I.ÉPIDOSIRÈNES
La famille des CYPRINIDÉS ou Cyprins (g. Cyprinus, L.) ést celle des Carpes, des Barbeaux, des Goujons, des Tanches, des Brèmes, des Ab/es. des Ablettes, dont les écailles fournissent la matière nacrée dite essence d’Orient, des Dorades ou poissons rouges, etc.; presque tous sont fluviatiles et, en général, ils sont bons à manger ; leurs espèces connues dépassent le nombre de six cents.
On en rapproche, tantôt comme simple tribu, tantôt comme famille distincte : les Anableps, poissons de l’Amérique méridionale, dont la cornée et l’iris sont partagés en deux portions par une bande transversale, en sorte qu’ils paraissent avoir deux pupilles; les Loches g. Cobitis ); les Pœcilies, également sud-américains, dont la génération est ovovivipare, enfin les Cyprinodorttes, dont il y a plusieurs genres ( Cyprinodon , Lebias, Te/lia, etc.). Ces derniers ont des représentants dans le midi de l’Europe et en Algérie.
Ordre des Lépidosirènes (1).
Ce sont des Poissons de l’Afrique intertropicale (Nil blanc, Mozambique, Gambie), et de l’Amérique méridionale (Brésil), que la
observé à bord du bâtiment le Z élé. Dans cette dernière circonstance, le capitaine, deux officiers et un matelot, qui mangèrent de la Bécune, furent pris bientôt après d'un malaise indéfinissable ; leur peau devint rouge, une paralysie engourdit leurs membres. Un chat qui avait mangé du même poisson succomba rapidement.
Des accidents analogues ont été constatés dans beaucoup d’autres lieux. Pendant le voyage de Cook, Forster a observé un Spare vénéneux aux îles Sandwich. Le Tetrodon sceleratus de la Nouvelle-Calédonie n’est pas moins redoutable, et les Diodons ainsi que divers autres genres sont également dans le même cas.
Les Poissons conservés dans la saumure donnent quelquefois lieu a des empoisonnements, et lorsqu’on s’en sert plus tard.
Nous tenons de M. Berchon, des détails sur des accidents de cette nature, observés à bord de la corvette la Moselle , pendant une campagne faite de 1827 à 1833 dans les mers du Sud, et qui furent dus à l’ingestion d’une espèce de Sardine, pêchée dans la rade d’Arica au Pérou. On en avait conservé une grande quantité dans de la saumure pour en faire ensuite la distribution h l’équipage. On en donna une ou deux à chaque homme ; deux heures après une éruption d'un rouge éclatant, accompagnée d’une brûlante chaleur et d’une enflure sensible, se manifesta , et il y eut en même temps des troubles digestifs. Cette éruption disparut trois heures après son début sans avoir déterminé rien de plus grave.
(1) Sous-classe des Dipnoi, Muller.
POISSONS
singularité de leur caractère a fait classer par plusieurs naturalistes parmi les Reptiles, ou plutôt parmi les Amphibiens, tandis que d’autres les réunissent à la classe qui nous occupe. Quoique cette dissidence d’opinions perde une partie de son importance si l’on admet que les Batraciens, qui sont des vertébrés anallantoïdiens, appartiennent au même sous-type que les Poissons, elle n’en est pas moins une preuve incontestable de la difliculté avec laquelle nous jugeons souvent de la valeur réelle de certains caractères.
Les Lépidosirènes ont le corps anguilliforme, recouvert d’écailles k contours arrondis, mais qui ne montrent cependant pas la disposition cycloïde ; leurs quatre membres sont réduits k autant de filaments et disposés comme les membres des Abdominaux ; ils ont une nageoire impaire contenue par des rayons indépendants des apophyses vertébrales, et qui commence au milieu du dos pour se continuer sans interruption jusqu’à l’anus; leur ouverture branchiale est placée auprès de la nageoire pectorale, unique par chaque côté, et recouverte par un opercule rudimentaire caché sous la peau. Leur bouche est armée en avant de dents puissantes. Leurs narines communiquent , dans les espèces américaines , avec l'arrière-bouche.
Ces animaux ont des branchies portées par des arcs branchiaux au nombre de cinq paires, et leur vessie natatoire qui est double, allongée, vasculaire k sa face interne, entièrement pulmoniforme, s’ouvre dans l’arrière-bouche par une fente spéciale qui ressemble à une petite glotte. Leur cœur a une oreillette divisée en deux par une cloison incomplète; mais malgré cette apparence de duplicité il n’y a qu’un seul orifice auriculo-ventriculaire, et cet orifice est dépourvu de valvules. L’intestin présente, comme celui des Plagiostomes et de quelques autres Poissons, une valvule spirale, et la corde dorsale est persistante, de telle sorte qu’il ne se développe point de corps vertébraux distincts. Le crâne n’a point le double condyle qu’on lui connaît chez les Batraciens et chez les Mammifères; il est monocondylé à la manière de celui des Poissons. Enfin il n’y a pas d’oreille moyenne, et chaque labyrinthe est pourvu d’un otolithe.
Ces Poissons vivent dans les eaux douces, non-seulement dans celles qui sont courantes, mais aussi dans les lacs et les marais, là où les grosses chaleurs de Pété amènent une dessiccation plus ou moins complète, et il paraît que, suivant les circonstances, ils respirent par leurs branchies ou par leurs poumons. Quoique décou-