PALMIPÈDES. 1S
que la série des espèces concorde, en général, avec la décroissance de leur volume respectif.
Les principaux genres de la famille des Laridés sont ceux des Labbes ( Lestris ), des Goélands [Larus), des Mouettes (Gaula), des Noddis (6 'toi Ida), des Sternes ( Stcrna ) et des Guifettes ( Sternula ).
On doit encore rapporter à la même famille, en faisant une tribu particulière, les Rhyncopes (g. Rhyncops), aussi appelés Becen-eiseaux, et qui sont remarquables par cette particularité, que la moitié inférieure de leur bec dépasse notablement la supérieure en longueur. Les Rhyncopes vivent dans les parties intertropicales de l’océan Atlantique, principalement dans la région des Antilles.
Sous-ordre des Lamellirostres (1).
Les Palmipèdes, auxquels on a imposé ce nom, le doivent, à la disposition lamelleuse et comme serratiforme ou dentée des bords de leur bec. Leur langue, également frangée sur ses bords, est plus charnue que celle de la plupart des autres oiseaux. Leurs ailes sont presque toujours capables de soutenir un vol prolongé, et leur sternum, en général plus allongé que celui des Cryptorhines et des Longipennes, n’a qu’une seule paire d’échancrures ovalaires (2). Les Lamellirostres ont le gésier musculeux comme les Gallinacés, et comme eux aussi de longs cæcums. Ils nagent et plongent facilement, et leurs petits sont précoces, c’est-à-dire capables de suivre la mère dès le moment de leur naissance. Ces oiseaux constituent d’excellents gibiers, et ils nous ont fourni plusieurs de nos oiseaux domestiques : le Cygne à bec rouge, l’Oie, le Canard, et beaucoup d’autres, dont la domestication, quoique récente, n’est pas moins assurée, comme le Cygne noir, le Céréopse, l’Oie de Guinée, l’Oie des îles Sandwich, et différentes sortes de Canards.
Les grands parcs de l’Angleterre abondent en oiseaux de ce groupe, qui s’y reproduisent avec facilité. Des succès analogues, mais moins nombreux, ont aussi été obtenus en Hollande, en Belgique, en France et en Allemagne.
La graisse de nos principales espèces d’Anatidés domestiques,
(1) Ordre vingl-qualricme (oiseaux à bec dentelé), Brisson. — Palmipèdes ser ■ riroslres ou prionorhamphes (moins les Flamants), Duméril. — Natatores lamelloso-dentaii, Meyer. — Palm, lamellirostres, G. Cuv. — Nalalores dermorhynchi, Vieillot.
(2) Cette disposition sc retrouve par exception dans 'le Larus cataracles.
OISEAUX
était autrefois employée en médecine. Aujourd’hui on ne s’en sert plus que pour les usages domestiques. Leur chair est une ressource pour l’alimentation. Le foie de plusieurs de ces oiseaux est susceptible de prendre, dans certaines conditions de séquestration, et sous l’influence d’une alimentation particulière, un développement exagéré, et il constitue alors la base de plusieurs préparations culinaires.
Le duvet des Cygnes sauvages encore adhérent à la peau est une fourrure très estimée, etles plumes molles et décomposées qui doublent inférieurement celles des Eiders ( Anas mollissima ) sont employées pour la confection des coussins de lits, à la fois si légers et si chauds, que l’on connaît sous la dénomination d’édredons.
Les Lamellirostres ne forment qu’une seule grande famille, celle des ANATIDÉS, dont les principaux genres constituent quatre sections des Cygnins ou Cygnes (g. Cygnus), des Axsérins ou Oies (g. Anser, etc.), des Anatins ou Canards (g. Anas, etc.), et des Mer- GINS ou Harles (g. Mergus) .
Sous-ordre des Plongeurs (1).
Ces oiseaux doivent occuper le dernier rang. Ils sont plus aquatiques que les autres, ont le vol difficile, ou parfois même impossible; et leurs pennes alaires sont quelquefois si petites, qu’au premier abord elles ressemblent plutôt à des écailles de reptiles qu’à des plumes véritables : dans ce cas, les membres antérieurs des oiseaux plongeurs sont transformés en rames natatoires. C’est ce. qui a lieu chez les Manchots, dont on a même proposé de faire un ordre distinct (2). D’autres genres du même groupe ont les ailes moins rudimentaires, et ils peuvent encore s’en servir pour le vol.
Tous les oiseaux de ce sous-ordre sont embarrassés lorsqu’ils viennent à terre, ce qui tient à la position reculée de leurs pattes et à l’allongement de leur corps. Ils trébuchent ou chutent même à chaque pas. Leur vie est essentiellement aquatique, et la plupart d’entre eux affectionnent les eaux marines.
La chair des Plongeurs est en général peu estimée ; mais dans les lieux où ils abondent on recherche leurs œufs, qui fournissent en
(1) Nalalores pygopodes et Impennes, Illiger. — Palmipèdes plongeurs (moins les Grèbes), G. Cuv. — Nageurs brachyptères et Pliloptères, Vieillot. — Urinalores, Vieillot. — Palmipèdes brachyptcres, Latr.
(2) Impennes, 1s. Geoffroy. — Plilopteri, Ch. Bonap.
effet un excellent aliment. Nulle part ces oiseaux ne sont plus abondants que vers les pôles; c’est là qu’ils se tiennent en bandes souvent innombrables. Cependant quelques-unes de leurs espèces, comme les Mormons et les Pingouins, se montrent aussi dans les régions tempérées.
Leur squelette présente plusieurs particularités, qui sont à la fois en rapport avec le rang inférieur qu’ils occupent dans la série ornithologique et avec leurs habitudes aquatiques. Leur sternum est établi sur une forme différente de celles qui caractérisent les autres groupes. Il est allongé, assez étroit, en saillie arrondie au milieu de son bord inférieur, et pourvu de chaque côté d’une échancrure presque linéaire, en dedans de laquelle existe souvent une petite perforation. Il est rarement entièrement plein.
On distingue aisément trois familles parmi les Plongeurs.
A celle des COLYMBIDÉS appartiennent entre autres genres les Plongeons [Colymbus) , les Guillemots [Uria), les Cérorhynques [Ceratorhyncha) , les Cèphes [Cephus] et les Stéariques ( Phaleris ).
La famille des ALCIDÉS a deux genres principaux, les Pingouins ( Alca ) et les Macareux [ Fratercula ).
Enfin, la famille des APTÉNIDÉS, qui est la dernière de toutes, a pour genres les Sphénisques [Spheniscus) , les Gorfous ( Cataractes ) et les Manchots (. Aptenodytes ) ; tous propres aux mers de l’hémisphère austral, et remarquables par leurs ailes entièrement transformées en rames natatoires.