GALLINACÉS. 12S
jgames, et ce sont les femelles seules qui s’occupent de la couvaison ainsi que de l’éducation des jeunes.
On reconnaît aisément les oiseaux de ce sous-ordre ; ils ont les doigts libres, sauf à la base, oii l’on remarque un commencement de palmature ; leur bec est voûté, et leurs narines sont recouvertes par une écaille molle ; leur sternum porte habituellement deux paires de très grandes échancrures; enfin leur gosier est musculeux, et ils ont deux longs cæcums.
Les vrais Gallinacés peuvent être partagés en plusieurs familles :
La famille des PHASIANIDÉS réunit un certain nombre de genres qui appartiennent à l’ancien continent , et sont essentiellement propres au midi de l’Asie, tels que les Paons, dont les Eperonniers (g. Polyplectron ) se rapprochent à tant d’égards, les Argus, les Lophophores , les Tragopans, les Faisans et les Coqs. Les espèces domestiques de ce dernier genre sont d’une très grande utilité pour l’homme.
Il y a évidemment plusieurs espèces domestiques du genre Coq, mais on les désigne ordinairement par le nom commun de Gallus domesticus.
Indépendamment de leurs usages alimentaires que tout le monde connaît, le Coq, la Poule et même les Poussins ont été préconisés contre certaines maladies, et l’on a même eu recours à leurs excréments. La castration et une alimentation particulière sont les principaux moyens employés par les fermiers pour rendre plus savoureuse la chair des poulets ou celle des poules et pour les engraisser. C’est ainsi que l’on obtient ces Chapons et ces Poulardes si prisés des gourmets, et dont l’élève se fait avec tant de succès dans plusieurs parties de ’la France.
La graisse de Chapon [adeps caponis) et celle de la Poule ( adeps Gallinæ ) avaient autrefois une certaine utilité dans les pharmacies.
Quant aux œufs des oiseaux de ce genre, tout le monde sait quelle est leur importance dans l’alimentation ordinaire, ainsi que dans l’hygiène ou même la préparation de certains médicaments; c’est un sujet dont nous avons parlé en détail en commençant cette histoire des oiseaux (p. 103).
Les Peintades (g. Numida), dont on fait tantôt une famille à part, tantôt une tribu des Phasianidés, sont des Gallinacés africains.
Les Dindons g. Gallopavo), mal à propos désignés par le nom générique de Mdcagris qui revient aux Peintades, sont, au contraire, des oiseaux américains, et leurs trois espèces connues vivent dans l’Amérique septentrionale. C’est de cette contrée en
OISEAUX
effet que nous sont venus les Dindons domestiques dont l’importation en France remonte au règne de Charles IX. L’Espagne fut le premier pays de l’Europe où il en parut, et ils passèrent de là en Angleterre, puis ensuite en France.
Les Gallinacés sont surtout représentés dans les parties chaudes de l’Amérique par la famille des CRACIDÉS (. Hoccos , Pauxis, P métopes, etc.), dont plusieurs espèces sont déjà à demi domestiques en Amérique et commencent à l’être dans plusieurs parties de l’Europe, principalement en Angleterre où l’élève des oiseaux exotiques a pris, dans ces dernières années, une extension si remarquable.
La Nouvelle-Hollande est la patrie principale de la famille des MÉGAPODIDËS, qui comprend les Talégalles et les Mégapodes.
Vient ensuite la famille des TÉTRAONIDÉS ou des Tétras, c’està-dire des Coqs de bruyères, des Gelinottes et des Lagopèdes, dont les espèces, essentiellement monticoles, sont répandues dans l’hémisphère boréal, en Amérique aussi bien qu’en Asie et en Europe.
Les Lagopèdes (. Tetrao lagopus, etc.), qui acquièrent la taille de nos Perdrix, ont les pieds garnis de plumes piliformes et deviennent blancs en hiver; ils forment un des genres de la famille des Tétras. Ces oiseaux se nourrissent en grande partie de bourgeons et de jeunes pousses de saules, ce qui donne à leur chair et surtout à leurs viscères une odeur très prononcée de castoréum. On les employait autrefois en pharmacie sous le nom de gélines.
C’est peut-être à tort que l’on sépare des Tétras, comme famille, les PERDICIDÉS, dont les Perdrix (g. Perdix), les Colins, les Cailles et les Turnix font partie. Leurs espèces sont plus disséminées que celles des groupes précédents. Il y en a dans toutes les parties des deux continents, et l’on trouve des espèces du genre Caille jusque dans la Nouvelle-Hollande.
Un petit groupe, aussi remarquable par ses caractères extérieurs que par la forme spéciale de son sternum, est celui des PTE- ROCLIDÉS ou Gangas (g. Pterocles ), dont on fait également une famille distincte. Ces oiseaux volent beaucoup mieux que les précédents, et sous ce rapport, comme sous plusieurs autres, ils ressemblent déjà aux Pigeons. Leurs espèces, assez peu nombreuses d’ailleurs, appartiennent à l’Europe, à l’Asie et à l'Afrique.
C’est encore aux Gallinacés proprement dits que nous rapporterons la famille des THINOCHORIDÉS (g. Attagis et Thinochorus . sur les allinités de laquelle beaucoup d’ornithologistes sont restés incertains. Le sternum de l’Attagis n’a qu’une paire d’échancrures.
Quant au genre Mésite de Madagascar, dont on fait aussi une
ECHASSIERS.
famille à part, les MESITIDÉS, il est difficile de se prononcer sur sa classification avant qu’on ait observé ses caractères ostéologiques : ce qui n’a point encore été possible ; et nous ne le mentionnons ici que pour le rappeler à l’attention des naturalistes qui auront l’occasion de l’étudier.
Sous-ordre des Colombins (1).
Les Pigeons domestiques, qui sont des oiseaux alimentaires fort utiles ; réunis aux nombreuses espèces sauvages du même groupe, ils ne constituent à vrai dire qu’une seule famille naturelle : la famille des COLOMBIDÉS.
11 n’y en a pas moins de 275 actuellement connues; elles sont répandues sur tous les points du globe, dans les îles aussi bien qu’à la surface des continents. Leurs caractères consistent dans l’écaille molle qui recouvre leurs narines, dans leurs doigts sans membrane basilaire, et surtout dans la forme spéciale de leur sternum.
Tous ces oiseaux sont monogames, et leurs petits ne sont pas précoces comme ceux des Gallinacés proprement dits.
On les partage en plusieurs tribus parmi lesquelles les nomenclateurs modernes ont établi un grand nombre de genres.
Indépendamment de la chair des Pigeons, on a aussi vanté en médecine, la fiente de ces oiseaux ; maintenant elle ne sert guère que comme engrais; on lui donne le nom de colombine. C’est à la présence d’une quantité considérable d’urée que cette substance doit surtout ses propriétés, et sous ce rapport elle est comparable au guano.
Ordre des Échassiers.
Les Échassiers doivent leur nom à la longueur habituellement considérable de leurs tarses, disposition qui élève beaucoup plus leur corps au-dessus du sol que ne l’est celui des autres oiseaux, et les fait paraître comme portés sur des échasses. En outre ils ont presque toujours le bas de la jambe dénudé, ce qui, joint à la longueur de leurs tarses, leur permet d’entrer facilement à gué dans les lieux inondés. Leurs doigts, assez souvent grêles et allongés, les aident aussi dans beaucoup de cas à marcher, sans enfoncer, sur h-s plantes qui flottent à la surface des eaux dormantes.
On ne connaît qu’un petit nombre d’Échassiers qui soient exclusivement terrestres : ce sont les Autruches et les autres espèces du
[1) Premier ordre des oiseaux, Brisson. — Columba, Latham — Sponsores, de Blainville. — Gyranlcs, Ch. Bonaparte,
OISEAUX
môme groupe. Ces oiseaux sont aussi les seuls des Échassiers et en même temps les seuls de tous les animaux de la même classe qui aient le sternum dépourvu de brechet, aussi eri a-t-on fait quelquefois à cause de cela un ordre à part. Conformément à la règle que nous nous sommes imposée nous ne les regarderons que comme un sous-ordre, et nous accorderons le même rang aux trois autres groupes principaux dans lesquels nous croyons devoir partager l’ensemble des autres espèces qui ont été réunies sous la dénomination commune d’Échassiers. Dans cette occasion encore nous tiendrons plutôt compte, comme nous l’avons fait précédemment, des particularités anatomiques que de celles de l’état plus ou moins avancé du développement au moment de l’éclosion. En effet, des oiseaux d’une même série peuvent être, les uns précoces, c’està-dire dispensés de nourrir eux-mêmes leurs petits à l’époque d< la naissance, et les autres nourriciers [altrices), c’est-à-dire forcés, à cause de la débilité de leurs jeunes, de leur fournir la subsistance et de les protéger dans le nid où ils sont éclos. Tout en tenant compte de ce caractère, dont la valeur est d’ailleurs incontestable, on ne doit donc pas, comme un savant ornithologiste a récemment proposé de le faire, lui accorder plus d’importance qu’à tous ceux dont on s’était servi jusqu’ici pour classer les oiseaux, et il ne paraît pas utile d’établir parmi ces animaux deux groupes primordiaux qui seraient caractérisés l’un par les habitudes précoces [cives prcecoces), et l’autre par ses habitudes nourricières [altrices aves) des oiseaux qu’on y rapporterait.
Sous-ordre des Coureurs (1).
A part le sous-ordre des Dysodes, il n’y en a aucun autre qui soit aussi peu nombreux en espèces que celui dont nous allons parler sous ce nom; mais ce groupe est, en revanche, celui de tous qui renferme les plus grosses espèces. Les Coureurs, aussi appelés Brévipennes à cause de l’état incomplet de leurs ailes et de la brièveté ou de l’insuffisance des pennes qui garnissent ces organes, sont des oiseaux incapables de voler. Ils se tiennent loin des eaux, habituellement dans les pays de grandes plaines, et se nourrissent en majeure partie de substances végétales; aussi leur intestin est-il pourvu d’une paire de longs cæcums. Cependant leur estomac est
(1) Quinzième ordre des oiseaux, Brisson. — Ordre des Struthiones, Latham. — Aves ralilœ, Merrem. — Cursores ou Coureurs, de Blainville. — Échassiers brévipennes, G. Cuvier — Rudipennes, Is. Geoffroy.