SÉLACIENS
ciques. Ces Poissons ont le corps nu et de forme discoïde ; leur queue est courte.
On en a formé cinq petits genres dont voici l’énumération :
Torpille (g. Torpédo ); sept espèces, dont trois propres à nos côtes. Ces sept espèces sont les suivantes :
T. ocellata (Méditerranée) ; T. nobiliana (Méditerranée, golfe de Gascogne.) (1) ; T. marmorata (ibidem) ; T. trepidans (Madère et Canaries); T. occi dental is (côtes des États-Unis); T. panthera (mer Rouge); T. sinus-persici (mer Rouge et golfe persique) .
Narcine (g. Narcine) ; sept espèces connues : N. Timlei (Bengale) ; N. indien (Pondichéry) ; i'V. mandata (Java) ; N. microphthalma (Malabar); N. macrucra (merdes Indes); N. brasiliensis (Brésil et Antilles); N. nigra (Brésil).
Hypnos (g. Hi/pnos) ; une espèce connue : H. subnigrum (Nouvelle-Hollande, à Sidney).
Astrape (g. Attrape ) ; deux espèces connues : A. capensis (cap de Bonne-Espérance) ; A. dipterygia (Malacca).
Temera (g. Tentera ) : une espèce connue : T. ffardwickii.
Les anciens ont connu la propriété singulière dont jouissent les Torpilles, mais sans pouvoir s’en rendre compte scientifiquement. Ils ont attribué à ces animaux des propriétés médicinales auxquelles on ne fait plus attention depuis longtemps.
Fig. .36. Torpille oreillée. Fig. 37.
(1) on prend desTorpillesjusque sur les côtes delà Belgique, mais accidentellement
rorsso.NS.
Chacun des appareils électriques des Torpilles a une disposition à peu près réniforme ; il est sous-cutané, formé d’un tissu spécial (tissu électrique, de Blainville), et la disposition polyédrique des colonnes dont il est composé donne souvent à la partie cutanée qui le recouvre une apparence aréolaire qui indique la présence de l’organe lui-même. Tous les petits parallélipipèdes que la dissection y fait reconnaître ont la même structure et sont séparés les uns des autres par des cloisons de tissu cellulaire dans lesquelles arrivent les vaisseaux et les nerfs.
l'ig. 38. — Torpille marbrée ( son anatomie ) (*').
(•) a. Cerveau, b. Moelle allongé. c. Moelle epiwère. rf et rf\ Porlion électrique Ho Iriid »r;e- "n Por,T ^.clrlque île, rncumog.,SI,K|.„s ou nerf, di le huitième ^C'f recul irht. f,'. Organe cliclnqtio guucbe non tnlnnie. ÿ'. O iguiic clcctriqm- iln.it
".Tuiles muclr", O '1' d,S',,,'U,'0,, ‘-o Oe.nière dcS clin, 1res Inouï liieles,
CHIMÉRIENS.
Los filets nerveux que chaque appareil reçoit sont partagés en quatre troncs principaux, dont l’antérieur est fourni par la troisième branche du trijumeau, tandis que les autres viennent des rameaux branchiaux du pneumogastrique.
Rédi, vers le milieu du xviic siècle, Reaumur, au commencement du xvm% et Yalsh, Guisan, ainsi que Galvani, vers la fin de ce dernier, ont successivement étudié les phénomènes électriques des Torpilles. Plus récemment ils ont été l’objet de divers travaux importants parmi lesquels nous citerons principalement ceux de M. Matteucci (1).
Ordre des Cliimcricns (2).
Les Poissons de cet ordre sont très peu nombreux en espèces. Leur groupe se rattache à celui des Squales par la plupart de ses caractères, mais au lieu que les trous des ouïes y restent distincts, ils versent l’eau par un orifice extérieur commun, et il n’y a par suite qu’une seule ouverture respiratoire de chaque côté. Cette ouverture est protégée par un rudiment d’opercule qui reste caché sous la peau.
D’ailleurs les Chimères ont comme les vrais Sélaciens, l’intestin pourvu d’une valvule spirale ; leurs mâles ont des appendices copulateurs, et leurs œufs sont également volumineux et à coque cornée.
Ces singuliers Poissons ont la peau nue ; leurs mâchoires sont plus obsolètes encore que celles des Sélaciens, et leurs dents sont disposées par grandes plaques obliques, quatre supérieures et deux inférieures.
Leurs membres postérieurs ont la position abdominale, et les antérieurs, quoique moins développés que ceux des Raies et des Torpilles, ont, comme cela se voit aussi chez les Torpilles ellesmêmes, l’artère axillaire dilatée en un point spécial, et renforcée en cet endroit par des fibres musculaires, ce qui a fait donner à ces poches contractiles le nom de cœurs accessoires.
La famille des CHIMÉRIDÉS, la seule placée dans cet ordre, se partage actuellement en deux genres :
Les Chimères (g. Chimœra), dont les deux dorsales sont presque contiguës, et dont le museau est simplement conique obtus ;
(1) Traité des phénomènes électro-physiologiques des animaux, par C. Matteucci , suivi d’ Études anatomiques sur le système nerveux et sur l’organe électrique de la Torpille, par Paul Savi. Iu-8, Paris, 1844.
(2) Les Holocephalcs de M. Muller.
rorssoNs.
Et les CallorhynqüES (g. Callorhynchu s , à dorsales plus séparées et à museau garni d’un appendice foliacé.
Les Chimères sont dedeux espèces : l’une, propre à la Méditerranée et à l’Océan, est connue dans le Nord sous le nom de roi dru Harengs, c’est le Chimœra momtrosa des naturalistes; l’autre est «les parties septentrionales de l’océan Pacifique, on la nomme Ch. Colliei.
Il n’y a qu’une seule espèce de Callorhynque C. antarclicus ; ainsi que l’indique son nom, elle est surtout répandue dans les mers australes. Au Pérou, sa chair passe pour vénéneuse.
Les autres genres de l’ordre des Chimériens n’ont été observés qu’à l’état fossile.