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OISEAUX DE PROIE

RezanivemenT aux oiseaux de proie de la division des faucons, dont nous avons à traiter, nous ferons remarquer, avec les naturalistes, combien ïl est difficile de classer par espèces, des individus dont les caractères distinctifs ne sont parfois qu'apparens, et dus ou au sexe, ou à certaines nuances du plumage, ou à l'âge, ou même aux. saisons de l'année auxquelles on les observe. Aussi a-t-on dit, non sans raison, que c'est uniquement d'après leur histoire suivie et l'observation des changemens qu'ils éprouvent pendant le cours de leur existence, qu'on peut en donner de bonnes descriptions. Maïs ce moyen, tout au plus praticable pour nos oïseaux d'Europe, ne sauroït s'appliquer à ceux qui se montrent d'une manière fugitive aux regards du voyageur qui parcourt à la hâte des régions lointaines. Nous nous bornerons donc, dans l’état actuel de nos ressources, à approcher le plus près possible de la vérité, et à tâcher de ne commettre aucune erreur grave.

Sous-GENRE AUTOUR. — Fazco. Linn.; AsTUR, Bechst.

AUTOUR CU-BLANC. — Fazco LEeucorrHous. N,.

Falco , corpore fusco-nigricante ; cer pedibusque Jlavis ; uropygio albo ; caudà subtis tribus fasciis albis ornatà.

CET oiseau, que notre séjour au Brésil nous a procuré, a tout le corps d'un brun noirâtre , avec quelques légères teintes de roux sur les plumes qui recouvrent le talon et le haut des tarses. Le dessous des aïles est d’un blanc nuancé de roussâtre. Les pennes alaires sont marquées de traïts blancs en-dessus. Une teinte blanche se remarque au pli des aïles, cette couleur est pure au croupion et aux couvertures inférieures de la queue; d'où le nom de c4-blanc a été imposé à cet oiseau. La queue, rayée en-dessous de trois bandes transversales blanches, offre en-dessus, et dans le même sens, un trait et une bande blanchâtres. Lorsque le jabot est dilaté par les alimens, on voit, à l'endroit qu'il occupe, une tache blanche qui ne paroît pas dans l'état de vacuité de cet organe.

Le bec est noir; la mandibule supérieure pointue, assez fortement recourbée. La cire et les pieds sont jaunes.

La longueur totale de cet oïseau est de treize pouces; celle de la queue, de cinq; son envergure est d'un pied sept pouces; le bec a un pouce. Les aïles pliées s'étendent jusqu'à deux pouces de lextrémité de la queue.

SOUS-GENRE BUSE. — F4Azco. Limn.; BuTeo. Bechst.

BUSE POLYOSOME. — Farco PoryosomaA. N.

Falco, corpore cinereo ; cer& pedibusque flavis; caudä albidä, fusco transverse lineatä, nero ad apicem marginata; als longs.

CETTE buse, remarquable par la longueur de ses aïles, qui arrivent jusqu'à un pouce de l'extrémité de la queue, est plus grande que l'épervier cendré de Caïenne, avec lequel elle a des rapports.

Elle a le bec et les ongles noirs, la mandibule inférieure blanche à la base, les tarses et les doïgts recouverts d'écailles jaunätres, l'iris jaune, et la cire d'un jaune verdâtre. Tout le corps est d'un gris cendré. Les pennes alaires, rayées de gris et de blanchätre en-dessous, sont brunes à leur extrémité. Les couvertures inférieures de la queue sont marquées de quelques traïts blancs. La queue offre, sur un fond blanchâtre, des raies transversales brunes, ondulées , plus marquées en-dessus qu'en-dessous; elle est terminée dans ces deux sens par une large bande noiïrätre bordée de gris. Les jambes et le haut des tarses sont couverts de longues plumes de la même couleur que celles du reste du corps.

Sa longueur totale est de dix-sept pouces , sur laquelle la queue en prend six. Le bec a un pouce cinq lignes, et l'envergure deux pieds six pouces.

Elle habite les îles Malouines.

Sous-GENRE BUSARD. — F41co0. Limn.; CrrGuSs. Bechst.

BUSARD BARIOLÉ, mâle adulte. — FALCO HISTRIONICUS. N.

Falco, corpore suprà griseo, subtàs albo fascis transversis fuscis cincto ; cerâ pedibusque flavis.

CE busard, considéré comme un mâle adulte, a le cou, le dessus de la tête et du dos gris cendré; les plumes de la couverture des ailes sont de la même couleur et bordées de blanc; l'extrémité des grandes pennes est noirâtre, avec une petite bordure blanche. Le dessous des aïles, blanc dans la moitié supérieure, est noirâtre dans le reste de son étendue. Tout le devant du corps offre des bandes transversales légèrement ondées, alternativement blanches et d’un roux vif. La couleur de ces raïes est moins tranchée à la poitrine qu'au ventre, sur les plumes qui recouvrent le haut des tarses et les couvertures inférieures de la queue. Les grandes pennes caudales, blanches en-dessous avec quelques taches brunes sur le bord, sont cendrées en-dessus et terminées par une large raie irrégulière, brunâtre, bordée de blanc.

Une tache fauve mêlée de brun, qui se voit sur le cou, semble indiquer que cet oiseau n'avoit pas encore entièrement perdu la livrée du jeune âge. Cette opinion paroît encore fortifiée par la bande et les taches brunes de la queue. La cire, l'iris et les pieds sont jaunes; les ongles noirs. Le bec est médiocre, pointu , trèspoïlu et blanchätre à sa base, noir à sa pointe dans les deux mandibules; l'arête de la supérieure est assez saillante.

Sa longueur est de quinze pouces; celle de la queue, de six; celle du bec, d'un pouce; et son envergure est de deux pieds.

Ce busard provient des îles Malouines. Plus petit que le faz/co cyaneus , | diffère du œnereus, avec lequel ïl a des rapports, par la longueur relative des plumes alaires. Dans ce dernier, les ailes s'étendent jusquà l'extrémité de la queue, et la troisième rémige excède en longueur toutes les autres; tandis que, dans le nôtre, les ailes ne vont qu'a deux pouces du bout de la queue, et que les troisième et quatrième rémiges sont d'une longueur égale.

BUSARD BARIOLÉ, jeune mâle. — FALCO HISTRIONICUS. N.

La couleur du plumage de ce busard a fait supposer que c’étoit un jeune mâle de la même espèce que le précédent, dont ïl a la taille : comme lui aussi, il provient des îles Malouines; et parmi les oïseaux de proie qui nous disputoïent les oïes que nous tuyions, s'il n'étoit pas le plus audacieux, ïl se montroït du moins le plus confiant, car on pouvoit lapprocher presque à toucher.

Son vêtement n'offre pas la même élégance que celui du précédent. Toutes les parties supérieures sont d'un brunâtre varié de roux. Les plumes de la tête, du dos, les scapulaires et les couvertures supérieures des aïles, sont bordées d'un roux clair. Les rémiges secondaires, de couleur brune, ont une bordure blanche qui disparoît insensiblement sur les pennes primaires. Un collier de plumes blanchâtres entoure le cou; une ligne de la même couleur se fait remarquer derrière et un peu au-dessus de l'œil. - Le devant du cou, la poitrine et le ventre sont d’un roussätre varié de traits longitudinaux, un peu plus foncés en couleur, et placés dans la direction du tuyau de la plume. Le croupion est d'un blanc pur. La queue , blanchâtre en-dessous, a une large raie

ZOOLOGIE. o transversale brune auprès de l'extrémité, et, à un pouce de distance, une seconde raie moins foncée qui n'occupe que la moitié de sa largeur. En-dessus, les deux pennes moyennes sont rayées transversalement de brun et de cendré très-foncé : les latérales offrent aussi des bandes transversales, alternativement noirâtres et roux clair. 1 Le bec est noir, avec une légère raïe blanche à la base de chaque mandibule; la supérieure est plus pointue, plus alongée et moins brusquement courbée que dans l'individu précédent.

Les ailes pliées s'étendent jusqu'à deux pouces et demi de la queue, et leur envergure est un peu moins grande que dans l’autre individu. Les plus grands rapports de cet oïseau sont avec le busard Montagu de New-York.

Sous-cENRE PIE-GRIÈCHE. —. Lanrus. Linn.

PREMIÈRE" DIVISION

À mâchoire supérieure arquée.

PIE-GRIÈCHE A VENTRE ROUX. — Lanius FERRUGINEUS. Lath.

FERRUGINOUS BELLIED SHRIKE. Lath. Sy». vol. 1, pag. 163. LANIUS FERRUGINEUS. Gmel. Sysr, 1, pag. 306.

Lanius, corpore suprà rufo; abdomine ferrugineo; capite fusco ; rostro mgro ; caudä apice subalbidé.

CET oïseau, que Latham a décrit, et qu'il soupçonnoit être une variété du fiscal, mais que depuis il a reconnu former une espèce différente, en est en effet une très-distincte. L'individu qu'il a vu venoit du Cap de Bonne:Espérance, où se trouve aussi Z fiscal ; le nôtre provient de l'île de France *. Dans cette colonie, on confond cet oiseau avec les merles, malgré la différence de son plumage et de ses mœurs. Il ne va point en troupe comme ces derniers, vit seul, isolé, et traverse brusquement les grands bois; c'est dans ceux de moindre élévation qu'il paroït plus particulièrement se

+ Mais ïl est originaire d'Afrique, et on Île reconnoît manifestement dans ce passage de Bernardin de Saint-Pierre : « On a fait venir du Cap, dit-il, un oïseau bien plus utile. Les Hol- » landaïs Pappellent l’ami du jardinier. I est brun et de la grosseur d’un gros moïneau; il vit » de vermisseaux, de chenilles et de petits serpens ; non-seulement il les mange, mais il en fait » d’amples provisions, en les accrochant aux épines des haies. Je n’en aï vu qu’un : quoïque » privé de la liberté, il avoit conservé ses mœurs, et suspendoit la viande qu’on lui donnoit »aux barreaux de sa cage. » ( Voyage à l’ile de France, tom. I, lettre XV.)

plaire. Cette pie-grièche est assez rare; nous ne vimes que cet individu, que l'un de nous tua dans une excursion autour de l'île.

Sa longueur est de huit pouces et demi : sa tête est brune, ainsi que la partie postérieure du cou. La gorge, la poitrine et le ventre sont roux; la même couleur se remarque sur les couvertures supérieure et inférieure de la queue. Le dos est d'un roux moins foncé. Les grandes pennes alaires sont brunes en-dessus, légèrement bordées de blanc sale, et gris de lin en-dessous, vers leur pointe. On voit près du pli de l'aïle une petite bande blanche. Les plumes de la queue sont de la même couleur que celles des ailes en-dessus, avec une tache d’un blanc roussâtre clair à leur extrémité.

Le bec est noir et la mandibule supérieure très-recourbée à sa pointe ; sous la gorge se voit un petit espace blanchâtre. Les pieds sont bruns.

Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 13

Sous-GENRE VANGA. — V4nca. Buff.

VANGA RAYÉ, mâle. — VANGA STRIATA. N.

VANGA GRIS. Vieill. JV, Dice, d’hise, nar. 2.° édit, t. 35, p. 200. :

Vanga, capite suprà ngro ; dorso, als , caudäque fasciis nigris et albrs transversè variegatis ; pectore et abdomine, ex griseo cœrulescentibus.

CE vanga a le dos, le croupion, les aïles et la queue rayés transversalement de noir et de blanc. Les raïes noïres ont beaucoup plus de largeur que les blanches. Les plumes qui forment sur la tète une huppe élégante, sont noires. Le dessus du cou, les joues, la gorge, la poitrine et l'abdomen, sont d'un gris bleuâtre, avec une teinte plus claire sous la gorge.

Les aïles, courtes et arrondies, recouvrent à peine l'origine de la queue, qui est longue de cinq pouces et demi et uniforme. Le bec, grand, robuste, comprimé, a un pouce trois lignes de longueur, il est brun, avec une couleur de corne sur les bords, depuis le milieu jusqu'à la pointe. Les pieds sont bruns.

La longueur totale de l'oiseau est de treize pouces; son envergure seulement de onze pouces. IH habite le Brésil, d'où nous avons rapporté un autre vanga, jeune mâle, qui commence à perdre son plumage roux.

VANGA RAYÉ, femelle. — VANGA STRIATA. N.

VANGA ROUX. Vieill. Zoco cifato,

LE vanga femelle se distingue du mâle en ce que les raies transversales de la partie supérieure du corps, des aïles et de la queue, au lieu d'être blanches et noïres comme dans le précédent, sont alternativement noires et d'un roux plus ou moiïns foncé. Tout le dessus du corps est d'un gris tirant sur le roux et blanchissant sous la gorge. La huppe est rousse à la base et noire à l'extrémité. Les plumes qui recouvrent le haut des tarses sont rousses. La queue est très-longue. Le bec est noir à la base, et couleur de corne vers la pointe.

Ces oïseaux, très-vifs, sont presque toujours en action. Leur longue queue, droite dans le repos, s'élève lorsqu'ils courent à terre ; leur bec, robuste et fortement courbé à 1a pointe, indique qu'ils doivent ne pas dédaïgner la chair. Cependant ïüls vivent le plus habituellement de vers, comme les tyrans, et c'est pour cela qu'ils habitent les bois qui avoisinent les prairies.

Sous-GENRE CASSICAN. — B4RITA. Cuv.

CASSICAN FLÜTEUR. — BARITA TIBICEN. N.

CORACIAS TIBICEN. Lath.

GRACULA TIBICEN. Sh.

CRACTICUS TIBICEN. Vieill.

Barita, fronte, pectore, abdomine et caudä nigris ; occipite, dorso, scapulisque albo-cinereis; uropygio et remigibus in medio albis.

Nous avons déjà fait observer combien ces oiseaux varient dans leur plumage. L'espèce que nous représentons en est un exemple remarquable; car, quoique les limites de ses couleurs paroïssent être celles du cassican flüteur, elles ne sont pas les mêmes pour la teinte. Dans les Montagnes-bleues de la Nouvelle-Hollande, nous avons beaucoup vu de ces oïseaux vivant en petites troupes; nous en avons tué plusieurs, et nous avons remarqué que tous diffèrent plus ou moins entre eux. La détermination précise des espèces, la distinction des mäles d'avec les femelles, les changemens dans le plumage selon l’âge, demanderoïent donc une étude particulière que peut seul faciliter un long séjour dans les lieux qu'ils habitent.

Aïnsi, nous ne pouvons décider si cet individu est mäle ou femelle. Il appartenoïit à M. de Freycinet, qui l'a donné au Muséum, où il vit encore. Il est très-doux et se laisse facilement caresser. Son aptitude à imiter le chant des autres oiseaux nous a plus d'une fois servi de distraction à bord de /’Uramie. I contrefaisoit le jeune coq à sy méprendre, il gloussoit et caquetoit comme la poule. On lui avoit enseïgné, au Port-Jackson, à siffler plusieurs

ZOOLOGIE. 101 s, qu'avec nous il avoit un peu désappris; mais il sufhisoit de le mettre sur la voie pour qu'il fit chorus.

Ceux qui vivent dans les bois aux alentours des habitations, sont devenus défrans comme nos pies. Aïlleurs, on les approche beaucoup plus facilement.

La dénomination de ffäteur qu'on a donnée à cet oiseau est peu convenable comme spécifique, puisqu'elle est, pour ainsi dire, applicable à tous les individus que l'on connoît. Cependant nous nous sommes bien gardés de la changer, pour ne pas grossir la liste de la synonymie. Celuï qui a été décrit par Latham « avoit la nuque, » les couvertures des aïles, la base de plusieurs pennes primaires, » le croupion, les couvertures inférieures de la queue et les pennes, » à l'exception de leur extrémité, d’un beau blanc, le reste du » plumage noir, le bec de cette couleur à la base, et ensuite bleu; » ce qui, d'après Fobservation de M. Vieïllot, lui donne de grands rapports avec le cassican noir et blanc. Il seroït possible encore que l'un fût le mâle et l’autre la femelle.

Le cassican dont nous donnons la figure, a treize pouces de longueur. Le devant de la tête, la poitrine et le ventre sont d'un noir foncé à reflets verdätres ; la queue et les pennes alaires sont également noires. On remarque quelques plumes blanches vers le milieu de l'aile.

Le derrière de la tête est couvert d'une calotte nettement marquée, d'un assez beau blanc, dont les plumes sont noirâtres à leur base.

La partie postérieure du cou, le manteau, les couvertures des ailes et le dos sont d'un blanc grisâtre; tandis que le croupion, et les plumes qui recouvrent la queue en-dessus et en-dessous, ont une couleur blanc pur. L'œil est rougeâtre. Le bec, long de vingtune lignes, est blanc, bleuâtre à la base et noir à la pointe; les narines sont presque linéaires; les pattes sont noires; les ongles trés-forts, crochus; les tarses ont deux pouces de longueur ; la queue

est carrée, les aïles vont presque jusqu'à son extrémité ; leur enver-

gure est de deux pieds quatre pouces.

Leshabitans des îles des Papous nomment les cassicans #74n7kahok

et #angahouk:; les insulaires de Guébé, dans les Moluques, les

désignent sous le nom d'oskouakou.

Sous-GENRE CHOUCARI. — GRAUGALUS. Cuv.

CHOUCARI VERT. — GRAUCALUS viripis. N.

SPHECOTERA VIRIDIS. Vieill. An. d'ornith.

L] Graucalus, capite et collo suprà migris; pectore ventreque flavo-viridibus; dorso et scapuls virid-mgricantibus ; oculorum ambitu nudo et rubro; rostro nigro.

Nous avons trouvé cet oiseau à Timor, d'où l'expédition du capitaine Baudin l'avoit déjà rapporté. I habite les arbres les plus touffus des environs de Coupang, et les naturels de l'ile lui donnent, nous croyons, le nom de kakraya.

Sa longueur est de neuf pouces quatre lignes, sur laquelle la queue prend trois pouces et demi. Le bec a dix lignes ; il est noir: la mandibule supérieure est aïguë et fortement recourbée à la pointe.

La tête et le dessus du cou sont noirs; la membrane charnue qui entoure l'œil est ovalaire et rouge; le contour des paupières est d'une couleur rosée. La gorge, la poitrine , le milieu du ventre, sont d'un vert mélangé de jaune; le jaune est tacheté de blanc à la partie postérieure du ventre et sur les couvertures inférieures de la queue. Le manteau, le dos et les scapulaires sont verdûtres, avec de légères lignes noirâtres au milieu de chaque plume.

Les grandes pennes sont d'un brun tirant sur le noir; cette couleur est aussi celle des moyennes, dans leur milieu , qui ont de plus un petit liséré verdâtre. La queue est longue, carrée, noirâtre en-dessus, avec des reflets verdâtres ; elle est gris de lin en-dessous, de même que faile dans cette partie.

Les pattes sont brunes; les ongles presque noirs, crochus; le doigt postérieur est muni d'une assez large membrane sur sa longueur.

Sous-GENRE GRIVE. — 7urpus. Linn.

GRIVE DES MALOUINES. — TurDpus FALCKLANDI. NN.

Turdus , pectore ventreque rufescentibus ; gulä punctis nigris notatä.

Nous laïssons à cet oiseau le nom qui lui a été donné au Muséum, bien cependant qu'il ne fasse que se montrer aux îles Malouines pendant un certain temps de l'année, attiré par les baïes succulentes d'empetrum. Sa vraie patrie paroît être l'extrémité de l Amérique méridionale.

Cette grive est de la grosseur de notre drenne; elle a beaucoup de rapports avec le griverou du Brésil, qu'a décrit et figuré M. Levaillant | Orseaux d'Afrique, tome IT, planche 98). Comme ce dernier oiseau , elle a la poitrine et le ventre d'un roux assez vif, et des lignes noirâtres sous la gorge; maïs ces taches linéaires sont plus nettement tranchées dans la grive des Malouines. Le dessous de la queue est d'un brun clair.

Ces oiseaux vont en troupes de trois ou quatre, et sont peu fuyards.

ZOOLOGIE. 1oS

GENRE LORIOT. — ORrrozus. Linn.

LORIOT PRINCE-RÉGENT. — OrioLus REGENS. N.

Oriolus, capite, collo suprà, alarum dimidiä parte, luters ; pectore, ventre caudäque nigris ; rostro flavo.

CE bel oïseau appartient à la Nouvelle-Hollande. Il est fort rare au Port-Jackson, où on le nomme pruce-régent, dénomination que nous lui avons conservée ; il habite les bords de la rivière Patterson, et fréquente les broussailles épaisses. Nous en possédions un individu que l’on nous dit avoir été tué à environ trente milles de la ville de Newcastle, et que M. de Freycinet avoit acheté une guinée; nous lavons perdu au naufrage, ainsi que notre collection d'oiseaux de la Nouvelle-Hollande, parmi lesquels nous comptions, au premier aperçu, huit ou dix espèces nouvelles : de sorte que la figure que nous en donnons a été prise sur un dessin assez bon de M. Lewin, gravé à Sydney même, sans indication de genre ni d'espèce. Nous avons ouï dire que cet auteur, dans les figures qu'il a publiées des oiseaux du Port-Jackson, appelle celui-ci melliphaga chrysocephala ; maïs nous nous sommes assurés que cest un vrai loriot, ainsi qu'on peut le voir à la forme du bec.

Sa taille est d'un peu plus de huit pouces.

Les plumes du dessus de la tête, courtes, très-serrées, formant velours, sont d’un très-beau jaune, de même que celles du cou et des épaules; ce qui fait paroître ces parties comme couvertes d'un camail. Les moyennes pennes alaires sont également jaunes : un

petit cercle de la même couleur entoure l'œil, qui est rougeätre, avec Voyage de l'Uranie. — Zoologie. I 4

des paupières noires : le bec est d’un jaune plus clair. Tout le reste du corps est d'un noiïr pur : cette couleur prend à la mandibule inférieure , et forme comme une espèce de cercle irrégulier autour de l'œil.

Les pattes sont noires et les ongles forts et crochus. L’individu que nous avions acquis, et un autre qui étoit chez le gouverneur, sont les seuls que nous ayons vus pendant notre séjour dans la

colonie.

GENRE MÉRION. — Mazurus. Vieiïllot.

MÉRION NATTÉ. — Mazurus TExTILIS. N.

Malurus, corpore toto rufulo, longitrorsum bruneo punctato ; rostro migro, robusto ; caudà longä.

CE genre a été formé par M. Vieiïllot aux dépens des fauvettes, avec lesquelles les individus qui le composent ont divers rapports.

Nous avons tué cet oïseau à la baïe des Chiens-Marins, dans la Nouvelle-Hollande. Déjà les naturalistes de l'expédition du capitaine Baudin f'avoient fait connoître; mais il n’étoit point figuré. I est remarquable par l'habitude qu'il a de se tenir presque toujours sous les buissons, et de passer de l’un à l'autre en courant avec vitesse. On le prendroiït pour une souris, méprise qu'augmentent encore sa couleur rousse et le petit sifflement aigu qu'il fait alors entendre.

Sa longueur totale est de six pouces et demi; celle de la queue, de trois pouces deux lignes.

Sa couleur générale est roussâtre : cette teïnte est plus claire et devient même grise au devant du cou et à la poitrine, dégradation qui y est produite par de petites taches de roux et de blanchätre dont chaque plume est uniformément nuancée. La même disposition existe sur la tête, qui est un peu plus brunâtre, et sur le dos, où chaque plume a une ligne d'un blanc sale au milieu.

La queue est rousse dans toute son étendue; l'oiseau la tient toujours tres-relevée : le bec est noir, court et robuste; les pattes sont noirâtres.

Dans un des mérions de cette espèce, qu'on voit aux galeries du Muséum, la mandibule supérieure est très-aiguë et recourbée à sa pointe. Chez un autre individu , la couleur du plumage est un peu plus foncée.

MÉRION LEUCOPTÈRE. — Marurus LEucoPTERUSs. N.

Malurus, capite, collo, pectore dorsoque cæruleo-mgricantibus ; alis

albis ; caudä subcæruleä.

CET oïiseau vient du même lieu que le précédent. Nous ne l'avons rencontré que sur l'île Dirk-Hatichs, vivant parmi des traquets, dont il nous a paru avoir les mœurs.

Il est représenté de grandeur naturelle, d'après un dessin qu'en fit alors M. Arago. I a toute la tête, le cou, le ventre et le dessus du dos d'un bleu tellement foncé, qu'il en paroît noir ; les aïles sont blanches dans leur moitié antérieure et brunâtres à leur extrémité : peut-être que cette dernière teinte dépend de l'âge, et nest pas celle qui doit toujours subsister. La queue est également bleu foncé, maïs moins que le corps. Le bec est noir et les pattes sont brunes.

Longueur totale, trois pouces quatre lignes environ.

GENRE BRUANT. — ÆEmgERrizA. Linn.

BRUANT A GORGE NOIRE. -- EMBERIZA MELANODERA. N.

Ermberiza , corpore luteo-vrrescente ; capite et collo suprà fuscrs ; gulà

7 Igrä ;

CETTE nouvelle espèce habite les iles Malouines. Dès le mois de février, elle commence à se réunir en petites troupes qui parcourent les dunes sablonneuses où croît un empetrum dont les baïes servent a leur nourriture.

Cet oiseau a le dessus de la tête et du cou ardoïsé, de même que les joues; le dessus du dos et le ventre sont d'un jaune mélangé de verdätre, et cette dernière partie est marquée latéralement de quelques taches brunes. Une plaque très-noire occupe la gorge, de chaque côté de laquelle se voit une ligne blanche.

Les grandes pennes alaires sont d'un assez beau jaune sur leur bord extérieur, et tachées de noir à leur extrémité. La queue, légerement fourchue, a ses pennes extérieures jaunes et les moyennes d'un noir verdâtre.

La femelle est de la même grosseur que le mâle. Ses couleurs sont moins bien tranchées. Dans deux individus femelles que nous avons rapportés, et qui sont au Muséum, on remarque sur le-dos un mélange de roux dans lun et de verdâtre dans F'autre : une teinte grivelée remplace sous la gorge le plastron noir du mâle.

La longueur totale de ces oïseaux est de cinq pouces et demi.

Sous-GENRE CAROUGE. — X4nraorNus. Cuv.

CAROUGE GASQUET. — XanNTHoORNUS GASsQUET. N.

Xanthornus, corpore et als fuscis; ventre, alarum flexurä uropygioque flavis.

M. Cuvier a formé, dans son grand genre cassique, le sousgenre carouge, qui correspond aux troupiales de M. Vieiïllot; et les carouges de cet auteur sont les troupiales de M. Cuvier.

Nous dédions l'oiseau qui nous occupe à la mémoire d'un brave général, le baron Gasquet, oncle de lun de nous. I a beaucoup de rapports avec le troupiale bicolor décrit par M. Vieïllot ; maïs ce n'est pas le même oïseau, et il en diffère principalement par une large bande jaune qu'il porte sur le croupion.

Sa tête est d'un brun tirant sur le noïrâtre, tandis que le cou, la poitrine, le dos, les aïles et la queue sont d’un brun plus clair; les pennes alaires sont grises en dessous : un jaune élégant colore le dessous du pli de l'aïle, le ventre, et, comme nous venons de le dire, tranche sur le croupion, par une large bande, avec la couleur brune. | s

Les pieds sont rougeätres; le bec est noir, robuste, formant un angle aigu entre les plumes du front. Il a treize lignes de longueur : la queue a trois pouces six lignes; l'envergure est de dix pouces et demi, et, lorsque les aïles sont pliées, elles s'étendent jusqu'à deux pouces de l'extrémité de la queue. Enfin, la longueur totale de l'oiseau est de huit pouces neuf lignes.

Ce carouge habite les rives de Rio de la Plata ; il fréquente les

ZOOLOGIE. Tilt prairies, de même que les troupiales; mais il ne paroît pas vivre en grandes troupes comme eux; nous ne l'avons jamais rencontré que par petits groupes.

Nous avons rapporté des individus de la même espèce, dont le plumage incomplet ne présentoit de jaune que sur le ventre; chez d’autres, cette couleur commençoit à se manifester au pli de l'aile. Nous avons vu, dans les manuscrits de Commerson, de mauvais dessins de ces oïseaux parvenus à cet état, qui sembleroient avoir été faits par Sonnerat.

GENRE MARTIN-CHASSEUR. — Dacezo. Leach.

MARTIN-CHASSEUR GAUDICHAUD.—DaAcELo GaupicHaup. N.

MANKINETROUS et MANGROGRONE, dans la langue des Papous. SALBA, en idiome de Guébé.

Dacelo, capite, scapuhs parteque superiore dorsi nigris; gulà albä; collo ex albido rufescente ; uropygio ex cyaneo colore ; pectore abdomineque rufis.

CE genre, très-naturel, pris dans celui des martins-pêcheurs, indiqué d'abord par M. Levaillant, et formé par M. Leach, a pour caractère un bec échancré et courbé à la pointe. Maïs c'est sur-tout par les mœurs que ces oïseaux diffèrent des précédens : en effet, ils vivent de vers et d'insectes, se tiennent dans les bois ou dans les lieux secs et arides, et ne pêchent point, comme l'indique leur plumage, qui, au lieu d'être lisse, a beaucoup de douceur et de souplesse. Du reste, ïls ont les mêmes caractères que les martinspécheurs.

L'espèce à laquelle nous donnons le nom de notre collègue et de notre ami, chargé de la partie Botanique du voyage, habite les bois des îles des Papous : les naturels l'appellent rangrogrone et manhanetrous ; les habitans de Guébé la nomment s4/44, dénominations également employées par ces insulaires pour les martinspécheurs. Elle n’est point farouche et se laïsse facilement approcher. Les individus que nous avons tués avoient encore le bec couvert de la terre qu'ils venoïent de fouiller pour y chercher leur nourriture.

Ce martin-chasseur, remarquable par l'élégance de son plumage, a la tête, les scapulaires et le haut du dos d'un noir foncé; un

plastron blanc couvre la gorge, s'étend sur les côtés du cou, en diminuant de largeur, pour former postérieurement un collier nuancé de roussâtre, dont les plumes sont noires à leur base. Un trait blanc se voit derrière l'œïl et à la racine du bec. Le bas du dos et le croupion reflètent un superbe bleu d'aigue-marine, de même que les couvertures supérieures des ailes; maïs cette couleur, dans cette dernière partie, est plus foncée; ce qui tient à ce que chaque plume, noire dans une partie de sa longueur, n'est bleue : que vers le bout. Les grandes pennes alaires et caudales sont d'un beau bleu foncé en-dessus, noires à la pointe et noirâtres en-dessous.

La poitrine et le ventre jusqu'à la couverture inférieure de la queue, ont une couleur rousse agréable quoique foncée ; le pli de l'aile en-dessous et les côtés du corps sont fauves: on y remarque une tache noire qui ne devient visible que lorsque f'aile est élevée.

La partie supérieure des tarses est emplumée. Les pieds sont courts et de couleur brune; l'ongle du doigt du milieu est dilaté sur son bord interne. Le bec, gros, tétragone, pyramiïdal, long de deux pouces quatre lignes, est verdâtre sur ses faces et couleur de corne sur ses arêtes. Les mandibules sont aiguës à leur pointe; la supérieure dépasse linférieure. L'œiïl est rougeâtre.

La longueur totale de l'oiseau est de onze pouces et demi. Deux autres individus, provenant des mêmes lieux, présentent quelques légères différences : la queue de lun n'a point de noir à l'extrémité, et celle de l'autre est rousse en-dessus ; nuance qui, chez le dernier, est probablement due à l’âge; car quelques taches bleues semblent indiquer qu'avec le temps cette partie du sp irÉee doit prendre entièrement la même couleur.

Voyage de l’Uranie, — Zoologie. 15

Sous-cENRE COUCOU. — Cucuzus. Linn.

COUCOU GUIRA CANTARA. — Cucurus GuirA. Lath.

GUIRA ACANGATARA. Maro. Hist, nat. Bras, pag. 95. — Ray, Sy. av. pag. 45, n° $.— Will. Orn. pag. 140. tome 22.

CUCULUS CRISTATUS BRASILIENSIS. Briss. 4, pag. 144, n.° 130.

GUIRA CANTARA. Buff. Ois, tome 6, pag. 407.

CucuLus GUIRA. Gmel. pag. 414, n.° 32,

PIRIRIGUA. Azara, tome IV, page 24.

ANI GUIRA CANTARA. CROTOPHAGA PIRIRIGUA. Vieill. M. Dhicr. d'hist, nat. ï

Cuculus cristatus, ex flavicante albus, caudà alisque fusceis ; capite in medio fusco, ad latera flavicante ; collo in medio flavicante, ad latera fusco. Gmel.

QUOIQUE cet oiseau soit très-connu, il n'en existe cependant pas encore de bonnes figures; car celles que Marcgrave et Willughby ont fait graver sur boïs sont tout-à-fait dénuées de ressemblance : c'est ce qui nous a décidé à en donner une nouvelle.

La longueur totale de notre individu est de quatorze pouces, sur lesquels la queue en prend environ huit.

Les parties latérales de la tête et la poitrine ont une teinte blonde qui devient un peu plus claire sous le ventre. Les plumes de l’occiput, lâches, très-eflilées et rousses, avec une ligne brune dans le milieu, forment une huppe dirigée en arrière; celles du devant et des côtés du cou et de la poitrine sont efflées aussi, et ont leur tige presque noire, ce qui présente ces parties comme inégalement rayées en long.

Les couvertures supérieures des aïles sont noirâtres, bordées de blanchätre; les plumes du manteau présentent aussi cette teinte, avec la différence que la’ ligne blanche est au centre de chacune d'elles : les barbules sont très-écartées à leur insertion.

Les grandes pennes alaires sont d'un roux clair, et les moyennes de la queue, en-dessus, blondes depuis leur origine jusqu'à leur moitié et noires dans le reste de leur étendue ; les latérales sont traversées par une large bande noire et tachées de blanc salé à leur extrémité. La queue offre en- dessous, vers le milieu, une bande noire.

Le bec est robuste, arqué, lisse et jaunâtre; cette couleur est aussi celle des pieds. Les tarses sont bruns.

Dans trois guiras qui sont aux galeries du Muséum, les couleurs varient un peu, de même que la taille; ainsi, l'un est plus blanc , et un autre plus roux : la couleur du nôtre tient le milieu entre les deux.

Cet oiseau a quelques rapports de forme et de mœurs avec le coucou piaye. Comme lui, on le voit voltiger en ondulant entre les bois peu élevés où le soleil pénètre. H est infiniment plus rare au Brésil que ce dernier, qu'on trouve presque par-tout, après qu'on a laïssé les alentours de la rade. Il vit seul, et jamais nous ne l'avons vu aller en troupe comme les anis, parmi lesquels un ornithologiste la placé. Ses plumes, très-lâches, le font paroître plus gros qu'il n'est réellement, et il en perd beaucoup lorsqu'on le tire.

SOUs-GENRE PERRUCHE. — PsiTTA cus. Linn.

PERRUCHE ÉRYTHROPTERE.— Psrrracus ERYTHROPTERUS. Lath.

PSITTACUS MELANOTUS. Shaw. pl. 653.

PERRUCHE JONQUILLE, Vieill. AVouv, Dicr, d'hist. nat.

Psittacus viridis ; capite, colo, flavo-viridibus ; dorsi inferiore parte

cyaneà; tectricibus alarum rubris.

CETTE jolie perruche, remarquable par l'éclat et la variété de ses couleurs, provient de l'île de Timor : on la trouve aussi, dit-on, à la Nouvelle-Hollande; c'est ce que nous n'aflirmons pas, et encore moins qu'elle appartienne à d’autres localités d'où on la fait venir.

Une personne de notre équipage, pendant notre séjour à Coupang, en acheta une qui paroiïssoit vivre en domesticité depuis assez long-temps : malgré cela, elle étoit très-méchante et lançoit des coups de bec à ceux qui lapprochoïent. Nous la gardâmes plusieurs mois sans que son naturel s'adoucit, malgré les moyens qu'on prenoit à cet effet. La position qu'on lui a donnée est àpeu-près celle que le desir de nuire lui faisoit très-souvent prendre. Elle mourut à bord, en arrivant aux Mariannes.

La perruche à aïles rouges a quatorze pouces et demi de longueur totale; sa queue a un peu plus de six pouces. Son bec, court, fortement courbé, est rouge à la base et blanchâtre ‘vers la pointe.

La tête et le cou sont d'un beau vert nué de jaune, tandis que la poitrine, le ventre et les couvertures supérieures et inférieures de la queue et des aïles sont d'un jaune nué de vert clair. Les plumes du manteau se font remarquer par une couleur verte un

peu foncée. La partie inférieure du dos jusque près du croupion laisse voir un magnifique bleu d'outre-mer. Les grandes pennes alaires sont d'un beau vert dans leur recouvrement, et noires avec un liséré jaune à leur partie interne ; ce qu'on ne peut voir quen les écartant un peu. Une longue bande rouge occupe l'aïle depuis son pli jusque vers le milieu , d'où est venu le nom d'éythroptère que Latham a donné à cet oiseau. Le dessous de l'aile est presque noir , excepté vers la jointure, où lon remarque une plaque d’un jaune verdâtre, et dans ce même endroit , à l'extérieur , quelques taches d'outre-mer.

La queue est longue, à pennes réunies, d'un vert velouté endessus, avec des reflets jaunätres sur les bords. Chaque plume a sa tige noire et son extrémité jaune jonquille; d'où M. Vieïllot a tiré le nom qu'il a donné à cette perruche. En-dessous, elles sont noires, avec du jaune sale sur les bords; celles du milieu, plus longues, donnent à la queue une forme arrondie lorsqu'elle est étalée.

Les pieds sont courts et noirâtres.

En comparant notre figure avec celle de Shaw, on aura de la peine à croire que ce soit le même oiseau qu'on ait voulu figurer.

Sous-GENRE COLOMBE. — Corumg4. Linn.

COLOMBE PINON. — Corumsa PinoN. N.

AMPAHÈNE, dans Ja langue des Papous.

BIOUTINE, en idiome de Guébé.

Columba, capite, collo, pectore et dorsi magnä parte cinerco-fuscis; als

caudäque ardostatis ; caudä fascià albà transversè notatä ; pedibus rubris.

CETTE grande et belle colombe provient de Rawak, une des îles des Papous; nous l'avons dédiée à M."° Louis de Freycinet, née Pinon.

La tête, le cou, la poitrine , et une grande partie du dos de cet oiseau, sont d'un gris-brun avec de légers reflets rougeüitres. Le dessus et le dessous des aïles, ainsi que les grandes pennes et la queue, sont d'un bel ardoiïsé : une large raïe blanche traverse cette dernière plus près de son extrémité que de son origine.

Le ventre est d'un roux ferrugineux, de même que les couvertures inférieures de la queue. Les plumes de cette couleur qui garnissent les tarses, sont mélangées avec d’autres d'un blanc sale et qui sont rousses à la pointe.

Le bec est noir dans sa plus grande étendue, blanc de corne à la pointe; il est solide, un peu aplati, avec une arête au milieu de la mandibule supérieure , de chaque côté de laquelle sont deux sillons ; les narines sont petites. L'œiïl est rougeûtre, environné de quelques plumes blanchätres courtes, qu'on retrouve aussi à la base

du bec.

Les pieds sont rouges, robustes, garnis d'assez larges membranes, et munis dongles aigus un peu recourbés. La queue est carrée.

Longueur totale, dix-sept pouces trois lignes ; sur laquelle la queue prend environ cinq pouces et demi. Les aïles, dans le repos, ont dix pouces et demi; le bec, quatorze lignes.

COLOMBE MUSCADIVORE, mâle. — CozumBA ÆNEA. Lath.

PALUMBUS MOLUCCENSIS. Briss. vol. 1, p. 148; pl. 13, fig. 2. PIGEON CUIVRÉ MANGEUR DE MUSCADES. Sonnerat, Voy. fig. 102. PIGEON RAMIER DES MOLUQUES. Buff, Ois, t.2, p. 58, fig. 164. CoLuMBA ÆNEA. Lath, Znd. orn. v. 2, p. 602.

NUTMEG PIGEON, {bid, part. 2, pag. 636, sp. 30.

CoLuMBA ÆNEA. Gmel. p. 780, n.° 22.

COLUMBA PACIFICA. Gmel. p. 777, n.° 44. °

COLOMBE MUSCADIVORE. Temiminck, Æist, des col, pag. 7, fig. MANROUA , en langue des Papous.

Columba, supernè viridi-aurea in cupri puri colorem mutans, imferne cinereo-alba ad vinaceum inclinans ; tectricibus caudæ inferioris castaneo-

purpureis, rectricibus subtus cinereis; pedibus plumosis. Briss.

M. Temminck est le seul qui ait donné une bonne figure coloriée de cette colombe, dans son magnifique ouvrage sur les pigeons. Celles qu'on trouve dans les planches enluminées de Buffon et dans l'ouvrage de Brisson sont défectueuses. On considère comme une variété de cette espèce, le pigeon ramier mangeur de muscades , dont parle Sonnerat , et qu'il a représenté en noir. Maïs nous pensons, avec M. Temminck, que les méthodistes doivent rayer la columba pacifica de la liste des espèces et la rapporter à la columba æœnea.

Ainsi, nous neussions pas cherché à reproduire un oïseau qu'on s'est attaché à si bien faire connoître, si, parmi ceux que nous avons rapportés, il ne s’étoit trouvé un mâle dans tout son développement, et dont la partie supérieure du bec est surmontée, à sa naissance, d'une grosse excroissance charnue , qu'on suppose, avec raison, devenir plus sailiante au temps des amours. Sous l'équateur, cette époque seroit alors dans les mois de janvier et de février.

Ces colombes habitent les mêmes lieux que la précédente. Elles se perchent à la cime des arbres les plus élevés, et font entendre des roucoulemens ou, pour mieux dire, de sourds mugissemens, capables d'effrayer.

Nous ne pouvons mieux faire que de citer la description d'un naturaliste aussi distingué que M. Temminck.

« Ces oiseaux diffèrent sensiblement pour la taïlle, dit cet auteur, » à raison de l'abondance ou de la disette en grains ou en fruits » qui leur servent de nourriture.

» Cette espèce a le bec foiblement arqué vers la pointe: il est » plus fort, d'une substance plus cornée que ne l'est d'ordinaire » le bec des pigeons. Les tarses sont robustes, très-courts et en » partie emplumés ; les doigts ont des rebords charnus qui forment > une plante de pied épatée comme dans les pigeons colombars. » Les pieds de cette colombe ressemblent à ceux des calaos.

» Le mâle adulte a toute la tête, le cou, ainsi que les parties » inférieures du plumage, d'un beau gris bleuâtre; le manteau, le » dos, les grandes et les petites couvertures des aïles sont d'un » beau vert foncé , à reflets métalliques ; les grandes pennes alaires, » ainsi que les pennes secondaires, sont d'un bleu verdoyant; la » queue, composée de douze plumes, est d'un beau bleu de roi » changeant en vert doré ; en-dessous, ces plumes sont noirâtres. » Les couvertures inférieures de la queue sont d'un roux ferru- » gineux. Les pieds sont rouges, le bec et les ongles noirs, et » l'iris d'un rouge orangé.

» La femelle, toujours moins forte de taille que son mêle a » en général tout le plumage d'une couleur plus terne que ce der- » nier; le cou et le ventre ont une teinte vineuse : sur la nuque » est un grand espace roussâtre foncé. »

Les légères différences que présente notre individu sont d'avoir la couleur grise du ventre nuancée de rougeâtre, le dessous des ailes d'un gris sombre, et quatorze plumes à la queue au lieu de douze.

Sa longueur totale est de quinze pouces et demi; celle de la queue est de cinq pouces ; l'aile, dans le repos, a neuf pouces dix lignes ; le bec, un pouce.

COLOMBE PAMPUSAN, = Cocunsa PamPusAN, N.

Columba, corpore rufo; caudä transversè nigro fasciatà ; rostro nigro ; pedibus rufulis.

CETTE petite colombe habite l'archipel des Mariannes et vient de fîle de Guam, où elle est rare. On peut dire que l’ensemble de son plumage est roux; cependant il présente diverses nuances de cette couleur que nous allons décrire.

La tête est petite, d'un roux tirant sur le rougeätre. Le cou, la poitrine et le ventre sont simplement roux; les plumes du dos reflètent un brillant métallique un peu verdätre; les scapulaires et les couvertures supérieures et inférieures de la queue sont bordées d’un roux vif; l'extrémité des grandes pennes est brun clair. La queue a douze pennes; elle est assez longue, rougeätre, avec une large ligne noirâtre vers l'extrémité.

Le bec, long de neuf lignes, est noir, mince, eflilé, un peu Voyage de l'Uranie, — Zoologie. 16

courbé à la pointe, qui a une teinte cornée ; les jambes sont longues et rousses ; le tarse a un pouce de long.

La longueur de cet oïseau est de dix pouces.

COLOMBE MACQUARIE. — CorumBa MAcQUARIE. N.

Columba longicauda ; capite , pectore uropygioque cinereo-cærulers ; oculis nudis subflavis ; alis lunulis albidis notatis.

Nous navons point eu cet oïseau en notre possession ; nous le connoïssons seulement d'après la figure quen a fait faire M. Macquarie, gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud, qui a bien voulu la donner à M. de Freycinet.

Les différences que présentoit cet oiseau avec tous ceux de son genre déja connus au Port-Jackson, engagèrent M. Macquarie à le faire dessiner. La reconnoïssance nous fait un devoir de le dédier à ce respectable gouverneur, qui eut la bonté de nous le faire connoître , et qui, lors de notre relâche à la Nouvelle-Galles du Sud, nous accueillit avec une affabilité extrême, et faciülita, par tous les moyens qui étoient en son pouvoir, nos recherches d'histoire naturelle.

Cette nouvelle espèce de colombe à longue queue est représentée ici de grandeur naturelle. Sa longueur totale est d'un peu plus de sept pouces, sur quoi la queue en prend trois et demi. Son plumage, sans être très-brillant, offre diverses nuances agréables : ainsi, la tête, le cou, la poitrine, sont d'un cendré bleuâtre ; le ventre, d'un blanc sale; le dos et le croupion, d'un brun clair. Les petites couvertures des aïles sont brunâtres et irrégulièrement parsemées de nombreuses taches oculaires blanches bordées de noir dans la moitié de leur contour ; les grandes couvertures sont

cendrées avec des taches comme ci-dessus à leur extrémité. Quelques lunules ‘brunes se font remarquer vers le bout des grandes pennes alaires, qui sont d'un brun rougeûtre.

La queue est étagée, pointue ; la couverture supérieure et les premières pennes sont d'un cendré bleuâtre, comme la gorge. Les pieds sont rougeätres, assez longs ; le bec est noir : l'œil est entouré d'un cercle aurore au milieu duquel se dessine le rebord noir et piqueté des paupières : l'iris est rougeâtre ‘.

: Nous ajouterons ici la description succincte d’une sorte de colombi-palline que nous vimes, au Port-Jackson, à Régent-ville, maison de campagne que M. le docteur Jamieson possède sur les bords de la Nepean. Cet oïseau, moins gros qu’une poule, en a le port et la marche rapide. La tête, les ailes, le dos et la queue sont d’un ardoiïsé clair, la poitrine et le ventre blancs, marqués de taches triangulaires ardoisées ; deux lignes blanches, allant du cou au ventre, circonscrivent un plastron ardoisé. Nous donnerons à ce colombi-galline , dont nous n'avons vu la description nulle part, le nom de Jamieson.

GENRE MÉGAPODE — Mecaropius. N.

Bec grèle, foible, droit, aussi large que haut, et aplati en-dessus à sa base; mandibule supérieure plus longue que linférieure , légèrement courbée à son extrémité ; mandibule inférieure droite, point cachée par les bords de la supérieure.

Narines ovalaires , ouvertes, placées plus près de la pointe du bec que de sa base; fosses nasales longues , couvertes d’une membrane garnie de petites plumes ;. tour de l'œil nu; cou presque nu, garni de quelques petites plumes rares.

Pieds grands et forts, placés à l'arrière du corps; tarse gros et long, couvert de grandes écailles, comprimé sur-tout en arrière ; quatre doigts très-alongés ; trois en devant presque égaux, réunis à leur base par une petite membrane plus apparente entre le doigt interne et celui du milieu, qu'entre ce dernier et lexterne ; le postérieur horizontal, posant à terre dans toute sa longueur.

Ongles très-longs , très-forts, plats en-dessus, très-peu recourbés , triangulaires , à pointe obtuse, presque comme ceux des ménures.

Ailes médiocres , concaves , arrondies; les troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes.

Queue petite, cunéiforme , dépassant à peine les ailes, et formée de douze pennes.

CE nouveau genre, que nous découvrimes en décembre 1818, sur les îles des Papous, et que nous avons nommé wégapode, d'après son caractère le plus saïllant, la grandeur de ses‘pieds, appartient à l'ordre des gallinacés, et semble faire le passage entre ceux-ci et les échassiers. La forme de ses doigts et de ses ongles le rapproche des ménures. Sa place la plus naturelle paroît étre entre les cryptonyx et les tinamous; cette opinion est celle d’un savant ornithologiste, M. Temminck, qui considere les mégapodes comme les représentans des tinamous dans les contrées chaudes de l'ancien continent.

Ces oiseaux habitent les Moluques, les îles des Papous, les Mariannes et les Philippines. Nous tenons de MM. Dussumier et Calvo , que dans ce dernier lieu on les nomme é#ason, mot qui en langage tagalle signifie exfouir , parce que les mégapodes déposent

ZOOLOGIE. 125 leurs œufs dans le sable et abandonnent à la chaleur solaire le soin de les faire éclore. M. Calvo, amateur de la chasse et qui a fait un séjour de quinze ans dans ces îles, en qualité d'agent de la compagnie des Philippines, ajoute que le même trou ne renferme jamais qu'un seul œuf. Dès que le petit sort du sable, il se met à courir ; la mère ne lui donne aucune espèce de soins. Quelquefois on trouve de jeunes poussins morts dans le sable à une assez grande profondeur.

Ces oiseaux sont timides, redoutent les chasseurs, et se cachent dans les touffes de bambous, d’où il est difficile de les faire sortir. [1 en existe aux Philippines des espèces noires et rousses.

MÉGAPODE FREYCINET. — Mecaropius FREYCINET. NN.

BLÉVINE, en idiome de Guébé.

MaNKIRIO, dans la langue des Papous.

Megapodius Corpore subnigro ; rostro fusco, apice albido ; collo ferè nudo subnigro ; pedibus-concoloribus.

CET oïseau habite les îles des Papous et provient de celle de Vaigiou. Les habitans de l'île Guébé avec lesquels nous avons eu des relations, nous ont dit qu'il étoit très-commun dans leur île, et quil pondoit des œufs excessivement disproportionnés à sa taille. En effet, ils nous en vendirent un grand nombre de trèsgros et de couleur rougeätre, qu'ils nous assurèrent provenir de ce mégapode.

Sur les îles Vaïgiou et Boni, ces oïseaux paroïssent vivre dans une demi-domesticité, à-peu-près comme les canards qui habitent les maraïs que traverse la petite rivière de Sèvre, dans le département de la Charente-inférieure. Les Papous, qui leur donnent

le nom de wzankirio, nous en apportoïent de vivans pour être mangés. Nous en avons chassé nous-mêmes dans la petite île Boni. Ils se tiennent dans les lieux humides, volent peu et en efHeurant la terre.

L'individu que nous décrivons, et qui a vécu plusieurs jours à bord de l'Uranie, est vraïsemblablement une femelle; car nous avons eu occasion d'en apercevoir un autre de couleur rousse, qui faisoit entendre une sorte de gloussement, et que nous supposons être un mäle. La démarche de cet oiseau est lente ; ses pieds, placés en arrière, projettent son corps en avant, ce qui le rend comme voüté.

Sa longueur, du bec à l'extrémité de la queue, est de treïze pouces. Tout son corps est d’un noir brun: cette couleur est un peu plus claire au ventre et sous les ailes. Les plumes de la tête, étroites, effilées , se relèvent un peu en huppe en arrière. La peau du cou est presque nue, brunätre et recouverte de quelques petits bouquets de plumes courtes.

Les grandes pennes alaires se réunissent sur une petite queue ovalaire, convexe, qui ne les dépasse que d'un pouce, ce qui donne à l'oiseau la forme d’un ovale alongé.Le dos est légèrement convexe; les plumes qui le recouvrent sont longues et larges. La tête est petite : le bec a dix lignes de longueur; il est brun, un peu blanchätre à la pointe. La peau qui embrasse la base de la mandibule supérieure, est noire, et couverte, aïnsi que la membrane qui environne l'œil, de quelques petites plumes rares. Nous croyons l'œil noir.

Les tarses, gros et robustes, ont deux pouces cinq lignes de longueur ; ils sont recouverts de larges écailles d’un brun trèsfoncé, formant un rang en avant et deux rangs en arrière qui se touchent immédiatement sous les losanges intermédiaires. Les doïgts de ces oiseaux ressemblent à ceux des ménures ; cependant leur doigt de derrière est proportionnellement plus long; et

ZOOLOGIE. 127 dans les ménures, les articulations sont plus marquées et comme noueuses.

Des trois doigts de devänt de ce mégapode, celui du milieu, le plus long, mesure deux pouces; il est réuni à l'interne par une membrane assez large, et à l'externe par une membrane très-petite. Le doïgt postérieur horizontal, reposant sur le sol, a dix-huit lignes de longueur ; les ongles, noirâtres, sont planes en-dessous: quelques-uns ont dans ce sens une ligne blanche au milieu.

Cet oïseau porte le nom du commandant de notre expédition, M. Louis de Freycinet, à qui nous l'avons dédié.

MÉGAPODE LA PÉROUSE. — Mecaroius LA PÉROUSE. N.

SASSÉGNIAT, en langue mariannaise.

Megapodius , corpore rufo ; rostro nigricante, apice albido ; collo nudo subflavo ; tarsibus subflavis.

CETTE espèce, plus petite que la précédente, et à tarses moins élevés , habite l'archipel des Mariannes , où autrefois elle étoit trèscommune. Les anciens habitans lui donnoïent le nom de sasségniat. On nous dit même qu'elle vivoit en domesticité ; mais à présent cet oiseau n'existe plus dans les îles principales , à Guam et à Rotta: il faut aller à Tinian pour le trouver ; encore y est-il rare. Nous devons celui-ci à M. Bérard, qui le tua dans le voyage qu'il fit à cette île. La peau colorée de son cou et la couleur un peu moins sombre de ses plumes indiquent peut-être un mâle.

Ce mégapode est absolument semblable pour la forme à celui que nous venons de décrire ; mais il n’a que neuf pouces et demi dans sa plus grande longueur.

Les plumes de la partie postérieure de la tête sont d'un brun clair, effilées , et susceptibles de se redresser un peu. Celles du dos et des aïles sont brunes, irrégulièrement mélangées de roux vers la pointe. Cette couleur rousse est plus claire sur et sous la queue, à la poitrine et au ventre.

Le bec est noirâtre en-dessus à sa base , et couleur de corne dans ses autres parties. La mandibule supérieure est plus courbée et plus pointue que dans l'autre mégapode.

Le caractère spécifique le plus saïllant de cet individu est d'avoir la peau nue du cou de couleur jaune tirant sur le rougeâtre. Les tarses sont jaunâtres, médiocrement forts, et les doïgts noirs vers leur extrémité , ainsi que les ongles.

Nous avons dédié cette seconde espece à la mémoire du célèbre et malheureux la Pérouse : nous nous félicitons d’être les premiers a rendre un pareil hommage à l'une des plus illustres victimes de la science.

GENRE HUITRIER. — AzmaATopus. Linn.

HUITRIER NOIR. — Hzmartopus NiGer. N.

Haæmatopus, corpore toto nigro ; alarum flexurä nodo obtuso munitä ; rostro rubro; pedibus roseïs.

C'EST avec quelques doutes que nous donnons comme espèce l'huîtrier noir : en effet, quoiqu'il se montre dans une foule de lieux de l'hémisphère austral, on ne l'y voit jamais seul; il est toujours avec lhuîtrier vulgaire ou l’huîtrier à manteau. Sa couleur pourroit donc bien appartenir au jeune âge, comme cela paroît avoir lieu pour les cormorans à ventre blanc des terres magellaniques. Cette opinion est celle de M. Vieïllot, que tendroit à confirmer une ou deux plumes blanches qu'on remarque à l'aile de plusieurs de ces oiseaux. Cependant, dans le but de contribuer à éclaircir ce point, nous devons dire qu'en septembre, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, et en février, mars et avril, aux Malouines, les huïtriers noirs qui y furent aperçus, ne présentoïent, à ces deux époques assez éloignées, nulle anomalie dans le plumage, nulle bigarrure qui pût indiquer une mutation de couleur, à l'exception de la plume blanche dont nous venons de parler, ordinairement cachée par les noires.

Ainsi, en attendant que de nouvelles et de meïlleures observations nous fassent connoître la vérité, nous ferons remarquer que, dans l'espèce qui nous occupe, les diverses nuances du noir

sont plus ou moins intenses; ce qui tient peut-être à l'âge ou Voyage de l'Uranie. — Zoologie. Ji

à la saison. Dans notre individu, cette couleur -n'est pas tresfoncée.

Sa longueur totale est de dix-huit pouces; cellé du bec, de deux pouces dix lignes. Les aïles, très-longues , arrivent à un pouce de l'extrémité de la queue , qui est carrée; elles ont à leur pli un tubercule corné, arrondi comme celui du bec-en-fourreau, tubercule dont nous ne savons pas qu'on ait fait mention. Le bec est d'un jaune orangé vif; mais cette couleur perd de son intensité ou s'efface par la dessiccation. Les mandibules sont toujours écartées vers la pointe; c'est un caractère constant : l'inférieure offre en-dessous, un peu en avant des narines, un renflement tressaïllant.

Les pieds sont charnus, de couleur rosée : les doigts sont larges, légèrement bordés; celui du milieu a vingt-une lignes de longueur; les tarses ont un peu plus de deux pouces. L'œil et les paupières sont orangés.

Les hufîtriers sont des oiseaux très-défians, qui vivent en troupes nombreuses. Comme ils se nourrissent de petits crustacés et des mollusques qui habitent des coquilles, ïls ne quittent presque jamais les bords de la mer; maïs il ne faut pas croire que leur bec soit assez fort pour ouvrir les huîtres, comme leur nom semble l'indiquer. Le cri aigu et prolongé qu'ils poussent en s'envolant, les fait reconnoître de loin. Ils ont l'habitude de chasser la nuit; car dans nos courses nocturnes sur les plages désertes de l'île Dirck-Hatichs, c'est le seul oïseau que nous ayons rencontré. Ils ne nagent pas habituellement ; toutefois lorsqu'ils sont trop pressés, il n'hésitent point à le faire, et s'en acquittent assez bien. C’est ce dont nous fûmes témoins un jour, aux iles Malouines, en allant pour en ramasser un que nous avions abattu.

GENRE BEC-EN-FOURREAU. — CxionN1s. Forst.

BEC-EN-FOURREAU BLANC. — CHionis ALBA. Forst.

VAGINALIS ALBA. Gmelin, Sysr. pag. 705.

VAGINALIS CHIONIS. Lath. Syr. pl. 80.

CHIONIS NECROPHAGUS. Vieill. Mouv. Dict, d'hist, nat,

Chioms, corpore toto albo; rostro apice subnigro ; facie verrucis subflavis obsité ; nodo alarum subflavo ; pedibus crassis rubro-nigricantibus.

CET oiseau, dont l'espèce unique est le type du genre, est assez difficile à classer dans un ordre méthodique. Celui que nous avons donné au Muséum , où ïl ne se trouvoit pas auparavant, a été placé par M. Cuvier entre les foulques, avec lesquelles il a quelques rapports par la forme du bec, et les giaroles.

Les plages les plus reculées de l'hémisphère austral sont la patrie du bec-en-fourreau. Forster, qui l'a fait connoître le premier, le trouva sur la terre des États. Le nôtre, qui fut tué par M. Bérard aux iles Malouines, étoit alors occupé à se repaître de moules, dont la force de son bec lui donne la facilité d'ouvrir les valves. Sa chair fut mangée, et elle n'exhaloït aucune mauvaise odeur, comme celle des oïseaux de la même espèce que Forster se procura, et qui probablement s'étoïent nourris de cadavres d'animaux à moitié corrompus.

Les diverses figures qu'on a données de cet oïseau, sont en général si mauvaises, que nous avons cru devoir en offrir une meilleure, faite d'après l'original réduit à mi-grandeur.

Tout son plumage est d’un blanc peu éclatant; les plumes du cou sont un peu soyeuses. Le bec est fort gros, légèrement arrondi, d'un blanc sale, noirâtre à la pointe; sa longueur «est de quinze lignes ; sa circonférence, de vingt-cinq à la base. La mandibule supérieure, un peu arquée, convexe, ne dépasse que de trèspeu l'inférieure. Les plaques cornées qui entourent la base du bec sont immobiles , à l'exception, peut-être, de celle dont la mandibule supérieure est recouverte, qui paroît susceptible de mouvement. Les narines sont latérales et irrégulières; les joues nues, Jaunâtres , avec des caroncules de la même couleur.

Les pieds, d'un noir rougeûtre, sont largement écailleuxet charnus sur les bords, comme ceux des huftriers. Des trois doigts de devant, celui du milieu a vingt lignes de longueur ; la membrane qui unit les deux extérieurs est courte. Les tarses ont dix-neuf lignes de hauteur; les ongles sont noirs.

L'aile dans le repos a neuf pouces et demi de longueur; son pli est muni d'un tubercule jaunâtre. Les extrémités des grandes pennes étant un peu usées, nous n'avons pu bien établir leur rapport de grandeur ; cependant, nous croyons la seconde et la troisième les plus longues. Elles atteignent jusqu'a environ un pouce de la queue, qui est large et presque carrée.

La longueur totale de l'oiseau est de quinze pouces. La couleur de l'œil est blanchätre ou plombée.

Sous-GENRE GRÈBE. — Poprcrps. Lath.

GRÈBE ROLLAND. — Popicers RoLLanp. N.

Podiceps , rostro ‘nigricante ; cristà nigrä laxä; genis albis ; ocuks

ruberrimis coruscis ; collo pectoreque fusco-nigricantibus.

Nous donnons à cet oiseau le nom d'un de nos compagnons, qui a rendu des services de plus d'un genre à l'expédition, soit en chassant pour lhistoire naturelle, ou bien en contribuant à nous nourrir par son adresse, après que nous fümes naufragés sur les plages désertes des Malouines. C’est dans ces îles que M. Rolland, maître canonnier de /'Uramie , a tué le grèbe dont nous allons faire la description. Bougaïnville en parle sous le nom de plongeon à lunettes ; maïs ce n'est pas un plongeon proprement dit ; et Pernetty fut frappé comme nous de l'éclat de ses yeux, dont l'iris est, dit-il, du plus beau rouge de cinabre carminé.

Le cou, le haut de la poitrine et le manteau sont d'un brun noir : les plumes du sommet de la tête sont noires, longues, et forment une huppe lâche au-dessus de l'occiput; l’espace entre le bec et l'œil est noir aussi. On remarque sur les côtés de la tête un petit pinceau de plumes blanches un peu écartées, qui contraste avec la couleur de la huppe et du cou. Le bas de la poitrine et le ventre sont d’un roux teinté de brun. Les aïles, blanches en-dessous, sont brunes en-dessus, avec un trait blanc plus ou moins apparent selon les individus; du roux et du brun se voient auprès de la queue, qui n'est autre chose qu'un petit faisceau de plumes soyeuses. Le bec et les ongles sont nojrâtres.

Un trèsjeune grèbe encore couvert de son duvet a le ventre blanc, le dos gris-brun et le cou rayé longitudinalement de blanchâtre et de brun. La tête a aussi plusieurs lignes en long.

Cet oïseau, de la taïlle du grèbe à bec cerclé, habite les rivières et les lacs d'eau douce. Rarement effrayé dans ces contrées, il n'est pas aussi difhcile à tirer que les nôtres, qui d'ordinaire plongent avant que le plomb puisse les atteindre.

GENRE PÉTREL. — PROCELLARIA. Linn.

Sous-GENRE PUFFIN.

PÉTREL BÉRARD. — ProcELLARIA BÉRARD. N.

Procellaria minuta, corpore suprà migricante, infrà albido ; rostro nigro, maculis albis notato ; pedibus plumbei coloris.

Nous dédions cet oiseau à l'un des officiers de l'expédition, M. Bérard, dont l'adresse à la chasse nous a rendu beaucoup de services.

Ce pétrel, représenté de grandeur naturelle, a environ huit pouces dans sa plus grande longueur. I a le port des damiers, c'est-à-dire qu'il est gros, court et ramassé. [l provient des îles Malouines, et il fut pris en venant se reposer à bord; chose excessivement rare, puisque c'est la seule fois que nous l'ayons vue pendant tout notre voyage.

Ses jambes sont assez longues, ses pieds largement palmés, son bec court, robuste, noir avec des taches blanches.

H a la tête, les joues, le dessus du cou et des aïles, aïnsï que le dos et la queue, d'un noir peu intense, avec des reflets. Quelques plumes d’un blanc sale, répandues çà et la sur ces parties, indiquent que l'oiseau n'avoit pas encore sa véritable livrée; le dessous de la gorge, la poitrine et le ventre sont d'un blanc pur. Une plaque noirâtre savance de chaque côté du corps vers le milieu de la poitrine. Nous supposons, à la nuance des plumes qui la forment, qu'elles finissent par devenir blanches.

Les aïles sont de même longueur que la queue; l'œil est noir, et les pieds sont couleur de plomb. Il manque à cet oïseau l'onglet propre à sa famille, lequel, à cause de sa petitesse, aura peut-être été perdu lors de l'empaïllage.

On trouve dans les manuscrits de Commerson, sous le nom de procellarius falklandius, un pétrel qui a quelques rapports avec celui-ci. Cependant il a le dos parsemé de plumes blanches qu'on ne voit

pas dans le nôtre. -

GENRE STERCORAIRE. Briss — ZLesrris. Hlig.

STERCORAIRE CATARACTE. — LesTris CATARRACTES. Temm,

LARUS FUSCUS. Brisson, tom. 6, pag. 165.

GOËLAND BRUN. Buffon, tom. 8, pag. 408.

POoRrT-EGMONT HEN. Cook.

LARUS CATARRHACTES. Gmel. tom. 1, pag. 603.

Lestris, superné obscurè fuscus, capite et collo concoloribus , inferne griseus, fusco transversim striatus ; remigibus majoribus, rectrictbusque migris, rectricibus lateralibus in exortu albidis. Briss.

Nous navons point cité toute la synonymie qui a été appliquée à cet oiseau, sur-tout celle qu'on trouve dans Gmelin, parce qu'il n'est pas sûr quelle appartienne bien à cette espèce. On peut exprimer le même doute touchant la figure qu'on voit dans Albin.

Les premiers oïseaux que nous aperçümes le lendemaïn de notre naufrage aux les Malouines, furent les stercoraires ; ils venoient enlever près de nous les débris d’alimens qui sortoïent du navire couché sur le côté. Ce sont eux que, dans ces mêmes parages, les matelots de Cook appeloïent poules du Port-Egmont. Ce navigateur en a vu jusque dans les glaces polaires. Is sont très-faciles à reconnoître à leur couleur brune, et, lorsqu'ils volent, à la large bande blanche qu'ils ont sous les aïles. On les retrouva à la mer par cinquante et cinquante-quatre degrés de latitude Sud: M. Banks en a tué à la Nouvelle-Zélande et sur la Terre de Feu.

Notre individu a vingt-six pouces de longueur; son bec est noir

et mesure vingt-une lignes. La couleur de la tête et du cou tire Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 18

sur le cendré; les plumes de la partie latérale et postérieure du cou sont efhlées à leur pointe, et marquées, au milieu, d'une ligne longitudinale rousse. La poitrine et le ventre sont d'un brun cendré, tandis que le dos, les aïles et la queue ont une couleur brune foncée ; le dessous des aïles est brun aussi, excepté vers le milieu, où les principales pennes sont traversées par une large bande blanche : dans le repos, il ne paroït à l'extérieur qu'une tache de cette couleur; mais quand l'oiseau vole, on l’aperçoit très-bien. Les aïles ne dépassent pas la queue.

Les tarses sont élevés de deux pouces et demi, noirs, garnis par devant d'un rang de larges écailles saïllantes. Le doïgt du milieu, qui est le plus long, a deux pouces neuf lignes; le postérieur, court, est assez élevé; les ongles sont très-forts, crochus et noirs; l'interne, très-robuste, relevé, est plus recourbé que les autres.

Un des stercoraires que lon voit aux galeries du Muséum de Paris, a la tête moins grosse, le front moins élevé, le bec un peu plus alongé et moins brusquement recourbé; ce qui, Joint aux plumes plus effilées de son cou, lui donne un air plus dégagé et le fait un peu ressembler aux grands oïseaux de proiïe terrestres : son plumage à aussi une teinte plus rousse.

Sous-GENRE CANARD. — Anw4s. Meyer.

CANARD AUX AILES COURTES. — Anas BRACHYPTERA. Lath,

RACE-HORSE. Wallis, Cook.

OIE GRISE ou DE PLEIN. Pernetty.

LOGGERHEAD DUCK. Zrans, philos. tom. 66, part. 1. ANAS CINEREA. Gmel. tom. 1, p. 506.

Anas cinerea , subtus obscura ; crisso albo ; remigibus caudäque acutä Orevibus nigris ; rostro, iridibus , tuberculo alarum et pedibus flavis.

Gmel.

CET oïseau, que sa grosseur a fait mettre parmi les oïes, est un vrai canard. I habite les îles Malouines, se tient presque constamment dans l'eau ou sur les rochers du rivage, et ne s'en écarte jamais pour aller paître dans les plaines environnantes, comme font les oies. II se nourrit de petits coquillages et de vers.

Pernetty l'a bien reconnu pour être un canard; ce ne sont que les matelots du navire sur lequel il étoit, qui lui ont donné le nom d'oie grise ou de plein. Sonnini pense de même qu'il ne faut pas le confondre avec l’oïe magellanique.

A l'époque où nous étions aux Malouines, dans les mois de février, mars et avril, quoique les couvées fussent à-peu-près achevées, ces oiseaux continuoient d'aller par couples; cependant il leur arrivoit quelquefois de se réunir en troupes de quarante à cinquante. Il n'est pas probable que ce fût pour émigrer, la nature leur ayant donné des aïles si courtes, qu'elles ne sauroient leur servir à s'élever dans l'air; mais en revanche, elles leur sont très-utiles, lorsque,

s'élançant dans la mer, ils en parcourent la surface avec une vitesse extrême : c'est ce qui arrive sur-tout quand on les blesse; alors, comme l'ont remarqué Pernetty et Forster, ils fuient tant qu'il leur reste un souflle de vie; d'où leur est venu le nom de race-horse [ cheval de course | que leur ont donné les marins anglais *.

C'est en chassant ces canards pour en faire notre nourriture, que nous avons observé qu'ils prennent un très-grand soin de leurs petits. Lorsque la couvée se met en marche, le père et la mère, semblables pour la couleur et la taille, se tiennent l'un devant, l'autre derrière, et la dirigent au large ou à terre, selon que la crainte du danger le leur suggère. D'autant plus défians qu'ils ne pouvoient pas se soustraire rapidement à nos coups par le vol, il nous falloit employer plus d'une ruse pour les atteindre. Leurs plumes, petites et serrées, les préservoient souvent aussi de faction du plomb. Le meilleur moyen étoit de les pousser à terre avec une ou deux embarcations; alors ils ne pouvoient échapper. Leur chair n'est pas bonne, et ils sont si difficiles à plumer, que, pour avoir plutôt fait, on leur enlevoit la peau.

Après avoir dit ce que nous savons des mœurs du canard aux aïles courtes, indiquons les caractères qui le distinguent de ceux de son genre.

Il'est aussi grand que le tadorne; sa longueur est de deux pieds deux pouces : son cou est long, et approche un peu de celui des oïes ; mais ses jambes sont courtes et placées à l'arrière du corps.

I] a la tête, le cou, le dessus du dos, des aïles et de la queue, d'un cendré sombre; cette teinte est un peu plus claire au cou, où les plumes sont plus effilées; celles du dos seulement sont bordées de noir.

Les plumes de la gorge et de la poitrine sont d’un roux vif et

* Le canard aux ailes courtes paroît aussi habiter la côte occidentale de l'Amérique, dans les environs du détroit de Magellan, puisqu'il en est parlé dans la relation du naufrage du vaisseau le Wager. On ajoute même que les femmes indiennes filent le duvet de cet oiseau, et en font des couvertures qu’elles vendent aux Espagnols.

ZOOLOGIE. 141 bordées de gris : dans le repos, la couleur rousse est très-peu apparente; elle ne se montre à découvert que lorsque loïseau se développe et alonge le cou. Le ventre, les cuisses et les couvertures inférieures de la queue sont d'un blanc pur.

Quelques pennes secondaires, entièrement blanches, décrivent une bande sur f'aile. Les grandes pennes sont d'un gris foncé. Les ailes, petites, foibles, n'ont chacune que huit pouces et demi de longueur; elles finissent à cinq pouces et demi de la queue, qui est peu longue, pointue et lisse dans les deux sexes.

Le bec à deux pouces cinq lignes de long; ïl est brun à la base, mélangé d'orangé vers la pointe, qui a un écusson noir.

Comparativement aux autres canards, les jambes sont de moyenne grandeur, le tarse n'ayant que deux pouces cinq lignes; il est orangé, de même que les doigts, qui sont longs et largement palmés.

Chaque aïle est munie de deux éperons jaunes, obtus, dont l'inférieur, beaucoup plus saillant, est traversé par un petit sillon. Ces tubercules sont susceptibles de faire d'assez fortes meurtrissures

lorsque ces oiseaux ne sont que blessés. .

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