ÉCHASSIERS
membraneux. Ils sont gloutons, courent avec rapidité et n’ont qu’une médiocre intelligence.
Leurs clavicules ne se rejoignent pas sur la ligne médiane comme celles des autres oiseaux, et, ainsi que nous l’avons déjà dit, leur sternum manque de brechet. Leur bassin présente des dispositions assez bizarres, et, dans l’Autruche d’Afrique, les deux pubis sont réunis par ankylosé sur la ligne médiane, tandis que, chez tous les autres oiseaux, ils restent séparés l’un de l’autre et sans union symphysaire.
On ne distingue en général que deux familles parmi les Coureurs: celle des Struthionidés et celle des Apténjgidés.
La famille des STRUTHIONIDÉS se compose des Autruches d’Afrique (g. Struthio), des Nandous ou Autruches d’Amérique (g. Rhea), des Casoars (g. Casuarius ), oiseaux particuliers aux îles Moluques, et des Émeus (g. Dromciius) qu’on ne trouve qu’à la Nouvelle-Hollande. Ce sont les plus grands de tous les animaux de ■ cette classe. On espère les acclimater en Europe et en faire, comme on l’a dit souvent, des oiseaux de boucherie. L’Emeu ( Dromaius Novœ-Hollandiœ) est celui qui se prête le mieux à ces essais, et déjà sa domestication est presque un fait accompli, puisqu’on a plusieurs fois réussi à le faire reproduire én Angleterre et en France.
Dans les pays où on les trouve naturellement, les Struthionidés et plus particulièrement les Autruches véritables sont recherchés pour leurs plumages, dont on fait divers ornements, des tapis et d’autres objets encore ; ils le sont aussi pour leur chair et pour leur graisse. Leurs œufs, qui sont volumineux, fournissent en même temps un excellent aliment.
C’est à cette famille des Échassiers coureurs qu’ont appartenu plusieurs espèces d’oiseaux, maintenant éteintes, dont on a formé les genres Dinomis et Æpyornis.
Les Dinomis, qu’on divise en Dinomis proprement dits, Palaptéryx,etc., ont vécu à la Nouvelle-Zélande, et ils y ont laissé de nombreux ossements d’après lesquels les naturalistes ont refait leur description. Les naturels savent de leur côté que ces ossements ont appartenu à des oiseaux; mais ils croient que c’étaient des oiseaux de proie, et ils leur donnent le nom de Movis. Une des espèces de ce genre était bien supérieure à l’Autruche en dimension ; on l’a ! comparée sous ce rapport à la girafe.
Les Æpyornis ne sont connus que par des œufs et un petit nombre d’ossements. Ces ossements indiquent un oiseau bien plus
01SKAIX.
robuste et bien plus grand que l’Autruche, et les œufs qui les accompagnent confirment cette indication. Leur capacité équivaut à peu près à six de ceux des Autruches africaines. Il est probable que c’est la connaissance de ces œufs, dont les chefs malgaches se servent d’ailleurs pour y tenir des liquides, qui aura donné lieu à la légende arabe du Roc, cet oiseau gigantesque qui passe pour enlever le rhinocéros et l’éléphant dans ses serres. C’est sans doute aussi aux Æpyornis que Flacourt fait allusion dans son récit sur le Vouroupatra. « C’est, dit-il, un grand oiseau qui habite les Ampatres et fait des œufs comme l’Autruche.... Ceux desdits lieux ne le peuvent prendre; il cherche les lieux les plus déserts. » Nulle j part, en effet, on n’a vu dans l’ile de Madagascar ni Æpyornis vivants, ni oiseaux analogues aux Autruches; et il est probable que ! les données recueillies par Flacourt n’ont d’autre base que l’observation de débris fossiles analogues à ceux qui sont venus depuis quelque temps à la connaissance des naturalistes. C’est ainsi que ! les Jakoutes attribuent les os des éléphants qui sont enfouis dans leur pays à une espèce gigantesque d’animaux souterrains qui meurt dès qu’elle voit la lumière, et que les Indiens de l'Amérique ont une croyance analogue fondée sur l’observation des os- ] sements de mastodontes que l’on trouve de temps en temps dans i les contrées habitées par eux.
La seconde famille des Coureurs est celle des APTÉRYGIDÉS (g. Aptéryx), oiseaux bien plus petits que les Casoars, à bec bien plus long, et dont on distingue maintenant plusieurs espèces, d’ailleurs assez peu différentes les unes des autres et toutes également propres à la Nouvelle-Zélande.
Sous-ordre des Hérodiens (1 .
Une seconde série d’Ëchassiers a pour espèces principales les ■ Grues, les Cigognes et les Hérons, qui présentent dans tout leur développement les vrais caractères des oiseaux de rivage. ;Yivant principalement de poissons, de reptiles et de mollusques aquatiques, I ces oiseaux, auxquels nous étendrons le nom d Hérodiens, fréquentent le bord des eaux. Ils sont élevés sur jambes, et leur bec est fort en même temps que pointu et tranchant : ce qui a fait réunir la plupart d’entre eux sous le nom de Cultrirostres. Les Hérodiens ont en général le vol puissant, et, suivant les genres
(I) Grallalores licrodii, Illigcr. — Échassiers cullriioslres, G. Cuv.