‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 75 sur 96 · I0L0TARSES · texte numérisé non relu

I0L0TARSES

armés chacun d'une paire de pattes, que, par conséquent, c’était une Scolopendre de la famille des Mille-pieds ou Myriapodes. L’ayant remis à MM. Hollandro et Roussel pour en déterminer l'espèce, ces entomologistes reconnurent que cet insecte réunissait les caractères que Fabricius, Linné et Latreille assignent à la Scolopendre électrique. »

Cette observation, recueillie avec soin, ne permet aucun doute sur lanature générique du Myriapode qui lui a donné lieu. C’est bien certainement d’un Géophile qu’il s’agit ici, et ce Géophile parait être le Geophilus ccirpophagus de Leach, qui est lui-même le Scolopendrci electricci des liiyiéens (1) ou une espèce fort voisine, également propre au genre des Geophilus véritables. Une figure que M. Scoutetten a jointe à son observation vient à l’appui de ce rapprochement. Si d’ailleurs la détermination spécifique en était contestable à quelques égards, vu surtout la ditliculté avêc laquelle on distingue encore les Géophiles les uns des autres, la certitude n’en serait pas moins acquise à la détermination générique de l’animal auquel on attribuait ces souffrances si prolongées du sujet observé par M. Scoutetten.

D’après ce que nous ont rapporté les docteurs Chrestien et Jeanjean, un fait analogue à celui-ci aurait été observé auprès de Montpellier il y a une quinzaine d’années.

L’observation due à M. Alexandre Lefèvre, que nous avons promis de rapporter avec détail, a aussi été fournie par une femme. Voici en quels termes cet habile entomologiste l’a publiée :

« La femme d’un peintre en bâtiment nommé Lévolle, demeurant à Paris, ressentait depuis plusieurs années, de violents maux de tète, principalement dans la région des sinus frontaux, où elle assurait sentir un être vivant se mouvoir. Malgré l’incrédulité générale avec laquelle on recevait une semblable assertion, elle n’en continuait pas moins d’aflirmer la présence d’un corps étranger qu’elle sentit bientôt se fixer vers un œil; après des douleurs atroces, ce dernier cessa bientôt ses fonctions. L’autre œil fut ensuite attaqué; enfin, au bout de plusieurs années de souffrances continues, qui privaient la malade de tout sommeil, ce corps étranger mouvant lui parut se fixer entre les deux yeux; de vives démangeaisons, accompagnées de fréquentes envies d’éternuer, se manifestèrent, et un matin, après avoir éternué à plusieurs re-

(1) Aujourd’hui Geophilus eleclricus. Cette espece doit son nom à la propriété qu’elle a de sécréter une matière phosphorescente: Oq la trouve quelquefois dans les jardins et même dans les appariements,

ARACHNIDES

prises et rendu quelques gouttelettes de sang, elle sentit couler, avec ce dernier, comme un petit ver qu elle recueillit dans son mouchoir : c’était une Scolopendre de la longueur de deux pouces environ, de la grosseur d’un très gros fil. Dès cet instant, les douleurs cessèrent, la malade recouvra le sommeil, et éprouva un bien-être général dont elle n’avait pas joui depuis tant d’années. »

M. Lefèvre eut, à cette époque, en sa possession la Scolopendre en question et il la communiqua k Latreille 1 .

Malheureusement ces entomologistes n’ont pas décrit les caractères de cette Scolopendre, et il nous est impossible de décider à quel genre elle doit être rapportée. On doit pourtant admettre que c’était probablement quelque Géophilide de la division des Géophiles ordinaires, du moins si l’on s’en rapporte k ce qu’il dit au sujet de la longueur et de la grosseur du parasite observé.

Un nouvel exemple de Scolopendre (2) logée dans les fosses nasales a été observé k Dijon. Le patient était une jeune fille qui, en flairant un bouquet, avait ainsi aspiré non-seulement le Myriapode dont il s’agit, mais encore plusieurs larves d’insectes hexapodes (3).

Page 1