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qu'elle présente alors nous montre bien rprelle répond au poumon des vertébrés supérieurs. On sait toutefois qu’elle manque dans beaucoup d’espèces de poissons ou qu’elle n’est, chez beaucoup d’autres, qu’une simple poche hydrostatique (1 .
L’ordre des Silures ne comprend pas moins de quatre cents espèces, toutes propres aux eaux douces, et surtout répandues dans les régions chaudes. L’Amérique méridionale abonde en animaux de ce groupe ; quelques-uns sont estimés pour leur chair, mais la plupart sont en même temps dangereux à cause des blessures qu’ils font avec les gros rayons osseux de leur dorsale et de leurs pectorales. Dans les pays très chauds le tétanos est fréquemment la conséquence de la piqûre des Silures.
Il y a deux familles principales de Silures : la famille des SILU- RIDÉS, dont le corps est en partie nu, et celle des L0RICAR1DÉS ou Loricaires, etc., chez lesquels il est entièrement protégé par des plaques osseuses, imbriquées et d’apparence squamiforme. Leurs espèces ont été décrites avec soin par M. Valenciennes dans Y Histoire naturelle des Poissons.
On ne connaît encore qu’un très petit nombre de fossiles appartenant au même ordre; mais il est possible que l’on doive rapprocher de ces animaux, et comme formant la dégradation extrême de la même série, les Céphalaspis, qui sont des poissons très singuliers dont l’existence remonte à l’époque paléozoïque.
Nous avons en Europe une espèce de la première famille, le Silure saluth iSilurus glanis), appelé Wells et Schaid par les Allemands. Ce poisson manque à l’Espagne, à l’Italie, à la France et à l’Angleterre, mais on le trouve dans presque toutes les autres régions appartenant à la même partie du monde, et il existe aussi dans le nord de l’Asie. Il devient grand, fournit, dans certains endroits, un bon aliment, et mériterait peut-être, malgré sa voracité, d’être acclimaté dans les eaux stagnantes des tourbières et de certains marais de la France.
Parmi les genres nombreux qui rentrent dans la même division, nous citerons seulement celui des Malaitèrurks (g. Malapterurus ) qui manquent de la nageoire dorsale rayonnée, et n’ont que l’adipeuse, que l’on retrouve d'ailleurs dans un certain nombre d’au-
(1) La disposition pulmoniforme de la vessie natatoire est surtout évidente chez les S accobr anches. On la retrouve d'ailleurs dans des poissons étrangers au sous-ordre des Silures, tels que les Lépidosirènes dont les Lépisostées et les Amies.
0STÉ0DERMES.
très. Les Malaptérures se distinguent aussi par la complète nudité de leur peau, et quoique l’on n’en connaisse qu'une seule espèce, ils méritent de former une tribu à part.
Cette espèce est le Malaptérurê électrique ( Malapterurus electricus autrefois Silure électrique, qui doit son nom à ses propriétés électrophores.
Le Malaptérurê vit dans le Nil et dans le Sénégal; il est un des rares poissons chez lesquels on constate la présence d’un appareil électrique, et les Arabes de la région du Nil, qui ont souvent l’occasion de constater la singulière propriété qu’il doit à cette disposition organique, lui donnent le nom très significatif de fiaasch , qui veut dire tonnerre. Le Malaptérurê a deux organes électriques externes, recevant leurs nerfs des pneumogastriques, et deux internes séparés des premiers par une aponévrose et innervés par les branches antérieures des nerfs spinaux. Ces organes sont situés sous la peau et s’étendent depuis la tête jusqu’en arrière des nageoires ventrales 1 .
Ordre des Ostéodernies.
Ces Poissons, dont la plupart des naturalistes font, à l’imitation de G. Cuvier, deux ordres distincts sous le nom de Plectognathes et de Lophobranches, se distinguent de tous les autres, non-seulement par la bizarrerie de leurs formes, mais aüssipar certaines particularités de leur structure anatomique qui les rendent faciles à reconnaître.
Ils n’ont point d’écailles véritables comme les Poissons ordinaires, dont nous avons parlé plus haut sous le nom de Squamodermes ; leur peau est au contraire plus ou moins complètement ossifiée, et si les corps durs qu’on y remarque ont parfois l’apparence d’écailles, comme cela se voit chez les Balistes, ils n’en ont jamais la structure. Le plus ordinairement ce sont des plaques osseuses dépendant du dermatosquelette, et c’est, là un caractère important, que nous avons voulu rappeler par la dénomination d ’Ostéodermes. Toutefois plusieurs Lophobranches présentent sous ce rapport une certaine diversité qui a fait aussi appeler Hétérodermes l’ensemble de ce groupe. Dans la classification de Blainville, où ils portent ce nom, ils sont, il est vrai, associés aux Baudroies à cause de la solidité imparfaite de leur squelette, et ils reçoivent aussi
(1) Il en a été donné des descriptions anatomiques par E. Geoffroy, par M. Valenciennes et par M. Peters.
POISSONS
la dénomination de subosseux , parce que leur squelette n’acquiert pas toujours la même dureté que chez les Poissons acanthoptérygiens ou malacoptérygiens.
Cuvier réunissait la plupart des Poissons ostéodermes dans son ordre des Plectognathes, auquel il attribuait pour caractères d’avoir «l’os maxillaire soudé ou attaché fixement sur le côté de l’intermaxillaire, qui forme seul la mâchoire supérieure, et l’arcade palatine engrenée par suture avec le crâne, ce qui la rend immobile. » Le même auteur ajoutait que chez ces Plectognathes les opercules et les rayons branchiostéges sont en outre cachés sous la peau, disposition qui ne laisse voir à l’extérieur qu’une petite fente branchiale ; il dit aussi qu’on ne trouve chez ces Poissons que de petits vestiges de côtes; que leurs vraies ventrales manquent; que leur canal intestinal est ample, mais sans cæcum, et qu’il existe presque toujours chez eux une vessie natatoire.
Les observations dont les Plectognathes ont été plus récemment l’objet de la part de divers naturalistes ont montré que cette caractéristique soutirait de notables exceptions, et quelques ichthyologistes ont pensé que les différentes familles de Plectognathes devaient rentrer dans la série des Poissons osseux, tels que M. Muller et d’autres les définissent sous le nom de Téléostéins. M. Agassiz au contraire les en a séparés, et pour lui ces Plectognathes, ainsi que les Lophobranches sont des Poissons ganoïdes, ce qui les associe dès lors à nos Rhombifères, aux Silures et aux Esturgeons avec lesquels ils paraissent pourtant n’avoir que très peu d’analogie.
En effet, il est aussi facile de les distinguer de ces Poisonss que de ceux qui ont de véritables écailles, comme les Acanthoptérygiens et les Malacoptérygiens, et il nous semble préférable d’en faire un groupe à part, auquel nous donnerons la valeur d’un ordre.
Ce groupe sera partagé lui-même en quatre sous-ordres, qui porteront les noms de Gymnodontes, Batistes, Coffres et Lophobranches. Leurs espèces ont été décrites pour la plupart dans les travaux récents de MM. Kaup et Hollard.
On connaît un petit nombre d’Ostéodermes fossiles; tous sont des terrains tertiaires.
Sous-ordre des Gymnodontes.
Ils ont de grosses dents agglomérées formant une sorte de bec de Perroquet ou de Tortue, et qui rappellent, en les exagérant,
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encore, celles des Scares. Leur peau, est épineuse, et les épines qu’elle supporte sont parfois très développées et très dangereuses. Ces Poissons ont la chair muqueuse et ordinairement vénéneuse. La plupart ont la propriété d’introduire de l’air dans une sorte de jabot très extensible qui s’étend sur toute la longueur de leur abdomen, et ils flottent alors k la surface de l’eau le ventre en l’air.
Famille des ORTHAGORÏSCIDÊS. — Ce sont les Moles (g. Orthayoriscus, Mola et Molacanthns) , singuliers poissons k corps écourté en arrière et comme discoïde, et k squelette osseux, mais ayant les mailles si lâches qu'il offre peu de résistance, et que sa légèreté est des plus grandes. Linné en faisait des Tétrodons. C’est k ce groupe plus singulier encore que les autres qu’appartient le Poisson Lune ( Orthayoriscus mola), que l’on prend sur nos côtes. Sa forme et la teinte argentée de son derme lui ont valu le nom sous lequel les pêcheurs le connaissent. Sa chair n’est point estimée; elle est remplie de vers intestinaux, et il y a aussi de nombreux parasites sur ses branchies ainsi que dans ses intestins.
Famille des DIODONTIDÉS. — Les Diodons (g. Diodon) et les Tétrodons (g. Tetraodori), vulgairement nommés Boursoufflus, Orbes épineux, etc., forment la seconde famille des Gymnodontes.
Les premiers n’ont qu’une masse dentaire k chaque mâchoire, et leurs épines sont très fortes, ce qui les a fait appeler Hérissons de mer ; chez les seconds, chaque dent est divisée sur la ligne médiane, et il y en a dès lors quatre au lieu de deux; les épines sont beaucoup plus faibles.
On a cité ces Poissons comme étant dépourvus d'apophyses épineuses ou comme ayant les lames dont ces apophyses résultent chez les autres Poissons divergentes entre elles, ce qui a été comparé k l’anomalie connue sous le nom de fissure spinale ou spina bifida, qui serait ici une condition normale et constante. Nous avons constaté que c’est là une erreur. La saillie épineuse des neurapophyses ou apophyses épineuses des Orbes épineux est bien divergente comme on le dit, mais au-dessous de la bifurcation qui existe entre ses deux branches, il y a un véritable canal rachidien fermé comme celui des autres animaux vertébrés, et l’on a pris k tort la gouttière épineuse pour le canal vertébral lui-même.
Une particularité plus réelle et non moins curieuse observée chez ces animaux consiste dans la brièveté de leur moelle épinière.
Le genre des Tétrodons fournit une espèce au Nil, mais toutes les autres appartiennent aux eaux marines.
Famille des TRIODONTIDÉS. — Elle ne renferme que le seul
POISSONS
genre Triodon, dont il n’y a qu’une espère, le Triodon bursorius ou moeropterus , de la mer des Indes.
Sous-ordre des Holistes,
Les Batistes, ou la famille des BALISTIDKS, répondent au genre linnéen des Holistes, dont les espèces, toutes marines et toujours plus ou moins remarquables par la beauté de leurs couleurs, sont maintenant divisées en plusieurs genres.
Ces Poissons ont le corps comprimé, deux rangées de dents à la mâchoire supérieure et une à l’inférieure; celles-ci et leurs correspondantes d’en haut sont incisiformes et proeiives ; la peau est écailleuse ou grenue, mais avec une sorte particulière d’éeailles qui n’est pas comparable à celles des Poissons >quamodermes. Leur première dorsale a ses éléments osseux disposés solidement et arc-boutés à la fois sur le crâne et sur la deuxième dorsale. Elle n’a parfois qu’un seul rayon , mais dans beaucoup d'espèces ce rayon est suivi d’un petit nombre d’autres également résistants quoique moins forts. Le squelette présente plusieurs autres particularités assez curieuses.
Les Balistes appartiennent principalement aux mers des régions chaudes; leur chair est peu estimée; on dit même qu’elle est dangereuse dans certaines circonstances, principalement lorsqu'ils ont mangé les animaux des coraux. On prend quelquefois sur nos côtes de la Méditerranée le Holistes capriscus , que l’on y désigné par le nom de vieille.
Sous-ordre des Coffres.
Les Coffres (g. Ostrscion), dont on fait la famille des OSTRACIO- NIDÉS,sont plus bizarres encore que les Poissons qui précédent, et le nom d’Ostéodermes leur convient encore mieux. Ils ont en effet la tête et le corps enveloppés dans une sorte de coffre ou de boite osseuse formée par des compartiments réguliers, agencés les uns avec les autres, comme de la marquetterie, et la forme de ce coffre, ainsi que des saillies ou pointes qui s'y développent, est toujours plus ou moins singulière. Des ouvertures y sont percées pour la bouche, les narines, les yeux, les ouïes et l'anus, aussi bien que pour le passage des nageoires pectorales et des nageoires impaires. La partie mobile de la queue joue, comme dans les autres poissons, en arrière de cette enveloppe, mais le reste du squelette est enfermé dans son intérieur. Les Ostraeions ou Coffres ont donc, comme les