MARINS
Les mammifères dont nous avons parlé précédemment sont comme ceux dont nous traiterons dans nos quatrième, cinquième et sixième chapitres des animaux terrestres, et c’est à la surface des continents ou sur les îles qu’on les rencontre. Si quelques-uns d’entre eux peuvent, comme les desmans, les castors, les loutres, les chironectes et les ornithorhynques, fréquenter les eaux douces, ils n’en ont pas moins la propriété de marcher avec plus ou moins de facilité sur le sol, et il est aisé de reconnaître, à l’examen de leurs principaux caractères, qu’ils appartiennent bien aux mêmes ordres que les espèces terrestres. Sous ce rapport, le nom de Géothériens ou mammifères terrestres leur convient également. Un seul d’entre eux, l’enhydre ou la loutre du Kamtschatka, qui est en même temps le plus complètement aquatique, peut passer pour réellement marin. Au contraire, les mammifères marins auxquels nous donnons, par opposition aux précédents, le nom de Thalassothériens sont avant tout des animaux nageurs, et la marche leur est difficile
ou môme impossible; leur corps est plus ou moins fusiforme ; leur* pattes sont courtes et empêtrées, souvent môme transformées à ce point en rames natatoires, qu’on n’v distingue plus extérieurement les doigts et que les ongles y font souvent défaut. Dans ce cas les membres postérieurs manquent même tout à fait, et la queue, qui Prend une extension considérable, se transforme en un énorme gouvernail, qui rappellerait entièrement la queue des poissons s’il n était transversal au lieu d’être vertical. C’est ainsi qu elle est disposée chez les Sirénides et chez les Cétacés. Chez les Phoques, dont la vie est moins exclusivement aquatique, il y a encore des membres postérieurs, et, a l’encontre de ce que l’on observe chez les deux groupes que nous venons de citer, la queue est toujours assez courte et de forme ordinaire.
Un a essayé, mais sans succès, de classer les mammifères marins dans les ordres des mammifères terrestres qui sont comme eux pourvus de placenta, et 1 on en a réuni les différents groupes à ceux dont ils ont le régime. C/est ainsi que l’on a proposé d’associer les Phoques aux Carnivores, ce qui est adopté par G. Cuvier et de lîlainville, et, quà 1 exemple du second de ces naturalistes, on a réuni les Sirénides aux Porcins ou aux Éléphants, et les vrais Cétacés aux Ldentes; mais il y a dans la structure des uns et des autres, et plus particulièrement dans la disposition de leurs appareils locomoteurs, des différences que ces associations méconnaissent, et un semblable mode de classification a en outre le désavantage d'éloigner les uns des autres les trois ordres des mammifères marins, qui, sous certains rapports, ont pourtant entre eux des affinités qu’on ne saurait contester.
Ces animaux sont tous placentaires, et leur cerveau a des hémisphères pourvus de Circonvolutions; ils comptent parmi ceux qui sont doues d’intelligence, et à ces différents titres ils ont plus d’anaogie avec les groupes qui précèdent qu’avec ceux qui suivent. Leurs < ents ne sont pas aussi diversifiâmes que celles des mammifères enumeres dans le premier chapitre. Les Phoques ont cependant rois sortes de dents, mais leurs molaires ne se divisent pas en plusieurs categories comme celles des mammifères placentaires à dents heterodontes ; les Sirénides ont deux sbrtes de dents, des incisives et des molaires, et leurs molaires sont aussi à peu près uni omies, enfin les Cétacés sont réellement hnmodontes. et c'est pai ce caractère surtout qu’ils ressemblent aux Édentés.
La i '‘partition hydrographique des mammifères marins présente ' es P'11 tl(’ularités dignes d’être remarquées et qui montrent que