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Nématoïdes libres ou vivant sur les végétaux

Les Nématoïdes du premier groupe sont généralement petits. Leur corps est cylindrique et jouit d’une certaine élasticité; leur tète porte souvent des soies, et quelquefois des yeux. Les deux

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sexes diffèrent peu par la taille, mais ils sont souvent reconnaissables par la diversité de leur forme. Les œufs sont grands, peu nombreux, et à coque mince. Ces Vers sont tantôt ovipares, tantôt vivipares, et ils changent légèrement de forme dans le cours de leur développement.

On peut les réunir dans la famille des Anguillulidr:s.

Famille des ANGUILLUL1DÉS. Elle renferme un certain nombre de petits Vers, qui vivent librement dans la terre, dans l’eau, sur des animaux ou sur des plantes, et qui s’éloignent par divers caractères des Nématoïdes endoparasites; Linné les réunissait sous le nom de Chaos reclivivum, et O. F. Millier les a désignés sous celui de Vibrio anguillula.

Différents genres ont été établis parmi eux, et l'on en distinguera probablement un plus grand nombre encore lorsqu'on les aura étudiés plus complètement. Plusieurs d’entre eux méritent de fixer notre attention, car, malgré leur taille presque microscopique, quelques-unes de leurs espèces jouent un rôle important dans l’économie de la nature.

Genre Hémipsile ( Hemipsilus ). — M. de Quatrefages I a caractérisé ce genre d’après un Ver marin de 6 à 8 millimètres de long sur un quart de millimètre de large, et dont le corps est cylindrique, la queue aiguë, la tète tronquée et armée d’un cercle de soies. L’ Hemipsilus porte en outre, sur les côtés du corps, de petites soies qui décroissent d’avant en arrière.

On trouve souvent ces petits Vers dans l’eau qui reste au fond des plats dans lesquels on a servi des Huîtres. Ils se développent en abondance dans tous les aquariums, et l’on peut aisément étudier tout leur développement, même en les gardant dans un vase qui contient à peine un demi-litre d’eau salée. Ils répondent à V Anyuillute marine de plusieurs auteurs. On distingue toutefois des Vers très différents autrefois confondus sous ce nom.

Une seconde espèce. IJ. triehocles, a été décrite par M. Leuckart (2).

Genre Angiostome ( Angiostoma , Dujardin . — Ce genre a été établi par M. Dujardin pour des Vers très petits, dont la tète est tronquée et soutenue à l’intérieur par une capsule cornée que dépassent des parties molles, dont l’œsophage est musculeux et en massue, et qui vivent dans la terre humide ou dans le corps de quelques animaux terrestres, comme les Lombrics et les Limaces.

(1) Ann. sc. nat , 1 8 S (> , t. VI, p. 131.

(2) Erichson’s Arcliiv, 1819, p. 157.

NÊMATOÏBES. 101

L’Angiostomk be la Limace ( Angiosloma Limacis , Duj. i vit en abondance, enkysté et agame, dans le corps des Limaces et des Lombrics terrestres ; il devient complet dans le cadavre de l’hôte qui lui sert de gîte; la mort de ce dernier lui donne la liberté.

Les Angiostomes vivent et se développent très bien dans la terre humide. Nous en avons trouvé une quantité considérable dans de la terre végétale qui était sous cloche, et qui avait contenu quelques Limaces et des Scolopendres (1).

Le genre Anguillule [Anguillula) a été proposé parM. Ehrenberg pour des Vers très petits aussi, qui ont le corps filiforme, cylindrique, assez roide, avec la bouche orbiculaire et nue, et dont le spiculé mâle est simple, rétractile et sans gaine.

M. Ehrenberg en cite cinq espèces, dont la principale est I’Anguillule fluviatile (Anguillula fluviatilis ) ou le Vibrion anguillule de Müller (2j.

Genre Rhabbitis [Hhubditis, Duj.) — Un a formé ce genre pour quelques Vers qui ne se distinguent pas facilement des précédents, et qui sont également filiformes et très petits; ils vivent librement dans la terre, sur des Insectes ou dans des plantes, et se reconnaissent à leur tégument, qui est finement strié pendant la contraction .

Le Rhabbitis bu vinaigre ( Hhubditis aceti ) vit dans le vinaigre, et porte communément le nom d’anguille du vinaigre. On en voit, souvent par myriades, surtout dans le vinaigre de vin qui n’a pas été trop sophistiqué.

11 y a encore d’autres espèces d’Anguillulidés qui vivent sur des plantes, et peut-être sont-elles en bien plus grand nombre qu’on ne le croit, mais leurs caractères zoologiques ne sont pas suffisamment établis. Un connaît depuis longtemps celle du blé. Steinbuch en a décrit deux autres depuis la fin du siècle dernier, et tout récemment M. J. Kuhn vient d’en publier encore une nouvelle qui vit sur le Dipsacus fullonum (3).

Nous proposons de désigner ces Vers parasites des plantes sous le nom iI’Anguilujlines Anguillulina). Ils ont le corps cylindrique et effilé aux deux bouts; leur peau est lisse; ils manquent de soies. Des spiculés très courts se voient chez les mâles, dont ils

(1) Voyez, pour plus de détails, outre Dujardin, Ilisl.nat. des Helminthes, p. 263 : Will, Erichson’s Archiv, 1818, p. 174, ainsi que Lieberkühn, Bulletin Acad. roy. de Belgique, mai 1858.

(2) Müller, Infus., p. 63, pl. 9.

(3) Zeitsçhr. für wissenschafll. Zool., 1857, t. IX, p. 189.

VERS

forment le pénis; l’orifice sexuel femelle s’ouvre non loin de l’extrémité postérieure du corps. Les Anguillulines sont vivipares, ce qui est le contraire des précédents.

Anguillui.e du bi.é [Anguillulina trilici). — C’est l’espèce la plus curieuse de ce genre. Elle est la cause de la maladie du blé qui est connue sous le nom de nielle, et on l’a nommée Anguille du blé rachitique ou faux ergot ( 1 ) . C’est en partie le Vibrio anguillula de Müller (2), et elle répond au Vibrio tritici de Baur '3 .

Ces petits Vers microscopiques peuvent se détacher complètement sans perdre la vie, et rester indéfiniment sous l’état d’une sorte de poussière sans mourir; quand on les humecte, ils reprennent leur activité : on a comparé cela à une sorte de résurrection. Dans ces derniers temps, M. Davaine a étudié de nouveau ces singuliers Helminthes (A). Il fait connaître leur évolution et la manière dont ils s’introduisent pendant leur jeune âge dans la plante, et ensuite dans la graine.

Anguillulina dipsaci. — Cette espèce est transparente, et dans la plupart des cas elle a une teinte bleuâtre. Cette couleur provient de fines granulations qui remplissent plus ou moins son corps. L’extrémité céphalique est sensiblement contractile. Les mâles ont l"‘m,162; les femelles, lnuu,005.

Ces Vers attaquent les fleurs de la plante dont ils portent le nom, et la rendent malade. Cette maladie a reçu un nom particulier.

En mettant sur le porte-objet du microscope, dans une goutte d’eau, la matière blanche recueillie sur un Dipsacus malade, M. J. Kühn ne fut pas peu étonné de trouver dans chaque particule une masse d’Anguillulines entortillées. Elles parurent d’abord sans vie, mais bientôt la vie se manifesta ; chaque Ver commença à s’étendre l’un après l’autre, et quelque temps après ils étaient tous en mouvement. En les desséchant, ce mouvement cesse de nouveau, puis il recommence lorsqu’on leur donne un peu d’eau. En les laissant humecter, ils vécurent encore le second jour, puis ils moururent. Des fleurs recueillies au mois d’août et examinées au printemps suivant montrèrent encore leurs Anguillulines en vie.

(1) Rozier, Observations physiques, 1745, p. 217.

(2) 0. F. Millier, Infus., p. 63, pl. 9.

(3) Philosophical Transact., 1823; et Ann. sc. nai., 1" série, 1821, t. 11, p. 154, pl. 7.

(4) Compt. rend. Iiebd. Acad.de Paris, t. XU.p.435, 1855, et t. XI.lll, p. 148, 1856. — Recherches sur l' Anguillula du bld niellé. Paris, 1857, in-S avec figures.

SÉMATOÏDES.

M. Külm h trouvé ensemble des mules, des femelles, des œufs et des jeunes n l'état agame. La ponte des œufs semble s’effectuer seulement pendant l’été, car au mois d’août, il n’y a plus de femelles pleines. Les observations de M. Kuhn le portent à penser que ces Vers sont la cause de la maladie des Dipsacus, comme 1 ’Anguil~ lula tritici est celle de la nielle du blé.

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