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ladies syphilitiques. Dans les colonies américaines, on a surtout préconisé celle des Anolis. Celle de nos Lézards amène de la salivation et des sueurs.
L’urine des Sauriens de toutes sortes a également joui d'une certaine réputation; contrairement à celle des Chéloniens et îles Grenouilles, qui est liquide et abondante, elle est toujours épaissie et presque concrète. Sous ce rapport elle ressemble k celle des Ophidiens, des Crocodiles et de la plupart des Oiseaux, et elle est également riche en acide urique. Celle des Lézards ordinaires a été souvent citée parmi les médicaments dans les traités publiés pendant les siècles précédents ; on y trouve aussi mentionné, ainsi que dans les ouvrages plus anciens, et même dans Dioscoride, le Scinque dit des boutiques, qui est une espèce de Sauriens étrangère k l’Europe dont nous parlerons plus loin.
Plusieurs Sauriens sont redoutés non-seulement k cause de l’intensité de leurs morsures, mais parce qu’on leur suppose un venin qu’ils n’ont pourtant pas ; c’est ce que nousrappelleronsen parlant des Orvets et des Geckos. Aucun des animaux de cet ordre ne paraît être réellement venimeux ; nous devons cependant rappeler ce que M. de Castelnau dit au sujet des accidents qui ont suivi la morsure de l’un de ces animaux observé dans le district de Pébas, au Brésil : « Parmi les animaux vivants que je me procurai dans cet endroit se trouvaient, dit M. de Castelnau, des Kinkajous parfaitement apprivoisés, et un joli Anolis. M. Deville fut un jour mordu par un Saurien de ce genre, auquel on donne ici le nom de Caméléon ; son doigt enfla beaucoup, et il eut la fièvre pendant plusieurs jours. Cet animal était vert, marqué de losanges violets; la gorge était noire, et le ventre d’un rouge vermillon foncé (1 .
L’ordre des Sauriens, même en ne tenant compte que de ses espèces actuelles, se laisse facilement partager en plusieurs familles. Dans une première catégorie nous énumérerons, sous la dénomination de Sauriens ordinaires, et comme formant un premier sousordre caractérisé par la forme concavo-convexe de leurs vertèbres, les Varanidés, les Chalcididés , les Scincidés, les Agamidés, les Iguanidés et les Lacertidés. Dans la seconde catégorie, et comme second sous-ordre, rentreront les Ascalabotes (famille des Gechonidés), qui ont les vertèbres biconcaves. Cette dernière disposition vertébrale, presque constante chez les Poissons, est également fréquente chez les Reptiles qui ont vécu pendant la période secondaire; mais on ne l’observe, chez les Vertébrés aériens, que dans
(1) Castelnau, Hist. du Voyage dans l’Amérique du Sud, t. V. p. 24.
la seule famille des Geckos, parmi les Reptiles écailleux, et dans un certain nombre d’Amphibicns ou Reptiles nus.
Sous-ordre des Sauriens ordinaires.
Ce sont les Sauriens qui ont les vertèbres du tronc procœliennes, c’est-à-dire concaves en avant et convexes en arrière.
Ils se partagent en six familles distinctes.
Famille des VARANIDÉS. — Cette famille, à laquelle on rapporte souvent, mais sans aucune certitude, YHéloderme, du Mexique, se compose de quelques espèces propres à l’Afrique, à l’Asie méridionale et à la Nouvelle-Hollande; on n’en fait qu’un seul genre, sous le nom de Varans ( Varanus) .
Le nord de l’Afrique fournit deux espèces de Varans : le Varan du Nil ( Varanus niloticus), qui est aquatique, et le Varan du désert (Varanus arenarius), qui vit dans les sables du Sahara; on le trouve dans la Haute-Égypte, ainsi que dans le sud de l’Algérie. C’est le Crocodile terrestre des anciens.
La famille des CHALCIDIDÉS a des espèces dans les deux continents : l’un de leurs caractères les plus remarquables consiste dans le pli bilatéral qui règne sur toute la longueur de leur corps. Les espèces laccrtiformes rentrent dans les genres Platysaure, Zonure, Gerrkosaure, Sauropfits et Gerrhonote, et celles qui sont serpentiformes dans les genres Shellopusick ou Pseudope, Ophisaw'e, Chamésaure et Chalcide.
Le Sheltûpusick ( Pseudopus serpent inus) , que G. Cuvier a classé parmi les Ophidiens, et que Pallas avait nommé d’une manière plus exacte Lacerla apoda, est le seul représentant européen de cette famille. On le trouve dans les parties méridionales de la Russie et de l’Autriche ainsi qu’en Morée. Il a près d’un mètre de longueur.
La famille des SGINCIDÉS ou des Scingues comprend aussi des animaux tétrapodes et d’autres qui sont dipodes, ou même apodes. Elle ne fournit à la faune européenne qu’un petit nombre d’espèces : le Sctnque ocellé ( Gongylus ocellatus), des îles de Chypre, de Malte, de Sicile et de Sardaigne, ainsi que du nord de l’Afrique; deux Ablépharus (A. pannonicus et A. bivittatus ) ; le Seps tuidactyle (Seps tridactylus), que l’on trouve dans tout le pourtour de la région méditerranéenne, et en particulier dans le midi de la France (1) ; I’Orvet (Anyuis fragilis), bien à tort réputé venimeux dans la plupart de nos
(1) On l’appelle quelquefois aussi Chalcicte, mais à tort.
REPTILES
provinces, où on le nomme Anveau , Lanveau, ete., et I’Ophiomore ( Ophiomorus mi/iaris , espèce peu différente de la précédente, qui habite la Grèce, la Turquie et la Russie méridionale.
L’Algérie est plus riche en animaux de la même famille, surtout dans sa partie saharienne ; nous y connaissons les suivantes : Gonyylus occllatus ; Plcsthiodon Aldrovandi ; Scincrn officinal is ; Sphenops capistratus ; Ucteromcles mauritanicus; Seps tridoctylus; Anguis fragilis ; Ophiomorus miliaris.
Le Scinque des boutiques [Scincus offcinalis est l’unique espèce d’un genre distinct de Scincidés qui présente pour caractères principaux d’avoir le museau en forme de coin, les dents pointues, la queue conique et les doigts plats et dentelés. C’est un animal long de quinze centimètres dans la majorité des individus, et qui vit dans les sables de l’Afrique, soit dans la Haute-Égypte et l'Abyssinie, soit encore dans le sud de l’Algérie et du Maroc, depuis le Souf et les pays de Tmasin et de Tuggurth jusqu’en Sénégambie. Il se nourrit d’insectes.
Dioscoride'en parle à propos des animaux médicinaux (1), et tous
Fig. 29. — Scinque officinal (l’animal entier diminué de moitié; sa tète et sa patte postérieure de grandeur naturelle.)
les écrivains de la Renaissance ont reproduit ce qu’il a dit. Rondelet, Belon et Gesner nous apprennent qu’au seizième siècle on employait les Scinques, et qu’on les recevait d’Égypte par la voie
(t) « Scincus, îüiyx.oç, quidam in Ægypto, alius in India, alius ad mare Rubrum gignitur. Est et alius qui apud I.ibyam Mauritaniæ fluvium reperitur. Est vero Crocodilus terreslris sui generis, qui addito nasturtio sale conditur. Aiunt porro partem eam quæ relies amplectitur, draebma: pondère in viuo potnm, vencreni accendendi virn habere ; attameu lcntis decocto cum nielle, aut seminc Inclura: cum aqua poto iutensam illam veueris cupiditatcm inhiberi. In antidota quoque additur. » Diosc., lib. II) c. t.JOii. ( Trad . de Saraccnius.)
de Venise « éventrés et salés. » Un les préparait aux environs do Memphis.
Rondelet dit encore que « vulgairement on ordonne des rognons de Scinques pour inciter nature et la mettre en chaleur; non sans erreur, car les rognons n’y servent de rien. Mais il faut ordonner la chair qui couvre les rognons et la chair des côtes, comme enseignent Pline, Dioscoride et Aëte (1). »
Pline croyait le Scinque propre à guérir les plaies empoisonnées, opinion qui est reproduite par Dioscoride, lorsqu’il affirme qu’on s’en sert comme d’antidote.
Le Scinque, réduit en poudre, entrait dans la thériaque, sorte de panacée universelle, surtout préconisée contre les venins, et dont l’usage s’est conservé jusqu’à nos jours, quoique sa composition ne soit pas restée telle que Galien l’a indiquée et qu’elle varie suivant les pays. Il y avait de la poudre de Scinque dans la thériaque dite de Venise.
La Famille des AGAMIDÉS (2) ne réunit que des espèces à dents ankylosées sur le rebord tranchant des mâchoires (dentition dite acrodonte ); elle est essentiellement propre à l’ancien continent et comprend les genres Hisliure , Galéote, Lnphyre, Lyriocéphale , Sitane, Chlamydosaure , Dragon, Agame, Phrynocéphale, Stellion, Uromastgx , Moloch, etc.
Cette famille ne se montre en Europe que dans les contrées orientales ; mais elle est abondante en Afrique et dans l’Asie méridionale, et on lui connaît aussi des espèces dans l’Australie.
C’est sans doute aussi à cette famille qu’il faut rapporter, mais comme constituant une tribu bien distincte, les Caméléons, Reptiles essentiellement grimpants, dont l’étude anatomique est des plus curieuse.
Les Caméléons (g. Chamæleo ) présentent au plus haut degré la propriété de changer de couleurs, que l’on remarque aussi chez les Agamidés ordinaires, chez les Iguanidés, et chez beaucoup d’autres Reptiles, ainsi que chez plusieurs Batracides. Ces changements sont dus à un jeu de pigments qui a été décrit dans ces dernières années par différents auteurs (3). On ne trouve les Caméléons qu’en Asie, en Afrique, à Madagascar et dans le midi de l’Europe (la Sicile et une petite partie de l’Espagne).
(1) Rondelet, Histoire des Poissons, édit, franç., p. 172.
(2) Icjuanicns acrodontes, Dum. et Bibron.
(3) Milne Edwards, Ann.sc. nat., 2' série, t. I, p. IG. — P. Gcry., Compt. rend. hebJ., t. XXVII, p. 231 ; 1848. — Bruckc, Acad, des sc. de Vienne, 1833.
REPTILES
L’espèce la plus répandue est le Caméléon vulgaire [C hamœleo vulgaris), qu’on a rapporté de presque toutes les parties de l’Afrique, ainsi que de l’Asie méridionale et du midi de l’Europe.
C’est aux animaux du genre Caméléon qu’appartient le premier rang dans la série des Agamidés. Beaucoup d’auteurs en font une famille à part.
L’Algérie possède le Caméléon vulgaire et deux espèces au moins d’Agamins : Uromastyx acanthinurus et Agarna colonorum.
A part le Caméléon, que nous avons déjà cité, il n’existe en Europe que deux Agamins, l’un et l’autre de l’Orient : Stellio vulgaris et Stellio cnucasicus.
La Famille des TGUANIDËS n’est pas moins nombreuse que celle des Agames, qu’elle représente en Amérique. Ses espèces sont pleurodont.es, c’est-à-dire qu’elles ont les dents appliquées par leur racine contre le bord interne des mâchoires. Elle comprend les Polyclires, les Anolis, les Basilics, les Iguanes, les Cyclures, les Proctotr'etes, les P/irynosomes et d’autres encore. En outre, elle ! fournit à Madagascar les genres Hoplure et Chalarodon , et à l’Océanie celui des Brachyloph.es (1).
La Famille des LACERTIDÉS, ou celle des Lézards proprement dits, comprend deux catégories différentes caractérisées par leurs dents pleines [Lacertidés pléodontes) et creuses intérieurement dans les autres ( cœlodontes ).
Les Lacertidés pléodontes sont américains : Ct'ocodilure, Ameiva, Cnémidophore, etc.
Les Cœlodontes au contraire sont de l’ancien continent, et se trouvent en Europe, en Asie, ainsi qu’en Afrique. Ils sont aussi partagés en plusieurs genres : Lézard ( Lacerta ), Tropidosaure , Notopholis , Acanthodactyle, Erémias, etc. Leurs espèces que l’on a signalées en Europe sont au nombre de seize (2), savoir :
* Tropidosaura algira\ * Lacerta occllata ; * Lacerta viridis ; Lacerta nigropunctata ; Lacerta moreotica ; Lacei'ta Fitzingeri ; Lacerta montana; Lacerta vivipara ;* Lacerta stirpium ; Podarcis taurica ; Podarcis oxycephala ; * Psammodromus edivardsianus ou hispanicus ;
* Psammodromus cinereus ; Eremias velox ; Eremias variabilis ; Ophiops elegans.
H. Cloquet a rappelé, dans l’article Lézards de sa Faune des médecins, la plupart des préjugés bizarres auxquels a donné lieu l’em-
(1) Espèce unique : Brachylophus fasciatus , de l’archipel de Tonga.
(2) Nous avons marqué d’uu astérisque les noms des espèces qui se trouvent eu France ou en Corse.
ploi médicinal de ces Reptiles et celui des Sauriens qui leur ressemblent le plus.
Sous-ordre des Ascalabotes.
Ce sous-ordre comprend les Sauriens de l'époque actuelle qui ont les vertèbres dicœliennes, c’est-à-dire biconcaves: ce sont les Geckos, Reptiles à corps plus ou moins déprimé, à tête large, à doigts plats en dessous et garnis de lames transversales, à peau granuleuse et tuberculeuse, et dont la physionomie est notablement différente de celle des Sauriens dont nous venons de terminer l’énumération. Leur unique famille, désignée par le nom de Geckonidés, comprend une centaine d’espèces réparties entre les différents points du globe. On trouve des Geckos dans plusieurs des îles de l’Océanie, telles que Vanikoro, Waigiou, la Nouvelle- Irlande, Tonga-Tabou, Tahiti, etc., dont ils sont souvent, avec quelques Scincidés, les seuls vertébrés terrestres.
Cette Famille des GECKONIDÉS a été partagée, d’après des caractères tirés de la forme des doigts, ainsi que de la présence ou de l’absence de franges sur les côtés du corps et de la queue, en un certain nombre de genres, dont les principaux ont été nommés Platydactyle, Ptyodactyle, Hémidactyle, Phyllodactyle, Sphériodactyle, Gymnodactyle, Sténodactyle, etc. Toutes les espèces qu’on y rapporte ont une physionomie plus ou moins repoussante, et leur peau verruqueuse, l’acuité de leurs griffes, ainsi que l’habitude qu’elles ont de s’introduire dans les habitations en rampant le long des murailles verticales, et en se tenant même sur les plafonds, les ont fait généralement regarder comme des animaux nuisibles. Cependant les Geckos ne rendent ni par la peau ni par la bouche aucune sécrétion vénéneuse, et rien ne justifie la crainte qu’ils inspirent dans presque tous les pays. Au Caire on les nomme Abou-burs, ce qui veut dire père de la lèpre, et l’on croit que leur contact donne cette maladie, opinion qui est sans doute fondée sur l’apparence lépreuse de leurs téguments. Dans l’Inde, au contraire, on emploie les Geckos, unis à divers aromates et pris à l’intérieur, pour combattre la même affection. Sparmann, dans un mémoire publié en 178à parmi ceux de l’Académie de Stockholm, attribue au Gecko Mabouia des Antilles le pouvoir de lancer à ses agresseurs une salive noire et vénéneuse, dont une gouttelette suliirait pour faire enfler la partie du corps sur laquelle elle tomberait; il n’y arien de fondé dans celte assertion.
AMI’lllUIENS.
Nous avons dans le midi de l’Europe, niais presque uniquement dans la région méditerranéenne, trois espèces de Geckos : le Gecko des murailles [Platydactylus mur ali $\ , PHémidactyle verruqueux (Hemidacty lus verruculatus) , et le Phyllodactyle européen f Phyllo dactylus europæus). Celui-ci est de Elle de Sardaigne; les deux premiers sont plus répandus, et on les trouve dans plusieurs de nos villes maritimes : Toulon, Marseille, Cette, Collioure, etc.
Les Grecs donnaient à ces Reptiles le nom d" Ascalabotes Acxa/.a- 6wt r,~), et les Romains celui de Stellio, que les naturalistes modernes ont transporté à tort à un genre d’Agamins. Aujourd'hui on les appelle vulgairement Tarentoles, Tarentes, Geckottes, etc. Aux colonies, les animaux analogues sont souvent confondus sous la dénomination commune de Mabouia.
Les œufs de Geckos ont la coquille presque aussi dure que ceux des Oiseaux.