‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 59 sur 96 · SILURES · texte numérisé non relu

SILURES

verts depuis une vingtaine d’années seulement (1), ils ont été de la part des anatomistes l’objet de recherches assidues (2), et leur structure est déjà très bien connue.

Ordre des Silures.

Les Silures sont des poissons d’une apparence fort singulière, qui se distinguent de tous les animaux de la même classe par plusieurs caractères importants. Leur peau n’a pas d’écailles véritables, c’est-à-dire semblables à celles des Cténoïdes ou des Cycloïdes, mais seulement des plaques osseuses qui sont tantôt en petit nombre, tantôt, au contraire, répandues sur tout le corps et imbriquées de manière à simuler des écailles proprement dites. Quelques-uns sont tout à fait nus. Tous ont les nageoires disposées comme celles des Malacoptérygiens abdominaux, et le premier rayon de leur pectorale ainsi que celui de leur dorsale est puissant et articulé, de telle sorte qu’il peut se mettre en arrêt à la volonté de l’animal ; cette particularité, jointe à sa nature souvent spinifère, en fait une arme redoutable. La tête est déprimée; les maxillaires sont petits et rejetés en dehors, quelquefois même réduits à l’apparence de barbillons; la mâchoire supérieure est principalement formée par les intermaxillaires; l’opercule manque d’os suboperculaire.

A ces caractères s’en ajoutent plusieurs autres tirés de la nature osseuse du squelette et de sa conformation assez différente de celle des poissons ordinaires. Les parties molles montrent aussi quelques dispositions spéciales. Les Silures sont pourvus d’une vessie natatoire qui est en communication avec l’air extérieur par un appareil attaché sous la première vertèbre, est souvent bipartie, et a sa paroi interne réticulée à la manière des poumons des derniers Allantoïdiens. Cette vessie natatoire paraît même servir, dans certaines espèces, à la respiration aérienne, et la structure

(1) Adanson a cependant connu les Lépidosirènes africains, et sa collection, aujourd'hui confondue dans celle du Muséum de Paris, en renfermait un exemplaire étiqueté du nom de Tobal , qu’on trouve cité dans son Cours d'histoire naturelle, tel qu’il a été publié en 1844 par les soins de M. Payer (t. 11, p. 165).

(2) Owen, Transactions de la Soc. linn. de Londres, t. XY1I1 ; 1839. — Bischoll (Leipsick, 1840). — Hyrtl (Prague, 1845). — Peters, Archives de Muller, 1855. Les mémoires publiés par les deux premiers de ces anatomistes ont été reproduits dans les Annales des sciences naturelles.

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