DE L'HOMME
Observations sur la Constitution physique des Papous.*
Nous commencerons nos observations zoologiques par nous occuper de l’homme, premier anneau de la chaîne animale. L'enveloppe osseuse qui renferme les organes de son intelligence s'offre d'abord à notre étude.
On auroit tort de croire qu'il est toujours facile au voyageur de
* Lues à l’Académie royale des sciences de PInstitut, le $ mai 1823. Voyage de l'Uranie,. — Zoologie. I
se procurer des ossemens humains chez les peuples sauvages qu'il visite. Malgréla rudesse de leurs mœurs, tous s'accordent à rendre les derniers devoirs à ceux qui parmi eux ont cessé de vivre, soit qu'ils les confrent à la terre, qu'ils les déposent dans des cavernes, ou les suspendent dans les morais. Cette coutume seule prouve que leur pensée, franchissant les limites de l'existence temporaire, a reçu la révélation imparfaite d’une destinée future; elle suppose des combinaisons d'idées qui éloïgnent infmiment l’homme de ce prétendu état de nature, dans lequel on a voulu faire croire qu'on l'avoit rencontré. Si cet état a vraiment pu exister entre des hommes réunis, ce que nous ne croyons pas, parce que le propre de l'espèce humaine est de tendre vers un perfectionnement quelconque, on ne peut disconvenir que depuis des siècles il n'existe plus, et que les voyageurs n'ont pu en fournir des exemples. Nous avons vu, sur la côte Ouest de la Nouvelle-Hollande, à la terre d'Endracht, une des peuplades les plus misérables du monde, au développement et au perfectionnement de laquelle un sol des plus affreux semble s'opposer; maïs qu'il y avoit encore loin de l'état des hommes de cette peuplade à celui des brutes, qui, nous le répétons, ne sauroit, rigoureusement parlant, exister pour des êtres que l'usage de la parole rend susceptibles de se communiquer leurs pensées!
Quelques peuples même, tels que les Papous, supposent aux morts les mêmes desirs, les mêmes passions qui ont agité leur vie. Ici, des alimens et du bétel sont déposés sur le tombeau, comme si les besoins physiques pouvoient survivre à la dissolution de la matière; là, des instrumens de guerre ou de pêche rappellent les occupations chéries de celui qui n'est plus. Cette espèce de communication que le sauvage cherche à établir avec les objets de ses regrets, et ce culte funèbre qui consacre leurs dépouilles mortelles, indiquent qu'il n'est point étranger aux idées d’une autre vie.
La vengeance seroit-elle aussi un dogme religieux chez ces
ZOOLOGIE. Lu 3 peuples, qui paroïssent en perpétuer fobservance barbare , en décorant quelquefois l'asile du repos avec les crânes des ennemis vaincus! Ce furent de semblables trophées funéraires que nous crûmes pouvoir recueillir sans profanation:
Sur le seuil du tombeau d’un chef, dans la petite île Rawak, nous trouvâmes six têtes symétriquement rangées sur une même ligne : elles étoient privées de la mâchoire inférieure; le temps en avoit détruit les chairs et blanchi les os. À leur gauche on voyoit un grand buccin, percé d'une ouverture circulaire, dont ces peuples se servent pour se faire entendre au loin.
Nous n'essaierons pas de déterminer, d’après les caractères de la physionomie, l’origine d'un peuple que nous n'avons fait qu'entrevoir. Nous ne rechercherons point ici s'il est indigène de ces contrées, ou si des migrations l'y ont conduit; nous ne citerons que le petit nombre de faits que nous avons recueillis; et notre but sera rempli, sils peuvent aider les recherches des savans occupés depuis long-temps de ces grandes questions.
Le groupe d'îles connu sous la dénomination des des Papous, n'a été encore qu'imparfaitement exploré par les navigateurs. Quelques géographes donnent aussi le nom de #erre des Papous à la Nouvelle-Guinée, dont les habitans, au rapport de tous les voyageurs, diffèrent tellement de ceux des îles environnantes, qu'ils furent pris pour de véritables Nègres. Il existe, en eflet, dans cette partie du globe, une race à peu de chose près semblable à celle de l'Afrique australe: elle est comme égarée au milieu de la race malaise qui peuple les archipels de la Sonde, de Bornéo et des Moluques. Tout nous porte à croire que la souche de cette race, dont nous n'avons vu que des individus isolés, se trouve dans la grande île de la Nouvelle-Guinée. Mais il faut prendre garde de la confondre avec celle qui habite Vaigiou et les autres îles voisines; car, bien que ces insulaires soïent presque semblables aux Nègres par la couleur de leur peau, ïls
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offrent des différences que nous ferons connoître, et qui les distinguent de ceux-ci. En général, ils se désignent eux-mêmes sous le nom de Papoua, que toutes les nations, à l'exception de la nôtre, ont adopté ; en français on les nomme Papous ; et il paroît que ceux qui habitent les montagnes de Vaïgiou prennent spécialement le nom d’A/fourous, que quelques voyageurs écrivent aussi Alforeses et Haraforas.
Cependant, il faut le dire, la proximité de toutes ces îles, qui commencent au continent de l'Inde et s'étendent presque jusqu'à la Nouvelle-Hollande, a dû favoriser tellement le mélange des individus qui les peuplent, qu'à présent il existe une foule de nuances qui rendent difficile la détermination exacte de quelquesunes de ces races. Les Papous sont précisément dans ce cas: ils n'ont pas les traits et la chevelure des Malais, ils ne sont pas nègres non plus; ils nous ont paru tenir le milieu entre ces peuples et les Nègres, sous le rapport du caractère de la physionomie et de la nature des cheveux, tandis que le cräne proprement dit a une forme qui le rapproche beaucoup de celui des Malais. Si l'on vouloit, parmi tant de notions obscures, avoir recours aux détails du langage pour faire remonter à une même origine les habitans de l'archipel d'Asie, on trouveroit bien quelques mots communs à plusieurs îles; mais les causes que nous venons d'indiquer ne peuvent qu'affoiblir l'importance de semblables remarques. D'ailleurs on ne connoît pas encore la langue des habitans de la Nouvelle- Guinée, ou à peine en a-t-on retenu quelques mots, qui ne s'accordent nullement avec ceux des Papous, comme nous l'avons vériflé en comparant nos vocabulaires au fragment cité dans l'ouvrage du président de Brosses.
Voilà des difficultés pour ainsi dire insurmontables, qui n'existent pas pour les archipels beaucoup moïns rapprochés, maïs dont les habitans ont une physionomie et un langage moins variables, que des croïsemens fortuits n'ont point dénaturés, et qu'on peut
ZOOLOGIE. s
leur attribuer en propre. Il est aisé de décrire les naturels des îles Sandwich, de Taïti, des Carolines, des îles des Amis, &c.; maïs il est bien plus difficile d’assigner les caractères distinctifs des Timoriens, des Ombaïens, et sur-tout des Papous, qui nous occupent spécialement. ï
Pendant une relâche de vingt jours sur les îles Rawak et Vaigiou, nous pûmes nous mettre en rapport avec plusieurs centaines de naturels qui venoïent trafiquer avec nous. Ces communications directes nous ont amenés à remarquer que les Papous ont en général une taïlle moyenne, assez bien prise chez quelquesuns; cependant la plupart ont une constitution un peu foible et les extrémités inférieures grêles. Leur peau est brun foncé; leurs cheveux sont noirs, tant soit peu lanugineux, très-touffus ; ils frisent naturellement, ce qui donne à la tête un volume énorme, sur-tout lorsque, négligeant de les relever et de les fixer en arrière, üls les laissent tomber sur le devant. Is n'ont que peu de barbe, même les vieillards; elle est de couleur noire, aïnsi que les sourcils, la moustache et les yeux. Quoiqu'ils aïent le nez un peu épaté, les lèvres épaisses et les pommettes larges, leur physionomie n'est point désagréable et leur rire n'est pas grossier. |
Quelques-uns ont le nez moins écrasé que d'autres. Nous en avons vu qui, avec des traits peu différens, portoient des cheveux plats, lisses et tombant plus bas que les épaules.
Peut-être devons-nous considérer comme le produit du commerce d'un Chinoïs ou d'un Européen avec les Papous, deux individus dont la peau étoit presque blanche. Cette couleur, jointe à de longs cheveux lisses flottant sur les épaules, à plus de délicatesse dans les traits de la figure, à un nez plus efhlé, les faisoit manifestement contraster avec ceux qui les entouroient. La supposition que nous avançons pourroit être fondée sur ce que les Européens visitent quelquefois ces parages, et que les Chinois les fréquentent aussi pour y acheter des oiseaux de paradis.
Cependant nous ferons observer que, dès 1528, Alvaro de Saavedra vit dans ces contrées, à environ 7'ide l'équateur, quelques îles dont les habitans étoient blancs, ce qui le surprit beaucoup. Sans accorder une trop facile confiance à un tel fait, dont on na plus parlé depuis, nous nous bornons à le citer. Si toutefois ïl nous étoit permis d'ajouter une réflexion, nous dirions que souvent les voyageurs portugais et espagnols ont appelé 4ommes blancs des Indiens d’une teinte peu foncée et distincte de la couleur des Nègres. D’après cela, on pourroit croire, avec assez de probabilité, que ces hommes prétendus blancs appartenoïent à quelques-unes des îles Carolines.
Une autre variété d'hommes qui s'est offerte à nous, est celle qu'on peut appeler mègre, car elle en a la couleur, la forme du crâne, les cheveux courts, très-laineux, recoquillés, le nez écrasé, très-épaté, les lèvres grosses, et sur-tout l’obliquité de l'angle facial: tandis que les Papous ont, sous ce rapport, la tête conformée à peu de chose près comme les Européens.
Ces Nègres, aïnsi que la variété blanche, faisoient librement partie de la tribu qui nous visitoit chaque jour. Les anciens voyageurs parlent de ces migrations partielles des habitans de la Nouvelle-Guinée. Le Père Cantova, par exemple, raconte que de son temps les Carolins avoient dans leurs îles des Nègres qui leur servoient d'esclaves. Il ne dit pas comment ïls y étoient venus; et à cette époque, il pouvoit encore moins dire d’où ils prove: noient. Dampier en a également vu à Pulo-Sabuti*, qui, parmi les Malais, subissoient le même sort. La N'ouvelle-Guinée, encore si peu connue, où les navigateurs n'ont fait qu'aborder et de laquelle Cook fut repoussé, présente donc le singulier phénomène d'avoir des habitans semblables, du moiïns à-peu-près, aux Nègres
d'Afrique.
* C’est sans doute l’7/e Savu , qu'on prononce et qu’on écrit quelquefois Sabu. Pulo signifie ile en langue malaise.
N'ayant point eu à notre disposition des têtes de ces individus, nous ne pouvons indiquer les différences anatomiques qui doivent exister entre elles et celles des Papous, dont nous allons faire connoître la conformation.
Ayant soumis ces crânes à l'examen du docteur Gall, nous avons la satisfaction d'offrir avec plus de confiance celles de nos observations qui pourront venir à l'appui de la doctrine de ce célèbre physiologiste.
A leur première inspection , M. Gall remarqua dans tous une imégalité qu'il nomme déformation rachitique, et d’après laquelle il supposa que les hommes à qui ils appartenoïent habitoient des lieux bas et humides. Ce fut avec quelque surprise, nous devons le dire, que nous reconnûmes la précision d'un aperçu aussi délicat. En effet, la plupart des habitans de cet archipel, faisant leur principale nourriture de poissons et de coquillages, n'abandonnent presque jamais les bords de la mer, qui, dans cette partie, sont tellement marécageux, qu'on peut naviguer en quelque sorte dans les forêts. Forcés par une impérieuse nécessité de demeurer dans des endroits aussi malsains, ils tachent de se soustraire à leur funeste influence en élevant leurs maisons sur des pieux. Ils ont probablement appris par expérience que des lieux constamment submergés sont moins dangereux que ceux qui ne le sont que par intervalle: d'où l'usage qu'ils suivent de bâtir au-dessus des eaux de la mer.
Les têtes de Papous présentent un aplatissement des parties antérieure et postérieure, en même temps quun élargissement de la face.
Le sommet de la tête est élevé; les bosses pariétales sont proéminentes ; les temporaux tres-convexes; et le coronal, au-dessous de la ligne demi-circulaire des tempes, offre une saillie remarquable.
Les os du nez, presque verticaux, aplatis d'avant en arrière, ont peu de saïllie: ïls sont rétrécis à leur partie moyenne et élar-
gis en haut et en bas. La forme du nez, comme nous l'avons vu, correspond à cette disposition, qu'augmente encore la largeur des apophyses montantes des os maxillaires supérieurs, dirigées en avant. Ces os eux-mêmes sont beaucoup plus larges que dans la race européenne, ce qui, dépendant sur-tout du développement de l'apophyse malaire, donne à la face de ces insulaires sa largeur . remarquable.
L'ouverture antérieure des fosses nasales est très-évasée à sa partie inférieure; cet évasement est plus considérable même que chez les Nègres.
Les os malaires sont dirigés plus en avant, et les apophyses zygomatiques plus larges et plus saïllantes.
On remarque, dans la planche n.° 2 de l'atlas, la largeur et la profondeur plus grandes des sinus maxillaires et frontaux mis à découvert par la fracture des os. Le dessinateur, M. Chazal, a copié avec fidélité cet accident, de même qu'un coup d'instrument tranchant qui a altéré le pariétal gauche.
L'arcade alvéolaire est d’une épaisseur trèsremarquable à la partie qui correspond aux dents molaires; l'une des têtes ( planche n.” 1) a cette arcade un peu dirigée en avant et en haut, dans la portion correspondante aux incisives et aux canines : la voûte palatine, plus développée dans le diamètre transversal, a moins d'étendue d'avant en arrière. *
La grandeur du trou palatin antérieur indiqueroitelle un développement plus considérable du ganglion naso-palatin et un organe du goût plus parfait!
L'une de ces têtes, que nous n'avons point fait dessiner, trèsirrégulière, offre dans les deux moitiés de la boite cranienne une
différence considérable. Ici l'aplatissement, au lieu d'être dans le sens du diamètre antéro-postérieur, est oblique de droite à gauche et d'arrière en avant. Le pariétal gauche est également fort aplati, ce qui diminue beaucoup la capacité du crâne de ce côté, d'où
ZOOLOGIE. à
il devoit résulter une grande inégalité dans les hémisphères cérébraux. Cette tête ressemble en cela à celle de Bichat, avec cette différence que la dépression postérieure se trouve du côté opposé.
Une autre tête présente deux saïllies osseuses dans le conduit auditif | Enfin une dernière, plus petite, semble avoir été celle d'une femme: la partie antérieure est moins large et moins relevée, loccipital plus bombé à sa partie supérieure, et la portion écailleuse du temporal plus aplatie. C'étoit très-probablement une jeune femme, puisque les saïllies osseuses sont peu prononcées, et qu'aucune suture nest ossifiée.
Après avoir fait connoître la constitution physique des Papous, nous allons esquisser rapidement les facultés morales et intellectuelles de ces peuples. Ils sont remarquables par leur circonspection, portée souvent jusqu'à la défiance; ce qui est, d'après l’observation, une sorte d'instinct dans les hommes à demi sauvages, comme chez la plupart des animaux. Il faut ajouter que, dans les Papous, la défiance doit être souvent mise en jeu par les guerres que leur font les pirates de quelques îles environnantes, qui fondent sur eux à limproviste, et les emmènent en esclavage.
Sans entrer ici dans de plus grands détaïls sur leurs coutumes, détails qui appartiennent plus spécialement à la partie Historique du voyage, nous dirons seulement que, lorsque, dans un simple canot, l'un de nous visita le village de Boni, tous les habitans s’enfuirent dans les bois, avant même qu'il eût été possible de les apercevoir. C'est sans doute cet état d'alarme, presque habituel chez ces insulaires, qui leur a fait placer leurs maisons vis-à-vis de récifs dangereux, dont seuls ils connoïssent les passages, afin d’avoir le temps de se soustraire à leurs oppresseurs.
Les Papous paroïssent avoir des dispositions au vol. Cette inclination vicieuse est, pour ainsi dire, innée chez tous ces peuples,
qui sy livrent avec plus ou moins de ruse et de dextérité. k Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 2
Mais le caractère le plus marqué que présentent les Papous, cest l'instinct carnassier, assez prononcé pour qu'il en résulte le penchant au meurtre; affreux penchant auquel ces insulaires s'abandonnent avec fureur, et dont les ossemens qui nous occupent sont probablement des témoignages. Le chef ou kimalaha de Guébé nous a assuré qu'il existoit des tribus anthropophages dans l'intérieur des îles des Papous. Cette assertion rappela à l'un de nous qu'en abordant à l'ile Ombaï, il avoit vu suspendue, dans la cabane d’un naturel, au village de Bitoka, une rangée d'os maxillaires. Dans cette île, où, étant en très-petit nombre, nous courûmes les plus grands dangers, quelques Angjlaïs avaient été tués et dévorés six mois auparavant par les féroces Ombaïens.
La tendance à la superstition, comme chez d'autres peuples plus civilisés, n'est réellement qu'une exaltation des idées religieuses, et, à ce sujet, nous devons ici dire un mot du soin que ces peuples apportent à la construction de leurs tombeaux. Ce sont de petites cabanes où plusieurs personnes pourroïent tenir dans une attitude inclinée. Le corps y repose dans une caisse qui, le plus souvent, renferme de petites idoles grossièrement sculptées, des bracelets, un peigne et des cheveux; quelquefois on n'y trouve rien ; et peut-être alors ce sont de simples sarcophages élevés à la mémoire de ceux qui, ayant péri dans les combats, restèrent entre les mains des vainqueurs. D'autres fois, une statue placée sous un petit hangar indique le lieu de l'inhumation, ou bien les dépouilles reposent sur des pieux et sont recouvertes d'une pirogue renversée : monument symbolique qui, ainsi que le dit un éloquent écrivain, semble indiquer le naufrage de la vie.
Les observations que nous avons faites sur les Papous sont favorables à la doctrine du docteur Gall; leur justesse nous ayant paru confirmée, jusqu'à un certain point, par l'étude des mœurs des individus qui en font le sujet, nous semblent contredire les paradoxes de ces philosophes chagrins qui, s'indignant des vices de
ZOOLOGIE. II l'homme en société, ont inventé l'homme de la nature tel qu'il n'existe pas, et en ont fait un être idéal séduisant, pour lui prêter des attributs de puissance et des moyens de bonheur que la civilisation et les lumières pourroïent seules donner.
Nous devons ajouter que les Papous seroïent susceptibles d’éducation, que leurs facultés intellectuelles ne demanderoïent qu'à être exercées et développées pour leur faire tenir un rang distingué parmi les nombreuses variétés de l'espèce humaine.