I.AMELLIBRAXCHES. — CONCHIFERES
La petite Huître, une fois fixée, ne peut plus changer de place. Sous ce rapport elle diffère beaucoup de la Moule, qui, non-seulement choisit connue l’Huître son gîte, mais change encore de place quand elle veut/
A l’Age de trois ou quatre ans, elle est assez grande pour être livrée à la consommation ; alors elle devient marchande.
Elle peut vivre au moins jusqu’à vingt ans.
C’est surtout pendant les chaleurs que l’accroissement a lieu. Du mois de juin au mois de septembre, on peut voir un développement considérable dans le bord des valves, surtout quand l’animal s’est trouvé dans une eau plus ou moins vaseuse et chargée d’infusoires. Le développement des valves s’arrête ensuite jusqu’à la saison suivante, et pendant un certain temps, c’cst le Mollusque lui-même qui profite.
Les Huîtres vivent à une certaine profondeur et qui ne vient jamais à sec, même pendant la plus basse marée ; sous ce rapport, elles diffèrent beaucoup des Moules.
Elles s’attachent directement par la coquille aux divers corps solides qui se trouvent au fond de la mer. Chacune d’elles se fixe par la valve concave.
Bancs d' Huîtres. — Ces Mollusques vivent toujours en bancs, et s’attachent d'ordinaire les uns aux autres. Dans quelques localités, on peut faciliter leur développement en plaçant des pierres, des poutres, ou des claies sur lesquelles elles s’attacheront. C’est à peu près ce que l’on fait au lac Fusaro. Dans d’autres cas elles vivent, au contraire, sur les fonds vaseux ou argileux. C’est ce qui a lieu pour les plus grosses Huîtres dans quelques points du littoral méditerranéen.
On trouve des Huîtres dans différentes mers : l’Adriatique, la Méditerranée, l’Atlantique, la mer du Nord en possèdent ; on en a observé depuis le fond de la Méditerranée jusque sur la côte de Norvège. Il y en a aussi en Afrique, aux Antilles, à la côte de Coromandel et même en Chine ; mais ces Huîtres se rapportent à plusieurs espèces. Partout on les retrouve formant des bancs à quelque distance de la côte; quelquefois aussi elles s’attachent aux racines des arbres qui ont leur pied dans l’eau. Adanson rapporte que l’on prend des Huîtres sur les racines des mangliers du Niger, ainsi que dans le fleuve Gambie et dans les rivières de Bissao (1). Un sert sur les tables ces racines toutes garnies d’Huîtres.
(1) Il y a quelques Huîtres dans l’Hérault, presque à la hauteur de la ville
La côte de Danemark a de 40 a 50 bancs d’Huîtres, situés à l’ouest du Schleswig, surtout entre les petites îles Sylt, Anirorn, Fiilir, Pehvorm, Nordstrand, etc. Les eaux y sont en général peu profondes et, dans l’hiver de 1829-30, il y a eu, d’après M. Kroeger, plus de 10 000 tonnes d’Huîtres gelées (environ 8 millions d’Huîtres).
A la pointe nord du Jutland, visa vis de Skagen, il y a encore des bancs d’Huîtres au nombre de trois, mais ils sont moins productifs que ceux de Schleswig. Ces Huîtres sont consommées dans le Jutland et à Copenhague, tandis que celles du Schleswig sont envoyées non-seulement dans le nord de l’Allemagne, mais même à Revel et à Saint-Pétersbourg. Cés bancs d’Huîtres sont affermés.
En Europe il y a plusieurs espèces qui sont livrées à la consommation.
L’Huître qui a le plus de réputation est Y Huître d'Ostende ou anglaise. Elle se distingue surtout par la régularité et la solidité de sa coquille, et, de plus, elle n’a point de cavité dans l’épaisseur de la valve concave.
11 est à remarquer toutefois que cette régularité des valves est moins un caractère de l’espèce que le résultat du déplacement artificiel. En effet quand l’Huître est encore très jeune on la détache du corps sur lequel elle est fixée, et, en tombant au fond, elle se développe plus librement sans être genée par le voisinage de ses congénères.
Les Huîtres ne diffèrent pas seulement d’un pays à l'autre, elles diffèrent encore d’une plage à une autre. Les amateurs connaissent les Maldon, les Bornham, les Weatstable, comme d’autres connaissent le Volney et le Chambertin, et si l’on pouvait conserver les Huîtres comme on conserve le vin, elles porteraient le caractère de l’année pendant laquelle elles auraient été draguées.
De même qu’il y a des coteaux et des crus pour les vins, il y a donc, au fond des eaux, des côtes pour les Huîtres. Chaque localité a ses races et ses qualités, et, au marché de Londres, ces qualités, qui ne sont pas les mêmes tous les ans, sont cotées pendant les premiers jours de la saison huitrière. Telles Huîtres anglaises se vendent le double de telles autres.
Les Huîtres que l’on consomme à Paris appartiennent à une autre espèce. Ce sont surtout les Huîtres dites de Marennes et de
d’Agde, où l’eau acquiert un faible degré de salure quand le vent souffle du sud, taudis qu’elle est complètement douce daus les autres circonstances.
l.AMELUim.YXUHES. — C0NC.1I1 PERES.
Cancale. On les conserve dans les parcs de la Hogue, de Courseulles, du Havre, de Granville, etc., avant de les livrer à la consommation. Ce sont surtout les Huîtres vertes de Marennes qui ont de la réputation.
Les Huîtres dites de Holstcin, et que l'on mange dans le nord de l'Allemagne, ne sont pas du Holstein même, niais bien du Sehlesxvig. Elles appartiennent à la même espèce que l'Huître appelée Hollandaise ou de l'Escaut, c'est-à-dire à l’Huître pied-de-cheval ,(1).
Nourriture. — Les Huîtres se nourrissent de tous les organismes microscopiques qui vivent suspendus dans l’eau. Ceux-ci pénètrent de tous côtés entre les lobes du manteau et arrivent à la bouche par l’action des cils vibratiles.
Nous avons reconnu dans leur estomac des Navicelles, des Bacillaires, des Crustacés microscopiques et des Polycystines.
On s’est beaucoup occupé de la cause de la viridité des Huîtres; on Ta attribuée, tantôt à la présence d’animalcules microscopiques, tantôt à l’absorption de la matière verte qui se produit dans les parcs. Mais, d’après les recherches de M. Valenciennes, la couleur verte des Huîtres appartiendrait à une matière animale distincte de toutes les substances organiques vertes déjà étudiées. Le savant professeur se demande si elle n’est pas due à un état particulier de la bile donnant une substance colorante qui, par l’assimilation, se fixe sur le parenchyme des deux appareils lamellaires de l’Huître, ses palpes labiaux et ses branchies proprement dites (2).
Ennemis. — Les Huîtres ont divers ennemis qui, non-seulement les empêchent de se développer librement, mais dont quelquesuns attaquent même les individus adultes de cette espèce, et cela jusque dans leurs valves.
Les Moules sont au nombre de ces ennemis. Les Moules, en effet, envahissent toute la place restée libre au milieu d’elles, et comme leur accroissement est plus rapide que le leur, elles arrêtent par leur présence le développement des Huîtres en gênant la respiration et l’alimentation de ces dernières. En remplissant tous les vides, les Moules empêchent bientôt les Huîtres de s’étendre.
D’autres ennemis plus dangereux sont les Astéries et les petites
(1) On dit daus certains paj's, et principalement sur les côtes de la Méditerranée, qu’il faut s’abstenir de manger des Huîtres pendant les mois dont le nom n’a pas d’r. En Belgique comme eu Angleterre la saison des Huîtres commence aussi vers la Du du mois d’août et elle linil au mois de mai. I.a saison des Moules commence surtout quand celle des Huîtres est terminée.
(-) Comptes rendus de l'Acad. des sc., 1 8 i 1 , 13 février, t XII, p. 3f 3 et suiv.
58 moli.ubqûes.
épongesdites Clionn relata, qui percent les coquilles. Les Homards attaquent également les Huîtres en perforant une de leurs valves.
Zuckert et Frank affirment qu’en Hollande on possède l’art de faire verdir les Huîtres communes pour les livrer comme Huîtres vertes, celle-ci étant plus estimées. Cet art est porté si haut, ajoutent-ils, que les plus grands amateurs s’y trompent. C’est en plaçant les Huîtres dans certaines conditions, et cela se fait particulièrement même à Marennes, qu’on leur fait prendre la coloration verte. A Marennes, ces parcs s’appellent des claires (1).
Accidents. — Les Huîtres produisent-elles des accidents comme les Moules? A cette question on peut sans hésiter répondre négativement. Néanmoins elles donnent quelquefois des coliques quand on en prend pendant les chaleurs, mais tout se borne à l’action d’un léger purgatif. Nous croyons même que c’est moins l’Huître elle-même que l’eau qui la baigne, qui cause cet effet. — On ne voit jamais survenir, après l’ingestion des Huîtres, ces symptômes qui caractérisent l’empoisonnement par les Moules. Leur gofit est aussi bon en été qu’en hiver, et c’est une erreur de croire qu’en été elles sont malsaines, dans le Nord, du moins. D’ailleurs, quand les Huîtres ont séjourné quelques temps dans des parcs installés dans de bonnes conditions, on n’a rien à craindre de leur usage, même pendant les mois d’été.
Des parcs. —Nous avons vu déjà que les Romains s’étaient occupés de Rétablissement des bancs d’Huîtres artificiels, c'est-a-dire des parcs. A diverses époques on a agité cette question, et dans ces dernières années l’attention a de nouveau été fixée sur elle.
En 1695, il se faisait à Zlerikzee un commerce assez considérable d’Huîtres provenant du littoral de l’Angleterre et qui étaient engraissées dans des endroits séparés sur la côte. On s en est occupé à des époques plus rapprochées de nous.
La côte du Portugal nourrit aujourd’hui des Huîtres. On prétend qu’elles ont été apportées par le marquis dePombal, ministre de ce pays, et que depuis lors elles se sont conservées.
On a cherché aussi à en élever dans le golfe de Finlande, mais M. Hamel a fait connaître que l’impératrice Élisabeth avait donné en vain des ordres pour établir des bancs d’Huîtres sur les côtes d’Estonie, et aussi pour y acclimater les Homards et les Moules.
D’après M. de Quatrefages, des essais faits pour des bancs artificiels sur la côte de la Rochelle auraient, au contraire, très bien
(1) niain ville, nrliclc HuItres du Dict. des sc. naturelles.
LAMELLIBRANCHES. — GONCHI PÈRES. 59
réussi. Malgré la vase qui détruit tout, on y a obtenu l’éclosion et la fixation d'Huitres dans des bassins garnis de clayonnages.
Les parcs d’Ostende sont connus aujourd'hui dans toute l’Europe. On envoie des Huîtres do cos parcs dans les principales capitales de l’Europe. Ces Huîtres sont emballées dans des barils; elles y restent en vie de 10 à 15 jours hors de l’eau, et même pendant plus longtemps en hiver.
Les Huîtres se dépouillent dans les parcs de l’odeur et du goût que leur communiquent souvent les Alcyons, les Polypiers et les Ascidies qui les recouvrent; elles s’engraissent par une sorte de stérilité, que le travail continuel de ces réservoirs détermine, et elles se débarrassent du goût vaseux ou de l’eau malpropre qu’elles ont puisée dans des lieux moins convenablement disposés.
Les Huîtres momentanément mises à sec crachent l’eau quelles contenaient, et prennent à la place, quand on les inonde, de l’eau chargée d’infusoires qui a déposé le sable et le limon qu elle renfermait d’abord.
Les Huîtres changent considérablement après quelque temps de séjour dans les parcs, et les nouvelles propriétés qu’elles gagnent augmentent notablement leur valeur.
L’eau du port d’Ostende, mêlée dans des proportions convenables avec l’eau douce de l’arrière-port, contribue à l’amélioration de ces Mollusques. Pendant les chaleurs, lorsque l’eau est plus salée, l’Huître est toujours beaucoup plus maigre que pendant la saison des pluies.
Dans les parcs, les Huîtres sont tantôt couchées sur la valve concave, tantôt sur la valve plate. Elles vivent également bien dans l’une et dans l’autre position. Pourvu que les deux valves soient adaptées hermétiquement l’une à l’autre, elles prospèrent toujours dans une bonne eau. Si au contraire, par accident, les valves ne se ferment pas bien ou que les bords en soient ébréchés, l’animal court de grands dangers. Des Crustacés, des Vers do petite taille, etc., s’y introduisent et font bientôt périr le Mollusque, si robuste qu’il soit.
Quand les Huîtres sont trop entassées et que l’eau ne peut pas suffisammment se renouveler autour d’elles, les coquilles deviennent toutes noires. On leur rend au bout de quelques jours leur couleur primitive en les plaçant dans une eau courante.
La coquille semble donc être, comme les os des vertébrés, un corps vivant, et le siège d’un mouvement continuel de composition et de décomposition.
MOIXUSOUKS.
Quand dns accidents surviennent, il est aisé d’en découvrir la cause, si l’on sc rend compte des conditions dans lesquelles ces Mollusques ont été parqués.
11 y a une quarantaine d’années, des Huîtres de Dunkerque livrées à la consommation occasionnèrent une perturbation aiguë dans les voies digestives chez presque toutes les personnes qui eu mangèrent. Ces Huîtres avaient été expédiées de la Hogue pendant les chaleurs; elles ne pouvaient être saines. Comme on peut le voir par un rapport otliciel fait en septembre 1818 par M. Zandick, médecin de l'hospice civil de Dunkerque, médecin des épidémies pour le premier arrondissement du Nord, et chargé du service de santé de la marine à Dunkerque fl), elles ne causèrent plus aucun accident quand elles eurent séjourné un temps suffisant dans une eau de bonne qualité. Les Huîtres qui ont donné lieu aux accidents observés à Dunkerque avaient été expédiées de la Hogue, où une infinité de fosses les retiennent en dépôt. Une partie seulement de ces Huîtres fut alors livrée à la consommation ; l’autre fut envoyée, soit à Lille, soit à Douai, soit en Belgique. L’avidité avec laquelle elles y furent reçues tenait à ce qu’elles étaient les premières qui arrivaient cette année-là, ce commerce étant interrompu pendant l’été. A peine quelques personnes en eurent-elles mangé, que l'on vit se manifester des coliques, des diarrhées, et même des cas de choléra. Le docteur Zandick fit suspendre jusqu’au 25 novembre suivant la vente de celles qui se trouvaient encore en dépôt dans les fosses de l'huitrière, et il n’y eut plus d’accident lorsqu’à cette époque fixée on livra les Huîtres séquestrées à la consommation.
On sait que les Huîtres destinées à l’approvisionnement des parcs sont transportées à sec dans des bateaux; si le transport s'est fait pendant les chaleurs, les divers parasites qui vivent sur leurs coquilles meurent rapidement, et, pour peu que le voyage dure quelques jours, il y a une véritable infection qui se communique à toute la cargaison. 11 faut que tous ces cadavres d’espèces si diverses aient été enlevés par une eau courante, et que l'Huître ait été bien nourrie avant qu’on puisse la livrer à la consommation.
Le docteur A. Pasquier rapporte (2) qu'un particulier avait
(1) Journ. unie, des sc. méd., 4' année, t. XIV, p. I IG.
(2) Essaimédical surles llullrcs, Paris, ISIS. — Voyez aussi E. Sainte-Marie, De l' Huître , et de son usage comme aliment et comme remède. Paris, 1827, in-S.
LAAIliLLIUllA.NCHJKS.
— uosciumuss.
creusé précipitamment un parc dans les fossés d'une citadelle, où les latrines île la garnison déversaient depuis des siècles. L etablissement n’était encore qu’en voie d’exécution, lorsque le propriétaire, pressé de tirer partie de ce parc, y fit jeter soixante mille Huîtres, qu’il livra ensuite sans précaution ni surveillance au public.
Ce fut le 11 septembre 1816 que l'on commença à manger de ces Huîtres, et cela sans en éprouver de mauvais effets ; mais le 18 un grand nombre de personnes en furent plus ou moins incommodées. Les 19, 20 et 21, elles causèrent des cardialgies atroces, des coliques insupportables, des vomissements, des diarrhées, de la fièvre, et tous les accidents d’un empoisonnement léger. Quelques personnes vomirent jusqu’au sang; quelques autres eurent des tremblements prolongés, des suffocations nerveuses, des convulsions inquiétantes. Les mêmes accidents eurent lieu, ajoute M. Pasquier, aux mêmes époques, à Fécamp, à Bolbec, à Yvetot, à Lillebonne et à llouen, oii l’on avait expédié des Huîtres de ce parc, les 19 et 20 du même mois.
Doit-on s’étonner que des accidents se soient produits dans de pareilles circonstances V
Les dérangements que les Huîtres occasionnent quelquefois ne sont aucunement dus à la laitance de ces Mollusques, ni au cuivre qui peut s’être trouvé dans leur voisinage. 11 faut uniquement les attribuer à l’eau corrompue dans laquelle elles peuvent avoir séjourné pendant un certain temps, et comme l’eau se gâte plus vite en été qu’en hiver, c’est toujours pendant l’époque des chaleurs que ces Mollusques occcasionnent des indispositions.
Les mois de l’année pendant lesquels on se défie surtout des Huîtres sont ceux de mai, de juin, de juillet et d’aoùt; ce qui a fait dire qu’il fallait s’abstenir de ces animaux pendant les mois dans le nom desquels n’entre pas la lettre r; mais ce que nous avons rapporté plus haut prouve sulfisamment que cette exclusion ne doit pas être étendue aux Huîtres qui ont séjourné dans des parcs convenablement disposés.
La famille des PECTIMDÉS est remarquable par le manteau qui est ouvert dans toute sa longueur, et qui a son bord épais et est couvert de tentacules souvent oculifères; elle se distingue aussi par un pied très petit et par une coquille souvent très régulière, solide, portant des ailes et couverte de côtes longitudinales.
Tous les Mollusques qui s’y rapportent sont marins. Ou mange certains d’entre eux.
62 M0LL08CIUKS.
Elle comprend les genres Spondylc, Plicatule, Hinnitex, Peeten ou Peigne, Lime aussi appelé Houlette, et Pedum.
Les Peignes sont dioïques ; cependant M. Humbert cite une espèce de ce genre dont les individus sont à la fois mâles et femelles (1) : c’est une observation qu’il a faite à Cette et que nous avons eu l’occasion de vérifier.
Ces Mollusques sont remarquables par le grand nombre d'yeux qu’ils portent sur le bord de leur manteau. On dirait de petits grelots vivements colorés attachés le long du bord libre de cet organe.
Le. Peigne de Saint-Jacques Peeten Jacobœus) est une espèce de grande taille que l’on trouve abondamment dans la Méditerranée. <>n en mange l’animal. 11 est surtout recherché parce qu’on se sert de, ses valves comme de plats pour préparer les cervelles, les Huîtres, les Moules, les Vénus, etc., ces coquilles de Peignes allant très bien au feu.
La famille des MALLÉIDËS se compose de Conchifères qui ont le manteau ouvert et prolongé plus ou moins dans les ailes de la coquille; ils ne remplissent qu’une petite partie de celle-ci •, le muscle adducteur est unique ; leur pied est petit, étroit ou même filiforme, et ils portent quelquefois un byssus. La coquille est très irrégulière, lamelleuse, et souvent dépourvue d’ailes ; le ligament est interne; on voit souvent une rangée régulière de dents à la charnière. Plusieurs- Mollusques de cette famille produisent des perles.
Elle comprend les genres Perna, Crenalula, Inoceramus, Catillus, Pulvinites, Gervillia, Maliens, Vulsella et Avicula.
L’Avigule siargaritifère ou Arondc perlière (Avicula maryaritifera), est l’espèce qui fournit la perle fine et la nacre de perle. On la pêche surtout dans le golfe Persique et dans l’océan Indien, surtout, auprès de Ceylan et de Bornéo. C’est une espèce de sous-genre Pintadinc de Lamarck.
Des plongeurs vont chercher ces coquilles au fond de la mer, et après avoir laissé mourir les animaux à terre, on cherche dans leur intérieur les perles qui s'y sont développées, et l’on dépouille les coquilles.
On voyait à l’Exposition universelle de Paris des Avicules conservées dans la liqueur et, montrant de magnifiques perles encore en place (2).
(1) Humbert, dmi. sc. nat., 1853, p. 238.
(2) On rencontre quelquefois des perles dans d'autres Mollusques bivalves : l’Avicule hirondelle ( Avicula hinmdo), le Marteau ordinaire (Maliens , le grand Jambouueau (Pinna nobilis), la Vénus vierge (l'eu us viiginea), l’Huttrc commune
LAMELLIBRANCHES. — flONCHIFÈRES. 63
Autrefois ou employait les perles en médecine, mais à cause du prix élevé de ces concrétions, on choisissait les plus petites qui étaient connues dans le commerce sous le nom de semence de perles (1).
Les plus grandes perles se trouvent surtout à de grandes profondeurs, sans doute parce que les Mollusques y vivent plus longtemps, y étant moins inquiétés. Les perles du golfe Persique sont dures et plus estimées que celle de Ceylan, qui sont plus sujettes à s’écailler.
Un bon mémoire du docteur Mobius, relatif aux perles (2), vient de paraître tout récemment.
{ Ostrea edulis), etc., nous en ont présente, tl y en a plus fréquemment eucure dans la Mulette du Rhin ( Unio margaritifera),
(1) M. l'ilippi a cherché à démontrer, comme nous l’avous indiqué plus haut, que la formalion des perles n'est pas duo il une particularité de certaines espèces de Conchifères, mais qu'il y a toujours dans les perles un noyau formé par un animal parasite. 11 a trouvé même dans une Anodonte, l’Acaride (Alax ypsilophora), si commun dans ces Acéphales, formant le noyau d’une perle. Il est à remarquer que ces Acaridcs sont excessivement fréquents dans les Anodonles qui ne sont que rarement margaritifères, et qu’ils sont rares au contraire dans l 'Unio margaritifera, qui est l’espèce de bivalve fluviatile dans laquelle la production des perles a lieu le plus souvent.
Il existe en Chine un Mollusque appartenant, connue les Mulcltes et les Auodoutes, à la famille des Naïades, qui donne lieu dans quelques localités à une industrie fort curieuse. C’est le Barbota plicata de Humphrey, aussi appelé Symphonola bialata et Dipsas plicatus. Les Chinois l’élèvent avec le plus grand soin et lui font produire des perles à volonté. A cet effet ils introduisent dans ces Conchifères, entre le manteau et la coquille, alors que les valves sont béantes, quelque corps étranger, et, au bout d’un certain temps, ce corps s’est recouvert d’une couche de nacre dont l’épaisseur augmente successivement. C’est de la sorte que l'on obtient des perles ayant une forme déterminée, et que l’on produit en particulier ces petits magots en perle qui ne sont, eu réalité, que des figurines sculptées que l’on a fait recouvrir par un dépôt de nucre en les plaçant dans les Naïades dont il vient d'èlre question.
Voir, pour la question des perles : Pli. de l'ilippi, Sali origine tlelle perle [Il cimento, fasc. IV, Torino, 1852). — Mém. pour servir à L'Iiist. gén. des Tréma- Iodes. Turin, 1834, p. 26. — Troisième mém. pour servir à l'hist. gén. des T rémalodes. Turin, 1857, p. 25. — Küchcrimeistcr, Milliers Archiv., 1856, p. 251 ; et déclamation par de Filippi, p. 490. — Hessling, Oelchrte Anzeigen de T Académie royale de Bavière. — J. van der Hoeven, Ever paralcn, Album der balur. 1857, in-8. — Hague et de Siebold, ’/.eilschr. f. Wissenschaft. Zooh, t. VIII, p. 439 et 415. 1857.
(2) Die echtcn l’erlen, cin Beitrag sur luxus- liait dels und Naturgêschiclite derselben. Hambourg, 1857, in-4.
Ce travail est divisé en trois parties : la première a rapport au luxe des perles aux diverses époques et chez les diverses nations; la seconde à la pêche des perles et à leur commerce ; la troisième aux propriétés chimiques et physiques des perles, à leur structure et à leur formation.
M. MObius estime il 20 millions le nombre d’Avieules ii perles que l’on pêche par an, dont U millions contiennent des perles.
Les perles sont des concrétions de même nature que la nacre, mais qui se déposent dans l’épaisseur du manteau, et ne sont pas adhérentes il la nacre même de la coquille. Toutes les Avicules perlières n’en présentent pas, mais toutes sont bonnes pour la nacre, aussi bien celles qui ont des perles que celles qui en manquent.
Un distingue dans le commerce plusieurs variétés de nacre : celle
Fig. 106. — Nacre de Ccylan.
Fig 107. — Nacre do Nankin.
LAMELI.U1HA.NCHES. — COiXCHlEEttES.
de Ceylan, celle dite bâtarde et celle de Nankin sont les plus employées. 11 y a une nacre noire qui vient de Californie (1).
Famille des ARCADES. — L’animal est proportionnellement grand, avec le manteau ouvert dans toute sa longueur; il a un grand pied et deux muscles adducteurs, et il possède quelquefois un byssus. La coquille est remarquable par son épaisseur et par ses deux valves semblables, mais inéquilatérales ; sa charnière est formée d’une forte rangée de dents diversement alignées.
La même famille comprend les genres Area, Pectunculus, Nucula et Trigonia.
D’après Poli, la coquille du Pectunculus pilosus est employée par les Siciliens pour faire des camées.
Famille des CHAM1DÉS, — L’animal est très volumineux avec les deux bords du manteau soudés dans toute leur étendue et laissant trois orifices, dont un pour le pied et le byssus s’il existe, un autre pour la bouche et les branchies, et le troisième pour l’anus. La coquille est irrégulière, inéquivalve, souvent lamelleuse, très épaisse ; elle porte une charnière à dents grandes et fortes qui la rendent très solide. Les Chamidés sont fixés soit par l’une des valves soit par un byssus.
Cette famille comprend les genres Chôma, Isocardia, Cleidotherus, üiceras, Tridacna et Hippupus.
Tridacne (g. Tridacna ) . — C’est cette coquille gigantesque que l’on appelle communément bénitier ; elle estoriginaire de la merdes Indes; elle acquiert une telle dimension et a tant de force qu’aux yeux des matelots l’animal peut couper le cable d’une ancre; son poids va jusqu'au delà de cinq cents livres (2). On en voit des valves dans quelques églises, à Saint-Sulpice de Paris, par exemple, où elles servent de bénitiers, et on les emploie aussi quelquefois comme bassins pour les fontaines.
Une autre grande espèce de ce groupe est 1 ’Hippope chou.
Les CARDIDÉS ont le manteau entièrement fermé, un pied long et étroit, replié au milieu comme un genou à l’aide duquel ils s’élancent au fond de l'eau avec vitesse. En arrière les deux orifices sont garnis d’un court siphon, que l’animal peut faire rentrer à volonté. La coquille est composée de deux valves semblables, souvent équilatérales, se fermant hermétiquement, à parois assez solides et affectant la forme d’un cœur. Le ligament est externe, les dents sont irrégulières et fortes.
(1) Guibourt, Ihst. nat. des drogues, t. IV, p. 323.
(2) Linné en mentionne une de 532 livres.
Mol. U sijl'fc».
Ils sont tous marins.
Cette famille comprend les genres Cardium, Jlemicardium, C'ypricavdium, Crassatetla, Cor bis et Lucvta.
Il y a un Cardium de nos côtes qui sert d’aliment 1 Cardium odule) ; on le pèche principalement dans les étangs saumâtres.
D’après un renseignement que nous tenons do M. Monfrousier, missionnaire à la Nouvelle-Calédonie, il existe en Australie une espèce de Bivalves appartenant à ce groupe qui est quelquefois vénéneuse. Elle est assez commune ii la Nouvelle-Calédonie, à Woodlark et au nord de la Nouvelle-Hollande. Elle vit dans la vase des eaux saumâtres, et les naturels la mangent. Ce n’est qu’accidentellement qu’elle est nuisible. Un enfant de la mission dirigée par le P. Montrousier fut empoisonné pour en avoir mangé. On arrêta les accidents avec du laudanum.
Les CYCLADÉS ont deux petits siphons en arrière, mais leur pied simple ne plie pas comme celui des Cardidés. La coquille est fortement bombée, et à côté des dents principales on voit encore des petites dents destinées à fortifier la charnière.
Ils vivent dans la vase des eaux douces, et s'enfoncent dans la boue de manière à ne montrer que l’extrémité de leurs siphons.
Ils sont hermaphrodites.
Cette famille comprend les genres Cyclas, Pisidium, Cyrène, Glauconome, Galathée, etc.
On sait que les Cyclades vivent dans nos eaux douces, et que ces bivalves sont vivipares. On en connaît plusieurs espèces en France : les plus répandues sont appelés Cyclos cornea, C. rivicola et C. lacustris.
D’après le P. Montrousier, la grande Cyrène de l'Australie [Cyrenu papuà), qui sert d’aliment aux naturels, est dangereuse dans certaines circonstances.
Les YENEKIDES ont les bords du manteau ouverts en avant pour livrer passage à leur grand pied comprimé, soudés en arrière et portant deux siphons médiocres, quelquefois réunis à leur base ; le ligament de la coquille est court et externe; la charnière porte ordinairement trois dents divergentes. Les parois sont dures et épaisses; les valves égales, bien fermées et assez souvent striées régulièrement.
Cette, famille comprend les genres Aslarte, l 'émis, Cythêrêe et Cyprine.
C’est la Venus lusoria que les Japonais et les Chinois recouvrent en dedans d’or et de couleurs diverses.
Un mange en Europe plusieurs espèces dé cetle famille, princi-