MUTILES
lacer autour de leurs bras comme ornements ou pour jouir (le la fraîcheur que donne leur contact. Cependant les Élaps ont les maxillaires garnis de dents vénéneuses comme les autres Protéroglyphes; il paraît toutefois qu’ils ne cherchent point à se servir de leurs crochets, et la petitesse de leur bouche s’oppose k ce qu’ils ne mordent, ou tout au moins elle leur rend cet acte difficile. Ceux qui vivent dans les parties chaudes de l’Amérique paraissent se nourrir principalement de Cécilies.
La tribu des Hydrophins, par laquelle se termine la grande famille des Vipéridés, est formée par un certain nombre d’espèces vénéneuses, à dentition toujours protéroglyphe, et qui se distinguent des animaux qui précèdent par la forme comprimée de leur queue, ainsi que par la présence de plusieurs petits crochets simples placés en arrière des dents cannelées. Leurs os maxillaires sont déjà notablement plus allongés que ceux des Vipéridés terrestres. Leur crâne est établi sur un modèle peu différent de celui des Najas, sauf un peu plus d’allongement dans certaines espèces.
La conformation de la queue de ces Ophidiens est en rapport avec leurs habitudes aquatiques; on trouve en effet les Hydrophis et les autres Serpents de la même tribu dans l’eau, et ils se tiennent plus particulièrement dans l’eau salée. Les mers de l’Inde et celles de la Nouvelle-Hollande, ainsi que de l’Océanie, en nourrissent de plusieurs genres, qu’il est assez facile de distinguer entre eux par les variations de leur écaillure : ceux qui sont placés les derniers dans la série sont aussi ceux dont les écailles sont le plus uniformes, et en en suivant la dégradation dans les différents genres, on voit successivement diminuer, ou même disparaître les grandes plaques ventrales, qui sont au contraire constantes chez les premiers Ophidiens, et que la plupart des Couleuvres montrent également.
Les genres appartenant k la même tribu que les Hydrophis ont reçu les noms de Plcilure, Aipysure, Distéire , Pélamide et Acalypte.
Les expériences de Russel et de M. Cantor confirment ce que les navigateurs rapportent au sujet du venin de ces Ophidiens, et elles nous montrent qu’il n’est pas moins redoutable que celui des espèces terrestres de la famille des Vipéridés. 11 agit aussi bien sur les poissons que sur les animaux aériens.
IL Les C0LU13UIUÉS sont des Ophidiens tantôt opistoglyphes, tantôt aglyphes, auxquels on donne vulgairement le nom de Couleuvres. Leur famille se distingue des Serpents qui précèdent par l’absence des véritables crochets et des Acrochoridés ainsi que des Uropeltis et des Typhlopes par les grandes plaques (gastrostéges et
OPHIDIENS
urostéges) existant sous le corps des nombreuses espèces qui s’y rapportent. La disposition de leurs dents maxillaires postérieures, qui est opistoglyphe chez les unes et aglyphe chez les autres, permet de partager les Colubridés en deux grandes divisions.