‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 76 sur 96 · CLASSE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE TROISIÈME

ARACHNIDES

Les Araignées et les autres animaux qui sont, comme elles, privés d’antennes mais pourvus de pattes au nombre de huit forment la classe des Arachnides (k).

Les principales divisions de cette classe présentent dans leur organisation des différences assez notables, qui en rendent facile la sériation naturelle.

Linné ne distinguait pas les Arachnides d’avec les Insectes aptères; c’est Lamarck qui les en a le premier séparés. La déno-

(1) Ann. Soc. entomologique de France, t. II, p. kvj; 1833.

(2) On ne dit pas si c’était uu Cryptops ou un Géophilc. La présence simultanée de ces insectes dans les fosses nasales causèrent des phénomènes nerveux qui, simulaient l’hystérie et l’épilepsie. La guérison a suivi de près l'expulsion des larves et de la Scolopendre.

(3) Comptes rendus liebd. de l’ Acad. des sciences, 1837.

(4) Arachnides, Lamarck ; Enlomozairesoclopodes, Blainv.

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mination d’ Arachnides qu’il leur a imposée est celle qui leur a été jusqu’ici conservée par la plupart des auteurs.

Les espèces de cette grande division n’ont jamais d’ailes, et leur bouche n’a pour appendices que deux paires de pattes-mâchoires, dont la première est souvent désignée par le nom de mandibules et la seconde par celui de palpes. Ces prétendus palpes suppléent habituellement à l’absence des antennes véritables, dont ils ont même la forme dans un grand nombre de genres; les yeux sont toujours simples et sessiles; ils sont constamment en petit nombre et ils manquent même dans beaucoup de cas. La tête se soude habituellement au thorax ou tout au moins à la partie antérieure de celui-ci, et l’on donne à l’espèce de bouclier protecteur qui résulte de cette fusion le nom de céphalothorax. C’est lui qui porte les yeux. L’abdomen est quelquefois très nettement séparé du céphalothorax; on voit un exemple frappant de cette disposition chez les Araignées. Dans d'autres Arachnides, il fait suite au thorax sans qu’il y ait d’étranglement sensible, et il ne s’en distingue que parce que ses anneaux restent séparés les uns des autres comme cela a lieu chez les Scorpions. 11 peut arriver, au contraire, que les articles ne soient pas séparés, et le corps semble alors formé d’un seul segment qui peut même être sphérique, comme c’est le cas pour les Hydrachnes et pour beaucoup d’autres Acarides.

Il n’y a pas de métamorphoses véritables chez les animaux de la classe des Arachnides, et les jeunes ont toujours en naissant la même forme que les adultes. Cependant les espèces du groupe des Acarides n’ont que trois paires de pattes au moment de leur éclosion, et la quatrième ne leur pousse que plus tard.

Certaines familles sont surtout curieuses par les caractères d’infériorité que leurs organes conservent à tous les âges.

Beaucoup d’ Arachnides ont le système nerveux ganglionnaire tout à fait coalescent, et les Scorpions sont les seuls chez lesquels on trouve une chaîne ganglionnaire évidente, ce qui concorde d’ailleurs parfaitement avec la disposition extérieure de leur corps. Leur système circulatoire et celui des Araignées est plus compliqué qu’on ne l’avait d’abord pensé. L’estomac présente souvent des appendices cæcaux qui se prolongent jusque dans les pattes ; mais ce caractères manque aux Scorpions. La respiration est tantôt pseudo-pulmonaire, tantôt trachéenne, quelquefois même pseudopulmonaire et trachéenne en même temps. Cette dernière particularité a dû faire abandonner l’ancienne classification des Arachnides, dans laquelle ces animaux étaient divisés en deux ordres,

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les Pulmonaires et les Tradiécnnes.W parait aussi que certaines espèces inférieures, comme les Arctisconidés ou Tardigrades sont privées d’organes spéciaux de respiration. En tenant compte des principales particularités de leur structure et aussi de leurs caractères extérieurs, on peut partager les animaux de cette classe en cinq ordres, dont nous parlerons successivement sous les noms de Scorpionides, Aranéides, Galéodides, Phalangides et Acorides.

LesLimulcs, qui servent de type à l’ordre des Xiphosures, dont nous parlerons à propos des Crustacés, seraient sans doute mieux placés ici qu’avec ces derniers, mais ils ont des branchies extérieures au lieu de pseudo-poumons ou de trachées; et, pour simplifier la classification, nous les retirerons provisoirement de la série des Arachnides. Cependant on remarque, entre les ordres qui occupent le premier rang dans cette classe et ceux qu’on y place les derniers, des différences bien plus grandes que celles qui distinguent certains de ces animaux d’avec les Limules.

Beaucoup des entomozoaircs dont nous allons parler ici sont malfaisants, et il en est même un grand nombre qui vivent en parasites sur le corps des autres animaux ; c’est ce qui nous a engagé à entrer à leur égard dans des détails un peu étendus.

Ordre dés Scorpionides.

La forme bien connue des Scorpions se retrouve en partie dans quelques autres Arachnides, qu’il est d’ailleurs facile de séparer comme famille d’avec les Scorpions véritables : tels sont les Télyphones, les Pinces, etc.

On reconnaît les Scorpionides à leurs mandibules courtes et didactyles; à leurs palpes (seconde paire des pieds-mâchoires habituellement en pinces didactyles; à leur grand bouclier céphalothoracique, ainsi qu’à leur abdomen multiarticulé et largement uni au céphalothorax. Leur abdomen se termine, tantôt brusquement (Phrynes et Pinces), tantôt, au contraire, en forme de queue Scorpions) ; il peut même porter une queue véritable (Télyphones). Leur respiration n’est pas toujours pulmobranchiale; dans les espèces inférieures, elle s’opère par des trachées.

Les animaux de cet ordre forment trois familles principales, celles des Scorpionides ou Scorpions , des Télyphonidés ou Télyphones et des Chêliferidés, qui sont ces petites Arachnides de forme scorpioïde,mais dépourvues d’abdomen caudiforme ainsi que de queue, auxquelles on donne vulgairement le nom de Pinces; les zoologistes

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les appellent Chélifères et übisies; ils forment les Obisidés de quelques aptërologistes. Les Phrynes quoique différentes, à certains égards, de tous les autres Scorpionides, peuvent être également rapportées au même ordre que ces animaux, dont elles formeront une autre famille sous le nom de P/in/nidés (1).

Famille des SCORPIONIDES. — Ce sont des Arachnides ayant des dimensions assez souvent supérieures à celle de la plupart des autres animaux de la même classe, et dont le corps se laisse aisément partager en deux parties : le céphalothorax, qui porte les yeux ainsi que les appendices buccaux ou locomoteurs ; et l’abdomen, auquel on compte douze segments, les sept premiers élargis et complétant l’ovale commencé par le céphalothorax, les cinq derniers beaucoup plus étroits, à peu près cylindriques et prolongés en apparence de queue ; cette sorte de queue est elle-même terminée par une vésicule aiguillonnée qui renferme une double glande sécrétant la liqueur vénéneuse dont les Scorpions se servent pour combattre leurs ennemis et tuer ou engourdir leur proie. Cette vésicule se termine par une pointe acérée et recourbée qui laisse sortir le venin par deux petits orifices subterminaux.

La seconde paire des pattes-mâchoires de ces Arachnides, c’està-dire leurs prétendues palpes, est très développée, et elle se termine en pinces didactyles. Les pattes ambulatoires sont assez grandes et à peu près uniformes. On voit 'sous l’abdomen une paire de caroncules dentées, auxquelles on a donné le nom de peignes, et quatre paires d’orifices stigmatiformcs conduisant dans autant de sacs destinés à la respiration aérienne et que l’on appelle souvent poumons; ce sont plutôt des branchies pulmoniformes.

Les Scorpions ont une paire de gros yeux stemmatiformes sur le milieu du céphalothorax, et sur le bord extéro-antérieur de la même partie, de deux à cinq paires d’yeux plus petits.

Les organes intérieurs de ces animaux présentent plusieurs particularités curieuses que les anatomistes ont décrites avec soin ; les plus remarquables sont fournies par les systèmes nerveux et génital, ainsi que par leur appareil respiratoire. Treviranus, Newport et d’autres auteurs, parmi lesquels nous citerons M. Blanchard (2), en ont fait le sujet de plusieurs publications intéressantes.

Il y a des Scorpions dans toutes les parties du monde, mais seu-

(1) Dans l’ouvrage de Walkenaer, ils sont considérés comme formant un ordre à part.

(2) L’organisation du règne animal. Arachnide*.

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lcment dans les contrées chaudes ou tempérées; ceux des pays tropicaux sont les plus forts et les plus variés en espèces. On connaît déjà plus de cent de ces espèces d'animaux, toutes susceptibles d’être caractérisées d’une manière assez précise; le nombre de celles qu’on trouve inscrites comme telles dans les ouvrages des naturalistes est encore plus considérable, mais toutes ne paraissent pas devoir être acceptées comme existant réellement.

De Geer, Herbst, Leach, M. Ehrenberg et son collaborateur et -compagnon de voyage, feu Hemprich, M. Koch et d’autres naturalistes (1) se sont appliqués à caractériser et à classer les animaux de la famille des Scorpions. Malgré l’uniformité apparente de la physionomie extérieure de ces animaux, il a été possible de les définir assez nettement, de les diviser en plusieurs groupes naturels et d’en établir la disposition sériale d’une manière rigoureuse. Les organes dont les particularités servent à distinguer les Scorpion idés comme famille, c’est-à-dire le nombre et la disposition des yeux, la forme des peignes, la prolongation caudiforme de l’abdomen et la vésicule vénénifère qui termine celle-ci fournissent aussi dans leurs variations les meilleures indications auxquelles on puisse recourir pour arriver à la définition et à la classification naturelle des espèces de ce groupe.

En suivant la série des Scorpionidés telle que nous allons l’établir, on reconnaîtra en effet :

1° Que la partie caudiforme, d’abord volumineuse et élargie, souvent aussi fort longue, devient grêle et faible dans les dernières espèces, et que sa vésicule diminue le plus ordinairement dans la même proportion ainsi que l’activité du venin ;

2° Que les peignes sont de moins en moins longs et qu’ils ont des dents d’autant moins nombreuses, qu’on examine des espèces placées plus bas dans la série ;

3° Que les yeux sont au nombre de douze chez les espèces supérieures, dont deux médians plus forts et cinq inégaux de chaque côté du céphalothorax, tandis que chez celles qui occupent le second rang, il n’y en a déjà plus que dix en tout, et que, chez les autres, ils sont successivement réduits à huit, et enfin à six. Dans ce cas il n’existe plus que les deux yeux médians et deux paires laté-

(1) Voyez principalement de Geer, Mém. pour servir à l’hist. des Insectes, t. VIII. — Herbls, NaturgeschiclUc der Scorpionen, in-4; 1800 (dans son Natursystem der Ungeflugelten Ins. — Ehrenberg, Symboles physicœ. — Koch, Die Arachnidcn. — P. Gcrvais, Ilist. nat. des Insectes aptères, t. III, et -irc/iiues du Muséum d'hist. nat., t. IV.

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raies ; c’est ce que l’on voit dans le Scorpion ordinaire du midi de la France et des autres régions méditerranéennes.

En tenant compte de ces divers caractères et de quelques autres encore dont l’importance semble pourtant être moindre, on a établi un certain nombre de divisions parmi les Scorpionides. Ces divisions sont regardées par plusieurs auteurs comme de véritables genres. M. Koch en porte le chiffre à onze. Nous n’en distinguons que neuf, savoir : les Androctones ( Androctonus , Ehrenberg), les Centrures ( Centrurus , Ehrenberg), les Isomètres [Isometrus, Koch), les Atrées [Atreus, Koch), les Télégones (. Telegonus , Koch), les Buthus (. Bnthus , Leach), les Chactas ( Chactas , P. Gerv.),les Ischnures (. Ischnurus , Koch), et les Scorpius [Scorpius, Ehrenberg). Voici les noms des principales espèces qui rentrent dans chacune de ces coupes génériques et les caractères distinctifs de celles-ci.

\ . Les Androctones ont cinq yeux, de chaque côté du céphalothorax, dont trois plus gros et deux plus petits ; leur queue est toujours plus ou moins forte, et il en est de même de leur vésicule; leurs peignes ont des dents nombreuses.

Ces animaux vivent tous dans l’ancien monde. On peut établir parmi eux plusieurs sous-divisions:

a. Il n’y a point d’épine sous l’aiguillon; la queue est large et elle est fortement crénelée à ses arêtes latéro-supérieures.

Tels sont les Scorpions dont M. Ehrenberg a fait son sous-genre Prionurus et dont le type est une espèce africaine :

Le Scorpion tunisien [Scorpio tunctams) ; c’est le Scorpio tunetanus Rédi ; le Scorpio funestus de M. Ehrenberg et peut-être le Scorpio australis de Herbst. Cette espèce répond aussi au Scorpio bicolor de M. Ehrenberg et à plusieurs des Scorpions dénommés par Koch; on ne l’observe que dans les parties chaudes de l’Afrique. Il est représenté à la page h37 (fig. 88).

b. Queue moins large et sans fortes crénelures.

Lés uns ont trois carènes dorsales :

Scorpion occitanien ou Scorpion blond {Scoipio occüanus, Amoreux) ; de plusieurs parties de la région méditerranéenne ; on ne le trouve en France que sur un petit nombre de points.

Les autres n’ont qu’une carène dorsale :

Scorpio quinqueslriatus, Ehr. (de la haute Égypte), etc.

c. Il y a une épine ou un tubercule épineux sous la base de l’aiguillon caudal :

Scorpio madaqascariensis , P. Gerw — Sc. armillatus , id. (de l’Inde).

2. Les Centrures n’ont que quatre yeux de chaque côté, par suite î. 28

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de la présence (l’une seule paire de petits yeux, au lieu de deux, en arrière des trois yeux latéraux principaux qui existent de chaque côté; ce sont donc des Scorpions à dix yeux. Leur groupe, ainsi défini, répond aux Gentrures et aux Væjovis de M. Koch. Tous sont américains.

Tels sont les Scorpio mexicanus, Koch (du Mexique'1 et Scorpio galbineus, id. (de la Guyane).

3. Les Atrées n’ont que trois paires d’yeux latéraux ; leur queue est assez allongée, mais leurs proportions ne sont pas grêles comme celles des Isomètres. La plupart sont américains.

Scorpio Edivardsii, [P. Gerv. (de Colombie). — S. I/empriehii. id. (de Cuba). — S. obscurus -, id. (de la Guyane). — S. forcipula, id. 'de Colombie). — S. spinicandus, id. (de Gafrerie', etc.

h. Les Isomètres. Ils se distinguent surtout par leurs proportions - très grêles ; leurs yeux sont comme chez les précédents et chez les Buthus ; mais, par l’ensemble de leurs autres caractères, ils ressemblent davantage aux Atrées et aux Androctones.

Scorpio filum, Ehrenb. On ignore sa patrie véritable; des exemplaires appartenant en apparence à cette espèce ont été, dit-on, rapportés de l’Inde, de l’Afrique et même de l’Amérique.

5. Les Télégones. On pourrait , à la rigueur, réunir les quatre divisions précédentes dans un groupe unique ; au contraire, celle-ci reste bien distincte des autres; les espèces, il est vrai, peu nombreuses qu’elle renferme ont des proportions plus ou moins trapues, manquent d’échancrure au bord antérieur du céphalothorax, et ont les dents des peignes assez peu nombreuses. Leurs yeux latéraux sont au nombre de trois paires; leur vésicule caudale n’a pas d’épine sous l’aiguillon.

Ce sont des animaux de l’Amérique méridionale.

Scorpio vittcitus , Guérin. — Sc. Dorbignyi, id. — Sc. Ehrcnbergii , P. Gerv. — Sc. glaber, id. — Sc. versicolor , lvoch. — Notre Ne. sqnama, de la Nouvelle-Hollande, paraît aussi appartenir aux Télégones.

6. Les Bütiîüs. Ce sont des Scorpions à trois paires d yeux latéraux, dont les formes sont assez robustes. Plusieurs de leurs espèces atteignent une taille supérieure à celle de toutes les autres. On les a longtemps confondues sous le nom de Scorpio a fer, mais M. Koch et d’autres auteurs ont commencé à en débrouiller la diagnose. Il y en a en Afrique et dans l'Inde. Quelques-unes ont jusqu’à 15 et 18 centimètres de longueur.

Le Scorpio palmattts , du nord de l'Afrique*, le N. Lctvcnriij de l’Amérique septentrionale, et quelques autres espèces encore dont

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les dimensions restent bien inférieures à celles des Scorpio autrefois nommés afer, sont aussi des Buthus.

7. Les Ischnures ont les jndpes larges, aplatis ainsi que le corps; le céphalothorax échancré en avant; la queue grêle, plus ou moins courte, et la vésicule faible; ils ont trois yeux de chaque coté.

Ces Scorpions sont de la Nouvelle-Hollande, des îles océaniennes ou indiennes, de l'Amérique ou de l’Afrique. Ils constituent le groupe le plus cosmopolite. On n’en connaît encore que quelques espèces :

Sc. Ctmingii , P. Gerv. (des Philippines). — Sc. gracilicauda, Guérin (de Java). — Sc. Waigiensis, P. Gerv. (de l’île Waigiou). — Sc.trichiurus, id. (de Cafrerie). — Sc. elatus, id. (de Colombie), etc.

8. Les Chaut as joignent à des formes assez peu éloignées de celle des Buthus le double caractère d’avoir un moindre nombre de dents aux peignes et de ne posséder que deux paires d’yeux latéraux. Ils sont américains.

Sc. g?'<xmsus, P. Gerv. (du Mexique). — Sc. Vanbenedenii , id. (de Colombie) .

9. Les Scorpics, qui n’ont aussi que deux paires d’yeux latéraux et un petit nombre de dents aux’peignes, ont la queue faible et la vésicule petite comme les Ischnures; leurs palpes sont également aplatis.

Tel est le Scorpion flavicacde (Sc. flavicaudus , de Geer) appelé aussi Sc. europœus, qui est la petite des deux espèces propres aux contrées méridionales de l’Europe, aux îles de la Méditerranée et au nord de l’Afrique. Plusieurs espèces ont peut-être été confondues sous ce nom , mais la distinction n’en est pas encore facile, pial gré les travaux de M. Koch.

On peut en séparer plus sûrement le Sc. Hardwickii , P. Gerv. (du Népaul).

Scorpions de France et d’Algérie. —

Nous n’avons en France que deux sortes de Scorpions, l’une et l’autre limitées aux départements du Midi.

. La plus commune est aussi la plus petite et la moins redoutable ; c’est le Scorpio flavicalde ( Scorpio flavicaudus), qui appartient à la division des Scorpius.

On la trouve dans dos conditions très diverses, principalement sous

Fig. 86. — Scorpion flavicaude (de grandeur naturelle).

ARACHNIDES

les pierres, au- pied des murailles. Elle s’introduit dans les habitations et vient souvent jusque dans les lits, mais sans occasionner jamais aucun accident sérieux. Sa piqûre peut être comparée à celle d’une abeille. Ce Scorpion est brun ; ses pattes et sa vésicule caudale sont d’un fauve sale. Sa longueur totale, depuis les mandibules jusqu’à l’aiguillon, ne dépasse pas 0"’,0/i0.

L’autre espèce, qui est plus grande, appartient au groupe des Androctones. C’est le Scorpion occitanien (Scorpio occitanus) qu’on cite seulement à Souvignargues (Gard), auprès de la source du Lez, à peu de distance de Montpellier et sur la montagne de Cette (dans le département de l’Hérault) (1), ainsi qu’au Vernet, à peu de distance de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Les Scorpions de cette espèce sont beaucoup plus répandus en Italie, en Espagne et dans les parties septentrionales de l’Afrique. En Algérie, ils occasionnent la plupart des piqûres dont nos soldats ont à souffrir dans les camps.

Ces piqûres, quoique plus douloureuses que celles du Scorpio flavicaudus, n’ont pas la gravité qu’on leur a quelquefois supposée, et un peu d’eau ammoniacale en fait bientôt justice. 11 est même rare qu’elles donnent lieu à des souffrances un peu prolongées, et lorsqu’on n’a recours à aucun traitement, la douleur ne disparait pas moins (2).

L’Algérie nourrit donc nos deux espèces de Scorpions européens, savoir :

1» Le Sc. flavicaudus , dont nous avons déjà parlé;

2° Le Sc. occitanus.

(1) Maccari a consacré aux Scorpions fauves de Cette une petite brochure publiée en 1810 ( Mémoire sur le Scorpion qui se trouve sur la montagne de Celle). Maupertuis, qui avait précédemment étudié les Scorpions de cette espèce, avait montré que leur action est quelquefois nulle sur les chiens, qui crieut seulement au moment où ils sont piqués ; il eu est de même pour les poulets. Amoreux rapporte des faits analogues. D’autres fois les chiens piqués par les Scorpions enflent, vomissent et ne tardent pas à mourir. C’est ce que Maupertuis avait également constaté. Il parait que l’intensité du venin varie suivant les saisons. On sait aussi que, môme en été, les Scorpions ont besoin de réparer les pertes qu’ils font en piquant : aussi les premières piqûres qu’ils font sont-elles bien plus douloureuses que les autres.

Les faits publiés par Maccari, qui a étMui-même piqué plusieurs fois par le Scorpion occitanien, de Cette, ne sont pas moins curieux que ceux relatés par Maupertuis; mais les effets qu’il attribue à la piqûre paraissent un peu exagérés.

(2) M. Verdalle donue quelques détails sur la piqûre de ces Scorpions daus sa thèse inaugurale {Faculté de méd, de Montpellier, 1831).

scorpionides. 437

Elle en a, dans ses parties méridionales, de deux autres qui ne se retrouvent point sur notre continent.

Ce sont :

3° Le Scorpion palmé ( Scoi'pio palmatus, Ehr.), dont les mains sont élargies, cordiformes et granuleuses; il appartient aux Buthus, mais il est moins gros que le S. afer, et sa couleur est ferrugineuse ;

4° Le Scorpion tunisien ( Scorpio tunetanus de Rédi), dont, ainsi

Fie. 37. — Scorpion tunisien ou Scorpion funeste (de grandeur naturelle).

que nous Lavons dit plus haut, on a fait, mais très probablement à tort, deux espèces sous les noms de Sc. funestus, et bicolor.

C’est un Androctone à queue large et carénée en scie; il passe pour le plus dangereux de tous les Scorpions.

La piqûre de cette grosse espèce est en effet bien plus redoutable que celle de toutes les autres; et, dans les localités de l’Algérie où on la trouve, aux environs de Biskara, de Tuggurth , etc., ainsi que dans la haute Égypte, on croit qu’elle peut occasionner la mort.

li 38 ARACHNIDES.

Cependant, ni les médecins de notre armée d'Afrique (1), ni les voyageurs qui ont parcouru la Nubie, n’ont pu constater qu'il en soit réellement ainsi. En Égypte, les bateleurs montrent ces Scorpions au public, et ils se flattent de les dompter, mais ils ont bien soin de leur enlever préalablement la vésicule caudale. Les Arabes du sud de l’Algérie éprouvent, une grande frayeur à la vue des Scorpions de cette espèce, et lorsqu’ils en sont piqués, ils arrivent au grand galop dans les camps français pour se faire soigner par nos médecins, qui emploient ici le même remède que contre les Scorpions blonds, c’est-à-dire les compresses imbibées d’ammoniaque.

La science manque de documents précis sur les effets que produit le venin de la plupart des espèces propres aux autres parties du globe; mais il ne paraît pas qu’il soit, dans aucun cas, plus redoutable que celui du Scorpio tunetanus ; la plupart, au contraire, sont beaucoup moins à craindre, et il en est beaucoup qu’on ne peut comparer, sous ce rapport, qu’à nos Scorpio occitanus et flavicaudus.

Les Scorpio afer, qui dépassent tant les Sc. tunetanus en grosseur, ne paraissent pas être aussi redoutables qu’eux. Le Scorpio imperator, qui est Tune des espèces autrefois confondues sous ce nom rl’A/è?’, a jusqu’à Om,lS de long.

Dans les conditions ordinaires, la piqûre des Scorpions est facile à traiter. Celle due au Scorpio occitanus est la plus fréquente, du moins dans nos possessions algériennes, et elle se termine invariablement par une guérison rapide. Les accidents auxquels elle donne lieu sont la douleur, quelques phénomènes nerveux et parfois un état fébrile peu prononcé. Quelques gouttes d’ammoniaque, appliquées sur le point atteint, des lotions avec de l’eau ammoniacale et quelques bains simples suffisent, dans la majorité des cas, pour faire disparaître tous les accidents, et l’on arrive assez souvent au même résultat sans recourir à aucun traitement. Les phénomène* les plus graves qu'on ait remarqués sont, indépen-

(1) Le Scorpio lunelaims ou funestus est assez répandu daus le Sahara algérien. Les. Arabes des oasis disent qu’a vaut t’arrivée des médecins français, il mourait annuellement plusieurs individus par suite de piqûre de cette espèce do Scorpion. Le docteur Verdallc rapporte qu’eu juillet 1S46 les chefs de Tuggurth envoyèrent demander au commandant supérieur de Biskara un médecin pour soigner les individus piqués par les Scorpions. Ils avaient appris que depuis l’arrivée des Français daus le pays, tous les hommes atteints en guérissaient, tandis qu'à Tuggurth il eu était déjà mort, suivant leurs récits, soixante-dix depuis les chaleurs ; ce qui n’est pas admissible.

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d animent de la fièvre, les vomissements, un tremblement nerveux et un gonflement douloureux du membre piqué. On n'a réellement enregistré aucun cas authentique de terminaison funeste, mais rien ne prouve non plus qu’il ne puisse en survenir. Au dire des Arabes, cette terminaison serait fréquente pour la piqûre du Scorpion tunisien; tout ce que l’on sait c'est que la piqûre de ces Scorpions suffit habituellement pour faire mourir des mammifères de petite ou même de moyenne taille, et qu’elle a même constamment co résultat chez les oiseaux de taille ordinaire.

Non-seulement le venin du Scorpion est pour cet Arachnide un moyen de se défendre contre ses ennemis; il lui est surtout utile pour tuer les insectes dont il fait sa nourriture, et chaque coup de son aiguillon est mortel pour ces petits animaux.

Les observations laissées par les anciens ont été principalement recueillies dans les régions voisines de la Méditerranée, où les Scorpions sont en général très nombreux; aussi y est-il souvent question de ces Arachnides, et l’on doit peu s’étonner qu’ils aient donné lieu à des préjugés dont un examen plus attentif a démontré le peu de fondement. 11 est certain, par exemple, que la piqûre du Scorpion est mortelle pour les animaux de sa propre espèce, mais il n’est pas vrai qu’il se tue lui-même lorsqu'il se voit dans une position critique.

On prescrivait autrefois, contre la piqûre de ces Arachnides, de V hui te dite de Scorpions, et dans laquelle on avait fait infuser des animaux de ce genre. Depuis lors on a supposé qu’elle agissait par l’ammoniaque que devait y produire la décomposition des Scorpions eux-mêmes; l’huile seule est d’ailleurs un bon moyen de combattre les effets du venin des Scorpions.

Famille des TÉLYPHÛNIDÉS, — Us ont quelque analogie avec les Scorpions; leur taille est comparable à la leur, et leurs palpes sont aussi terminés par des mains didactyles, mais ils n’ont pas de peignes, et les anneaux postérieurs de leur abdomen ne se séparent pas pour former une partie caudiforme. Leur queue est grêle et presque sétiforme; elle est placée au delà du segment anal.

Les Télyphoncs n’ont pas d’aiguillon ; leur première paire de pattes est longue et grêle ; leurs yeux sont au nombre de huit, dont deux médians et trois paires latérales.

Les Télyphoncs habitent les régions les plus chaudes de l'Afrique, de l’Asie et de l’Amérique. Il y en a aussi à la Nouvelle-Hollande. On en connaît une quinzaine d'espèces, sur lesquelles MM. Lucas, Koch et Van der lloëven ont réuni des documents intéressants.

MO ARACHNIDES

Famille des PHRYNfDËS. — Les Phrynes (g. Phrynus), qui forment seules cette famille, sont d’assez grosses espèces d’Arachnides, dont le céphalothorax porte huit yeux à peu près disposés comme ceux des Télyphones, et dont l’abdomen, de forme discoïde, est inséré par un pédicule rétréci. Leurs palpes-sont longs, mais monodactyles, et leur première paire de pattes est fort allongée, surtout dans les parties qui répondent à la jambe et au tarse des autres Arachnides; elles sont décomposées en un grand nombre de petits articles fort grêles et comme flagelliformes. Leur respiration est pseudopulmonaire comme celle des Télyphones et des Scorpions.

On a trouvé des animaux de ce genre dans l’Inde et dans plusieurs de ses îles, ainsi qu’à Maurice et aux Seychelles; il y en a aussi dans l’Amérique méridionale et aux Antilles.

Famille des CHÉLIFÉIUDÉS. — Les Pinces ou lesgenres Chélifère et Obisie sont de très petits Scorpionides dont les palpes ont la même forme que ceux des Scorpions, mais dont l’abdomen ne se prolonge pas en forme de queue comme celui de ces derniers. Ils n’ont qu’une ou deux paires d’yeux latéraux et point d’veux médians ; leur abdomen manque d’appendices pectiniformes, et leur respiration est trachéenne.

Ces petits animaux vivent dans la mousse , sous l’écorce des arbres, sous les pierres humides, sur la terre ombragée par les végétaux ; on en rencontre aussi dans les herbiers et souvent dans les vieux livres. La plupart des espèces qu’on en a décrites sont européennes ; elles paraissent être assez nombreuses; leur nourriture consiste en très petits insectes.

Ordre des Aranéides.

Ce sont les nombreuses espèces d’ Araignées qui ont donné à la classe des Arachnides le nom par lequel on la désigne. Ellesmêmes forment, dans cette classe, un ordre particulier qui est celui des Aranéides. Il est facile d’en reconnaître les caractères; leur corps est divisé en cinq parties: 1° le céphalothorax, qui porte en général six ou huit yeux sessiles; une paire de mandibules monodactyles, dont la piqûre est vénéneuse ; une seconde paires d’appendices buccaux nommés palpes, et dont la disposition est antenniforme, enfin quatre paires de pattes ambulatoires ; 2° l'abdomen attaché au céphalothorax par un pédoncule court et grêle; celui-ci est souvent globuleux et il a son enveloppe en général mollasse;

ARANÉIDES

b kl

on y distinguo une ou deux paires d'orifices respiratoires, l’ouverture des organes mâles ou femelles, l’anus et des filières destinéos à la sécrétion de la soie.

Dugès a constaté que, chez les Aranéidcs des genres Dysdère et Ségestrie, deux des orifices respiratoires conduisent à des branchies pulmoniformes, et les deux autres à des trachées ; mais chez les autres Aranéides qu'on a observées sous ce rapport, les organes respiratoires constituent toujours des pulmo-branchies et les Aranéides avaient été regardées comme exclusivement pulmonaires. Treviranus, M. Straus, Dugès, M. Brandt et d’autres anatomistes ont fait connaître l’organisation intérieure des Araignées, dont Lyonnet, et plus anciennement Swammerdam, s’étaient déjà occupés. L’un des faits les plus curieux que cette étude nous fait connaître est relatif au mode de fécondation de ces Arachnides. Il n’y a pas d’appendices copulateurs à l’abdomen, mais les palpes des mâles ont leur extrémité très compliquée et disposée de manière à servir d’organe excitateur. Ces palpes recueillent le sperme et l’appliquent contre la vulve de la femelle pendant le rapprochement sexuel.

La disposition des filières n'est pas moins curieuse. C’est au moyen de ces organes que les Araignées sécrètent la soie dont elles se servent en tant d’occasions et d’une manière si ingénieuse. Les cellules qui leur fournissent un abri, les filets si variés au moyen desquels elles arrêtent leur pi’oie, l’enveloppe protectrice do leurs œufs, tout cela est fait au moyen de cette soie, et il en est de même des fils à l’aide desquels nous les voyons suspendues en l'air, et de ceux que l’on connaît sous le nom de fils de la Vierge; ceux qui leur permettent de passer horizontalement d’un lieu dans un autre, sans toucher le sol, sont aussi une sécrétion des mêmes organes.

Quelques personnes ont essayé de tirer parti de la soie filée par les Araignées, et d’en faire usage dans l’industrie; on en a fait de véritables étoffes, mais sans arriver sous ce rapport à des résultats réellement économiques. On a aussi proposé de l’employer en chirurgie et même en médecine. Chaque jour on s’en sert pour arrêter les petites hémorrhagies, et quelques médecins l’ont recommandée comme fébrifuge. Ils la donnent en pilules. En Espagne, on l’emploie depuis longtemps comme telle; mais on doit faire remarquer que ce médicament a l’inconvénient d’exalter l’activité du gros intestin, plus particulièrement celle du rectum, et l’on conseille de ne l’employer qu’avec prudence, et seulement

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dans les fièvres intermitlentos rebelles qui ont résisté a un traitement normal.

L’histoire naturelle des Araignées a occupé plusieurs naturalistes. Lister, de Geer et quelques autres, pendant le siècle dernier; Walckenaer, Latreille, Ltugès, M. de Haan, M. Koch, M. Sundwall, etc., pendant le siècle actuel. Les auteurs les plus récents ont cherché à établir la division de ces animaux en familles naturelles, et M. Sundwall admet parmi eux les diverses familles des .Epéiridés , Thérididés , Drassidés , Lycosidés , ïhomisidés , Attidés et Mygalidés.

Walckenaer, qui s’est rendu célèbre comme historien, comme géographe et comme littérateur, n’est pas moins connu dans le science par ses belles recherches sur les Aranéides. La classification qu’il a donnée de ces animaux tient également compte des principales particularités de leurs mœurs et de leurs caractères zoologiques, ce qui peut la rendre d’une grande utilité dans l’étude de ce groupe; c’est ce qui nous a engagé à en donner ici le résumé.

L’auteur y établit deux divisions principales : les Thérapho&es et les Araignées.

I. Les ÏHÉRAPHOSES ont les mandibules articulées horizontalement et à mouvement vertical ; leurs yeux sont au nombre de huit.

Ces Aranéides sont latébricoles, c’est-à-dire qu’elles se tiennent habituellement cachées dans des trous ou dans des fentes. Elles constituent les genres Mygale , Olétère , Calommate, Acanth odon , Cyrtocéphale, Sp/iodros , Missulène et Filistate.

II. Les ARAIGNÉES ont les mandibules articulées sur un plan incliné ou vertical et à mouvement latéral ; leurs yeux sont au nombre de huit, de six ou, par exception, de deux.

A. Les Binoculées, ou Araignées à deux yeux.

Elles ne forment qu’un seul genre auquel M. Mac Leay a donné le nom de Nops. Ges Araignées sont dites crypticoles, c’està-dire se cachant sous les pierres et dans les interstices obscurs des roches ou des murailles.

B. Les Sénoculées ou Araignées à six yeux forment deux catégories différentes :

Les Tübicoles, qui se construisent des tubes do soie et s’y renferment. Leurs yeux sont placés sur le devant ; ce sont les genres Dysdcre, Ségestrie et Sicaii'c ou Thomisoïde.

Les Cellulicoles (1) formant de petites cellules où elles se

(1) Ou Capteuses, Walck., H\st. nat. des Aplères , t. IV, p, 52/1.

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renferment, ayant les yeux placés sur le devant et sur les côtés de la partie antérieure du céphalothorax.

G. Uptiote, Sa/ 1 ode, Ecobe et llack.

G. Les Octoculées ou Araignées à huit yeux. Elles constituent dix groupes, dont les deux premiers ont pour caractère commun d avoir les yeux placés sur le devant et sur les côtés du front et très inégaux en grosseur, tandis que chez les autres ces organes sont placés sur le devant et presque égaux en grosseur.

Ce sont :

Les Coureuses ou Voltigeuses, courant avec agilité pour attraper leur proie.

G. Lycose, Dolomede , üeinope, Storène, Ctène, Hersilie , Spfiase, Dolophone, Myrmècie , Erèse , Chersis et Atte (1).

Les Marcheuses. Elles marchent de côté et en arrière et tendent occasionnellement des fds pour attraper leur proie. Ces Araignées terminent la série dos espèces dites vagabondes, à laquelle appartiennent aussi celles des cinq premiers groupes. Ces Araignées vagabondes doivent leur nom à l'habitude qu’elles ont de sortir et de courir souvent hors de leurs demeures pour chasser.

G. Dél 'ene, Arkgs, Thomise, Sélénops, Eripe, Monaste , Philodrame , Olios , Clastès et Sparusse.

Les Niditèles et les Filitèles errent autour des nids qu’elles ont construits et s’en font une toile on aboutissent des fils destinés à attraper la proie dont elles se nourrissent.

G. Clubione , Ciniflo, Désis, Drasse, Clotho, Othiothops et Latrodecte.

Les Filitèles sont également errantes, mais elles tendent de longs fils de soie dans les lieux où elles se meuvent pour attraper leur proie.

G. Pholque et Artèrne.

Les Tapitéles fabriquent de grandes toiles à tissus serrés, disposés en hamacs, et elles s’y placent pour attraper leur proie.

G. Tégénaire , Lachésis, Agélène, Dgction et Nyssus.

Les Orbitèles tendent des toiles k mailles ouvertes et régulières, en cercles ou en spirale, et se tiennent au milieu ou à côté pour attraper leur proie.

G. Epéire, Plectane, Tétragnathe , Ulobore et Zosis.

Les Nai’Itèles ou Pétitèles, font des toiles étendues en nappes,

(1) Les quatre derniers de ces genres sont aussi séparés par l’auteur sous lo nom d'Araignées voltigeuses dans plusieurs de ses ouvrages.

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suspendues au milieu de réseaux irréguliers et se tenant, soit au milieu, soit à côté, pour attraper leur proie. Ces Araignées et celles du groupe précédent sont sédentaires.

G. Linyphie, Théridion , Argus , Episine.

Les Aquitèles ou Nageuses. Ce sont des Araignées aquatiques qui habitent au milieu de l’eau dans une cellule remplie d’air (1) ; elles nagent dans l’eau et y tendent des fds pour attraper leur proie.

G. Argyron'ete.

Les Aranéides, dont Walckenaer forme ainsi treize tribus distinctes, sont généralement redoutées, mais il en est peu qui justifient réellement la crainte qu’elles inspirent, et leur venin n’agit guère que sur les petits animaux, tels que les mouches ou les autres insectes dont elles se nourrissent en effet. Celui de certaines espèces agit avec beaucoup de promptitude; d’autres ont un poison plus lent et dont l’effet est surtout d’engourdir les petits insectes qu’elles ont frappés. Les Pholques, Araignées à longues pattes de nos maisons et les Tégénaires qui vivent plus particulièrement dans nos appartements, n’occasionnent jamais d’accidents, et il en est de même des autres espèces répandues dans l’Europe centrale, ainsi que de celles rentrant dans la plupart des autres genres, et qui sont si communes dans nos jardins, ainsi que dans les champs cultivés, dans les bois, etc.

L’Amérique possède des Aranéides, bien plus grosses que les nôtres, particulièrement des Mygales qui sont assez fortes, dit-on, pour attaquer les oiseaux-mouches et les colibris.

Chez ces Mygales, comme chez toutes les autres espèces d’ Aranéides, le venin est sécrété par deux glandes qui versent leur produit par un petit orifice situé à l’extrémité pointue des mandibules, et la disposition de cet appareil est telle que, à la manière des vipères, l’Araignée introduit son poison sous la peau en même temps qu’elle fait sa morsure.

M. Blackwall a publié, en 1842, dans le 21° volume des Transactions linnéennes, des observations et des expériences relatives au venin des Aranéides (2).

(1) Toutes les autres Araignées qui précèdent et toutes les Théraphoscs habitent hors de l’eau, soit à la surface du sol, soit suspendues en l’air ou renfermées dans les petites cavités des rochers, dans celles du bois des arbres, dans les feuilles de certaines plantes, ou même daus des trous faits dans la terre.

(2) Les recueils anglais, qui sont relatifs à l'entomologie, ont signalé plus récemment (1856) comme venimeuse une espèce d’araignée de la Nouvelle-Hollande.

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De son côté M. Ozanam a réuni dans un mémoire spécial la plupart des faits relatifs à la médecine qui ont été fournis par l’observation des mêmes animaux (1); il donne, comme corollaires de ses études, les propositions suivantes, que nous lui emprunterons textuellement et sans en discuter la valeur:

« 1° La plupart des Arachnides sont vénéneuses;

» 2° Leur venin ne possède sa force que pendant les mois de juin, juillet et août, époque des grandes chaleurs et de raccouplement;

» 3° Ce venin peut agira l’intérieur et peut être employé en thérapeutique ;

» k" La similitude d’action du venin pris à l’intérieur ou pénétrant par une piqûre trouve son explication dans la théorie suivante :

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