IV. CLASSIFICATION DES PTÉROPODES
Nous avons vu précédemment, dans l'exposé historique que nous avons fait du groupe des Ptéropodes , que si ce groupe avait été admis d’une maniere à peu près générale par les zoologistes, de grandes dissidences existaient encore sur le degré d'importance et sur la place qu'il convient de lui assigner dans la méthode naturelle; nous avons donc à examiner la question de la classification des Ptéropodes sous ces deux points de vue.
Les Ptéropodes forment-ils dans l’embranchement des Mollusques un type aussi distinct que celui des Céphalopodes et des Gastéropodes , et doivent-ils constituer par conséquent un groupe de valeur analogue, ainsi que l’admettent la plupart des zoologistes ? Cuvier , l’auteur de ce groupe , nous semble avoir établi lui-même le contraire en reconnaissant que les Ptéropodes s’éloignent peu des Gastéropodes par l’ensemble de l’organisation et n’en diffèrent que par l’absence du pied dont il a fait le caractère principal de ces derniers Mollusques (1).
M. de Blainville établit encore mieux dans son mémoire sur le genre Hyale les nombreux rapports de ces Ptéropodes avec les Gastéropodes, et démontra en outre que la seule différence qu’on avait cru trouver dans les organes de la locomotion n'existait pas, en faisant voir que ces expansions latérales désignées sous
(1) Mémoire sur le Clio boréal, pag. 8.
le nom d'ailes ou de nageoires n'étaient autre chose que le pied des Mollusques gastéropodes, disposé même d’une manière presque semblable à ce qui a lieu dans les Bulles (1;. M. de Blainville signala aussi la même analogie dans l'appendice inférieur que l'on avait regardé à tort comme une dépendance de la bouche chez les Clios et les Pneumodermes.
Cependant cette manière de considérer les Ptéropodes ne fut pas adoptée d’abord et n'a même pas prévalu jusqu'à présent parmi les zoologistes qui ont continué, la plupart, à faire de ces Mollusques un groupe analogue à celui des Gastéropodes et des Céphalopodes; quelques-uns ont même essayé de la combattre, comme M. de Férussac, qui s'exprime ainsi à ce sujet, dans son Histoire naturelle des Mollusques.
« Si l’on considère ces Mollusques (les Ptéropodes ) «uniquement sous le point de vue de la complication « ou de la perfection de tel ou tel organe, ils peuvent « sans doute être regardés comme étant inférieurs à « certains Gastéropodes , surtout dans l’état encore « imparfait de nos connaissances anatomiques à leur « sujet. Mais si on les envisage dans leur ensemble, « on ne peut se refuser à reconnaître qu'ils offrent un « mode de construction bien distinct de celui des « Gastéropodes, qu’on ne peut les réunir à ceux-ci « sans faire violence aux caractères essentiels qui les « distinguent, puisque ce serait introduire parmi ces « derniers des formes qui leur sont étrangères; que
(1) Voir l’article Hyaze du Dictionnaire des sciences naturelles,
tom. XXII, pag. 66.
les Ptéropodes ne sauraient être des Gastéropodes; que les appendices dont ils sont pourvus et qui leur servent de nageoires ou mieux de rames, que la forme la plus générale de leur corps et de leur coquille enfin, ainsi que leur manière de vivre, les séparent d'une manière trés-tranchée des Gastéropodes.
« L'opinion deM. de Blainville, partagée par M. Des-
« hayes, vient évidemment de ce que ce savant a sub-
ordonné son système de classification des Gastéropodes à une considération unique à laquelle toutes les autres ont été un peu sacrifiées, le mode de génération des Mollusques Céphalés. Les Céphalophores étant dioïques, M. de Blainville a voulu les faire suivre par les Paracéphalofores dioïques, et comme les Ptéropodes sont monoïques, il a dû les rejeter parmi les Paracéphalophores monoïques, entre la famille des Acères et celle des Tétracères où ils rompent tous les rapports naturels. Jusqu'à présent on n'a produit aucune raison réellement déterminante pour justifier la réunion des Ptéropodes aux Gastéropodes, et nous pensons que tous les zoologistes qui ont une connaissance approfondie des Mollusques en général, partageront notre opinion sur la faible importance, comme caractère de premier ordre, c’est-à-dire pour asseoir des coupes classiques, du mode de génération de ces ani-
maux (1). »
(4) Histoire naturelle générale et particulière des Mollusques,
pag. 54.
Nous n'insisterons pas sur l'interprétation évidemment inexacte que M. de Férussac donne, dans le passage que nous venons de citer, du système de classification de M. de Blainville, en attribuant exclusivement à la forme de l’appareil générateur la réunion des Ptéropodes aux Gastéropodes : quant aux raisons qu'il fait valoir contre ce rapprochement, nous verrons bientôt qu'elles n’ont aucune valeur réelle, et que rien, ni dans la forme générale du corps, ni dans le mode de construction, ni dans les appendices natatoires , ni dans la coquille, ni dans les habitudes , ne sépare essentiellement ces deux groupes de Mollusques.
M. Alcide d'Orbigny a aussi combattu le rapprochement fait par M. de Blainville entre les Ptéropodes et les Gastéropodes , mais sans donner des arguments plus concluants. Cet auteur se borne à dire , en effet, qu'après avoir vu un très-grand nombre de Hyales et de Bulles ou Bullées , il ne croit pas pouvoir regarder comme naturel un rapprochement entre ces Mollusques (1).
Il est évident que le groupe des Ptéropodes , tel qu'il a été institué par Cuvier , a été presque généralement adopté, surtout d’après l'autorité de ce grand géologiste, et les auteurs qui ont cherché à soutenir cette manière de voir se sont à peu près bornés, comme nous venons de le dire, à affirmer que les Ptéropodes ne sont pas des Gastéropodes, sans le démontrer en aucune maniére.
(1) Voyage dans l'Amérique méridionale, tom. V, pag. 65.
Les notions plus exactes que nous possédons maintenant sur l’organisation des Ptéropodes et les faits nouvellement découverts, bien loin d’infirmer l’opinion de M. de Blainville sur ces Mollusques, peuvent permettre au contraire d'en donner une démonstration complète. Pour cela, nous avons à établir les analogies d’abord avec les Ptéropodes testacés, ensuite avec les Ptéropodes nus ou dépourvus de coquille.
Les premiers, comme nous l'avons déjà vu et comme nous le prouverons du reste en traitant des différents genres , appartiennent tous à un même type d’organisation et ne se distinguent guère que par des modifications extérieures qui sont en partie traduites par la coquille ; ces modifications se lient même tellement entre elles et la transition des unes aux autres est si évidente, qu'il est impossible de ne pas reconnaitre que les divers genres qui les présentent, c’est-à-dire les Hyales, les Cléodores , les Cuviéries , les Limacines, les Spiriales forment une série parfaitement naturelle. Si, au lieu de prendre les Ptéropodes qui commencent cette série, c'est-à-dire les Hyales qui se prêteraient beaucoup moins bien à la comparaison , nous prenons ceux qui se trouvent à la fin, c’est-à-dire les Spiriales, dont le corps et la coquille enroulés en spirale se rapprochent bien plus, par leur forme, de celle que l’on observe dans la plupart des Gastéropodes , nous trouvons non-seulement dans lorganisation intérieure , mais encore dans la disposition extérieure des parties, une analogie presque complète ; la situation des tentacules, la disposition du manteau,
de la cavité branchiale et des branchies, la position du cœur et la conformation de cet organe, celle des organes digestifs, l'appareil de la génération et ses orifices, le système musculaire, la forme de la coquille , tout est semblable à ce que l’on voit chez les Gastéropodes. La seule différence qui s'offre d’abord, se trouve dans l'absence du pied que remplacent les deux expansions natatoires placées sur les côtés de la tête, mais on reconnait facilement, par un examen attentif, que ces appendices ne sont autre chose que le pied des Gastéropodes, qui s’est développé principalement sur les côtés et en avant, au lieu de s'étendre à la partie médiane et postérieure. Le pied est cependant encore représenté dans ce sens par cette expansion médiane qui réunit postérieurement les nageoires et que l’on désigne sous le nom de tablier ou de lobe intermédiaire ; la présence d'un opercule sur ce lobe, chez les Spiriales, met en effet cette analogie hors de doute. Cette forme particulière du pied dans les Ptéropodes est parfaitement en rapport avec les habitudes de ces Mollusques destinés à vivre loin des rivages, dans les hautes mers, et nous trouvons une modification tout à fait analogue de l'organe locomoteur dans d'autres Mollusques gastéropodes qui offrent le même genre de vie, les Firoles, les Carinaires et les Atlantes, chez lesquelles le pied est également disposé pour la natation, quoique d’une manière différente. L'on se ferait donc une idée inexacte de cet organe , si l’on croyait que sa forme doit toujours être celle qu'il présente dans la plupart des Gastéropodes; cette forme
subit en effet des modifications en rapport avec la maniere de vivre de ces Mollusques ; ainsi, il peut être disposé tantôt pour la reptation , tantôt pour la natation , et quelquefois même pour ces deux modes de locomotion , comme nous en voyons des exemples chez les Bulles et dans quelques autres genres.
Si nous rapprochons maintenant des Gastéropodes les Ptéropodes nus, nous verrons que l’analogie n’est pas moins évidente, puisque les différences qui séparent ces derniers des Ptéropodes conchylifères sont pour la plupart les mêmes que celles qui existent entre les Gastéropodes nus et les Gastéropodes pourvus d’une coquille. La différence la plus importante se trouve dans les nageoires qui ne sont plus formées par les expansions latérales du pied , mais sont bien distinctes de cette dernière partie. En effet, ces Mollusques sont pourvus inférieurement , entre ces appendices, d’un véritable pied dont ils se servent pour se fixer, comme les Atlantes et les Carinaires font avec leur ventouse. La loi de la finalité physiologique est encore ici évidemment applicable : destinés à vivre dans les hautes mers et par conséquent à nager plutôt qu'à ramper , ces Ptéropodes avaient peu besoin d’un pied disposé pour ce dernier usage ; mais cet organe n'étant également plus propre à la natation, la nature leur a donné en outre des nageoires qui ne doivent être considérées que comme des organes de locomotion accessoires, semblables aux membranes natatoires qui bordent les parties latérales du corps dans un grand nombre de Céphalopodes. Cette modification où plu-
PTÉROPODES. 95 tôt cette espèce de dégradation que présente le pied dans les Ptéropodes nus , s’observe du reste d’une manière encore plus prononcée chez d’autres Gastéropodes, la Janthine et le Glaucus par exemple, chez lesquels cet organe n’est presque plus aussi d'aucun usage pour la locomotion et se trouve remplacé pour ainsi dire , dans le premier , par une espèce d’appareil hydrostatique qui maintient ce Mollusque à la surface de la mer , et dans le second , par les appendices digités qui constituent les branchies,
Nous croyons avoir démontré, par les considérations qui précèdent, que les Ptéropodes ne différent pas essentiellement des Gastéropodes et ne doivent par conséquent pas former une division de même degré ou une classe, comme l’admettent presque tous les zoologistes. Il nous reste donc à déterminer les rapports de ces Mollusques et à décider s'il faut, à l'exemple de Cuvier, les ranger à la suite des Céphalopodes et les placer par conséquent en tête des Gastéropodes, ou bien les rapprocher, comme la fait M. de Blainville, de certains ordres parmi ces derniers , ou bien enfin les rejeter à la fin de la classe , à limitation de Lamarck, pour en faire le passage des Mollusques céphalés aux acéphales.
Le premier rapprochement , qui a été adopté par la plupart des zoologistes, semble d'abord autorisé par une certaine ressemblance extérieure des Ptéropodes avec les Céphalopodes. Ainsi, l’on a pu voir dans la forme du corps de quelques-uns de ces Mollusques, les Paneumodermes et les Clios par exemple, dans la
position de la bouche à son extrémité antérieure, dans les appendices armés de suçoirs qui l’environnent , et méme dans les nageoires qui se trouvent placées sur les parties latérales, autant de traits d’analogie avec les Mollusques brachiocéphalés; nous avons vu également que, dans la plupart des Ptéropodes testacés, le manteau et la cavité branchiale qu’il circonscrit se trouvaient disposés de la même manière que dans les Céphalopodes cryptodibranches, et lon pourrait peutêtre encore chercher une analogie de plus dans la disposition des organes locomoteurs sur les côtés de la tête, en les assimilant aux bras élargis en membranes que l’on rencontre dans quelques-uns de ces Mollusques. Mais il est facile de reconnaitre , par un examen plus approfondi, que toutes ces ressemblances sont plutôt apparentes que réelles, et que des différences extrêmement tranchées dans toutes les parties essenelles de l’organisation, dans le système nerveux, dans les organes des sens, dans les appareils de la digestion, de la circulation et de la génération, etc., séparent profondément les Ptéropodes des Céphalopodes. Aïnsi le rapprochement de ces Mollusques ne nous semble justifié en aucune manière, et nous trouvons par conséquent encore bien moins fondée l’opinion des zoologistes qui, avec Oken, voudraient les réunir dans une même classe.
Les rapports assignés par Lamarck aux Ptéropodes uous semblent tout aussi peu naturels, du moins sous le point de vue des affinités que ce célèbre zoologiste avait cru voir entre ces Mollusques et les Acéphalés.
PTÉROPODES. 97 En effet, si dans les Hyales, par exemple, la tête se trouve presque entièrement cachée par les organes locomoteurs qui s'y insèrent , cette partie n'est pas moins bien distincte du reste du corps, et sous ce rapport, on ne peut nullement comparer ces Ptéropodes aux Acéphales. Il en est évidemment de même de l’analogie que Lamarck avait établie entre les lobes du manteau de ces derniers et les nageoires des Hyales. Le rapprochement que l’on pourrait encore faire entre ces nageoires et les appendices ciliés des Brachiopodes, quoique plus juste en apparence, à cause de la position semblable des animaux par rapport à la coquille, n'en est pas moins inadmissible. Sans entrer ici dans des détails que nous donnerons plus tard dans la description des genres , nous dirons seulement que les Ptéropodes présentent, dans la disposition de leur système nerveux et dans les principaux appareils, surtout celui de la génération, des différences profondes qui les éloignent complétement des Mollusques acéphalés.
Il nous reste donc à déterminer les rapports que les Ptéropodes peuvent offrir avec les différents ordres de la classe des Gastéropodes. Quelques zoologistes, et surtout M, Rang
à côté des Hétéropodes ou Nucléobranches , c'est-à-
ont pensé qu'il fallait les placer
dire des Firoles, des Carinaires et des Atlantes , sans doute à cause de la similitude dans les mœurs, car rien , ni dans leur forme, ni dans leur organisation , ne justifie un rapprochement semblable; le pied même, quoique conformé également pour la natation, présente
Bonite. — Zool. Tome II. Partie 1. 7
uue disposition tout à fait différente. Les Nucléobranches, qui sont dioïques et ont un système nerveux et des organes des sens très-développés, doivent être mis au commencement de la classe des Gastéropodes, à côté des Siphonobranches avec lesquels ils présentent, comme nous le verrons plus tard , des ressemblances nombreuses d'organisation, tandis que , sous les mêmes rapports, les Ptéropodes sont bien inférieurs à ces Mollusques.
M. de Blainville a rangé les Ptéropodes parmi les Gastéropodes monoïques, auprés des Aplysiens et des Acères, avec lesquels ils offrent en effet des affinités nombreuses , soit dans les organes de la locomotion qui, chez ces derniers Mollusques , peuvent servir aussi à la natation, soit dans le conformation des organes digestifs, soit enfin dans l'appareil de la génération dont la disposition est Fi même , comme nous l'avons déjà dit, que chez les Ptéropodes. Leur place auprès des Aplysies et surtout auprès des Bulles , des Gastéroptères, etc., est donc aussi celle qui nous paraît la plus naturelle.
Le groupe des Ptéropodes nous semble comprendre quatre familles bien distinctes et très-naturelles.
Dans la première, se placent les genres Hyale, Cléodore , Cuviérie, Spiriale et Limacine qui présentent une si grande analogie dans leur organisation et se lient tellement les uns aux autres, qu'on pourrait presque les comprendre dans un seul et même genre;
cette famille, qu'on pourrait appeler la famille des
Hyares, ne renferme que des Ptéropodes testacés.
A la seconde , appartiennent les genres Cymbulie et Tiedemannie qui tiennent aux genres de la famille précédente par plusieurs des traits de leur organisation, mais qui en diffèrent d’une manière tranchée par quelques-uns de leurs caractères , surtout par leur forme et leur coquille interne ; cette famille pourrait être nommée la famille des Cymeurres.
Dans la troisième nous placons les Euribies qui, comme nous le ferons voir en parlant de ces Mollus ques, lient les Ptéropodes nus aux Ptéropodes con chylifères ; cette famille , à laquelle il faudra peut-être rapporter le genre Psyché de M. Rang, formerait donc la famille des EuriBres.
Enfin , la quatrième et dernière famille comprend les genres Clio et Pneumoderme qui présentent de si grandes affinités entre eux, et quelques genres trèsvoisins qui ont été proposés sous les noms de Pélagie, de Spongiobranche et de Cymodocée, mais qui devront peut-être , lorsqu'ils seront mieux connus, être rapportés aux deux genres précédents. Cette famille correspond donc tout à fait à la famille des Cros, déjà établie par M. Rang, dans son Manuel de l'histoire naturelle des Mollusques (\).
Nous allons examiner successivement et dans l’ordre que nous venons d'indiquer, ces différents genres, ou du moins tous ceux qu'il nous a été possible d'étudier.
(4) Voir cet ouvrage, pag. 117.
GENRE HYALE. — Ayalæa, Lamk.
L'on sait que le genre Hyale a été établi par Lamarck pour une petite coquille pélagienne recueillie par Forskal dans la Méditerranée et que ce naturaliste avait fait connaître sous lenom d’'Ænomia tridentata(\); l’on sait aussi que l’Hyale fut rangée parmi les bivalves jusqu'à ce que Cuvier eût fait connaître par la description détaillée de l'animal, sur lequel Forskal n'avait donné que des renseignements obscurs, ses affinités avec les Pneumodermes et les Clios et eût formé de ces trois genres de Mollusques, l'ordre des Mollusques à nageoires oudes Ptéropodes. Cependant Lamartinière, l'un des naturalistes de l'expédition de La Pérouse et Forster, compagnon de Cook, avaient déjà reconnu, comme nous l’apprennent Cuvier et M. de Blainville, l'analogie de lAnomie tridentée de Forskal avec les petits Mollusques testacés que Brown avait décrits longtemps avant sous le nom de Clios et qui, bien que différents des Clios d'aujourd'hui, appartiennent cependant encore au même groupe. Après le travail de Cuvier, tous les zoologistes adopterent la place qu'il avait assignée aux Hyales à côté des Pneumodermes et des Clios et, comme nous l'avons vu précédemment, il n'y a plus eu de divergence que sur la valeur
(A) Faun. arab., pag. 124; et /cones, tabl, 40, fig. B.
et l’arrangement du groupe nouveau créé pour ces trois genres de Mollusques.
Plusieurs années après, M. de Blainville reprit l'histoire du genre Hyale dans le Journal de Physique (A), en donna une description beaucoup plus complete et fit voir que l'animal avait été étudié dans une position renversée, c'est-à-dire qu’on avait pris la face ventrale pour la dorsale et réciproquement, M. de Blainville combattit aussi l’idée que l’on s'était faite jusqu'alors de ces Mollusques, en démontrant qu'ils s'éloignaient fort peu, par leur organisation, des Bulles et des Bullées.
MM. delle Chiaje (2), Alcide d’Orbigny (3), Cantraine (4), Van Beneden (5), etc., se sont aussi OCCU pés depuis de l’organisation des Hyales; ce dernier, surtout, a consacré à ces Mollusques un mémoire trèsdétaillé dans lequel il a ajouté des détails importants à ceux que la science devait déjà à Cuvier et à M. de Blainville.
Le genre Hyale s’est enrichi, dans ces dernières années, d’un assez grand nombre d'espèces dues aux recherches de Péron et Lesueur, de MM. Quoy et Gaimard, Rang, d’Orbigny, etc. Nous avons observé
(4) Journal de physique, tom. XCIIT, pag. 81.
(2) Animali senza vertebra ; tom. I, pag. 85; part. Va’, tav. 34.
(3) Voyage dans l'Amérique méridionale, tom. V, pag. ide
(4) Malacologie méditerranéenne, pag. 23.
(3) Mémoires de l'Académie rovale de Bruxelles, ton. XII,
pag. 29.
nous-mêmes la plupart de ces espèces que nous ferons connaître avec détails, après la description anatomique que nous allons d'abord donner de ces Mollusques.
Description extérieure.
Nous suivrons, dans la description extérieure de l'animal des Hyales, la division que nous avons déjà établie, pour tous les Ptérepodes, en partie antérieure où céphalo-thoracique et en partie postérieure, viscérale ou abdominale. Un rétrécissement bien marqué sépare ces deux parties.
La partie antérieure, qui peut sortir de la coquille ou y rentrer, à la volonté de l’animal, est presque entièrement formée par les nageoires. La tête, qui se trouve entre ces appendices, n'est pas distincte et n’est indiquée inférieurement que par l’orifice de la bouche; elle est un peu plus apparente supérieurement, dans l'intervalle que les nageoires laissent entre elles, et présente, à peu de distance de son bord antérieur, deux tentacules qui sont ordinairement bien visibles et dont l'existence est cependant encore mise en doute par presque tous les zoologistes. Ces tentacules, trèsgréles à leur origine, se renflent ensuite graduellement jusqu à leur extrémité qui est arrondie. D'après M. de Blainville, qui les a le premier décrits, ces organes seraient contenus chacun dans une gaine propre ; mais cela n’est exact que pour le tentacule droit qui est, en effet, muni d’un long fourreau de même forme,
c'est-à-dire évasé en forme de cornet à sa partie
supérieure (M) @pl9/e 8;25,081,192; 33, ,%;1r).
A la partie antérieure de la tête, l'on voit, du côté
droit, l'orifice de la verge qui est marqué par un petit
bourrelet saillant. Cette ouverture se trouve placée
sur le bord même de la nageoire, entre la racine de celle-ci et la bouche (fig. 3, 5, 31, vw).
Enfin, sur les côtés de la tête, sont placées les nageoires qui la dépassent en avant et la cachent d’une manière presque complète ; elles sont larges et ressemblent assez bien, comme on l'a déjà dit, aux ailes d’un papillon dont elles ont quelquefois les riches couleurs. Assez épaisses à leur origine et à leur partie moyenne, elles s’amincissent de manière à devenir presque transparentes à leur circonférence. Leur bord externe est découpé en trois lobes ou festons; leur bord antérieur, plus ou moins oblique de dehors en dedans et d'avant en arrière, vient se terminer à la bouche, tandis que le bord postérieur est transverse et se connue sans interruption d'une nageoire à l'autre.
En effet, ces nageoires sont bien séparées en avant par la tête qui se trouve placée entre elles, mais cette séparation n'existe plus en arrière où elles se réunissent sur la ligne médiane pour former cette expansion particulière que l’on a considérée quelquefois comme une
(1) Cette particularité, que nous retrouverons dans les genres voisins, chez les Cléodores, les Cuviéries, etc., nous paraît devoir être attribuée à la situation de ce tentacule sur le trajet des organes de la génération et à l’usage qu’aurait, d’après cela, la gaîne qui le recouvre , de le mettre à l’abri des froissements pendant Paci de l’accouplement.
troisième nageoire dans les Ptéropodes et que lon désigne sous le nom de tablier ou de lobe intermédiaire. Dans les Hyales, cette partie n’est pas distincte des nageoires proprement dites et se trouve formée, comme nous venons de le dire, par le prolongement de ces appendices en dessous de lanimal et par leur jonction sur la ligne médiane, ce qui distingue le genre Hyale des autres genres voisins chez lesquels cette expansion moyenne se distingue toujours des nageolres et forme réellement un troisième lobe intermédiaire (1).
Par suite de cette disposition, les nageoires ne forment réellement dans les Hyales qu’une seule expansion que M. de Blainville a considérée avec beaucoup de raison comme l’analogue du pied des Mollusques gastéropodes, et qui n'en diffère, en effet, que par la manière dont ce pied s’est développé, surtout sur les côtés et en avant, au lieu de prendre son développement à la partie médiane et postérieure. Lorsque lanimal s'étale au deliors, cette espèce de pied déborde beaucoup la coquille dans les deux premiers sens, tandis qu’en arrière il s'applique sur sa face inférieure ou bombée qu'il recouvre en partie; il représente alors un large quadrilatère dont les bords latéraux sont découpés en trois lobes, comme nous l'avons dit ci-dessus, dont le bord antérieur est échancré largement et d’une manière plus ou moins profonde jusqu’à
(4) Nous verrons cependant que cette dernière disposition se
rencontre aussi dans quelques espèces du genre Hyale.
la bouche, et dont le bord postérieur transverse offre aussi une légère échancrure dans quelques espèces. Quand l'animal se contracte, la partie postérieure de ce même pied s'applique sur l’antérieure, en formant un repli transverse qui cache l’orifice de la bouche et qui détermine un sillon profond sur sa face inférieure.
La tête et les appendices natatoires sont supportés par une partie rétrécie que Cuvier a considérée comme le cou, tandis que M. de Blainville la regarde comme une espèce de tronc ou de thorax qui se terminerait antérieurement par la tête. Cette partie est longée du côté droit par le conduit de terminaison de l'appareil générateur, qui vient s'ouvrir à la racine de la nageoire correspondante et se continue avec un repli que l’on voit au-dessus de la tête, en dehors du tentacule droit, et qui se prolonge jusqu'à l’orifice de la verge (fig. 5).
La partie postérieure ou abdominale du corps des Hyales, plus volumineuse que la précédente, est contenue dans la coquille dont elle a la forme, et recouverte par le manteau dont la disposition représente assez bien, comme l'a fait remarquer M. Van Beneden, celle que l’on trouve chez les Céphalopodes. En effet, comme chez ces derniers, il forme autour des viscères un sac ouvert en avant et adhérent seulement à la partie supérieure, à peu de distance de son bord
hbre(1}) (6s.1, 2,3).
(4) D’après M. Cantraine, les adhérences du manteau à l'animal
Ce manteau reproduit toujours d’une manière exacte la forme de la coquille ; c’est ainsi qu'antérieurement il s avance plus en dessus qu'en dessous, etqu'en arrière ilse prolonge également en pointe sur la ligne médiane. Il est très-mince à sa partie supérieure où l’on voit par transparence le grand muscle rétracteur de l’animal, l'appareil branchial et la masse viscérale. Cette partie du manteau présente de chaque côté une série de petits cordons blanchätres qui se portent transversalement de la ligne médiane sur les côtés et qui sont formés par de petits faisceaux musculaires destinés à faire rentrer les bords du manteau et surtout certains appendices que nous allens bientôt décrire. D’après M. de Blainville, Cuvier aurait pris ces faisceaux musculaires pour des vaisseaux branchiaux; mais on peut se convaincre que Cuvier n'a pas commis cette erreur, d’après ce qu'il en dit dans l'explication des figures qui accompagnent son mémoire (fig. 2 et 3).
Lapartie inférieure du manteau est doublée dans toute son étendue, si ce n’est vers les bords, d’une couche serrée de petites granulations semblables à des cryptes muqueux , qui la rendent plus épaisse et moins transparente. Cette couche est circonscrite en arrière par des lignes régulières et serrées qui décrivent une courbe à convexité postérieure, et elle se trouve interrompue un peu plus en avant par une bande de lignes semblables, disposée de la même manière. Chacune de
auraient lieu du côté gauche seulement, et cet auteur ajoute qu’on peut s’en assurer par l’insufflation {ouvrage cité, p.25); mais cette assertion est positivement Inexacte.
ces lignes est formée par une série de petits corps, de forme cubique, qui se désagrégent avec la plus grande facilité sur les individus conservés dans l'alcool (fig. 1 et pl. 10, fig. 32 et 33). Cette organisation particulière, que nous retrouverons dans les autres Ptéropodes testacés, nous semble avoir pour but de donner plus de résistance à la partie du manteau qui circonscrit la cavité branchiale et de former autour de cette cavité une espèce de bouclier qui, en empêchant l’affaissement des parties, permet à l’eau de se porter continuellement vers les branchies.
Le manteau présente sur les côtés, en regard des fentes latérales de la coquille, deux lèvres saillantes qui sont réunies à leur extrémité postérieure, mais qui en avant se continuent directement avec ses bords supérieur et inférieur, de telle sorte que l'ouverture antérieure du manteau semble se prolonger latéralement entre ces deux lèvres; mais cette disposition n'est qu'apparente el aucune communication n'existe, dans l'intervalle de ces lèvres, avec la cavité branchiale. Cuvier a cru que les branchies étaient placées entre ces deux lobes du manteau, mais nous verrons que ces organes sont véritablement intérieurs, comme dans la plupart des Gastéropodes. Enfin, c'est encore à tort que quelques auteurs placent, entre ces deux feuillets du manteau, la terminaison de l'intestin et celle de l'appareil générateur (1) (fig. 4 et 2).
(4) Voyage dans l'Amérique méridionale, par A. dOrbigny, tom. V, pag. 80.
Les parties du manteau qui bordent l'ouverture de la coquille offrent une épaisseur assez considérable et forment, principalement en avant, un bourrelet assez large qui rappelle assez bien le collier des Mollusques gastéropodes. Ces parties sont aussi remarquables par leur grande extensibilité, et lorsque l'animal se développe, elles s'échappent par les fentes de la coquille et peuvent, en se repliant sur celle-ci, la recouvrir presque entierement, comme l’a figuré M. Cantraine (1).
Entre les deux lèvres latérales du manteau se trouve un appendice foliacé dont la disposition n’a pas encore été bien décrite. Cet appendice est formé par deux feuillets semblables à ceux qui constituent ces deux lèvres et disposés de la même manière, de sorte que le manteau présente réellement sur les côtés quatre lèvres ou lames superposées, du moins en arriere, car celui de ces feuillets qui correspond à la face ventrale ne s'étend pas jusqu'au bord antérieur du manteau et ne dépasse pas quelquefois la ligne médiane. Les deux feuillets dont nous parlons sont réunis à leur extrémité postérieure comme les feuillets externes, mais ils se prolongent beaucoup plus en arrière et de façon à dépasser quelquefois la coquille d’une manière considérable; enfin, le prolongement qu'ils forment ainsi se trouve réuni à l'extrémité postérieure des feuillets externes par une lame horizontale qui fournit encore, à son point de jonction avec ces derniers, un autre
(4) Malacologie méditerranéenne, pag. 25, pl. I, fig. 3.
PTÉROPODES. 109 petit appendice. Cette disposition, que nos figures feront peut-être mieux comprendre que la description que nous venons de donner, est du moins celle que nous avons observée dans l’//yale tridentée ; nous ne savons si elle est entièrement semblable dans les autres espèces (fig. 3).
Ces appendices du manteau sont aussi très-extensibles et offrent, suivant leurs divers degrés de développement, des formes trés-variées que quelques zoologistes ont considérées à tort comme pouvant fournir des caractères spécifiques ; ils peuvent acquérir quelquefois une longueur considérable et former deux longues lanières que l'animal traine après lui, comme Péron et Lesueur l'ont représenté dans l'espèce qu’ils ont nommée Zéniobranche, et comme nous l'avons figuré aussi dans une autre espèce, l'Jyale bossue. Nous n'avons jamais observé dans ces appendices les changements de coloration dont parle M. Cantraine et qui se feraient, d’après ce naturaliste, d’une manière trés-rapide, tantôt dans une partie seulement et tantôt dans toute leur étendue.
Ces appendices ne sont que de simples prelongemerts du manteau et n’ont rien de musculaire comme paraissent l'avoir cru MM. de Blainville et Van Beneden: leur développement se fait par le simple mouvement d’expansion des tissus de l'animal, mais ils sont pourvus d'un appareil musculaire rétracteur particulier que nous avons déja décrit et qui est formé par ces faisceaux blanchâtres et transverses que l’on voit sur la face dorsale du manteau et qui se rendent en effet surtout à la base
de ces appendices. Quant à leurs usages, il est certain qu'ils sont étrangers aux fonctions de la respiration, comme l’ont cru Péron et Lesueur, pour Fespèce qu'ils ont nommée Zéniobranche, et comme quelques zoologistes paraissent encore l'admettre. Nous croyons que leur principal usage est de soutenir l'animal pendant la natation, en augmentant sa surface ou son volume, et en rendant par conséquent sa pesanteur spécifique moins considérable. On ne trouve ces appendices que dans les Hyales dont ils nous paraissent former un des caractères ; les prolongements que présentent les bords latéraux du manteau dans certaines Cléodores, dans la Cléodore cuspidée, par exemple, correspondent aux deux lèvres ou feuillets externes et ne doivent pas être confondus avec les appendices que nous venons de décrire.
Les quatre feuillets qui bordent les parties latérales du manteau s’implantent sur une bride très-forte qui vient se fixer antérieurement sur une saillie que l’on voit en dessus du cou et qui est formée par la verge ; c'est par le moyen de cette bride que se font, dans ce point, les adhérences du manteau (fig. 2 et 3).
Enfin, outre l'enveloppe formée par le manteau, la masse des viscères est de plus recouverte d’une mauière immédiate par une membrane extrémement mince et quelquefois très-colorée que l’on peut considérer comme une espèce de membrane péritonéale.
La partie postérieure ou viscérale du corps des Hyales n'adhère à la coquille, dans laquelle elle est contenue,
que par l'extrémité du muscle droit ou longitudinal ;
PTÉROPODES. 111 M. d'Orbigny parle d’autres adhérences qui existeraient entre la partie antérieure et latérale du manteau et les bords de la coquille (4); mais nous pouvons affirmer que ces adhérences n'existent pas, ce qui est, du reste, conforme à l’analogie.
Description intérieure.
Organes de la digestion. — La bouche n’est pas terminale, mais un peu inférieure dans les Hyales; elle est située entre les deux nageoires, au fond de l’échancrure qui sépare en avant ces appendices. Cet orifice a la forme d’un triangle isocèle très-allongé, dont la base se trouve en arriére et dont les côtés sont formés par deux lèvres minces et saillantes qui vont en divergeant se perdre dans le sillon qui sépare les nageoires du lobe intermédiaire (pl. 9, fig. 4, d”).
La cavité buccale, très-petite, forme une légère saillie en dessous de l'œsophage ; elle présente, à sa paroi inférieure, un petit renflement lingual de forme arrondie, garnie supérieurement de trois séries de crochets cornés et recourbés en arriere. À l'extérieur de cette cavité, l’on voit un appareil musculaire spécial, formé par des fibres longitudinales trèés-apparentes et par des fibres circulaires placées en dessous de celles-ci et se continuant avec celles de l’œsophage (fig. 7, 8, 9, 10, h, V):
L'œsophage est long et d’un petit diamètre. Après avoir traversé le collier nerveux qui se trouve placé à
(4) Ouvrage cité, pag. 80.
son origine, il continue à se porter en arrière et pénêtre dans la cavité abdominale pour aller se terminer à l'estomac. Il présente quelquefois une petite dilatation à son extrémité antérieure, mais après avoir traversé l'anneau nerveux, il conserve le même calibre dans tout le reste de son trajet. Il est en rapport supérieurement avec la verge d'abord, et ensuite avec le grand muscle longitudinal; il correspond en dessous à une partie des organes de la génération Ce 41:90):
Après avoir parcouru un trajet peu étendu dans la cavité abdominale, l'œsophage se dilate rapidement en entonnoir, et forme, comme dit Cuvier, une espèce de jabot membraneux, plissé longitudinalement, qui se continue directement avec l'estomac. Celui-ci, auquel on a donné le nom de gésier, à cause de son organisation particulière, est cylindrique et présente des parois beaucoup plus épaisses qui l’empêchent de s’affaisser sur lui-même dans l’état de vacuité. Cet estomac est armé intérieurement de plaques cornées qui ont été signalées par M. de Blainville, mais que M. Van Beneden a décrites avec plus de détails. Ces plaques, au nombre de quatre, et toutes semblables pour la forme, présentent sur leur face libre deux ou trois côtes saillantes, plus ou moins aiguës, et dont la disposition est un peu variable ; une de ces côtes, plus longue que les autres, s’étend ordinairement en ligne oblique d’une extrémité à l’autre et donne à ces plaques un peu la forme de la lame cartilagineuse des Vellèles ( fig. 3, 4, 12, 13, 14, 29, 39, e).
À ces corpsintérieurs destinés à broyer les substances alimentaires, correspond, à l'extérieur de l'estomac, une couche musculaire très-forte, formée par des faisceaux rubanés, parallèles, d’un aspect nacré, disposés circulairement autour de cet organe. Ainsi que M. Van Beneden en a déjà fait la remarque, ces faisceaux musculaires ne font pas tout le tour du cylindre que représente l’estomac ; mais, après avoir parcouru une portion de sa circonférence, ils se terminent en s’entre-croisant avec les faisceaux suivants (fig. 14).
L'estomac se rétrécit brusquement pour s'ouvrir dans l'intestin ; nous n'avons jamais rencontré le culde-sac qui se trouverait, d'après M. Van Beneden, à côté de cette ouverture.
L'intestin se porte d'abord à gauche et ensuite en arrière, pour décrire autour du foie une anse seulement et non plusieurs circonvolutions, comme l’indiquent Cuvier et M. de Blainville ; après s'être dégagé de cet organe, il se porte en avant, du côté gauche, passe en dessous de l’oviducte et, arrivé à la partie antérieure de la cavité abdominale, vient s'ouvrir près du bord libre du manteau (fig. 4, 7, 14, &). La position de cette ouverture est donnée d’une maniere vague ou inexacte par tous les auteurs ; M. Van Beneden seulement nous semble l'avoir bien indiquée ; dans la position véritable de lPanimal, cet orifice se trouve en dessous, du côté gauche, non loin du bord inférieur du manteau (fig. 3, 4, 29, «).
Le tube mtestinal offre dans toute son étendue un diamètre uniforme et à peu près semblable à celui de
Bonite, — Zool. Tome Il. Partie 1, 6
l'œsophage ; mais ses parois sont un peu plus minces et à demi transparentes (fig. T, #).
Les annexes du tube digestif comprennent le foie et les glandes salivaires.
Celles-ci sont si petites qu'elles ont échappé aux recherches de tous les anatomistes ; elles sont situées sur les côtés et un peu en arrière de la cavité buccale, et se présentent sous la forme de deux petits corps globuleux et blanchâtres, fournissant en avant un canal excréteur tres-délié qui pénètre immédiatement dans cette cavité (fig. 8, 5).
Le foie forme une masse considérable, de couleur verdâtre, qui est appliquée contre l'estomac et qui est divisée, par la circonvolution de l'intestin , en deux lobes plus ou moins distincts et de grandeur inégale. Lorsqu'on examine cet organe à sa surface seulement, sa structure paraît granuleuse, mais, par la dissection, on s'assure qu'ilest formé d’un grand nombre de petits cœcums serrés les uns contre les autres, et aboutissant, d’après M. Van Beneden, à des vacuoles d’où partiraient les radicules des canaux biliaires. Ces derniers constituent, en se réunissant successivement, un tronc principal qui vient s'ouvrir à l’origine de l'intestin, tout près du pylore, et qui reçoit dans ce point le col d'une vésicuie très-allongée, faisant probablement les fonctions d’une vésicule biliaire. C'est cette vésicule qui nous paraît avoir été prise par M. de Blainville pour le tronc commun des canaux hépatiques (fig. 14, f, æ) (1).
(4) Nous avons trouvé dans une des espèces de ce genre, dans
Organes de la respiration. — L'appareil branchial des Hyales a été décrit d’une manière différente par Cuvier et par M. de Blainville.
D’après Cuvier, les branchies seraient situées entre les deux lèvres latérales du manteau, au fond de l'intervalle que celles-ci laissent entre elles, et formeraient autour du corps, non en ceinture mais parallèlement au dos, un cordon elliptique de petites feuilles rappelant celles des Patelles, des Phryllidies et des Lingules. West cependant difficile de concevoir cette disposition , car, ces lèvres du manteau occupant seulement les parties latérales, comme nous l'avons vu précédemment, l'appareil branchial devrait offrir une interruption à la partie postérieure. Il est bien reconnu aujourd'hui que Cuvier s’est trompé sur la position véritable des branchies, et que ces organes, au lieu d’être placés entre les lobes latéraux du manteau et d’être, par conséquent, extérieurs, comme il l'avait pensé, sont situés dans une cavité intérieure, comme dans la plupart des Mollusques. À part cette erreur, il est certain que Cuvier a bien reconnu les organes de la respiration et ne les a pas confondus, comme l’a cru M. de Blamville, avec les faisceaux musculaires qui doublent la partie supérieure du manteau. l'Hyale à trois pointes, le foie divisé en deux lobes tout à fait separés et formant comme deux foies distincts. L’un de ces lobes est entouré par lintestin; l’autre fournit un long conduit hépatique qui vient se réunir au conduit hépatique du premier lobe, au moment où il se jette dans la cavité intestinale; au point de jonction
de ces deux conduits, l’on voit encore une vésicule biliaire semblable à celle que nous venons de décrire (pl. 9, fig. 30, f, f).
M de Blainville a constaté le premier la position intérieure de l'appareil branchiüal, et a décrit d’une manière plus exacte une partie de cet appareil, celle qui occupe le côté droit; mais il n'a pas vu la partie des branchies qui se trouve du côté gauche. Cependant, bien loin d’en nier l'existence, M. de Blainville a émis la pensée que cette partie devait exister, 4 cause de la position du cœur et de la symétrie de la coquille ; a dissidence, sur ce point de l'organisation des Hyales, est done moins grande qu'on ne l'a crugénéralement, entre les deux célebres anatomistes que nous venons de citer.
L'appareil branchial des Hyales a été décrit depuis d’une manière plus complète par M. Van Beneden; nos observations ne s'accordant pourtant pas sur tous les points avec celles de cet anatomiste, nous allons en donner une nouvelle description d'après ce que nous avons nous-mêmes vu.
Nous avons dit, en parlant du manteau, que celui-ci circonscrivait en dessous et sur les côtés de la masse viscérale, une cavité particulière ouverte en avant et destinée aux branchies. Ces organes sont fixés au plafond de cette cavité et forment bien, comme le dit Cuvier, une ellipse presque complète autour des viscères. Cependant cet appareil n’est pas symétrique, comme l'ont cru quelques zoologistes, et sa disposition est même tres-différente suivant qu'on l’examine du côté droit ou du côté gauche. Pour en rendre la description plus facile, nous lui considérerons, à l'exemple de M. Van Beneden, trois portions qui ne correspondent pourtant pas tout à fait à celles qu'admet
PTÉROPODES. 117 cet anatomiste. Ces trois portions, quoique bien distinctes, sont réunies ou continues entre elles.
L'une, qu'on peut appeler portion moyenne, contourne en arriere le paquet des viscères, en suivant la courbe que décrit le sac branchial, et se prolonge de chaque côté jusqu'à peu de distance de louverture antérieure du manteau. Elle représente ainsi un fer à cheval dont les branches vont en se rétrécissant progressivement et se terminent en pointe, la branche droite un peu plus en avant que la branche gauche (pl. 9, fig. 3, b,6).
Les deux autres portions sont situées, l'une à droite, l’autre à gauche, en dedans de celle que nous venons de décrire.
La première ou la droite forme un véritable peigne dont les branches sont perpendiculaires à l’extrémité correspondante de la portion moyenne, et se prolongent, en dedans, jusqu'auprès de la ligne médiane. Ces branches ou dents n’ont cependant pas toutes la même longueur ; elles décroissent en arrière et surtout en avant, où elles finissent par devenir extrêmement courtes. Les dernières dépassent un peu, dans ce sens, l'extrémité de la portion moyenne, et s’avancent en dessous de la partie cervicale de l'animal. Cette portion de l'appareil branchial est celle que lon voit à travers le manteau, lorsqu'on regarde celui-ci par sa face dorsale; dans le sens contraire , elle est cachée presque entièrement par les viscères qu'il est par conséquent nécessaire d'enlever, pour en voir la disposition et l'étendue (fig. 2, 3, ,b).
La derniere portion de l'appareil branchial ou la portion gauche, beaucoup moins considérable que les deux précédentes, est aussi située, comme nous l'avons déjà dit, en dedans de la branche correspondante de la portion moyenne, dont elle présente la disposition et qu’elle accompagne parallèlement , depuis le cœur jusqu'à son extrémité antérieure (fig. 3, d).
Pour résumer la disposition générale de cet appareil, l’on peut dire qu'il décrit autour de la masse viscérale une ellipse presque complète, interrompue seulement à sa partie antérieure et se comportant différemment du côté droit et du côté gauche. La branche droite fournit par son bord interne un grand nombre de prolongements transverses et parallèles qui constituent un véritable peigne, tandis que la branche gauche, arrivée au niveau du cœur, se bifurque et forme ainsi, au delà de cet organe, deux divisions hranchiales à peu près égales et parallèles.
D'après M. Van Beneden, toute la partie de l'appareil branchial qui se trouve en avant du cœur, du côté gauche, aurait échappé aux recherches des anatomistes; mais cette assertion est inexacte, car Cuvier l'indique positivement dans ses figures. Cuvier a bien vu aussi cet appareil s'avancer du côté droit jusqu’à l'ouverture antérieure du manteau, ce que sa description et ses figures nous paraissent mettre encore hors de doute; seulement, comme nous l'avons déjà dit, il n'a pas reconnu la disposition bien différente qu'affectent ces deux parties, erreur qui a été commise aussi par M. Van Beneden, pour la partie gauche.
M. de Blainville a bien vu le peigne branchial situé à droite, mais il n’a vu que cette portion des branchies. Quant à la structure de ces organes, elle est la même dans toutes les parties de l'appareil ; Cuvier les dit formés de petites feuilles pareilles à celles qui composent les branchies des Patelles, des Phyllidies, etc.; d’après M. Van Beneden, ils seraient constitués par de petites vésicules pyriformes formant des houppes que cet anatomiste compare aux houppes branchiales des Lophobranches ; mais la disposition indiquée par Cuvier est celle qui nous a paru se rapprocher le plus de la vérité. Seulement, les lames branchiales ne sont pas simples comme dans les Phyllidies et les Patelles, mais elles sont décomposées en un grand nombre de feuillets qui se réunissent à leurs extrémités pour se fixer, par une espèce de pédicule, aux deux ordres de vaisseaux qui parcourent les branchies. C’est à la partie postérieure de l'appareil que ces lames feuilletées offrent le plus de développement; elles vont ensuite en décroissant en avant, jusqu'aux extrémités des portions moyenne et gauche, et de dehors en dedans, dans chacune des branches du peigne représenté par
la partie droite (fig. 3,16, 17, 18, 19).
L'artère branchiale
Organes de la circulation.
parcourt l'extrémité des feuillets branchiaux, du côté de la branchie qui est adhérent au manteau, et reçoit le sang veineux par un grand nombre de vaisseaux très-fins qui forment un réseau capillaire avant de s’y aboucher. Cette artère présente les mêmes divisions
que l'appareil branchial, c’est-à-dire qu'elle se bifurque du côté gauche et se subdivise, du côté droit, en un grand nombre de branches qui correspondent aux branches du peigne.
La veine branchiale parcourt l’autre extrémité des feuillets et forme le bord libre de la branchie; elle est formée de deux troncs principaux destinés, l’un à toute la partie de l'appareil qui se trouve à droite du cœur, l’autre à celle qui est en avant du même crgane, du côté gauche. Les divisions et subdivisions de ces deux troncs sont les mêmes que celles de l'artère branchiale (i5-216,18:49;:9):
Le cœur est situé du côté gauche, en dedans des branchies ; il est contenu dans un péricarde très-lâche, à travers lequel on distingue bien les deux parties qui le constituent, l'oreillette en arrière et le ventricule en avant (fig. 3, 4, c).
L'oreillette est à peu près aussi volumineuse que le ventricule ; ses parois minces et transparentes laissent voir des colonnes charnues diversement entrecroisées. Elle reçoit en arrière les deux veines branchiales.
Le ventricule, pyriforme comme dans la plupart des Gastéropodes, a des parois beaucoup plus épaisses et entièrement musculaires. Il communique par sa base avec l'oreillette dont il est séparé extérieurement par un rétrécissement circulaire. L’orifice auriculo-ventriculaire est pourvu de deux valvules que l'on voit, pendant la contraction du ventricule, faire légeèrement saillie dans la cavité de loreillette (fig. 4, c).
De la pointe du cœur ou de sa partie antérieure part l'aorte qui, après un trajet peu étendu, se divise en deux troncs principaux, l’un postérieur et un peu moins volumineux qui se rend principalement au foie et à l'ovaire, l’autre qui se porte en avant et en dessus du tube digestif pour aller se distribuer aux parties antérieures de l'animal et principalement aux nageoires (fig. 4).
Organes de la generation. — es deux sexes sont réunis dans les Hyales; les deux parties qui forment le sexe mâle sont, en outre, tout à fait indépendantes l'une de l’autre; nous avons déjà dit que cette disposition était commune à tous les Ptéropodes.
Cet appareil commence postérieurement par un organe volumineux, situé en arrière de la masse viscérale. Cet organe, de forme oblongue ou irrégulièrement arrondie, de couleur jaunâtre, est divisé longitudinalement en deux parties à peu près égales, mais qui sont continues à l'une de leurs extrémités. Ces deux parties, composées de lames ou plaques empilées les unes à la suite des autres, sont réunies sur un axe central ou médian, creux à l’intérieur, qui commence en pointe à la partie postérieure de l'organe, se renfle ensuite pour se rétrécir de nouveau à son extrémité antérieure, d'où il émerge sous la forme d’un canal très-fin dont nous allons bientôt parler (pl 9, fig. 5, H 5:29 6091, 33, 0):
On s'accorde à regarder comme l'ovaire l’organe que nous venons de décrire, et cette détermination est
confirmée par l'observation directe qui démontre la présence des ovules dans son tissu et surtout dans le canal qui en parcourt le centre ; nous verrons cependant bientôt qu'il est extrêmement probable que cet organe à encore d’autres usages.
Le canal qui en sort en avant, par la scissure qui le divise en deux moitiés égales, se jette après un court trajet dans un autre canal où tube dont le diamètre est beaucoup plus considérable (fig. 4, 5, 32, 7’). Celui-ci se prolonge en arrière en un long cœcum contourné plusieurs fois sur lui-même et libre dans la cavité abdominale ; après avoir recu le canal provenant de l'ovaire, ce tube se dirige en avant et à droite, en passant au dessous de l'intestin, croise perpendiculairement l'œsophage à sa partie inférieure et diminue ensuite rapidement de diamètre pour venir se jeter dans un organe assez volumineux, blanchätre, qui présente des bosselures et des circonvolutions à sa surface, et qui est ordinairement placé à la partie antérieure et inférieure de la masse viscérale (fig. 3, 4, »,,29:20:31:82,93,2x/t):
Le premier canal, celui qui prend naissance dans l'ovaire, est évidemment un oviducte, et le second canal où tube auquel il aboutit doit être regardé, du moins dans sa partie antérieure, comme la continuation de cet oviducte. M. de Blainville a cru qu'il fallait voir dans la partie postérieure, formée par le long cœcum dont nous avons parlé, une vessie analogue à celle qui existe dans beaucoup d’autres Mollusques ; mais cet appendice n’a pas la forme d’une vésicule et,
PTÉROPODES. 123 du reste, la vessie qu'il représenterait d’après M. de Blainville, se trouve placée, comme nous le verrons bientôt, dans un autre point de l'appareil, vers l’orifice extérieur du second oviducte ou de la matrice (1). M. Van Beneden a proposé une autre détermination de cette partie et a pensé quil fallait la regarder comme le testicule, d’après sa structure qui est, en effet, celle d’un organe sécréteur; mais, par des raisons que nous donnerons bientôt, nous n'adoptons pas cette manièrede voir. La matière granuleuse blanche dont cet appendice est formé et qui double presque toujours aussi dans une certaine étendue les parois de l’oviducte, nous paraît devoir être considérée comme constituant un organe de sécrétion accessoire, analogue à ceux qui, sous diverses formes, accompagnent l’appareil reproducteur dans fa plupart des Mollusques hermaphrodites.
Quel rôle faut-il assigner à l'organe globuleux qui est placé à la partie antérieure et inférieure de la masse viscérale et auquel vient aboutir l'oviducte? Cuvier l’a décrit comme le testicule, mais M. de Blainville en a donné une détermination plus exacte en le considérant comme le second oviducte que l’on désigne sous le nom de matrice. Il est facile de s'assurer, en effet,
que cet organe est formé par les replis serrés d'un large
(1) Cet appendice en forme de cœcum n’existe pas dans toutes les espèces, mais alors l’oviducte offre toujours, dans une partie de son trajet, un renflement plus ou moins considérable qui représente pour ainsi dire cet appendice (fig. 31) ; il varie aussi beaucoup sous le rapport de sa forme et de sa longueur (fig. 32, 33, 2).
canal ou boyau qui fait suite à l'oviducte et dont les circonvolutions sont même très-apparentes à sa surface.
Après avoir formé la masse globuleuse dont nous venons de parler, ce second oviducte s’en isole en avant et se dirige dans ce sens, du côté droit, pour venir s'ouvrir au bord postérieur et à l'origine de la nageoire correspondante (fig. 3, 5, 29, 30, 31, o ). Cet orifice a été bien indiqué par M. de Blainville, et c'est à tort que M. Van Beneden le fait terminer près de l'ouverture de la verge ; cet anatomiste a été induit en erreur, sans doute, par un repli de la peau qui se porte, en effet, de l’une à l’autre de ces deux ouvertures, et qui forme, en dessus et à la base de la nageoire droite, un sillon tout à fait analogue à celui qui joint les mêmes orifices dans les Aplysies, les Bulles, les Bullées, etc.; M. Cantraine a commis une erreur plus grande encore, relativement à l'orifice dont nous parlons, en le plaçant à l'extrémité du fourreau qui, comme nous l’avons déjà vu, sert de gaine au tentacule droit.
La partie antérieure de la matrice, qui s'étend de la masse globuleuse formée par cet organe à son orifice extérieur, et que l’on pourrait désigner sous le nom de vagin, reçoit le canal long et grêle d’une petite vésicule qui nous paraît être l’analogue de celle que l’on trouve chez les Gastéropodes hermaphrodites et que l'on désigne sous les noms de vésicule de la pourpre où de vésicule copulatrice. Cette vésicule est plus ou moins libre et facile à reconnaitre dans certaines espèces
PTÉROPODES. 125 (fig. 30, 31,2°); dans d'autres, elle est comme enchâssée dans les circonvolutions de la matrice qui la cachent presque entièrement, ce qui l’a sans doute dérobée aux recherches des anatomistes (fig. 4, 5) (1).
A la partie antérieure et supérieure de l'animal, se trouve placée la verge qui est formée, comme dans les autres mollusques, par un tube charnu dont les replis font, en dessus du cou, une saillie assez considérable sur laquelle se fixe le bord supérieur du manteau. Nous avons déja vu que cet organe venait aboutir à un orifice placé en avant et à droite de la bouche; sa partie postérieure, plus large, ne présente aucune communication avec le reste de l’appareil ; elle se rétrécit brusquement pour se continuer seulement avec un petit faisceau musculaire qui doit être considéré comme le muscle rétracteur de l'organe (fig. 5 et 6, v). Nous n'avons jamais rencontré ni le corps intérieur noirûtre, ni la masse glanduleuse blanchätre qui ont été indiqués par M. de Blainville, et qu'il a considérés, le premier, comme le véritable corps excitateur, et lesecond, comme le testicule.
Nous avons pu déterminer avec assez de certitude les diverses parties qui constituent le sexe femelle ; il n'en est pas de même de celles qui entrent dans la composition du sexe màle; à l'exception de l'organe que nous venons de décrire et que l’on s'accorde à
(1) M. de Blainville semble avoir vu cependant cette vésicule, car il parle d’une sorte de vessie qui se joindrait au second oviducte un peu avant sa terminaison; mais sa description peu explicite
laisse du doute à ce sujet.
regarder comme la verge, les auteurs ont émis des opinions très-différentes sur celui qui doit être considéré comme le testicule. Nous avons vu que Cuvier avait envisagé comme tel le second oviducte ou la matrice ; que M. de Blainville avait commis une erreur analogue en indiquant comme le testicule une partie qui appartient probablement à la verge, et dont il aurait méconnu la structure ; enfin, que M. Van Beneden avait encore donné une autre détermination que nous n'avons pas cru devoir adopter. Les recherches faites, dans ces dernières années, sur les organes générateurs dans les Mollusques hermaphrodites et les résultats obtenus par ces recherches, nous paraissent pouvoir permettre de résoudre aujourd'hui la difficulté. Wagner, Siebold et plusieurs autres observateurs ont constaté que l’organe en grappe, qui était considéré dans ces Mollusques comme un ovaire seulement, est à la fois un ovaire et un testicule, et ce fait est maintenant à peu près généralement établi. Nous pensons donc qu’il en est de même chez les Hyales et dans tous les Ptéropodes, et que l'organe que nous avons décrit comme l'ovaire est un organe hermaphodite analogue, sécrétant à la fois les zoospermes et les ovules ; nous ne doutons pas que des observations microscopiques, faites sur le vivant, n'établissent aussi ce fait d’une manière positive (1).
(1) Nous lisons dans le Yraité d’Anatomie comparée de MM. Siebold et Stannius (trad. franc., tom I, II° part., p. 342), que des observations semblables ont déjà été faites sur les Hyales, par M. Koælliker, et que ce dernier a reconnu que l’organe con-
PTÉROPODES. 127 L'appareil reproducteur des Hyales, ainsi que celui de tous les autres Ptéropodes, diffère cependant, comme nous l'avons déja fait remarquer, de celui de la plupart des Mollusques hermaphrodites, par la séparation des deux parties qui constituent le sexe mâle. Cette disposition, qui se retrouve aussi chez les Aplysies, les Bulles, les Bullées, etc., nous a fait émettre la supposition que l’accouplement n'était plus qu'un moyen d'excitation chez ces animaux, et que les œufs étaient fécondés directement dans l'ovaire ou dans l’oviducte.
Système musculaire. — Outre les petits faisceaux musculaires qui doublent la partie supérieure du manteau, et dont nous avons déjà parlé, ce système comprend encore le grand muscle rétracteur de l’animal et les différentes couches qui entrent dans la composition des nageoires.
Le muscle rétracteur, que M. de Blainville a considéré avec raison comme l’analogue du muscle columellaire des Gastéropodes, est situé sur le dos et s'étend longitudinalement de la pointe médiane et postérieure de la coquille, où ils’implante, jusqu'aux nageoires ; aussi le désigne-t-on encore sous les noms de muscle droit ou de muscle longitudinal. 1 forme un faisceau considérable, aplati, qui s’élargit un peu à la partie antérieure et qui, arrivé à la base des nageoires, se bifurque pour se rendre dans ces appendices. Dans tout son trajet,
sidéré jusqu’à présent comme l'ovaire, était une glande herma= phrodite.
ce muscle est supérieur à la masse des visceres el n’est recouvert que par le manteau auquel il adhère légèrement. L’écartement que forment ses deux divisions, en avant, est occupé par la verge (pl. 9, fig. 3, 4, 29, »).
La disposition des faisceaux de terminaison de ce muscle dans les nageoires a été décrite d’une manière différente par M. de Blainville et par M. Van Beneden. M. de Blainville les fait subdiviser en plusieurs faisceaux secondaires qui formeraient cinq couches distinctes et juxtAposées, tandis que M. Van Beneden, en admettant le même nombre de couches musculaires dans ces appendices, ne fait provenir du muscle longitudinal que la couche moyenne. En effet, comme le fait remarquer avec raison cet anatomiste, la direction des fibres musculaires qui composent ces différentes couches est contraire à une origine commune. Cependant la disposition qu'indique M. Van Beneden n’est pas encore complétement exacte.
Les deux faisceaux qui résultent antérieurement de la bifurcation du muscle droit, se divisent bientôt euxmêmes en deux parties à peu près égales et superposées entre lesquelles passe ordinairement, du côté droit, le nerf qui se rend aux branchies. Ces deux parties se comportent d’une manière bien différente; la supérieure, après avoir atteint la base de la nageoire, se divise successivement en quatre ou Cinq gros faisceaux qui se portent en divergeant et en s'épanouissant jusqu’à sa circonférence; ce sont ces faisceaux seuls qui constituent la couche moyenne ou centrale
des nageoires, laquelle est séparée des couches voi-
sines par du tissu cellulaire à fibres entre-croisées ; ce üssu cellulaire était sans doute détruit sur les individus observés par M. de Blainville, ce qui lui a fait dire que la couche centrale était séparée des couches adjacentes par un intervalle vide assez considérable (fig. 4, 26127):
Les deux couches, qui se trouvent en dessus et en dessous de la précédente, sont formées de fibres serrées et transverses. Supérieurement, ces fibres ont leur origine sur les côtés de la tête; inférieurement, elles prennent naissance sur les bords latéraux de la bouche, excepté en arrière où elles se continuent d'un côté à l’autre, en formant une portion de sphincter à la partie postérieure de cette ouverture (fig. 26).
Les deux couches qui viennent ensuite, et que MM. de Blainville et Van Beneden considèrent comme les dernières ou les plus superficielles, sont un peu plus épaisses que les précédentes et formées par des fibres également serrées dont la direction est oblique en dehors et en avant. Mais ces deux couches présentent une origine et une disposition un peu différentes, suivant qu'on les examine dans la couche supérieure ou dans l’inférieure. Dans celle-ci, elles s’insérent en avant, sur les côtés de la bouche, sur une espece de raphé fibreux qui a déjà donné insertion aux fibres de la couche sous-jacente; mais, en arrière de la bouche, elles ont évidemment une autre origine et proviennent de la deuxième portion des faisceaux de terminaison du muscle columellaire, portion qui est représentée
Bonite — Zool. Tome II. Partie I. 9
coupée sur la figure 4, et en place sur la figure 25. Supérieurement, les fibres s'insérent encore, en avant, sur les côtés de la tête, mais, en arrière, elles contournent les fibres de la couche précédente, brident ces fibres au moment où le faisceau du muscle longitudinal s’'épanouit pour les former, et viennent se continuer ensuite avec celles du côté opposé, sur la ligne médiane (fig. 25, 27 ).
Enfin, il existe encore, en dessus et en dessous des nageoires, une couche extrêmement mince formée par des fibres qui se dirigent d'avant en arrière et un peu de dedans en dehors, et qui coupent, par conséquent, celles de la couche sous-jacente à angle presque droit. Ces fibres n'ont pas d’origine distincte et adhèrent à la peau qu'elles doublent à la manière des peauciers. Ce sont ces fibres qui déterminent à la surface des naseoires ces lignes serrées et parallèles qui ont été prises dans quelques Ptéropodes pour un réseau vasculaire branchial. Cette couche est la seule qui se prolonge jusqu'au bord postérieur des nageoires (fig. 25, 26); elle n’a été décrite ni par M. de Blainville, ni par M. Van Beneden, qui l'ont probablement confondue avec la peau ou avec les couches sousjacentes (fig. 5).
Il résulte de la description qui précède : 41° que les nageoires se composent dans les Hyales de sept couches juxtaposées et bien distinctes; 2° que le muscle droit ne forme pas toutes ces couches comme l’a cru M. de Blainville, ni la couche centrale seulement, comme l'indique M. Van Beneden, mais qu'il concourt encore
inférieurement à la formation de l’avant-dernière couche; 3° enfin, que toutes ces couches, présentant des directions différentes et se bridant quelquefois d'une manière réciproque, offrent la disposition la plus convenable pour augmenter la résistance de ces appendices.
Système nerveux.— Dans les considérations générales que nous avons données précédemment sur le système nerveux, nous avons déjà indiqué la disposition particulière que ce système offrait dans tous les Ptéropodes testacés et que l’on trouve par conséquent dans les Hyales.
Nous avons dit que les ganglions cérébraux, au lieu d’être placés en dessus de l’œsophage, se trouvaient rejetés sur ses côtés, par la longueur de la commissure qui les sépare et qui forme seule la partie supérieure de l'anneau nerveux. Ces ganglions fournissent chacun, par leur bord antérieur, deux nerfs assez gros qui se dirigent en avant et qui se rendent, l’un au tentacule correspondant, l’autre à la cavité buccale; un autre filet tres-délié et court s'échappe de leur côté interne et les fait communiquer avec le petit ganglion buccal qui se tfouve placé, comme à l'ordinaire, en dessous et en arrière de cette même cavité (pl. 9, ho21, 22,23):
Les ganglions buccaux, qui sont distincts dans la plupart des Mollusques, sont ici réunis de manière à constituer un seul ganglion aplati, un peu allongé transversalement, et qui se trouve presque entierement
caché par les autres ganglions du collier nerveux (fig. 21, 23). De ses extrémités latérales partent les commissures très-grêles qui le font communiquer avec les ganglions cérébraux, et un autre cordon plus volumineux qui se porte en avant de chaque côté, pour se ramifier dans les parois de la bouche. Ce ganglion fournit encore trois filets nerveux ; l’un très-grêle qui nait de son bord antérieur, sur la ligne médiane, et qui se rend à la langue ; les deux autres qui naissent du bord postérieur et se jettent sur l’œsophage qu'ils accompagnent jusqu'a l'estomac. Nous avons déjà vu que M. Van Beneden avait considéré ce ganglion et les nerfs qui en émanent, comme les analogues du orand sympathique chez les Ptéropodes ( fig. 24 ).
Par suite de la disposition particulière que nous venons de décrire, les ganglions cérébraux se trouvent immédiatement appliqués sur les autres ganglions du collier, au lieu d’en être séparés par des commissures latérales.
Les ganglions des organes de la locomotion, un peu plus volumineux que les précédents, en dessous desquels ils sont placés et qu'ils débordent en avant, sont accolés l’un à l’autre sur la ligne médiane. Ils fournissent en dehors trois nerfs volumineux qui vont se distribuer aux nageoires ; un de ces nerfs, plus grêle que les deux autres, se rend à la partie postérieure et médiane de ces appendices, qui forme le lobe intermédiaire (fig. 4, 20, 21, 22, 23).
Les ganglions viscéraux sont représentés par un
seul ganglion médian, volumineux, de forme un peu
ee — — …
triangulaire, qui se trouve placé en arrière des précédents, en dessous des ganglions cérébraux qu'il déborde également en arrière. Ce ganglion fournit plusieurs nerfs dont la disposition n’est plus symétrique comme celle des nerfs qui émanent des autres ganglions. Deux de ces nerfs, très-volumineux, naissent de l'angle postérieur de ce ganglion, un peu à gauche de la ligne médiane, et paraissent quelquefois unis à leur origine; l’un d'eux, ordinairement un peu plus volumineux, se dirige presque immédiatement en dehors et se jette dans le manteau pour se rendre aux branchies; on doit le considérer comme le nerf branchial; l’autre se porte, au contraire, directement en arrière pour se distribuer aux viscères, el surtout aux organes de la génération; nous avons vu une de 5es branches, très-gréle, accompagner l'aorte pendant quelque temps et se perdre ensuite sur ses parois. Les autres nerfs qui naissent des parties latérales de ce ganglion se distribuent également aux viscères (fig. 4, 20).
Au point de réunion des ganglions cérébraux avec les autres ganglions, se voit le petit organe sphérique que nous avons considéré comme un organe d'audition rudimentaire; nous avons déja fait remarquer que c’est probablement cet organe qui a été pris par quelques zoologistes pour un organe oculaire.
Tous les ganglions qui composent le collier nerveux présentent une structure sembiable ; lorsqu'on les examine à un assez fort grossissement, l’on voit
dans leur intérieur de petites granulations, dont le
volume nous à paru un peu plus considérable dans le ganglion viscéral. Ce ganglion nous a semblé différer aussi des autres d’une manière assez tranchée par son aspect grisätre.
D'après la description que nous venons de donner, le genre Hyale nous semble pouvoir être caractérisé de la manière suivante (1) :
Corps subglobuleux, formé de deux parties distinctes; l’une postérieure ou abdominale, renfermée dans une coquille et enveloppée d'un manteau ouvert en avant, bordé latéralement par deux replis en forme de lèvres et muni dans ce sens d’appendices diversiformes, trèsextensibles; l’autre antérieure, céphalo-thoracique, pourvue d’un large disque musculaire correspondant au pied des Mollusques gastéropodes, mais disposé d’une manière différente et dilaté de chaque côté en forme d’aile ou de nageoire; la tête non distincte; deux tentacules claviformes, le droit contenu dans une gaine; l'ouverture de la bouche, inférieure et pourvue de deux appendices labiaux décurrents sous le pied ; l'anus situé à gauche, non loin du bord antérieur du manteau ; l'orifice de l'organe mâle, tout à fait antérieur, en avant et en dedans du tentacuie droit; celui de l'organe femelle du même côté, à l’origine et sur le bord postérieur de la nageoire correspondante; les
(1) Les caractères que nous assignons au genre Hyale sont empruntés en partie à ceux qui ont été donnés par M. de Blainville, article Hyare du Dictionnaire des sciences naturelles, tom. XXII, pag. 78.
PTÉROPODES. 135 branchies, contenues dans une cavité intérieure formée par le manteau, pectiniformes, disposées circulairement autour de la masse viscérale, mais différemment du côté droit et du côté gauche.
Coquille vitrée, mince, fragile, diaphane, globuleuse ou subglobuleuse, symétrique, tridentée ou tricuspidée postérieurement , ouverte en avant et sur les côtés; l'ouverture antérieure toujours plus étroite que la cavité intérieure de la coquille; les ouvertures latérales, en forme de fentes, se prolongeant jusqu'au bord postérieur, et se continuant en avant avec l'ouverture antérieure. -— Pas d’opercule.
Les Hyales habitent surtout les régions de la zone torride ; mais elles s’avancent aussi plus ou moins dans celles des zones tempérées. Elles sont assez communes dans toutes les mers. Ces Mollusques se meuvent avec beaucoup de vitesse au moyen de leurs expansions patatoires qu'ils agitent comme des ailes; cette natation a toujours lieu dans une position renversée, c’està-dire la face inférieure ou ventrale de l'animal étant tournée en haut, ainsi que nous l'avons déjà dit dans nos généralités sur les Ptéropodes (1). Cette particularité dans les habitudes des Hyales avait été re-
(4) C’est dans ce sens que nous avons représenté l’animal sur nos figures, comme on l’a fait à peu près généralement jusqu’ici ; cette position fait mieux voir les parties extérieures, les nageoires et la bouche; mais, dans la description, il faut supposer Panimal placé en sens contraire, afin d’assigner aux organes leur véritable
place.
connue par M. de Blainville, d'apres la coloration plus grande de la face inférieure de l'animal et de sa coquille, avant qu'elle eût été confirmée par l'observation directe.
Le genre Hyale est, dans le groupe des Ptéropodes, celui qui paraît contenir jusqu'à présent le plus d’espèces ; le nombre de celles qui ont été signalées par les différents voyageurs s'élève à plus de vingt; mais plusieurs de ces espèces n’ont été établies, comme nous le verrons bientôt, que sur de simples variétés ou n'ont pas encore été caractérisées d’une manière suffisante. M. Rang en a fait connaître une espèce à l’état fossile et M. Cantraine dit aussi avoir constaté la présence d’Hyales fossiles dans les marnes des
collines subapennines et dans le calcaire supérieur de Sicile (1).
(4) Malacologie méditerranéenne, pag. 26.
PTEROPODES. 437
HYALE TRIDENTÉE.
Hyalæa tridentata, Lamarck.
Anomia tridentata. Fonskaz, Faun. arab., pag. 124; et Icones, tab. x, fig. B.
Monoculus telemus ? Linwé.
Cavolina natans. AgixpGaarn, Soc. d’hist nat. de Copenhague, tom. I, tab. x.
Hyalæa cornea. Lamr., Syst. des an. sans vert., p. 140.
H. papilionacea, Borx DE SaiNT-ViNcENT, voy. tom. I, pag. 137, pl-°b fig 1, AP.
H. teniobranchia. Péron #T Lesueur, Ann. du Mus., tom. XV, pl. 3, fig. 13.
H. chemnitziana? Lxsueur, Bullet. pour la Soc. phil., n° 69,
pag. 284.
. Forskalii. De BLainviree, Dict. des sc. nat., tom. XXII, pag. 79. . Peroni. DE BLAINVILLE , id., pag. 80.
TT
. affinis. Arc. »’OrBieny, voy. tom V, pag. 914, pl. 5, fig. 6-10. PLANCHE 4, FIGURES 1-7.
Testa subglobosa, pellucida, fusco-cornea , infra globosa et anticé transversim striata, superné depressa et quinquecostata ; cuspide terminali lateralibus longiore, conico-acutä, ad apicem superne inflexä; aperturé transversä, angusté ; labro infero crasso, rotundato, in medio depresso ; labro dorsali anticé producto, trun-
cato, acuto, lateraliter emarginato, infra subinflexo.
Quoique cette coquille ait été décrite déjà un grand nombre de fois, nous croyons cependant que ses caractères n’ont pas encore été indiqués d’une manière suffisamment exacte.
Elle est subglobuleuse, translucide, d’une couleur jaune roussàtre , légèrement nuancée de rose en dessous, beaucoup plus pâle et presque blanche en dessus. Sa face inférieure, fortement bombée, est un peu rentrante à sa partie antérieure qui est marquée de stries transversales très-fines; sa face supérieure, plus déprimée, présente cinq côtes longitudinales qui convergent en arrière vers la pointe médiane, et aboutissent en avant à une espèce de bourrelet arrondi qui circonscrit cette face dans ce sens. Les fentes latérales, assez larges à leur partie moyenne par l'écartement des lames supérieure et inférieure de la coquille, sont interrompues en avant par une espèce d’articulation qui a lieu entre ces deux lames, la supérieure présentant une dépression dans laquelle est reçue une dent de l'inférieure. Les pointes latérales, peu prononcées, sont formées surtout par la saillie que fait la lame supérieure en débordant la supérieure ; la pointe médiane ou terminale, beaucoup plus longue, est légèrement courbée en dessus à son extrémité. L'ouverture, transversale, est étroite, surtout sur les côtés; le bord inférieur, épais et arrondi, est un peu réfléchi en dehors et présente une dépression assez marquée sur la ligne médiane ; le bord supérieur, tranchant, se prolonge en avant en une espèce de bec qui s’infléchit légèrement au-devant de l’ouverture.
L'animal présente tous les caractères extérieurs que nous avons assignés au genre. Ses nageoires sont gran-
des, trilobées à leur bord externe et séparées en avant
par une échancrure profonde qui vient se terminer à la bouche. Toute la partie supérieure de ces appendices est teinte d’une belle couleur violacée qui s’affaiblit graduellement vers leur circonférence. Les appendices latéraux du manteau présentent à leur extrémité une coloration brunâtre assez foncée.
Dimensions de la coquille :
millimètres Longueur totale, ........ TS SELS PISE HARPOUN EE oeccnucueece Ds ce 10 HAUTEUR RE A Tr RTE 8
Nous avons recueilli plusieurs individus de cette espèce dans l'océan Atlantique, par 12° de latitude sud ; nous en avons aussi trouvé, dans les mers de l’Inde et dans l'océan Pacifique, deux variétés caractérisées par des dimensions plus petites et par quelques différences dans la coloration. Nous rapportons, à celle de ces deux variétés que nous avons recueillie dans locéan Pacifique, l'espèce décrite par M. d'Orbigny, sous le nom à Hyale- voisine (H. affinis); celle-ci ne différerait, en effet, de l’Æyale tridentee (H. tridentata), que par des dimensions plus petites et par quelques caractères de l'animal qui, en les supposant exacts, ce qui ne s'accorde pas avec nos observations, ne seraient pas suffisants pour justifier l'établissement de cette espece.
HYALE A CROCHET.
Hyalæa uncinata, Rang.
Rance, Monographie des Ptéropodes (inédite), pl. 2, fig. 14-14,
PLANCHE 4, FicurEs 8-12.
Testa globulosa, hyalina, infra valdè curvata et anticé strus transversalibus impressa, superné depressa et quinquecostata ; spinis lateralibus acutis ; spinä terminali vel mediandä uncinatä ; aperturà
angustà, profundä, labro supers obtectä.
Cette espèce a beaucoup de rapports avec la précédente ; elle s'en distingue par son volume moins considérable, par sa forme plus globuleuse, par ses pointes latérales qui sont plus aiguës et par s2 pointe médiane qui est plus courte et fortement recourbée en forme de crochet; elle en diffère surtout par la disposition de la lèvre supérieure de l'ouverture qui est beaucoup moins saillante en avant et qui s’abaisse presque perpendiculairement au-devant üe cette ouverture.
Ses couleurs sont assez variables ; ainsi, tantôt elle est transparente ou hyaline, avec une légère teinte rosée qui est surtout marquée à sa face inférieure ; tantôt elle présente une coloration jaunâtre plus ou moins foncée , semblable à celle de l’yale tridentee.
L'animal présente les mêmes caractères que dans
cette dernière espèce ; toutes ses parties sont blanches ou transparentes, à l'exception de la masse viscérale qui est brunâtre. Les appendices latéraux du manteau sont ordinairement très-développés dans cette Hyale, et forment comme deux longues lanières qui débordent beaucoup la coquille en arrière.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
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Nous avons rencontré cette espèce dans toutes les mers ; nous l'avons surtout recueillie en grande quantité dans l’océan Atlantique. Ses dimensions sont toujours les mêmes ; elle présente seulement dans sa coloration les différences que nous avons indiquées.
HYALE GLOBULEUSE.
Hyalæa globulosa, Rang.
Ranc, Monographie des Ptéropodes , pl. 2, fig. 15-18.
Testa globosa, hyalina, infra perconvexa et antice transversim striata, superné quinquecostata; Spinis perbrevibus; labro supero brevi,
galericulato, ante aperturam inflexo.
Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente ; elle en diffère par sa forme encore plus bombée, par la disposition de la lèvre supérieure qui s’infléchit perpendiculairement au-devant de l'ouverture, et par le peu de saillie des pointes latérale et postérieure ; celle-ci ne forme plus qu'une petite épine qui se recourbe immédiatement vers la face supérieure.
Cette coquille est transparente, un peu rosée seulement en dessous, surtout à sa partie antérieure et le long des fentes latérales.
L'animal est entièrement semblable à celui des espèces précédentes ; il est d’un blanc transparent dans presque toutes ses parties.
Dimensions de la coquille :
millimètres.
Longueur totale..,.... Re DArTEUR Er ere ; FTauteur trie
Cette espèce parait beaucoup plus rare que les précédentes; elle n’a été signalée encore que par M. Rang qui en a donné une figure dans sa Monographie inédite des Ptéropodes. Nous en avons rapporté six individus seulement de notre voyage ; nous les avons recueillis dans les océans Indien, Pacifique, Atlantique, et dans les mers de la Chine. Cette espèce paraît donc
appartenir à toutes les mers, comme celles qui précedent.
HYALE BOSSUE.
Hyalæa gibbosa, Rang.
Hyalæa flava, d'OrBienx, voy., tom. V, pag. 97, pl. 5, fig. 21-25. PLancxe 4, Fiqures 13-19.
°. . . “ . . \ . Y Testa ovata, inflata, hyalina, infra gibbosa et anticé striata, supernè curvata et quinquecostata; spinis lateralibus brevibus et latis ; spinà medianä, longiore, acut& et recurvé ; aperturä angustä ; la=
bro supero productiusculo, anté aperturam inflexo.
Cette espèce offre encore beaucoup d’'analogie avec les précédentes; elle s’en distingue par sa forme un peu plus oblongue et presque aussi bombée en dessus qu'eu dessous, et surtout par la saillie anguleuse ou l'espèce de gibbosité qu’elle présente dans ce dernier sens, en avant. La face supérieure est aussi marquée de cinq côtes, mais ces côtes se prolongent jusqu'au bord antérieur de la coquille. La lèvre supérieure, moins saillante que dans l’Æyale tridentée, s'abaisse un peu au-devant de l'ouverture comme dans les deux espèces qui précèdent. Les pointes latérales sont courtes et larges ; la pointe médiane, beaucoup plus longue et plus étroite, est assez fortement recourbée en crochet.
Cette coquille est transparente dans toute son étendue; ses bords latéraux présentent seulement, dans la plupart des individus, une légère bordure rose.
L'animal est semblable à celui des espèces déjà décrites ; il est d’un blanc transparent dans toutes ses parties; la masse viscérale seulement est verdâtre; les bords de la bouche sont aussi légèrement colorés
en rose.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
Ponpueurétotales icone eos 11 ATOUT A ace to en 6 ÉTAGES a ra ee le nes 6
Nous avons recueilli cette espèce en assez grande quantité dans l'océan Atlantique; nous l'avons aussi retrouvée, mais plus rare, dans les mers de la Chine et dans l'océan Pacifique. Les dimensions que nous venons de donner sont celles des plus grands individus; dans ceux qui présentent des dimensions moindres, et que nous considérons comme des individus plus jeunes, la saillie anguleuse ou la gibbosité que la face inférieure présente en avant est un peu plus prononcée; c'est sur cette variété d'âge que l'espèce a été établie (1), ce qui a porté quelques naturalistes à faire une espèce différente de l’âge adulte. Ainsi l'espèce décrite par M. d'Orbigny sous le nom d’Æyale Jaune (H. flava), nous paraît n'être, d’après les dimensions que ce naturaliste lui assigne, que l’âge adulte de l’'Hyale bossue (H. gibbosa), et nous la rapportons sans hésitation à celle-ci; les autres carac-
(1) Elle a été établie par M. Rang, dans la monographie inédite que nous avons déjà citée. (PI, 10, fig. 3-4.)
Bonite. — Zool. Tome IT, Partie I. 10
téres d'apres lesquels M. d'Orbigny a proposé cette espèce, savoir, la coloration jaune de l'animal et la grandeur moins considérable des nageoires, ne nous paraissent pas avoir une importance suffisante ; nous ajouterons, du reste, que, sur ce point, nos observations ne concordent pas avec celles de ce naturaliste, et que nous n'avons trouvé, dans les animaux de ces Hyales, aucune différence bien appréciable (1).
(4) Nous devons dire aussi que M. d’Orbigny indique à tort comme un des caractères différentiels de /’Hyale jaune (H. flava), d'être moins grande que l'Hyale bossue (H. gibbosa), car il établit précisément le contraire dans les dimensions qu'il assigne à ces
deux espèces.
CS
HYALE A QUATRE DENTS.
Hyalæa quadridentata, Lesueur.
Dr Braiwvirre, Dict. des sc. nat., tom. XXII, pag. 81. PLANCHE 4, FIGURES 25-32.
Testa globulosa, inflata, infra sub-levigata, superné quinque costata ; Jissis lateralibus margine crasso obtectis ; spinis lateralibus parvis, acutis ; cuspide terminali magnä, truncatä et lateraliter spinosé ;
labro supero ad marginem crasso et reflexo.
Cette espèce présente encore la plupart des caractères de celles qui précèdent; mais elle s’en distingue d’une manière marquée par le bord supérieur de l’ouverture qui, au lieu d’être tranchant, forme un bourrelet épais, arrondi, réfléchi en dessus et se prolongeant jusqu'aux extrémités des fentes latérales qu'il recouvre en grande partie; elle en diffère surtout par la pointe terminale ou médiane qui est trèsgrande et toujours tronquée, ce qui donne au bord postérieur de la coquille l'apparence d’un bord armé de quatre pointes ou quadridenté. Cette troncature de l'extrémité postérieure, qu'on trouve sur les plus jeunes individus, est fermée par une espèce de diaphragme de même nature que la coquille.
Les couleurs de cette espèce sont très-variables ; elle est souvent tout à fait transparente ou colorée en
rouge brun aux bords de louverture; nous avons recueil, dans les mers de l'Inde et de la Chine quelques individus dont la coquille entière présente cette dernière coloration ; d’autres enfin ont une couleur jaunätre plus ou moins foncée.
L'animal diffère de celui des espèces précédemment décrites par la forme des nageoires qui sont bilobées et distinctes du lobe intermédiaire, comme dans les Cléodores; c’est à tort que M. d'Orbigny a révoqué en doute ce caractère qui avait été bien indiqué par M. de Blainville. Toutes ses parties sont d'un blanc transparent, à l'exception de la masse viscérale qui est
A 4] brunâtre.
Dimensions de la coquille :
millimeires.
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Telles sont les dimensions des plus grands individus ; mais, sous le rapport de la taille, cette espèce présente un grand nombre de variétés qui ne sont peut-être que des variétés d'âge. Ainsi, la plupart ont à peine un millimètre et demi ou deux millimètres de longueur, et, entre les individus de cette taille et ceux dont nous avons donné les dimensions, on trouve des variétés présentant presque toutes les dimensions intermédiaires. — Cette espèce est une des plus communes; nous l'avons recueillie en grande quantité dans toutes
les mers.
HYALE LONGIROSTRE.
Hyalæa longirostris, Lesueur.
De Bzaivize, Dict. des sc. nat., tom. XXII, pag. 81. Hyalæa limbatw, dOrbigny, voy. pag. 191, pl. 6, fig. 11-15.
PLANCHE 5, Ficures 7-13.
Testa triangularis, pellucida, pallidè violacea, infra semi-globosa et anticé sulcatu, surperné depressa et quinque costata ; costi medianä angulosä; spinis lateralibus magnis, triangulo-acutis, posticé uncinatis; cuspide median& parvd, compressä, truncatä et lateraliter spinosä; aperturä angustä ; labro supero anticé rostro
canaliculato terminato.
Cette Hyale a, dans son ensemble, un peu la forme d'un triangle; elle est très-bombée en dessous et marquée de sillons transverses antérieurement, comme dans les espèces précédentes ; sa face supérieure, plus aplatie, préseute également cinq côtes rayonnantes dont la médiane est légèrement anguleuse; mais elle se distingue facilement de ces espèces : par les pointes latérales qui sont très-grandes, triangulaires et un peu courbées en crochet à leur bord postérieur; par la pointe médiane qui est très-comprimée et toujours tronquée comme dans l’Hyale à quatre dents (H. quadridentata); enfin, par la forme singulière de la lèvre supérieure qui se prolonge antérieurement en un long
rostre creusé en gouttière inférieurement et bifide à
son extrémité. Cette lèvre est inclinée au-devant de l'ouverture qu’elle cache en grande partie; la lèvre inférieure est aussi fortement infléchie sur la face ventrale de la coquille, mais elle est beaucoup plus courte et terminée par un bord tranchant, présentant une légère échancrure sur la ligne médiane. Les pointes latérales sont presque entièrement formées par un prolongement de la lame inférieure.
Cette coquille est transparente et présente ordi-
nairement une légère teinte violacée.
L'animal a deux grandes nageoires trilobées, non distinctes du lobe intermédiaire qui est légèrement , / Q , 1° : . , échancré sur la ligne médiane. Les expansions latérales du manteau sont ordinairement très - développées. Toutes ces parties sont blanches et translucides; les bords de la bouche sont de couleur rosée ; la masse intérieure est violacée et brunître.
Dimensions de la coquille :
millimetres
Honoueur totale. 205... 7
Largeur (au niveau des pointes latérales). 5
HAUTEUR ER Sn een Re ee Ne 4
Mais les dimensions de cette espèce varient encore beaucoup; dans le plus grand nombre des individus, la coquille offre à peine une longueur de quatre à cinq millimètres. Nous croyons que ces différences dans la taille, qui coincident avec quelques autres différences dans les caractères de la coquille, tiennent à l’âge seulement; ainsi, dans les individus de petite taille,
PTÉROPODES. 151 les pointes latérales sont ordinairement beaucoup moins développées, et le rostre de la lèvre supérieure, moins proéminent aussi, se termine en pointe aigué et non bifide.
M. Alcide d'Orbigny a établi, sur quelques-unes de ces différences et sur d’autres caractères que présenterait aussi l’animal, une espèce distincte de l’Ayale longirostre, sous le nom d’Hyale bordée (Æyalæa limbata); mais, d’après ce que nous venons de dire de la coquille et d’après les observations que nous avons faites sur les animaux d’un grand nombre d'individus de toutes les dimensions, cette distinction ne nous paraît pas pouvoir être admise.
Nous avons représenté au trait une variété de cette espèce, qui en diffère d’une manière assez tranchée par la forme de la lèvre supérieure qui est plus courte et triangulaire, mais surtout par le peu de développement des pointes latérales qui sont à peine marquées ; cette variété, dont nous n'avons recueilli qu'un seul individu, est encore remarquable par la grande transparence de la coquille; pour tous ses autres caractères, elle ressemble à l’Æ/yale longirostre (pl. 5, fie 4)
Cette Hyale forme une des espèces les plus communes ; nous l'avons recueillie en très-grande quantité dans l'océan Atlantique et dans l'océan Pacifique ; nous l'avons aussi trouvée dans les mers de l'Inde et de la Chine.
HYALE ANGULÉE. Hyalæa angulata, nobis.
Testa ovata, pellucida, infra convexa et anticé striata, superne depressa et quinque costata ; spinis lateralibus parvis, acutis, postice uncinatis; cuspide median& magnd, latè truncat ; labro supero
Jfornicato et in rostro brevi, truncato producto.
Cette Hyale se rapproche beaucoup de la précédente par l’ensemble de ses caractères; elle en diffère par ses pointes latérales qui sont beaucoup moins grandes, par la pointe médiane qui est au contraire plus large, et surtout par la disposition singulière de la lèvre supérieure qui est comme pliée sur elle-même, de manière à former une espèce de voûte saillante en dessus et en avant.
Cette coquille est entièrement transparente ou légérement jaunâtre.
L'animal est tout à fait semblable à celui de l'Æyale longirostre (H. longirostris); les nageoires présentent seulement à leur centre une tache jaunâtre. Toutes les autres parties sont blanches et transparentes, à l'exception de la masse viscérale qui est d'un Jaune brunûtre.
PTEROPODES. 153
Dimensions de la coquille :
millimetres, LoneuCuR Ole Sec eh 4 À LE RAT EC RS RE MIO NC RE ATEN PR 3 Le ENT CE RER ER MES
Cette espèce parait beaucoup plus rare que l'Ayale longirostre (H. longirostris); nous l'avons trouvée dans l'océan Atlantique, dans les mers de l'Inde et de la Chine. Elle ne nous a pas présenté des différences bien sensibles sous le rapport de ses dimen-
SIONS.
HYALE LISSE.
Hyalæa levigata, d'Orbigny.
D'Orsicxy, voy. pag. 110, pl. 7, fig. 15-19.
PLANCHE 5, Ficures 14-20.
Testa sub-rotundu, depressa, pellucida, infrà levigata, superne in medio unicostata ; spinis lateralibus brevibus, triangulo-acutis ;
cuspide terminali uncinatä; apertur& transversä, angustà.
Cette espèce diffère beaucoup de toutes celles que nous avons décrites jusqu'ici, par sa forme très-déprimée et régulièrement arrondie en avant. Sa face supérieure, légèrement convexe, est parfaitement lisse; l’inférieure présente une seule côte longitudinale et médiane qui se prolonge jusqu'à l'extrémité postérieure de la coquille. Les pointes latérales sont à peine marquées ; la pointe médiane est assez grande et courbée en crochet. L'ouverture se continue sans interruption avec les fentes latérales, l'espèce d’articulation que nous avons signalée dans les espèces précédentes n'’existant plus; les deux levres de cette ouverture , confondues avec les lames supérieure et inférieure de la coquille, dont elles ne sont plus distinctes, sont terminées par des bords arrondis et tranchants, le supérieur dépassant un peu l'inférieur.
Cette coquille est très-mince , d’une grande fragilité
et entièrement transparente.
L'animal a les deux nageoires plus allongées que dans la plupart des autres espèces , et légèrement trilobées; le lobe intermédiaire est peu étendu. Toutes ses parties sont transparentes, excepté la masse viscérale qui est jaunâtre et rosée dans quelques points. Les lobes latéraux du manteau sont peu développés.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
lonsueumiotalen tte... cire nn: 4 LÉ NOR RS DD OO OO CC 3 À À ÉNDIREL LD PPS ER 1
Cette espèce est rare, mais nous l'avons trouvée dans presque toutes les mers, dans l'océan Pacifique, dans les mers de l'Inde et de la Chine. Elle présente, dans la taille, des différences qui nous paraissent tenir encore à l’âge; la plupart des individus que nous avons recueillis ont à peine deux millimètres de longueur.
M. d'Orbigny, qui a fait connaitre le premier cette espèce, n'a pas indiqué la côte que présente la face dorsale ; sous tous les autres rapports, la figure que ce naturaliste en a donnée est exacte.
HYALE INFLÉCHIE.
Hyalæa inflexa, Lesueur.
Lesueur, Pull. pour la Soc. philomat., t. III, n° 69, pl. 5, fig. 4. Hyalæa elongata ? Lesueur, Dict. des Sc. nat., t. XXII, pag. 82. Hyalæa depressa. D’'Ormienx, voy. pag. 410, pl. 7, fig. 11-14.
PLANCHE 9, FiGurEs 21-26.
lesta elongata, conica, depressa, infra convexu et levigata, supernè tricostata ; spinis lateralibus parvis, compressis, acutis ; cuspide terminalé maximdä, elongatä, ad apicem supra recurv& et uncinatà ; aperturà ovalo=-tTansverst à labro énfero reflexo , aculo ;
labro supero sub-trianeulari, denticulato.
Dans cette espèce, la forme de la coquille s'éloigne d'une manière tranchée de celle des autres Hyales par le développement considérable de sa partie postérieure qui ne forme plus seulement une pointe médiane , mais est réellement le prolongement de la coquille, comme dans les Cléodores auxquelles elle fait le passage. Sa face inférieure est assez bombée et lisse; la supérieure, un peu plus aplatie, présente trois larges côtes qui, de l'extrémité postérieure, se rendent en divergeant jusqu'au bord antérieur. Les pointes latérales, petites et triangulaires, sont formées par les deux lames de la coquille qui est très-comprimée dans ce point. La pointe médiane ou terminale, qui
est tres-large à son origine, se prolonge en arriere,
PTÉROPODES. 157 en se rétrécissant graduellement, et se termine par une extrémité très-fortement recourbée vers la face dorsale. L'ouverture, un peu plus largement ouverte que dans les espèces précédentes, est séparée des fentes latérales par une articulation semblable à celle dont nous avons déjà parlé; la lèvre inférieure, infléchie en dessous, est triangulaire et tranchante sur son bord; la supérieure, beaucoup plus grande que la précédente qu'elle déborde en avant et sur les côtés, a également une forme sub-triangulaire et se termine par un bord denticulé.
Cette coquille est d’un blanc hyalin; sur quelques individus la lèvre inférieure présente une petite bordure rose.
L'animal a ses deux nageoires assez larges, légèrement trilobées et réunies en arrière par un lobe intermédiaire très-étroit. La masse viscérale est colorée en vert brun et en rouge pourpre; les bords de la bouche sont rougeûtres ; tout le reste de l'animal est d'un blanc transparent.
Les appendices latéraux du manteau s’échappent par les fentes latérales de la coquille ; mais ils paraissent moins développés que dans les espèces globuleuses dont nous avons déjà donné la description.
Dimensions de la coquille :
millimètres.
Lonpueutiotale., eee 6 PAPER SP eee NET 6:
AU LEUR RE CD Le 2
Nous n'avons trouvé cette espèce que dans l'océan Atlantique où nous l'avons recueillie en assez grande quantité. Elle n'offre pas de variations bien sensibles sous le rapport de la taille.
Nous croyons qu'il faut rapporter à cette espèce celle que M. d’Orbigny a fait connaître sous le nom d’yale déprimée (Hyalæa depressa) et qui nous parait n'être qu'un jeune individu dont la partie antérieure de la coquille n’était pas encore formée; nous émettons cette opinion d’après l'examen que nous avons pu faire d'individus tout à fait semblables. (PL 5, fig. 25.)
C’est peut-être encore sur celte variété d’âge que Lesueur a établi l'espèce qu'il a désignée sous le nom d’Hyale allongée (H. elongata), et dont M. de Blainville a donné une courte description à l'article Hyaze
du Dictionnaire des Sciences naturelles.
HYALE LABIÉE.
Hyalæa labiata, d'Orbigny.
D'Orsicxy, voy. tom. V, pag. 104, pl. 6, fig. 21-25, PLaNcHEe 5, Fieures 27-32.
Testa oblonga, inflata, hyalina, infra convexa et levisata, supra costé median& et longitudinali orratd ; spinis lateralibus IMASNES ; cuspide terminali valdè arcuatä ; aperturé ovato-transversd ; labro
supero triangulari, acuto, denticulato.
Cette espèce a beaucoup d’analogie avec la précédente; elle en diffère par sa forme plus globuleuse, moins allongée, par la grandeur des épines latérales et par le développement moins considérable de sa partie postérieure. Sa face supérieure ne présente plus aussi qu'une seule côte médiane et longitudinale. L'ouverture est comme dans l’Ayale infléchie (H. inflexa); les lèvres sont triangulaires, aiguës, denticulées sur les bords.
Cette coquille est blanche, transparente; elle offre, sur la plupart des individus, deux points d'un brun rougeñtre sur les côtés de la bouche et une tache de même couleur sur la lèvre inférieure; la pointe médiane et postérieure présente aussi, sur ses côtés,
une petite bande rougeitre.
L'animal est semblable, pour la forme et pour les
couleurs, à celui de l'espèce précédente : les nageoires sont seulement un peu plus grandes.
Dimensions de la coquille :
millimètres,
Longueur totale. .... A ARRET Re RO 7 Largeur... see A 4 HauteuRs en Et er ROSE NET CEE ie 2
Nous avons trouvé cette espèce dans toutes les mers; elle n’est cependant pas très-commune.
Parmi les individus que nous avons recueillis, nous en avons trouvé un dont les pointes latérales sont très-petites et les bords de l'ouverture moins allongés et moins aigus ; nous croyons devoir l'indiquer comme pouvant former une variété (pl. 5, fig. 31).
PTEROPODES. 161
HYALE A TROIS POINTES.
Hyalæu trispinosa, Lesueur.
DE BLainvizze, Dict. des Sc. nat., tom. XXII, pag. 82. Hyalæa mucronata, Quox et GarmarD, Ann. des Sc. nat., tom. X,
pag. 231.
PLANCHE 6, Fiqures 1-10.
Testa subtriangularis, depressa, pellucida, infra convexa et lateraliter unicostata, supernè quinqué costata ; spinis lateralibus longis, acutis, canaliculatis; cuspide terminali longissimä, rectà ; aperturé angustä, transversalé; labro infero truncato ; labro supero
antice rotundato.
Cette espèce se distingue facilement par sa forme sub-triangulaire et très-déprimée, par la longueur de ses pointes latérales qui sont canäaliculées et se dirigent presque directement en dehors, et surtout par la pointe médiane qui se prolonge en arrière en une longue épine droite, trés-étroite, terminée par un petit renflement au sommet. Sa face inférieure, assez bombée, est lisse et circonscrite latéralement par deux petites côtes qui suivent le contour de la coquille; sa face supérieure présente cinq côtes rayonnantes dont la médiane est moins distincte et un peu saillante en forme d’arête. La bouche est trèsétroite et en forme de fente transversale; la lèvre inférieure, comme tronquée, est un peu dépassée par
Bonite, — Zool. Tome Il. Partie I, {il
la lèvre supérieure qui est arrondie; ces deux lévres sont courtes, terminées par des bords mousses, et légèrement infléchies sur la face inférieure de la coquille.
Cette coquille est ordinairement bordée d’une bande d’un brun rougeñtre qui est très-intense sur les bords de l'ouverture et le long des fentes latérales; cette bande se prolonge postérieurement sur les côtés de la pointe médiane , dans une partie de son étendue; les pointes latérales et la partie centrale de la coquille sont transparentes.
L'animal a deux longues nageoires bilobées et réunies postérieurement par un lobe intermédiaire qui est demi-circulaire, comme dans les Cléodores ; il est assez vivement coloré dans ses parties centrales et autour de la bouche; sur quelques individus, les nageoires présentent en avant une tache d’un brun
Jjaunûtre.
Dimensions de la coquille :
millimetres, Lonsueur totales 4 )EN INSEE RIre 41 Harper 3er nR eee Las fe 8 Hauteur MES dass re at RER Te x:
Cette espèce est une des plus communes; nous 14 illi grand ité d avons recueillie en assez grande quantité dans l'océan Atlantique ; elle nous à paru plus rare dans les autres mers.
Nous considérons comme une simple variété de l'Hyale que nous venons de décrire, celle que M. d’Orbigny a cru pouvoir en distinguer sous le nom de
Mucronée (H. mucronata), donné originairement par MM. Quoy et Gaimard à l’Æyale à trois pointes, et qui ne diffère en effet de celle-ci que par des dimensions un peu plus grandes, par une forme un peu plus déprimée et par ses pointes latérales qui sont moins larges et moins divergentes (pl. 6, fig. 7, 8, 9 et 10); le caractère sur lequel M. d'Orbigny a cru devoir établir surtout cette espèce, la présence de stries transverses sur les deux faces de la coquille, ne nous a pas paru aussi marqué que le dit ce naturaliste et pouvoir former un caractère spécifique.
Cette Hyale présente la particularité singulière d'être souvent recouverte, dans toute l’étendue de la coquille, d’une espèce de polvpier du genre campanulaire; M. Rang a déjà indiqué ce fait sur la figure qu'il en a donnée, dans sa monographie inédite des Ptéropodes.
La pointe terminale présente aussi intérieurement, comme l’a indiqué M. d'Orbigny, une petite cloison transversale qui sépare sa cavité de celle de la coquille ; cette pointe n’est pourtant pas tronquée ordinairement, ainsi qu’on le trouve dans les espèces qui présentent cette particularité.
[er] ré
Gewre CLÉODORE. — Cleodora,
Péron et Lesueur.
Péron et Lesueur ont établi ce genre, dans leur Histoire de lu famille des Ptéropodes, pour y ranger les petits Mollusques testacés que Brown avait décrits sous le nom de Clos, dans son Histoire de la Jamaique, et qui avaient été expulsés depuis de ce dernier genre par les changements successifs qu'y avaient introduits Pallas et Bruguières. Adopté d’abord par Lamarck, ce genre l’a été depuis par presque tous les zoologistes.
L'organisation des Cléodores a été étudiée par MM. Rang, Quoy et Gaimard , et, plus récemment, par M. Van Beneden; mais, malgré les détails donnés à ce sujet par les zoologistes que nous venons de citer, il n’a pas été possible encore de pronencer d’une manière définitive sur la valeur de ce genre que quelques auteurs considèrent comme devant être réuni au genre Hyale. La connaissance complète de ces Mollusques pouvant seule faire cesser cette incertitude, nous avons apporté le plus grand soin à leur étude, et, comme on le verra par nos dessins, nous n'avons pas borné nos recherches à une espèce seulement, mais nous avons examiné successivement la plupart des espèces qui composent le genre.
Description extérieure.
L'animal des Cléodores présente, dans ses caractères extérieurs, la plus grande ressemblance avec celui des Hyales.
La tête et les nageoires sont disposées de la même manière; ces derniers appendices sont seulement moins larges et divisés en deux lobes, au lieu d'être trilobés comme dans les Hyales (1); ils sont aussi distincts du lobe intermédiaire à leur origine, ce qui peut servir encore à distinguer extérieurement les Cléodores des Hyales (pl. 10, fig. 3, 5, et pl. 11, fig. 1, 4,5).
La partie postérieure ou abdominale , qui est recouverte par la coquille, offre également une disposition tout à fait analogue à celle qui existe chez les Hyales ;
comme dans celles-ci, le manteau est fort mince dans toute son étendue, si ce n'est vers les bords qui cor-
respondent à l'ouverture de la coquille, et à sa partie inférieure où il présente encore celte espèce de bouclier qui circonscrit la cavité des branchies. Enfin, à la partie supérieure, l’on voit aussi de petits cordons blanchätres qui se portent obliquement de chaque côté vers les bords libres du manteau, et qui sont formés par de petits faisceaux musculaires semblables
(4) Nous verrons plus loin que, dans quelques espèces appartenant au sous-genre Créséis de M. Rang, les nageoires offrent un
troisième lobe très-petit sur leur bord antérieur où interne.
à ceux que nous avons décrits dans le manteau des Hyales (pl 10,154, 97)
M. Van Beneden, qui n'a pas reconnu l'existence de ces faisceaux musculaires dans les Cléodores, a cru que, chez ces Mollusques, le manteau n'offrait également pas les deux lèvres ou feuillets qui correspondent, dans les Hyales, aux fentes latérales de la coquille ; mais cette différence n'est qu'apparente, et le manteau ne présente ici que des modifications semblables à celles de la coquille. En effet, si l'an étudie cette dernière d’une manière comparative dans les deux genres, on voit que les fentes latérales de la coquille des Hyales, tendent à devenir antérieures dans les Cléodores, et finissent même par se confondre avec l'ouverture antérieure de la coquille, de manière à ne plus former avec celle-ci qu'une seule ouverture transverse et presque droite ; par une transformation semblable et nécessaire, puisque la coquille traduit toujours d’une manière exacte la forme du manteau, les deux levres latérales que ce manteau présente dans les Hyales, deviennent antérieures chez les Cléodores, et se continuent directement avec les bords qui circonscrivent son ouverture antérieure , comme si celle-ci se prolongeait dans leur intervalle ; aussi, celte ouverture antérieure du manteau est-elle bien moins étendue que celle de la coquille, et correspond seulement à la partie médiane et renflée de celle-ci (pl. 10, fig. 3).
Cependant, cette disposition n'est bien marquée que dans les espèces de Cléodores dont la coquille
est plus ou moins déprimée ou dilatée sur les parties latérales de son ouverture ; à mesure que cette forme disparaît, et que la coquille tend à prendre celle d'un cône , sans angles latéraux , ces lobes du manteau deviennent de moins en moins distincts, et finissent même par disparaitre tout à fait dans les dernières espèces du genre, les Cléodores aciculee et virgule (C. acicula et virgula), chez lesquelles le manteau n offre plus en avant qu’une ouverture circulaire tout à fait semblable à celle de la coquille ( pl. 11, fig. 1, 2,401)
Mais si, comme nous venons de le faire voir, l’on retrouve dans la plupart des Cléodores les deux levres qui bordent les parties latérales du manteau dans les Hyales, il n'en est pas de même des appendices qui sont placés dans l'intervalle de ces levres, et qui présentent un si grand développement chez ces dernières; nous ne les avons jamais rencontrés dans les Cléodores , de sorte que leur absence nous parait former un des caracteres distinctifs de ce dernier genre.
Les bords libres du manteau présentent, comme dans les Hyales, des touffes de cils vibratiles, et la masse des viscères est également recouverte d'une espèce de membrane péritonéale très-fine.
(4) Nous avons cependant presque toujours vu, dans ces especes, le bord du manteau former, sur un des côtés, un petit prolongement enroulé, comme le montrent nos figures.
Description intérieure.
Organes de la digestion. — L'appareil digestif est entièrement semblable à celui des Hyales. Dans les espèces très-allongées, l'œsophage présente seulement une longueur proportionnelle à celle de l'animal, et l'intestin, au lieu de venir s'ouvrir près du bord libre du manteau, reste plus ou moins profondément caché au fond de la cavité branchiale. On trouve aussi, dans la forme de l'ouverture buccale et des replis labiaux qui la bordent, quelques modifications que nous avons indiquées sur nos figures
(pl: 10, ie.8,84 441400 et pl: 11h88 167800)
Organes de la respiration. — Ces organes n'ont pas encore été reconnus dans les Cléodores; M. Rang, qui a publié quelques détails sur l’organisation de ces Mollusques, n’a donné aucune indication à ce sujet ; la partie que MM. Quoy et Gaimard ont cru être la branchie, n’est évidemment, d’après la figure qu'ils en ont donnée, que cette espèce d’écusson ou de bouclier que le manteau forme à sa partie inférieure, et qui, dans quelques espèces, présente des stries serrées et régulières qu'on a pu prendre pour un réseau vasculaire (pl. 10, fig. 31); M. Van Beneden nous semble avoir commis la même erreur dans la détermination qu'il a donnée plus récemment des organes branchiaux dans les Cléodores.
Cet appareil est situé, comme dans les Hyales, au
plafond d’une cavité que le manteau circonscrit en dessous, et sur les côtés de la masse viscérale; sa disposition générale est aussi tout à fait semblable, c'est-à-dire qu'il forme autour de cette masse viscérale une espèce de fer à cheval dont les branches se prolongent sur les côtés, jusqu’à peu de distance du bord antérieur du manteau. Mais cet appareil diffère beaucoup de celui des Hyales par sa disposition parfaitement symétrique, et surtout par sa structure anatomique ; il est en effet composé de deux parties tout à fait semblables à droite et à gauche, et se réunissant en arrière sur la ligne médiane; sa structure est aussi bien différente, car on ne trouve plus ici la disposition lamellée que nous avons décrite dans les Hyales, mais une simple membrane adheérente par un de ses bords, libre dans le reste de son étendue, et faisant saillie dans la cavité branchiale. C'est sur cette membrane que viennent se ramifier les vaisseaux branchiaux; lorsqu'on lexamine à un grossissement un peu fort, on voit ces vaisseaux former un réseau très-serré à sa surface (pl. 10, fig. 3,
Organes de la circulation. — Y'artère et la veine branchiales nous ont paru occuper également le bord adhérent de la branchie. Le premier de ces vaisseaux est peu apparent et semble constitué, moins
(1) En examinant cette membrane à la lumière directe, nous avons Cru voir aussi à sa surface un grand nombre de petits points
saillants, couverts de cils vibraüles (vov. la fig. 19).
par un seul tronc, que par une série de veines qui viennent se ramifier isolément dans la membrane branchiale. La veine branchiale, au contraire, est volumineuse et formée de deux troncs principaux dont la disposition est la même que celle de l’appareil branchial ( pl. 10, fig. 19, 20, g.)
Le cœur est placé, comme dans les Hyales , du côté gauche; il est également enveloppé d'un péricarde lâche et fort mince, à travers lequel se voient, par transparence , l'oreillette et le ventricule qui sont aussi disposés de la même maniere, et présentent une organisation tout à fait semblable ; mais l'oreillette communique avec une poche pyriforme qui est appliquée contre la paroi inférieure du manteau à laquelle elle adhère d’une manière intime. Nous avons déjà cherché, dans nos généralités , à donner l'explication physiologique de cette organisation particulière (pl. 10,
He1,2088 1m étpl Hi, eee 412207:
Organes de la génération. —%a disposition générale de cet appareil est la même que dans les Hyales. L'ovaire ou plutôt l'organe hermaphrodite, dont la forme est en rapport avec celle de la coquille, est également composé de deux parties superposées, et constitué par des plaques empilées les unes à la suite des autres. L'oviducte, qui en sort en avant, est d’abord très-mince et se renfle ensuite dans une portion variable et plus où moins étendue de son trajet. Ce renflement est formé, comme dans les Hyales, par une matière
granuleuse blanchätre qui en épaissit beaucoup les pa-
PTÉROPODES. 4171 rois ; mais il n'offre jamais d'appendice cœcal à sa partie postérieure (1). Après s'être rétréei de nouveau et s'être porté du côté droit, en croisant l'œsophage, l'oviducte vient se jeter dans un canal plus large dont les circonvolutions serrées forment, comme dans les Hyales, cette masse globuleuse que nous avons considérée comme la matrice (pl. 10, fig. 4, 5, 34, 39, HLetpl Me. 36, 7,0, 2,242)
La dernière portion du second oviducte ou le vagin offre, dans quelques espèces de Cléodores, la même disposition que dans les Hyales, c'est-à-dire que cette partie longe le côté droit de l'animal pour venir se terminer à l’origine et sur le bord postérieur de la nageoire correspondante; un repli cutané trèsfort , qui forme quelquefois inférieurement une bride saillante, la fixe aux parties voisines, et se prolonge ensuite jusqu’à l’orifice de la verge (pl. 10, fig. 3, #, 5, d, 0!). Dans d’autres espèces, ce vagin est trèscourt, et se trouve presque confondu avec la masse globuleuse formée par la matrice; dans ce dernier cas , il est toujours fixé par un repli de la peau qui forme une espèce de lèvre sur son ouverture (pl. 10, fig. 34, 35, o!). Enfin, dans les espèces à coquille très-allongée , cette partie offre une longueur proportionnelle, pour venir aboutir à la racine de la nageoire droite (pl. 41, fig. 3,5, 6, d, 0').
(4) Dans une seule espèce, la Cléodore alène(C. subulata), nous avons trouvé cet appendice placé à l'extrémité antérieure de l’oviducte qui n’offre pas de renflement sur le reste de son trajet (voy. la pl. 11, fig. 7,3 et z').
A cette portion de l'appareil générateur est annexée, comme dans les Hyales, une vésicule à long col qui est très-apparente dans quelques espèces, et qui se trouve enchàssée dans les circonvolutions de la matrice (pl:410,1%8,84,85/ 41020):
La verge est plus longue que dans les Hyales et d'une forme un peu différente; assez grosse près de son orifice , elle s’amincit beaucoup ensuite, et, après avoir formé plusieurs replis, elle se termine par une masse ovale, de nature presque cartilagineuse; telle est du moins la forme que nous avons trouvée dans quelques espèces, entre autres la C/odore bourse (C. Balantium). Ses parois sont également composées de plusieurs plans de fibres musculaires luisantes et diversement entrecroisées. Enfin, elle est pourvue d'un muscle rétracteur grêle qui vient s'attacher à sa partie postérieure.
Système musculaire. — Ce système présente une disposition tout à fait semblable à celle que nous avons décrite dans les Hyales. Le muscle columellaire offre quelquefois une longueur considérable qui se trouve alors en rapport avec l'allongement de la partie postérieure de l'animal et de la coquille.
Système nerveux. — Ce système est encore entièrement semblable à celui des Hyales; la différence que M. Van Beneden dit avoir trouvée dans le ganglion buccal qui, d’après sa description et ses figures, serait représenté par deux ganglions distincts et sépa-
rés, nous semble tenir à ce que cet anatomiste a pris,
PTÉROPODES. 173 pour ces ganglions, les deux petits grains blanchâtres que forment les glandes salivaires.
Le genre Cléodore a été adopté par Lamarck, et, à son exemple, par la plupart des naturalistes, d’après l’idée inexacte que l’on s'était d'abord formée de ses caractères; depuis que les observations de MM. Rang, Quoy et Gaimard, etc., ont fait voir que les Mollusques qui le constituent, bien loin de ressembler aux Clios, comme on l'avait cru d’après les détails donnés par Brown, offrent la plus grande analogie avec les Hyales, quelques auteurs ont proposé de les confondre avec ces derniers Mollusques, dans un seul et même genre. On peut voir, en effet, par la description qne nous venons d’en donner, que la plupart des caractères zoologiques et anatomiques que nous avons assignés aux Hyales conviennent également aux Cléodores ; ces dernières présentent cependant, dans l’animal comme dans la coquille, quelques différences qui peuvent justifier leur séparation en un genre distinct, si l’on n’accorde pas aux coupes de cet ordre une trop grande valeur.
Ces différences se trouvent, pour l'animal, dans la forme des nageoires qui sont plus allongées, toujours bilobées et distinctes du lobe intermédiaire à leur origine (1); dans l'absence des appendices latéraux
(4) Cette forme des nageoires n’est pourtant pas propre aux Cléodores seulement, car nous avons vu que quelques espèces du genre Hyale, les Hyales quadridentée et à trois pointes (H. quadridentata et trispinosa), la présentent également.
du manteau; enfin, surtout, dans la conformation particulière du cœur, ainsi que dans la disposition et la structure des branchies.
Quant à la coquille, quoique les deux genres semblent se confondre sous ce rapport, lorsqu'on étudie la série des espèces qui les composent , l’on peut trouver encore, dans sa forme, des caractères suffisants pour les distinguer; ainsi elle est plus triangulaire dans les Cléodores, et son ouverture est aussi large que sa cavité, ce qui, comme nous l'avons déjà dit, n’a pas lieu dans les Hyales dont la coquille est toujours plus étroite et comme contractée à son ouverture.
M. Rang a divisé le genre Cléodore en trois sousgenres, savoir : les Cléodores proprement dites, les Créséis et les Triptères.
M. Rang a compris dans le second de ces sousgenres, celui des Créséis, les Cléodores à coquille conique et très-effilée; mais ces espèces se lient aux Cléodores proprement dites par des nuances tellement graduées qu'il n’est guère possible d'établir une limite entre elles. Quant au caractère assigné par cet auteur à l’animal des Créséis, et qui consisterait dans un r#nanteau non dilaté sur les côtés, 11 ne différencie en rien d’essentiel celles-ci des Cléodores proprement dites, puisqu'il n’est que la conséquence des modifications survenues dans la forme de la coquille, modifications que le manteau traduit toujours d’une manière exacte (1).
Parmi les espèces comprises par M. Rang dans son
(4) Avant M. Rang
y, Lesueur avait déjà proposé le genre
sous-genre des Créséis, il en est pourtant quelquesunes, les C. acicula et virgula, qui présentent réellement dans la forme des nageoires, et dans quelques autres points de leur organisation, des particularités qui font de ces espèces un petit groupe bien distinct.
Le troisième sous-genre renferme les Triptères de MM. Quoy et Gaimard , Mollusques sur lesquels on n'a pu avoir Jusqu'à présent des renseignements suffisants et qui nous paraissent devoir être rapportés au genre Cuviérie.
Les Cléodores sont, comme les Hyales, répandues dans toutes les mers; mais elles ne paraissent plus confinées seulement dans les mers des régions tropicales ou des zones tempérées; certaines espèces atteignent même des latitudes très-élevées : ainsi, nous avons recueilli dans les mers du cap Horn une espece, la C. australis, qui paraît y être très-commune; les naturalistes du dernier voyage de l’4strolabe ont également rencontré, au milieu des glaces du pôle sud, une grande et belle espèce qui nous a paru trèsvoisine de la C/éodore bourse (C. balantium), mais qui en diffère surtout par des couleurs très-vives.
Les Cléodores se prêtent aux mêmes considérations que les Hyales sous le rapport de leurs mœurs et de leurs habitudes.
Sryuioze pour les Cléodores à coquille conique et très-allongee. (Voir le Manuel de Malacologie de M. de Blainville, pag. 65.)
CLÉODORE CUSPIDÉE.
Cleodora cuspidata, Bosc.
Hyalæa cuspidata , Bosc, Coq., tom. II, pag. 238, pl. 9, fig. 5-7. Clecdora Lessonii, RaAnc, Monographie inédite.
Cleodora quadrispinosa? Raxc, Monog. inéd.
Cleodora cuspidata, Quox et Garmarp, Zool. de lAst., pl. 27,
fig. 1-5.
Prance 6, Ficures 11-16.
Testa rhomboidalis, pellucida , fragilissima , anticè rostrata , posticè uncinata, lateraliter compressa et cuspidibus longis, acutis, canaliculatis instructa ; infra, in medio convexa et levicata, lateraliter oblique sulcata ; superné, carinata, costis lateralibus ornata et sulcis obliquis impressa ; apertur& triangulari ; labro infero rotundatim truncato ; labro supero triangulari ,
anticé rostro prælongo et acuto terminato.
Cette Cléodore présente des caractères remarquables qui la distinguent facilement de toutes ses consénères. Elle a, dans son ensemble, la forme d’un losange dont l’angle antérieur se prolonge en une longue pointe; les angles latéraux se terminent également par deux longues épines dirigées en dehors et un peu en avant, et creusées d’une rainure qui est comme le prolongement de l'ouverture; l'angle postérieur, formé par l'extrémité terminale de la coquille, est recourbé en dessus, et se termine par un petit renflement ovoiïde. La face inférieure, convexe et
lisse sur la ligne médiane, est fortement déprimée et marquée de sillons transverses sur les côtés. La face supérieure, comme carénée sur la ligne médiane ou parcourue dans ce sens par une arête longitudinale qui la divise en deux parties égales, présente en outre deux côtes latérales qui, de l'extrémité postérieure, se portent en divergeant jusqu’au bord antérieur de Fouverture; cette face est encore marquée dans toute son étendue de sillous transverses ou plutôt obliques dans le sens des stries d’accroissement. L'ouverture, de forme tiiangulaire et assez large en avant, se prolonge, en se rétrécissant, sur les côtés de la coquille, comme dans les Hyales auxquelles cette espèce fait le passage; la lèvre inférieure est tronquée et arroudie; la lèvre supérieure, qui déborde beaucoup la précédente, se prolonge en un long rostre formé par la carène de la face dorsale. Cette coquille est mince, très-fragile, et d'une
grande transparence dans toutes ses parties.
L'animal présente les caractères que nous avons assignés au genre, c’est-à-dire deux nageoires allonvées , bilobées, réunies à leur base par un lobe inter médiaire bien distinct et semi-circulaire. Les bords du manteau forment, sur les côtés, deux longs appendices tout à fait semblables aux pointes latérales de la coquille. La masse viscérale est colorée en vert et en rouge foncé; les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.
Bonite. — Zool. Tome IL. Partie I. 12
Dimensions de la coquille :
millimètres Longueur totale rer Per Re 16 Largeur (y compris les pointes latérales). ... 416 Id. (sans les pointes latérales). ....... 6 Hauteur-setéeece-ncr RO OR b)
Nous avons recueilli plusieurs individus de cette espèce dans l'océan Atlantique, par 8° de latitude nord, et par 22° de longitude ouest; tous nous ont offert une assez grande uniformité dans leurs dimensions et leurs autres caractères. Ces caractères Îne nous paraissent pas avoir été indiqués d’une manière suffisamment exacte dans les différentes figures qui ont déjà été données de cette Cléodore.
CLÉODORE LANCÉOLÉE.
Cleodora lanceolata, Lesueur.
Lesurur, nouv. Bullet. des Sciences , juin 1813 , tom. III, n° 69, pl, fi5- 3
Cleodora pyramidata, Péron et Lrsurur, Ann. du Mus., tom. XV, pl. 2, fig. 14.
PLancHE 6, Froures 17-25.
Testa rhomboidalis, pellucida, anticé acuta, postice cuspidata et ad apicem supra leviter inflexa, lateraliter compressa et triangulo-acuta, infrä in medio convexa, supernè carinata et costis lateralibus ornata ; apertur& triangulari s labro infero rotunda=
tim truncato ; labro supero triangulo-acuto.
Cette espèce ressemble à la précédente par beaucoup de ses caracteres ; elle en diffère par le développement moins considérable de sa partie antérieure et du rostre de la lèvre supérieure, par l'absence des pointes latérales, et par la courbure beaucoup moins prononcée de son extrémité postérieure; elle ne présente pas aussi les sillons transverses que l’on remarque sur les deux faces de la C/éodore cuspidee.
Cette coquille est entièrement transparente.
L'animal est tout à fait semblable, pour la forme et pour les couleurs, à celui de l'espèce précédente : les bords de la bouche présentent seulement une colo-
ration brunûâtre plus foncée. Le manteau 1r'offre plus
aussi des appendices latéraux aussi développés.
Dimensions de la coquille :
millimetres
Longueur 1014842 een At es 0215 LATE eee re uma ecrire 11 FLAUTEUT SNS A Pr CON Re AR A MAS D)
Cette espèce est une des plus communes ; nous l'avons trouvée dans toutes les mers.
La Cléodore pyramidale (Cleodora pyramidata) de Péron et Lesueur, que nous avons figurée sur la même planche (fig. 23, 24), nous semble n'être, d’après l'examen que nous avons pu faire d'un grand nombre d'individus, que le jeune âge de l'espèce que
nous venons de décrire.
CLÉODORE PLATE Cleodora compressa, nobis.
PLANCHE 6, Ficures 26-32.
Testa longe triangularis , valdé depressa, pellucida, anticé rotundatim truncata, posticè elongata et cuspidata, infrà et superné
, 5 5) cd plana et levigata ; apertur& transversali, angustissimà ; labris
æqualibus et acutis.
Cette espèce est remarquable par sa forme très-déprimée et tout à fait plate en dessus comme en dessous ; elle a, dans son ensemble , l'aspect d’un triansle isoceèle très-allongé, dont la base, légèrement arrondie, serait tournée en avant. On ne remarque, sur ses faces supérieure et inférieure, que des stries d’accroissement à peine marquées; sur les côtés, elle présente un bord aplati qui se prolonge, en se rétrécissant, jusqu'à son extrémité postérieure. L'ouverture est transversale et très-étroite; les deux levres qui la circonscrivent sont égales et terminées par des bords tranchants. La pointe postérieure présente à son sommet un petit renflement ovoide comme dans les espèces qui précèdent.
Cette coquille est parfaitement transparente.
L'animal est semblable à celui des Cléodores précé-
demment décrites ; 1l est transparent dans toutes ses
parties , si ce n'est à la bouche qui est rosée, et dans Il = / Q 9 L A a masse viscérale qui est d’un brun rougeûtre.
Dimensions de la coquille :
LOnSUEUrs sec EME ere à) ÉATPEUP I sou deco de drone enr 2 Hauteur, GEO Rs ne DRM RD Se ed » +
Cette Cléodore présente, sous le rapport de la taille, quelques différences qui nous ont paru tenir à l’âge; elle varie aussi un peu dans sa forme qui est plus ou moins évasée à la partie antérieure, où du côté de l’ouverture ; nous avons figuré une de ces variétés, qui a presque la forme d'un cône très-allongé et aplati (fig. 30).
Cette espèce est assez rare; nous n'en avons recueilli qu'un très-petit nombre d'individus dans
l'océan Atlantique.
PTEROPODES. 183
CLÉODORE DE CHAPTAL.
Cleodora Chaptalii, nobis.
Zesta triangularis , pellucida, postice incurva , transversim sulcata, infrà in medio convexa et lateraliter compressa, superné quinquecostata ; apertur& ovato-transversà, lateraliter angustà ; labris
acutis ; labro supero infero productiore.
Cette Cléodore est triangulaire, assez renflée dans sa partie médiane, comprimée sur les côtés qui forment un bord aigu s'étendant de l'ouverture Jusqu'à l'extrémité postérieure; celle-ci, terminée en pointe, est assez fortement recourbée en dessus. La face dorsale est ornée de cinq côtes qui se portent en rayonnant du sommet au bord antérieur de la coquille ; cette face et la ventrale sont marquées en outre de sillons transverses dans toute leur étendue. La bouche, assez grande dans le milieu , se rétrécit graduellement sur les parties latérales; elle est circonscrite par deux bords tranchants dont le supérieur déborde un peu l'inférieur.
Cette coquille est transparente et légèrement vio-
lacée.
L'animal a deux grandes nageoires bilobées, réu-
nies postérieurement par un lobe intermédiaire bien
distinct, comme dans les espèces précédentes; toutes
ses parties ont une couleur violacée très-foncée, excepté les nageoires qui sont blanches et transpa-
rentes.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
LONSNEUT ES Res ee nee che 19 Earseur.. 0" De tent est ee MC ee 16 HAUTEUR NE SUR ee Mn Do 5
Cette belle espèce, une des plus grandes du genre, paraît fort rare, car elle n’a été signalée encore par aucun naturaliste; nous n'en avons recueilli qu’un seul individu par le travers du cap de Bonne-Espérance.
CLÉODORE COURBÉE.
Cleodora curvata, nobis.
PLancHe 7, Ficures 6-10.
Testa triangularis, pellucida, posticé urncinata, levigata, infrée ct superné convexa ; aperturà transversali, angustà ; labris acutis ;
labro supero infero productiore.
Cette espèce a la même forme que la précédente ; elle en diffère par sa taille beaucoup plus petite, par l'absence de côtes et de sillons sur ses deux faces qui sont entièrement lisses, et enfin par la courbure plus prononcée de son extrémité postérieure.
Elle est entièrement transparente.
L'animal, semblable aussi à celui de l'espèce précédente, est transparent dans toutes ses parties, si ce n’est à la bouche qui est rosée, et dans la masse viscérale qui est d’un brun jaunâtre.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
LONPUEURE RER CRU SN dr ee 2 PAPREUR one ae nee ee des de ile À LE ET DUNELT | CCR RPISRREAN EEE PASSE € ER LS DOS APE DURE
Nous n'avons recueilli qu'un seul individu de cette
espèce dans l'océan Atlantique.
CLÉODORE BOURSE.
Cleodora balantium ; Rang.
RaxG, Magasin de zoologie, 1834, pl. 44.
PLANCHE 7, Ficures 11-16.
Testa oblongo-trigona, hyalina, posticeé supra inflexa, transversim sulcata, ir medio inflata, lateraliter compressa, superné tricostata ; aperturä ovato-transversä et utroque latere angust& ;
labro supero infero longiore.
Cette Cléodore se rapproche des deux précédentes par sa forme, mais elle est plus allongée et moins courbée à son extrémité postérieure qui se termine, comme les C{odores cuspidée et lancéolée, par un petit renflement ovoide. Ses bords latéraux, au lieu de former un angle aigu, sont aplatis, comme dans la Cléodore plate, et se prolongent également, en se rétrécissant progressivement, jusqu'à l'extrémité postérieure. La face dorsale est ornée de trois larges côtes longitudinales qui convergent vers cette extrémité. La face inférieure, bombée dans sa partie moyenne, est fortement déprimée sur les côtés. Des sillons transverses, et comme ondulés, se voient sur ces deux faces. La bouche, transverse et assez large sur le milieu, devient trés-étroite dans ses parties
latérales ; le bord inférieur est un peu débordé en
PTÉROPODES. 187 avant par le bord supérieur qui forme une pointe arrondie sur la ligne médiane.
Cette coquille est entièrement transparente.
L'animal est semblable à celui des espèces déjà décrites; les nageoires, qui sont assez larges, présentent à leur origine, autour de la bouche, une coloration rougeàtre qui s'étend aussi à tout le lobe intermédiaire ; la masse viscérale est colorée en vert et en rouge ; toutes les autres parties sont blanches et
transparentes.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
PORT Cr nee oem 28 PATRONS IAE RE ESTIMER RIM Ier 16 HaAULEUT. AR AN Rte LR TRES 8
Cette belle espèce, la plus grande du genre, parait assez commune dans l'océan Atlantique; nous en avons recueilli un assez grand nombre d'individus par 8° de latitude nord, et 22° de longitude ouest. — Dans les figures que MM. Rang et d'Orbigny en ont données, l’extrémité postérieure est représentée tronquée.
CLÉODORE RENFLÉE.
Cleodora inflata, nobis.
lesta triangularis ; pellucida, inflata, posticé supra tnflexu , transvcrsim sulcata, lateraliter compressa ; aperturà subrotunda ;
labro supero infero productiors.
Cette espèce ressemble à la précédente par sa forme; elle est seulement plus courte, plus renflée, et un peu plus rétrécie à sa partie postérieure ; elle en différe aussi par l'absence des trois côtes que la Clodore bourse présente sur sa face dorsale.
Elle est transparente et paraît très-fragile.
Nous n'avons pu observer l'animal de cette espèce, n'ayant trouvé que la coquille daus nos filets.
Dimensions de la coquille :
millimètres.
PODSUEUT LR 66. -- Sos eemoevuieees-re-cete 6 ÉAPBEUT, AS esters mehr der rane 4 MAUÉEUT SE De css dec clane et 0e culsmeec 3
Nous n'avons recueilli que deux individus de cette espèce dans l'océan Atlantique.
CLÉODORE AUSTRALE.
Cleodora australis, dOrbigny.
D'Orriexx. Voy. tom. V, pag. 117, pl. 8, fig. 9-11. PLANCHE 7, FIGURES 20-95.
Testa sub-conica, elongata, pellucida, fragilissima, anticé oblique truncata, posticé cuspidata et ad apicem subtus leviter inflexa , infrà concava, superné convexa et costà lonsitudinali in medio
ornata ; aperluré trianeulart ; labro supero producto et acuto. ? o
Cette Clécdore est sub-conique, allongée, convexe supérieurement, et ornée dans ce sens d’une côte longitudinale et médiane (1); elle est creusée en gouttière inférieurement dans sa moitié antérieure; son extrémité postérieure, marquée de sillons transverses très-fins, et légèrement infléchie vers la face ventrale, se termine par un petit renflement ovoiïde, comime dans la plupart des espèces que nous avons déjà décrites. La bouche, de forme sub-triangulaire, est oblique à l'axe de la coquille; elle est circonscrite par des bords tranchants dont le supérieur dépasse l'inférieur, et se termine en pointe plus où moins
aiguë sur la ligne médiane.
(4) Sur les côtes de cette côte médiane se trouvent deux autres petites côtes également longitudinales, mais qui ne sont bien marquées qu’à la partie antérieure,
Cette coquille est tres-fragile, et parfaitement transparente dans toutes ses parties.
L'animal est tout à fait semblable à celui des Cléodores cuspidée, lancéolée, etc.; la bouche, l’œsophage, et la masse viscérale sont d’une couleur rouge foncée, à travers laquelle on distingue la masse brunâtre du foie; la dernière portion de l'appareil générateur, qui fait saillie en avant, du côté droit, est d'une couleur rosée; toutes les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.
Dimensions de la coquille :
millimetres.
Longueur LOtAlE ST OR A ARRETE re nee 14 PAPERS Re eee serero credo 0bu 4 HAUTEUR EE RS se there ne 2
Cette espèce, que M. d’Orbigny a fait connaître le premier, paraît confinée dans les parages du cap Horn; nous l'avons recueillie en grande quantité dans l’océan Austral, par 48° de latitude sud, et 88’ longitude ouest. C’est à peu près dans les mêmes parages que M. d'Orbigny la rencontrée. Les dessins que ce naturaliste a donnés de la coquille, et surtout de l'animal, ne concordent pas entièrement avec nos propres observations.
CLÉODORE STRIÉE.
Cleodora striata, Rang.
Raxc, Ann. des Sc. nat., tom. XIIT, pag. 315, pl. 17, fig. 3. PLANCHE 8, Fiqures 1-4.
lesta conica, depressa, pellucida, posticèé incurva, transversim
sulcata ; apertur& simplici, ovato-rotundatd.
Cette petite Cléodore à la forme d’un cône un peu aplati, légèrement courbé en dessus à son extrémité postérieure et marqué dans toute son étendue de sillons transverses. Son ouverture est ovale-cblongue transversalement, à bords égaux et tranchants.
Elle est très-transparente et d’une grande fragilité.
L'animal a deux nageoires assez larges, légèrement bilobées, réunies par un lobe intermédiaire peu saillant. La bouche et l'œsophage sont de couleur rose; le foie est verdâtre; toutes les autres parties sont blanches et transparentes.
Dimensions de la coquille :
millimetres,
Longueur. TS OS LR Pme e Te 6 NEO SR RE COR O0 MOOD ICI LC 2 HAUTE EN nc re RE ee |
Nous avons recueilli cette espèce dans l'océan Atlan-
tique.
CLÉODORE ALENE.
Cleodora subulata, Quoy et Gaimard.
Quoy et Garmanp, Ann. des Sc. nat., tom. X, pag. 233, pl.8, fig. 1-3.
Ranc, Creseis spinifera, Ann. des Sc. nat., tom. XIIT, pl. 17, fig. 1.
Prancue 8, Ficures 5-9.
Festa conica, elongata, pellucida, posticè acutissima, anticè oblique truncata, transversim leviter striata, superné sulco longitudinali
et obliquo ornata ; aperturd circulari, supra rostratà.
Cette espèce a la forme d'un cône très-allongé, obliquement tronqué en avant et terminé postérieurement par une pointe légerement renflée, marqué de stries transversales très-fines dans toute son étendue; sa face dorsale présente une petite rainure qui, du bord antérieur, se porte un peu obliquement en arrière, pour se terminer à une pelite distance du sommet. La bouche, oblique à l'axe de la coquille, est circulaire, à bords irréguliers et tranchants; la lèvre supérieure, qui dépasse Finférieure, se termine sur la ligne médiane par une poiate plus ou moins saillante, formant quelquefois une espèce de rostre qui n'est que le prolongement de la rainure dorsale.
Cette coquille est entièrement transparente et assez résistante.
L'animal offre les mêmes caractères que celui des espèces précédentes. Les nageoires sont assez larges et bilobées; le lobe intermédiaire est saillant en avant. La bouche, l'œsophage et une partie de la masse viscérale sont rougeûtres; le foie est verdâtre, et l'ovaire d’un blanc jaunâtre: toutes les autres parues sont blanches et transparentes.
Dimensions de la coquille :
millimètres.
POnUEMR RE ee ces ou 10 Diamètre (à l’ouverture)......... ce id 15
Cette Cléodore est très-commune , et parait appartenir à toutes les mers.
Il existe encore quelque confusion dans les auteurs relativement à cette espèce. MM. Quoy et Gaimard, qui l'ont signalée les premiers, en ayant donné une figure qui ne permettait pas de la reconnaitre suffisamment, M. Rang l’a décrite un peu plus tard sous le nom de C. spinifera, et, par conséquent, comme une espèce distincte de la C. subulata, ce qui est encore admis par quelques naturalistes; mais MM. Quoy et Gaimard ont reconnu depuis que l'espèce décrite par eux sous le nom de C. subulata était la même que la C. spinifera de M. Rang (1), de sorte que cette dernière espèce doit aujourd'hui disparaitre des catalogues, et figurer seulement dans la synonymie de la
première.
(4) Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, tom. T, pag. 382.
Bonite. — Zoo. Tome IT. Partie I. 13
CLÉODORE ACICULÉE (1) Cléodora acicula, Rang.
Ranc, Ann. des Sc. nat., tom. XIII, pag. 318, pl. 17, fig. 6.
Creseis clava, id., pag. 317, pl. 17, fig. 5. PLancHE 8, Ficures 10-17.
Testa acicuiata, angustissima , levigata, posticé acutissima, anticé
transversim truncata; aperturà circulart, simplici.
Cette espèce est très-allongée, en forme d’aiguille, un peu flexueuse, sans côtes et sans sillons à sa surface, tronquée transversalement en avant et se rétrécissant ensuite graduellement jusqu'à son extrémité postérieure , qui se termine par un petit renflement à peine marqué; l'ouverture est ronde et à bords tranchants.
Cette coquille est très-transparente, et d’une grande
fragilité.
L'animal se distingue de celui des espèces décrites jusqu'ici, par la présence d’un très-petit lobe sur le bord interne des nageoires; celles-ci sont assez larges
(4) Le nom français de cette espèce est donné d’une manière différente par les auteurs ; nous avons adopté celui que nous mettons ici, comme le plus rapproché du nom latin, quoiqu'il
n’en soit pas la traduction exacte.
PTÉROPODES. 195 à leur extrémité et très-légèrement bilobées. Le lobe intermédiaire est saillant en avant, comme dans l’espêèce précédente. Tout le tube digestif est de couleur
rosée; le foie est vert; les autres parties sont blanches et transparentes.
Dimensions de la coquille :
millimètres,
RODPNCUR ES PE de atteste CU 25
Diamètre Couverture). 2.22... 1
Ces dimensions sont celles des plus grands individus; mais cette espèce présente, sous ce rapport, de nombreuses variétés qui tiennent peut-être à l’âge.
Cette Cléodore varie aussi sous le rapport de sa lon gueur seulement ; M. Rang a établi, sur cette différence de forme, une espèce qu’il a désignée sous le nom de C. clava, et qui différerait de la C. acicula par ses proportions plus courtes et moins grêles; mais, lorsqu'on examine un grand nombre d'individus, on voit ces deux formes se lier tellement l’une à l’autre, qu'il est impossible d’assigner des limites à chacune d'elles,
et d'admettre, par conséquent , la distinction proposée par M. Rang.
CLÉODORE VIRGULE.
Cleodora virgula, Rang.
Ranc, Ann. des Sc. nat., tom. XIII, pag. 316, pl. 17, fig. 2. Hyalæa corniformis, d'Orbigny. Voy. pag. 120, pl. 8, fig. 20-23.
PLancHE 8, Ficures 18-25.
Testa conica, elongata, pellucida , levigata, posticé acutissima et suprà incurva, anticé transversim truncata; apertur& simplici ,
circulart,
Cette espèce ne diffère de la précédente que par sa forme moins grêle et moins allongée, et par la courbure plus ou moins prononcée que présente toujours son extrémité postérieure, vers la face dorsale
de la coquille.
L'animal est entièrement semblable aussi à celui de
cette espèce.
Dimensions de la coquille :
millimètres.
ÉONGTEUT etes rm veser-sctos 6 Diamehctalouverture 2.140060... 1
Cette Cléodore est fort commune, et se trouve dans toutes les mers.
Elle présente de nombreuses variétés sous le rapport de la taille et de sa courbure postérieure. M. d'Orbigny à établi sur ce dernier caractère une espèce qu'il
PTÉROPODES. 197 a désignée sous le nom de C. corniformis, et qui se distinguerait de la Codore virgule (C. virgula) par la courbure trés-prononcée de son extrémité postérieure ; mais nous dirons à ce sujet ce que nous avons déjà dit pour l'espèce qui précède, c’est-à-dire que l'on passe de la C. virgula, dont l'extrémité postérieure n'est que légèrement infléchie, à la C. corni- Jormis de M. d'Orbigny, par des transitions si peu sensibles, qu'il nous parait impossible d’assigner à la forme de cette dernière des limites précises, et, par conséquent, de la prendre pour base d’une distinction spécifique.
Genre CUVIÉRIE. — Cuvieria, Rang.
Ce genre a été proposé en 1827 par M. Rang, dans les Annales des Sciences naturelles (1), pour un Mollusque ptéropode dont la découverte remonte à une époque un peu antérieure. M. Gaudichaud l'avait en effet observé, pendant le voyage de /’Uranie, et en avait fait un dessin très-exact qu’il a bien voulu nous communiquer, mais qui n'a pas été publié; il nous parait très-probable que les Ptéropodes décrits et figurés par MM. Quoy et Gaimard dans la partie zoologique de ce même voyage, sous les noms de C{éodore obtuse et de Triptère rose, ne sont aussi que des Cuviéries incomplétement observées.
M. Rang a donné, sur l’organisation intérieure des Cuviéries, quelques détails dus à ses recherches et à celles de M. Audouin. MM. Alcide d’'Orbigny (2) et Van Beneden (3) ont ajouté depuis quelques faits nouveaux à l'histoire de ces Moliusques que nous avons pu étudier aussi d'une manière complète, en ayant recueilli un grand nombre pendant notre voyage.
(4) Voir ce recueil, tom. XII, pag. 323, pl. 45, fig. 1-8. (2) Voyage dans l'Amérique méridionale, tom. V (EE partie), pag. 125.
(3) Mémoire déjà cité, pag. 29.
PTÉROPODES. 199 Desc ription extérieure.
L'animal des Cuviéries présente, dans ses caractères extérieurs, la plus grande analogie avec celu” des genres précédemment décrits, et surtout des Cléodores. Les nageoires ont la même forme , c’est-à-dire sont allongées et bilobées à leur bord externe; le lobe intermédiaire offre seulement une légère échancrure à sa partie moyenne (pl. 12, fig. 4, 2, 3, etc.).
Les tentacules et les divers orifices que l'on remarque à la partie antérieure de l'animal, sont aussi disposés de la même manière; mais les Cuviéries diffèrent des Hyales et des Cléodores par l'existence, en dessous de la partie cervicale, d'un organe particulier que M. Rang a considéré comme la branchie, et M. Alcide d'Orbigny, non moins à tort, comme une espèce de pied semblable à celui des Clios et des Pneumodermes. Cet organe naît inférieurement, sur la ligne médiane, par un pédicule étroit qui fournit presque immédiatement deux expansions foliacées ; l'une droite, allongée et acuminée à son extrémité ; l’autre gauche, élargie en éventail à sa partie antérieure qui se termine par un bord renflé en forme de bourrelet. La première de ces expansions présente, en dehors et à sa base, un petit prolongement qu finit en pointe ; un petit renflement se voit aussi sur son bord interne. Enfin, de la partie inférieure du pédicule part un repli de la peau qui accompagne, comme dans les Cléodores, la terminaison du second
oviducte ou du vagin, et le fixe aux parties voisines. Tel est l'aspect de cet organe, lorsqu'on déroule ses deux parties, comme le représente une de nos figures (fig. 7); mais, sur l'animal vivant, ces deux expansions foliacées s’enroulent de différentes manières, et peuvent prendre ainsi les formes les plus variées (fig. 4, 2, 8, 14, 15). Les figures qu’en ont données MM. Rang et d'Orbigny sont également inexactes. L'existence de cet appendice singulier n'est pas constante ; nous ne l'avons jamais rencontré dans une des variétés que nous avons figurées (fig. 3 ); il manque aussi quelquefois dans l'autre variété (fig. 2), mais l’on trouve toujours alors, dans ce point, une petite saillie formée par la peau et qui en est comme le vestige. Nous ne saurions dire si, dans ces cas, cet organe n'a pas encore pris son développement, ou s’il a été séparé de l'animal par la rentrée brusque de celui-ci dans la coquille, ou bien, enfin, si son absence doit être regardée comme normale. Quant à ses usages , 1l est certain qu'ils sont tout à fait étrangers à la respiration, comme l'avait cru M. Rang ; en effet, outre qu'il manque dans plusieurs de ces Mollusques , ainsi que nous venons de le dire, nous verrons bientôt que l'appareil branchial se trouve à sa place ordinaire et offre la même disposition que chez les Cléodores. Le rapprochement établi par M. d’Orbigny entre cet appendice et le pied rudimentaire des Pneumodermes , ne nous paraît pas plus admissible, car il ny a, comme il est facile de le voir, aucune
analogie entre ces deux parties. Sa position et ses
PTÉROPODES. 201 connexions nous portent à le considérer plutôt comme une dépendance de l'appareil générateur.
Le manteau, qui enveloppe la partie postérieure de l'animal, offre la même disposition et la même structure que dans les Cléodores; ainsi, l’on voit inférieurement le bouclier qui circonscrit la cavité branchiale, et, en dessus, les petits faisceaux musculaires qui se portent obliquement en avant, vers les bords libres du manteau. Ces faisceaux sont très-déliés et moins apparents que dans les genres précédents. Les bords du manteau forment presque toujours , sur les côtés , deux petits prolongements (fig. 13); mais on n’y trouve aucune trace des lèvres latérales qui existent sur le manteau des Hyales, et que nous avons retrouvées plus ou moins développées dans la plupart des Cléodores; sous ce rapport, les Cuviéries ressemblent tout à fait aux dernières espèces de ce genre, dont elles se rapprochent en effet par la forme de la coquille (fie. 1, 2,3, 12, 15)
Description in térieure.
Sous le rapport de leur organisation intérieure, les Cuviéries ne diffèrent presque pas des Cléodores ; nous ne trouvons que de légères modifications dans quelques parties des appareils digestif et générateur.
Ainsi, la cavité buccale et le renflement lingual qu'elle contient, présentent un développement un peu plus considérable, mais sans que la structure de ces parties soit changée. Les glandes salivaires sont
aussi plus volumineuses, de forme globuleuse et blanchâtres; elles sont situées en arrière et sur les côtés de la masse buccale, dans la cavité de laquelle elles viennent s'ouvrir par un conduit très-court et trèsdélié (pl:12;:f6:2#,95,s):
La verge présente, dans les Cuviéries, une particularité assez remarquable qui a déjà été signalée par M. Van Beneden; on trouve constamment, à son extrémité postérieure, une partie cornée, en forme de dard, qui est logée dans le fond de sa cavité, de telle sorte que cette partie se trouve placée à l’extréimité de la verge, lorsque celle-ci se déroule au dehors pendant l'érection; sa forme est arrondie et non en lame, comme l’a figurée M. Van Beneden. La verge se recourbe d’arrière en avant, à son extrémité postérieure, en formant quelquefois plusieurs replis; elle est aussi pourvue d'un petit muscle rétracteur qui s’attache à quelque distance de cette extrémité (fig. 34, 39, 90).
Nous avons déjà dit que l'appareil respiratoire était disposé comme dans les Cléodores; sa structure est aussi la même. Sa position, dans la cavité du manteau, est seulement un peu plus profonde, et les deux branches qui le constituent n’effrent plus une symétrie aussi parfaite (fig. 12, 17, b, b).
Les organes de la circulation , les systèmes musculaire et nerveux ne diffèrent pas des mêmes parties chez les Cléodores (pl. 12, fig. 16, 17, 18-22).
En établissant ce genre, M. Rang lui avait assigné
PTÉROPODES. 203 des caractères qui l’auraient nettement séparé de ceux que nous avons précédemment examinés ; mais quelques-uns de ces caractères , entre autres celui qui est relatif à la disposition des branchies, n’ont pas été confirmés par les observations faites depuis sur ces Mollusques. La description que nous venons d’en donner prouve que les Cuviéries ne différent presque pas des Cléodores, tant pour les caractères extérieurs que sous le rapport de leur organisation intérieure; l’appendice singulier qui occupe la partie inférieure de la région cervicale, ne nous parait pas établir une différence importante entre ces deux genres, puisque son existence n'est même pas constante ; il en est de même des modifications que présentent certaines parties des appareils digestif et générateur. Quant à la coquille, M. d’Orbigny dit s'être assuré qu'elle est primitivement terminée en pointe à son extrémité postérieure, et que la conformation qu'elle présente plus tard est le résultat d'une troncature ; la coquille des Cuviéries ne différerait donc encore de celle des Cléodores que par le diaphragme qui obture son extrémité postérieure, et par les bords de l'ouverture qui ne sont plus tranchants, mais arrondis. Ces différences ne nous paraissent pas suffisantes pour faire admettre le genre proposé par M. Rang; nous pensons, par conséqnent, que les Cuviéries doivent être réunies aux Cléodores, pour former une simple section ou un
sous-genre parmi celles-ci.
Les Cuviéries habitent les mers des régions chaudes;
mais, comme les Cléodores, elles se portent aussi jusqu'à des latitudes assez élevées ; ainsi, M. Gaudichaud en a recueilli dans les parages mêmes du cap Horn. Ces Mollusques sont beaucoup moins communs que les Hyales et les Cléodores; on n'en connaît encore qu'une espèce vivante et une fossile : leurs mœurs et leurs habitudes sont les mêmes que celles des Ptéropodes appartenant aux genres précédemment dé-
crits.
PTÉROPODES. a(5
CUVIÉRIE COLONNETTE.
Cuvieria columnella, Rang.
Rac, Ann. des Sc. nat., tom. XII, pag. 323, pl. 45, fig. 1-8. Cleodora obtusa? Quox et Garmarn, Voy. de l’Uranie, pl. 66, fig. 5. Triptera rosea? id., pl. 66, fig. 6.
PLaNcHE 12, Ficures 1-11.
Testa subcylindracea, elongata, hyalina, levigata, posticé arcta et truncata, anticeé suprà depressa, in medio inflata; apertur& obli-
quä, transversd, cordiformi ; labro supero infero longiore.
Coquille subcylindracée, allongée, lisse, rétrécie et tronquée à son extrémité postérieure, déprimée en dessus antérieurement, renflée vers sa partie moyenne; l'ouverture est oblique à l’axe de la coquille, transverse, subcordiforme, à bords arrondis et non tranchants; la lèvre supérieure dépasse en avant la lèvre inférieure.
L'animal, dont nous avons fait connaître précédemment les caractères , est vivement coloré dans ses parties intérieures, autour de la bouche et sur le bord de l’appendice cervical, en forme d'éventail, comme le montrent nos figures; toutes ses autres parties sont blanches et transparentes.
Nous avons trouvé, dans la coquille des Cuviéries
que nous avons observées, trois formes bien distinctes qui n'ont pas été indiquées jusqu’à présent, mais qui nous paraissent constituer seulement des variétés d'âge.
Dans la première de ces variétés, que nous regardons comme l'adulte, la forme cylindracée de la coquille est plus prononcée, et le renflement médian moins marqué (fig. 4).
Dans la seconde, ce renflement est plus considérable, et l'extrémité postérieure de la coquille, qui déborde le diaphragme intérieur, plus longue et plus étroite (fig. 2). |
Enfin, dans la troisième variété, toute la partie médiane de la coquille est très-bombée, et son extrémité postérieure plus allongée et plus grêle que dans les variétés précédentes (fig. 3).
Ces trois variétés diffèrent aussi par leurs dimen- SIONS :
La longueur de la première est de douze millimetres ; celle de la seconde, de dix millimètres ; celle de la troisième, de sept millimètres seulement. — La largeur et la hauteur varient à peu près dans les mêmes proportions.
Dans les deux premières variétés, la coquille est assez épaisse, résistante, hyaline, quelquefois faiblement colorée en rose et marquée de stries longitudinales très-fines qui sont assez apparentes, même à un faible grossissement (fig. 4 et 5); dans la troisième, la coquille est plus mince, plus fragile et entièrement transparente.
L'animal présente aussi quelques différences ; ainsi
PTÉROPODES. 207 les deux premières variétés sont les seules chez lesquelles on trouve l’appendice singulier qui occupe la partie inférieure du cou; cet appendice manque quelquefois dans la seconde qui en offre cependant toujours alors, ainsi que nous l'avons dit, comme le pédicule ou le vestige; enfin, la troisième n’en présente jamais la moindre trace.
Ces trois yariétés ne paraissent pas se rencontrer également dans toutes les mers. Nous avons trouvé la premiére, en petit nombre, dans les océans Indien et Atlantique; la seconde, beaucoup plus commune, nous à paru appartenir surtout à ce dernier océan, où nous l'avons recueillie en grande quantité par 8° de latitude nord et 21° de longitude ouest; enfin la troisième variété habiterait plus particulièrement, d’après nos observations, l'océan Pacifique, les mers de l'Inde et de la Chine; elle est moins commune que la précédente.
GENRE SPIRIALE, — Sprrialis, nobis.
Nous avons proposé ce genre pour un groupe de petits Mollusques ptéropodes que nous avons fait connaître sommairement dans la Revue zoologique du mois d'août 1840, et qui sont remarquables surtout par leur coquille enroulée en spirale et munie d’un operceule. Les nouvelles recherches que nous avons faites depuis sur ces Mollusques, vont nous permettre d’ajouter quelques détails à ceux que nous avons déjà donnés et de rendre ainsi leur histoire plus complète.
Description extérieure.
Les Spiriales se rapprochent tout à fait, par leurs caractères extérieurs, des genres précédents; on peut s'en faire une idée assez juste en les considérant comme des Cléodores dont la partie postérieure du corps et la coquille qui la recouvre seraient contournées en spirale (1).
La tête et les expansions natatoires sont disposées en effet de la même manière que dans les Cléodores et les Hyales, ces parties ne présentant que des modi-
fications légères dans leur forme. Ainsi les nageoires
(1) C'est de cette forme de l'animal et de la coquille que nous avons tiré le mot spériale, qui veut dire, par abréviation, Hyale
spirée où contournée en spirale.
PTÉROPODES. 209 sont allongées, un peu élargies vers leur extrémité et terminées en pointe arrondie; elles ne sont jamais lobées comme dans les genres précédemment décrits.
Le lobe intermédiaire est bien distinct et comme pédiculé à son origine; il porte constamment un opercule vitré et paucispiré sur sa face supérieure (pl. 13, te04102, 1415 20,27%%00,,35,:30).
On voit en dessus de la tête deux petits tentacules comme dans les Cléodores et les Hyales; ils sont allongés, cylindriques et un peu transparents à leur sommet pendant la vie ; ils paraissent très-contractiles. La petitesse extrême de ces organes ne nous a pas permis de nous assurer si le tentacule droit était muni, comme dans les genres précédents, d'une gaine particulière patient Me 'éretplalasfie. D)
Sur le bord antérieur de la tête, à droite de la ligne médiane, se trouve l'ouverture de la verge (pl. 11, fig. 15, 17, v’); l’autre orifice de l'appareil générateur est placé du même côté, à la racine de la nageoire the 015, 16 M7; 0):
La partie postérieure ou abdominale de l'animal est enroulée en spirale, ainsi que la coquille dans laquelle elle est contenue. Le manteau, qui recouvre cette parüe, offre une organisation semblable à celle que nous avons décrite dans les genres précédents, c’est-à-dire qu'il est très-mince dans toute son étendue, si ce n’est à son bord libre et autour de la cavité branchiale où il est doublé d'une couche glanduleuse qui en épaissit beaucoup ses parois; mais le sac branchial, au lieu de
Bonite, — Zool, Tome IF. Partie [. 14
se trouver à la partie inférieure, comme dans Îles Hyales et les Cléodores, est placé en dessus, comme dans les Gastéropodes pectinibranches où pulmonés, par suite de l'enroulement de l'animal autour de son axe (pl. 41, fig. 43, 14, 15).
Le bord antérieur du manteau offre presque toujours un prolongement qui correspond à un prolongement semblable de la coquille et qui rappelle un peu par sa disposition, dans quelques espèces, le siphon respiratoire des Gastéropodes siphonobranches. Ce bord du manteau est libre en dessus et sur les côtés, pour former l'ouverture de la cavité branchiale, et n’adhère à l'animal que par sa partie inférieure. Il est recouvert de cils vibratiles comme dans les Hyales, les Cléo-
dores, etc.
Description tntérieure.
L'analogie que nous venons de signaler entre les Spiriales et les genres précédents, sous le rapport des caractères extérieurs, se retrouve dans tous les traits
de leur organisation intérieure.
Organes de la digestion. — La bouche est inférieure et bordée sur les côtés par deux lèvres saillantes; la cavité buccale, peu considérable, présente aussi inférieurement un petit renflement lingual. La petitesse extrême de ces Mollusques ne nous à pas permis de constater d’une manière positive l'existence des glandes salivaires; cependant nous croyons avoir vu deux
petits grains glanduleux semblables à ceux que nous
avons décrits dans les Hyades et les Cléodores (pl. 11, fig. 13, 16, d').
Le reste du tube digestif offre la même organisation que dans celles-ci. Ainsi, l'estomac est également armé de quatre plaques cornées qui adhèrent à sa face interne. L'intestin, après avoir formé une circonvolution à la partie supérieure du foie, se porte à droite de l’'œsophage, pour venir se terminer dans la cavité branchiale; mais, par suite encore de l’enroulement de l'animal, l'anus, au lieu d’être à gauche, se trouve placé du côté droit (fig. 15, 16, 18, e, £, a).
Le foie forme une masse granulée verdâtre qui occupe tout le second tour de la coquille ; nous n'avons pas pu distinguer la vésicule allongée à laquelle abouussent les canaux biliaires dans les Ptéropodes que nous avons examinés précédemment (fig. 13, 14,15,
Organes de la respiration. — Nous avons déjà vu que la cavité branchiale, au lieu d'être inférieure, comme chez les Hyales et les Cléodores, se trouvait placée à la partie supérieure, dans une disposition par conséquent tout à fait semblable à celle qui existe dans les Gastéropodes conchylifères.
L'appareil branchial nous à paru formé par deux feuillets membraneux saillants dans cette cavité et analogues à ceux des Cléodores; la structure de ces organes nous a semblé être aussi la même.
Organes de la circulation. — Le cœur est situé à la
base de l’appareil branchial, à la réunion des deux branches qui le constituent; il occupe par conséquent le fond de la cavité branchiale, et sa position rappelle tout à fait celle qu'a le même organe chez les Gastéropodes conchylifères. L'oreillette, qui est antérieure, communique encore avec une poche pyriforme, semblable à celle que nous avons décrite dans les Cléodores et les Cuviéries (pl. 41, fig. 15, 20, c, c', y); le ventricule donne naissance, par son extrémité postérieure, à l'aorte qui se perd immédiatement dans le foie et à travers les autres viscères (pl. 11, fig. 43, 15; 16%c}
Organes de la génération. — L'ovaire ou l'organe hermaphrodite occupe les derniers tours de la coquille; il est formé par une masse granuleuse blanchâtre, qui est encore divisée par des scissures transversales. L'oviducte, qui prend naissance à sa partie antérieure, offre d’abord un très-petit calibre; mais, vers le milieu de sa longueur, il se renfle, comme dans les autres genres, et se termine également dans un second oviducte ou utérus dont les circonvolutions forment une petite masse globuleuse tout à fait semblable a cette même partie, dans les dernières espèces du senre Cléodore. La fin de cet oviducte, ou le vagin, vient s'ouvrir, comme nous l'avons déjà indiqué, à la base de la nageoire droite, et se continue également par un repli de la peau jusqu’à l’orifice de la verge (pl Méfe: 48 RE MIO M om 0!)
Ce dernier organe est situé, comme dans les autres
PTÉROPODES. 213 genres, à la partie supérieure de l'animal, et vient s'ouvrir aussi sur le bord antérieur de la tête, à droite de la bouche. Il est renflé à sa base et l’on voit par transparence, dans son intérieur, une espèce de dard analogue à celui que nous avons signalé chez les Cuvénes (pl444 245106; 19; v; 5)
Système musculaire. — Les nageoires nous ont paru composées des mêmes couches que dans les genres dont nous avons déjà parlé.
Le muscle droit est formé par un ruban musculaire qui offre une disposition entièrement semblable à celle que l’on voit chez les Gastéropodes à coquille turbinée; ainsi, il n’est plus supérieur comme dans les Hyales et les Cléodores, mais situé en dessous des viscères et le long du côté columellaire de l'animal. Ce muscle mérite donc bien ici le nom de muscle columellaire. À sa partie antérieure, il se divise en deux faisceaux qui se rendent dans les nageoires pour y former les couches moyenne et centrale (pl. 41, fig. 15,
Système nerveux. — Ce système, que nous n'avons pu voir que par transparence, nous a paru identique à celui des Hyales et des Cléodores (pl. 11, fig. 21, 22).
Nous avons établi ce genre pour de très-petits Ptéropodes qui, comme nous venons de le voir, offrent la plus grande analogie avec les Cléodores, mais
sen distinguent par la forme singulière de lani-
mal et de la coquille toujours enroulés en spirale, par quelques modifications dans la disposition de certaines parties (1), et surtout par le caractère remarquable de l'existence d’un opercule.
D'après les renseignements qui ont été donnés, dans ces derniers temps, par M. Van Beneden, sur le genre Limacine ou Spiratelle, le seul du groupe des Ptéropodes qui se rapproche , par sa forme , de celui dont il est ici question, il sera peut-être nécessaire de réunir les Mollusques qui composent ces deux genres. L’analogie qui existe dans presque tous les détails de leur organisation , nous paraît en effet si grande que nous n'eussions pas hésité à opérer nous-mêmes ce rapprochement , si les Spiriales ne différaient encore des Limacines par un caractère auquel nous attachons une assez grande importance ; nous voulons parler de l’opercule dont la présence n'a pas été signalée dans les Limacines par M. Van Beneden En effet, nous ne partageons pas entièrement lopinion des malacologistes qui pensent que cette partie forme un caractère de peu de valeur, se basant en cela sur ce que, dans certains genres, l’on trouve des espèces qui sont munies d’un opercule et d’autres qui en sont dépourvues: l'existence d’un opercule, dans des Mollusques du groupe des Ptéropodes, nous paraît constituer un caractère très-remarquable qui permet de rattacher sûrement ces Mollusques aux
Gastéropodes. Si les Limacines en sont réellement
(4) La position du sac branchial et de l'anus
PTÉROPODES. 215 dépourvues, on doit les considérer comme établissant une transition entre les Spiriales, qui forment le dernier terme de la famille des Hyales, et les dernières espèces du genre Cléodore, dont elles se rapprochent par quelques-uns de leurs caractères et surtout par l'existence de ce petit lobe qui occupe le bord antérieur ou interne des nageoires (1).
Les petits Mollusques qui composent le genre Spiriale sont très-abondamment répandus dans toutes les mers ; la plupart des espèces sont propres aux mers des régions chaudes ; mais quelques-unes s'élèvent jusqu’à des latitudes très-élevées. Leurs mœurs et leurs habitudes paraissent être les mêmes que celles des Cléodores et des Hyales.
(4) M. Van Beneden s’est mépris sur la nature de ces petits lobes, en les considérant comme des tentacules.
SPIRIALE ROSTRALE.
Spirialis rostralis, nobis.
Expoux Er SouLeyer, Revue zoologique, 1840, pag. 236. Atlanta inflata ? D'OrBieny, Voy. pag. 174, pl. 12, fig. 16-19.
PLANCHE 13, Ficures 1-10.
Testa subiiscoitea, inflata, tenuissima, pellucida, levigata, umbilicata; spirä sinistrorsüm conversä, depressä; anfractibus ternis, convexis ; apertur& cordiformi ; peristomate acuto, anticé rostrato
et inflexo.
Operculum ovatum, vitreum, paucispiratun.
Li T
La coquille de cette espèce est discoide, renflée au dernier tour, ombiliquée; la spire, enroulée un peu obliquement à gauche et munie de trois tours convexes et lisses, est si peu saillante qu'elle ne dépasse pas le dernier tour : l'ouverture, assez grande, est triangulaire ou plutôt cordiforme; les bords sont désunis, tranchants, légèrement échancrés sur les côtés; la partie antérieure du péristome se prolonge en un long rostre légèrement arqué. Sur quelques individus, nous avons trouvé les échancrures latérales de l’ouverture fermées par une lame vitrée plus mince que le reste de la coquille (fig. 7 et 8).
Cette coquille est très-mince, d'une grande fragilité
et transparente dans toutes ses parties.
L'animal a deux nageoires allongées, arrondies et non bilobées à leur extrémité, réunies postérieurement par un lobe intermédiaire, de forme semi-circulaire, sur lequel se fixe l’opercule en dessus. La masse viscérale est légèrement jaunâtre; toutes les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes.
Les dimensions de la coquille sont de un millimètre et demi dans son plus grand diamètre.
Cette espèce est très-commune ; nous l'avons recueillie en très-grande quantité dans toutes les mers que nous avons parcourues.
Il nous parait tres-probable que la petite coquille décrite par M. d'Orbigny, sous le nom d'Atlanta inflata, et dont ce naturaliste n’a pu bien observer l'animal, n’est autre que celle que nous venons de décrire.
SPIRIALE VENTRUE.
Spirialis ventricosa, nobis.
Eypoux Er SouLeyEeT, Revue zoologique, 1840, pag. 236. Atlanta Rangii? D'OrBicnx, voy. pag. 176, pl. 12, fig. 25-28.
PLANCHE 13, Ficures 11-16.
Testa globosa, ventricosa, tenuissima, pellucida, levigata, umbilecata; Spir& sinistrorsä, conico-depressé; anfractibus quinis, convexis ; ultimo magno, inflato; apice subacuto ; aperturä angu-
latä, subcanaliculatä ; columellä reflexé ; labro acuto.
Operculum vitreum , paucispiratum.
Coquille globuleuse, ventrue, assez largement ombiliquée, sénestre ; la spire, peu élevée, conique, composée de cinq tours convexes et lisses; le dernier, bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche anguleuse, subeanaliculée, à bords désunis ; le bord columellaire droit et réfléchi; le bord droit tranchant et sinueux.
Cette coquille est mince, fragile et tres-transparente.
L'animal est semblable à celui de l'espèce précédente; les nageoires sont seulement un peu plus larges à leur extrémité. La masse viscérale est brünâtre ; la bouche et l'œsophage présentent une coloration vio-
lacée foncée; tout le reste de l'animal est d’un blanc transparent.
Les plus grandes dimensions de la coquille, dans cette espèce, sont de deux millimètres.
Cette espèce est rare; nous n'en avons du moins recueilli qu'un petit nombre d'individus dans l'océan Atlantique. Quelques-uns nous ont paru constituer une variété qui se distinguerait par un plus petit volume, un ombilic moins ouvert, une spire plus déprimée et une bouche moins anguleuse.
La coquille de cette espèce nous semble correspondre encore à celle que M. d’Orbigny a décrite sous le nom d’Atlante de Rang (A. Rangii), et sa variété, à l’Atlante arrondie (4. rotunda) du même auteur.
SPIRIALE RÉSEAU.
Spirialis Clathrata, nobis.
Eypoux FT Soureyer, Revue zoologique, 1840, pag. 138. Atlanta reticulata ? v'OrBiexy, vOy. pag. 178, pl. 12, fig. 32-35.
PLANCHE 43, Fiqures 17-19.
lesta ovata, ventricosa, tenuissima, diaphana, reticulata ; spirà sénistrorsé , brevi, obtusä; anfractibus ternis, convexis ; apertur&
ovato-oblongä, angulosä ; columellé arcuatä et acutà ; labro acuto.
Operculum vitreum.
Coquille oblongue, ventrue, diaphane, couverte à sa surface de stries légèrement saillantes qui se croisent régulièrement à la manière des mailles d’un filet; la spire, enroulée à gauche, courte, obtuse au sommet, munie de trois tours convexes, dont le dernier forme à lui seul presque toute la coquille ; bouche large, ovale, anguleuse à sa partie antérieure; le bord columellaire légèrement arqué et terminé en pointe; le bord droit, mince et tranchant.
Cette coquille est, comme les précédentes, tresmince, d’une grande fragilité, translucide et légèrement colorée en jaune roussàtre.
Nous n'avons pu étudier que très-imparfaitement
l'animal de cette espèce ; il nous a paru offrir cepen-
PTÉROPODES. 221 dant les mêmes caractères que celui des espèces précédemment décrites. Ilest aussi muni d’un opercule.
Sa taille est d'environ deux millimètres pour la hauteur de la coquille.
Nous n'avons recueilli que deux individus de cette espèce dans l’océan Pacifique.
Cette Spiriale a encore de grands rapports avec l’Atlante réticulée (A. reticulata) de M. d'Orbigny ; cependant, d’après la figure donnée par ce naturaliste,
sa forme serait un peu différente.
SPIRIALE AUSTRALE.
Spirialis australis, nobis.
Evpoux Er Soureyer, Revue zoologique, 1840, pag. 237. PLANCHE 13, FiGurEs 20-26.
Testa turbinata, tenuissima, hyalina, umbilicata, sinistrorsa ; spirä conoïded , obtustusculà ; anfractibus septenis, convexis, levigatis ; aperturd angulatä ; columelld rectä, reflex&; labro acuto, articé reflexo.
Operculum ovatum, vitreum, paucispiratum.
Coquille turbinée, sénestre, assez largement ombiliquée ; la spire élevée, conique, à sommet obtus, munie de sept tours convexes, lisses et séparés par des sutures assez profondes; le dernier tour bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche irrégulièrement quadrilatère, à bords désunis et tranchants ; le bord columellaire droit et réfléchi ; le labre sinueux et légèrement réfléchi à sa partie antérieure.
Cette coquille est mince, fragile et translucide.
L'animal est tout à fait semblable, pour les formes et pour les couleurs, à celui de la Spiriale ventrue.
Les dimensions de la coquille sont de deux millimètres pour la hauteur, et de un milimètre et demi pour la largeur prise au dernier tour.
M. Gaudichaud a recueilli cette espèce en assez
grande quantité dans les mers du cap Horn.
SPIRIALE TROCHIFORME.
Spirialis trochiformis , nobis.
Expoux Er Soureyrr, Revue zoologique, 1840, pag. 237. Atlanta trochiformis, »’OrBiexy, voy. pag. 177, pl. 19, fig. 29-31.
PLANCHE 138, Ficures 27-34.
Testa ventricoso-conica, tenuissima, pellucida, levigata, sinistrorsa ; spirä mediocri, obtusä; anfractibus quinis, convexis ; ultimo ma-
gno, inflato ; aperturd ovatä ; columellä arcuatä ; labro acuto.
Operculum ovatum, vitreum, paucispiratum.
Coquille ventrue, trochiforme, très-mince, sénestre ; la spire médiocrement élevée, à sommet obtus, munie de cinq tours convexes et lisses; le dernier tour bombé et beaucoup plus grand que les autres; la bouche ovalaire, à bords désunis ; le bord columellaire légerement arqué ; le bord droit très-mince et tranchant.
Cette coquille est transparente et très-fragile.
L'animal est semblable, pour les formes et pour les couleurs, à celui de l'espèce précédente.
Les dimensions de la coquille sont de un millimètre pour la hauteur, et de deux tiers de millimètre pour la largeur.
Cette espèce est assez commune et se trouve dans toutes les mers. Nous en avons recueilli une variété dans les mers de la Chine, dont l'animal est remarquable par la longueur de ses nageoires (fig. 30, 32).
SPIRIALE BULIMOIDE.
Spirialis bulimoïdes, nobis.
Eypoux ET SouLeyEr, Revue zoologique, 1840, pag. 138. Atlanta bulimoides, »'OrBiexy, voy. pag. 179, pl. 12, fig. 36-38.
PLANCHE 13, Ficures 35-42.
Testa oblonga , tenuissima, pellucida, levigata, sinistrorsa ; spiré elongatä, conicâ; apice subacuto ; anfractibus Sens, CONVETIS ; aperturà angulatà ; columellä subarcuatä ; labro acuto.
Operculum ovatum, vitreum, paucispiratum.
Coquille bulimoïide, allongée, sénestre ; la spire élevée, à sommet sub-aigu, munie de six tours convexes et lisses; la bouche ovalaire, anguleuse à sa partie antérieure, à bords désunis ; le columellaire très-légèrement arqué; le droit mince et tranchant.
Cette coquille est, comme celle des espèces précédentes, très-mince, d’une grande fragilité et entièrement transparente. Le bord celumellaire et les sutures
sont souvent colorés en rose.
L'animal a deux nageoires allongées, élargies et terminées en pointe arrondie à leur extrémité; le lobe intermédiaire est comme pédiculé à sa base et de forme ovalaire dans le sens transversal. 11 donne attache à l’opercule par sa face supérieure, comme dans les
autres Spiriales. La bouche et la base des nageoires
sont légèrement colorées en rose; la masse viscérale est opaque et brunätre dans quelques points ; toutes les autres parties de l’animal sont blanches et transparentes.
Les dimensions de la coquille sont de deux millimètres pour la hauteur, et de un millimètre pour sa largeur prise au dernier tour.
: ‘ Cette espèce est celle qui nous a paru la plus commune, après la Spiriale rostrale ; nous l'avons trouvée dans toutes les mers.
Elle nous a présenté une variété qui se distingue par son plus petit volume, par la forme de la bouche qui est un peu plus anguleuse à sa partie antérieure, et surtout par sa coloration qui est d’un jaune roussàtre aux sutures et à la partie antérieure du dernier tour
(fig. 39, 40).
Bonite, — Zool. Tome II, Partie 1, : 15
GENRE CYMBULIE, — Cyrnbulia, Péron et Lesueur.
On doit la découverte de ce genre curieux à Péron et Lesueur qui l'ont fait connaitre en 1810, dans leur Histoire de la famille des Ptéropodes (N). Les auteurs qui en ont parlé depuis s'étaient presque tous bornés à reproduire la caractéristique fort incomplète et même inexacte que ces deux naturalistes en avaient donnée ; c'est dans ces dernières années seulement que ces Mollusques ont été bien étudiés, surtout dans leur organisation intérieure presque entièrement inconnue jusqu'alors. La science est redevable à M. Van Beneden d’un très-bon travail à ce sujet. Nous avons pu étudier nous-mêmes ce genre dans les plus grands détails, et quoique nous ayons peu de faits à ajouter à ceux qui ont été publiés par M. Van Beneden, nous en donnerons cependant ici une description complete, afin de pouvoir mieux établir ses rapports avec les autres genres du groupe des Ptéropodes.
Description extérieure.
Les Cymbulies diffèrent d'une manière assez tranchée, par leur forme et par leurs caracteres extérieurs, des autres Ptéropodes conchyliferes ; il ne nous paraît
(1) Annales du Muséum, tom. XV, pag. 66, pl. 2, fig. 10-12.
PTÉROPODES. 297 pourtant pas exact de dire, comme M. Van Beneden, qu'elles sont aussi différentes des Hyales que celles-ci le sont des Clios et des Pneumodermes; nous verrons au contraire que les Cymbulies se rattachent aux Ptéropodes testacés par les principaux traits de leur organisation.
La division de l'animal en partie antérieure ou céphalo-thoracique, et en partie postérieure ou abdominale, est beaucoup moins distincte que dans les autres Ptéropodes, ce qui tient au développement considérable des expansions natatoires qui dépassent beaucoup l'animal en arrière et sur les côtés, et à la disposition singulière du manteau qui, comme nous le verrons bientôt, adhère à la face supérieure de ces appendices. Ces deux parties ne se trouvent plus aussi dans les mêmes rapports, la viscérale étant supérieure au lieu d’être postérieure (pl. 15 bis, fig. 22).
La tête est également moins distincte encore que dans les Hyales et les Cléodores ; mais sa disposition est tout à fait analogue. Ainsi, la bouche occupe sa partie inférieure, dans l'intervalle qui sépare en avant les deux nageoires. En dessus de cet orifice, et un peu plus en avant, se voient deux tentacules qui ont été bien reconnus par Péron et Lesueur, mais que ces naturalistes ont considérés à tort comme des tentacules oculifères. On ne voit, en effet, aucune trace d'yeux, ni au sommet, ni à la base de ces organes. Enfin, en avant des tentacules, l’on remarque encore, sur la ligne médiane, un orifice qui est celui de la verge; l’on sait que Péron et Lesueur avaient pris cet
orifice pour la bouche et l'organe excitateur pour une trompe, erreur qui a été reproduite ensuite par la plupart des zoologistes.
La tête se termine antérieurement par un bord aigu que forme une bride blanchätre et comme fibrocartilagineuse s'étendant d’une nageoire à l’autre; elle est creusée d’une cavité assez grande dans laquelle est contenue en partie la verge (pl. 45 brs, fig. 20, 21, RTE W, v).
Les nageoires sont disposées comme dans les Hyales et les Cléodores, mais elles sont proportionnellement beaucoup plus larges ; aussi débordent-elles considérablement le corps de l'animal, non-seulement sur les côtés, mais encore en arrière. Elles sont oblongues et terminées latéralement en pointe arrondie (fig. 20, 22) (17:
Ces appendices présentent, à la partie interne de leur bord antérieur, un repli qui se dédouble luimême en deux feuillets; un de ces feuillets va se réunir, en arrière de l'ouverture buccale, à celui du côté opposé pour former une espèce de lèvre postérieure à cette ouverture; l’autre vient se joindre à une seconde levre en forme de bourrelet qui se trouve à la partie antérieure du même orifice (2). Les nageoires
(4) La figure qui a été donnée de la Cymbulie, dans l’Zconographie du Règne animal de G. Cuvier, par M. Guérim-Méneville, représente la forme de ces nageoires d’une manière très-exacte.
(2) Dans la plupart des figures que l’on a données de la Cymbulie, ces feuillets sont représentés déroulés ou déplissés en avant;
mais ce n’est pas la disposition normale, comme nous avons pu nous en assurer sur plusieurs individus,
PTEROPODES. 229 se continuent, par leur bord postérieur, sur la ligne médiane, avec un troisieme lobe qui se prolonge en arrière et que l'on peut regarder comme l’analogue du lobe intermédiaire des autres Ptéropodes conchyliféres (fig. 20, 21, 22).
La partie de l’animal que nous venons de décrire est toujours extérieure et ne peut rentrer dans la coquille, comme dans les genres que nous avons étudiés précédemment ; le volume considérable des nageoires ne nous parait pas être la cause véritable qui s'oppose à leur rentrée dans l’intérieur du test; cette cause nous parait se trouver bien plutôt dans la disposition de la coquille qui n’est pas externe, comme on le croit généralement, mais #rterne, ainsi que nous le ferons voir bientôt.
La partie viscérale de l'animal, qui est logée dans la cavité de cette coquille, est de forme arrondie ou ovoide. Dans les genres étudiés précédemment, c’està-dire dans les Hyales, les Cléodores, etc., nous avons vu que cette partie était enveloppée par le manteau qui forme une espèce de sac ouvert en avant; il n'en est pas de même dans les Cymbulies, et c'est surtout par la disposition singulière du manteau que ces Mollusques diffèrent des autres Ptéropodes eonchylifères. En effet, la masse viscérale ou abdominale n’est plus recouverte par le manteau qu'en dessus; inférieurement, elle se trouve immédiatement en rapportavec les nageoires qui, comme nous l'avons dit, la débordent de beaucoup en arriere ; elle est ainsi contenue
dans une poche qu'on dirait formée par le décolle-
ment de la peau (devenue le manteau) de la face supérieure de ces appendices et dont l'ouverture est en arrière (fig. 22). On peut encore se représenter cette disposition en supposant que, dans une Hyale par exemple, la masse viscérale, diminuée de volume , se trouverait placée au-dessus des nageoires , par le développement de celles-ci en arrière, comme cela a lieu dans les Cymbulies, et en supposant encore que le bord du manteau viendrait s'implanter audessus de la tête en avant, et sur les nageoires latéralement, en se confondant avec ces parties ; on peut voir que, dans cette supposition, la disposition du manteau serait la même que dans les Cymbulies et que son ouverture, ou plutôt l'ouverture de la poche contenant la masse viscérale, au lieu d’être antérieure et inférieure, se trouverait être aussi postérieure.
Les particularités que nous venons d'indiquer, ne sont pas les seules qui méritent d'être signalées. Dans les Mollusques conchyliféres et à coquille externe, le bord du manteau est toujours distinct, même dans les points où il est adhérent; dans les Cymbulies, ce manteau n’a plus de bords proprement dits; après s'être fixé, en avant et sur les côtés, à la face supérieure de la tête et des nageoires, il se continue avec un feuillet très mince qui se réfléchit sur la coquille et la recouvre entiérement. En arriere également, le bord du manteau, qui circonscrit l'ouverture de la cavité viscérale, n'est pas un bord libre, mais un simple repli que le manteau forme aussi dans ce point pour se réfléchir
sur la coquille, de sorte que celle-ci se trouve réelle-
PTÉROPODES. 231 ment contenue tout entière dans un dédoublement du manteau, à la manière des coquilles internes (fig. 22).
Celui des feuillets du manteau qui recouvre extérieurement la coquille, est très-mince et n'est même formé, dans la plus grande partie de son étendue, que par une espèce de pellicule qui est bien apparente sur les individus frais et bien conservés. Ce feuillet se déchire avec une assez grande facilité, ce qui explique pourquoi l’on rencontre assez souvent l'animal séparé de sa coquille ; mais on trouve toujours, dans ce cas, des lambeaux plus ou moins étendus de ce même feuillet se continuant avec le feuillet profond ou interne (fig. 22).
Ce dernier, qui tapisse la cavité intérieure de la coquille et qui se trouve à découvert lorsque celle-ci est enlevée, est aussi fort mince dans toute son étendue ; nous n'avons pas vu, sur cette partie du manteau, les granulations dont parle M. Van Beneden, et qui seraient semblables à celles que nous avons déjà décrites dans les autres Ptéropodes conchylifères (fig. 22).
Le repli postérieur du manteau, qui circonscrit l'ouverture de la cavité viscérale, nous a paru doublé sur les côtés, dans les points où il vient se fixer à la face supérieure des nageoires, de petits faisceaux musculaires qui augmentent beaucoup sa résistance ; ce point d'adhérence est un peu plus antérieur du côté droit que du côté gauche (fig. 22, 23). A l'entrée de la cavité viscérale, vient se terminer, inférieure-
ment et à droite, le conduit de l'appareil générateur (fig. 23, 0).
D'après la description que nous venons de faire du manteau, l'on voit que la coquille des Cymbulies est réellement une coquille interne, ce qui s'accorde tout à fait avec sa nature gélatinoso-cartilagineuse; en la considérant ainsi, c'est-à-dire comme une coquille interne, la disposition du manteau de ces mollusques rentre dans la règle et devient tout à fait semblable à celle qu'offre le manteau des Mollusques à coquille intérieure.
Description intérieure.
Organes de la digestion. — Ces organes offrent dans les Cymbulies une organisation entièrement analogue à celle que nous avons décrite dans les autres Ptéropodes conchyliférés.
La bouche est également inférieure et placée dans l'intervalle qui sépare en avant les deux expansions natatoires; mais sa conformation est un peu différente. Cet orifice, de forme arrondie, est bordé dans sa moitié postérieure par le repli des nageoires dont nous avons déja parlé, et en avant, par une lèvre saillante, en forme de bourrelet, et repliée d’une manière trés-régulière et symétrique, comme le montrent nos figures ; c’est probablement cette espèce de lèvre festonnée que M. Van Beneden a décrite comme un organe particulier situé à la-partie supérieure de la cavité buccale et dont il n'indique pas les usages. Plus profondément, l’orifice buccal est entouré , en arrière et sur les côtés, d’une espèce de sphincter formant
PTÉROPODES. 233 également un bourrelet arrondi, qui vient se perdre antérieurement sous la lèvre festonnée déjà décrite (probe the 2021):
La partie inférieure de la cavité buccale présente, comme dans les Hvales, les Cléodores, etc., un petit renflement lingual situé dans une dépression qui détermine à l'extérieur une légère saillie au-dessous de l'œsophage (fig. 29, 2). Ce renflement est comme divisé à son sommet en trois lobes qui portent chacun une série de crochets recourbés en arriere (fig. 30, 34).
Sur les côtés de la langue se voient encore deux éminences ou renflements garnis, à leur extrémité antérieure, de deux petites pièces cornées, un peu recourbées sur elles-mêmes et parcourues par des crêtes transversales. Ces deux petites mâchoires paraissent disposées pour agir l’une contre l’autre et servir ainsi à broyer les substances alimentaires (fig. 30, o, et fig. 34).
L'œsophage est assez large et plissé longitudinalement ; après un trajet très-court, il se dilate pour former une espèce de jabot auquel fait suite un estomac cylindrique dont l’organisation est la même que dans les autres Ptéropodes testacés. Les plaques cornées qui arment la face interne de cet organe sont garnies, sur leur face libre, de crêtes très-élevées (fig. 29, 32, sd ee):
L’'estomac présente à sa partie postérieure un culde-sac conique et donne naissance, en avant de celuici et du côté droit, à l'intestin qui est d’abord caché
par le foie à son origine. Apres s être dégagé de cet organe, cet intestin se porte à droite, ensuite en haut, el arrive ainsi à la partie inférieure de la masse viscérale, à gauche de l'estomac; il se dirige alors en arrière, et après avoir formé une circonvolution à la partie postérieure de cet organe, il remonte du côté droit, en croisant son premier trajet, et arrive de nouveau en dessous de la masse des viscères, pour se terminer du côté gauche. M. Van Beneden le fait terminer, mais à tort, sur la ligne médiane. Dans tout ce trajet, l'intestin se trouve logé dans une rainure profonde qui est successivement creusée dans l'ovaire et dans le foie ; son extrémité seulement est libre dans la cavité viscérale (fig. 29,26, 27,:28,.95, e;15,a).
Les glandes salivaires sont fort peu distinctes; nous avons cependant cru voir deux pelits grains arrondis comme chez les Cléodores et les Hyales.
Le foie forme une masse considérable qui enveloppe l'estomac de toutes parts, excepté à sa partie supérieure; il se prolonge en avant jusqu'à l’œsophage qu'il recouvre aussi en partie. Les canaux biliaires viennent se réunir dans un conduit assez large qui s'ouvre à l’origine de l'intestin. Nous n'avons pas vu dans ce point la petite vésicule biliaire à laquelle aboutissent ces mêmes canaux dans les Cléodores et les Hyales (pl. 15 brs, fig. 25, 26, 27, 28).
Organes de la respiration. — M. Van Beneden à déjà relevé l'erreur qu'ont commise presque tous les
zoologistes depuis Péron, en plaçant le réseau vascu-
PTÉROPODES. 235 laire branchial sur les nageoires. Ainsi que nous lavons déjà dit dans nos généralités sur le groupe des Ptéropodes, les stries régulières que l’on voit à la surface de ces appendices sont formées, non par des vaisseaux, mais par les fibres des couches musculaires les plus superficielles.
Nous avons vu que la masse viscérale était contenue dans une poche que circonscrivent, en dessus, le feuillet profond du manteau, et en dessous , la face supérieure du pied ou des nageoires. Cette poche présente, supérieurement et sur les côtés, un intervalle assez considérable dans lequel l’eau peut pénétrer et que l’on peut par conséquent assimiler à la cavité branchiale des autres Ptéropodes conchylifères, avec cette seule différence que son ouverture est postérieure, au lieu d’être antérieure et inférieure.
Sur les parties latérales de la poche dont nous parlons, se trouvent deux feuillets membraneux que l’on voit très-bien par transparence à travers le manteau, lorsque l’animal est détaché de la coquille (fig. 22, b, b). Ces feuillets, fixés par une espèce de pédicule à la face supérieure des nageoires, à l'endroit même où s'implante le manteau, s’élargissent un peu en forme d’éventail à leur partie supérieure et sont appliqués contre la paroi interne du sac viscéral auquel ils adhèrent aussi, de sorte que, suivant la remarque déjà faite par M. Van Beneden, l'eau ne peut baigner que leur surface mterne. Lorsqu'on examine cette surface
à un grossissement convenable, l'on y voit des stries
serrées et très-fines qui se portent en rayonnant du point d'attache j'isqu'au bord supérieur. M. Van Beneden a considéré ces stries comme des vaisseaux et, par suite, les deux feuillets comme des branchies pectiniformes, détermination qui semble justifiée par leur position dans une cavité intérieure formée par le manteau et tout à fait analogue à la cavité branchiale des autres Ptéropodes conchylifères. Nous avouerons cependant, qu'après un examen attentif de ces parties, nous sommes restés dans le doute sur leur nature, ayant cru reconnaitre distinctement des fibres musculaires dans leur structure. L'examen d'individus plus frais que ceux que nous avons pu étudier permettra sans doute de décider ce point important de lorganisation des Cymbulies (fig. 23, 0).
Organes de la circulation. — V'apres M. Van Beneden, le sang serait ramené vers les branchies par trois vaisseaux veineux que l’on voit à la base de chacune des nageoires ; mais il ne nous a pas été possible de reconnaître ces vaisseaux, non plus que la veine branchiale qui, suivant cet anatomiste, conduirait le sang de chaque branchie vers le cœur.
Ce dernier organe se trouve placé à la partie antérieure du sac branchial et se voit par transparence à travers ses parois; il occupe à peu près la ligne médiane. 1] se compose d'une oreillette arrondie et d'un ventricule moins volumineux qui est situé à gauche et qui donne naissance à l'aorte par sa partie posté-
rieure. Ce vaisseau nous à paru se diviser en deux
PTÉROPODES. 237 troncs qui se distribuent, l’un aux viscères, et l’autre à la tête et aux nageoires.
Organes de la génération. — L'organe que nous considérons comme remplissant les fonctions d’un ovaire et d'un testicule, forme une masse lobulée, grisätre, qui occupe le côté gauche et se prolonge un peu en dessous de Ia masse viscérale. Comme dans les genres précédents, 1l en naît un canal excréteur qui, après s'être renflé dans une partie de son trajet, s’amincit de nouveau pour venir se continuer avec la matrice. Les circonvolutions de celle-ci forment une masse globuleuse qui est située en avant et à droite du paquet viscéral; son canal de terminaison, ou le vagin, vient aboutir à l’orifice de la cavité branchiale, dans le point que nous avons déjà indiqué (pl. 45 bs, HÉMIO APT, 201082, 1x, /d}101):
A l'origine du vagin, vient aboutir encore la vésicule que nous avons signalée dans les genres précédents, mais qui est ici beaucoup plus apparente; elle déborde en arrière la matrice, et son canal excréteur est logé dans une rainure profonde que cet organe présente à sa face inférieure et qui semble le diviser en deux parties (fig. 27, 35, 36, x’).
La verge est formée par une espèce de boyau à parois musculaires, qui est replié dans l’intérieur de la tête et qui se prolonge assez souvent dans la cavité viscérale. Dans quelques individus, cet organe présente à sa partie postérieure, comme l'a indiqué M. Van
Beneden, des appendices diversiformes, mais qui n’of-
frent aucun corps dur dans leur intérieur. L'orifice de la verge se trouve sur le bord antérieur de l’animal, en avant des tentacules et sur la ligne médiane, comme nous l'avons déjà indiqué.
Système musculaire. — Les nageoires se séparent facilement en deux couches dont la supérieure est un peu moins épaisse que l’inférieure, et entre lesquelles se ramifient les nerfs et les vaisseaux qui se rendent à ces appendices. Chacune de ces couches est elle-même composée de deux plans juxtaposés de fibres musculaires qui offrent des directions différentes.
Les fibres qui forment le plan le plus superficiel, dans ces deux couches , se dirigent parallèlement de dedans en dehors et d’arrière en avant; les fibres du plan profond se portent, au contraire, de dedans en dehors et d'avant en arrière, et coupent, par conséquent, à angle presque droit les fibres précédentes. Ces fibres profondes se prolongent seules en arrière, jusqu'au bord libre des nageoires.
Dans chaque couche, les fibres, d'un côté, nous ont paru s’entre-croiser sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, excepté en avant où elles s’insèrent sur les côtés de la bouche, pour la couche inférieure, et sur une espèce de ligne saillante qui donne insertion au manteau, pour la couche supérieure.
Deux faisceaux musculaires assez forts, appartenant à la couche inférieure, prennent naissance sur les côtés de la bouche et se dirigent, en suivant la ligne
médiane, vers le prolongement postérieur qui repré-
PTÉROPODES. 239 sente le lobe intermédiaire ; ils vont former à son extrémité un petit filament qui s'étend jusqu'à l’extrémité postérieure de la coquille et qui nous a paru se confondre avec le feuillet superficiel du manteau qui recouvre celle-ci (fig. 24).
M. Van Beneden a décrit cinq couches musculaires dans les nageoires, et il assigne aux fibres qui forment ces couches des directions qui diffèrent un peu de celles que nous venons d'indiquer.
Enfin, le système musculaire des Cymbulies comprend encore quelques petits faisceaux qui doublent le manteau dans certains points, surtout le repli qui circonscrit en arrière l'ouverture de la cavité viscérale.
Système nerveux. — La disposition de ce système est la même que chez les autres Ptéropodes testacés.
La description que nous venons de donner du genre Cymbulie, ne s'applique qu'à l'espèce type de ce genre, la Cymbulie de Péron, la seule que nous ayons pu étudier. MM. Quoy et Gaimard ont fait connaître, dans la zoologie du voyage de /’Astrolabe, deux espèces qui nous semblent en différer par des caractères assez tranchés.
L'une de cesespèces, la Cymbulie ponctuée (C.punctata), paraît se rapporter, par la disposition de la bouche en entonnotr saillant, au genre Tredemannia proposé par M. Van Beneden, pour un Mollusque ptéropode du golfe de Naples, qui est très-voisin des Cymbulies,
mais qui s’en distingue surtout par l'aliongement considérable de la bouche en forme de trompe (1).
L'autre, la Cyrbulie de Norfolk {C. Norfolkensis), offre encore moins que la précédente les caractères extérieurs du genre et nous parait appartenir au genre qui va suivre, le genre Euribie.
Les Cymbulies sont des Mollusques rares; nous n'en avons pas rencontré dans tout le cours de notre voyage. La Cymbulie de Péron parait être cependant assez commune dans quelques parages de la Méditerranée. Ces Ptéropodes nagent, comme les Hyales, les Cléodores, etc., dans une position renversée.
(1) Exercices zootomiques, pag. 21, pl. 2. — D'après M. Van Beneden, les Mollusques de ce genre différeraient aussi des Cymbulies par l'absence d’une coquille ; mais des observations faites sur ces mêmes Mollusques, à Messine, par M. Krohn qui a bien voulu nous les communiquer , nous ont appris qu’ils sont pourvus d’une coquille analogue à celle des Cymbulies.
GENRE EURIBIE. — £uribia, Rang.
M. Rang a proposé ce genre, dans les 4nnales des sciences naturelles (A), pour un Mollusque ptéropode qu'il n’a pu étudier que d'une manière très-incomplète et auquel il a assigné les caractères suivants : — « Ani- « mal globuleux, muni de deux nageoires horizontales «et opposées, à la base desquelles est la bouche; le « lobe intermédiaire très-petit et de forme triangu- « laire; — coquille cartilagino-membraneuse, mince, « transparente, à ouverture ronde et très-évasée. » M. Rang n’a pas donné d’autres détails sur ce genre dont aucun autre zoologiste n’a plus parlé depuis et qui n'est par conséquent encore connu que par la courte description qui précède.
M. Gaudichaud a recueilli, pendant notre voyage, un Mollusque ptéropode présentant tous les caractères assignés par M. Rang à son genre Euribie, et que nous rapportons , d’après cela, à ce même genre (2). M. Gaudichaud avant mis à notre disposition toutes ses collections zoologiques ainsi que ses observations
(1) Voir ce recueil, tom. XII, pag. 328, pl. 45, B, fig. 9-11.
(2) La figure que M. Rang a publiée de l’'Euribie, diffère cependant d’une manière notable de celle que nous donnons de ce mollusque; mais nous avons cru devoir nous en rapporter à la description de ce naturaliste, plutôt qu’à une figure faite peut-être de souvenir, et qui est évidemment incomplète et inexacte.
Bonite. — Zool. Tome II. Partie I. 16
et ses dessins, nous pouvons faire connaitre ce Moilusque qui s'éloigne, par la plupart de ses caractères, de tous ceux du groupe des Ptéropodes; et, quoique le petit nombre d'individus que nous avons eus à notre disposition ne nous ait pas permis de pousser aussi loin que nous l’eussions désiré nos recherches anatomiques, nous espérons cependant que les détails dans lesquels nous allons entrer, en donneront une notion suffisante et permettront de le classer d’une manière
convenable.
Description extérieure.
Le corps de l'Euribie, d'une forme globuleuse et de la grosseur d’un pois ordinaire, du moins dans l'espèce que nous faisons connaître, peut enccre être divisé en partie antérieure et en partie postérieure ou abdominale.
La premiere de ces parties présente une disposition qui n’est plus la même que celle que nous avons trouvée dans les Hyales, les Cléodores, etc., mais qui se rapproche davantage de celle que l’on voit chez les Clios et les Pneumcdermes. Ainsi, la tête forme une légère saillie en avant et est percée à son centre par l'ouverture de la bouche. Celle-ci est arrondie, sans replis labiaux à son pourtour, mais munie inférieurement de deux appendices volumineux qui, d’après les observations faites sur les individus vivants par M. Gaudichaud, sont très-contractiles et nous semblent correspondre aux appendices céphaliques des
Pneumodermes et des Clios (pl. 14, fig. 14, et pl. 15, b, to
Autour de la tête se trouvent plusieurs parties qui la cachent d’une manière presque complète.
Sur les côtés, se voient d’abord les nageoires qui se dirigent en dehors et se recourbent ensuite un peu en arrière, à leur extrémité qui est dilatée. Ces appendices se réunissent inférieurement, surlaligne médiane, et, à leur point de jonction, se trouve un autre petit appendice triangulaire que l'on peut considérer, avec M. Rang, comme l’analogue du lobe intermédiaire qui réunit les deux nagecires dans la plupart des Ptéropodes (pl. 15, fig. 1, 3).
En avant et en dedans des nageoires, sont deux longues lanières terminées en pointe et dont nous chercherons plus tard à déterminer les usages (he 14270).
Enfin, l’on voit encore à la partie supérieure de la tête, deux tentacules longs et cylindriques qui parais sent jouir d’une grande contractilité (fig. 1, 3, #).
Sur le bord antérieur de la nageoire droite, se trouve l’orifice de l’oviducte (fig. 3, 0); l'anus se voit du même côté, à la base du petit appendice triangulaire que nous avons considéré comme l’analogue du lobe intermédiaire (fig. 1, 3, à).
La partie antérieure du corps de l'Euribie, dont nous venons de faire connaître les différents détails, est séparée par un rétrécissement bien marqué de la partie postérieure qui nous reste à décrire.
Celle-ci, plus considérable que la précédente et de forme globuleuse, est constituée, comme dans les
autres Ptéropodes, par la masse des visceres. Elle esi enveloppée par le manteau dont la nature et la forme singulière ont pu faire croire à l'existence d’une coquille dans ce Mollusque, quoiqu'il n’y en ait réellement que l'apparence ou la forme; en effet, cette espèce de nacelle cartilagino-membraneuse dans laquelle l'animal est logé comme dans une coquille, n’est autre chose que le manteau profondément modifié dans sa nature et devenu par suite plus résistant, ce qui lui donne la forme régulière et constante qu'il présente. Si l’on ouvre, en effet, cette enveloppe, l’on voit qu'elle recouvre immédiatement le paquet des viscères ; l'ouverture antérieure, par laquelle l'animal semble sortir de cette espèce de coquille, n'est aussi qu'apparente et il n'y a encore dans ce point qu'une simple dépression du manteau qui se replie d'avant en arriére pour venir s'insérer autour de la portion cervicale de l'animal. Après avoir formé ce repli, le manteau redevient mince et transparent pour permettre les mouvements de l'animal, lorsque celui-ci se développe au dehors ou qu'il rentre dans sa cavité : comme chez les Clios et les Pneumodermes, il est aussi fermé de toutes parts, ne présentant d’autres ouvertures que celles des appareils de la digestion et de la génération (fig. 1,2).
Le manteau, dans les Euribies, n'offre donc pas seulement l'apparence singulière d’une coquille : il en a aussi les usages, puisque l'animal peut rentrer complétement et s’abriter dans sa cavité. Dans ce mou-
vement, il entraine avec lui le rebord ou repli anté-
PTÉROPODES. 245 rieur qui vient s'appliquer contre le repli postérieur, de manière à fermer complétement la dépression antérieure qui simule l'ouverture de la coquille (pl. 14, fig. 4, 5) (1).
Malgré sa consistance semi-cartilagineuse, le manteau est diaphane et laisse voir par transparence la masse intérieure des viscères. On remarque, dans son épaisseur, des lignes qui circonscrivent de petites cellules et quise dessinent en relief sur sa face interne ; sa face extérieure est au contraire régulière et lisse.
Description intérieure.
Organes de la digestion. — L'orifice buccal est terminal, comme dans les Clios et les Pneumodermes ; il est un peu ovalaire dans le sens vertical. Nous avons déja dit que cet orifice était garni inférieurement de deux appendices qui semblent être les analogues de ceux qui se trouvent sur les côtés de la bouche, dans les genres que nous venons de citer, quoiqu'on ne remarque pas de suçoirs à leur surface (pl. 15, fig. 1, Sas db):
La cavité buccale est grande et probablement un peu protractile. La langue, que l’on voit à sa partie
(4) La portion cartilagineuse du manteau, qui simule une coquille, n’adhérant à lanimal, comme nous lavons dit, que par une membrane très-mince et par quelques petits faisceaux musculaires, l’on conçoit que cette partie puisse s’en détacher assez facilement, ce qui a pu faire dire à M. Rang qu’il n'avait conserve,
de Pindividu qu'il avait recueilli, que /« coquille.
inférieure, est volumineuse et a la forme d’un ovoiïde légèrement déprimé à sa face inférieure ou adhérente ; sa face supérieure est armée de deux séries de crochets recourbés en arrière (fig. 5, 6, /').
L'œsophage, long et grêle, décrit une circonvolution à gauche, avant de s'ouvrir dans l'estomac. Ce dernier organe forme une vaste poche oblongue qui occupe la plus grande partie de la cavité viscérale et qui présente, du côté droit, une dépression dans laquelle nous avons trouvé enchässé un corps dur et jaunâtre dont nous ne saurions dire les usages (fig. 4, e, ig. 1, v, ét fig9));
L’intestin se détache de l'estomac du côté droit; il est à peu près de même calibre que l’œsophage dans toute son étendue. Après avoir décrit quelques inflexions autour de la poche stomacale, il se dirige en avant et à gauche, puis se recourbe pour aller se terminer à droite de l’appendice triangulaire qui se trouve au point de jonction des deux nageoires (fig. 4, 3, 4;4,1a).
Les glandes salivaires, au nombre de deux, sont assez volumineuses et un peu allongées ; elles viennent s'ouvrir par un Canal excréteur court et délié à la partie postérieure de la cavité buccale (fig. #4, s, s).
Le foie ne forme pas une masse distincte, mais il enveloppe de toutes parts l'estomac auquel il adhère d’une manière intime, comme dans les Clios et les Pneumodermes ; il est également formé de grumeaux Jjaunâtres qui s'ouvrent isolément à la face interne de
cet organe (fig. 4, 4, e).
Organes de la respiration. — Nous avons vu que le manteau ne présentait pas d’autres ouvertures que celles de la génération et des organes digestifs; les branchies ne peuvent donc pas être intérieures dans ces Mollusques. La nature particulière du manteau et celle des nageoires, qui sont entièrement musculaires, ne permettant pas d’assigner des fonctionsrespiratoires à ces deux parties, nous avons été conduits à considérer, comme des branchies, les longs appendices qui se trouvent placés à la partie antérieure de lanimal, en avant des nageoires. Ces parties présentent une disposition plissée et vasculaire qui ne permet presque pas de révoquer en doute leurs fonctions comme organes respiratoires, et ce qui vient encore à l'appui de cette manière de voir, c'est que M. Gaudichaud a observé sur le vivant, un mouvement de circulation bien distinct dans ces appendices.
Ces expansions branchiales offrent cela de particulier qu’elles sont tres-contractiles ; elles prennent alors la forme que nous avons représentée sur une de nos figures (fig. 7,8).
Les branchies des Euribies s’éloignent donc par leur forme et par leur position des branchies des autres Mollusques ptéropodes; elles nous paraissent constituer un des caractères les plus saillants de l'organisation de ces Mollusques.
Organes de la circulation. — Le cœur occupe la base de ces appendices, sur la ligne médiane; nous avons vu, du moins assez distinctement, dans ce
point, une petite poche transparente, ressemblant à cet organe. Il ne nous a pas été possible pourtant de saisir sa structure et ses connexions avec les vaisseaux qui en partent et qui s y rendent.
Organes de la génération. — Cet appareil offre la même disposition que dans les autres Mollusques ptéropodes.
L'ovaire ou l'organe hermaphrodite occupe le côté droit ; il est un peu allongé, granuleux, jaunâtre, présentant sur une de ses faces une scissure par laquelle s'échappe l’oviducte.
Ce canal, d’abord très-mince, se renfle bientôt comme dans les genres précédents, de manière à acquérir un diamètre trois ou quatre fois plus considérable ; il s’'amincit ensuite de nouveau et, après avoir décrit quelques sinuosités, il se jette dans le second oviducte. Le vagin, auquel vient aboutir également une vésicule très-allongée (vésicule copulatrice), vient se terminer du côté droit, sur le bord antérieur de la nageoire correspondante (fig. 4, o, z, x, x’, 0!, et fig. 3, o').
La verge est encore formée par un long tube charnu, terminé en cœcum à sa partie postérienre. Cet organe est couché à la partie supérieure et antérieure de l’animal; nous n'avons pu voir d'une manière bien distincte son orifice qui nous a semblé se trouver pourtant à peu de distance de l’autre ouverture de l'appareil générateur et non loin du tentacule du même côté (fig. 11).
PTEROPODES. 249
S) stéme musculaire ‘
Les nageoires ne paraissent formées que par un seul faisceau de fibres musculaires qui s'épanouissent et s’entre-croisent un peu à l'extrémité de ces appendices.
Le muscle rétracteur de l’animal est représenté par trois rubans musculaires, dont deux sont situés en dessus et sur les côtés, et l’autre à la partie inférieure et médiane. Chacun de ces rubans se subdivise, à son extrémité postérieure, en deux faisceaux qui viennent s'insérer à la face interne du manteau, un peu en arrière de la ligne moyenne; en avant, ils paraissent se continuer, du moins en partie, avec les muscles des nageoires (pl. 15, fig. 1, 2, 2, m, m).
Les appendices branchiaux sont aussi parcourus, dans toute leur étendue, par un petit faisceau musculaire qui sert à faire rentrer ces organes dans le manteau.
Organes des sens. — Ces organes se trouvent réduits, dans les Euribies comme dans les autres Ptéropodes, aux tentacules et à l'organe vestigiaire que nous avons signalé comme l'organe de l’ouie.
La sensibilité générale, ordinairement trés-développée dans le manteau des Mollusques, doit être tresobtuse dans les Euribies à cause des modifications que cette enveloppe a subies dans sa nature; cependant, il est probable que cette sensibilité persiste dans les parties antérieures où la peau a conservé ses caracteres, et probablement aussi dans les appendices que nous avons considérés comme les branchies.
Système nerveux. — Le collier nerveux est appliqué à la partie postérieure de la masse buccale ; il est composé de quatre paires de ganglions disposés de la manière suivante :
La première paire est formée par les ganglions sus-œæsophagiens qui sont accolés l’un à l’autre sur la ligne médiane; chacun de ces ganglions, de forme ovoide, fournit deux gros filets nerveux qui semblent partir d’un tronc commun et qui se rendent, l’externe au tentacule, l'interne à la paroi de la bouche.
Ces deux ganglions communiquent presque directement avec deux autres ganglions arrondis, situés sur les côtés du collier. De ces derniers, lexterne un peu plus volumineux que l’interne, fournit deux ou trois gros nerfs aux nageoires ; nous n'avons vu sortir aucun filet du ganglion interne.
A la jonction des deux ganglions qui précèdent, avec le ganglion sus-œsophagien, lon voit, sous la forme d’un point noirâtre, l'organe particulier que nous avons signalé dans le collier nerveux des autres Ptéropodes et que nous considérons comme le vestige de l'organe de l’ouïe dans ces Mollusques.
Le collier nerveux est complété inférieurement par une dernière paire de ganglions semblables, pour la forme et le volume, aux ganglions sus-æsophagiens ou cérébraux et accolés, comme ces derniers, sur la ligne médiane. De chacun de ces ganglions naît en dehors un gros filet nerveux qui nous a semblé se rendre à la peau et aux branchies ; le ganglion du côté gauche
fournit, de plus, tout près de la commissure qui le
réunit à son correspondant sur la ligne médiane, deux autres nerfs volumineux dont nous n’avons pu suivre le trajet, mais qui, d’après l’analogie, doivent se rendre aux viscères.
Nous trouvons donc, dans le collier nerveux des Euribies, la même composition que dans celui des autres Ptéropodes. Nous n'avons pu voir les ganglions buccaux et les nerfs qui partent de ces ganglions pour se distribuer au tube digestif; mais il est très-probable que cette partie du système nerveux existe ici comme dans la plupart des autres Mollusques.
Le genre Euribie se distinge facilement de tous les autres genres du groupe des Ptéropodes par l’ensemble de ses caractères, mais surtout par la forme singulière du manteau et la situation des branchies. Par la disposition des nageoires et du petit lobe intermédiaire qui les réunit en arrière, il se rapproche des genres précédents, tandis que par son organisation intérieure il a de plus grandes affinités avec les Clios et les Pneumodermes ; on peut donc le considérer comme établissant un passage ou un lien de transition entre les Ptéropodes nus et les Ptéropodes conchyliféres.
Les Euribies sont fort rares; nous n’en avons rapporté de notre voyage que quelques individus qui ont été recueillis par M. Gaudichaud. Ces Ptéropodes paraissent habiter les régions chaudes et tempérées; leurs mœurs et leurs habitudes ressemblent encore beaucoup
à celles des genres précédemment examinés ; comme
les Mollusques de ces genres, ils nagent toujours dans une position renversée.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, nous croyons qu'il faut rapporter au genre Euribie la Cymbulie décrite par MM. Quoy et Gaimard, sous le nom de Cymbulie de Norfolk (C. Norfolkensis) ; cette espèce constituerait une espèce différente de celle que nous faisons connaître, par les rugosités ou les petits tubercules qui hérissent la surface du manteau.
Nous sommes très-portés à croire également que le petit mollusque ptéropode sur lequel M. Rang a établi le genre Psyché, devra aussi être rangé parmi les espèces du genre Euribie, dont il se rapproche tout à fait par la forme, et dont il ne différerait que par la nature du manteau (1).
(1) D’après M. Rang, le manteau serait simplement membraneux dans les Psyches.
Ce qui nous semble venir tout à fait à l'appui de lPopinion que nous émettons ici, c’est ce que M. Rang dit dans son Manuel de Malacologie, à la suite du genre Psyché, que « M. Reynaud a rapporté de son voyage de l’Inde quelques dessins de mollusques ptéropodes qui paraissent s'y rapporter. » Ces dessins, que M. Reynaud a bien voulu nous communiquer, représentent en effet, d’une manière très-exacte, l'Euribie qui a servi à nos propres observations.
EURIBIE DE GAUDICHAUD.
Euribia Gaudichaudii, nobis.
PLANCHE 14, Ficures 1-6.
Corpus ovatum, subpellucidum, intüs aureum ; alis extensis, roses,
angustis, ad extremitatem dilatatis, basi lobo triangulart junctis.
Cette espèce, sur laquelle nous avons établi les caractères du genre, a été recueillie par M. Gaudichaud, dans l'océan Pacifique, par 20° de latitude nord et 170° de longitude est; la figure que nous en donnons a été faite d’après ses dessins.
Les nageoires sont étroites à leur origine et dilatées seulement à leur extrémité; M. Gaudichaud a vu leur bord antérieur garni de touffes de cils vibratiles sur le vivant. Ces appendices sont colorés en rose pâle. Le manteau, diaphane dans toute son étendue, présente aussi une légère teinte rosée ; la masse viscérale, brunätre dans quelques points, est de couleur rouge orangé dans ses autres parties.
La longueur de ce petit Mollusque est de six à sept millimètres ; lorsqu'il est contracté et renfermé dans la cavité du manteau, il est de la grosseur d’un pois
ordinaire.
GENRE PNEUMODERME. — Pneumodermon, Cuvier.
Ce genre a été créé par Cuvier, dans les Annales du Muséum (1), pour un petit Mollusque pélagien très-voisin des Clios, recueilli par Péron dans l'océan Atlantique. Cuvier a donné des détails assez étendus sur l’organisation du Pneumoderme qui a été aussi plus tard l’objet des recherches de M. de Blainville. MM. Quoy et Gaimard en ont fait connaitre depuis quelques espèces nouvelles, mais sans rien ajouter à ce que la science possédait déjà sur l'anatomie de ce genre. Il en est de même de M. A. d'Orbigny qui s'est borné, dans la zoologie de son voyage, à donner quelques aperçus sur les mœurs et la distribution géographique de ces Mollusques. Mais, plus récemment, M. Van Beneden à repris, sous le rapport anatomique, l'histoire du genre Pneumoderme et a donné des détails nouveaux sur quelques-unes de ses parties. Les travaux que nous venons de citer n'avaient cependant pas fait connaitre d’une manière complète ces Ptéropodes, comme le fera voir la description dans laquelle nous allons entrer.
Description extérieure.
Le corps des Pneumodermes est oblong, renflé à
(4) Annales du Muséum, tom. IV, pag. 228, pl. 59.
PTÉROPODES. 285 sa partie postérieure ou abdominale et terminé antérieurement par un autre petit renflement sphérique que forme la tête (pl. 14, fig. 7, 8, 9).
Celle-ci, bien distincte des nageoires, est percée à son centre par l'ouverture de la bouche. Sur les côtés de cet orifice, et un peu en dessus de l’axe transversal de la tête, l'on voit une fossette dans laquelle est logé un petit tentacule conique. Ces tentacules n'ont pas été indiqués par Cuvier qui a décrit sous ce nom les faisceaux de ventouses qui se trouvent sur les côtés de la bouche; il nous paraît probable que Péron et Lesueur, en assignant deux tentacules au genre Pneumoderme, ont voulu désigner les mêmes organes que Cuvier, car les véritables tentacules ne sont pas représentés sur leur figure. M. de Blainville semblerait les avoir reconnus lorsqu'il dit, à l’article PNEUMODERME, du Dictionnaire des sciences naturelles, que « la bouche «est située à l'extrémité d’une sorte de trompe rétrac- «tile, ayant à sa base un faisceau de suçoirs tentacu- « laireset pouvant se cacher dans une espèce de prépuce « qui porte en dehors deux petits tentacules (1). » Cependant, d’après un autre passage du même article, dans lequel M. de Blainville dit que ces tentacules se trouvent vers l'ouverture de la trompe, et, d’après la figure du Pneumoderme qui se trouve dans son Manuel de Malacologie (2), il est permis d’avoir quelque doute à ce sujet. Enfin, ces organes ont encore été passés sous
(4) Dict. des sciences naturelles, tom. XIIT, pag. 42. (2) Manuel de Malacologie, pl. 46, fig. 4.
silence par MM. Rang, Quoy et Gaimard (1), À. d'Orbigny et tous les autres naturalistes qui ont parlé de ce genre de Mollusques (pl. 15, fig. 13, 14, 15, €).
Outre ces tentacules, qui correspondent aux tentacules labiaux de la plupart des Gastéropodes, et que uous appellerons £entacules antérieurs, 1 existe encore supérieurement et à la partie postérieure de la tête, deux autres tentacules très-petits, comme bifides, que nous désignerons sous le nom de tentacules postérieurs ou supérieurs. Ces derniers tentacules, qui sont rétractiles comme les précédents, n’ont encore été signalés dans les Pneumodermes par aucun raturaliste (pl. 45, fig. 14, 4).
Au côté droit de la tête et à peu de distance du bord antérieur de la nageoiïire correspondante, l'on voit un tubercule saillant, percé d’un orifice par lequel sort la verge. Péron et Lesueur ont bien indiqué ceite ouverture dans la figure qu’ils ont donnée du Pneumoderme (pl. 14, fig. 9, et pl. 15, fig, 44, v').
La tête est séparée de la partie postérieure ou abdominale de l’animal par un rétrécissement que lon peut regarder comme le cou ou comme une espèce de thorax, d'après M. de Blainville. Cette partie offre également, du côté droit, une petite saillie déterminée par l'orifice postérieur de l'appareil générateur
(1) 11 nous paraît cependant que MM. Quoy et Gaimard ont vu ces tentacules dans une des espèces qu’ils ont figurées (pl. 20 de la Zoologie du Vor. de l'Astrolabe, fig. 21, 22); ils les indiquent même dans le texte comme deux petites cornes dont serait muni
le tubercule céphalique.
PTÉROPODES. 257 (pl. 15, fig. 14, 0"); latéralement, elle donne insertion aux nageoires (4).
Celles-ci sont médiocrement grandes et de forme un peu variable suivant les espèces ; elles sont formées de plusieurs couches musculaires dont les fibres serrées et régulièrement disposées ont pu faire croire, comme dans d’autres Ptéropodes, à l'existence d’un réseau branchial sur ces appendices (pl. 14, fig. 7, etc.).
Cette partie thoracique de l'animal présente encore inférieurement un appendice médian, symétrique, qui semble n'être, en arrière, qu’un prolongement de la portion céphalique, d’où l'expression de menton employée par Cuvier pour le désigner ; anterieurement, le même appendice est formé par deux replis membraneux, ovalaires, réunis et fixés sur la ligne médiane en avant, libres dans le reste de leur étendue. II n'ya point d'ouverture entre ces deux replis, comme l’a cru Cuvier et comme paraissent l'avoir admis après lui d’autres zoologistes ( pl. 14, fig. 8, 9, 13).
Cet appendice est tout à fait analogue, par sa position et par sa forme, au pied des Mollusques gastéropodes; il n'est seulement plus propre à la reptation,
(4) Il conviendrait peut-être de ne donner le nom de »«geotres qu'aux appendices natatoires des Pneumodermes, des Clios et autres Ptéropodes de la même famille, qui sont pourvus, entre ces appendices, d’un veritable pied rudimentaire ; pour les Hyales , les Cléodores , etc., chez lesquelles les nageoires ne sont, comme nous l’avons fait voir, que les expansions latérales du pied même, il serait plus rationnel de désigner celles-ci sous les noms de lobes du pied, ainsi que l’a déjà fait M. de Blainville.
3onite. — Zool. Tome IT, Partie I. 17
l'animal étant pourvu d'organes accessoires pour un autre mode de locomotion ; ses usages paraissent être semblables à ceux du pied des Atlantes, desFiroles, etc., qui, comme on le sait, est transformé en ventouse dans une partie de son étendue et sert à ces Mollusques pour se fixer aux corps qu'ils rencontrent. Nous avons vu, en effet, les Pneumodermes que nous conservions dans des vases, s’aitacher très-fortement à leurs parois au moyen de cet organe.
La partie postérieure où abdominale du corps des Pneumodermes, plus volumineuse que celle que nous venons de décrire et de forme ovoïde, est débordée postérieurement par les feuillets membraneux qui portent les branchies. En avant de ces feuillets, l’on voit, du côté droit, une autre partie saillante dont les auteurs ont donné des déterminations trés-différentes ; en effet, Cuvier l’a considérée comme le tronc de la veine branchiale; M. de Blainville, comme le rectum; enfin, M. Van Beneden, qui décrit une dépression dans ce point, pense que la peau pourrait y être modifiée en organe respiratoire. Cette dernière opinion est celle qui se rapproche le plus de la vérité, quoique M. Van Beneden n'ait pourtant pas reconnu la véritable disposition de cette partie, comme nous le verrons en parlant des branchies. Le manteau, plus transparent dans ce point, laisse voir le ventricule du cœur et une partie de l’oreillette (pl. 14, fig. 7, 8, 9, etc, et pl. 15, he. 40, 5, c).
L'anus est situé du même côté, mais un peu plus
en dessous, à peu de distance de la nageoire; cet ori-
lice forme ordinairement un petit bourrelet plus ou moins saillant ( pl. 44, fig. 8, 9, 12, 13).
Les deux parties que nous venons de décrire sont séparées à l’intérieur par une cloison membraneuse, formant une espèce de diaphragme que traversent le canal intestinal, les glandes salivaires, les nerfs de la partie postérieure du corps et l’aorte(pl. 15, fig. 13, 29, 30).
Le manteau est fermé à sa partie antérieure et ne présente pas d’autres ouvertures que celles des organes de la digestion et de la génération. La poche qu'il forme étant beaucoup plus ample que la masse des viscères, l'animal peut, en se contractant. faire rentrer un peu la partie antérieure du corps dans sa cavité, comme l’a déjà fait remarquer M. de Blainville.
En examinant la peau du Pneumoderme à un faible grossissement, on voit qu'elle est doublée, à sa face interne, d'une couche de cryptes muqueux qui la font paraître comme granuleuse. Ces cryptes deviennent plus rares à la partie antérieure de l'animal; ils ver-
sent à la surface de la peau une mucosité très-abon-
dante (pl. 15, fig. 44).
Description intérieure.
Organes de la digestion. — Nous avons déjà dit que la bouche était terminale et s’ouvrait au centre de la tête ; elle est verticale et n'offre à son pourtour ni bourrelets ni replis labiaux (pl. 15, fig. 14, 15, 0'). Mais à l'entrée de la cavité buccale l’on voit, de cha-
que côté, un appendice membraneux sur lequel s’im-
plantent, en nombre variable, de petits suçoirs pédiculés, un peu semblables à ceux qui garnissent les bras des céphalopodes. On compte ordinairement cinq ou six de ces suçoirs sur chaque appendice; mais, d’autres fois, leur nombre est beaucoup plus considérable et ils forment alors comme deux touffes où panaches sur les côtés de la bouche (pl. 14, fig. 12, 13, 14,et pl 415;fis 417). (Cuvier; et presque tous les zoologistes après lui, ont considéré ces parties comme des organes tentaculaires; mais nous croyons qu'on doit plutôt les regarder comme des organes de préhension, et par conséquent comme des annexes de la bouche (1).
La masse buccale est très-grande et occupe toute la longueur de la portion antérieure ou céphalo-thoracique de l'animal qui peut la développer au dehors à la manière d’une trompe ( pl. 14, fig. 42, 13, 14, et pl. 15, fig. 13, 17, e); ses parois sont épaisses, musculaires et sillonnées par des rides circulaires.
Au fond de la cavité buccale, l’on voit inférieurement une saillie assez considérable formée par la langue. Celle-ci, de forme ovoide, échancrée en arrière et en avant sur la ligne médiane, est recouverte à sa partie antérieure d’une lame cornée sur laquelle s'implantent, de chaque côté, quatre rangs de crochets recourbés en dedans et en arrière (pl. 15, fig. 48, 7,
et fig: 22; 23 ):
(1) Nous avons vu quelquefois ces mollusques se fixer très-fortement, au moyen de ces sucoirs, sur les parois des vases dans lesquels nous les tenions enfermés.
L'on voit encore au fond de la cavite buccale, sur les côtés de la langue, deux petits orifices un peu saillants qui conduisent dans deux appendices considérables, cylindriques, se prolongeant dans la cavité abdominale et réunis par une petite bride celluleuse à leur extrémité postérieure. Cuvier n'a fait qu'indiquer ces parties dont il dit ignorer les usages; M. Van Beneden, qui les appelle cœcums de la bouche, les a mieux fait connaître, quoique la description qu'il en a donnée ne soit cependant pas complétement exacte (pl. 15; fig, 13, 17, 18, 9).
En étudiant ces appendices, de l'extérieur à l'intérieur, on rencontre d’abord une couche musculaire assez mince dont les fibres sont longitudinales ; en dessous de cette première couche, s'en trouve une autre de même nature, mais à fibres circulaires et beaucoup plus épaisse que la précédente (fig. 19) ; cette dernière couche circonscrit une cavité intérieure qui occupe toute la longueur de l'appendice et qui est terminée en cul-de-sac à son extrémité postérieure. Cette cavité reçoit librement, dans toute son étendue, un second tube qui n’est pas de nature cornée, comme l'a cru M. Van Beneden, mais qui nous a semblé constitué encore par deux couches distinctes, l’une extérieure musculaire, l’autre intérieure dense et tapissée à sa face interne de crochets cornés que l’on voit par transparence à travers ces deux couches (fig. 19). Ces appendices sont donc formés de deux tubes emboîtés l'un dans l’autre, fermés et libres postérieurement,
tandis qu'ils sont unis par leurs bords antérieure-
ment , de telle sorte que le tube intérieur ne peut se développer au dehors qu’en se renversantsur lui-même, comme un doigt de gant, et par un mécanisme entièrement semblable à celui par lequel la masse buccale devient aussi extérieure, en formant une espèce de trompe. Les crochets qui étaient intérieurs, deviennent ainsi extérieurs et recouvrent toute la surface de ces tubes, à la partie interne desquels ils sont un peu plus grands et disposés d’une manière plus serrée (fig. 13 et 14 de la pl. 14, et pl. 15, fig. 20, 21). Lorsque l'animal veut se servir de ces organes, il déroule successivement la masse buccale et ces appendices qui rentrent ensuite dans le même ordre, de sorte qu'il ne reste plus au fond de la cavité buccale que l’étroit orifice du tube intérieur, par lequel on voit sortir quelques-uns des crochets cornés qui arment sa face intérieure. Ces parties ont été décrites différemment par M. Van Beneden qui n’a pas bien reconnu leur véritable mécanisme.
L'œsophage, d’un calibre peu considérable, a des parois très-minces. Lorsque la masse buccale est rentrée, il remonte d’abord un peu en avant pour aller traverser l'anneau nerveux; il se dirige ensuite en arrière pour se rendre à l'estomac.
Ce dernier organe, entièrement membraneux et enveloppé de toutes parts par le foie, forme une vaste poche oblongue qui occupe une grande partie de la cavité viscérale.
L'intestin nait à droite de l'estomac, à peu de
distance de son ouverture œsophagienne, de sorte
qu'on peut considérer toute la partie postérieure de cet organe comme un vaste cul-de-sac un peu analogue à celui que présente l'estomac chez l'homme. Le diamètre de cet intestin est à peu près le même que celui de l’œsophage, mais ses parois ont une épaisseur plus considérable. Immédiatement après sa naissance, 1l se dirige directement en avant, en passant au-dessus de l'oviducte, et vient se terminer inférieurement et du côté droit, comme nous l’avons dit, à peu de distance du bord postérieur de la nageoire (pl. 15, fig. 48, 17, ete)
Les glandes salivaires, au nombre de deux, sont très-longues et traversent l'anneau nerveux en même temps que l’œsophage qu’elles accompagnent Jusque dans la cavité abdominale. Elles se terminent par un canal excréteur long et grêle qui présente un petit renflement ovoide sur son trajet et vient aboutir sur les côtés de la langue.
Nous avons déjà dit que le foie ne formait pas une masse distincte, mais qu'il enveloppait l'estomac auquel il adhère d’une manière intime et dans lequel il verse la bile par un grand nombre de petits orifices.
Organes de la respiration. — Les branchies sont bien certainement situées à la partie postérieure de l'animal, comme l’a dit Cuvier ; la disposition du manteau et la situation du cœur ne peuvent laisser du doute sur cette détermination qui n'a pourtant pas été acceptée par tous les zoologistes.
Les auteurs disent assez généralement que ces bran-
chies sont formées par deux lignes saillantes en forme de )( adossés et réunis par une barre transversale ; mais cette disposition n'est pas la véritable. L'extrémité postérieure de l'animal est débordée par quatre feuillets membraneux dont deux, l’un supérieur et l'autre inférieur, sont en effet disposés en forme de © adossés; ces deux feuillets sont réunis par deux autres feuillets latéraux qui circonscrivent avec les précédents un intervalle quadrangulaire dans lequel se voit l'extrémité arrondie de l'animal; c'est cette extrémité de l'animal qui forme en arrière /e petit corps en forme de grain d'orge dont parle M. de Blainville. Les feuillets verticaux sont simples, mais les deux feuillets horizontaux sont garnis sur chacune de leurs faces, c’est-à-dire en dessus et en dessous, d’autres petits feuillets serrés et disposés comme les folioles, dans les feuilles que les botanistes appellent pennees ; ce sont les feuillets branchiaux proprement dits (pl. 15, fig. 41, 42, b, b).
Outre ces branchies postérieures, le manteau présente encore, du côté droit, un repli saillant, de forme triangulaire , dont nous avons déja parlé, et qui est garni à sa surface de petits feuillets tout à fait semblables à ceux que nous venons de décrire (pl. 15,
fig. 40, b).
Organes de la circulation. — Le cœur est placé à la partie postérieure de la cavité abdominale, du côté droit, en dedans du feuillet branchial dont nous ve-
nons de parler; il est logé dans un large péricarde qui
PTÉROPODES. 265 adhère d’une manière assez intime à la face interne du manteau. L'oreillette, située à sa partie postérieure, est grande, à parois minces et laissant voir seulement par transparence quelques fibres musculaires diversement entre-croisées; elle se continue en arrière avec deux vaisseaux volumineux qui rapportent le sang des branchies (pl. 15, fig. 43, g). Le ventricule, qui lui est contigu en avant, a ses parois beaucoup plus épaisses et un aspect pyriforme (fig. 29, 43, c). L'aorte, qui nait de sa partie antérieure , continue à se porter dans la même direction, et se divise bientôt en deux troncs principaux; l’un qui se jette immédiatement dans la masse viscérale, l’autre qui va se distribuer surtout à la tète et aux nageoires ( fig. 29, 43, æ). Nous n'avons pas trouvé, sur le trajet de ce vaisseau , le renflement en forme de bulbe qui a été figuré par M. Van Beneden.
Orcanes de la sénération. — La disposition géné- 5 £ £ rale de cet appareil est comme dans les autres Ptéro- , \ . , .
podes, c’est-à-dire que les deux sexes sont réunis et que la verge se trouve tout à fait isolée à la partie antérieure de l'animal.
L'organe que nous regardons comme réunissant les fonctions de l’ovaire et du testicule, forme une masse
assez considérable , d'apparence granuleuse, qui occupe le fond de la cavité viscérale et qui est divisé en lobes bien distincts par des scissures profondes. Son Ï Ï
canal excréteur, qui nait d’une de ces scissures, est
d'abord tres-gréle ; mais il se renfle bientôt, comme
dans les genres précédents et, après avoir décrit quelques inflexions , il diminue de nouveau de calibre pour se jeter dans une masse globuleuse formée par les circonvolutions de l'utérus ou second oviducte. L'appareil vient se terminer, comme nous l'avons déjà dit, sur le côté droit du cou, à l’origine et non loin du bord postérieur de la nageoire ; un repli de la peau, assez saillant, s'étend de cette ouverture atcelleide larverse (pl:15, he. 13; 26/0}, r, dioi):
Le conduit de terminaison ou le vagin reçoit encore le canal d’une vésicule allongée qui vient s’y aboucher vers le milieu de son trajet (fig. 26, x’, et ue.227):
La verge est formée par un gros tube charnu replié dans l’intérieur de la tête et dont l'ouverture est du côté droit, à l'endroit que nous avons déjà indiqué. Son muscle rétracteur est représenté par une série de petits faisceaux musculaires qui viennent s’insérer le long de sa partie postérieure (fig. 13, 29, v, v, et
fig. 28).
Système musculaire. — Le manteau est doublé, dans les Pneumodermes, d’une couche musculaire à fibres longitudinales qui se réunissent quelquefois en faisceaux distincts, surtout sur les parties latérales. Ces faisceaux de fibres se fixent aux extrémités antérieure et postérieure de l'animal et adhérent en outre à la peau dans toute leur étendue. Leur contraction a pour effet de faire rentrer jusqu'à un certain point la partie an-
térieure du COrps dans la postérieure.
Les nageoires sont constituées par quatre plans de fibres, formant deux couches séparées par un intervalle celluleux dans lequel se ramifient les nerfs et les vaisseaux qui se distribuent à ces appendices. Chacune de ces couches se compose de fibres superficielles dirigées de dedans en dehors et d’arrière en avant, et de fibres profondes qui croisent les précédentes de manière à circonscrire par cet entre-croisement de petits espaces en forme de losanges. Ces fibres nous ont paru se continuer d’un côté à l’autre de l'animal, en formant au centre de sa portion cervicale une espèce de grillage en dessous duquel se retire en partie la verge (fig. 13, 29, 30).
Les tentacules antérieurs sont pourvus chacun de quatre petits faisceaux musculaires qui vont s'implanter en rayonnant sur les parties voisines, et qui ont pour usage de faire rentrer ces organes dans la cavité qui les renferme.
Enfin, l’on voit encore à la partie postérieure de la verge, une série de petits faisceaux musculaires qui agissent comme muscles rétracteurs de cet organe. Ces faisceaux prennent leur insertion en dedans de la tête, du côté gauche.
Système nerveux. — Ce système présente une disposition un peu plus compliquée que celle que nous avons déjà décrite dans les Ptéropodes étudiés précédemment.
Par suite de la longueur que présente la masse buc-
cale , le collier nerveux se trouve rejeté très en arrière,
non loin de la cloison diaphragmatique qui sépare la partie antérieure de l'animal de la cavité viscérale. Il se compose de quatre paires de ganglions disposés de la maniere suivante :
Les ganglions de la première paire ou les ganglions cérebraux sont accolés l’un à l’autre sur la ligne médiane et sont par conséquent placés en dessus de l'œsophage. Chacun de ces ganglions, de forme ovoide, donne naissance à six nerfs dont trois, plus volumineux que les autres, partent de son bord antérieur, deux autres de sa face supérieure, et le dernier de son bord externe. Des trois nerfs antérieurs, le plus interne se perd dans les parois de la bouche ; le second, aprés avoir fourni en dehors un filet assez considérable qui se rend à la peau des lèvres, va se distribuer aux faisceaux de ventouses qui occupent les côtés de la bouche et fournit probablement des filets tres-déliés pour chacun de ces organes; le troisième nerf, qui est le plus volumineux, se rend directement au tentacule antérieur qu'il pénètre par la base. Ce dernier est souvent accolé au précédent à son origine, et semble naître d’un tronc commun avec lui; c’est probablement ce même nerf qui a été considéré par M. Van Beneden comme le nerf optique (pl. 15, fig, 29, 30, 32, 34, 35).
Les deux filets nerveux qui naissent de la face supérieure des ganglions cérébraux, beaucoup plus fins que les précédents, se rendent au tentacule postérieur. Enfin, le filet externe, qui prend son origine un
peu en dessous, dans l'intervalle des deux commis-
sures qui unissent le ganglion cerébral aux ganglions sous-œsophagiens, est très-long, grêle, et aboutit au ganglion buccal, que M. Van Beneden désigne sous le nom de ganglion stomato-gastrique (pl. 15, fig. 32, 34, 35).
Ce dernier ganglion est situé en arrière de la masse buccale, entre ses deux appendices postérieurs; il ne présente pas la même forme que dans les genres précédents, mais il est géminé ou divisé en deux parties symétriques et latérales par un sillon médian; M. Van Beneden dit cependant l'avoir vu former une petite masse arrondie, sans indice de rainure médiane. De chaque côté de ce ganglion partent trois filets nerveux dont les postérieurs ne sont autres que les filets de commissure qui unissent le ganglion buccal au ganghon cérébral; le filet médian, après avoir contourné les appendices buccaux, vient se perdre sur les côtés de la langue (1); enfin, le filet antérieur se distribue en partie aux appendices de la bouche, et en partie aux parois de la cavité buccale (pl. 15, fig. 31, 38).
Le ganglion buccal fournit encore par son bord antérieur un nerf médian qui se rend à la langue, et deux autres nerfs latéraux qui se renflent sur leur trajet et donnent un assez grand nombre de filets à la bouche, aux glandes salivaires et à l'œsophage (pl. 15, fig. 31, 38).
Le collier nerveux est composé, à sa partie infé-
(1) La disposition de ce filet nerveux, donnée par M. Van Bene-
den, est inexacte.
rieure, de trois paires de ganglions qui sont disposés de la manière suivante.
Les ganglions de la première paire, qui sont les plus antérieurs , sont réunis sur la ligne médiane par une commissure très-courte ; ces ganglions, volumineux et de forme arrondie, fournissent une assez grande quantité de nerfs qui naissent, les uns de leur bord antérieur, les autres de leur partie postérieure. Du bord antérieur se détachent d’abord en dedans et un peu en dessous, trois gros nerfs qui se touchent à leur origine et qui, après un trajet très-court, se jettent dans les nageoires auxquelles ils se distribuent; en dehors de ces nerfs, mais plus en dessus, naît un autre nerf volumineux qui se porte directement en avant et se divise ensuite en plusieurs filets qui pénètrent immédiatement dans l’'appendice pédiforme ; enfin , plus en dehors, l’on voit encore sortir de ce ganglion deux nerfs dont un, assez gros, se distribue, en se ramifiant, jusqu'aux parties antérieures de la tête, et l’autre très-fin se perd bientôt dans les parties voisines. Par leur bord postérieur, ces ganglions fournissent trois autres filets nerveux qui s’anastomosent entre eux et qui se distribuent également aux parties environnantes (pl. 15, fig. 30, 36, 37). Tous les nerfs fournis par ces ganglions nous ont paru se distribuer exclusivement à des parties musculaires.
Les ganglions qui forment la seconde paire de ganglions sous-æsophagiens, sont situés en arrière et en dehors des précédents dont ils ne sont séparés que par
un simple étranglement; ces ganglions, très-petits,
fournissent chacun un seul nerf qui nous a semblé se rendre à l'appareil de la génération (pl. 15, fig. 29, 30, 37).
Les deux paires de ganglions que nous venons de décrire, communiquent chacune avec les ganglions sus-œæsophagiens ou cérébraux par une commissure assez longue, rubanée, qui complète l’anneau nerveux sur les parties latérales (fig. 29, 32, 33).
La troisième paire de ganglions sous-œæsophagiens est située en arrière des précédentes ; les ganglions qui la composent, séparés par un simple rétrécissement sur la ligne médiane, sont plus volumineux que ceux de la seconde paire avec lesquels ils communiquent en avant par une commissure assez longue. Chacun de ces ganglions fournit en dehors un nerf qui se porte , en se ramifiant, sur les côtés et en arrière, presque jusqu'à l'extrémité postérieure de l’animal; ce nerf semble se perdre dans les couches de la peau. Le ganglion gauche fournit en outre, tout près du sillon qui le sépare de son correspondant, deux autres nerfs volumineux dont le plus externe nous a paru se rendre aux branchies, et l’interne, qui a un trajet moins étendu, aux organes viscéraux et surtout à ceux de la génération. Nous avons vu distinctement une de ses branches se jeter dans l’aorte(fig.29, 36, 37).
Au point de réunion des deux paires antérieures de ganglions sous-œæsophagiens se trouve l'organe auditif, sous la forme d'une petite poche transparente, avec un point noirâtre au centre. Cette partie centrale est
constituée, comme nous l'avons déja dit, par une seconde poche ou capsule contenant un grand nombre de petits cristaux de formes variables (fig. 52, 36, 34,7, ebhb::99):
Tous les ganglions présentent intérieurement, lorsqu'on les examine à un grossissement un peu fort, des granulations ou de petits globules arrondis qui nous ont paru plus volumineux dans les ganglions sousœsophagiens que dans les ganglions sus-æsophagiens
ou cérébraux.
Le genre Pneumoderme, tres-voisin du genre Clio, s’en distingue d’une manière tranchée par la forme et la position des branchies, ainsi que par les appendices buccaux qui offrent une disposition et une structure tout à fait différentes.
M. d'Orbigny a proposé, sous le nom de Spongiobranche, un genre très-voisin du genre Pneumoderme, mais sur la réalité duquel nous croyons pouvoir émettre quelques doutes ; en effet, des deux espèces placées dans ce genre par ce naturaliste, l’une, le Spo/rgiobranche austral (S. australis), nous paraît n'être qu’un pneumoderme dont les branchies ont été observées dans un état de contraction, et l’autre , le Sponzgtiobranche allongé (S. elongata)nous semble n'être aussi qu'une espèce de Clio, très-voisine d’une espèce nouvelle que nous faisons connaitre.
Les mollusques qui composent ce genre paraissent appartenir seulement aux régions chaudeset tempérées ;
ils sont assez communs dans l'océan Atlantique ; MM. Quoy et Gaimard en ont recueilli deux espèces dans les mers des îles Moluques ; M. Vérany en a trouvé une autre espèce très-abondante aux environs de Nice, dans la Méditerranée.
Les Pneumodermes vivent ordinairement en troupes nombreuses ; ils nagent avec beaucoup de vitesse, non plus dans une position renversée, comme les Cléodores, les Hyales, etc., mais dans leur position véritable, c'est-à-dire la face inférieure ou ventrale du corps tournée en bas. Nous avons déjà dit qu'ils pouvaient se fixer assez fortement au moyen de leur pied rudimentaire , ou à l’aide des suçoirs qui recouvrent les appendices buccaux.
Bonite, — Zool. Tome IT, Partie 1, 18
Es
PNEUMODERME DE PERON.
Pneumodermon Peronit, Lamarck.
PLANCHE 44, Ficures 7-16.
Corpus oblongum , Juscum, violaceum , posticè rotundatum , anticé
coarctatum et capite globoso terminatum ; alis cordiformibus.
Tous les détails que nous avons donnés précédemment sur le genre Pneumoderme s'appliquent à cette espèce qui a seule servi à nos observations.
Le corps de ce Pneumoderme est d’une couleur brune violacée, plus foncée à la tête; les nageoires et les membranes branchiales sont blanches et transparentes.
Sa longueur est de vingt-cinq millimètres environ.
Cette espèce est commune dans l'océan Atlantique où nous l’avons recueillie en grande quantité dans une étendue de 14° environ, depuis le 2° degré de latitude sud, jusqu'au 12° degré de latitude nord, et par une longitude variable du 17° au 26° degré ouest.
PTÉROPODES. a
GENRE CLIO. — Clio, Linné.
Les Mollusques que les zoologistes désignent au-
jourd’hui sous le nom de Clios (1), ont été signalés pour la première fois par F. Martens, dans son Voyage au Spitzberg et au Groënland publié en 1675. Longtemps après Pallas, dans ses Spicrlegia zoologica (2), en donna une description assez exacte; mais, c'est Cuvier qui le premier, dans son mémoire sur le Clio borealis (3), a fait connaitre leur organisation intérieure et a établi leurs véritables affinités, en les rapprochant des Hyales et des Pneumodermes.
M. de Blainville reprit un peu plus tard l’étude de ce genre qu'il décrivit, sous certains rapports, d’une maniere plus complète que ne l'avait fait Cuvier, et il en donna une assez bonne figure qui a été reproduite dans la plupart des ouvrages de zoologie (4).
Les voyageurs qui ont parlé depuis de ces mollusques, MM. Quoy et Gaimard, Rang, etc., se sont bornés à en faire connaître quelques espèces nouvelles ; dans ces dernières années seulement, M. Eschc-
(4) Nous avons déjà vu que ce nom avait été donné originairement par Brown aux mollusques Ptéropodes dont Péron et Lesueur ont fait plus tard leur genre Cléodore.
(2) Fascicule X, pag. 28, tab. 1, fig. 18-19.
(3) Annales du Muséum, tom. T, pag. 242.
(4) Bulletin de la Société philomatique, novemb. 1814. — Manucl de malacologie, pl. 46, fig. 2.
richt, professeur à l'université de Copenhague, à publié sur le Clio boréal, le type du genre, un mémoire très-détaillé dans lequel il a déerit ce mollusque et son organisation intérieure d’une manière complète (1). Nous avons pu étudier aussi le genre Clio sur la même espèce, d’après quelques individus parfaitement conservés que M. de Blainville a bien voulu mettre à notre disposition, et sur une autre petite espèce qui nous a paru nouvelle et que nous avons recueillie dans l'océan Atlantique. Les recherches que nous avons faites sur ces mollusques nous permettent donc de compléter, sous ce rapport, nos observations sur le
groupe des Ptéropodes.
Description exterieure.
La forme générale du corps, chez les Clios, est la même que chez les Pneumodermes; la partie postérieure où abdominale de l’animal se termine seulement en une espèce de queue plus ou moins allongée, et n'offre plus les feuillets membraneux qui portent les branchies.
La tête, qui forme également un petit renflement sphérique à l'extrémité antérieure de l'animal, est munie de deux paires de tentacules disposés de la même maniere que chez les Pneumodermes.
Les tentacules antérieurs sont assez longs et grêles, du moins dans le Clio boréal, ce qui les a fait dési-
(1) Aratomische untersuchungen über die Clione borealis. Copen-
hague, 1838.
PTÉROPODES. 277 gner par Pallas, qui les a bien indiqués, sous le nom de Papillæ carneæ. Ces tentacules sont rétractiles et peuvent se retirer entièrement dans l’intérieur de la tête ; on conçoit donc qu'ils aient pu échapper ainsi aux recherches des zoologistes qui ont étudié ces mollusques ; mais la place qu'ils occupent est toujours marquée par une petite fossette dans laquelle ils sont logés et qui se voit sur les côtés de la bouche. Cuvier, qui a bien reconnu et figuré cette fossette, n'a pourtant pas décrit les tentacules dont nous parlons iei et a désigné sous ce nom, comme l'ont fait la plupart des zoologistes, d’autres appendices qui doivent en être distingués, ainsi que nous le verrons par la suite (plis, he. 1,2,9, 4,0).
Les tentacules postérieurs sont simples et non bifides comme dans les Preumodermes. Ce sont ces derniers tentacules que M. le professeur Eschcricht , qui les a signalés le premier dans les Clios, a décrit comme des organes oculifères; mais, il nous a été impossible de reconnaitre les yeux qui ont été figurés par cet anatomiste au sommet de ces organes (fig. 1, 2, 3,4, L) (1):
La tête n’est séparée de la partie postérieure du
(1) 11 nous parait fort probable que ce sont ces mêmes tentacules qui ont été pris pour des yeux par quelques autres zoologistes, et surtout par M. de Blainville (art. Clio, du Dict, des se. atur., tom. IX, pag. 405). En effet, lorsque ces tentacules, qui sont rétractiles comme les tentacules antérieurs, sont rentrés dans la petite fossette qui les contient, l’on ne voit plus en dessus de la tête, à la place qu'ils occupaient, que deux petits points noirs qui
ont pu être pris facilement pour des points oculaires.
corps que par un simple étranglement ou rétrécissement dans le Clio boréal ; mais, dans d’autres espèces, celle, par exemple, que nous faisons connaire, le renflement céphalique et la portion abdominale de Panimal sont réunis par une sorte de cou allongé, comme dans les Pneumodermes. Il n’y a donc pas, sous ce rapport, de différence essentielle entre les deux genres. Le pied rudimentaire qui se trouve placé en dessous de cette partie cervicale , les nageoires qui s’inserent sur ses côtés, les orifices de l'appareil générateur, celui de l'intestin , le manteau, etc., rappellent encore tout à fait ce que nous avons déjà décrit dans les Pneumodermes (fig. 3, 4, v', 0!, a).
Description intérieure.
La bouche est terminale et verticale comme chez les Pneumodermes ; mais la conformation de ses diverses parties diffère d'une manière assez tranchée de ce qui existe chez ces derniers mollusques (pl. 45 üs, fig. 5, 0').
Sur les côtés de cette ouverture , se trouvent des appendices de forme conique dont le nombre semble varier suivant les espèces; ainsi, il y en a trois, de chaque côté, dans le Clio boréal, et deux seulement dans la nouvelle espèce que nous faisons connaître. Ces appendices, qui couronnent la tête comme les bras des céphalopodes, ne sont pas toujours apparents ; ils peuvent étre entièrement cachés par un repli
de la peau qui forme, suivant l'expression de Pallas,
une sorte de prépuce. Presque tous les auteurs ont considéré ces organes comme des tentacules ; mais ils nous paraissent correspondre tout à fait aux faisceaux de ventouses qui occupent les côtés de la bouche dans les Pneumodermes; d’après M. le professeur Eschcricht, qui a déja émis cette manière de voir, la ressemblance serait même complète, car la surface de ces appendices serait recouverte de petites touffes de ventouses microscopiques qui ont été figurées par ce naturaliste. Ces parties, qui ne peuvent être bien vues que sur le vivant, ont été cependant reconnues par nous d'une maniere assez distincte, sur le C/70 boréal, comme nous l'avons montré sur une de nos figures (fig. 6); nous les avons vues d’une manière beaucoup plus apparente sur l'espèce que nous avons observée vivante, le Cho longue-queue, malgré la très-petite taille de cette espèce (pl. 14, fig. 20).
Les appendices buccaux dont nous venons de parler , ont été décrits par Pallas qui les a désignés sous le nom de tentacula carnosa; Cuvier, ainsi que nous l'avons déjà dit, les a confondus avec les véritables tentacules; ils ont été bien figurés pour la première fois par M. de Blainville.
La cavité buccale est beaucoup moins grande que dans les Pneumodermes; elle peut également se renverser au dehors et former ainsi une espèce de trompe. À sa partie inférieure se voit une langue assez volumineuse dont l'extrémité antérieure , rétrécie en pointe et tout à fait libre, s'’avance jusqu'auprès de l’ouverture de la bouche et présente supérieurement un petit
espace recouvert d’une grande quantité de crochets cornés et recourbés en arrière (pl. 15 bis, fig. 10, /').
Sur les côtés de la cavité buccale se trouvent, comme chez les Pneumodermes, des organes pour la mastication dont la structure diffère cependant beaucoup de celle que nous avons décrite dans ces derniers mollusques. Ces organes sont représentés par deux espèces de mächoirescharnues, sur lesquelless’implantent antérieurement un grand nombre de dents cornées et disposées comme l’indiquent nos figures (pl. 45 Os, fig. 44, 12, 13); les màâchoires, elles-mêmes, sont contenues dans des enfoncements, en forme de cœcums, qui viennent s'ouvrir à peu de distance du bord antérieur de la bouche. Ces parties, que Pallas et Fabricius paraissent avoir entrevues , que Cuvier a complétement passées sous silence, dont M. de Blainville ne parle que vaguement, ont été bien décrites et figurées pour la première fois par M. Eschcricht, dans le mémoire que nous avons déjà cité (fig. 9, 10, o).
L'appareil digestif ne diffère pas, dans ses autres parties, de celui des Pneumodermes; les glandes salivaires n'offrent seulement pas le petit renflement ovoide qui, dans ces derniers mollusques, se trouve sur le trajet de leur canal excréteur (fig. 8, 9, s, «,e, à, a).
Nous avons déjà dit que l'anus s’ouvrait également en dessous de l'animal et du côté droit, à peu de distance du bord postérieur de la nageoiïre correspondante (fig. 3, 4, a).
Organes de la respiration. — La détermination des
branchies donnée par Cuvier et admise pendant longtemps par les zoologistes, a été reconnue inexacte depuis; M. de Blainville, le premier, l'avait révoquee en doute, et, plus récemment, M. Eschericht a fait voir que le prétendu réseau vasculaire que Cuvier avait cru voir à la surface des nageoires n'existait pas, et que ce célèbre naturaliste avait pris pour des vaisseaux les fibres musculaires qui forment les couches superficielles de ces appendices. On retrouve en effet ces mêmes stries dans tous les autres Ptéropodes, dans les Pneumodermes, dans les Hyales, etc., bien que, chez ces mollusques, on ne les ait pas regardées comme des ramifications vasculaires. M. Eschcricht a fait remarquer aussi que le vaisseau décrit par Cuvier comme la veine branchiale, n’était autre chose que l'aorte qui se bifurque en avant pour se rendre aux deux nageoires.
Mais, s’il est bien démontré aujourd’hui que ces expansions natatoires sont tout à fait étrangères aux fonctions de la respiration, on n’a pu déterminer encore, avec la même certitude, quelles sont les parties qui doivent étre regardées comme des organes respiratoires. M. Eschcricht dit que «l’on voit, dans la partie abdominale de l'animal, des cavités distinctes formées d’une peau très-fine et remplies d’un liquide transparent, qui, par leur position près de loreillette du cœur, paraissent être dans les dépendances de la respiration. » Nous avons remarqué, en effet, sur les individus soumis à nos observations, que la peau était plus mince et comme distendue par un li-
quide, au côté droit de l'abdomen; mais nous avons
inutilement cherché, dans ce point, une poche semblable à celle qu'indique M. Eschericht , et s’ouvrant au dehors pour recevoir l’eau destinée aux fonctions respiratoires. D'une autre part, la disposition du manteau qui est fermé à sa partie antérieure, comme chez les Pneumodermes, doit faire admettre que ce sont des parties extérieures qui sont chargées de ces mêmes fonctions ; et, comme on ne voit, à la surface du manteau , rien de semblable aux feuillets que nous avons décrits dans ces derniers mollusques, l’on doit supposer que c'est la peau elle-même qui remplit cet usage, dans une portion plus ou moins considérable de son étendue.
Organes de la circulation. — Le cœur est situé du côté droit, à la partie postérieure de la masse des viscères, comme chez les Pneumodermes. La disposilion de ses diverses parties, des vaisseaux qui s’y rendent et qui en partent, est aussi tout à fait la même (plais. bris, fig8;c)
Organes de la génération. — L'appareil générateur est encore entièrement semblable |, dans tous ses détails, à celui des Pneumodermes. La figure et la description que Cuvier en a données, sont inexactes sous plusieurs rapports; en cela, les observations de M. Eschcricht concordent tout à fait avec les nôtres ; Nous différons seulement, avec ce dernier auteur, sur la détermination qu'il a donnée de lorgane sécréteur
male ou du testicule ; à l'exemple de Cuvier, M. Eschce-
PTÉROPODES. 283 richt décrit encore comme tel le second oviducte ou la matrice (pl: 15 Gi, fig. 8, 14, o, z, x, x, d, o').
La verge forme un long boyau replié dans l'intérieur de la tête et d'un calibre un peu variable dans les différents points de son étendue. Près de son orifice extérieur, cet organe présente un renflement assez considérable que M. Eschcricht considère comme une sorte de vessie, mais qui n’est qu'une simple dilatation de la cavité intérieure de la verge (fig. 15).
Système musculaire. — Ce système ressemble tout à fait à celui des pneumodermes.
Système nerveux.— Les ganglions cérébraux, placés au-dessus de l’œsophage et accolés sur la ligne médiane, donnent, par leur bord antérieur, deux gros nerfs qui se subdivisent bientôt pour se distribuer à la bouche, aux appendices céphaliques et aux tentacules. Deux autres nerfs plus petits naissent en dehors et en dessous et se rendent, l’un au ganglion buccal, l’autre aux parties latérales de la tête. De la face supérieure de ces ganglions sortent aussi deux filets nerveux très-gréles qui se rendent, l’un aux tentacules postérieurs , et l'autre à la peau qui forme un repli autour de ces tentacules (pl. 45 des, fig. 16, 17).
Le ganglion buccal, situé entre les deux cœcums qui contiennent les mächoires, fournit également des filets à ces organes, à la langue, à la bouche, à lœsophage et aux glandes salivaires. Deux de ces nerfs présentent aussi un petit renflement sur leur trajet,
comme chez les Pneumodermes (fig. 18, 49).
Les autres ganglions et les nerfs qui en émanent nous ont offert la même disposition que dans ces derniers mollusques. Les petits ganglions qui sont annexés à la première paire de ganglions sous-æsophagiens, se trouvent seulement placés au-dessus de ceux-ci, au lieu d'être situés à leur partie postérieure (fig. 16, 17).
L'organe de l’ouie occupe également le bord postérieur des ganglions sous-æsophagiens antérieurs, et se présente sous la forme d’un petit point brunàtre
(he 416 170).
Les Clios se distinguent des Pneumodermes, comme nous l'avons déja dit, par l'absence des feuillets branchiaux qui, chez ces derniers , occupent la partie postérieure du corps, et par la conformation des diverses parties de la bouche.
Ces mollusques habitent surtout les mers voisines des pôles ; l'on sait que le Clio boréal est extrèmement commun dans les mers du nord ; mais l’on trouve aussi des espèces de ce genre dans les régions chaudes. Les mœurs et les habitudes des Clios paraissent être les mêmes que celles des Pneumodermes.
MM. Quoy et Gaimard avaient proposé le genre Cliodite pour quelques petites espèces de Clios qui ont la tête séparée du tronc par une sorte de cou étroit et allongé , et qui auraient été, en outre, tout à fait dépourvues de tentacules ; mais le premier de ces caractères, plus où moins prononcé chez les Clios, comme chez les Pneumodermes, ne peut guère servir
de base à une division générique; et, quant à l’ab-
PTÉROPODES. 285 sence des tentacules , il est très-probable que ces organes avaient échappé aux recherches de MM. Quoy et Gaimard qui, du reste, ont renoncé eux-mêmes depuis au genre qu’ils avaient proposé.
Les mêmes naturalistes ont établi, dans la zoologie du Voyage de lAstrolabe, un autre genre, le genre Pélagie, pour un Ptéropode très-voisin des Clios, mais qui en différerait d’une manière tranchée , ainsi que des Pneumodermes, par l'absence du pied rudimentaire qui, dans les mollusques de ces deux genres, se trouve en dessous de la portion céphalo-thoracique. Cette particularité formerait une telle exception aux caractères des Ptéropodes de la même famille, qu'il nous paraît préférable d'admettre que MM. Quoy et Gaimard n'auront pas reconnu cette partie, peutêtre moins développée seulement dans les Pélagies. Les observateurs que nous venons de citer n’ont pas donné aussi, de ces mollusques, une description assez complète, pour qu'il soit possible d'établir d’une manière précise leurs rapports avec les Clics.
Enfin, c’est encore auprès du genre Clio, que viendrait se placer le genre Cymodocée, proposé par M. Alcide d'Orbigny, pour un Mollusque que ce naturaliste n’a recueilli qu'incomplet, et sur les caractères singuliers duquel il est par conséquent permis d’avoir des doutes , jusqu'à ce que de nouvelles observations
l’aient mieux fait connaître.
286 MOELUSQUES.