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ANIMAUX VERTÉBRÉS

logie des vertébrés, comparée à celle de l'homme, l’éclaire aussi d’une vive lumière, et les applications économiques dont ces animaux sont susceptibles de leur vivant, aussi bien que les produits sans nombre qu’ils nous fournissent après leur mort, les rendent on ne peut plus utiles; c’est ce qui justifie l’empressement que les naturalistes ont toujours apporté à les bien connaître.

Les animaux vertébrés sont pourvus d’un squelette intérieur, dont les premiers linéaments ont pour axe la corde dorsale, sorte de gaine remplie de cellules particulières, qui s’étend de la base de la tête à l’extrémité caudale, en suivant la ligne occupée plus tard, dans la majorité des animaux de ce type, par la série des corps vertébraux. Habituellement, la corde dorsale est envahie, à une époque plus ou moins précoce, par la substance des cartilages, et bientôt après par celle des os, ce qui donne au squelette proprement dit la consistance solide qui le caractérise, et l’on reconnaît alors que sa charpente est formé de la succession d’un certain nombre de segments ou articles osseux auxquels on peut donner le nom d 'ostéodesmes (1). Chacun de ces segments a lui-même pour axe ou pour partie centrale l’un des corps vertébraux qui se substituent à la corde dorsale, et il est complété par deux arcs, l’un supérieur, destiné à la protection du système nerveux eneéphalo-racbidien; l’autre inférieur, affecté à celle des viscères de la nutrition et de la reproduction.

Les pièces dont se compose la succession des ostéodesmes ou articles osseux des animaux vertébrés, sont différemment composées, suivant les espèces que l’on examine, et surtout suivant les points du corps auxquels elles appartiennent; leur nombre est également variable; mais, ainsi que nous venons de l’indiquer, elles sont toujours divisibles en deux systèhies: celui des pièces supérieures à l’axe rachidien et celui des pièces inférieures à cet axe.

Dans beaucoup de cas une ou deux paires d’appendices, soutenus par des pièces squelettiques, distinctes des ostéodesmes, s’ajoutent aux pièces dures qui servent de charpente au corps, et l’on connaît, en outre, certains vertébrés chez lesquels il existe aussi un squelette cutuné ou dermato-squelette (tatous, coffres, syngnathes). Quelques autres éléments osseux dont nous n’avons à nous occuper que pour en rappeler l’existence (phanères sensoriaux, dents, os du cœur oü du pénis) complètent l’ensemble des pièces ossiformes qui caractérisent le type des vertébrés.

(1) Voyez Paul Gervnis, Théorie du squelette humain. Paris, 1S56,

Le système nerveux central des mêmes animaux est formé d’un cerveau et d’une moelle épinière placés l'un et l’autre dans un canal formé par la série des arcs vertébraux supérieurs, et les nerfs qui en parlent se divisent en trois sortes. Ceux qui sont appropriés à la sensibilité spéciale n’existent qu’à la tète, siège unique des organes sensoriaux auxquels ils se rendent; ceux de la sensibilité générale sont fournis par les racines médullaires postérieures, et ceux de la locomotilité par les racines médullaires antérieures. Il existe en outre chez les animaux pourvus de vertèbres un système nerveux de la vie organique, dit grand sympathique, lequel résulte d’une double série de ganglions, tantôt séparés entre eux, tantôt coalescents, suivant que le sont eux-mêmes, d’une manière plus ou moins complète, les segments ou zoonites dont ils dépendent. Ces ganglions sont situés dans les arcs infra-vertébraux avec les viscères de la nutrition et de la reproduction aux fonctions végétatives desquels ils président, tandis que le système nerveux supravertébral sert uniquement aux fonctions de relation.

Le tube intestinal est toujours complet, mais sa terminaison anale est assez souvent confondue avec les orifices des organes génitaux et urinaires, ce qui donne alors lieu à la présence d’un cloaque ou vestibule commun. Quant à l’orifice antérieur du canal digestif, il communique à la fois avec l’appareil spécial de la respiration et, chez les espèces aériennes, avec l’appareil olfactif qui sert à introduire l’air dans les poumons, ce qui permet à l’orilice buccal de rester fermé pendant un certain temps. Dans la plupart des animaux aériens, il est en même temps en rapport avec l’appareil de la vue et avec celui de l’ouïe, auxquels il fournit des parties accessoires (sac lacrymal et conjonctive ; trompe d’Eustache et membrane de la caisse), qui rendent ces appareils plus parfaits.

Le sang des vertébrés circule dans un système de vaisseaux clos, et il y a toujours des vaisseaux capillaires entre les dernières ramifications des artères et le commencement des veines. 11 existe aussi des vaisseaux lymphatiques ainsi que des chylifères pour ramener au torrent circulatoire les humeurs abandonnées par le sang dans les diverses parties du corps, ou lui apporter les principes réparateurs fournis par la digestion. Quant au sang proprement dit, il est presque toujours rouge, et ce sont les globules disciformes, soit circulaires, soit elliptiques, dont il est chargé qui lui donnent cette couleur. 11 ,est d’un rouge plus vermeil après s’être pourvu d’oxygène dans les poumons et dans jes branchies ; il est plus noirâtre après avoir servi à la nutrition des parties, et

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c'est celte dernière teinte qu'il présente dans le système des veines qui se rendent au cœur droit.

Le cœur, ou le centre d’impulsion du système circulatoire, est formé de deux oreillettes et de deux ventricules, et alors il constitue en réalité deux cœurs adossés l'un à l’autre ; ou bien d'une seule oreillette et d'un seul ventricule, et alors il est vraiment simple. Dans ce dernier cas, qui est celui des poissons, le cœur est placé sur le trajet du sang noir ou sang chargé d'acide carbonique; dans le premier cas, un des cœurs composants a les mêmes fonctions (cœur droit), et l'autre (cœur gauche) est sur le trajet du sang qui a subi l'hématose. Chez les reptiles et chez les batraciens, dont l'activité vitale est moins grande que celle des mammifères ou des oiseaux, les deux ventricules, droit et gauche, communiquent plus ou moins largement entre eux, et il va par conséquent mélange des deux sangs. Il peut exister, principalement chez les vertébrés inférieurs, d'autres organes pulsatils placés sur le parcours du sang (bulbe aortique des poissons et de plusieurs batraciens), et certains de ces animaux en montrent même sur le trajet des vaisseaux lymphatiques (cœurs lymphatiques) ; comme on peut le constater chez les grenouilles.

Les différentes sécrétions s’opèrent toujours avec activité aussi bien sur les surfaces externes que sur les surfaces profondes, et les glandes ont le caractère général de sacs ou saccules, simples ou conglomérés, mais elles sont rarement tubulaires comme chez les animaux articulés. Le foie est la glande la plus volumineuse de l’économie; il concourt à la transformation des principes ternaires fournis par la digestion et à l'excrétion des principes azotés en surabondance dans l’économie; mais ces derniers sont plus spécialement éliminés, sous la forme d’urée ou d’acide urique, par les reins, et la fonction de l'urination est à la fois complémentaire et antagoniste de celle de la respiration.

L’urée ou l’acide urique, en dissolution dans un liquide aqueux qui leur sert de véhicule et renferme en même temps quelques autres substances dont le nombre ou la nature peuvent varier avec l'alimentation, forment l'urine. Celle-ci est habituellement liquide (chezles mammifères, les tortues et les grenouilles, par exemple), et quelquefois plus ou moins conerétée et comme boueuse iex.: la plupart des oiseaux); sa consistance peut aller jusqu’à fournir des masses solides dites urolithes, comme c'est le cas pour les crocodiles, les ophidiens et les sauriens.

La peau des animaux vertébrés rappelle sensiblement celle de

l'homme par sa composition anatomique, mais cette ressemblance est souvent masquée par les variations que présentent sa couche épidermique, son derme fibreux et les organes accessoires (cryptes ou phanères) qui se développent à sa surface. Ces organes accessoires se présentent sous la forme de glandes très diverses, de poils, de plumes, d’ongles ou d’écailles proprement dites.

On distingue rarement à la surface des téguments les traces de la segmentation intérieure due aux vertèbres successives, et c’est dans le squelette lui-même qu'il faut étudier cette segmentation, les ostéodesmes et les articulations des membres y reproduisant des annulations analogues à celle des animaux articulés.

Le corps se divise en tronc et en membres, et le tronc lui-même en tête, thoracogastre et queue. Ces trois parties ne sont pas toujours très distinctes Lune de l’autre, et chez les poissons leur séparation est difficile, quoique la tête offre toujours des caractères propres dus à la présence des organes des sens spéciaux et du cerveau, ainsi qu’à la disposition des parties osseuses qui forment le crâne et les mâchoires.

La peau des vertébrés est presque toujours bien distincte des couches musculaires sous-jacentes, ainsi que des pièces osseuses appartenant au squelette proprement dit ou névro-squelette. Elle a souvent des muscles à elle (muscles peauciers), qui sont indépendants de tous les autres, et dans certaines espèces elle s’endurcit à la manière du squelette et représente une succession d’anneaux osseux, parfois assez distincts qui rappellent, sauf la composition chimique, ceux des animaux articulés. C’est ce que nous avons déjà signalé pour les tatous, qui sont des mammifères, et pour les coffres ainsi que pour les syngnathes, qui appartiennent à la classe des poissons.

Les deux sens de la vue et de l’ouïe ont leurs organes établis sur un mode qu’on ne retrouve que chez un petit nombre d’autres espèces, et qui ne se voit même chez ces dernières qu’avec un caractère bien marqué d’infériorité.

Les animaux vertébrés ont les mouvements faciles et variés; leur corps est indépendant du sol, et leurs instincts sont remarquables. Les premiers d’entre eux jouissent même d’une véritable intelligence, qui, sans ressembler à celle de l’homme sous tous les rapports, n’en est pas moins incontestable.

Dans toutes les espèces de ce type, les deux sexes sont portés par des individus différents, les uns mâles et les autres femelles, souvent faciles à distinguer les uns des autres par des caractères

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extérieurs très apparents. Toutefois les serrans,, qui sont des poissons de mer assez voisins des perches, sont à la fois mâles et femelles.

C’est dans la partie postérieure de la cavité abdominale, et, en général assez près de la terminaison des intestins, que sont placés les organes reproducteurs des vertébrés. Ceux des mammifères, des reptiles écailleux et des poissons sélaciens se compliquent de certaines pièces accessoires, en partie extérieures, destinées à faciliter le rapprochement des sexes; et il y a chez les femelles d’un grand nombre d’espèces une partie des organes intérieurs qui est plus particulièrement destiné*; a recevoir le produit de la conception et à en assurer les premiers développements.

Néanmoins beaucoup d’animaux vertébrés pondent leurs œufs avant que le développement en soit avancé, et souvent avant qu’ils n’aient été fécondés, les rapports entre les parents et leur progéniture étant d’autant moins prolongés que les espèces que l’on examine occupent elles-mêmes un rang moins élevé dans la série générale de ce type. Dans celles de la classe des mammifères ces rapports se continuent après la naissance par la lactation, et ils se continuent parfois après qu’elle a cessé, de manière à constituer de véritables relations sociales, dont l’éducation est le résultat le plus apparent. Mais avant d’arriver à ce degré de perfectionnement, les vertébrés, et plus particulièrement les vertébrés des premiers groupes, subissent diverses transformations successives, qui ne méritent pas moins que celles subies par les insectes le nom de métamorphoses.

Toutes ces différences ne sauraient nous occuper ici sans nous entraîner hors des limites que nous nous sommes imposées; c’est dans les traités de physiologie ou d’embryogénie qu’il faut en chercher le détail. Qu’il nous suffise de rappeler que certains embryons des vertébrés ont, indépendamment de la vésicule ombilicale ou vitelline, qui est toujours insérée à leur face ventrale, une vésicule allantoïde et une amnios, et que c’est la vésicule allantoïde qui devient le placenta chez les mammifères monodelphes. Les vertébrés pourvus d’allantoïde, ou les allantoïdiens, sont les mammifères, les oiseaux et les reptiles écailleux; les vertébrés sans allantoïde, ou les anallantoïdiens, sont les batraciens, que beaucoup d’auteurs rangent à tort dans la classe des reptiles, et les poissons de toutes sortes.

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