CLASSE DEUXIÈME
OISEAUX
Les Oiseaux forment, sans contredit, la plus naturelle des cinq classes dans lesquelles on a divisé les animaux vertébrés, et leur caiactéiistique est facile a établir. Les plumes dont leur corps est couvert sont des organes phanériques de même nature que les poils, mais bien différemment conformés ;elles fournissent leur signe distinctif le plus apparent. En outre, les mâchoires des Oiseaux sont gai nies d un bec corné au lieu d avoir des levres molles, comme celles delà plupart des Mammifères, et elles manquent de dents; leurs membies antérieurs n ont que trois doigts, plus ou moins incomplets, et ils portent sur toute la longueur de la main ainsi que sur 1 avant-bras, des pennes ou plumes plus longues que les autres, qui dans le plus grand nombre des espèces étendent considérablement la surface de ces membres et les transforment en larges rames appropriées à la locomotion aérienne. C’est ainsi que les membres antérieurs des Oiseaux sont transformés en ailes. Leurs membres postérieurs servent seuls à la marche, fis ont ordinairement quatre doigts; quelquefois moins, jamais plus. Le nombre des phalanges \ \arie de deux à cinq. Le doigt postérieur, appelé pouce, n’en a que deux; mais les phalanges des autres doigts augmentent progressivement en nombre à partir de l’interne jusqu’à l’externe.
Les os métatarsiens des trois doigts principaux sont soudés ensemble en une pie.ee unique ; leur forme est allongée et ils ne portent point sur le sol, de telle sorte que le talon est toujours plus ou moins relevé, ce qui fait souvent prendre son articulation pour celle du genou et le véritable métatarse pour la jambe. Ces os métatarsiens, à l’ensemble desquels on donne dans les descriptions ornithor logiques le nom de tarse, sont habituellement recouverts par un épiderme d’apparence écailleuse. Cependant ils sont garnis de plumes
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dans certaines espèces. Des plumes plus fortes que celles du corps, comparables à celles des ailes et constituant aussi de véritables pennes, sont implantées à la partie postérieure du corps des Oiseaux; elles sont supportées par les vertèbres coccygiennes, et constituent ce qu’on nomme leur qurue, sorte de gouvernail qui leur est très utile pour se diriger pendant le vol 1).
A ces caractères extérieurs on pourrait en ajouter beaucoup d’autres, qui, pour appartenir à des organes profonds, n’en sont pas moins importants. Ceux que l’on tire du squelette sont assez nombreux: la mâchoire inférieure est décomposée en plusieurs pièces, à droite et à gauche, comme chez les autres Ovipares, et elle s’articule avec le crâne par l’intermédiaire d'un os tympanique distinct (os carré); l’ossification de la boîte crânienne est précoce; il n’y a qu’un condyle occipital; les vertèbres cervicales sont toujours plus nombreuses que chez les Mammifères ou les Reptiles on en compte de 11 à 2â suivant les genres); il n’y a pas de vertèbres lombaires indépendantes de la région iliaque; le sacrum est formé d'un nombre d’éléments vertébraux plus considérable que chez les autres ! animaux; les vertèbres caudales sont toujours peu nombreuses, et le plus souvent l’os qui les termine et qui supporte les rectrices, est en forme de soc. On peut reconnaître, en l’examinant dans la série des espèces, que cet os coccygien terminal est lui-même formé par la coalescence de plusieurs corps vertébraux. Les côtes ont presque toujours des apophyses récurrentes, soit articulées, soit ankylosées sur le milieu de leur bord postérieur. Le sternum est
(1) C’est ce qui avait engagé de Blainville à donner aux Oiseaux le nom de Pennifères, mais ce terme n’a pas prévalu. Les plumes de certaines espèces d’Oiseaux sont remarquables par la singularité de leur forme, par leur couleur ou par leur éclat métallique; aussi sont-elles recherchées comme objets d’oruemenl, ou comme moyens de préserver du froid.
La plupart de celles qui sont employées appartiennent à la catégorie des pennes (Autruche, Coq, etc.); d'autres sont de l’ordre de celles qu’on nomme couvertures, et qui dans la condition ordinaire garantissent la base supérieure ou inférieure des pennes alaires ou caudales (Paradis, Marabous, Paon, Aigrette). On utilise aussi comme fourrure les plumes proprement dites, c'est-à-dire celles du corps (Grèbe, Manchot, etc.) ; ou comme coussins (Poule, etc.). Le duvet n’est pas moins précieux (Cygne, Eider, etc.). L'édredon est un duvet fourni par une espèce de Canard propre aux régions du Nord, V Eider (.Inas mollissima).
En 1853 il est entré en I’raucc 104,390 kil de plumes de toute espèce, représentant une valeur de 703,639 fr L’Algérie compte dans cette importation pour 284 kil. de plumes blanches d’Autruche, à 100 fr. le kil., et 316 kil. de plumes noires, à JO fr. le kil.
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grand et large ; une forte saillie caréniforme, nommée brechet, s’élève sur sa face antérieure dans la plupart des espèces. Elle a été comparée a la quille d’un navire: son principal usage est de fournir une insertion plus solide aux muscles pectoraux, dont le développement est ici proportionné à celui des ailes. Le bord postérieur du sternum est souvent échancré, d’autres fois simplement festonné, ou même entier, dispositions qui ont une fixité remarquable dans les différentes espèces de chaque sous-ordre, et dont on tire de bonnes indications pour la classification. L’épaule de tous les Oiseaux est composée de trois paires de pièces (omoplates, clavicules, dont la réunion forme la fourchette, et os coracoïdiens ou présischions) ; le bassin manque de symphyse pubienne, sauf chez l’Autruche, et ses trois paires d’os (ilium, pubis et ischion] ont une disposition et un développement particuliers. Le coude des Oiseaux présente souvent un sésamoïde rotuliforme, sésamoïde qui est même double dans le Manchot; le radius et le cubitus restent séparés l’un de l’autre; le squelette de la main est incomplet ; le péroné est grêle et rudimentaire; il n’y a pas de véritable tarse; les trois métatarsiens principaux sont déjà réunis en un canon unique au moment de l’éclosion; le quatrième est rudimentaire.
Les os des Oiseaux manquent presque toujours, et cela de très bonne heure, de substance médullaire; ils reçoivent dans leur intérieur une certaine quantité d’air qui leur est fournie par l’appareil respiratoire, ou même par l’oreille et les narines; ce dernier cas est celui des os du crâne. Cet état de pneumaticité est l’un des traits caractéristiques des animaux de cette classe.
Le poumon des Oiseaux diffère aussi à plusieurs égards de celui des Mammifères; il communique avec des sacs aériens, auxquels la disposition presque toujours rudimentaire du diaphragme permet de s’étendre dans l’abdomen. Le cœur ressemble à celui des Mammifères, et la circulation est double comme celle des animaux de cette dernière classe, ce qui, joint à une respiration plus active (on dit qu’elle est double et que celle des Mammifères est simple), donne aux Oiseaux une température plus élevée encore que celle des animaux mammifères (de 39 à hk°). Cette plus grande production de chaleur est en rapport avec une plus grande énergie des fonctions vitales, et surtout avec une plus grande activité locomotrice.
Le cerveau des Oiseaux est moins parfait que celui des Mammifères. On n’y trouve que des faibles rudiments du corps calleux et de ta voûte; le cervelet y est proportionnellement volumineux, sur-
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fouf dans son venais; il n'v a que deux tubercules optiques les tubercules quadrijumeaux des Mammifères; mais ils sont grands et rejetés sur le côté, et les hémisphères), qui ne sont pas assez étendus pour les recouvrir, sont lisses ou à peine sillonnés à leur surface. Les tubercules olfactifs sont rudimentaires.
Quant aux organes des sens, ils participent à cette dégradation. Celui du goût est presque toujours imparfait. Les cavités olfactives ont peu d’étendue. Il n’y a pas de véritable conque auditive, et l'oreille moyenne n’a qu’un seul osselet, qui répond à l’étrier. Mais l’œil le cède peu à celui des Mammifères et paraît même lui être supérieur à certains égards. On y remarque toujours une troisième paupière; la partie antérieure de la sclérotique est soutenue par un cercle de pièces osseuses; enfin il est presque toujours pourvu intérieurement d’un repli de la choroïde auquel on donne le nom de peigne. Les Oiseaux devant voir de fort loin, leur cristallin est presque toujours déprimé; néanmoins celui des espèces aquatiques approche plus ou moins de la forme sphérique, et il ressemble sous ce rapport à celui des Poissons ou des Mammifères aquatiques.
La voix des Oiseaux est variée et souvent très agréable; son organe principal réside dans une modification de la trachée-artère au point qui avoisine les bronches : on le nomme larynx inférieur. Cet organe est quelquefois assez compliqué dans celles de ses parties qui entrent en vibration, et l’on y trouve des muscles particuliers. Leur nombre s’élève jusqu’à cinq ou six paires dans nos Oiseaux chanteurs et chez les espèces exotiques qui ont une voix analogue.
Si nous examinons maintenant les viscères de la digestion et ceux de la reproduction, nous y remarquerons des particularités non moins curieuses. La bouche manque de dents : la partie inférieure de l’œsophage est souvent dilatée en jabot; la portion de l’estomac qui répond au cardia est fortement crypteuse : elle reçoit le nom de ventricule succenturié. Au contraire, les parties qui dépendent de la région pylorique sont souvent renforcées par un grand développement musculaire, et elles constituent un gésier, ce qui a lieu chez le Moineau, le Coq. le Canard, etc. L’intestin est plus ou moins long, suivant la spécialité du régime, et l’on y remarque, principalement dans les Oiseaux qui se nourrissent de substances végétales, un double cæcum qui est quelquefois fort allongé; en outre diverses espèces ont un troisième cæcum, lequel est toujours rudimentaire et placé sur le trajet de l’intestin grêle.
Le rectum aboutit dans la poche nommée cloaque , qui ressemble au cloaque des Monotrèmes et de beaucoup d'Ovipares. Cette poche Uni est commune avec la terminaison des uretères (1) et celle des conduits génitaux oviductes ou canaux déférents, suivant le sexe). ILes ovaires des Oiseaux sont médians; leur oviducte gauche est le seul qui se développe.
La génération de tous les oiseaux est Ovipare, et leurs œufs sont enveloppés d une coque calcaire. Ces œufs, une fois pondus, ne se développent qu’à la condition d’être soumis à une température constante, à peu près aussi élevée que celle des Oiseaux eux-mêmes, et les femelles les couvent, du mpinsdans la plupart des espèces. Cependant l’Autruche les place dans le sable chaud du désert, ce qui suffit le plus souvent à leur éclosion. Le Megapodius tumu/us, oiseau gallinacé de la Nouvelle-Hollande, les recouvre d’une couche épaisse de débris végétaux dont la fermentât ioA leur fournit autant de chaleur qu’il en faut pour les faire éclore. Les Anis et quelques autres espèces couvent en société.
On peut faire incuber artificiellement les œufs de tous les Oiseaux. Déjà les anciens Égyptiens pratiquaient cet art, et la même industrie subsiste encore dans leur pays ainsi que sur quelques points de l’Inde. On l’a perfectionnée en Europe, et l’on voit dans certaines villes des couveuses artificielles qui font éclore des Poulets par centaines. C’est un genre d’industrie qui paraît appelé à rendr d’incontestables services.
Les œufs de la Poule contiennent en moyenne 1 5 grammes 2 décigrammes de jaune et 23 grammes 6 décigrammes de blanc.
Le blanc d’œuf ou albumen est en grande partie composé d’al-
(1) Les Autruches reudeut une urine liquide qui s’amasse duus un réservoir particulier dépendant de leur cloaque. L’urine des autres Oiseaux est au contraire épaisse et boueuse; elle renferme une grande quantité d’acide urique sous forme d’urate d’ammoniaque. Le guano, qu’on rapporte en si grande quantité des îles situées près de la côte occidentale de l’Amérique équatoriale où s’abritent un nombre immense d’Oiseaux aquatiques, est essentiellement formé par l’urine desséchée de ces animaux. C’est une substance très azotée, et dont on fait un excellent engrais. L’urine de nos espèces domestiques a des propriétés analogues. On a autrefois employé en médecine l’urine on même toute la fiente des Oiseaux, et dans les anciennes pharmacopées il est souvent question sous ce rapport de celle des espèces suivantes :
Hirondelles : leurs excréments ont été employés en topique contre les ophthalmies;
Huppes : leurs excréments ont passe* pour résolutifs;
Pigeons : leur fieole a servi à faire des. topique*.
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bumine; il renferme cependant aussi quelques sels et un principe sulfuré. Coagulé par la chaleur, il devient opaque et prend une belle couleur d’un blanc mate. Celui du Vanneau devient au contraire transparent, opalin et verdâtre. 11 est alors tellement dur, qu’on peut le tailler en petites pierres qui sont employées dans plusieurs contrées de l’Allemagne pour la bijouterie commune. Le blanc d’œuf non coagulé est plus lluide dans certaines espèces d'œufs
rru
Fig. 13. — Coupe théorique de l’œuf de la Poule (*).
que dans ceux de Poule; quelquefois sa consistance est comme gélatineuse.
Le jaune d’œuf ou vitellus est blanc et séparé de lui par une membrane propre dite vitelline. Il est formé en très grande partie d’une matière grasse phosphorée et d’une petite quantité d’albumine ainsi que de certains sels, et il donne un abondant précipité d’un principe azoté particulier que MM. Dumas et Cahours ont ap-i pelé vitelline. MM. Valenciennes et Fremy, qui ont étudié plus récemment ce principe, lui trouvent une très grande analogie chimique avec la fibrine.
Indépendamment des produits que nous avons déjà mentionnés, les Oiseaux sont précieux par leur chair, et l’on peut citer parmi (*)
(*) A el D. Gros liout cl petit bout de l'ami'. «. Coquille, b. Espace vide enlre la coquille el l'œuf ou chambre à air. c. Membrane extérieure du bluuc. d. d. Limites du blanc du côte de la chr.mb >• à air. e. c. Limites des couches fluides et des couches épaisses ou profondes du blanc././. Couches tris épaisses ou tout à fait internes du blanc, g. g. Les chalazcs, sortes de ligaments glaitcux qui servent de moyen d'union entre lu membrane de l’albumen et le jaune. II. II. Le jaune enveloppe par la membrane vitelline, i. Cavité centrale du jaune qu renferme une mutièro claire communiquant pnr un canal (A) avec les cellules qui forment le cumulus proligère ( l). ni. La cicatricule, tache blanche adhérente à la surface du jauuc et qui pendant l'iucuhal'ou devient le lieu du premier développement embryonnaire.
UK.NKU.U.ITJSS.
eux d'excellents gibiers ainsi <|ue des espèces domestiques donnant lieu à une exploitation lucrative, quoique susceptible de faire encore de grands progrès. Les œufs des Oiseaux occupent dans l’alimentation une place aussi importante que leur propre chair, la substance vitelline et l’albumine dont ils sont formés étant au nombre de nos meilleurs aliments azotés. La multiplicité des préparations auxquelles ils se prêtent, et la facilité avec laquelle on les conserve, les rendent également précieux.
A l’époque de la ponte, on va chercher dans certains parages du Nord, les œufs des Oiseaux aquatiques; les peuples de l’Afrique recueillent ceux des Autruches, et il en est de même dans beaucoup d’autres lieux pour les œufs de certains autres Oiseaux ; mais l’importance de ceux de la Poule est supérieure à celle de toutes les autres. Sur tous les points du globe on élève ce précieux volatile, et ses œufs sont une des bases de l’alimentation.
On vend sur les seuls marchés de Paris plus de lâO millions d’œufs de Poule chaque année, sans compter ceux que les consommateurs reçoivent directement du dehors ou qui sont pondus en ville, et dont le total peut être évalué .à un sixième du chiffre précédent. Indépendamment des œufs qui sont consommés sur sou propre territoire, la France en exporte encore pour l’Angleterre presque autant qu’il s’en mange dans Paris.
Les œufs sont non-seulement employés comme substance alimentaire, ils ont aussi de nombreux usages dans l’industrie des vins, et dans beaucoup d’autres circonstances. Ils sont aussi très souvent utilisés en pharmacie.
Autrefois on attribuait des propriétés particulières à leur coquille (put amen ovî\ , qui entre encore dans quelques poudres dentifrices; à leur pellicule (pellicula ovi), que l’on donnait comme fébrifuge dans les cas de fièvres intermittentes; au blanc d’œuf (albumen ovi) ; au jaune d’œuf (vitellus ovi) ; à l’huile qu’on extrait de leur jaune durci olea ovi). Fraîche, elle est douce. On s’en sert contre les gerçures des seins, contre les hémorrhoïdes, contre les engelures, etc.
Les œufs entrent dans la pommade antilaiteuse et dans les lavements adoucissants; on s’en sert aussi pour l’emplâtre jaune, pour la mixture analeptique, pour l’alcool albumineux et pour la mixture antiaphteuse.
L’analogie qui existe, sous certains rapports, entre la composition chimique des œufs et celle du lait des Mammifères a fait supposer récemment qu’on pourrait les substituer à ce dernier dans l’alimentation des nouveau-nés. C’es* ainsi que le fait vulgaire r1e la fabr-
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cation du lait de Poule ou bouillon à la reine, a presque acquis auprès de quelques savants l'importance d’une théorie scientifique. M. le professeur Joly a publié un mémoire sur ee point, parmi ceux de l’Académie de Toulouse et dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris. Il en a également fait le sujet de sa thèse inaugurale pour le doctorat en médecine 1 .
— Il y a des Oiseaux sur tous les points du globe, aussi bien à la surface des continents que dans les archipels ou sur les moindres îles, et beaucoup de ces animaux sont essentiellement nageurs. Les ornithologistes modernes qui ont, il est vrai, compté comme espèces beaucoup d’Oiseaux qui n’eussent été pour Buffon et même pour Cuvier ou de Blainville que de simples variétés, portent à 8 300 le nombre des Oiseaux actuellement connus; ils comprennent toutefois dans ce chiffre les quelques espèces éteintes que l’examen des débris fossiles recueillis dans plusieurs dépôts tertiaires, principalement en Europe, a permis de classer génériquement. Le nombre de> Oiseaux actuels est donc très considérable si on le compare à celui des Mammifères ou des Reptiles. Les particularités si remarquables qu’ils présentent dans leur genre de vie, l’art qu’ils apportent dans la construction de leurs nids ou dans l’éducation de leurs petits, sont des plus curieux ; mais les développements qu’ils exigeraient nécessiteraient plus de place que nous n’en pouvons accorder à l'ornithologie tout entière. Nous chercherons seulement à donner au lecteur une idée exacte de la classification des Oiseaux, et en même temps que nous ferons cet exposé nous continuerons à signaler les substances que certaines espèces d’Oiseaux fournissent à l’économie domestique ou à l’industrie.
Classification. — Ainsi qu’on en a souvent fait la remarque, la classification des Oiseaux présente encore plus de difficultés que celle des Mammifères. Quoique les espèces y soient plus nombreuses et plus semblables entre elles, on a plus de peine à les répartir en groupes naturels, et dans la plupart des cas la subordination de ces groupes les uns par rapport aux autres y est en même temps incertaine. Les caractères du bec, des narines et des pattes, auxquels on a presque toujours eu recours, sont loin d’avoir la même importance que ceux que l’on obtient de la dentition et des pieds envisagés chez les Mammifères, et le cerveau des Oiseaux a été bien moins étudié que celui de ces derniers animaux. Aussi les ornithologistes, presque entièrement privés d’une base précise sur laquelle ils puissent faire reposer leurs classifications, ont-ils
(1) Faculté de Paris, année 1831.