I. SOUS-CLASSE DES CHILOPODES
LeS Myriapodes de cette catégorie sont faciles à reconnaître à leur corps déprimé, plus ou moins semblable à celui des Néréides ou Vers marins, auxquels on a aussi donné le nom de Mille-pieds. Il est formé de segments plus ou moins nombreux, séparés les uns des autres et ne portant qu’une paire de pattes chacun. Leur tête est distincte des autres anneaux, en général cordiforme et pourvue d'une paire d’antennes grêles, dont les articles sont au moins au nombre de quatorze. Les yeux n’existent pas toujours. Us sont tantôt simples, tantôt agrégés et comme composés. Indépendamment des pièces buccales ordinaires, les deux premières paires de pattes servent à la préhension des aliments et peuvent être comparés aux pattes-mâchoires des Crustacés. La seconde paire de ces pattes-mâchoires est modifiée en forcipules, et le double crochet aigu de ces pinces introduit dans les piqûres faites par ces animaux une liqueur vénéneuse qui rend surtout redoutables les espèces du genre des Scolopendres proprement dites ; les stigmates s’ouvrent sur les côtés du corps. Les organes génitaux, ceux du mâle comme ceux de la femelle, débouchent par un orifice particulier situé au-dessus de l’anus, et de même dans le dernier article. Dans la plupart des genres, les jeunes n’ont pas en naissant tous les articles dont leur corps devra se composer, et ils en prennent de nouveaux, ainsi que des pattes et parfois même des yeux, en devenant adultes.
Il y a deux ordres parmi les Chilopodes : les Schizotarses, Brandt, et les Holotcirses, id.
Ordre des Scln*otarses.
Ce sont les Scutigères, aussi nommés C 'errnaties. Leurs pieds sont très longs, inégaux et à tarses multiarticulés ; leurs antennes très longues aussi et sétiformes ; leurs yeux composés.
I\1() MYRIAPODES
Famille unique, les SCUTIGEHIDÉS. — On n’a encore établi qu’un seul genre (g. Scutigera) pour les espèces, au nombre de vingt environ, qui se rapportent à cette famille.
Ces Myriapodes vivent dans des pays très différents les uns des autres : en Europe, en Afrique, en Asie, dans les îles des Indes, en Amérique et à la Nouvelle-Hollande.
Ils sont fort bizarres, et la longueur de leurs pattes les rendant très fragiles, ils se brisent dès qu’on vient à les toucher. Dans nos pays, on les voit quelquefois dans les appartements, surtout dans ceux qui sont boisés. Ils courent aussi dans les jardins, principalement le long des murs, et se sauvent avec une grande agilité. Ils sont plus nombreux pendant la saison chaude et se montrent surtout le soir.
La Scutigère commune d’Europe [Scutigera coleoptrata a donné lieu à la communication suivante faite à la Société entomologique de France, et dont il est ainsi rendu compte dans les Annales de cette Société pour 183A : « Le secrétaire annonce de la part de M. le docteur Huet, de Paris, que dans le mois de mars dernier, un enfant ayant tous les symptômes d’une maladie vermineuse, après avoir rendu (au dire de sa mère) un Scutigera coleoptrata qui mourut aussitôt après son émission) se rétablit peu à peu, sans avoir jamais, ni avant ni après la sortie de cet insecte, rendu aucun ver intestinal.
» La Société, dans une discussion qui s’élève à ce sujet, décide qu'il n’y a pas lieu à suivre cette observation, l’émission de la Scolopendre n’étant pas suffisamment prouvée, et, selon toute probabilité, l’insecte n’ayant pas séjourné dans le corps de l’enfant. »
Nous souscrivons entièrement, pour notre part, à ces conclusions des membres de la Société entomologique, et nous rangeons le fait rapporté par le docteur Huet parmi ces méprises si fréquentes que l’on entend chaque jour raconter comme des faits incontestables par les gens du monde.
Un récit semblable à celui-ci, mais qui avait pour objet un Geophilus Gabrielis, c’est-à-dire notre plus grande espèce de Géophile, nous a été communiqué, il y a quelques années, par un médecin de Montpellier. Ce Myriapode lui fut apporté comme ayant été rendu avec les selles, ce qui, disait-on, avait été très favorable à la guérison du malade. Une erreur analogue a été commise aussi pour un Ixode que l’on a donné comme accompagnant la dysentérie ; c’est à cause de cela que cet Ixode a reçu le nom d'Acarus dyssenteriæ .
HOLOTARSES.
Ordre des Ilolotarscs.
Les Holotarses, souvent désignés sous le nom vulgaire de Scolopendres, ont les pieds moins longs que ceux des Scutigères, égaux, sauf ceux de la dernière paire, et formés de six articles, savoir : la hanche, la cuisse, la jambe et trois articles attribués au tarse par quelques auteurs. On ne connaît encore qu’une seule exception à cette disposition ; elle est fournie par le Neioportia longitarsis, espèce de Scolopendre qui vit aux Antilles.
Les Holotarses ont les antennes moniliformes, à articles plus nombreux que ceux des Diplopodes, moins nombreux, au contraire, que ceux des Scutigères ; leurs yeux, lorsqu’ils existent, sont rapprochés, mais jamais composés.
Ces animaux forment trois familles : les Lithobidés, les Scolopendridés , et les Geophilidés.
Famille des LITHOBIDÉS. — Ainsi nommés du genre Lithobte (. Lithobius ) qui comprend ces petites Scolopendres, vulgairement appelées Perce-oreilles, que l’on trouve sous les pierres, ou sous les autres corps qui entretiennent une certaine humidité à la surface du sol. Les Lithobies ont quinze paires de pieds, autant de scutes dorsales et de vingt à quarante articles aux antennes. Leur morsure est tout à fait inoffensive pour nous ; elle n’a d’action que sur des animaux de très petites dimensions.
Famille des SCOLOPENDRTDÉS. — Ces Myriapodes forment une réunion nombreuse d’espèces ayant pour la plupart vingt et une paires de pattes, la dernière paire plus longue que les autres, habituellement épineuse sur l’article fémoral et disposée pour saisir. Les antennes ont le plus souvent dix-sept ou vingt articles; les yeux sont, en général, au nombre de quatre paires ; la patte-mâchoire constituant les forcipules est soudée par sa base sur la ligne médiane et elle est dentifère k son bord inférieur; les crochets qui la terminent sont forts, et ils émettent une liqueur vénéneuse.
C’est aux Scolopendridés qu’appartiennent les plus grosses espèces de Chilopodes et celles dont la morsure est le plus k craindre. On a établi plusieurs genres parmi les 150 espèces environ que l’on connaît dans cette famille (1). Il ne sera donc pas inutile d’en rappeler ici les principaux caractères.
(1) Voyez pour les caractères détaillés de ces espèces : Newport. Trans. de la Soc. linn. de Londres, t. XIX, et P. Gervais in Walckenaer et P. Gervais, Hist. nat. des Insectes aptères, t. IV; 1847.
MYRIAPODES
Les Hétérostomes (. Heterostoma et Branchiostoraa de Newport) ont les stigmates en forme de petits cribles et non à boutonnière comme le reste des Scolopendridés. Leurs autres caractères sont d’ailleurs les mêmes que chez les vraies Scolopendres, dont ils ont les habitudes et les dimensions; leurs espèces sont étrangères à l’Europe.
Les Scolopendres (g. Scolopendra ) ont quatre paires d’yeux, vingt et un segments pédigères et les stigmates en boutonnière.
Elles sont fort nombreuses en espèces et répandues dans toutes les régions chaudes et tempérées. Jusque dans ces derniers temps, on les avait presque toutes confondues sous le nom de Scolopendra morsicans.
La piqûre de ces Myriapodes est aussi redoutable que celle du Scorpion fauve, ou même plus redoutable. L’espèce ordinaire du midi de la France, est la Scolopendre cingulée [Scolopendra cingulata) ; elle est longue de 0,090. Sa piqûre occasionne un état fébrile, des frissons et parfois un malaise qui dure jusqu’à vingtquatre heures. On peut la traiter comme celle du Scorpion.
L’observation suivante, dont l’exactitude nous a été confirmée par la personne même qui en a été l’objet, a été publiée en 1843 par M. Bertrand d’Hers dans sa thèse inaugurale soutenue devant la Faculté de médecine de Montpellier (1) : « Robelin, appariteur à la Faculté des sciences, étant à Lates (aux environs de Montpellier), pour chercher des insectes, trouve une Scolopendre de quatre pouces environ; en voulant la mettre dans une boîte de fer-blanc, il fut mordu à la face dorsale du médius, à la deuxième phalange. Douleur très vive, analogue à celle des piqûres de Guêpes. 11 est obligé de se retirer et de porter le bras en écharpe, tant par la douleur que par l’enflure qui s’étaient propagées à tout le membre. Arrivé à Montpellier, M. Regimbeau, pharmacien, cautérisa la plaie. Les symptômes se sont fait sentir près de huit jours. »
La région méditerranéenne nourrit quelques autres espèces peu différentes de celle-là. Elles ont été décrites par M. Brandt, par M. Koch, par M. Lucas, par M. Newport et par nous-mêmes. On en cite déjà une dizaine.
L’Amérique intertropicale paraît être la région qui fournit les plus grandes de toutes les Scolopendres. On y trouve entre autres la Scolopendre insigne [Scolopendra imignis , P. Gerv.) qui a 2 décimètres de long, sans comprendre les antennes. Nous en figurons
(I) Thèse de zoologie médicale. Venins. Montp., 1843. n” 94.
UOLÛTARSES.
la partie antérieure de grandeur naturelle (fig. 86 ).
M. le docteur Worbe a communiqué à la Société médicale d’émulation (1) une observation analogue à celle de M. Bertrand d’Hers, relative à la piqûre de Tune des Scolopendres propres au Sénégal, que les auteurs confondaient autrefois avec celles de l’Europe méridionale , de l’Inde et de l’Amérique sous le nom de Scolopendra morsicans. Voici en quels termes il en parle :
«De même qu’aux Antilles, la morsure FlG‘ 8G; s^loPendra l,ls'~ de cette Scolopendre est très redoutee au grandeur naturelle). Sénégal où, suivant l’opinion populaire,
elle est généralement mortelle, si l’on n’est pas promptement secouru. Un jeune homme, récemment arrivé à l’ile Saint-Louis, reposait sur un matelas placé sur le parquet, lorsqu’une nuit, réveillé par une vive douleur, il jette un cri perçant, se lève brusquement, dit qu’il vient d’être piqué, et se plaint d’endurer, au-dessus du genou, des souffrances horribles. La main portée sur l’endroit douloureux semblait, pour ainsi dire, repoussée par le gontlement survenu instantanément, et qui, en moins de cinq minutes, avait acquis le volume du poing. Au centre de cette tumeur, on remarquait une tache noire, large comme la tête d’une petite épingle. Aussitôt on versa de l’ammoniaque sur la partie malade, et on l’en frotta vivement : plusieurs fois on répéta ces affusions et ces frictions, et sous leur influence, le gonflement diminuait peu à peu; toutefois la douleur se calmait plus vite que ne se dissipait l’enflure. Enfin le jeune homme s’endormit, et cinq heures après la piqûre, la tumeur avait disparu, la douleur avait cessé. Quelques recherches que l’on ait faites, on n’a pas retrouvé l’animal auteur de l’accident.
» Revenu de sa frayeur, le blessé raconta qu’en dormant, il avait senti une sorte de chatouillement et comme un corps mouvant qui rampait sur sa jambe, qu’il avait porté la main sur cet objet, au moment où il traversait le genou, et, qu’à l’instant même où il l'avait pressé, il avait senti la vive douleur de la piqûre.
» Les médecins du Sénégal ne sont pas à l’abri de l’extrême ter-
(1) Paris, 1824.
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reur que la Scolopendre inspire au vulgaire. Appelé le lendemain des accidents éprouvés par le jeune Européen, un des docteurs de ce pays dit qu’ils étaient nécessairement l’effet de la morsure du Mille-pattes; que l’alcali appliqué de suite était le remède le plus efficace; qu’à défaut d’ammoniaque liquide il fallait, après avoir fait une incision sur la tache noire, la cautériser avec le fer rouge ; que sans ce traitement l’enflure gagnait bientôt tout le corps, et qu’une mort prompte était inévitable.
» Les mêmes phénomènes s’observent aux Antilles, après la piqûre de la grande Scolopendre d’Amérique, et de pareils moyens curatifs produisent de semblables résultats. Depuis longtemps on ne croit plus, avec raison, au danger essentiellement mortel de la piqûre de la Tarentule, du Scorpion, de la Scolopendre, etc. Cependant, si, dans notre climat, l’aiguillon de l’abeille a quelquefois provoqué les symptômes les plus graves, il est prudent de ne pas entièrement nier les effets pernicieux que des Insectes malfaisants peuvent produire sous la zone Torride, et je pense que, sans partager les craintes exagérées qu’ont les naturels du pays, les médecins qui pratiquent dans les contrées équatoriales, doivent se hâter de combattre hardiment les premiers accidents qui suivent la morsure de toutes les espèces d’animaux réputés vénimeux. »
Les Scolopendropsis (g. Scolopendropsis, Brandt) ont 23 paires de pattes au lieu de 21, et leurs stigmates paraissent être en forme de cribles ; leurs yeux sont disposés comme ceux des vraies Scolopendres. L’espèce, jusqu’ici unique, de ce genre est le Scolopendropsis bahiensis de M. Brandt.
Les Scolopocryptops (g. Scolopocryptops , Nevport) ont aussi 21 paires de pattes, mais ils manquent d’yeux, et leurs stigmates ont la forme ordinaire. On en cite six espèces, dont cinq américaines et une africaine.
Les Newporties (. Newportia , P. Gerv.) joignent aux caractères des Scolopocryptops des pieds de derrière fort longs et dont le tarse a douze articles au lieu de trois comme celui des autres Holotarses.
Une seule espèce des Antilles ( Newportia longitarsis).
Les CRYrTOPs (g. Cryptops, Leach) n’ont que vingt et une paires de pattes, et ils manquent d’yeux. Ce sont de petites espèces que leur taille même rend inoffensives. Elles s’étendent davantage vers le Nord. Il y en a, par exemple, sous lé"climat de Paris, dans le nord de l’Allemagne, en Belgique, en Angleterre, et plus loin encore, dans des pays où l’on ne voit ni Scolopendres véritables ni aucune espèce des genres dont nous venons de parler.
IIOLOTARSES. h 25
Famille de GÉOPHILIDES. — Ces Myriapodes sont de tous les animaux de la même classe ceux qui peuvent acquérir le plus grand nombre de segments. Ces segments sont en apparence doubles en dessus, mais ils sont simples en dessous et pourvus d’une seule paire de pieds chacun. Les antennes n’ont que quatorze articles; on ne voit point d’yeux, et la dernière paire de pattes est toujours plus ou moins tentaculiforme.
On doit placer auprès des Géophiles le genre Scolorendrelle [Scolopendrella), mais peut-être dans une famille à part, à cause de ses deux yeux, de son moindre nombre de pattes et de sa bouche qui paraît disposée en suçoir. L’espèce unique de ce genre est presque microscopique; c’est le Scolopendrella notacantha , P. Gerv., que l’on trouve dans les jardins de Paris. M. Fabre la regarde comme le jeune âge des Cryptops, ce qu’il ne nous a pas encore été possible de vérifier.
Les Géophilides proprement dits dont Leach ne faisait qu’un seul genre, avaient été antérieurement compris par Linné sous le nom générique de Scolopendra, qu’on appliquait alors à tous les Chilopodes. On y distingue maintenant plusieurs divisions, dont on a pu faire autant de genres ( Mecistocephalus , Nccrophlœophagus ou Arthronomalus, Geophilus ou Strigamia , et Gonibregmatus).
On en connaît, dès à présent, un assez grand nombre d’espèces; l’énumération descriptive que nous en avons publiée en 18â6 en comprenait déjà quarante-sept. Ces animaux vivent sur le sol humide des bois et des jardins, dans les endroits recouverts de feuilles; ils s’enfoncent aussi plus ou moins sous terre, et l’on en trouve également sous les écorces des arbres et dans certains fruits.
L’espèce la plus grande parmi celles de nos contrées est le Geophilus Gabrielis (du genre Gonibregmatus) , dont le corps atteint de 0,12 à 0,18 de longueur et qui a jusqu’à 160 paires de pattes et plus. On a publié que des animaux de la même famille, mais appartenant à des espèces plus petites, peuvent s’introduire dans les fosses nasales, dans les sinus frontaux et dans certains abcès, chez l’homme, et occasionner pendant un temps assez long des douleurs très violentes. On en cite plusieurs cas.
Ainsi, Y Histoire de l’Académie des sciences de Paris en rapporte deux (années 1708, p. â2, et 1733, p. 2U).
M. Alexandre Lefèvre en a communiqué un troisième la Société entomologique de France en 1833, et M. le docteur Scoutetten en a enregistré un autre dans le Compte rendu des travaux de la Société médicale de Metz.
MYRIAPODES
Nous reproduirons les details donnés par ces deux derniers observateurs.
Hémicrânie due a la présence d'une Scolopendre dans les sinus frontaux. {Observation de M. Scoutetten.) a Depuis plusieurs mois, une fermière des environs de Metz, âgée de vingt-huit ans, ressentait dans les narines un fourmillement très incommode accompagné d’une sécrétion abondante de mucus nasal, lorsque, vers la fin de 1827, de fréquents maux de tète vinrent s’ajouter à ces symptômes. Les douleurs, supportables dans les premiers moments, prirent bientôt de l’intensité et se renouvelèrent par accès. Ces accès, à la vérité, n’avaient rien de régulier dans leur retour ni dans leur durée : ils débutaient ordinairement par des douleurs lancinantes plus ou moins aiguës, occupant la racine du nez et la partie moyenne du front ou par une douleur gravative qui s’étendait de la région frontale droite à la tempe et à l’oreille du même côté, puis à toute la tête. L’abondance des mucosités nasales formait la malade à se moucher continuellement. Ces mucosités fréquemment mêlées de sang avaient une odeur fétide. A cet état s’ajoutait souvent un larmoiement involontaire, des nausées et des vomissements. Quelquefois les douleurs étaient tellement atroces, que la malade croyait être frappée d’un coup de marteau ou qu'on lui perforait le crâne. Alors les traits de la face se décomposaient, les mâchoires se contractaient, les artères temporales battaient avec force; les sens de l’ouïe et de la vue étaient dans un tel état d'excitation, que la lumière et le moindre bruit devenaient insupportables ; d’autres fois la malade éprouvait un véritable délire, se pressait la tête dans les mains et fuyait sa maison, ne sachant plus où trouver un refuge. Ces crises se renouvelaient cinq ou six fois dans la nuit et autant dans la journée ; une d’elles dura quinze jours presque sans interruption. Aucun traitement méthodique ne fut employé. Enfin, après une année de soutfrances, cette maladie extraordinaire fut subitement terminée par l'expulsion d 'un insecte qui, jeté sur le plancher, s’agitait avec rapidité et se roulait en spirale; placé dans un peu d’eau, il y vécut plusieurs jours (1) ; il ne périt que lorsqu’il fut mis dans l’alcool.
» Cet insecte m’ayant été apporté tout de suite, je constatai qu'il avait 2 pouces 3 lignes de longueur, sur une ligne de largeur; qu'il portait deux antennes ; que son corps, de couleur fauve, aplati tant en dessus qu’en dessous, était composé de soixante-quatre anneaux
(1) Les Géophiles peuvent, en effet, résisterà un séjour assez prolongé dans Peau.