‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 32 sur 96 · ÉCHASSIERS · texte numérisé non relu

ÉCHASSIERS

que l’on étudie, leur sternum présente certaines variétés de forme et de longueur dont on peut tirer de bonnes indications pour la classification. Dans certaines Grues, la trachée-artère s’enfonce dans une cavité de cet os, particularité que nous retrouvons, avec une disposition un peu différente il est vrai, chez nos deux espèces de Cygnes sauvages.

Le caractère principal du sternum des Échassiers Hérodiens consiste dans l’absence fréquente d’échancrures ou dans l’état habituellement plus ou moins rudimentaire de celles-ci, qui sont alors larges et disposées autrement qu’elles ne le sont chez la plupart des autres oiseaux.

Dans certains de ces Échassiers appartenant à la famille des Grues, la clavicule se soude par son extrémité inférieure avec le bord antéro-supérieur du brechet.

C’est avec les Hérodiens que nous classerons les Palamédéidés, curieux oiseaux de l’Amérique méridionale, que l’on associe ordinairement aux Poules d’eau et aux Halles, dans le sous-ordre des Macrodactyles, mais qui ne paraissent pas devoir être confondus avec ces derniers. Les Cariamas sont plus évidemment encore des Hérodiens, et c’est aussi à propos du même sous-ordre que nous citerons les Flamants, qui en ont bien les formes échassières, mais dont les doigts sont palmés comme ceux des Canards, et dont le bec mérite, tout autant que celui de ces derniers, la qualification de Lamellirostre. Cette disposition du bec a même fait penser à plusieurs auteurs que les Flamants étaient des Anatidés gralliformes et non des Grades ressemblant sous certains rapports aux Canards, et on les a placés à cause de cela auprès de ces derniers.

La famille desGRUIDÉS ou des Grues, des Numidiques, etc., forme une quinzaine d’espèces auprès desquelles il faut ranger comme tribu distincte les Agamis (g. Psophia ) dont il y a trois espèces, peu différentes entre elles, toutes trois de l’Amérique équatoriale. On utilise quelquefois dans les fermes de ce pays l’espèce d’ascendant que les Agamis savent prendre sur les autres oiseaux de bassecour, et que l’on a comparé à l’action bien connue des chiens de berger dans la conduite des troupeaux.

La famille des CICONIDÉS ou Cigognes (g. Ciconia ) comprend aussi les Marabous dont on tire des plumes si recherchées pour la toilette, les Jabirus, les Tantales, les Becs Ouverts, etc., en tout une quinzaine d’espèces.

La famille des ARDÉIDÉS est plus nombreuse ; on y place les Hérons de toutes sortes, tels que les Hérons ordinaires, les Cra-

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tiers, les Aigrettes, aux jolies plumes décomposées servant comme leur nom l’indique pour faire des aigrettes, les Butors, les Bihoreaux, et d’autres espèces plus petites qui prennent rang après colles dont nous venons de citer les noms génériques. Certains Ardéidés différent notablement des autres par la forme élargie, en cuiller ou en nacelle, de leur bec : tels sont les Savacous de l’Amérique (g. Cancroma ) et les curieux Balœnicept de l’Afrique centrale. Ces derniers, qui sont un peu plus grands que les Savacous, ont le bec beaucoup plus large proportionnellement.

Les Cakiamas (g. Lariama ou Dicholophus) ne possèdent qu’une espèce, le Cariama de Marcgrave, qui habite la Guyane et le Brésil.

La famille des PHÉNICOPTÉRIDËS ou Flamants (g. Phœnicopterus ) n’a que quatre espèces ; elles sont répandues en Afrique, en Asie et dans certaines parties de l’Amérique. Nous voyons assez régulièrement dans le midi de l’Europe le Phœnicopterus ruber ou P . antiquorum ; il vient même quelquefois jusqu’en Belgique et en Angleterre. En Asie Mineure et dans l’Égypte, il est plus abondant. On lui fait une chasse active. Sa chair est bonne à manger, et l’on tire de sa langue, qui est épaisse et charnue, une matière grasse ayant à certains égards l’apparence du beurre, et que l’on peut employer aux mêmes usages. Ses œufs sont également recherchés.

La famille des PALAMÉDÉIDÉS renferme les genres Kamichi [Palamedea), Chavaria ou Chaia ( Chavaria ) et Ischirorne [Ischirornis ); tous trois sud-américains.

Sous-07'dre des Limicoles.

On peut réunir, pour en former une troisième division, un grand nombre d’Échassiers, presque tous plus petits que ceux du groupe précédent, souvent moins haut montés sur jambes, assez semblables, dans beaucoup de cas du moins, à des Passereaux, et dont ■ les habitudes sont essentiellement palustres. Ces oiseaux, dont on avait fait deux groupes sous les noms de Pressirostres et de Longirostres, forment par leur réunion un ensemble assez naturel, et l’on trouve dans la disposition de leur sternum un caractère presque j constant : celui d’avoir, comme les Striges et les Palmipèdes longipennes, deux paires de petites échancrures au bord inférieur de cet os. Quelques-uns cependant n’ont qu’une seule paire de ces échancrures, et ils répètent ici un genre d’exception dont il y a aussi des exemples dans les deux sous-ordres que nous venons de citer: ce sont les Combattants et les Bécasses.

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Le nom de Limicoles, déjà employé par le naturaliste prussien Illiger dans un sens peu différent de celui que nous lui donnons, rappelle que ces oiseaux fréquentent les marécages. On les trouve en effet dans les lieux inondés, soit par les eaux douces, soit par les eaux salées, et leur nourriture consiste principalement en vermisseaux et autres substances animales qu’ils vont chercher jusque dans la vase. Ce sont, pour la plupart, d’excellents gibiers. On en connaît près de trois cents espèces.

La famille des OTIDÉS ou des Outardes (g. Otis) a plus d'analogie que les autres avec les Gallinacés, et Linnæus l'associait aux oiseaux de cet ordre; ses espèces ont aussi quelque ressemblance avec les Hérodiens. Certaines espèces surpassent en dimensions les autres Limicoles et s'éloignent d’eux à plusieurs égards. On les connaît sous les noms d ’ Outardes, de Houbaras , de Canepetières, etc. Les différentes parties de l'ancien continent en fournissent, et il y en a aussi à la Nouvelle-Hollande.

La famille des IBID1DÉS réunit les Ibis, les Courlis et d’autres oiseaux encore, parmi lesquels les plus curieux sont les Spatules (g. Spatula) qui doivent leur nom à la forme de leur bec.

La famille des SCOLOPACIDÉS renferme, indépendamment des Bécasses (g. Scolopax), les Barges, les Maubèches, les Sanderlings, les Combattants, etc.

D’autres Limicoles ont encore donné lieu à l'établissement de plusieurs familles particulières: tels sont les Pluviers (g. Charadrius), les Vanneaux (g. Vanellus), les Échasses (g. Himantopus) , les Avocettes (g. Avocetta), les Glaréoles (g. Glareola) , les liuitriers (g. Ihematopus) , e tmème les Chionis si semblables aux Longipennes, malgré leur défaut de palmatures, qu'on les a quelquefois associés à ces derniers.

Sous-ordre des Macrodactyles (1).

Ce sous-ordre fournit les plus aquatiques de tous les oiseaux que l’on a réunis sous la dénomination commune d’Èchassiers. Ils sont moins grands que les Hérodiens et n’ont pas les jambes aussi longues ; mais leurs doigts sont habituellement longs et grêles, ce qui leur permet de marcher sans enfoncer sur les herbes des mairais. Leur corps est étroit, et leur sternum ne présente qu'une seule

(1) Ordre dix-huitième , Brisson. — Pinnalipèdes et partie des Échass:ers, Xatham. — Grallalores macrodactyli, llliger. — Macrodactyles (partira), G. Cuv.

— * Pinnalipèdes et partie des Gralles, Teinra. — Macrodactyles, Blainv.

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paire d’échancrures; mais celles-ci sont profondes et ont la forme d’un angle aigu.

Les Échassiers macrodactyles associent les herbes aquatiques aux petits mollusques et aux vers dont ils font leur nourriture. Quelques-uns d’entre eux plongent avec facilité , et il en est qui, tout en ayant lesdoigts séparés, les ont au contraire lobés, c’est-à-dire pourvus de membranes latérales qui en élargissent la surface. Ces derniers Macrodactyles ont quelquefois été séparés des autres, et constitués en un ordre distinct sous le nom de Pinnatipèdes; mais le caractère sur lequel repose cette distinction n’est pas assez important pour la justifier, et l’ordre des Pinnatipèdes n’a été admis que par un petit nombre de naturalistes.

Nous rapportons aussi aux Macrodactyles les Tinamous, dont on a fait souvent des vrais Gallinacés. Leurs échancrures sternales sont beaucoup plus profondes que celles des autres Macrodactyles, et, dans son mémoire relatif aux caractères de l’appareil sternal, M. Lherminier les regardait comme constituant l’une des familles primordiales entre lesquelles il divisait la classe des Oiseaux.

La famille des TINAMIDÉS ou Tinamous est spéciale à l’Amérique du 'Sud. Elle se partage en trois genres: les Tinamous g. Tinamus ), les Rynchotes (g. Rhynchotus) ,e tles Eudromies {". Eud rondo .

La famille des RALLIDÉS est de toutes les parties du monde et comprend, indépendamment des Râles (g. Rallus), les Talèves ou Poules sultanes (g. Porphyrio ), les N otornis (1) (g. N otornis), les Gallinules ou Poules d’eau (g. Gallinula ), les Marouettes g. Porzana), les Ocydromes (g. Ocydromus) , etc.

La famille des FULICIDÉS ou des Foulques (g. Fulica ) a les pieds lobés. Ses espèces peu nombreuses, mais de pays assez distants les uns des autres, sont mises par l’Église au nombre des aliments maigres. Une de ces espèces abonde en certaines saisons sur les étangs saumâtres du midi de l’Europe, particulièrement en Provence et en Languedoc, où on la chasse sous le nom de Macreuse: c’est la Fulica atra.

Des Foulques aux Grèbes (g. Podiceps) la transition est facile , en apparence du moins, et la conformité de ces oiseaux dans la disposition lobée de leurs pieds les a fait classer les uns et les autres dans l’ordre, inadmissible à notre avis, des Pinnatipèdes. Malgré cette analogie, nous n’osons pas affirmer que la famille des Grèbes ou

(1) Oiseaux de la Nouvelle-Zélande qu’on a d'abord connus par des os recueillis dans le sol avec ceux des Dinoruis, et que l’on a crus d'espèce éteinte.

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IPODICIPIDÉS, dont le sternum est assez sensiblement différent do «celui des vrais Macrodactyles, doive être associée à ce sous-ordre, «dont elle semble pourtant à certains égards n’ètrc que la dégradallion finale. 11 serait peut-être tout aussi convenable de faire des «Grèbes un groupe de Palmipèdes, et plusieurs naturalistes admettent qu'il doit en être ainsi. Ils relient d’ailleurs les Macrodactyles aux Plongeurs.

Les Grèbes sont encore plus aquatiques que les Foulques, leur plumage est assez souvent employé comme fourrure.

Les Héliomes (g. Heliornis ) et les Grébifoulques (g. Podoa) sont une tribu des Podicipidés que Fou a désignée sous le nom d’HÉ-

lUORI'ilNS.

Ordre des Palmipèdes.

Quelques oiseaux appartenant à la grande division des Échassiers ont les doigts complètement palmés : tels sont en particulier les Flamants et les Échasses; mais chez tous les autres la palmature n'est que rudimentaire, ou bien même elle est nulle. Elle est au •contraire constante dans tous les animaux de la classe des oiseaux dont il nous reste à parler, et c’est ce qui les a fait réunir sous la dénomination commune de Palmipèdes.

Pas plus que les Échassiers ou les Passérifonnes, les oiseaux palmipèdes ne forment une réunion naturelle, et ils ne répondent pas davantage aux ordres que nous avons énumérés dans la partie unammalogique de cet ouvrage. Les véritables ordres, tels que les admettent les zoologistes, ont la même valeur que les divisions jnommées par les botanistes des Familles naturelles, et les Palmipèdes sont bien plutôt une réunion artificielle de grandes familles qu’un groupe unique. Toutefois nous ne les partagerons qu’en simples sous-ordres dont nous porterons le nombre à quatre, savoir : lies Cryptorhines , les Longipennes, les Lameliirostres et les Plongeurs.

Sous-ordre des Cryptorhines (1) .

Les Palmipèdes de ce sous-ordre doivent leur nom à la disposition linéaire de leurs narines, qui sont étroites et comme cachées dans une rainure bilatérale de leur bec. Ils ont les quatre doigts compris dans la palmature et méritent sous ce rapport le nom de Totipalmes, sous lequel G. Cuvier les a désignés; mais comme ils

(1) Palmipèdes cryptorhines, Blainv. — Totipalmes (en majeure partie), Cuv.

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partagent cette disposition avec les Phaétons, qui nous paraissent appartenir au groupe des Longipennes, nous avons préféré les nommer d'après le caractère de leurs narines, ce caractère leur étant spécial.

Les oiseaux cryptorhines sont bons voiliers, et ils ont le sternum j établi sur un modèle particulier qui simule cependant un peu ce que l'on voit chez certains Hérodiens. Cet os n'a pas d'échancrures véritables; il est simplement entaillé à son bord inférieur par un ; large feston rappelant assez bien ce que l'on voit chez les Palamédéidés, et la fourchette se soude ordinairement au bord supérieur xlu brechet, comme chez certaines espèces de Grues.

Il n'y a, à proprement parler, qu'une seule famille de Cryptorhines : la famille des PÉLÉCANIDÉS, qui se partage en genres sousles noms de Pélican [Pelecanus] , Frégate [Tachypetes], Fou [Sula), Aniiinga [Plotus) et Cormoran ( Carbo ).

Sous-ordre des Longipennes.

Les Longipennes sont des oiseaux bons voiliers n’ayant habituellement que trois des doigts compris dans la palmature, et dont le sternum a presque toujours deux paires de petites échancrures, ce qui le fait ressembler à celui des Échassiers limieoles. Ils se partagent en Procellaridès, en Phaétonidés et en Laridés.

La famille des PROCELLARIDÈS a pour caractère principal d’avoir les narines tubuleuses, tantôt écartées l'une de l’autre comme dans les Diomédins ou Albatros (g. Diomedea), tantôt réunies sur la ligne médiane comme chez les Procellartns , divisés eux-mêmes en Pétrels (g. Proeellaria) , Halod.romes g. Halodromd), Prions [g. Pachyptila) , Thalassidromes ou oiseaux de tempête (g. T halassidroma) , etc.

La famille des PHAÉTONIDÉS est moins riche en espèces et ne comprend qu'un seul genre, celui des Phaétons, vulgairement nommés Paille-en-queue. Les Phaétons connus sont des mers intertropicales. Ils ont les narines de forme ordinaire, ce qui les rapproche des Laridés, mais leurs doigts sont totipalmes comme ceux des Pélicans.

La famille des LARIDÉS compte près de cent cinquante espèces dispersées sur les rivages de toutes les mers et dont les unes sans être aussi grosses que les Albatros, sont cependant assez fortes, tandis que d’autres sont beaucoup plus petites et rappellent par la faiblesse de leurs dimensions les plus petits Procellaridès. On constate dans ce groupe, comme dans beaucoup d’autres en zoologie, i

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