‹ Zoologie médicaleChapitre 13 sur 61 · M0M.USQUE · texte numérisé non relu

M0M.USQUE

sont les Bryozoaires qui le terminent. Ces derniers sont jusqu’à un certain point des Céphalopodes en miniature.

Ce qui place surtout ces animaux parmi les Mollusques, c’est qu’ils ont le tube digestif complet, libre et flottant dans une cavité commune ; ils se distinguent d’ailleurs des autres classes de cette catégorie en ce qu’ils ont la bouche entourée d’une couronne d’appendices ciliées non rétractiles.

Ils vivent tous en communauté; leur peau est généralement incrustée de sels calcaires ou bien elle se durcit et devient cornée ou chitineuse. Leur tube digestif a les parois distinctes et il flotte tout entier dans la cavité du corps. Il est formé d’un œsophage, d’un estomac et d’intestins. On voit des cils vibratijes dans son intérieur; ils sont destinés à conduire les aliments, et il y en a à l’extérieur pour mouvoir l’eau qui fait fonction de sang. La respiration se fait par les appendices ciliés qui entourent la bouche et que nous avons appelés pour cette raison branchiules au lieu de tentacules. Il existe un ganglion cérébroïde et quelques filets nerveux comme chez les Tuniciers, mais aucune trace d’organes des sens. Les fibres musculaires rétractiles du corps sont distinctes, séparées les unes des autres et flottantes pendant le repos dans la cavité générale.

Les Bryozoaires ont desorganes sexuels évidents, et l’on distingue chez eux des individus mâles, femelles et hermaphrodites ; ces trois sortes d’individus se trouvent réunis dans une même colonie. Ces Mollusques ont en outre une reproduction par gemmes.

A la sortie de l’œuf, leur corps est souvent complètement cilié à sa surface, et le jeune Bryozoaire nage librement jusqu’à ce qu’il ait choisi un lieu convenable pour l’établissement de la nouvelle colonie dont il sera l’origine. Cette enveloppe ciliée correspond à l’enveloppe du têtard des Tuniciers et représente le scolex ou la forme agame des Vers.

De cette enveloppe on voit souvent sortir à la fois deux nouveaux individus qui, tout jeunes qu’ils sont, présentent l’aspect des Bryozoaires adultes. Ces derniers deviennent sexués, mais ils donnent dans leur jeune âge des bourgeons qui augmentent la colonie ; ainsi ils reproduisent d’abord par gemmes et plus tard par œufs.

Chaque individu s’enveloppant dans un étui solide, calcaire ou corné, peut se mettre à l’abri des attaques de ses ennemis comme le font les Acéphales dans leur coquille. Mais comme les Bryozoaires vivent en communauté, les coquilles de tous les individus d’une même colonie sont agglomérées, et au lieu de coquilles libres

BRYOZOAIRES

et séparées, ils forment une habitation cellulaire générale qu'on a appelée polypier; dénomination impropre que l’on pourrait remplacer par celle d eteslier. Chaque loge de Bryozoaire a un péristome tranchant ou un bourrelet dentelé, épineux ou nu, de forme variable et quelquefois couvert et protégé par une plaque calcaire qui fait fonction de bouclier. Nous lui avons donné ce nom parce que, bien qu’elle fasse fonction d’un opercule, elle n’a rien de commun, quant à son origine, avec l’opercule des Gastéropodes. Quelques loges portent en avant un gonflement sous forme de casque, qui se rattache sans doute à. quelques différences sexuelles, et l’on voit encore chez plusieurs d’entre eux des appendices articulés mobiles, sous la forme de becs d’oiseaux (ornithoramphes) ou de fouets qui servent évidemment à la défense de la colonie. Nous ne savons si l’on doit regarder ces appendices comme des Bryozoaires à formes dissemblables, ou comme des organes propres à la communauté ; en tout cas ils correspondent aux pédicellines des Échinodermes.

Les Bryozoaires vivent dans l’eau douce ou dans l’eau de mer, et dans le premier cas ils doivent évidemment être placés en tête du groupe puisque leur forme est moins rayonnée que celle des autres. Ils se fixent sur tous les corps solides qui se trouvent dans l’eau, et quelques espèces marines recouvrent communément les coquilles des Moules comme une fine dentelle que Leeuwenhoek avait prise pour des œufs de cet Acéphale. On en trouve dans toutes les mers, et les genres fluviatiles ont été observés sur une grande partie de l’Europe, depuis le midi de la France jusqu’en Suède et dans les environs de Moscou. Dans ces dernières années, on a retrouvé aux États-Unis d’Amérique la plupart des genres européens.

Ils se nourrissent d’infusoires et de plantes microscopiques que le courant, produit par leurs cils vibratiles, apporte à leur bouche. On en voitsouvent leur estomac plein et l’onpeut en reconnaître encore les caractères dans les bols de fèces qu’ils évacuent. L’activité organique est assez grande chez ces petits animaux, aussi s’affaiblissent-ils rapidement dans une eau pauvre en nourriture et peu aérée.

Nous résumons ainsi les caractères de cette classe : Branchiules disposées en fer à cheval ou en entonnoir, ciliées sur toute leur longueur; tube digestif flottant complet et replié sur lui-même; animaux agrégés; peau ehiniteuse ou calcaire; absence de cœur et de vaisseaux.

Nous divisons les Bryozoaires en deux ordres ou sections, dont la première a les branchiules en fer à cheval ( Hippocrépiens ), et dont la seconde les a en entonnoir ( Infundibulés ).

ilOLLUUOÜKS.

Ordre des Hippoorépiens.

La première section ne comprend que des genres iluviatiles 1 , que l’on a réunis dans la famille des PLUMATELLIÜÉS ou Lophopodidés.

Leurs branchiules sont nombreuses, et, au lieu de se disposer en entonnoir, il y en a une partie qui, ne trouvant pas à s’épanouir, double la rangée externe, comme le ferait un cône en papier k base trop large pour rentrer dans un espace déterminé. Le testier n’est pas calcaire mais plus ou moins corné,, et il se compose le plus souvent de nombreux tubes tantôt ramifiés, tantôt réunis sous la forme d’une masse spongieuse : cette famille comprend les genres Alcyonella, Cristalella, Lop/iopus, Plumatella et Fredericillu.

Le genre Alcyonelle ( Alcyonella , Lamk) se montre sous la forme de masses agglomérées et chitineuses.

Alcyonella fungosa. — Le testier qu’elle produit forme une masse spongieuse brune appliquée sur les plantes aquatiques ou sur les corps solides immergés; elle est répandue dans toute l'Europe.

Les Grjstatelles (g. Cristatella, Cuv.) ont l’enveloppe commune membraneuse et diaphane.

Le Cristatella rnucedo est remarquable par la forme de ses œufs.

Les Lophopes (g. Lophopus, Dumortier) ont pour type l’espèce même que Trembley a décrite, et qui a fourni à ce célèbre obserservateur un des mémoires insérés dans son ouvrage sur les Hydres.

Les Plumatelles (g. Plumatella, Bosc) ont le testier tuberculeux et rameux. On en distingue plusieurs espèces.

Les Fhédéuicilles {Fredericillu, P. Gerv.) comprennent l'espèce appelée par Blumenbach Tubularia sultana. Le panache formé par leurs branchiules est presque infundibuliforme.

Ordre «les Infundibulés.

La seconde section ou le second ordre comprend un assez grand nombre de familles, toutes marines, k peu d’exceptions près.

La famille des PED1CELLIDÉS se distingue par une tige plus ou

(t) Trembley, Mém. pour servir à l’histoire d'un genre de Polypes d'eau douce à bras en forme de cornes. — Uaspail, Mém. sur V Alcyonelle, publié parmi ceux de la Société d’histoire naturelle de Paris, t. IV. — P. Gervais, Obs. pour servir à l'histoire des Polypes d’eau douce (Ann. d’anat. et de pliys. , t. 111, 1839; e Ann. des sc. nat.). — DumortieretVan Beneden, [Histoire naturelle des Bryozoaires fluvialiles (Mém. de l’Acad. r. de Belgique, t. XVI, et supplément, t. XXI). — Allmau, A monograph of (reshwaler Polypozoa, Londres, 1856.

mtïozoAUtES.

moins longue qui porte la loge du corps. Les branohiules sont très courtes, fort grosses et réunies à leur base ; la loge est largement ouverte et se ferme difficilement.

On n’en connaît encore que quelques genres : Pedicellina , Forbesiu, Lusia.

Les YÉS1CULAKIDÉS ont des loges allongées, à parois membraneuses et vitrées qui se développent souvent par stolons d’une manière très irrégulière. Les branohiules sont longues ; les loges s ouvrent sur le coté et se ferment comme par l'effet d’un sphincter.

Genres Laguncvla, Bowerbanlùa, Valkeria, Vesicularia, etc.

Les CELLAR1DÉS ont les loges généralement ouvertes sur le coté, le péristome couvert d’un bouclier et des pédicelles qui protègent la colonie. Les tentacules sont étroits et peu nombreux. Le lestier est souvent calcaire et ramifié; les loges sont diversement groupées entre elles.

Genres Avicella, Cellariu , Acanwchis.

Les TL'BULIPOIUUÉS ont des loges très longues, arrondies, à péristome terminal sans bouclier, ni épines, ni pédicelles. Le testier est quelquefois articulé.

Genres J'ubulipora, Crisia, Abelia.

Les PALUDIGELLIDÉS ont les loges ouvertes sur le côté, et les individus d’une colonie sont séparés les uns des autres par des cloisons internes complètes. Les tentacules sont très longs.

Genres Paludicella, Hippothoa, Catenaria.

Le genre Palidicei.le ( Paludicella , P. Gerv.) a pour type le Paludicella articulata, espèce fort commune dans l’eau douce et courante. On le trouve en France, en Angleterre et en Allemagne.

Les ALCYGNIDÉS ont le testier entièrement cartilagineux ; leurs loges sont soudées les unes aux autres, et ils forment des masses très irrégulières qui se ramifient et s’élèvent perpendiculairement dans la mer sur différents corps solides.

Le genre Halodaatyle appartient à cette famille.

T Halodactyle diaphane est peut-être le Bryozoaire le plus commun de nos cùtes. On en trouve régulièrement sur la plage. Le testier de cette espèce consiste eu une masse allongée, plus ou moins digitée, de consistance demi-cartilagineuse et un peu transparente. Quand il est frais, on y voit une multitude de petits points noirs qui correspondent à chacun des animaux.

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