que les précédentes; elle n’a été signalée encore que par M. Rang qui en a donné une figure dans sa Moncgraphie inédite des Ptéropodes. Nous en avons rapporté six individus seulement de notre voyage ; nous les avons recueillis dans les océans Indien, Pacifique, Atlantique, et dans les mers de la Chine. Cette espèce paraît donc appartenir à toutes les mers, comme celles qui précédent.

HYALE BOSSUE.

Hyalæa gibbosa, Rang.

Hyalæa flava, d'OrBieNx, voy., tom. V, pag. 97, pl. 5, fig. 21-25. PLance 4, Fieures 13-19.

Testa ovata, inflata, kyalina, infra gibbosa et anticé striata, superné curvata et quinquecostata; Sspinis lateralibus brevibus et latis ; spinä medianä, longiore, acut& et recurvd ; apertur& angusté ; la-

bro supero productiusculo, anté aperturam inflexo.

Cette espèce offre encore beaucoup d’analogie avec les précédentes; elle s'en distingue par sa forme un peu plus oblongue et presque aussi bombée en dessus qu'en dessous, et surtout par la saillie anguleuse ou l'espèce de gibbosité qu’elle présente dans ce dernier sens, en avant. La face supérieure est aussi marquée de cinq côtes, mais ces côtes se prolongent jusqu’au bord antérieur de la coquille. La lèvre supérieure, moins saillante que dans l’ÆAyale tridentée , S'abaisse un peu au-devant de l'ouverture comme dans les deux espèces qui précèdent. Les pointes latérales sont courtes et larges ; la pointe médiane, beaucoup plus longue et plus étroite, est assez fortement recourbée en crochet.

Cette coquille est transparente dans toute son étendue; ses bords latéraux présentent seulement, dans la plupart des individus, une légère bordure rose.

L'animal est semblable à celui des espèces déjà décrites ; il est d’un blanc transparent dans toutes ses parties; la masse viscérale seulement est verdâtre; les bords de la bouche sont aussi légérement colorés

en rose.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

LONSUEULE OPA ee cs dabree 41 Largeur Rs ne el re ee Ts ES 6 AUTEUR ESS ae dns Mere a een ae 6

Nous avons recueilli cette espèce en assez grande quantité dans l'océan Atlantique; nous l'avons aussi retrouvée, mais plus rare, dans les mers de la Chine et dans l'océan Pacifique. Les dimensions que nous venons de donner sont celles des plus grands individus; dans ceux qui présentent des dimensions moindres, et que nous considérons comme des individus plus jeunes, la saillie anguleuse ou la gibbosité que la face inférieure présente en avant est un peu plus prononcée; c'est sur cette variété d'âge que l’espèce a été établie (1), ce qui a porté quelques naturalistes à faire une espèce différente de l’âge adulte. Ainsi l'espèce décrite par M. d'Orbigny sous le nom d’Æyale Jaune (H. flava), nous paraît n'être, d’après les dimensions que ce naturaliste lui assigne, que l’âge adulte de l'Hyale bossue (H. giblosa), et nous la rapportons sans hésitation à celle-ci; les autres carac-

(1) Elle a été établie par M. Rang, dans la monographie inédite que nous avons déjà citée. (PI. 10, fig. 3-4.)

Bonite. — Zool. Tome IT. Partie I. 10

teres d’après lesquels M. d'Orbigny a proposé cette espèce, savoir, la coloration jaune de l'animal et la grandeur moins considérable des nageoires, ne nous paraissent pas avoir une importance suffisante ; nous ajouterons, du reste, que, sur ce point, nos observations ne concordent pas avec celles de ce naturaliste, et que nous n'avons trouvé, dans les animaux de ces Hyales, aucune différence bien appréciable (1).

(4) Nous devons dire aussi que M. d’Orbigny indique à tort comme un des caractères différentiels de /’Hyale jaune (H. flava), d’être moins grande que l’'Hyale bossue (H. gibbosa), cax il établit précisément le contraire dans les dimensions qu'il assigne à ces

deux espèces.

HYALE A QUATRE DENTS.

Hyalæa quadridentata, Lesueur.

De Branvizse, Dict. des sc. nat., tom. XXII, pag. 81. PLANCHE #, FIGURES 25-32.

Testa globulosa, inflata, infra sub-levigata, superné quinqué costata ; Jissis lateralibus maroine crasso obtectis ; spinis lateralibus parvis, acutis ; cuspide terminali magnä, truncatà et lateraliter spinosd;

labro supero ad marginem crasso et reflexo.

Cette espèce présente encore la plupart des caractères de celles qui précèdent; mais elle s’en distingue d’une manière marquée par le bord supérieur de l’ouverture qui, au lieu d’être tranchant, forme un bourrelet épais, arrondi, réfléchi en dessus et se prolongeant jusqu'aux extrémités des fentes latérales qu'il recouvre en grande partie; elle en diffère surtout par la pointe terminale ou médiane qui est trèsgrande et toujours tronquée, ce qui donne au bord postérieur de la coquille l'apparence d’un bord armé de quatre pointes ou quadridenté. Cette troncature de l'extrémité postérieure, qu'on trouve sur les plus Jeunes individus, est fermée par une espèce de diaphragme de même nature que la coquille.

Les couleurs de cette espèce sont très-variables ; elle est souvent tout à fait transparente ou colorée en

rouge brun aux bords de l’ouverture ; nous avons recueilli, dans les mers de l'Inde et de la Chine quelques individus dont la coquille entière présente cette derniere coloration ; d’autres enfin ont une couleur jaunâtre plus ou moins foncée.

L'animal diffère de celui des espèces précédemment décrites par la forme des nageoires qui sont bilobées et distinctes du lobe intermédiaire, comme dans les Cléodores; c’est à tort que M. d'Orbigny a révoqué en doute ce caractère qui avait été bien indiqué par M. de Blainville. Toutes ses parties sont d'un blanc transparent, à l’exception de la masse viscérale qui est

brunâtre.

Dimensions de la coquille :

millimetres Eongueur totale. Lee 2240 Le 4 LATOCURAUR LEUR PNEU HEREANITES 3 5 Hauteur 62 2. Hilo he 3

Telles sont les dimensions des plus grands individus; mais, sous le rapport de la taille, cette espèce présente un grand nombre de variétés qui ne sont peut-être que des variétés d'âge. Ainsi, la plupart ont à peine un millimètre et demi ou deux millimètres de longueur, et, entre les imdividus de cette taille et ceux dont nous avons donné les dimensions, on trouve des variétés présentant presque toutes les dimensions intermédiaires. — Cette espèce est une des plus communes; nous l'avons recueillie en grande quantité dans toutes

les mers.

HYALE LONGIROSTRE.

Hyalæa longrrostris, Lesueur.

DE BLanvize, Dict. des sc. nat,, tom. XXII, pag. 81.

Hyalæa limbata, dOrbigny, voy. pag. 191, pl. 6, fig. 11-15. PLANCHE 9, Ficures 7-13.

l'esta triangularis, pellucida, pallide violacea, infra semi-globosa et anticé sulcata, surpernèé depressa et quinqué costata ; cost medianà angulosä; spinis lateralibus magnis, triangulo-acutis, posticé uncinatis ; cuspide median& parvä, compressé, truncat& et lateraliter spinosä; aperturä angustä ; labro supero antice rostro

canaliculato terminato.

Cette Hyale a, dans son ensemble, un peu la forme d'un triangle; elle est très-bombée en dessous et marquée de sillons transverses antérieurement, comme dans les espèces précédentes ; sa face supérieure, plus aplatie, présente également cinq côtes rayonnantes dont la médiane est légèrement anguleuse; mais elle se distingue facilement de ces espèces : par les pointes latérales qui sont très-grandes, triangulaires et un peu courbées en crochet à leur bord postérieur; par la pointe médiane qui est très-comprimée et toujours tronquée comme dans l'Hyale à quatre dents (H. quadridentata); enfin, par la forme singulière de la lèvre supérieure qui se prolonge antérieurement en un long

rostre creusé en gouttière inférieurement et bifide à

son extrémité. Cette lèvre est inclinée au-devant de l'ouverture qu’elle cache en grande partie; la lèvre inférieure est aussi fortement infléchie sur la face ventrale de la coquille, mais elle est beaucoup plus courte et terminée par un bord tranchant, présentant une légère échancrure sur la ligne médiane. Les pointes latérales sont presque entièrement formées par un prolongement de la lame inférieure.

Cette coquille est transparente et présente ordi-

nairement une légère teinte violacée.

L'animal a deux grandes nageoires trilobées, non distinctes du lobe intermédiaire qui est légèrement échancré sur la ligne médiane. Les expansions latérales du manteau sont ordinairement très - développées. Toutes ces parties sont blanches et translucides; les bords de la bouche sont de couleur rosée; la masse intérieure est violacée et brunätre.

Dimensions de la coquille :

millimètres ÉONBUCUE (OIAIE =. 2 mt. ea. 7

Largeur (au niveau des pointes latérales). 5

HAULEUL:. 2 oem 4

Mais les dimensions de cette espèce varient encore beaucoup; dans le plus grand nombre des individus, la coquille offre à peine une longueur de quatre à cinq millimètres. Nous croyons que ces différences dans la taille, qui coincident avec quelques autres différences dans les caractères de la coquille, tiennent à l’âge seulement; ainsi, dans les indhvidus de petite taille,

les pointes latérales sont ordinairement beaucoup moins développées, et le rostre de la lèvre supérieure, moins proéminent aussi, se termine en pointe aigué et non bifide.

M. Alcide d'Orbigny a établi, sur quelques-unes de ces différences et sur d’autres caractères que présenterait aussi l'animal, une espèce distincte de l’//yale longirostre, sous le nom d'Hyale bordée (Æyalæa limbata); mais, d’après ce que nous venons de dire de la coquille et d’après les observations que nous avons faites sur les animaux d’un grand nombre d'individus de toutes les dimensions, cette distinction ne nous paraît pas pouvoir être admise.

Nous avons représenté au trait une variété de cette espèce, qui en diffère d’une manière assez tranchée par la forme de la lèvre supérieure qui est plus courte et triangulaire, mais surtout par le peu de développement des pointes latérales qui sont à peine marquées ; cette variété, dont nous n'avons recueilli qu'un seul individu, est encore remarquable par la grande transparence de la coquille; pour tous ses autres caractères, elle ressemble à l’Æyale longirostre (pl. 5, nest).

Cette Hyale forme une des espèces les plus communes ; nous l'avons recueillie en très-grande quanté dans l'océan Atlantique et dans l’océan Pacifique ; nous l'avons aussi trouvée dans les mers de l'Inde et de la Chine.

HYALE ANGULÉE.

Hyalæa angulata, nobis.

PLancHE 5, Ficures 1-6.

Testa ovata, pellucida, infra convexa et anticé striata, superné depressa et quinque costata ; spinis lateralibus parvis, acutis, posticé uncinatis; cuspide mediand magna, latè truncatà; labro supero

Jfornicato et in rostro brevi, truncato producto.

Cette Hyale se rapproche beaucoup de la précédente par l’ensemble de ses caractères; elle en diffère par ses pointes latérales qui sont beaucoup moins grandes, par la pointe médiane qui est au contraire plus large, et surtout par la disposition singulière de la lèvre supérieure qui est comme pliée sur elle-même, de maniere à former une espèce de voûte saillante en dessus et en avant.

Cette coquille est entièrement transparente ou légerement jaunâtre.

L'animal est tout à fait semblable à celui de l'Æyale longirostre (H. longirostris); les nageoires présentent seulement à leur centre une tache jaunätre. Toutes les autres parties sont blanches et transparentes, à l'exception de la masse viscérale qui est d’un jaune brunûtre.

PTEÉROPODES. 153

Dimensions de la coquille :

millimetres.

Longueur COACH na 4 Larseur. +, ... Date on oiors ne eee AC 3 Hauteur. . . .... RP MENU PAR RATS" fl sl ES

Cette espèce paraît beaucoup plus rare que l'Æyale longirostre (H. longirostris); nous l'avons trouvée dans l'océan Atlantique, dans les mers de l'Inde et de la Chine. Elle ne nous a pas présenté des différences bien sensibles sous le rapport de ses dimen-

SIOnS.

HYALE LISSE.

Hyalæa levigata, d'Orbigny.

D'Orsicxy, voy. pag. 110, pl. 7, fig. 15-19.

PLANCHE 5, Ficures 14-20.

Testa sub-rotunda, depressa, pellucida, infra levigata , superné in medio unicostata; spinis lateralibus brevibus ; triangulo-acutis ;

cuspide terminalé uncinatd; aperturà transversd, angustà.

Cette espèce diffère beaucoup de toutes celles que nous avons décrites jusqu'ici, par sa forme très-déprimée et régulièrement arrondie en avant. Sa face supérieure, légèrement convexe, est parfaitement lisse; l’inférieure présente une seule côte longitudinale et médiane qui se prolonge jusqu'à l'extrémité postérieure de la coquille. Les pointes latérales sont à peine marquées ; la pointe médiane est assez grande et courbée en crochet. L'ouverture se continue sans interruption avec les fentes latérales, l'espèce d’articulation que nous avons signalée dans les espèces précédentes n’existant plus; les deux lèvres de cette ouverture , confondues avec les lames supérieure et inférieure de la coquille, dont elles ne sont plus disunctes, sont terminées par des bords arrondis et tranchants, le supérieur dépassant un peu l’inférieur.

Cette coquille est très-mince , d’une grande fragilité

et entierement transparente.

L'animal a les deux nageoires plus allongées que dans la plupart des autres espèces , et légèrement trilobées; le lobe intermédiaire est peu étendu. Toutes ses parties sont transparentes, excepté la masse viscérale qui est jaunâtre et rosée dans quelques points. Les lobes latéraux du manteau sont peu développés.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

Longueur totales sers sas ei case 4 DArseUR RE Ein cts sonie nt aets à ÉFAULEUT se sie ss ce ma solos se de ii ee 4

Cette espèce est rare, mais nous l'avons trouvée dans presque toutes les mers, dans l'océan Pacifique, dans les mers de l'Inde et de la Chine. Elle présente, dans la taille, des différences qui nous paraissent tenir encore à l’âge; la plupart des individus que nous avons recueillis ont à peine deux millimètres de longueur.

M. d'Orbigny, qui a fait connaître le premier cette espèce, n’a pas indiqué la côte que présente la face dorsale ; sous tous les autres rapports, la figure que ce naturaliste en a donnée est exacte.

HYALE INFLÉCHIE.

Hyalæa inflexa, Lesueur.

Lesueur, Bull. pour la Soc. philomat., t. TI, n° 69, pl. 5, fig. 4. Hyalæa elongata ? Lesueur, Dict. des Sc. nat., t. XXII, pag. 82. Hyalæa depressa.. D’Orrienx, voy. pag. 110, pl. 7, fig. 11-14.

l'esta elongata, conica, depressa, infrà convexa et levigata, superné tricostata ; spinis lateralibus parvis, compressis, acutis ; cuspide terminali maximé, elongat&, ad apicem supra recurv& el uncinatä; aperturä ovato-transversd ; labro énfero reflexo, acuto ;

labro supero sub-triangulari, denticulato.

Dans cette espèce, la forme de la coquille s'éloigne d'une maniere tranchée de celle des autres Hyales par le développement considérable de sa partie postérieure qui ne forme plus seulement une pointe médiane , mais est réellement le prolongement de la coquille, comme dans les Cléodores auxquelles elle fait le passage. Sa face inférieure est assez bombée et lisse; la supérieure, un peu plus aplatie, présente trois larges côtes qui, de l'extrémité postérieure, se rendent en divergeant jusqu'au bord antérieur. Les pointes latérales, petites et triangulaires, sont formées par les deux lames de la coquille qui est très-comprimée dans ce point. La pointe médiane ou terminale, qui

est très-large à son origine, se prolonge en arrière,

en se rétrécissant graduellement, et se termine par une extrémité trés-fortement recourbée vers la face dorsale. L'ouverture, un peu plus largement ouverte que dans les espèces précédentes, est séparée des fentes latérales par une articulation semblable à celle dont nous avons déjà parlé; la lèvre inférieure, infléchie en dessous, est triangulaire et tranchante sur son bord; la supérieure, beaucoup plus grande que la précédente qu'elle déborde en avant et sur les côtés, a également une forme sub-triangulaire et se termine par un bord denticulé.

Cette coquille est d’un blanc hyalim; sur quelques individus la lèvre inférieure présente une petite bordure rose.

L'animal a ses deux nageoires assez larges, légerement trilobées et réunies en arrière par un lobe intermédiaire trés-étroit. La masse viscérale est colorée en vert brun et en rouge pourpre; les bords de la bouche sont rougeàtres ; tout le reste de l’animal est d'un blanc transparent.

Les appendices latéraux du manteau s’échappent par les fentes latérales de la coquille ; mais ils paraissent moins développés que dans les espèces globuleuses dont nous avons déjà donné la description.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

Pongueuratotale.. 44-.euu. “eoe 6 MAR REUR Ris eee vous PIRE 3 HAUTEUR PR Re PR Re 2

Nous n'avons trouvé cette espèce que dans l'océan Atlantique où nous l'avons recueillie en assez grande quantité. Elle n'offre pas de variations bien sensibles sous le rapport de la taille.

Nous croyons qu'il faut rapporter à cette espèce celle que M. d’Orbigny a fait connaître sous le nom d'Æyale déprimée (Hyalæa depressa) et qui nous parait n'être qu'un jeune individu dont la partie antérieure de la coquille n'était pas encore formée; nous émettons cette opinion d’après l'examen que nous avons pu faire d'individus tout à fait semblables. (PL. 5, fig. 25.)

C’est peut-être encore sur cette variété d’âge que Lesueur a établi l'espèce qu'il a désignée sous le nom d’Hyale allongée (H. elongata), et dont M. de Blainville a donné une courte description à l’article Hyare du Dictionnaire des Sciences naturelles.

HYALE LABIÉE.

Hyalæa labiata, d'Orbigny.

D'Ormiexy, voy. tom. V, pag. 104, pl. 6, fig. 21-95. PLANCHE 5, Ficures 27-32.

Testa oblonga, inflata, hyalina, infra convexa et levisata, supra costä medianä et longitudinali ornatä ; spinis lateralibus MAJNLS ; cuspide terminali valdé arcuaté; aperturd ovato-transversä ; labro

supero triangulart, acuto, denticulato.

Cette espèce a beaucoup d’analogie avec la précédente; elle en diffère par sa forme plus globuleuse, moins allongée, par la grandeur des épines latérales et par le développement moins considérable de sa partie postérieure. Sa face supérieure ne présente plus aussi qu'une seule côte médiane et longitudinale. L'ouverture est comme dans l’Æyale infléchie (H. inflexa); les lèvres sont triangulaires, aiguës, denticulées sur les bords.

Cette coquille est blanche, transparente; elle offre, sur la plupart des individus, deux points d’un brun rougeûtre sur les côtés de la bouche et une tache de même couleur sur la lévre inférieure; la pointe médiane et postérieure présente aussi, sur ses côtés, une petite bande rougeûtre.

L'animal est semblable, pour la forme et pour les

couleurs. à celui de l'espèce précédente : les nageoires ) ] $

sont seulement un peu plus grandes.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

Longueur totale. .... ce RSR CA 7 Dareeur.. +... caen NOR ET 4 ANRT LE Re Ve APT RE ete eee 2

Nous avons trouvé cette espèce dans toutes les mers; elle n'est cependant pas très-commune.

Parmi les individus que nous avons recueillis, nous en avons trouvé un dont les pointes latérales sont trés-petites et les bords de l'ouverture moins allongés et moins aigus ; nous croyons devoir l'indiquer comme pouvant former une variété (pl. 5, fig. 31).

PTEROPODES. 161

HYALE A TROIS POINTES.

Hyalæa trispinosa, Lesueur.

De BLaivize, Dict. des Sc. nat., tom. XXII, pag. 82. Hyalæa mucronata, Quox et GarmarD, Ann. des Sc. nat.. tom. X, pag. 231.

PLANCHE 6, Ficures 1-10.

Testa subtriangularis, depressa, pellucida, infra convexa et lateraliter unicostata, superné quinqué costata; spinis lateralibus longis, acutis, canaliculatis; cuspide terminali longissimä, rectä ; apertur& angustà, transversali ; labro infero truncato ; labro Supero

antice rotundato.

Cette espèce se distingue facilement par sa forme sub-triangulaire et très-déprimée, par la longueur de ses pointes latérales qui sont canaliculées et se dirigent presque directement en dehors, et surtout par la pointe médiane qui se prolonge en arrière en une longue épine droite, trés-étroite, terminée par un petit renflement au sommet. Sa face inférieure, assez bombée, est lisse et circonscrite latéralement par deux petites côtes qui suivent le contour de la coquille; sa face supérieure présente cinq côtes rayonnantes dont la médiane est moins distincte et un peu saillante en forme d’arête. La bouche est trèsétroite et en forme de fente transversale; la lèvre inférieure , comme tronquée, est un peu dépassée par

Bonite, — Zool. Tome II. Partie I, {1

la lèvre supérieure qui est arrondie; ces deux levres sont courtes, terminées par des bords mousses , et légérement infléchies sur la face inférieure de la coquille.

Cette coquille est ordinairement bordée d'une bande d’un brun rougeûtre qui est très-intense sur les bords de l'ouverture et le long des fentes latérales; cette bande se prolonge postérieurement sur les côtés de la pointe médiane , dans une partie de son étendue; les pointes latérales et la partie centrale de la

coquille sont transparentes.

L'animal a deux longues nageoires bilobées et réunies postérieurement par un lobe intermédiaire qui est demi-circulaire, comme dans les Cléodores ; il est assez vivement coloré dans ses parties centrales et autour de la bouche; sur quelques individus, les nageoires présentent en avant une tache d’un brun

jaunâtre.

Dimensions de la coquille :

millimètres Lonsueur tutale Ed 0e PAR EE VALS MASSE À LATHEUT.. RER She eee es, AE EE 8 HAHIEUL Es de as ceoe- se cf nr, 3

Cette espèce est une des plus communes; nous l'avons recueillie en assez grande quantité dans l'océan Atlantique ; elle nous a paru plus rare dans les autres mers.

Nous considérons comme une simple variété de l’'Hyale que nous venons de décrire, celle que M. d'Orbigny a cru pouvoir en distinguer sous le nom de

Mucronée (H. mucronata), donné originairement par MM. Quoy et Gaimard à l’Ayale à trors pointes, et qui ne diffère en effet de celle-ci que par des dimensions un peu plus grandes, par une forme un peu plus déprimée et par ses pointes latérales qui sont moins larges et moins divergentes (pl. 6, fig. 7, 8, 9 et 10); le caractère sur lequel M. d'Orbigny a cru devoir établir surtout cette espèce, la présence de stries transverses sur les deux faces de la coquille, ne nous a pas paru aussi marqué que le dit ce naturaliste et pouvoir former un caractère spécifique.

Cette Hyale présente la particularité singulière d’être souvent recouverte, dans toute l’étendue de la coquille, d’une espèce de polvpier du genre campanulaire; M. Rang a déja indiqué ce fait sur la figure qu'il en a donnée, dans sa monographie inédite des

La pointe terminale présente aussi intérieurement, comme l’a indiqué M. d'Orbigny, une petite cloison transversale qui sépare sa cavité de celle de la coquille ; cette pointe n'est pourtant pas tronquée ordinairement, ainsi qu'on le trouve dans les espèces qui présentent cette particularité.

Grvre CLÉODORE. — Cleodora,

Péron et Lesueur.

Péron et Lesueur ont établi ce genre, dans leur Histoire de lu famille des Ptéropodes, pour y ranger les petits Mollusques testacés que Brown avait décrits sous le nom de Clos, dans son Histoire de la Jamaique, et qui avaient été expulsés depuis de ce dernier genre par les changements successifs qu y avaient introduits Pallas et Bruguières. Adopté d’abord par Lamarck, ce genre l’a été depuis par presque tous les zoologistes.

L'organisation des Cléodores à été étudiée par MM. Rang, Quoy et Gaimard , et, plus récemment, par M. Van Beneden; mais, malgré les détails donnés à ce sujet par les zoologistes que nous venons de citer, il n'a pas été possible encore de proncncer d’une manière définitive sur la valeur de ce genre que quelques auteurs considèrent comme devant être réuni au genre Hyale. La connaissance complète de ces Mollusques pouvant seule faire cesser cette incertitude, nous avons apporté le plus grand soin à leur étude, et, comme on le verra par nos dessins, nous n'avons pas borné nos recherches à une espèce seulement, mais nous avons examiné successivement la plupart des espèces qui composent le genre.

Description extérieure.

L'animal des Cléodores présente, dans ses caracières extérieurs , la plus grande ressemblance avec celui des Hyales.

La tête et les nageoires sont disposées de la même manière; ces derniers appendices sont seulement moins larges et divisés en deux lobes, au lieu d'être trilobés comme dans les Hyales (1); ils sont aussi distincts du lobe intermédiaire à leur origine, ce qui peut servir encore à distinguer extérieurement Îles Cléodores des Hyales (pl. 10, fig. 3, 5, et pl. 11, ho1,/%#, 97:

La partie postérieure ou abdominale , qui est recouverte par la coquille, offre également une disposition tout à fait analogue à celle qui existe chez les Hyales ; comme dans celles-ci, le manteau est fort mince dans toute son étendue, si ce n'est vers les bords qui correspondent à l'ouverture de Îa coquille, et à sa partie inférieure où il présente encore cette espèce de bouclier qui circonscrit la cavité des branchies. Enfin, à la partie supérieure, lon voit aussi de petits cordons blanchâtres qui se portent obliquement de chaque côté vers les bords libres du manteau, et qui sont formés par de petits faisceaux musculaires semblables

(4) Nous verrons plus loin que, dans quelques espèces appartenant au sous-genre Créséis de M. Rang, les nageoires offrent un troisième lobe très-petit sur leur bord antérieur ou interne.

à ceux que nous avons décrits dans le manteau des Hyales ( pl. 10, fig. 1, 2, 3,31).

M. Van Beneden, qui n'a pas reconnu l'existence de ces faisceaux musculaires dans les Cléodores, a cru que, chez ces Mollusques, le manteau n'offrait également pas les deux lèvres ou feuillets qui correspondent, dans les Hyales, aux fentes latérales de la coquilie ; mais cette différence n'est qu'apparente, et le manteau ne présente ici que des modifications semblables à celles de la coquille. En effet, si l'on étudie cette dernière d’une manière comparative dans les deux genres, on voit que les fentes latérales de la coquille des Hyales, tendent à devenir antérieures dans les Cléodores, et finissent même par se confondre avec l'ouverture antérieure de la coquille, de manière à ne plus former avec celle-ci qu'une seule ouverture transverse et presque droite ; par une transformation semblable et nécessaire, puisque la coquille traduit toujours d’une manière exacte la forme du manteau, les deux levres latérales que ce manteau présente dans les Hyales, deviennent antérieures chez les Cléodores, et se continuent directement avec les bords qui circonscrivent son ouverture antérieure , comme si celle-ci se prolongeait dans leur intervalle ; aussi, cette ouverture antérieure du manteau est-elle bien moins étendue que celle de la coquille, et correspond seulement à la partie médiane et renflée de celle-ci (pl. 10, fig. 3).

Cependant, cette disposition n'est bien marquée que dans les espèces de Cléodores dont la coquille

est plus ou moins déprimée ou dilatée sur les parties latérales de son ouverture ; à mesure que cette forme disparaît, et que la coquille tend à prendre celle d'un cône , sans angles latéraux , ces lobes du manteau deviennent de moins en moins distincts, et finissent même par disparaitre tout à fait dans les dernières espèces du genre, les C/éodores aciculée et virgule (C. acicula et virgula), chez lesquelles le manteau n offre plus en avant qu'une ouverture circulaire tout à fait semblable à celle de la coquille ( pl. 1, fig. 4, 2, 4) (1).

Mais si, comme nous venons de le faire voir, l’on retrouve dans la plupart des Cléodores les deux levres qui bordent les parties latérales du manteau dans les Hyales, il n'en est pas de même des appendices qui sont placés dans l'intervalle de ces levres, et qui présentent un si grand développement chez ces dernières; nous ne les avons jamais rencontrés dans les Cléodores , de sorte que leur absence nous parait former un des caractères distinctifs de ce dernier genre.

Les bords libres du manteau présentent, comme dans les Hyales, des touffes de cils vibratiles, et la masse des visceres est également recouverte d'une espèce de membrane péritonéale très-fime.

(4) Nous avons cependant presque toujours vu, dans ces espèces, le bord du manteau former, sur un des côtés, un petit prolongement enroulé, comme le montrent nos figures.

Description intérieure.

Organes de la digestion. — L'appareil digestif est entièrement semblable à celui des Hyales. Dans les espèces très-allongées, l’œsophage présente seulement une longueur proportionnelle à celle de l'animal, et l'intestin, au lieu de venir s'ouvrir près du bord libre du manteau, reste plus ou moins profondément caché au fond de la cavité branchiale. On trouve aussi, dans la forme de louverture buccale et des replis labiaux qui la bordent, quelques modifications que nous avons indiquées sur nos figures

(plA0, fig. 3, 34, 44,6 et pl 1 fi808,:6; 73607

Organes de la respiration. — Ces organes n'ont pas encore été reconnus dans les Cléodores; M. Rang, qui a publié quelques détails sur l'organisation de ces Mollusques, n’a donné aucune indication à ce sujet ; la partie que MM. Quoy et Gaimard ont cru être la branchie, n'est évidemment, d’après la figure qu'ils en ont donnée, que cette espèce d'écusson ou de bouclier que le manteau forme à sa partie inférieure, et qui, dans quelques espèces, présente des stries serrées et régulières qu’on a pu prendre pour un réseau vasculaire (pl. 10, fig. 31); M. Van Beneden nous semble avoir commis la même erreur dans la détermination qu'il a donnée plus récemment des organes branchiaux dans les Cléodores.

Cet appareil est situé, comme dans les Hyÿales, au

plafond d’une cavité que le manteau circonscrit en dessous, et sur les côtés de la masse viscérale; sa disposition générale est aussi tout à fait semblable, c'est-à-dire qu'il forme autour de cette masse viscérale une espèce de fer à cheval dont les branches se prolongent sur les côtés, jusqu’à peu de distance du bord antérieur du manteau. Mais cet appareil diffère beaucoup de celui des Hyales par sa disposition parfaitement symétrique, et surtout par sa structure anatomique ; il est en effet composé de deux parties tout à fait semblables à droite et à gauche, et se réunissant en arrière sur la ligne médiane; sa structure est aussi bien différente, car on ne trouve plus ici la disposition lamellée que nous avons décrite dans les Hvales, mais une simple membrane adherente par un de ses bords, libre dans le reste de son étendue, et faisant saillie dans la cavité branchiale. C'est sur cette membrane que viennent se ramifier les vaisseaux branchiaux; lorsqu'on l’examine à un grossissement un peu fort, on voit ces vaisseaux former un réseau très-serré à sa surface (pl. 10, fig. 3,

Organes de la circulation. — V'artère et la veine branchiales nous ont paru occuper également le bord adhérent de la branchie. Le premier de ces vaisseaux est peu apparent et semble constitué, moins

(1) En examinant cette membrane à la lumière directe, nous avons cru voir aussi à sa surface un grand nombre de petits points saillants, couverts de cils vibratiles (voy. la fig. 19).

par un seul tronc, que par une série de veines qui viennent se ramifier isolément dans la membrane branchiale. La veine branchiale, au contraire, est volumineuse et formée de deux troncs principaux dont la disposition est la même que celle de l'appareil branchial ( pl. 10, fig. 19, 20, g.)

Le cœur est placé, comme dans les Hyales , du côté gauche ; il est également enveloppé d’un péricarde lâche et fort mince, à travers lequel se voient, par transparence , l'oreillette et le ventricule qui sont aussi disposés de la même manière, et présentent une organisation tout à fait semblable ; mais l'oreillette communique avec une poche pyriforme qui est appliquée contre la paroi inférieure du manteau à laquelle elle adhère d’une manière intime. Nous avons déjà cherché, dans nos généralités , à donner l'explication physiologique de cette organisation particulière (pl. 10, he4029,-315metpl. 41 f6g03;, 02%);

Organes de la génération. —%Xa disposition générale de cet appareil est la même que dans les Hyales. L'ovaire ou plutôt l'organe hermaphrodite, dont la forme est en rapport avec celle de la coquille, est également composé de deux parties superposées, et constitué par des plaques empilées les unes à la suite des autres. L'oviducte, qui en sort en avant, est d’abord très-mince et se renfle ensuite dans une portion variable et plus ou moins étendue de son trajet. Ce renflement est formé, comme dans les Hyales, par une matière granuleuse blanchätre qui en épaissit beaucoup les pa-

rois ; mais il n'offre jamais d’appendice cœcal à sa partie postérieure (1). Après s'être rétréci de nouveau et s'être porté du côté droit, en croisant l'œsophage, l'oviducte vient se jeter dans un canal plus large dont les circonvolutions serrées forment, comme dans les Hyales, cette masse globuleuse que nous avons considérée comme la matrice (pl. 10, fig. 4, 5, 34, 39, 41 et pl Miles 316,1%:0,121254te)

La dernière portion du second oviducte ou le vagin offre, dans quelques espèces de Cléodores, la même disposition que dans les Hyales, c’est-a-dire que cette partie longe le côté droit de l'animal pour venir se terminer à l’origine et sur le bord postérieur de la nageoire correspondante; un repli cutané tresfort , qui forme quelquefois inférieurement une bride saillante, la fixe aux parties voisines, et se prolonge ensuite jusqu'à l’orifice de la verge (pl. 10, fig. 3, 4, 5, d, o'). Dans d’autres espèces, ce vagin est trèscourt, et se trouve presque confondu avec la masse globuleuse formée par la matrice; dans ce dernier cas, il est toujours fixé par un repli de la peau qui forme une espèce de lèvre sur son ouverture (pl. 10, fig. 34, 35, o'). Enfin, dans les espèces à coquille très-allongée , cette partie offre une longueur proportionnelle, pour venir aboutir à la racine de la nageoire droite (pl. 11, fig. 3,5, 6, d, o').

(1) Dans une seule espèce, la Cléodore aléne(C. subulata), nous avons trouvé cet appendice placé à l’extrémité antérieure de loviducte qui n'offre pas de renflement sur le reste de son trajet (voy. la pl. 11, fig. 7, z et z').

A cette portion de l'appareil générateur est annexée, comme dans les Hyales, une vésicule à long col qui est très-apparente dans quelques espèces, et qui se trouve enchâssée dans les circonvolutions de la matrice (pl. 40; fig. 34, 35, 41, x).

La verge est plus longue que dans les Hyales et d'une forme un peu différente; assez grosse près de son orifice , elle s’amincit beaucoup ensuite , et, après avoir formé plusieurs replis, elle se termine par une masse ovale, de nature presque cartilagineuse; telle est du moins la forme que nous avons trouvée dans quelques espèces, entre autres la C/Æodore bourse (C. Balantium). Ses parois sont également composées de plusieurs plans de fibres musculaires luisantes et diversement entrecroisées. Enfin, elle est pourvue d'un muscle rétracteur grêle qui vient s'attacher à sa partie postérieure.

Système musculaire. — Ce système présente une disposition tout à fait semblable à celle que nous avons décrite dans les Hyales. Le muscle columellaire offre quelquefois une longueur considérable qui se trouve alors en rapport avec l'allongement de la partie postérieure de l'animal et de la coquille.

Système nerveux. — Ce système est encore entièrement semblable à celui des Hyales; la différence que M. Van Beneden dit avoir trouvée dans le ganglion buccal qui, d’après sa description et ses figures, serait représenté par deux ganglions distincts et séparés, nous semble tenir à ce que cet anatomiste a pris,

PTÉROPODES. 173 pour ces ganglions, les deux petits grains blanchâtres que forment les glandes salivaires.

Le genre Cléodore a été adopté par Lamarck, et, à son exemple, par la plupart des naturalistes, d’après l’idée inexacte que l’on s'était d’abord formée de ses caractères; depuis que les observations de MM. Rang, Quoy et Gaimard, etc., ont fait voir que les Mollusques qui le constituent, bien loin de ressembler aux Clios, comme on l'avait cru d’après les détails donnés par Brown, offrent la plus grande analogie avec les Hyales, quelques auteurs ont proposé de les confondre avec ces derniers Mollusques, dans un seul et même genre. On peut voir, en effet, par la description qne nous venons d'en donner, que la plupart des caractères zoologiques et anatomiques que nous avons assignés aux Hyales conviennent également aux Cléodores; ces dernières présentent cependant, dans l'animal comme dans la coquille, quelques différences qui peuvent justifier leur séparation en un genre distinct, si l'on n'accorde pas aux coupes de cet ordre une trop grande valeur.

Ces différences se trouvent, pour l'animal, dans la forme des nageoires qui sont plus allongées, toujours bilobées et distinctes du lobe intermédiaire à leur origine (1); dans l'absence des appendices latéraux

(1) Cette forme des nageoires n’est pourtant pas propre aux Cléodores seulement, car nous avons vu que quelques espèces du genre Hyale, les Hyales quadridentée et à trois pointes (H. qua-

dridentata et trispinosa), la présentent également.

du manteau; enfin, surtout, dans la conformation parüculière du cœur, ainsi que dans la disposition et la structure des branchies.

Quant à la coquille, quoique les deux genres semblent se confondre sous ce rapport, lorsqu'on étudie la série des espèces qui les composent , l’on peut trouver encore , dans sa forme, des caractères suffisants pour les distinguer; ainsi elle est plus triangulaire dans les Cléodores, et son ouverture est aussi large que sa cavité, ce qui, comme nous l'avons déjà dit, n’a pas lieu dans les Hyales dont la coquille est toujours plus étroite et comme contractée à son ouverture.

M. Rang a divisé le genre Cléodore en trois sousgenres, savoir : les Cléodores proprement dites, les Créséis et les Triptères.

M. Rang a compris dans le second de ces sousgenres, celui des Créséis, les Cléodores à coquille conique et tres-effilée; mais ces espèces se lient aux Cléodores proprement dites par des nuances tellement graduées qu’il n’est guere possible d'établir une limite entre elles. Quant au caractère assigné par cet auteur à lPanimal des Créséis, et qui consisterait dans un nanteau non dilaté sur les côtés, il ne différencie en rien d’essentiel celles-ci des Cléodores proprement dites, puisqu'il n’est que la conséquence des modifications survenues dans la forme de la coquille, modifications que le manteau traduit toujours d’une maniére exacte (1).

Parmi les espèces comprises par M. Rang dans son

(4) Avant M. Rang, Lesueur avait déjà proposé le genre

PTÉROPODES. 175 sous-genre des Créséis, il en est pourtant quelquesunes, les C. acicula et virgula, qui présentent réellement dans la forme des nageoires, et dans quelques autres points de leur organisation, des particularités qui font de ces espèces un petit groupe bien distinct.

Le troisième sous-genre renferme les Triptères de MM. Quoy et Gaimard, Mollusques sur lesquels on n'a pu avoir jusqu'à présent des renseignements suffisants et qui nous paraissent devoir être rapportés au genre Cuviérie.

Les Cléodores sont, comme les Hyales, répandues dans toutes les mers; mais elles ne paraissent plus confinées seulement dans les mers des régions tropicales ou des zones tempérées; certaines espèces atteignent même des latitudes très-élevées : ainsi, nous avons recueilli dans les mers du cap Horn une espèce, la C. australis, qui paraît y être très-commune; les naturalistes du dernier voyage de l’Astrolabe ont également rencontré, au milieu des glaces du pôle sud, une grande et belle espèce qui nous a paru trèsvoisine de la Cléodore bourse (C. balantium), mais qui en diffère surtout par des couleurs très-vives.

Les Cléodores se prêtent aux mêmes considérations que les Hyales sous le rapport de leurs mœurs et de leurs habitudes.

Sryrioe pour les Cleodores à coquille conique et très-allongée. (Voir le Manuel de Malacologie de M. de Blainville, pag, 635.)

CLÉODORE CUSPIDÉE.

Cleodora cuspidata, Bosc.

Hyalæa cuspidata , Bosc, Coq., tom. IT, pag. 238, pl. 9, fig. 5-7. Clecdora Lessonit, RAnG, Monographie inédite.

Cleodora quadrispinosa? RANcG , Monog. inéd.

Cleodora cuspidata, Quox et Garmarp, Zool. de l’Ast., pl. 27,

fig. 1-5.

Le

PLancHe 6, Ficures 11-16.

Testa rhomboïdalis, pellucida , fragilissima, anticè rostrata , posticè uncinata, lateraliter compressa et cuspidibus longis , acutis, canaliculatis instructa ; infra, in medio convexa et levigata, lateraliter obliqué sulcata ; superné, carinata, costis lateralibus ornata et sulcis obliquis impressa ; apertur& triangulari ; labro infero rotundatim truncato; labro supero triangulari,

antice rostro prælongo et acuto terminato,

Cette Cléodore présente des caractères remarquables qui la distinguent facilement de toutes ses congénères. Elle a, dans son ensemble, la forme d’un losange dont l’angle antérieur se prolonge en une longue pointe; les angles latéraux se terminent également par deux longues épines dirigées en dehors et un peu en avant, et creusées d’une rainure qui est comme le prolongement de l'ouverture; l'angle postérieur, formé par l'extrémité terminale de la coquille, est recourbé en dessus, et se termine par un petit renflement ovoide. La face inférieure, convexe et

lisse sur la ligne médiane, est fortement déprimée et marquée de sillons transverses sur les côtés. La face supérieure, comme carénée sur la ligne médiane ou parcourue dans ce sens par une arête longitudinale qui la divise en deux parties égales, présente en outre deux côtes latérales qui, de l'extrémité postérieure, se portent en divergeant jusqu’au bord antérieur de l'ouverture; cette face est encore marquée dans toute son étendue de sillons transverses ou plutôt obliques dans le sens des stries d’accroissement. L'ouverture, de forme triangulaire et assez large en avant, se prolonge, en se rétrécissant, sur les côtés de la coquille, comme dans les Hyales auxquelles cette espèce fait le passage; la lèvre inférieure est tronquée et arrondie; la lèvre supérieure, qui déborde beaucoup la précédente, se prolonge en un long rostre formé par la carène de la face dorsale.

Cette coquille est mince, trés-fragile, et d’une graude transparence dans toutes ses parties.

L'animal présente les caractères que nous avons assignés au genre, c'est-à-dire deux nageoires allongées , bilobées, réunies à leur base par un lobe intermédiaire bien distinct et semi-circulaire. Les bords du manteau forment, sur les côtés, deux longs appendices tout à fait semblables aux pointes latérales de la coquille. La masse viscérale est colorée en vert et en rouge foncé; les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.

Bonite. — Zool. Tome If, Partie I. 12

Dimensions de la coquille :

millimetres.

LONBUEUT OMIS EEE. s8e se ses Deonte vais 16 Largeur (y compris les pointes latérales)... 16

Id. (sans les pointes latérales). ....... 6 Hauteur, 60e dass nee at sinoidaia à is)

Nous avons recueilli plusieurs individus de cette espèce dans l'océan Atlantique, par 8° de latitude nord, et par 22° de longitude ouest; tous nous ont offert une assez grande uniformité dans leurs dimensions et leurs autres caractères. Ces caractères ‘ne nous paraissent pas avoir été indiqués d’une manière suffisamment exacte dans les différentes figures qui ont déjà été données de cette Cléodore.

CLÉODORE LANCÉOLÉE.

Cleodora lanceolata, Lesueur.

Lrsurur, nouv. Bullet. des Sciences , juin 1813, tom. III, n° 69, pl. 5, fie. 9.

Cleodora pyramidata, Pérox et Lesurur, Ann. du Mus., tom. XV, pl. 2, fig. 44.

Prancxe 6, Ficures 17-25.

Testa rhomboidalis, pellucida, antice acuta, posticè cuspidata et ad apicem suprà leviter inflexa, lateraliter compressa et triangulo-acuta , infrà in medio convexa, superné carinata et costis lateralibus ornata ; apertur& triangulari ; labro infero rotunda-

tim truncato ; labro supero triangulo-acuto.

Cette espèce ressemble à la précédente par beaucoup de ses caractères ; elle en diffère par le développement moins considérable de sa partie antérieure et du rostre de la lèvre supérieure, par l'absence des pointes latérales, et par la courbure beaucoup moins prononcée de son extrémité postérieure; elle ne présente pas aussi les sillons transverses que l’on remarque sur les deux faces de la C/éodore cuspidee.

Cette coquille est entierement transparente.

L'animal est tout à fait semblable, pour la forme et pour les couleurs, à celui de l’espèce précédente : les bords de la bouche présentent seulement une colo

ration brunâtre plus foncée. Le manteau n'offre plus

aussi des appendices latéraux aussi développés.

Dimensions de la coquille :

millimètres

Ponpnéur Aotalers fesses dos 0 28 49 MATPEUR Er Eu teTle remercie 11 HAUtEUT PRE El nc atce Dance D

Cette espèce est une des plus communes; nous l'avons trouvée dans toutes les mers.

La Cléodore pyramidale (Cleodora pyramidata) de Péron et Lesueur, que nous avons figurée sur la même planche (fig. 23, 24), nous semble n'être, d’après l'examen que nous avons pu faire d’un grand nombre d'individus, que le jeune âge de l'espèce que

nous venons de décrire.

PTÉROPODES. a8t

CLÉODORE PLATE.

Cleodora compressa, nobis.

PLancxe 6, Ficures 26-32.

Testa longe triangularis , valde depressa, peliucida , anticé rotundatim truncata, posticé elongata et cuspidata, infrä et superné plana et levigata ; apertur& transversali, angustissimä ; labris

æqualibus et acutis.

Cette espèce est remarquable par sa forme très-déprimée et tout à fait plate en dessus comme en dessous ; elle a, dans son ensemble , l'aspect d’un triangle isocéle très-allongé, dont la base, légèrement arrondie, serait tournée en avant. On ne remarque, sur ses faces supérieure et inférieure, que des stries d’accroissement à peine marquées; sur les côtés, elle présente un bord aplati qui se prolonge, en se rétrécissant, jusqu’à son extrémité postérieure. L'ouverture est transversale et très-étroite; les deux levres qui la circonscrivent sont égales et terminées par des bords tranchants. La pointe postérieure présente à son sommet un petit renflement ovoide comme dans les espèces qui précèdent.

Cette coquille est parfaitement transparente.

L'animal est semblable à celui des Cléodores précédemment décrites ; il est transparent dans toutes ses

parties, si ce n'est à la bouche qui est rosée, et dans GC # L 3? A la masse viscérale qui est d’un brun rougeûtre.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

LONEUEUTA EE Nr ee - 5 ARPOUE RS nee eee dates ec 2 Havteur. AU sen. jets s AE » À

Cette Cléodore présente, sous le rapport de la taille, quelques différences qui nous ont paru tenir à l'âge; elle varie aussi un peu dans sa forme qui est plus ou moins évasée à la partie antérieure, ou du côté de l’ouverture ; nous avons figuré une de ces variétés, qui a presque la forme d’un cône très-allongé et aplati (fig. 30).

Cette espèce est assez rare; nous n'en avons recueilli qu'un trés-petit nombre d'individus dans l'océan Atlantique.

CLÉODORE DE CHAPTAL.

Cleodora Chaptalii, nobis.

l'esta triangularis , pellucida, posticé incurva , transversum sulcata, infrà in medio convexa et lateraliter compressa, superne quinquecostata ; apertur& ovato-transversä, lateraliter angustä ; labris

acutis ; labro supero infero productiore.

Cette Cléodore est triangulaire, assez renflée dans sa partie médiane, comprimée sur les côtés qui forment un bord aigu s'étendant de l'ouverture jusqu'à l'extrémité postérieure; celle-ci, terminée en pointe, est assez fortement recourbée en dessus. La face dorsale est ornée de cinq côtes qui se portent en rayonnant du sommet au bord antérieur de la coquille ; cette face et la ventrale sont marquées en outre de sillons transverses dans toute leur étendue. La bouche, assez grande dans le milieu, se rétrécit graduellement sur les parties latérales ; elle est circonscrite par deux bords tranchants dont le supérieur déborde un peu l'inférieur.

Cette coquille est transparente et légèrement violacée.

[EE Cr « . = , , - animal à deux grandes nageoires bilobées, réu-

nies postérieurement par un lobe intermédiaire bien

distinct, comme dans les espèces précédentes; toutes ses parties ont une couleur violacée très-foncée, excepté les nageoires qui sont blanches et transpa-

rentes.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

ÉONBUEUT à pet mm ere aies ea 19 Éarreut, cnrs eme ts dE 48 16 FAUTEUT. EC RE creme ihe cc ce Ln)

Cette belle espèce, une des plus grandes du genre, paraît fort rare, car elle n'a été signalée encore par aucun naturaliste; nous n'en avons recueilli qu’un seul individu par le travers du cap de Bonne-Espérance.

CLÉODORE COURBÉE.

Cleodora curvata, nobis.

PLancHE 7, Ficures 6-10.

Testa triangularis, pellucida, posticé uncinata , levigata, infra et superne convexa ; aperturd transversali, angustà ; labris acutis ;

labro supero infero productiore.

Cette espèce a la même forme que la précédente; elle en diffère par sa taille beaucoup plus petite, par l'absence de côtes et de sillons sur ses deux faces qui sont entièrement lisses, et enfin par la courbure plus prononcée de son extrémité postérieure.

Elle est entièrement transparente.

L'animal, semblable aussi à celui de l’espece précédente, est transparent dans toutes ses parties, si ce n’est à la bouche qui est rosée, et dans la masse viscérale qui est d’un brun jaunûtre.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

DONBUEUR, 342 Rio oe see ce 2

, Î HAPDEUR mess den Pal ae ones as 15 Hauteur: .'226, SH LEUR EL E LES LU PPTRS PPS pe

Nous n'avons recueilli qu'un seul individu de cette espece dans l'océan Atlantique.

CLÉODORE BOURSE.

Cleodora balantium ; Rang.

RanG, Magasin de zoologie, 1834, pl. 44.

PLANCHE 7, Ficures 41-16.

Testa oblongo-trigona, hyalina, posticé supra inflexa, transversim sulcata, in medio inflata, lateraliter compressa, superné tricostata ; aperturà ovato-transversé et utroque latere angustà ;

labro supero infero longiore.

Cette Cléodore se rapproche des deux précédentes par sa forme, mais elle est plus allongée et moins courbée à son extrémité postérieure qui se termine, comme les C{éodores cuspidee et lancéolée, par un petit renflement ovoide. Ses bords latéraux, au lieu de former un angle aigu, sont aplatis, comme dans la Cléodore plate, et se prolongent également, en se rétrécissant progressivement, jusqu’à l’extrémité postérieure. La face dorsale est ornée de trois larges côtes longitudinales qui convergent vers cette extrcmilé. La face inférieure, bomhée dans sa partie moyenne, est fortement déprimée sur les côtés. Des sillons transverses, et comme ondulés, se voient sur ces deux faces. La bouche, transverse et assez large sur le milieu, devient trés-étroite dans ses parties

latérales ; le bord inférieur est un peu débordé en

PTÉROPODES. 187 avant par le bord supérieur qui forme une pointe arrondie sur la ligne médiane.

Cette coquille est entièrement transparente.

L'animal est semblable à celui des espèces déjà décrites; les nageoires, qui sont assez larges, présentent à leur origine, autour de la bouche, une coloration rougeàtre qui s'étend aussi à tout le lobe intermédiaire ; la masse viscérale est colorée en vert et en rouge ; toutes les autres parties sont blanches et

transparentes.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

PONSUÉRR M Les cest 2e Penreceu 28 PATSCUR AIM ALIIACE ÉLUS AEROSUN 16 Hauteuras:t/4 cet AR SRE AT ANSE 8

Cette belle espèce, la plus grande du genre, parait assez commune dans l'océan Atlantique; nous en avons recueilli un assez grand nombre d'individus par 8° de latitude nord, et 22° de longitude ouest. — Dans les figures que MM. Rang et d'Orbigny en ont données, l'extrémité postérieure est représentée tronquée.

CLÉODORE RENFLÉE.

Cleodora inflata, nobis.

PLANCHE 7, Ficures 17-19.

Testa triangularis, pellucida, inflata, posticè supra inflexa , transversim sulcata, lateraliter compressa ; apertur& subrotundä ;

labro SUpero infero productiors.

Cette espèce ressemble à la précédente par sa forme; elle est seulement plus courte, plus renflée, et un peu plus rétrécie à sa partie postérieure ; elle en diffère aussi par l'absence des trois côtes que la Cléodore bourse présente sur sa face dorsale.

Elle est transparente et parait très-fragile.

Nous n'avons pu observer l'animal de cette espèce, n'ayant trouvé que la coquille dans nos filets.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

ORALE Ne rerseoechossespecr ion 6 PAPÉCUR- ns sa has rase ee 4 Hauteur. se een ESRI 3

Nous n'avons recueilli que deux individus de cette espèce dans l'océan Atlantique.

CLÉODORE AUSTRALE.

Cleodora australis, d’Orbigny.

D'Ore1Gxx. Voy. tom. V, pag. 117, pl. 8, fig. 9-11. PLANCHE 7, Ficures 20-25.

Testa sub-conica, elongata, pellucida, fragilissima, anticé obliqué truncata, posticé cuspidata et ad apicem subtus leviter inflexa , infra concava, superné convexa et cost longitudinali in medio

ornata ; aperturä triangulari ; labro supero producto et acuto.

Cette Cléodore est sub-conique, allongée, convexe supérieurement, et ornée dans ce sens d’une côte longitudinale et médiane (1); elle est creusée en gouttière inférieurement dans sa moilié antérieure; son extrémité postérieure, marquée de sillons transverses très-fins, et légèrement infléchie vers la face ventrale, se termine par un petit renflement ovoide, comme dans la plupart des espèces que nous avons déjà décrites. La bouche, de forme sub-triangulaire, est oblique à l'axe de la coquille; elle est circonscrite par des bords tranchants dont le supérieur dépasse l’inférieur, et se termine en pointe plus où moins aiguë sur la ligne médiane.

(1) Sur les côtes de cette côte médiane se trouvent deux autres petites côtes également longitudinales, mais qui ne sont bien marquées qu’à la partie antérieure,

Cette coquille est tres-fragile, et parfaitement transparente dans toutes ses parties.

L'animal est tout à fait semblable à celui des Cléodores cuspidée, lancéolée, etc.; la bouche, l'œsophage, et la masse viscérale sont d’une couleur rouge foncée, à travers laquelle on distingue la masse brunâtre du foie; la dernière portion de l'appareil générateur, qui fait saillie en avant, du côté droit, est d'une couleur rosée; toutes les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

Longueur totale. 0, Dans LABS Pas 14 LATÉEUN Een ossedencuess Penser 4 Haute Re Re D cie ste 2

Cette espèce, que M. d’Orbigny a fait connaître le premier, parait confinée dans les parages du cap Horn; nous l'avons recueillie en grande quantité dans l’océan Austral, par 48° de latitude sud, et 88° longitude ouest. C’est à peu près dans les mêmes parages que M. d'Orbigny l'a rencontrée. Les dessins que ce naturaliste a donnés de la coquille, et surtout de l'animal, ne concordent pas entièrement avec nos propres observations.

CLÉODORE STRIÉE.

Cleodora striata, Rang.

Raxc, Ann. des Sc. nat., tom. XIIT, pag. 315, pl. 17, fig. 3. PLance 8, Fiqures 1-4.

Testa conica, depressa, pellucida, posticé incurva, transversim

sulcata ; apertur& simplici, ovato-rotundatà.

Cette petite Cléodore a la forme d’un cône un peu aplati, légèrement courbé en dessus à son extrémité / LU 4 74 postérieure et marqué dans toute son étendue de sillons transverses. Son ouverture est ovale-oblongue transversalement, à bords égaux et tranchants.

Elle est très-transparente et d’une grande fragilité.

L'animal a deux nageoires assez larges, légèrement bilobées, réunies par un lobe intermédiaire peu saillant. La bouche et l'œsophage sont de couleur rose; le foie est verdâtre; toutes les autres parties sont blanches et transparentes.

Dinensions de la coquille :

milliméetres.

Longueur. NO ne Da OT CA 6 MADRCUREE Rs Lu 0 eee Re d'en ei tle ce te 2 ENORME «RAA VEN es LE ASE Aa PA AE A 1

Nous avons recueilli cette espèce dans l'océan Atlantique.

CLÉODORE ALÈNE.

Cleodora subulata, Quoy et Gaimard.

Quoyx et Garmarn, Ann. des Sc. nat., tom. X, pag. 233, pl. 8, fig. 1-3.

Raxc, Creseis spinifera , Ann. des Sc. nat., tom. XIII, pl. 17, fig. 1.

PLancEe 8, Ficures 5-9.

Testa conica, elongata, pellucida, posticè acutissima, anticé oblique truncata, transversim leviter striata, superné sulco longitudinali

et obliquo ornata ; aperturd circulari, supra rostratà.

Cette espèce a la forme d'un cône très-allongé, obliquement tronqué en avant et terminé postérieurement par une pointe légèrement renflée, marqué de stries transversales très-fines dans toute son étendue; sa face dorsale présente une petite rainure qui, du bord antérieur, se porte un peu obliquement en arrière, pour se terminer à une petite distance du sommet. La bouche, oblique à l'axe de la coquille, est circulaire, à bords irréguliers et tranchants; la lèvre supérieure, qui dépasse l’inférieure, se termine sur la ligne médiane par une pointe plus ou moins saillante, formant quelquefois une espèce de rostre qui n'est que le prolongement de la rainure dorsale.

Cette coquille est entièrement transparente et assez résistante.

L'animal offre les mêmes caractères que celui des espèces précédentes. Les nageoires sont assez larges et bilobées; le lobe intermédiaire est saillant en avant. La bouche, l'œsophage et une partie de la masse viscérale sont rougeûtres; le foie est verdûtre, et l'ovaire d’un blanc jaunâtre: toutes les autres pares sont blanches et transparentes.

Dimensions de la coquille :

millimètres.

PÉREUEUR ER nt ane res Te ii, 10 Diamètre (à l'ouverture)... 2.244401 1

Cette Cléodore est très-commune , et parait appartenir à toutes les mers.

Il existe encore quelque confusion dans les auteurs relativement à cette espèce. MM. Quoy et Gaimard, qui l'ont signalée les premiers, en ayant donné une figure qui ne permettait pas de la reconnaître suffisamment, M. Rang l’a décrite un peu plus tard sous le nom de C. spinifera, et, par conséquent, comme une espèce distincte de Ja C. subulata, ce qui est encore admis par quelques naturalistes; mais MM. Quoy et Gaimard ont reconnu depuis que l'espèce décrite par eux sous le nom de C. subulata était la même que la C. spinifera de M. Rang (1), de sorte que cette dernière espèce doit aujourd'hui disparaître des catalogues, et figurer seulement dans la synonymie de la première.

(4) Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, tom. TI, pag. 383.

Bonite. — Zool. Tome If. Partie I. 13

CLÉODORE ACICULÉE (1) Cléodora acicula, Rang.

Raxc, Ann. des Sc. nat., tom. XIII, pag. 318, pl. 17,6.

Creseis clava, id., pag. 317, pl. 47, fig. 5. PLancue 8, Ficures 10-17.

Jesta acicuiata, angustissima, levigata , posticé aculissima, antice

transverstn truncata; aperturd circularti, sümplici.

Cette espèce est trés-allongée, en forme d’aiguille, un peu flexueuse, sans côtes et sans sillons à sa surface, tronquée transversalement en avant et se rétrécissant ensuite graduellement jusqu'à son extrémité postérieure , qui se termine par un petit renflement a peine marqué; l'ouverture est ronde et à bords tranchants.

Cette coquille est très-transparente, et d’une grande

fragilité.

L'animal se distingue de celui des espèces décrites . Set Y , x . jusqu'ici, par la présence d’un tres-petit lobe sur le bord interne des nageoires; celles-ci sont assez larges

(4) Le nom français de cette espèce est donné d’une manière différente par les auteurs ; nous avons adopté celui que nous mettons ici, comme le plus rapproché du nom latin, quoiqu'il

n’en soit pas la traduction exacte.

PTÉROPODES. 195 à leur extrémité et très-légèrement bilobées. Le lobe intermédiaire est saillant en avant, comme dans l’espèce précédente. Tout le tube digestif est de couleur

rosée; le foie est vert; les autres parties sont blanches et transparentes.

Dimensions de la coquille :

millimètres,

Longueur, Et CO RL NO 25

Diamètre (à l'ouverture)

Ces dimensions sont celles des plus grands individus; mais cette espèce présente, sous ce rapport, de nombreuses variétés qui tiennent peut-être à l’âge.

Cette Cléodore varie aussi sous le rapport de sa lon gueur seulement ; M. Rang a établi, sur cette différence de forme, une espèce qu’il a désignée sous le nom de C. clava, et qui différerait de la C. acicula par ses proportions plus courtes et moins gréles; mais, lorsqu'on examine un grand nombre d'individus, on voit ces deux formes se lier tellement l’une à l’autre, qu'il est impossible d’assigner des limites à chacune d’elles,

et d'admettre, par conséquent, la distinction proposée par M. Rang.

CLÉODORE VIRGULE.

Cleodora virgula, Rang.

Raxc, Ann. des Sc. nat., tom. XIIT, pag. 316, pl. 17, fig. 2.

Hyalæa corniformis, d'Orbigny. Voy. pag. 120, pl. 8, fig. 20-23.

PLancHE 8, Ficures 18-25.

esta conica, elongata, pellucida, levigata, posticé acutissima et suprä incurva, anticé transversim truncata ; aperturä simplici,

circulart.

Cette espèce ne diffère de la précédente que par sa forme moins grêle et moins allongée, et par la courbure plus où moins prononcée que présente toujours son extrémité postérieure, vers la face dorsale de la coquille.

L'animal est entièrement semblable aussi à celui de cette espèce.

Dimensions de la coquille :

millimetres.

Longueur... 6.5. ersotaieseremnet 6 Diametre (à louverture)..::..2,.0402,.0. 1

Cette Cléodore est fort commune, et se trouve dans toutes les mers.

Elle présente de nombreuses variétés sous le rapport de la taille et de sa courbure postérieure. M. d'Orbiony à établi sur ce dernier caractère une espèce qu'il

a désignée sous le nom de C. corniformis, et qui se distinguerait de la C{éodore virgule (C. virgula) par la courbure très-prononcée de son extrémité postérieure; mais nous dirons à ce sujet ce que nous avons déjà dit pour l'espèce qui précède, c’est-à-dire que l'on passe de la C. virgula, dont l'extrémité postérieure n'est que légèrement infléchie, à la C. corni- Jormis de M. d'Orbigny, par des transitions si peu sensibles, qu'il nous paraît impossible d’assigner à la forme de cette dernière des limites précises, et, par conséquent, de la prendre pour base d’une distinction spécifique.

Genre CUVIERIE. — Cuvierta, Rang.

Ce genre a été proposé en 1827 par M. Rang, dans les Annales des Sciences naturelles (1), pour un Mol- Jusque ptéropode dont la découverte remonte à une époque un peu antérieure. M. Gaudichaud l'avait en effet observé, pendant le voyage de /’Uranie, et en avait fait un dessin très-exact qu’il a bien voulu nous communiquer, mais qui n’a pas été publié; il nous paraît très-probable que les Ptéropodes décrits et ficurés par MM. Quoy et Gaimard dans la partie zo0logique de ce même voyage, sous les noms de Cléodore obtuse et de Triptère rose, ne sont aussi que des Cuviéries incomplétement observées.

M. Rang a donné, sur l’organisation intérieure des Cuviéries, quelques détails dus à ses recherches et à celles de M. Audouin. MM. Alcide d'Orbigny (2) et Van Beneden (3) ont ajouté depuis quelques faits nouveaux à l'histoire de ces Moliusques que nous avons pu étudier aussi d’une manière complète, en ayant recueilli un grand nombre pendant notre voyage.

(1) Voir ce recueil, tom. XII, pag. 325, pl. 45, fig. 1-8. (2) Vorage dans l'Amérique méridionale, tom. V (HI: partie), o& pag. 125.

(3) Mémoire déjà cité, pag. 29.

PTÉROPODES. 199 Description extérieure.

L'animal des Cuviéries présente, dans ses caracteres extérieurs, la plus grande analogie avec cele des genres précédemment décrits, et surtout des Cléodores. Les nageoires ont la même forme, c’est à-dire sont allongées et bilobées à leur bord externe; le lobe intermédiaire offre seulement une légère échancrure à sa partie moyenne (pl. 12, fig. 4, 2, 3, etc.).

Les tentacules et les divers orifices que l’on re marque à la partie antérieure de l’animal, sont aussi disposés de la même manière; mais les Cuviéries différent des Hyales et des Cléodores par l'existence, en dessous de la partie cervicale, d'un organe particulier que M. Rang a considéré comme la branchie, et M. Alcide d'Orbigny, non moins à tort, comme une espèce de pied semblable à celui des Clios et des Pneumodermes. Cet organe nait inférieurement, sur la ligne médiane, par un pédicule étroit qui fournit presque immédiatement deux expansions foliacées ; l'une droite, allongée et acuminée à son extrémité ; l’autre gauche, élargie en éventail à sa partie antérieure qui se termine par un bord renflé en forme de bourrelet. La première de ces expansions présente, en dehors et à sa base, un petit prolongement qu hnit en pointe ; un petit renflement se voit aussi sur son bord interne. Enfin, de la partie inférieure du pédicule part un repli de la peau qui accompagne :

comme dans les Cléodores, la terminaison du second

oviducte où du vagin, et le fixe aux parties voisines. Tel est l'aspect de cet organe, lorsqu'on déroule ses deux parties, comme le représente une de nos figures (fig. 7); mais, sur l'animal vivant, ces deux expansions foliacées s’enroulent de différentes manieres, et peuvent prendre ainsi les formes les plus variées (fig. 4, 2, 8, 14, 15). Les figures qu’en ont données MM. Rang et d'Orbigny sont également inexactes. L'existence de cet appendice singulier n’est pas constante ; nous ne l'avons jamais rencontré dans une des variétés que nous avons figurées (fig. 3 ); il manque aussi quelquefois dans l’autre variété (fig. 2), mais l’on trouve toujours alors, dans ce point, une petite saillie formée par la peau et qui en est comme le vestige. Nous ne saurions dire si, dans ces cas, cet organe na pas encore pris son développement, ou s’il a été séparé de l'animal par la rentrée brusque de celui-ci dans la coquille, ou bien, enfin, si son absence doit être regardée comme normale. Quant à ses usages , il est certain qu'ils sout tout à fait étrangers à la respiration, comme l'avait cru M. Rang ; en effet, outre qu'il manque dans plusieurs de ces Mollusques , ainsi que nous venons de le dire, nous verrons bientôt que l’appareil branchial se trouve à sa place ordinaire et offre la même disposition que chez les Cléodores. Le rapprochement établi par M. d’Orbigny entre cet appendice et le pied rudimentaire des Pneumodermes , ne nous paraît pas plus admissible, car Il n'y a, comme il est facile de le voir, aucune

analogie entre ces deux parties. Sa position et ses

PTÉROPODES. 20 connexions nous portent à le considérer plutôt comme une dépendance de l'appareil générateur.

Le manteau, qui enveloppe la partie postérieure de l'animal, offre la même disposition et la même structure que dans les Cléodores; ainsi, l’on voit inférieurement le bouclier qui circonscrit la cavité branchiale , et, en dessus, les petits faisceaux musculaires qui se portent obliquement en avant, vers les bords libres du manteau. Ces faisceaux sont très-déliés et moins apparents que dans les genres précédents. Les bords du manteau forment presque toujours , sur les côtés , deux petits prolongements (fig. 13); mais on n'y trouve aucune trace des lèvres latérales qui existent sur le manteau des Hyales, et que nous avons retrouvées plus ou moins développées dans la plupart des Cléodores; sous ce rapport, les Cuviéries ressemblent tout à fait aux dernières espèces de ce genre, dont elles se rapprochent en effet par la forme de la

coquille (fig:11,,2,.3,42,.13).

Description intérieure.

Sous le rapport de leur organisation intérieure, les Cuviéries ne diffèrent presque pas des Cléodores ; nous ne trouvons que de légères modifications dans quelques parties des appareils digestif et générateur.

Ainsi, la cavité buccale et le renflement lingual qu'elle contient, présentent un développement un peu plus considérable, mais sans que la structure

de ces parties soit changée. Les glandes salivaires sont

aussi plus volumimeuses, de forme globuleuse et blanchâtres ; elles sont situées en arrière et sur les côtés de la masse buccale, dans la cavité de laquelle elles viennent s'ouvrir par un conduit très-court et trèsdélié (pl. 412, fig. 24, 25, s).

La verge présente, dans les Cuviéries, une particularité assez remarquable qui a déjà été signalée par M. Var Beneden; on trouve constamment, à son extrémité postérieure , une partie cornée, en forme de dard, qui est logée dans le fond de sa cavité, de telle sorte que cette partie se trouve placée à l'extrémité de la verge, lorsque celle-ci se déroule au dehors pendant l'érection; sa forme est arrondie et non en lame, comme l’a figurée M. Van Beneden. La verge se recourbe d’arrière en avant, à son extrémité postérieure, en formant quelquefois plusieurs replis ; elle est aussi pourvue d’un petit muscle rétracteur qui s’attache à quelque distance de cette extrémité (fig. 3%, 39, 30).

Nous avons déjà dit que l'appareil respiratoire était disposé comme dans les Cléodores; sa structure est aussi la même. Sa position, dans la cavité du manteau, est seulement un peu plus profonde, et les deux branches qui le constituent n’offrent plus une symétrie aussi parfaite (fig. 12, 17, b, d).

Les organes de la circuiation , les systèmes musculaire et nerveux ne différent pas des mêmes parties chez les Cléodores (pl. 12, fig. 16, 17, 18-22).

En établissant ce genre, M. Rang lui avait assigné

PTÉROPODES. 203 des caractères qui l’auraient nettement séparé de ceux que nous avons précédemment examinés ; mais quelques-uns de ces caractères , entre autres celui qui est relatif à la disposition des branchies, n’ont pas été confirmés par les observations faites depuis sur ces Mollusques. La description que nous venons d’en donner prouve que les Cuviéries ne diffèrent presque pas des Cléodores, tant pour les caractères extérieurs que sous le rapport de leur organisation intérieure; l’appendice singulier qui occupe la partie inférieure de la région cervicale, ne nous paraît pas établir une différence importante entre ces deux genres, puisque son existence n'est même pas constante ; il en est de même des modifications que présentent certaines parties des appareils digestif et générateur. Quant à la coquille, M. d'Orbigny dit s'être assuré qu'elle est primitivement terminée en pointe à son extrémité postérieure, et que la conformation qu'elle présente plus tard est le résultat d’une troncature ; la coquille des Cuviéries ne différerait donc encore de celle des Cléodores que par le diaphragme qui obture son extrémité postérieure, et par les bords de l'ouverture qui ne sont plus tranchants, mais arrondis. Ces différences ne nous paraissent pas suffisantes pour faire admettre le genre proposé par M. Rang; nous pensons, par conséqnent, que les Cuviéries doivent être réunies aux Cléodores, pour former une simple section ou un sous-genre parmi celles-ci.

Les Cuviéries habitent les mers des régions chaudes:

mais, comme les Cléodores, elles se portent aussi jusqu'à des latitudes assez élevées; ainsi, M. Gaudichaud en a recueilli dans les parages mêmes du cap Horn. Ces Mollusques sont beaucoup moims communs que les Hyales et les Cléodores; on n'en connaît encore qu'une espèce vivante et une fossile : leurs mœurs et leurs habitudes sont les mêmes que celles des Ptéropodes appartenant aux genres précédemment dé-

crits.

CUVIÉRIE COLONNETTE.

Cuvieria columnella, Rang.

Raxc, Ann. des Sc. nat., tom. XII, pag. 323, pl. 45, fig. 1-8. Cleodora obtusa? Quox et Garmarn, Voy. de l’Uranie, pl. 66, fig. 5. Triptera rosea? id., pl. 66, fig. 6.

PLancHe 12, Ficures 1-11.

Testa subcylindracea, elongata, hyalina, levigata, postice arcta et truncata, anticè suprà depressa, in medio inflata ; apertur& obli-

quä, transversä, cordiformi ; labro supero infero longiore.

Coquille subcylindracée, allongée, lisse, rétrécie et tronquée à son extrémité postérieure, déprimée en dessus antérieurement, renflée vers sa partie moyenne; l'ouverture est oblique à l’axe de la coquille, transverse, subcordiforme, à bords arrondis et non tranchants; la lèvre supérieure dépasse en avant la lèvre inférieure.

L'animal, dont nous avons fait connaître précédemment les caractères, est vivement coloré dans ses parties intérieures, autour de la bouche et sur le bord de l’appendice cervical, en forme d’éventail, comme le montrent nos figures ; toutes ses autres parties sont blanches et transparentes.

Nous avons trouvé, dans la coquille des Cuviéries

206 MOLELUSQUES.

que nous avons observées, trois formes bien distinctes qui n’ont pas été indiquées jusqu'à présent, mais qui nous paraissent constituer seulement des variétés d'âge.

Dans la première de ces variétés, que nous regardons comme l'adulte, la forme cylindracée de la coquille est plus prononcée, et le renflement médian moins marqué (fig. 4).

Dans la seconde, ce renflement est plus considérable, et l'extrémité postérieure de la coquille, qui déborde le diaphragme intérieur, plus longue et plus étroite (fig. 2).

Enfin, dans la troisième variété, toute la partie médiane de la coquille est très-bombée, et son extrémité postérieure plus allongée et plus grêle que dans les variétés précédentes (fig. 3).

Ces trois variétés différent aussi par leurs dimen- SIOPS :

La longueur de la première est de douze millimetres ; celle de la seconde, de dix millimètres ; celle de la troisième, de sept millimètres seulement. — La largeur et la hauteur varient à peu près dans les mêmes proportions.

Dans les deux premières variétés, la coquille est assez épaisse, résistante, hyaline, quelquefois faiblement colorée en rose et marquée de stries longitudinales très-fines qui sont assez apparentes, même à un faible grossissement (fig. 4 et 5); dans la troisième, la coquille est plus mince, plus fragile et entièrement transparente.

L'animal présente aussi quelques différences ; ainsi

PTÉROPODES. 207 les deux premieres variétés sont les seules chez lesquelles on trouve l’appendice singulier qui occupe la partie inférieure du cou; cet appendice manque quelquefois dans la seconde qui en offre cependant tou- Jours alors, ainsi que nous l'avons dit, comme le pédicule ou le vestige; enfin, la troisième n’en présente jamais la moindre trace.

Ces trois variétés ne paraissent pas se rencontrer également dans toutes les mers. Nous avons trouvé la premiere, en petit nombre, dans les océans Indien et Atlantique; la seconde, beaucoup plus commune, nous à paru appartenir surtout à ce dernier océan, où nous l'avons recueillie en grande quantité par 8° de latitude nord et 21° de longitude ouest; enfin la troisième variété habiterait plus particulièrement, d’après nos observations, l'océan Pacifique, les mers de l'Inde et de la Chine; elle est moins commune que la précédente.

GENRE SPIRIALE. — Sprrialis, nobis.

Nous avons proposé ce genre pour un groupe de petits Mollusques ptéropodes que nous avons fait connaître sommairement dans la Revue zoologique du mois d'août 1840, et qui sont remarquables surtout par leur coquille enroulée en spirale et munie d’un opercule. Les nouvelles recherches que nous avons faites depuis sur ces Mollusques, vont nous permettre d'ajouter quelques détails à ceux que nous avons déjà donnés et de rendre ainsi leur histoire plus complète.

Description extérieure.

Les Spiriales se rapprochent tout à fait, par leurs caractères extérieurs, des genres précédents; on peut s'en faire une idée assez juste en les considérant comme des Cléodores dont la partie postérieure du corps et la coquille qui la recouvre seraient contournées en spirale (1).

La tête et les expansions natatoires sont disposées en effet de la même manière que dans les Cléodores et les Hyales, ces parties ne présentant que des modifications légères dans leur forme. Ainsi les nageoires

(1) C’est de cette forme de l'animal et de la coquille que nous avons tiré le mot spériale, qui veut dire, ‘par abréviation, Hyale spirée ou contournée en spirale.

PTÉROPODES. 209 sont allongées, un peu élargies vers leur extrémité et terminées en pointe arrondie; elles ne sont jamais lobées comme dans les genres précédemment décrits.

Le lobe intermédiaire est bien distinct et comme pédiculé à son origine; il porte constamment un opercule vitré et paucispiré sur sa face supérieure (pl. 13, fig. 4, 2, 11, 20, 27, 50, 55, 36).

On voit en dessus de la tête deux petits tentacules comme dans les Cléodores et les Hyales; ils sont allonés, cylindriques et un peu transparents à leur sommet pendant la vie ; ils paraissent très-contractiles. La petitesse extrême de ces organes ne nous à pas permis de nous assurer si le tentacule droit était muni, comme dans les genres précédents, d'une gaine particulière (pdf. Ccseupl3 fe. 1):

Sur le bord antérieur de la tête, à droite de la ligne médiane, se trouve l'ouverture de la verge (pl. 11, fig. 45, 17, v'); l’autre orifice de l'appareil générateur est placé du même côté, à la racine de la nageoire (he Mb i6. ts 00).

La partie postérieure ou abdominale de l'animal est enroulée en spirale, ainsi que la coquille dans laquelle elle est contenue. Le manteau, qui recouvre cette partie, offre une organisation semblable à celle que nous avons décrite dans les genres précédents, c’est-à-dire qu'il est très-mince dans toute son étendue, si ce n’est à son bord libre et autour de la cavité branchiale où il est doublé d'une couche glanduleuse qui en épaissit beaucoup ses parois; mais le sac branchial, au lieu de

Bonite. — Zool, Tome II. Partie I. 14

se trouver à la partie inférieure, comme dans les Hyales et les Cléodores, est placé en dessus, comme dans les Gastéropodes pectinibranches ou pulmonés, par suite de l’'enroulement de l'animal autour de son axe (pl. 41, fig. 13, 14, 15).

Le bord antérieur du manteau offre presque toujours un prolongement qui correspond à un prolongement semblable de la coquille et qui rappelle un peu par sa disposition, dans quelques espèces, le siphon respiratoire des Gastéropodes siphonobranches. Ce bord du manteau est libre en dessus et sur les côtés, pour former Fouverture de la cavité branchiale, et n’adhère à l'animal que par sa partie inférieure. Il est recouvert de cils vibratiles comme dans les Hyales, les Cléo-

dores, etc.

Description tiitérieure.

L'analogie que nous venons de signaler entre les Spiriales et les genres précédents, sous le rapport des caractères extérieurs, se retrouve dans tous les traits

de leur organisation intérieure.

Organes de la digestion. — La bouche est inférieure et bordée sur les côtés par deux lèvres saillantes; la cavité buccale, peu considérable, présente aussi inférieurement un petit renflement lingual. La petitesse extrême de ces Mollusques ne nous a pas permis de constater d'une manière positive l'existence des glandes salivaires; cependant nous croyons avoir vu deux petits grains glanduleux semblables à ceux que nous

PTÉROPODES. 211 avons décrits dans les Hyades et les Cléodores (pl. 14, fig. 13, 16, 4’).

Le reste du tube digestif offre la même organisation que dans celles-ci. Ainsi, l'estomac est également armé de. quatre plaques cornées qui adhèrent à sa face interne. L’intestin, après avoir formé une circonvolution à la partie supérieure du foie, se porte à droite de l'œsophage, pour venir se terminer dans la cavité branchiale; mais, par suite encore de l’enroulement de l'animal, l'anus, au lieu d’être à gauche, se trouve placé du côté droit (fig. 15, 16, 18, e, £, a).

Le foie forme une masse granulée verdätre qui occupe tout le second tour de la coquille ; nous n'avons pas pu distinguer la vésicule allongée à laquelle aboutissent les canaux biliaires dans les Ptéropodes que

nous avons examinés précédemment (fig. 13, 14,45,

Fo

Organes de la respiration. — Nous avons déja vu que la cavité branchiale, au lieu d'être inférieure, comme chez les Hyales et les Cléodores, se trouvait placée à la partie supérieure, dans une disposition par conséquent tout à fait semblable à celle qui existe dans les Gastéropodes conchylifères.

L'appareil branchial nous à paru formé par deux feuillets membraneux saillants dans cette cavité et analogues à ceux des Cléodores; la structure de ces

organes nous a semblé être aussi la même.

= . . Q PA. 6 Organes de la circulation. — Le cœur est situe à la

base de l'appareil branchial, à la réunion des deux branches qui le constituent; il occupe par conséquent le fond de la cavité branchiale, et sa position rappelle tout à fait celle qu'a le même organe chez les Gastéropodes conchylifères. L'oreillette, qui est antérieure, communique encore avec une poche pyriforme, semblable à celle que nous avons décrite dans les Cléodores et les Cuviéries {pl. 414, fig. 15, 20, c, c’, ); le ventricule donne naissance, par son extrémité postérieure, à l'aorte qui se perd immédiatement dans Île foie et à travers les autres viscères (pl. 11, fig. 43, 15, 16, c).

Organes de la génération. — L'ovaire ou l'organe hermaphrodite occupe les derniers tours de la coquille; il est formé par une masse granuleuse blanchâtre, qui est encore divisée par des scissures transversales. L'oviducte, qui prend naissance à sa partie antérieure, offre d’abord un très-petit calibre; mais, vers le milieu de sa longueur, il se renfle, comme dans les autres genres, et se termine également dans un second oviducte ou utérus dont les circonvolutions forment une petite masse globuleuse tout à fait semblable à cette même partie, dans les dernières espèces du senre Cléodore. La fin de cet oviducte, ou le vagin, vient s'ouvrir, comme nous l'avons déjà indiqué, à la base de la nageoire droite, et se continue également par un repli de la peau jusqu’à l’orifice de la verge (PERSAN T4, 15, 16, 1T, ox 282 0"):

Ce dernier organe est situé, comme dans les autres

PTÉROPODES. 213 senres, à la partie supérieure de lamimal, et vient s'ouvrir aussi sur le bord antérieur de la tête, à droite de la bouche. Il est renflé à sa base et l'on voit par transparence, dans son intérieur, une espèce de dard analogue à celui que nous avons signalé chez les Cuviéries (pl. 11, fig. 45, 16, 19, v, ).

Système musculaire. — Les nageoires nous ont paru composées des mêmes couches que dans les genres dont nous avons déjà parlé.

Le muscle droit est formé par un ruban musculaire qui offre une disposition entièrement semblable à celle que l’on voit chez les Gastéropodes à coquille turbinée ; ainsi, il n’est plus supérieur comme dans les Hyales et les Cléodores, mais situé en dessous des viscères et le long du côté columellaire de l'animal. Ce muscle mérite donc bien ici le nom de muscle columellaire. À sa partie antérieure, ilse divise en deux faisceaux qui se rendent dans les nageoires pour y former les couches moyenne et centrale (pl. 11, fig. 45, 16, m).

Système nerveux. — Ce système, que nous n'avons pu voir que par transparence, nous à paru identique à celui des Hyales et des Cléodores (pl. 14, fig. :21, 22).

Nous avons établi ce genre pour de très-petits Ptéropodes qui, comme nous venons de le voir, offrent la plus grande analogie avec les Cléodores, mais

s’en distinguent par la forme singulière de l'ani-

mal et de la coquille toujours enroulés en spirale, par quelques modifications dans la disposition de certaines parties (1), et surtout par le caractère remarquable de l'existence d’un opercule.

D'après les renseignements qui ont été donnés, dans ces derniers temps, par M. Van Beneden, sur le genre Limacine ou Spiratelle, le seul du groupe des Ptéropodes qui se rapproche, par sa forme , de celui dont il est ici question, il sera peut-être nécessaire de réunir les Mollusques qui composent ces deux genres. L'analogie qui existe dans presque tous les détails de leur organisation , nous parait en effet si grande que nous n'eussions pas hésité à opérer nous-mêmes ce rapprochement , si les Spiriales ne différaient encore des Limacines par un caractère auquel nous attachons une assez grande importance ; nous voulons parler de lopercule dont la présence n'a pas été signalée dans les Limacines par M. Van Beneden En effet, nous ne partageons pas entièrement lopinion des malacologistes qui pensent que cette partie forme un caractère de peu de valeur, se basant en cela sur ce que, dans certains genres, l’on trouve des espèces qui sont munies d’un opercule et d’autres qui en sont dépourvues: l'existence d’un opercule, dans des Mollusques du groupe des Ptéropodes, nous parait constituer un caractère très-remarquable qui permet de rattacher sûrement ces Mollusques aux Gastéropodes. Si les Limacines en sont réellement

(1) La position du sac branchial et de l'anus

PTÉROPODES. A8 dépourvues, on doit les considérer comme établissant une transition entre les Spiriales, qui forment le dernier terme de la famille des Hyales, et les dernières espèces du genre Cléodore, dont elles se rapprochent par quelques-uns de leurs caractères et surtout par l'existence de ce petit lobe qui occupe le bord antérieur ou interne des nageoires (1).

Les petits Mollusques qui composent le genre Spiriale sont très-abondamment répandus dans toutes les mers ; la plupart des espèces sont propres aux mers des régions chaudes ; mais quelques-unes s'élèvent jusqu’à des latitudes très-élevées. Leurs mœurs et leurs habitudes paraissent être les mêmes que celles des Cléodores et des Hyales.

(1) M. Van Beneden s’est mépris sur la nature de ces petits lobes,

en les considérant comme des tentacules.

SPIRIALE ROSTRALE.

Spirialis rostralis, nobis.

Evpoux Er SouLeyEer, Revue zoologique, 1840, pag. 236. Atlanta inflata? D’OrBIGNY, voy. pag. 174, pl. 12, fig. 16-19.

PLANCHE 13, Ficures 1-10.

Testa subdiscoïdea, inflata, tenuissima, pellucida, levigata, umbilicata; spir& sinistrorsum conversd, depressä; anfractibus ternis, convezxis ; apertur& cordiformi ; peristomate acuto, anticé rostrato

et inflexo.

Operculum ovatum, vitreum, paucisptratum.

La coquille de cette espèce est discoïde, renflée au dernier tour, ombiliquée; la spire, enroulée un peu obliquement à gauche et munie de trois tours convexes et lisses, est si peu saillante qu'elle ne dépasse pas le dernier tour : l’ouverture, assez grande, est triangulaire ou plutôt cordiforme; les bords sont désunis, tranchants, légèrement échancrés sur les côtés; la partie antérieure du péristome se prolonge en un long rostre légèrement arqué. Sur quelques individus, nous avons trouvé les échancrures latérales de l'ouverture fermées par une lame vitrée plus mince que le reste de la coquille (fig. 7 et 8. .

Cette coquille est très-mince, d’une grande fragilité

et transparente dans toutes ses parties

to

L'animal a deux nageoires allongées, arrondies et non bilobées à leur extrémité, réunies postérieurement par un lobe intermédiaire, de forme semi-circulaire, sur lequel se fixe l’opercule en dessus. La masse viscérale est légèrement jaunâtre; toutes les autres parties de l’animal sont blanches et transparentes.

Les dimensions de la coquille sont de un millimètre et demi dans son plus grand diamètre.

Cette espèce est très-commune ; nous l’avons recueillie en trés-grande quantité dans toutes les mers que nous avons parcourues.

Il nous paraît tres-probable que la petite coquille décrite par M. d'Orbigny, sous le nom d'Atlanta inflata, et dont ce naturaliste n’a pu bien observer l'animal, n’est autre que celle que nous venons de décrire.

SPIRIALE VENTRUE.

Spirialis ventricosa , nobis.

Evpoux er Soureyer, Revue zoologique, 1840, pag. 256

Atlanta Rang? n'Ormicny, voy. pag. 176, pl. 12, fig. 25-28.

PLANCHE 13, Ficures 11-16.

lesta globosa, ventricosa, tenuissima, pellucida, levigata, umbilicata ; Spir& sinistrorsä, conics-depressé; anfractibus quinis, convexis ; ultimo magno, inflato ; apice subacuto ; aperturä angu-

latä, subcanaliculatä ; columellä reflex ; labro acuto.

Operculum vitreum , paucispiratum.

Coquille globuleuse, ventrue, assez largement ombiliquée, sénestre ; la spire, peu élevée, conique, composée de cinq tours convexes et lisses; le dernier, bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche anguleuse, subcanaliculée, à bords désunis ; le bord columellaire droit et réfléchi; le bord droit tranchant et sinueux.

Cette coquille est mince, fragile et trés-transpa-

rente.

L'animal est semblable à celui de l'espèce précédente; les nageoires sont seulement un peu plus larges à leur extrémité. La masse viscérale est brünâtre ; la

bouche et l'œsophage présentent une coloration vio-

lacée foncée; tout le reste de l'animal est d’un blanc transparent.

Les plus grandes dimensions de la coquille, dans cette espèce, sont de deux millimètres.

Cette espèce est rare ; nous n'en avons du moins recueilli qu'un petit nombre d'individus dans l'océan Atlantique. Quelques-uns nous ont paru constituer une variété qui se distinguerait par un plus petit volume, un ombilic moins ouvert, une spire plus déprimée et une bouche moins anguleuse.

La coquille de cette espèce nous semble correspondre encore à celle que M. d'Orbigny a décrite sous le nom d’'Atlante de Rang (A. Rangii), et sa variété, à l’Atlante arrondie (A. rotunda) du même auteur.

SPIRIALE RÉSEAU, Spirialis Clathrata, nobis.

Eypoux £r Soureyer, Revue zoologique, 1840, pag. 138. Atlanta reticulat: ? v'Orssiony, voy. pag. 178, pl. 12, fig. 32-35.

PLANCHE 43, Ficures 17-19.

Testa ovata, ventricosa, tenuissima, diaphana , reticulata ; spirä sénistrorsé , brevi, obtusd; anfractibus ternis, convexis ; aperturä

ovato-oblongä, angulosä ; columellé arcuatà et acuté ; labro acuto.

Operculum vitreum.

Coquille oblongue, ventrue, diaphane, couverte à sa surface de stries légèrement saillantes qui se croisent régulièrement à la manière des mailles d’un filet; la spire, enroulée à gauche, courte, obtuse au sommet, munie de trois tours convexes, dont le dernier forme à lui seul presque toute la coquille; bouche large, ovale, anguleuse à sa partie antérieure; le bord columellaire légèrement arqué et terminé en pointe; le bord droit, mince et tranchant.

Cette coquille est, comme les précédentes, trèsmince, d’une grande fragilité, translucide et légerement colorée en jaune roussàtre.

Nous n'avons pu étudier que trés-imparfaitement

l'animal de cette espece ; il nous à paru offrir cepen-

dant ies mêmes caractères que celui des espèces précédemment décrites. Il est aussi muni d'un opercule.

Sa taille est d'environ deux millimètres pour la hau-

teur de la coquille.

Nous n'avons recueilli que deux individus de cette espèce dans l'océan Pacifique.

Cette Spiriale a encore de grands rapports avec l’'Atlante réticulée (A. reticulata) de M. d'Grbigny ; cependant, d’après la figure donnée par ce naturaliste,

sa forme serait un peu différente.

to

SPIRIALE AUSTRALE.

Spirialis australis, nobis.

Evpoux Er Soureyer, Revue zoologique, 1840, pag. 237. PLancHe 13, Ficures 20-26.

l'esta turbinata, tenuissima, hvalina, umbilicata, sinistrorsa ; spirä conoided , obtusiusculà ; anfractibus septenis, convexis , levigatis ; apertur& angulatä ; columellé rectä, reflexd ; {abro acuto, articé reflexo.

Operculum cvatum, vitreum, paucispiratum.

Coquille turbinée, sénestre, assez largement ombiliquée ; la spire élevée, conique, à sommet obtus, munie de sept tours convexes, lisses et séparés par des sutures assez profondes; le dernier tour bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche irréoulièrement quadrilatère, à bords désunis et tranchants ; le bord columellaire droit et réfléchi ; le labre sinueux et légèrement réfléchi à sa partie antérieure.

Cette coquille est mince, fragile et translucide.

L'animal est tout à fait semblable, pour les formes et pour les couleurs, à celui de la Sprriale ventrue.

Les dimensions de la coquille sont de deux millimètres pour la hauteur, et de un milimètre et demi pour la largeur prise au dernier tour.

M. Gaudichaud a recueilli cette espèce en assez

grande quantité dans les mers du cap Horn.

SPIRIALE TROCHIFORME.

Spirialis trochiformis , nobis.

Evpoux er Souzeyer, Revue zoologique, 1840, pag. 237. Atlanta trochiformis, »’Orsieny, voy. pag. 177, pl. 19, fig. 29-31.

PLANCHE 13, Ficures 27-34.

Testa ventricoso-conica, tenuissima, pellucida, levigata, sinistrorsa ; spirä mediocri, obtusä; anfractibus quinis, convexis ; ultimo ma-

gno, inflato ; aperturä ovatä ; columellé arcuaté ; labro acuto.

Operculum ovatum, vitreum, paucispiratum.

Coquille ventrue, trochiforme, très-mince, sénestre ; la spire médiocrement élevée, à sommet obtus, munie de cinq tours convexes et lisses ; le dernier tour bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche ovalaire, à bords désunis ; le bord columellaire légèrement arqué ; le bord droit très-mince et tranchant.

Cette coquille est transparente et très-fragile.

L'animal est semblable, pour les formes et pour les couleurs, à celui de l'espèce précédente.

Les dimensions de la coquille sont de un millimètre pour la hauteur, et de deux tiers de millimètre pour la largeur.

Cette espèce est assez commune et se trouve dans toutes les mers. Nous en avons recueilli une variété dans les mers de la Chine, dont lanimal est remarquable par la longueur de ses nageoires (fig. 30, 32).

Le Les ES

SPIRIALE BULIMOIDE.

Spirialis bulimoides, nobis.

Expoux ET SouLeyEr, Revue zoologique, 1840, pag. 138. Atlanta bulimoïdes, »'Oreicxy, voy. pag. 179, pl. 12, fig. 36-38.

Testa oblonga , tenuissima, pellucida , levigata, sinistrorsa ; spird elongatä, contcä; apice subacuto ; anfractibus Senis, CONVETIS ; aperturà angulatà ; columell& subarcuatä ; labro acuto.

Operculum ovatumn, vitreum, paucisptratu .

Coquille bulimoïde, allongée, sénestre; la spire élevée, à sommet sub-aigu, munie de six tours convexes et lisses; la bouche ovalaire, anguleuse à sa partie antérieure, à bords désunis ; le columellaire très-légèrement arqué; le droit mince et tranchant.

Cette coquille est, comme celle des espèces précédentes, très-mince, d’une grande fragilité et entierement transparente. Le bord celumellaire et les sutures

sont souvent colorés en rose.

L'animal a deux nageoires allongées, élargies et terminées en pointe arrondie à leur extrémité; le lobe intermédiaire est comme pédiculé à sa base et de forme ovalaire dans le sens transversal. Il donne attache à l’opercule par sa face supérieure, comme dans les autres Spiriales. La bouche et la base des nageoires

PTEÉROPODES. 293

sont légérement colorées en rose; la masse viscérale est opaque et brunâtre dans quelques points ; toutes les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.

Les dimensions de la coquille sont de deux millimêtres pour la hauteur, et de un millimètre pour sa largeur prise au dernier tour.

Cette espèce est celle qui nous a paru la plus commune, après la Spiriale rostrale ; nous l'avons trouvée dans toutes les mers.

Elle nous a présenté une variété qui se distingue par son plus petit volume, par la forme de la bouche qui est un peu plus anguleuse à sa partie antérieure, et surtout par sa coloration qui est d’un jaune roussâtre aux sutures et à la partie antérieure du dernier tour

(fig. 39, 40).

Bonite, — Zool. Tome IT, Partie I, 15

Genre CYMBULIE. — Cyrrbulia, Péron et Lesueur.

On doit la découverte de ce genre curieux à Péron et Lesueur qui l'ont fait connaître en 1810, dans leur Histoire de la famille des Ptéropodes (1). Les auteurs qui en ont parlé depuis s'étaient presque tous bornés à reproduire la caractéristique fort incomplète et même inexacte que ces deux naturalistes en avaient donnée; c'est dans ces dernières années seulement que ces Moliusques ont été bien étudiés, surtout dans leur organisation intérieure presque entièrement inconnue jusqu'alors. La science est redevable à M. Van Beneden d’un très-bon travail à ce sujet. Nous avons pu étudier nous-mêmes ce genre dans les plus grands détails, et quoique nous ayons peu de faits à ajouter à ceux qui ont été publiés par M. Van Beneden, nous en donnerons cependant ici une description complete, afin de pouvoir mieux établir ses rapports avec les

A autres genres du groupe des Ptéropodes. Description extérieure.

Les Cymbulies diffèrent d’une manière assez tranchée, par leur forme et par leurs caracteres extérieurs, des autres Ptéropodes conchylifères ; il ne nous paraît

(4) Annales du Muséum, tom. XV, pag. 66, pl. 2, fig. 10-12.

PTÉROPODES. 297 pourtant pas exact de dire, comme M. Van Beneden, qu'elles sont aussi différentes des Hyales que celles-ci le sont des Clios et des Pneumodermes; nous verrons au contraire que les Cymbulies se rattachent aux Ptéropodes testacés par les principaux traits de leur organisation.

La division de l'animal en partie antérieure ou céphalo-thoracique, et en partie postérieure ou abdominale, est beaucoup moins distincte que dans les autres Ptéropodes, ce qui tient au développement considérable des expansions natatoires qui dépassent beaucoup l’animal en arrière et sur les côtés, et à la disposition singulière du manteau qui, comme nous le verrons bientôt, adhère à la face supérieure de ces appendices. Ces deux parties ne se trouvent plus aussi dans les mêmes rapports, la viscérale étant supérieure au lieu d’être postérieure (pl. 15 bis, fig. 22).

La tête est également moins distincte encore que dans les Hyales et les Cléodores; mais sa disposition est tout à fait analogue. Ainsi, la bouche occupe sa partie inférieure, dans l'intervalle qui sépare en avant les deux nageoires. En dessus de cet orifice, et un peu plus en avant, se voient deux tentacules qui ont été bien reconnus par Péron et Lesueur, mais que ces naturalistes ont considérés à tort comme des tentacules oculiféres. On ne voit, en effet, aucune trace d'yeux, ni au sommet, ni à la base de ces organes. Enfin, en avant des tentacules, l’on remarque encore, sur la ligne médiane, un orifice qui est celui de la

verge; l’on sait que Péron et Lesueur avaient pris cet

orifice pour la bouche et l'organe excitateur pour une trompe, erreur qui a été reproduite ensuite par la plupart des zoologistes.

La tête se termine antérieurement par un bord aigu que forme une bride blanchâtre et comme fibrocartilagineuse s'étendant d’une nageoire à l'autre; elle est creusée d’une cavité assez grande dans laquelle est contenue en partie la verge (pl. 45 bis, fig. 20, 21, Did; v, v).

Les nageoires sont disposées comme dans les Hyales et les Cléodores, mais elles sont proportionnellement beaucoup plus larges ; aussi débordent-elles considérablement le corps de l'animal, non-seulement sur les côtés, mais encore en arriere. Elles sont oblongues et terminées latéralement en pointe arrondie (fig. 20, 22) (1).

Ces appendices présentent, à la partie interne de leur bord antérieur, un repli qui se dédouble luimême en deux feuillets; un de ces feuillets va se réunir, en arriere de l'ouverture buccale, à celui du côté opposé pour former une espèce de lèvre postérieure à cette ouverture; l’autre vient se joindre à une seconde lèvre en forme de bourrelet qui se trouve à la partie antérieure du même orifice (2). Les nageoires

(4) La figure qui a été donnée de la Cymbulie, dans lZconographie du Règne animal de G. Cuvier, par M. Guérm-Méneville, représente la forme de ces nageoires d’une manière très-exacte.

(2) Dans la plupart des figures que l’on a données de la Cymbulie, ces feuillets sont représentés déroulés ou déplissés en avant;

mais ce n’est pas la disposition normale, comme nous avons pu nous en assurer sur plusieurs individus,

se continuent, par leur bord postérieur, sur la ligne médiane, avec un troisieme lobe qui se prolonge en arriere et que l'on peut regarder comme l’analogue du lobe intermédiaire des autres Ptéropodes conchyliferes (fig. 20, 21, 22).

La partie de Panimal que nous venons de décrire est toujours extérieure et ne peut rentrer dans la coquille, comme dans les genres que nous avons étudiés précédemment ; le volume considérable des nageoires ne nous paraît pas être la cause véritable qui s'oppose à leur rentrée dans l’intérieur du test; ceite cause nous parait se trouver bien plutôt dans la disposition de la coquille qui n’est pas externe, comme on le croit généralement, mais terne, ainsi que nous le ferons voir bientôt.

La partie viscérale de l'animal, qui est logée dans la cavité de cette coquille, est de forme arrondie ou ovoide. Dans les genres étudiés précédemment, c'està-dire dans les Hyales, les Cléodores, etc., nous avons vu que cette partie était enveloppée par le manteau qui forme une espèce de sac ouvert en avant; il n’en est pas de même dans les Cymbulies, et c'est surtout par la disposition singulière du manteau que ces Mollusques différent des autres Ptéropodes conchylifères. En effet, la masse viscérale ou abdominale n'est plus recouverte par le manteau qu’en dessus; inférieurement, elle se trouve immédiatement en rapport avec les nageoires qui, comme nous l'avons dit, la débordent de beaucoup en arrière; elle est ainsi contenue dans une poche qu'on dirait formée par le décolle-

ment de la peau (devenue le manteau) de la face supérieure de ces appendices et dont l'ouverture est en arrière (fig. 22). On peut encore se représenter cette disposition en supposant que, dans une Hyale par exemple, la masse viscérale, diminuée de volume, se trouverait placée au-dessus des nageoires , par le développement de celles-ci en arrière, comme cela a lieu dans les Cymbulies, et en supposant encore que le bord du manteau viendrait s'implanter audessus de la tête en avant, et sur les nageoires latéralement, en se confondant avec ces parties; on peut voir que, dans cette supposition, la disposition du manteau serait la même que dans les Cymbulies et que son ouverture, ou plutôt l'ouverture de la poche contenant la masse viscérale, au lieu d’être antérieure et inférieure, se trouverait être aussi postérieure.

Les particularités que nous venons d'indiquer, ne sont pas les seules qui méritent d'être signalées. Dans les Mollusques conchyliferes et à coquille externe, le bord du manteau est toujours distinct, même dans Îles points où il est adhérent; dans les Cymbulies, ce manteau n’a plus de bords proprement dits; après s'être fixé, en avant et sur les côtés, à la face supérieure de la tête et des nageoires, il se continue avec un feuillet très mince qui se réfléchit sur la coquille et la recouvre entièrement. En arrière également, le bord du manteau, qui circonscrit l'ouverture de la cavité viscérale, n’est pas un bord libre, mais un simple repli que le manteau forme aussi dans ce point pour se réfléchir

sur la coquille, de sorte que celle-ci se trouve réelle-

PTÉROPODES. 231 ment contenue tout entière dans un dédoublement du manteau, à la manière des coquilles internes (fig. 22).

Celui des feuillets du manteau qui recouvre extérieurement la coquille, est très-mince et n'est même formé, dans la plus grande partie de son étendue, que par une espèce de pellicule qui est bien apparente sur les individus frais et bien conservés. Ce feuillet se déchire avec une assez grande facilité, ce qui explique pourquoi l’on rencontre assez souvent l'animal séparé de sa coquille ; mais on trouve toujours, dans ce cas, des lambeaux plus où moins étendus de ce même feuillet se continuant avec le feuillet profond ou interne (fig. 22).

Ce dernier, qui tapisse la cavité intérieure de la coquille et qui se trouve à découvert lorsque celle-ci est enlevée, est aussi fort mince dans toute son étendue; nous n'avons pas vu, sur cette partie du manteau, les granulations dont parle M. Van Beneden, et qui seraient semblables à celles que nous avons déjà décrites dans les autres Ptéropodes conchyliféres (fig. 22).

Le repli postérieur du manteau, qui circonscerit l'ouverture de la cavité viscérale, nous a paru doublé sur les côtés, dans les points où il vient se fixer à la face supérieure des nageoires, de petits faisceaux musculaires qui augmentent beaucoup sa résistance ; ce point d'adhérence est un peu plus antérieur du côté droit que du côté gauche (fig. 22, 23). A l'entrée de la cavité viscérale, vient se terminer, inférieurement et à droite, le conduit de l'appareil générateur (fig. 23, o).

D'après la description que nous venons de faire du manteau, l'on voit que la coquille des Cymbulies est réellement une coquille interne, ce qui s'accorde tout à fait avec sa nature gélatinoso-cartilagineuse; en la considérant ainsi, c'est-à-dire comme une coquille interne, la disposition du manteau de ces mollusques rentre dans la règle et devient tout à fait semblable à celle qu'offre le manteau des Mollusques à coquille intérieure.

Description intérieure.

Organes de la digestion. — Ces organes offrent dans les Cymbulies une organisation entièrement analogue à celle que nous avons décrite dans les autres Ptéropodes conchyliferes.

La bouche est également inférieure et placée dans l'intervalle qui sépare en avant les deux expansions natatoires; mais sa conformation est un peu différente. Cet orifice, de forme arrondie, est bordé dans sa moitié postérieure par le repli des nageoires dont nous avons déjà parlé, et en avant, par une lèvre saillante, en forme de bourrelet, et repliée d’une manière très-régulière et symétrique, comme le montrent nos figures ; c’est probablement cette espèce de lèvre festonnée que M. Van Beneden a décrite comme un organe particulier situé à la partie supérieure de la cavité buccale et dont il n'indique pas les usages. Plus profondément, l’orifice buccal est entouré , en arrière

et sur les côtés, d’une espèce de sphineter formant

également un bourrelet arrondi, qui vient se perdre antérieurement sous la lèvre festonnée déjà décrite (pire 20210)

La partie inférieure de la cavité buccale présente, comme dans les Hyales, les Cléodores, etc., un petit renflement lingual situé dans une dépression qui détermine à l’extérieur une légère saillie au-dessous de l’œsophage (fig. 29, L). Ce renflement est comme divisé à son sommet en trois lobes qui portent chacun une série de crochets recourbés en arrière (fig. 30, 34).

Sur les côtés de la langue se voient encore deux éminernces ou renflements garnis, à leur extrémité antérieure, de deux petites pièces cornées, un peu recourbées sur elles-mêmes et parcourues par des crêtes transversales. Ces deux petites mâchoires paraissent disposées pour agir l’une contre l’autre et servir ainsi à broyer les substances alimentaires (fig. 30, y, et fig. 34).

L'œsophage est assez large et plissé longitudinalement ; après un trajet très-court, il se dilate pour former une espèce de jabot auquel fait suite un estomac cylindrique dont l’organisation est la même que dans les autres Ptéropodes testacés. Les plaques cornées qui arment la face interne de cet organe sont garnies, sur leur face libre, de crêtes très-élevées (fig. 29, 32, 293 €; e),

L’estomac présente à sa partie postérieure un culde-sac conique et donne naissance, en avant de celui-

ei et du côté droit, à l'intestin qui est d’abord caché

par le foie à son origine. Après s'être dégagé de cet organe, cet Intestin se porte à droite, ensuite en haut, et arrive ainsi à la partie inférieure de la masse viscérale, à gauche de l'estomac; il se dirige alors en arrière, et après avoir formé une circonvolution à la partie postérieure de cet organe, il remonte du côté droit, en croisant son premier trajet, et arrive de nouveau en dessous de la masse des viscères, pour se terminer du côté gauche. M. Van Beneden le fait terminer, mais à tort, sur la ligue médiane. Dans tout ce trajet, l'intestin se trouve logé dans une rainure profonde qui est successivement creusée dans l'ovaire et dans le foie ; son extrémité seulement est libre dans la cavité viscérale (fig. 29, 26, 27, 28, 25, e, i, a).

Les glandes salivaires sont fort peu distinctes; nous avons cependant cru voir deux petits grains arrondis comme chez les Cléodores et les Hyales.

Le foie forme une masse considérable qui enveloppe l'estomac de toutes parts, excepté à sa partie supérieure ; il se prolonge en avant jusqu'à l'œsophage qu'il recouvre aussi en partie. Les canaux biliaires viennent se réunir dans un conduit assez large qui s'ouvre à l’origine de l'intestin. Nous n'avons pas vu dans ce point la petite vésicule biliaire à laquelle aboutissent ces mêmes canaux dans les Cléodores et les Hyales (pl. 15 bis, fig. 25, 26, 27, 28).

Organes de la r'esSpUralion. — M. Van Beneden a déjà relevé l'erreur qu'ont commise presque tous les

zoologistes depuis Pérou, en plaçant le réseau vascu-

laire branchial sur les nageoires. Ainsi que nous Favons déjà dit dans nos généralités sur le groupe des Ptéropodes, les stries régulières que l'on voit à la surface de ces appendices sont formées, non par des vaisseaux, mais par les fibres des couches musculaires les plus superficielles.

Nous avons vu que la masse viscérale était contenue dans une poche que circonscrivent, en dessus, le feuillet profond du manteau, et en dessous, la face supérieure du pied ou des nageoires. Cette poche présente, supérieurement et sur les côtés, un intervalle assez considérable dans lequel l’eau peut pénétrer et que l’on peut par conséquent assimiler à la cavité branchiale des autres Ptéropodes conchylifères, avec cette seule différence que son ouverture est postérieure, au lieu d’être antérieure et inférieure.

Sur les parties latérales de la poche dont nous parlons, se trouvent deux feuillets membraneux que l’on voit très-bien par transparence à travers le manteau, lorsque l’animal est détaché de la coquille (fig. 22, 0, b). Ces feuillets, fixés par une espèce de pédicule à la face supérieure des nageoires, à l'endroit même où s'implante le manteau, s’élargissent un peu en forme d’éventail à leur partie supérieure et sont appliqués contre la paroi interne du sac viscéral auquel ils adhèrent aussi, de sorte que, suivant la remarque déjà faite par M. Van Beneden, l’eau ne peut baigner que leur surface interne. Lorsqu'on examine cette surface

à un grossissement convenable, l'on v voit des stries

serrées el très-fines qui se portent en rayonnant du point d’attache Jusqu'au bord supérieur. M. Van Beneden a considéré ces stries comme des vaisseaux et, par suite, les deux feuillets comme des branchies pecuniformes, détermination qui semble justifiée par leur position dans une cavité intérieure formée par le manteau et tout à fait analogue à la cavité branchiale des autres Ptéropodes conchylifères. Nous avouerons cependant, qu'après un examen attentif de ces parties, nous sommes restés dans le doute sur leur nature, ayant cru reconnaitre distinctement des fibres musculaires dans leur structure. L'examen d'individus plus frais que ceux que nous avons pu étudier permettra sans doute de décider ce point important de l'organisation des Cymbulies (fig. 23, 0).

Organes de la circulation. — D'apres M. Van Beneden, le sang serait ramené vers les branchies par trois vaisseaux veineux que lon voit à la base de chacune des nageoires ; mais il ne nous a pas été possible de reconnaître ces vaisseaux, non plus que la veine branchiale qui, suivant cet anatomiste, conduirait le sang de chaque branchie vers le cœur.

Ce dernier organe se trouve placé à la partie antérieure du sac branchial et se voit par transparence à travers ses parois; il occupe à peu près la ligne médiane. Il se compose d'une oreillette arrondie et d'un ventricule moins volumineux qui est situé à gauche et qui donne naissance à l'aorte par sa partie posté-

rieure. Ce vaisseau nous à paru se diviser en deux

PTÉROPODES. 237 troncs qui se distribuent, l’un aux viscères, et l’autre à la tête et aux nageoires.

Organes de la génération. — L'organe que nous considérons comme remplissant les fonctions d’un ovaire et d'un testicule, forme une masse lobulée, grisätre, qui occupe le côté gauche et se prolonge un peu en dessous de la masse viscérale. Comme dans les genres précédents, il en naît un canal excréteur qui, après s'être renflé dans une partie de son trajet, s’amincit de nouveau pour venir se continuer avec la matrice. Les circonvolutions de celle-ci forment une masse globuleuse qui est située en avant et à droite du paquet viscéral; son canal de terminaison, ou le vagin, vient aboutir à l'orifice de la cavité branchiale, dans le point que nous avons déjà indiqué (pl. 15 bs, his260127; 35, 10)z,ht, d, 107):

A l’origine du vagin, vient aboutir encore la vésicule que nous avons signalée dans les genres précédents, mais qui est ici beaucoup plus apparente; elle déborde en arrière la matrice, et son canal excréteur est logé dans une rainure profonde que cet organe présente à sa face inférieure et qui semble le diviser en deux parties (fig. 27, 35, 36, x’).

La verge est formée par une espèce de boyau à parois musculaires, qui est replié dans l'intérieur de la tête et qui se prolonge assez souvent dans la cavité viscérale. Dans quelques individus, cet organe présente à sa partie postérieure, comme l’a indiqué M. Van

Beneden, des appendices diversiformes, mais qui n'of-

frent aucun corps dur dans leur intérieur. L'orifice de la verge se trouve sur le bord antérieur de l'animal, en avant des tentacules et sur la ligne médiane,

comme nous l'avons déjà indiqué.

Système musculaire. — Les nageoires se séparent facilement en deux couches dont la supérieure est un peu moins épaisse que l'inférieure, et entre lesquelles se ramifienti les nerfs et les vaisseaux qui se rendent à ces appendices. Chacune de ces couches est elle-même composée de deux plans juxtaposés de fibres musculaires qui offrent des directions différentes.

Les fibres qui forment le plan le plus superficiel, dans ces deux couches , se dirigent parallèlement de dedans en dehors et d’arrière en avant; les fibres du plan profond se portent, au contraire, de dedans en dehors et d'avant en arrière, et coupent, par conséquent, à angle presque droit les fibres précédentes. Ces fibres profondes se prolongent seules en arrière, jusqu'au bord libre des nageoires.

Dans chaque couche, les fibres, d’un côté, nous ont paru s’entre-croiser sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, excepté en avant où elles s’insérent sur les côtés de la bouche, pour la couche inférieure, et sur une espèce de ligne saillante qui donne insertion au manteau, pour la couche supérieure.

Deux faisceaux musculaires assez forts, appartenant à la couche inférieure, prennent naissance sur les côtés de la bouche et se dirigent, en suivant la ligne

médiane, vers le prolongement postérieur qui repré-

PTÉROPOBES. 239 sente le lobe intermédiaire ; ils vont former à son extrémité un petit filament qui s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure de la coquille et qui nous a paru se confondre avec le feuillet superficiel du manteau qui recouvre celle-ci (fig. 24).

M. Van Beneden a décrit cinq couches musculaires dans les nageoires, et il assigne aux fibres qui forment ces couches des directions qui différent un peu de celles que nous venons d'indiquer.

Enfin, le système musculaire des Cymbulies comprend encore quelques petits faisceaux qui doublent le manteau dans certains points, surtout le repli qui circonscrit en arrière l'ouverture de la cavité viscérale.

Système nerveux. — La disposition de ce système

est la même que chez les autres Ptéropodes testacés.

La description que nous venons de donner du genre Cymbulie, ne s'applique qu’à l'espèce type de ce genre, la Cymbulie de Péron, la seule que nous ayons pu étudier. MM. Quoy et Gaimard ont fait connaître, dans la zoologie du voyage de / 4strolabe, deux espèces qui nous semblent en différer par des caractères assez tranchés.

L'une de cesespèces, la Cymbulie ponctuée (C. punctala), paraît se rapporter, par la disposition de la bouche en entonnotr satllant, au genre Tiedemannia proposé par M. Van Beneden, pour un Mollusque ptéropode

du golfe de Naples, qui est très-voisin des Cymbulies,

mais qui s’en distingue surtout par l'allongement considérable de la bouche en forme de trompe (1).

L'autre, la Cyrrbulie de Norfolk {C. Norfolkensis), offre encore moins que la précédente les caractères extérieurs du genre et nous parait appartenir au genre qui va suivre, le genre Euribie.

Les Cymbulies sont des Mollusques rares; nous n'en avons pas rencontré dans tout le cours de notre voyage. La Cymbulie de Péron parait être cependant assez commune dans quelques parages de la Méditerranée. Ces Ptéropodes nagent, comme les Hyales, les Cléodores, etc., dans une position renversée.

(1) Exercices zootomiques, pag. 21, pl. 2. — D'après M. Van Beneden, les Mollusques de ce genre différeraient aussi des Cymbulies par l’absence d’une coquille ; mais des observations faites sur ces mêmes Mollusques, à Messine, par M. Krohn qui a bien voulu nous les communiquer , nous ont appris qu'ils sont pourvus d’une coquille analogue à celle des Cymbulies.

GENRE EURIBIE. — Æuribia, Rang.

M. Rang a proposé ce genre, dans les Annales des sciences naturelles (}), pour un Mollusque ptéropode qu'il n’a pu étudier que d'une manière très-incomplète et auquel il a assigné les caractères suivants : — « Ani- « mal globuleux, muni de deux nageoires horizontales «et opposées, à la base desquelles est la bouche; le « lobe intermédiaire très-petit et de forme triangu- « laire; — coquille cartilagino-membraneuse, mince, « transparente, à ouverture ronde et très-évasée. » M. Rang n’a pas donné d’autres détails sur ce genre dont aucun autre zoologiste n’a plus parlé depuis et qui n'est par conséquent encore connu que par la courte description qui précède.

M. Gaudichaud a recueilli, pendant notre voyage, un Mollusque ptéropode présentant tous les caractères assignés par M. Rang à son genre Euribie, et que nous rapportons , d’après cela, à ce même genre (2). M. Gaudichaud avant mis à notre disposition toutes ses collections zoologiques ainsi que ses observations

(1) Voir ce recueil, tom. XII, pag. 328, pl. 45, B, fig. 9-11.

(2) La figure que M. Rang a publiée de l’Euribie, diffère cependant d’une manière notable de celle que nous donnons de ce mollusque; mais nous avons cru devoir nous en rapporter à la description de ce naturaliste, plutôt qu’à une figure faite peut-être de souvenir, et qui est évidemment incomplète et inexacte.

Bonite. — Zool. Tome II. Partie I. 16

et ses dessins, nous pouvons faire connaître ce Mollusque qui s'éloigne, par la plupart de ses caractères, de tous ceux du groupe des Ptéropodes; et, quoique le petit nombre d'individus que nous avons eus à notre disposition ne nous ait pas permis de pousser aussi loin que nous l’eussions désiré nos recherches anatomiques, nous espérons cependant que les détails dans lesquels nous allons entrer, en donneront une notion suffisante et permettront de le classer d’une manière

convenable.

Description extérieure.

Le corps de l'Euribie, d'une forme globuleuse et de la grosseur d’un pois ordinaire, du moins dans l'espèce que nous faisons connaître, peut encore être divisé en partie antérieure et en partie postérieure ou abdominale.

La première de ces parties présente une disposition qui n’est plus la même que celle que nous avons trouvée dans les Hyales, les Cléodores, etc., mais qui se rapproche davantage de celle que l’on voit chez les Clios et les Pneumodermes. Ainsi, la tête forme une légère saillie en avant et est percée à son centre par l'ouverture de la bouche. Celle-ci est arrondie, sans replis labiaux à son pourtour, mais munie inférieurement de deux appendices volumineux qui, d’après les observations faites sur les individus vivants par M. Gaudichaud, sont très-contractiles et nous semblent correspondre aux appendices céphaliques des

Pneumodermes et des Clios (pl. 14, fig. 4, et pl. 15, CAEN

Autour de la tête se trouvent plusieurs parties qui la cachent d'une manière presque complète.

Sur les côtés, se voient d’abord les nageoires qui se dirigent en dehors et se recourbent ensuite un peu en arrière, à leur extrémité qui est dilatée. Ces appendices se réunissent inférieurement, surlaligne médiane, et, à leur point de jonction, se trouve un autre petit appendice triangulaire que l’on peut considérer, avec M. Rang, comme l'analogue du lobe intermédiaire qui réunit les deux nagecires dans la plupart des Ptéropodes (pl. 15, fig. 4, 3).

Eu avant et en dedans des nageoires, sont deux longues lanières terminées en pointe et dont nous chercherons plus tard à déterminer les usages (fig. 1,2, /).

Enfin, l’on voit encore à la partie supérieure de la tête, deux tentacules longs et cylindriques qui parais sent jouir d’une grande contractilité (fig. 1, 3, #).

Sur le bord antérieur de la nageoire droite, se trouve l’orifice de l'oviducte (fig. 3, 0!); l'anus se voit du même côté, à la base du petit appendice triangulaire que nous avons considéré comme l’analogue du lobe intermédiaire (fig. 1, 3, a).

La partie antérieure du corps de l'Euribie, dont nous venons de faire connaître les différents détails, est séparée par un rétrécissement bien marqué de la partie postérieure qui nous reste à décrire.

Celle-ci, plus considérable que la précédente et de forme globuleuse, est constituée, comme dans les

autres Ptéropodes, par la masse des viscères. Elle est enveloppée par le manteau dont la nature et la forme singulière ont pu faire croire à l'existence d’une coquille dans ce Mollusque, quoiqu'il n'y en ait réellement que l’apparence ou la forme; en effet, cette espèce de nacelle cartilagino-membraneuse dans laquelle l'animal est logé comme dans une coquille, n’est autre chose que le manteau profondément modifié dans sa nature et devenu par suite plus résistant, ce qui lui donne la forme régulière et constante qu'il présente. Si l'on ouvre, en effet, cette enveloppe, l’on voit qu'elle recouvre immédiatement le paquet des viscères ; l'ouverture antérieure, par laquelle Fanimal semble sortir de cette espèce de coquille, n’est aussi qu'apparente et il n'y a encore dans ce point qu'une simple dépression du manteau qui se replie d'avant en arriére pour venir s'insérer autour de la portion cervicale de l'animal. Après avoir formé ce repli, le manteau redevient mince et transparent pour permettre les mouvements de l'animal, lorsque celui-ci se développe au dehors ou qu'il rentre dans sa cavité ; comme chez les Clios et les Pneumodermes, il est aussi fermé de toutes parts, ne présentant d’autres ouvertures que celles des appareils de la digestion et de la génération (fig. 1,2).

Le manteau, dans les Euribies, n'offre donc pas seulement l'apparence singulière d’une coquille ; il en a aussi les usages, puisque l'animal peut rentrer complétement et s'abriter dans sa cavité. Dans ce mouvement, il entraine avec lui le rebord ou repli anté-

PTÉROPODES. 245 rieur qui vient s'appliquer contre le repli postérieur, de manière à fermer complétement la dépression antérieure qui simule l'ouverture de la coquille (pl. 1#, fig. 4, 5) (1).

Malgré sa consistance semi-cartilagineuse, le manteau est diaphane et laisse voir par transparence la masse intérieure des viscères. On remarque, dans son épaisseur, des lignes qui circonscrivent de petites cellules et quise dessinent en relief sur sa face interne ;

sa face extérieure est au contraire régulière et lisse.

Description intérieure.

Organes de la digestion. — L'orifice buccal est terminal, comme dans les Clios et les Pneumodermes ; il est un peu ovalaire dans le sens vertical. Nous avons déjà dit que cet orifice était garni inférieurement de deux appendices qui semblent être les analogues de ceux qui se trouvent sur les côtés de la bouche, dans les genres que nous venons de citer, quoiqu'on ne remarque pas de suçoirs à leur surface (pl. 15, fig. 4, 314) 00):

La cavité buccale est grande et probablement un peu protractile. La langue, que l’on voit à sa partie

(4) La portion cartilagineuse du manteau, qui simule une coquille, n’adhérant à l'animal, comme nous l’avons dit, que par une membrane très-mince et par quelques petits faisceaux musculaires, l’on conçoit que cette partie puisse s’en détacher assez facilement, ce qui a pu faire dire à M. Rang qu’il n'avait conservé, de Pindividu qu’il avait recueilli, que /« coquille.

inférieure, est volumineuse et a la forme d’un ovoide légèrement déprimé à sa face inférieure ou adhérente ; sa face supérieure est armée de deux séries de crochets recourbés en arrière (fig. 5, 6, /').

L'œsophage, long et grêle, décrit une circonvolution à gauche, avant de s'ouvrir dans l'estomac. Ce dernier organe forme une vaste poche oblongue qui occupe la plus grande partie de la cavité viscérale et qui présente, du côté droit, une dépression dans laquelle nous avons trouvé enchâässé un corps dur et jaunâtre dont nous ne saurions dire les usages (fig. 4, er hbtl, o,et fie 9).

L'intestin se détache de l'estomac du côté droit; il est à peu près de même calibre que l’œsophage dans toute son étendue. Après avoir décrit quelques inflexions autour de la poche stomacale, il se dirige en avant et à gauche, puis se recourbe pour aller se terminer à droite de l’appendice triangulaire qui se trouve au point de jonction des deux nageoires (fig. 1, SANT, La).

Les glandes salivaires, au nombre de deux, sont assez volumineuses et un peu allongées ; elles viennent s'ouvrir par un canal excréteur court et délié à la partie postérieure de la cavité buccale (fig. 4, s, s).

Le foie ne forme pas une masse distincte, mais il enveloppe de toutes parts l'estomac auquel il adhère d’une manière intime, comme dans les Clios et les Pneumodermes ; il est également formé de grumeaux jaunâtres qui s'ouvrent isolément à la face interne de cet organe (fig. 1, 4,e).

Organes de la respiration. — Nous avons vu que le manteau ne présentait pas d’autres ouvertures que celles de la génération et des organes digestifs; les branchies ne peuvent donc pas être intérieures dans ces Mollusques. La nature particulière du manteau et celle des nageoires, qui sont entièrement musculaires, ne permettant pas d’assigner des fonctions respiratoires à ces deux parties, nous avons été conduits à considérer, comme des branchies, les longs appendices qui se trouvent placés à la partie antérieure de l’animal, en avant des nageoires. Ces parties présentent une disposition plissée et vasculaire qui ne permet presque pas de révoquer en doute leurs fonctions comme organes respiratoires, et ce qui vient encore à l'appui de cette manière de voir, c’est que M. Gaudichaud a observé sur le vivant, un mouvement de circulation bien distinct dans ces appendices.

Ces expansions branchiales offrent cela de particulier qu’elles sont tres-contractiles ; elles prennent alors la forme que nous avons représentée sur une de nos figures (fig. 7,8).

Les branchies des Euribies s’éloignent donc par leur forme et par leur position des branchies des autres Mollusques ptéropodes; elles nous paraissent constituer un des caractères les plus saillants de l'organisation de ces Mollusques.

Organes de la circulation. — Le cœur occupe la base de ces appendices, sur la ligne médiane; nous avons vu, du moins assez distinctement, dans ce

point, une petite poche transparente, ressemblant à cet organe. Il ne nous a pas été possible pourtant de saisir sa structure et ses connexions avec les vaisseaux qui en partent et qui s y rendent.

Organes de la génération. — Cet appareil offre la même disposition que dans les autres Mollusques ptéropodes.

L'ovaire ou l'organe hermaphrodite occupe le côte droit ; il est un peu allongé, granuleux, jaunûtre, présentant sur une de ses faces une scissure par laquelle s'échappe l’oviducte.

Ce canal, d’abord très-mince, se renfle bientôt comme dans les genres précédents, de manière à acquérir un diamètre trois ou quatre fois plus considérable; il s'amincit ensuite de nouveau et, après avoir décrit quelques sinuosités, il se jette dans le second oviducte. Le vagin, auquel vient aboutir également une vésicule très-allongée (vésicule copulatrice), vient se terminer du côté droit, sur le bord antérieur de la nageoire correspondante (fig. #, 0, z, x, x, 0", et fig. 3, 0’).

La verge est encore formée par un long tube charnu, terminé en cœcum à sa partie postérienre. Cet organe est couché à la partie supérieure et antérieure de l'animal; nous n'avons pu voir d’une manière bien distincte son orifice qui nous a semblé se trouver pourtant à peu de distance de l'autre ouverture de l'appareil générateur et non loin du tentacule du même

côté (fig. 11).

Système musculaire. — Les nageoires ne paraissent formées que par un seul faisceau de fibres musculaires qui s’'épanouissent et s’entre-croisent un peu à l'extrémité de ces appendices.

Le muscle rétracteur de l'animal est représenté par trois rubans musculaires, dont deux sont situés en dessus et sur les côtés, et l’autre à la partie inférieure et médiane. Chacun de ces rubans se subdivise, à son extrémité postérieure, en deux faisceaux qui viennent s'insérer à la face interne du manteau, un peu en arrière de la ligne moyenne; en avant, ils paraissent se continuer, du moins en partie, avec les muscles des nageoires (pl. 15, fig. 1, 2, re, mm, m).

Les appendices branchiaux sont aussi parcourus, dans toute leur étendue, par un petit faisceau musculaire qui sert à faire rentrer ces organes dans le manteau.

Organes des sens. — Ces organes se trouvent réduits, dans les Euribies comme dans les autres Ptéropodes, aux tentacules et à l'organe vestigiaire que nous avons signalé comme l'organe de l’ouie.

La sensibilité générale, ordinairement très-développée dans le manteau des Mollusques, doit être trèsobtuse dans les Euribies à cause des modifications que cette enveloppe a subies dans sa nature; cependant, il est probable que cette sensibilité persiste dans les parties antérieures où la peau a conservé ses caractères, et probablement aussi dans les appendices que nous avons considérés comme les branchies.

Système nerveux. — Le collier nerveux est appliqué à la partie postérieure de la masse buccale ; il est composé de quatre paires de ganglions disposés de la manière suivante :

La première paire est formée par les ganglions sus-æsophagiens qui sont accolés l’un à l’autre sur la ligne médiane; chacun de ces ganglions, de forme ovoide, fournit deux gros filets nerveux qui semblent partir d’un tronc commun et qui se rendent, l’externe au tentacule, l'interne à la paroi de la bouche.

Ces deux ganglions communiquent presque directement avec deux autres ganglions arrondis, situés sur les côtés du collier. De ces derniers, l’externe un peu plus volumineux que l’interne, fournit deux ou trois gros nerfs aux nageoires; nous n'avons vu sortir aucun filet du ganglion interne.

A la jonction des deux ganglions qui précèdent, avec le ganglion sus-æsophagien, l’on voit, sous la forme d’un point noirätre, l'organe particulier que nous avons signalé dans le collier nerveux des autres Ptéropodes et que nous considérons comme le vestige de l'organe de l’ouie dans ces Mollusques.

Le collier nerveux est complété inférieurement par une dernière paire de ganglions semblables, pour la forme et le volume, aux ganglions sus-œæsophagiens ou cérébraux et accolés, comme ces derniers, sur la ligne médiane. De chacun de ces ganglions naît en dehors un gros filet nerveux qui nous a semblé se rendre à la peau et aux branchies; le ganglion du côté gauche fournit, de plus, tout près de la commissure qui le

réunit à son correspondant sur la ligne médiane, deux autres nerfs volumineux dont nous n'avons pu suivre le trajet, mais qui, d’après l'analogie, doivent se rendre aux viscères.

Nous trouvons donc, dans le collier nerveux des Euribies, la même composition que dans celui des autres Ptéropodes. Nous n'avons pu voir les ganglions buccaux et les nerfs qui partent de ces ganglions pour se distribuer au tube digestif, mais il est très-probable que cette partie du système nerveux existe Ici comme dans la plupart des autres Mollusques.

Le genre Euribie se distinge facilement de tous les autres genres du groupe des Ptéropodes par l’ensemble de ses caractères, mais surtout par la forme singulière du manteau et la situation des branchies. Par la disposition des nageoires et du petit lobe intermédiaire qui les réunit en arrière, il se rapproche des genres précédents, tandis que par son organisation intérieure il a de plus grandes affinités avec les Clios et les Pneumodermes; on peut donc le considérer comme établissant un passage ou un lien de transition entre les Ptéropodes nus et les Ptéropodes conchylifères.

Les Euribies sont fort rares; nous n’en avons rapporté de notre voyage que quelques individus qui ont été recueillis par M. Gaudichaud. Ces Ptéropodes paraissent habiter les régions chaudes et tempérées; leurs mœurs et leurs habitudes ressemblent encore beaucoup

à celles des genres précédemment examinés ; comme

les Mollusques de ces genres, ils nagent toujours dans uue position renversée.

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, nous croyons qu'il faut rapporter au genre Euribie la Cymbulie décrite par MM. Quoy et Gaimard, sous le nom de Cymbulie de Norfolk (C. Norfolkensis) ; cette espèce constituerait une espèce différente de celle que nous faisons connaitre, par les rugosités ou les petits tübercules qui hérissent la surface du manteau.

Nous sommes très-portés à croire également que le petit mollusque ptéropode sur lequel M. Rang a établi le genre Psyché, devra aussi être rangé parmi les espèces du genre Euribie, dont il se rapproche tout à fait par la forme, et dont il ne différerait que par la

nature du manteau (1).

(1) D’après M. Rang, le manteau serait simplement membraneux dans les Psychés.

Ce qui nous semble venir tout à fait à l'appui de l’opinion que nous émettons ici, c’est ce que M. Rang dit dans son Manuel de Malacologie, à la suite du genre Psyché, que « M. Reynaud a rapporté de son voyage de l’Inde quelques dessins de mollusques ptéropodes qui paraissent s’y rapporter. » Ces dessins, que M. Reynaud a bien voulu nous communiquer, représentent en effet, d’une manière très-exacte, l’Euribie qui a servi à nos propres observations.

EURIBIE DE GAUDICHAUD.

Euribia Gaudichaudii, nobis.

PLANCHE 14, Ficures 1-6.

Corpus ovatum, subpellucidum, intus aureum ; alis extensis, roseis,

angustis, ad extremitatem dilatatis, basi lobo triangulari junctis.

Cette espèce, sur laquelle nous avons établi les caractères du genre, a été recueillie par M. Gaudichaud, dans l'océan Pacifique, par 20° de latitude nord et 170° de longitude est; la figure que nous en donnons a été faite d’après ses dessins.

Les nageoires sont étroites à leur origine et dilatées seulement à leur extrémité; M. Gaudichaud a vu leur bord antérieur garni de touffes de cils vibratiles sur le vivant. Ces appendices sont colorés en rose pâle. Le manteau, diaphane dans toute son étendue, présente aussi une légère teinte rosée ; la masse viscérale, brunâtre dans quelques points, est de couleur rouge orangé dans ses autres parties.

La longueur de ce petit Mollusque est de six à sept millimètres ; lorsqu'il est contracté et renfermé dans la cavité du manteau, il est de la grosseur d’un pois ordinaire.

GENRE PNEUMODERME. — Pneumodermon, Cuvier.

Ce genre a été créé par Cuvier, dans les 4nnales du Muséum (A), pour un petit Mollusque pélagien très-voisin des Clios, recueilli par Péron dans l'océan Atlantique. Cuvier a donné des détails assez étendus sur l'organisation du Pneumoderme qui a été aussi plus tard l’objet des recherches de M. de Blainville. MM. Quoy et Gaimard en ont fait connaitre depuis quelques espèces nouvelles, mais sans rien ajouter à ce que la science possédait déjà sur l'anatomie de ce genre. Il en est de même de M. A. d'Orbigny qui s’est borné, dans la zoologie de son voyage, à donner quelques aperçus sur les mœurs et la distribution géographique de ces Mollusques. Mais, plus récemment, M. Van Beneden à repris, sous le rapport anatomique, l'histoire du genre Pneumoderme et a donné des détails nouveaux sur quelques-unes de ses parties. Les travaux que nous venons de citer n'avaient cependant pas fait connaître d’une manière complète ces Ptéropodes, comme le fera voir la description dans laquelle nous allons entrer.

Description extérieure.

Le corps des Pneumodermes est oblong, renflé à

(4) Annales du Muséum, tom. IV, pag. 228, pl. 59,

Cr

sa partie postérieure où abdominale et terminé antérieurement par un autre pelit renflement sphérique que forme la tête (pl. 14, fig. 7, 8,9).

Celle-ci, bien distincte des nageoires, est percée à son centre par l'ouverture de la bouche. Sur les côtés de cet orifice, et un peu en dessus de l’axe transversal de la tête, l’on voit une fossette dans laquelle est logé un petit tentacule conique. Ces tentacules n’ont pas été indiqués par Cuvier qui a décrit sous ce nom les faisceaux de ventouses qui se trouvent sur les côtés de la bouche; il nous paraît probable que Péron et Lesueur, en assignant deux tentacules au genre Pneumoderme, ont voulu désigner les mêmes organes que Cuvier, car les véritables tentacules ne sont pas représentés sur leur figure. M. de Blainville semblerait les avoir reconnus lorsqu'il dit, à l’article PNEuMODERME, du Dictionnaire des sciences naturelles, que « la bouche «est située à l’extrémité d’une sorte de trompe rétrac- «tile, ayant à sa base un faisceau de sucoirs tentacu- « laireset pouvant se cacher dans une espèce de prépuce « qui porte en dehors deux petits tentacules (1). » Cependant, d’après un autre passage du même article, dans lequel M. de Blainville dit que ces tentacules se trouvent vers l'ouverture de la trompe, et, d’après la figure du Pneumoderme qui se trouve dans son Manuel de Malacologie (2), il est permis d’avoir quelque doute à ce sujet. Enfin, ces organes ont encore été passés sous

(4) Dict. des sciences naturelles, tom. XIII, pag. 42. (2) Manuel de Malacologie, pl. 46, fig. 4.

silence par MM. Rang, Quoy et Gaimard (1), A. d'Orbigny et tous les autres naturalistes qui ont parlé de ce genre de Mollusques (pl. 15, fig. 13, 14, 15, €).

Outre ces tentacules, qui correspondent aux tentacules labiaux de la plupart des Gastéropodes, et que nous appellerons tentacules antérieurs, Ï existe encore supérieurement et à la partie postérieure de la tête, deux autres tentacules très-petits, comme bifides, que nous désignerons sous le nom de zentacules postérieurs ou supérieurs. Ces derniers tentacules, qui sont rétractiles comme les précédents, n’ont encore été signalés dans les Pneumodermes par aucun naturaliste (pl. 45, fig. 14, #').

Au côté droit de la tête et à peu de distance du bord antérieur de la nageoire correspondante, l’on voit un tubercule saillant, percé d’un orifice par lequel sort la verge. Péron et Lesueur ont bien indiqué cette ouverture dans la figure qu’ils ont donnée du Pneumoderme (pl. 14, fig. 9, et pl. 15, fig, 14, v’).

La tête est séparée de la partie postérieure ou abdominale de l'animal par un rétrécissement que lon peut regarder comme le cou où comme une espèce de thorax, d’après M. de Blainville. Cette partie offre également, du côté droit, une petite saillie détermi-

née par l’orifice postérieur de l'appareil générateur

(1) Il nous paraît cependant que MM. Quoy et Gaimard ont vu ces tentacules dans une des espèces qu’ils ont figurées (pl. 20 de la Zoologie du Foy. de l’Astrolabe, fig. 24, 22); ils les indiquent même dans le texte comme deux petites cornes dont serait muni

le tubercule céphalique.

(pl. 15, fig. 14, 0’); latéralement, elle donne insertion aux nageoires (1).

Celles-ci sont médiocrement grandes et de forme un peu variable suivant les espèces ; elles sont formées de plusieurs couches musculaires dont les fibres serrées et régulièrement disposées ont pu faire croire, comme dans d’autres Ptéropodes, à l'existence d’un réseau branchial sur ces appendices (pl. 44, fig. 7, ete.).

Cette partie thoracique de l'animal présente encore inférieurement un appendice médian, symétrique, qui semble n'être, en arrière, qu'un prolongement de la portion céphalique, d’où l'expression de menton employée par Cuvier pour le désigner ; anterieurement, le même appendice est formé par deux replis membraneux, ovalaires, réunis et fixés sur la ligne médiane en avant, libres dans le reste de leur étendue. Il n’y a point d'ouverture entre ces deux replis, comme l’a cru Cuvier et comme paraissent l'avoir admis après lui d’autres zoologistes ( pl. 14, fig. 8, 9, 13).

Cet appendice est tout à fait analogue, par sa position et par sa forme, au pied des Mollusques gastéropodes; il n'est seulement plus propre à la reptation,

(4) Il conviendrait peut-être de ne donner le nom de ageoires qu'aux appendices natatoires des Pneumodermes, des Clios et autres Ptéropodes de la même famille , qui sont pourvus, entre ces appendices, d’un veritable pied rudimentaire ; pour les Hyales , les Cléodores , etc., chez lesquelles les nageoires ne sont, comme nous l’avons fait voir, que les expansions latérales du pied même, il serait plus rationnel de désigner celles-ci sous les noms de /obes du pied, ainsi que l’a déjà fait M. de Blainville.

Bonite. — Zool. Tome II. Partie I. 17

l'animal étant pourvu d'organes accessoires pour un autre mode de locomotion ; ses usages paraissent être semblables à ceux du pied des Atlantes, des Firoles, etc., qui, comme on le sait, est transformé en ventouse dans une partie de son étendue et sert à ces Mollusques pour se fixer aux corps qu'ils rencontrent. Nous avons vu, en effet, les Pneumodermes que nous conservions dans des vases, s'attacher très-fortement à leurs parois au moyen de cet organe.

La partie postérieure où abdominale du corps des Pneumodermes, plus volumineuse que celle que nous venons de décrire et de forme ovoiïde, est débordée postérieurement par les feuillets membraneux qui portent les branchies. En avant de ces feuillets, l’on voit, du côté droit, une autre partie saillante dont les auteurs ont donné des déterminations trés-différentes ; en effet, Cuvier l’a considérée comme le tronc de la veine branchiale; M. de Blainville, comme le rectum; enfin, M. Van Beneden, qui décrit une dépression dans ce point, pense que la peau pourrait y être modifiée en organe respiratoire. Cette dernière opinion est celle qui se rapproche le plus de la vérité, quoique M. Van Beneden n'ait pourtant pas reconnu la véritable disposition de cette partie, comme nous le verrons en parlant des branchies. Le manteau, plus transparent dans ce point, laisse voir le ventricule du cœur et une partie de l’oreillette (pl. 14, fig. 7, 8, 9, etc., et pl. 15, fig. A0, 6, c).

L'anus est situé du même côté, mais un peu plus en dessous, à peu de distance de la nageoire; cet ori-

fice forme ordinairement un petit bourrelet plus ou moins saillant (pl. 14, fig. 8, 9, 12, 13).

Les deux parties que nous venons de décrire sont séparées à l’intérieur par une cloison membraneuse, formant une espèce de diaphragme que traversent le canal intestinal, les glandes salivaires, les nerfs de la partie postérieure du corps et l’aorte(pl. 15, fig. 13, 29, 30).

Le manteau est fermé à sa partie antérieure et ne présente pas d’autres ouvertures que celles des organes de la digestion et de la génération. La poche qu'il forme étant beaucoup plus ample que la masse des viscères, l’animal peut, en se contractant, faire rentrer un peu la partie antérieure du corps dans sa cavité, comme l’a déjà fait remarquer M. de Blainville.

En examinant la peau du Pneumoderme à un faible grossissement, on voit qu'elle est doublée, à sa face interne, d'une couche de cryptes muqueux qui la font paraître comme granuleuse. Ces cryptes deviennent plus rares à la partie antérieure de l’animal; ils versent à la surface de la peau une mucosité très-abon-

dante (pl. 15, fig. 44).

Description intérieure.

Organes de la digestion. — Nous avons déjà dit que la bouche était terminale et s’ouvrait au centre de la tête ; elle est verticale et n'offre à son pourtour ni bourrelets ni replis labiaux (pl. 45, fig. 44, 15, 0). Mais à l’entrée de la cavité buccale l’on voit, de cha-

que côté, un appendice membraneux sur lequel s’im-

plantent, en nombre variable, de petits suçoirs pédiculés, un peu semblables à ceux qui garnissent les bras des céphalopodes. On compte ordinairement cinq ou six de ces suçoirs sur chaque appendice; mais, d’autres fois, leur nombre est beaucoup plus considérable et ils forment alors comme deux touffes ou panaches sur les côtés de la bouche (pl. 14, fig. 12, 13, 44, et pl. 15, fig. 17). Cuvier, et presque tous les zoologistes après lui, ont considéré ces parties comme des organes tentaculaires; mais nous croyons qu’on doit plutôt les regarder comme des organes de préhension, et par conséquent comme des annexes de la bouche (1).

La masse buccale est très-grande et occupe toute la longueur de la portion antérieure ou céphalo-thoracique de l'animal qui peut la développer au dehors à la maniere d’une trompe (pl. 14, fig. 42, 13, 14, et pl. 15, fig. 13, 17, e); ses parois sont épaisses, musculaires et sillonnées par des rides circulaires.

Au fond de la cavité buccale, l’on voit inférieurement une saillie assez considérable formée par la langue. Celle-ci, de forme ovoïde, échancrée en arrière et en avant sur la ligne médiane, est recouverte à sa partie antérieure d’une lame cornée sur laquelle s'implantent, de chaque côté, quatre rangs de crochets recourbés en dedans et en arrière (pl. 15, fig. 48, 7,

et fis.22,23 }:

(1) Nous avons vu quelquefois ces mollusques se fixer très-fortement, au moyen de ces sucoirs, sur les parois des vases dans lesquels nous les tenions enfermés.

L'on voit encore au fond de la cavite buccale, sur les côtés de la langue, deux petits orifices un peu saillants qui conduisent dans deux appendices considérables, cylindriques, se prolongeant dans la cavité abdominale et réunis par une petite bride celluleuse à leur extrémité postérieure. Cuvier n’a fait qu'indiquer ces parties dont il dit ignorer les usages; M. Van Beneden, qui les appelle cœcums de la bouche, les a mieux fait connaitre, quoique la description qu'il en a donnée ne soit cependant pas complétement exacte (pl. 45, fig, 13, 17, 18, 9).

En étudiant ces appendices, de l'extérieur à l'intérieur, on rencontre d’abord une couche musculaire assez mince dont les fibres sont longitudinales ; en dessous de cette première couche, s'en trouve une autre de même nature, mais à fibres circulaires et beaucoup plus épaisse que la précédente (fig. 19); cette dernière couche circonscrit une eavité intérieure qui occupe toute la longueur de l’appendice et qui est terminée en cul-de-sac à son extrémité postérieure. Cette cavité reçoit librement, dans toute son étendue, un second tube qui n’est pas de nature cornée, comme l’a cru M. Van Beneden, mais qui nous a semblé constitué encore par deux couches distinctes, l’une extérieure musculaire, l’autre intérieure dense et tapissée à sa face interne de crochets cornés que l'on voit par transparence à travers ces deux couches (fig. 19). Ces appendices sont donc formés de deux tubes emboités lun dans l’autre, fermés et libres postérieurement,

tandis qu'ils sont unis par leurs bords antérieure-

ment , de telle sorte que le tube intérieur ne peut se développer au dehors qu'en se renversantsur lui-même, comme un doigt de gant, et par un mécanisme entièrement semblable à celui par lequel la masse buccale devient aussi extérieure, en formant une espèce de trompe. Les crochets qui étaient intérieurs, deviennent ainsi extérieurs et recouvrent toute la surface de ces tubes, à la partie interne desquels ils sont un peu plus grands et disposés d’une maniere plus serrée (fig. 43 et 14 de la pl. 14, et pl. 15, fig. 20, 21). Lorsque l'animal veut se servir de ces organes, il déroule successivement la masse buccale et ces appendices qui rentrent ensuite dans le même ordre, de sorte qu'il ne reste plus au fond de la cavité buccale que l’étroit orifice du tube intérieur, par lequel on voit sortir quelques-uns des crochets cornés qui arment sa face intérieure. Ces parties ont été décrites différemment par M. Van Beneden qui n’a pas bien reconnu leur véritable mécanisme.

L'œsophage, d’un calibre peu considérable, a des parois très-minces. Lorsque la masse buccale est rentrée, il remonte d’abord un peu en avant pour aller traverser l'anneau nerveux; il se dirige ensuite en arrière pour se rendre à l'estomac.

Ce dernier organe, entièrement membraneux et enveloppé de toutes parts par le foie, forme une vaste poche oblongue qui occupe une grande partie de la cavité viscérale.

L'intestin naît à droite de l’estomac, à peu de distance de son ouverture œsophagienne, de sorte

PTÉROPODES. 263 qu'on peut considérer toute la partie postérieure de cet organe comme un vaste cul-de-sac un peu analogue à celui que présente l'estomac chez l'homme. Le diamètre de cet intestin est à peu près le même que celui de l’œsophage, mais ses parois ont une épaisseur plus considérable. Immédiatement après sa naissance, il se dirige directement en avant, en passant au-dessus de l’oviducte, et vient se terminer inférieurement et du côté droit, comme nous l’avons dit, à peu de distance du bord postérieur de la nageoire (pl. 45, fig. 13, 47, ee, a).

Les glandes salivaires, au nombre de deux, sont três-longues et traversent l'anneau nerveux en même temps que l’œsophage qu’elles accompagnent jusque dans la cavité abdominale. Elles se terminent par un canal excréteur long et grêle qui présente un petit renflement ovoide sur son trajet et vient aboutir sur les côtés de la langue.

Nous avons déjà dit que le foie ne formait pas une masse distincte, mais qu’il enveloppait l'estomac auquel il adhère d’une manière intime et dans lequel il verse la bile par un grand nombre de petits orifices.

Al

Organes de la respiration. — Les branchies sont bien certainement situées à la partie postérieure de l'animal, comme l’a dit Cuvier ; la disposition du manteau et la situation du cœur ne peuvent laisser du doute sur cette détermination qui n’a pourtant pas été acceptée par tous les zoologistes.

Les auteurs disent assez généralement que ces bran-

chies sont formées par deux lignes saillantes en forme de }( adossés et réunis par une barre transversale ; mais cette disposition n'est pas la véritable. L'extrémité postérieure de l’animal est débordée par quatre feuillets membraneux dont deux, l’un supérieur et l'autre inférieur, sont en effet disposés en forme de 7 adossés; ces deux feuillets sont réunis par deux autres feuillets latéraux qui circonscrivent avec les précédents un intervalle quadrangulaire dans lequel se voit l'extrémité arrondie de l'animal; c'est cette extrémité de l'animal qui forme en arrière le petit corps en forme de grain d'orge dont parle M. de.Blainville. Les feuillets verticaux sont simples, mais les deux feuillets horizontaux sont garnis sur chacune de leurs faces, c’est-à-dire en dessus et en dessous, d’autres petits feuillets serrés et disposés comme les folioles, dans les feuilles que les botanistes appellent pennées ; ce sont les feuillets branchiaux proprement dits (pl. 45, fig. 41, 42, b, b).

Outre ces branchies postérieures, le manteau présente encore, du côté droit, un repli saillant, de forme triangulaire , dont nous avons déjà parlé, et qui est garni à sa surface de petits feuillets tout à fait semblables à ceux que nous venons de décrire (pl. 15,

fig. 40, 6).

Organes de la circulation. — Le cœur est placé à la partie postérieure de la cavité abdominale, du côté droit, en dedans du feuillet branchial dont nous venons de parler; il est logé dans un large péricarde qui

adhère d’une manière assez intime à la face interne du manteau. L’oreillette, située à sa partie postérieure, est grande, à parois minces et laissant voir seulement par transparence quelques fibres musculaires diversement entre-croisées; elle se continue en arrière avec deux vaisseaux volumineux qui rapportent le sang des branchies (pl. 15, fig. 43, g). Le ventricule, qui lui est contigu en avant, a ses parois beaucoup plus épaisses et un aspect pyriforme (fig. 29, 43, c). L'aorte, qui naît de sa partie antérieure , continue à se porter dans la même direction, et se divise bientôt en deux troncs principaux; l’un qui se jette immédiatement dans la masse viscérale, l’autre qui va se distribuer surtout à la tête et aux nageoires ( fig. 29, 43, æ). Nous n'avons pas trouvé, sur le trajet de ce vaisseau , le renflement en forme de bulbe qui a été figuré par M. Van Beneden.

Organes de la génération. — La disposition générale de cet appareil est comme dans les autres Ptéropodes, c’est-à-dire que les deux sexes sont réunis et que la verge se trouve tout à fait isolée à la partie antérieure de l’animal.

L'organe que nous regardons comme réunissant les fonctions de l’ovaire et du testicule, forme une masse assez considérable , d'apparence granuleuse , qui occupe le fond de la cavité viscérale et qui est divisé en lobes bien distincts par des scissures profondes. Son canal excréteur, qui naît d’une de ces scissures, est

d’abord trés-grêle ; mais il se renfle bientôt, comme

dans les genres précédents et, après avoir décrit quelques inflexions, il diminue de nouveau de calibre pour se jeter dans une masse globuleuse formée par les circonvolutions de l'utérus ou second oviducte. L'appareil vient se terminer, comme nous l'avons déjà dit, sur le côté droit du cou, à l’origme et non loin du bord postérieur de la nageoire; un repli de la peau, assez saillant, s'étend de cette ouverture à celle de la verge (pl. 15, fig. 13, 26, 0, z, x, d, 0").

Le conduit de terminaison ou le vagin recoit encore le canal d’une vésicule allongée qui vient s’y aboucher vers le milieu de son trajet (fig. 26, x’, et fig. 27).

La verge est formée par un gros tube charnu replié dans l’intérieur de la tête et dont l'ouverture est du côté droit , à l'endroit que nous avons déjà indiqué. Son muscle rétracteur est représenté par une série de petits faisceaux musculaires qui viennent s’insérer le long de sa partie postérieure (fig. 13, ‘29, v, v, et fig. 28).

Système musculaire. — Le manteau est doublé, dans les Pneumodermes, d’une couche musculaire à fibres longitudinales qui se réunissent quelquefois en faisceaux distincts, surtout sur les parties latérales. Ces faisceaux de fibres se fixent aux extrémités antérieure et postérieure de l’animal et adhèrent en outre à la peau dans toute leur étendue. Leur contraction a pour effet de faire rentrer jusqu’à un certain point la partie antérieure du corps dans la postérieure.

Les nageoires sont constituées par quatre plans de fibres, formant deux couches séparées par un intervalle celluleux dans lequel se ramifient les nerfs et les vaisseaux qui se distribuent à ces appendices. Chacune de ces couches se compose de fibres superficielles dirigées de dedans en dehors et d’arrière en avant, et de fibres profondes qui croisent les précédentes de manière à circonscrire par cet entre-croisement de petits espaces en forme de losanges. Ces fibres nous ont paru se continuer d’un côté à l’autre de l’animal, en formant au centre de sa portion cervicale une espèce de grillage en dessous duquel se retire en partie la verge (fig. 13, 29, 30).

Les tentacules antérieurs sont pourvus chacun de quatre petits faisceaux musculaires qui vont s’implanter en rayonnant sur les parties voisines, et qui ont pour usage de faire rentrer ces organes dans la cavité qui les renferme.

Enfin, l’on voit encore à la partie postérieure de la verge, une série de petits faisceaux musculaires qui agissent comme muscles rétracteurs de cet organe. Ces faisceaux prennent leur insertion en dedans de la tête, du côté gauche.

Système nerveux. — Ce système présente une disposition un peu plus compliquée que celle que nous avons déja décrite dans les Ptéropodes étudiés précédemment.

Par suite de la longueur que présente la masse buccale , le collier nerveux se trouve rejeté très en arrière,

non loin de la cloison diaphragmatique qui sépare la partie antérieure de l’animal de la cavité viscérale, 1 se compose de quatre paires de ganglions disposés de la manière suivante :

Les ganglions de la première paire ou les ganglions cérebraux sont accolés l’un à l’autre sur la ligne médiane et sont par conséquent placés en dessus de l'œsophage. Chacun de ces ganglions, de forme ovoïde, donne naissance à six nerfs dont trois, plus volumineux que les autres, partent de son bord antérieur, deux autres de sa face supérieure, et le dernier de son bord externe. Des trois nerfs antérieurs, le plus interne se perd dans les parois de la bouche; le second, aprés avoir fourni en dehors un filet assez considérable qui se rend à la peau des lèvres, va se distri- Duer aux faisceaux de ventouses qui occupent les côtés de la bouche et fournit probablement des filets tres-déliés pour chacun de ces organes; le troisième nerf, qui est le plus volumineux, se rend directement au tentacule antérieur qu'il pénètre par la base. Ce dernier est souvent accolé au précédent à son origine, et semble naître d’un tronc commun avec lui; c’est probablement ce même nerf qui a été considéré par M. Van Beneden comme le nerf optique (pl. 15, fig, 29, 30, 32, 34, 35).

Les deux filets nerveux qui naissent de la face supérieure des ganglions cérébraux, beaucoup plus fins que les précédents, se rendent au tentacule postérieur. Enfin, le filet externe, qui prend son origine un

peu en dessous, dans l'intervalle des deux commis-

PTÉROPODES. 269 sures qui unissent le ganglion cerébral aux ganglions sous-æsophagiens, est très-long, grêle, et aboutit au ganglion buccal, que M. Van Beneden désigne sous le nom de ganglion stomato-gastrique (pl. 15, fig. 32, 34, 35).

Ce dernier ganglion est situé en arrière de la masse buccale, entre ses deux appendices postérieurs; il ne présente pas la même forme que dans les genres précédents, mais il est géminé ou divisé en deux parties symétriques et latérales par un sillon médian; M. Van Beneden dit cependant l'avoir vu former une petite masse arrondie, sans indice de rainure médiane. De chaque côté de ce ganglion partent trois filets nerveux dont les postérieurs ne sont autres que les filets de commissure qui unissent le ganglion buccal au ganghon cérébral; le filet médian, après avoir contourné les appendices buccaux, vient se perdre sur les côtés de la langue (1); enfin , le filet antérieur se distribue en partie aux appendices de la bouche, et en partie aux parois de la cavité buccale (pl. 15, fig. 31, 38).

Le ganglion buccal fournit encore par son bord antérieur un nerf médian qui se rend à la langue, et deux autres nerfs latéraux qui se renflent sur leur trajet et donnent un assez grand nombre de filets à la bouche, aux glandes salivaires et à l’œsophage (pl. 15, fig. 31, 38).

Le collier nerveux est composé, à sa partie infé-

(1) La disposition de ce filet nerveux, donnée par M. Van Beneden, est mexacte.

rieure, de trois paires de ganglions qui sont disposés de la manière suivante.

Les ganglions de la première paire, qui sontles plus antérieurs , sont réunis sur la ligne médiane par une commissure très-courte ; ces ganglions, volumineux et de forme arrondie, fournissent une assez grande quantité de nerfs qui naissent, les uns de leur bord antérieur, les autres de leur partie postérieure. Du bord antérieur se détachent d’abord en dedans et un peu en dessous, trois gros nerfs qui se touchent à leur origine et qui, après un trajet trés-court, se jettent dans les nageoires auxquelles ils se distribuent; en dehors de ces nerfs, mais plus en dessus, naît un autre nerf volumineux qui se porte directement en avant et se divise ensuite en plusieurs filets qui pénètrent immédiatement dans l’appendice pédiforme ; enfin, plus en dehors, l’on voit encore sortir de ce ganglion deux nerfs dont un, assez gros, se distribue, en se ramifiant, jusqu'aux parties antérieures de la tête, et l’autre très-fin se perd bientôt dans les parties voisines. Par leur bord postérieur, ces ganglions fournissent trois autres filets nerveux qui s’anastomosent entre eux et qui se distribuent également aux parties environnantes (pl. 15, fig. 30, 36, 37). Tous les nerfs fournis par ces ganglions nous ont paru se distribuer exclusivement à des parties musculaires.

Les ganglions qui forment la seconde paire de ganglions sous-æsophagiens, sont situés en arrière et en dehors des précédents dont ils ne sont séparés que par un simple étranglement ; ces ganglions, très-petits,

fournissent chacun un seul nerf qui nous a semblé se rendre à l'appareil de la génération (pl. 15, fig. 29, 30, 37).

Les deux paires de ganglions que nous venons de décrire, communiquent chacune avec les ganglions sus-œsophagiens ou cérébraux par une commissure assez longue, rubanée, qui complète l’anneau nerveux sur les parties latérales (fig. 29, 32, 33).

La troisième paire de ganglions sous-œæsophagiens est située en arrière des précédentes ; les ganglions qui la composent, séparés par un simple rétrécissement sur la ligne médiane, sont plus volumineux que ceux de la seconde paire avec lesquels ils communiquent en avant par une commissure assez longue. Chacun de ces ganglions fournit en dehors un nerf qui se porte , en se ramifiant, sur les côtés et en arrière, presque jusqu'à l'extrémité postérieure de l’animal; ce nerf semble se perdre dans les couches de la peau. Le ganglion gauche fournit en outre, tout près du sillon qui le sépare de son correspondant, deux autres nerfs volumineux dont le plus externe nous à paru se rendre aux branchies, et l’interne, qui a un trajet moins étendu, aux organes viscéraux et surtout à ceux de la génération. Nous avons vu distinctement une de ses branches se jeter dans l'aorte (fig. 29, 36, 37).

Au point de réunion des deux paires antérieures de ganglions sous-œsophagiens se trouve l'organe auditif, sous la forme d’une petite poche transparente, avec un point noirâtre au centre. Cette partie centrale est

constituée, comme nous l'avons déjà dit, par une seconde poche ou capsule contenant un grand nombre de petits cristaux de formes variables (fig. 52, 36, 37, r, et fig. 39).

Tous les ganglions présentent intérieurement, lorsqu'on les examine à un grossissement un peu fort, des granulations ou de petits globules arrondis qui nous ont paru plus volumineux dans les ganglions sousœsophagiens que dans les ganglions sus-æsophagiens

ou cérébraux.

Le genre Pneumoderme, très-voisin du genre Clio, s’en distingue d’une manière tranchée par la forme et la position des branchies, ainsi que par les appendices buccaux qui offrent une disposition et une structure tout à fait différentes.

M. d'Orbigny a proposé , sous le nom de Spongiobranche, un genre très-voisin du genre Pneumoderme, mais sur la réalité duquel nous croyons pouvoir émettre quelques doutes ; en effet, des deux espèces placées dans ce genre par ce naturaliste, l’une, le Spo/giobranche austral (S. australis), nous parait n'être qu'un pneumoderme dont les branchies ont été observées dans un état de contraction, et l’autre, le Spongtiobranche allongé (S. elongata)nous semble n'être aussi qu'une espèce de Clio, très-voisine d’une espèce nouvelle que nous faisons connaître.

Les mollusques qui composent ce genre paraissent appartenirseulement aux régions chaudeset tempérées ;

PTÉROPODES. 273 ils sont assez communs dans l'océan Atlantique ; MM. Quoy et Gaimard en ont recueilli deux espèces dans les mers des îles Moluques ; M. Vérany en a trouvé une autre espèce très-abondante aux environs de Nice, dans la Méditerranée.

Les Pneumodermes vivent ordinairement en troupes nombreuses ; ils nagent avec beaucoup de vitesse, non plus dans une position renversée, comme les Cléodores, les Hyales, etc., mais dans leur position véritable, c’est-à-dire la face inférieure ou ventrale du corps tournée en bas. Nous avons déjà dit qu’ils pouvaient se fixer assez fortement au moyen de leur pied rudimentaire , ou à l’aide des sucçoirs qui recouvrent les appendices buccaux.

Bonite. — Zool. Tome II. Partie Ï. 13

NCA iQ

PNEUMODERME DE PÉRON.

Pneumodermon Peronii, Lamarck.

PLancHe 14, Fiaures 7-16.

Corpus oblongum , fuscum , violaceum ; posticè rotundatum , anticé

coarctatum et capite globoso terminatum ; alis cordiformibus.

Tous les détails que nous avons donnés précédemment sur le genre Pneumoderme s'appliquent à cette espèce qui a seule servi à nos observations.

Le corps de ce Pneumoderme est d’une couleur brune violacée, plus foncée à la tête; les nageoires et les membranes branchiales sont blanches et transparentes.

Sa longueur est de vingt-cinq millimètres environ.

Cette espèce est commune dans l'océan Atlantique où nous l'avons recueillie en grande quantité dans une étendue de 14° environ, depuis le 2° degré de latitude sud, jusqu'au 42° degré de latitude nord, et par une longitude variable du 47° au 26° degré ouest.

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