II. — Nématoïdes parasites de l'homme et des animaux
Ceux-ci n’ont jamais d’autres soies que celles de l’organe mâle; ils manquent d’yeux; leurs œufs sont nombreux et souvent entourés d’une coque solide. En général, leurs embryons s’enkystent pendant le jeune âge, et ils ne continuent leur développement que lorsqu’ils ont passé d’un premier hôte dans un second.
Ils sont divisés en sept familles principales, sous les noms de Sclérostomidés , Strongylidés, Ascarididés, Trichocéphalidés, Filaridés et Gordidês.
Nous en décrirons les principales espèces, qu’elles soient parasites de l’homme ou des animaux domestiques.
La famille des SCLÉROSTOMIDÉS se reconnaît à sa bouche entourée d’une armature cornée. Elle comprend les genres Cucullanus, Sclerostoma , Syngamus, Stenodes et Stenurus. Nous en signalerons d’abord quelques espèces : une du genre Cuculan , trois du genre Sclérostome, et une du genre Syngame, le Syngame trachéal, qui est parasite des oiseaux; et nous parlerons ensuite de quelques autres Vers ayant des caractères assez différents pour qu’on en ait fait un groupe distinct sous le nom de Daclmidins.
Nous commencerons par les Sclérostomins.
Genre Cücullan [Cueullanus, 0. F. Muller). — Les Cucullans ont le corps plus ou moins vivement coloré en rouge, la tête large, et une armure particulière composée de deux pièces formant des anses. Les femelles sont plus fortes que les mâles; leur utérus renferme des embryons vivants.
Le Cucuiaan élégant [Cueullanus elegans ) mérite parfaitement son nom; c’est une des plus jolies espèces de tout l’ordre. On le reconnaît à la couleur jaune doré de son extrémité céphalique, qui lui donne quelque ressemblance avec certaines larves de Diptères.
Ce Ver est commun dans la Perche de rivière. Il avait déjà été observé par Leeuwenhoeck ; il est bien figuré dans Blanchard (1),
(1) Voyage en Sicile, pl. 20, fig. 4, et pl. 25, fig. 4.
IJenno Gabriel en a fait le sujet d’une notice spéciale publiée à Berlin en 1853 fl) ; il y traite de son développemenl.
Genre Sgiérostome (Sclerostoma, Blainv. . — Les Sclérostomes sont principalement parasites des Mammifères. On les reconnaît à ce que l’armure de leur tête n’est composée que d’une seule pièce, et a la forme de leur queue tronquée dans le sexe mâle.
Sgiérostome du cheval [Sclerostoma er/uinum). — Ce Ver est très commun dans le cheval, et M. Dujardin en admet deux variétés, l’une de l’intestin, l’autre des anévrysmes, variétés que M. Diesing regarde comme deux espèces distinctes.
Leur corps est droit, aminci aux deux bouts, cylindrique, assez épais, d’un gris rougeâtre, finement strié à la surface. La tête est globuleuse, plus large que le corps et tronquée; elle est soutenue par une capsule cornée. La bouche est orbiculaire et grande ; elle présente des dentelures sur le bord interne; à l’extérieur on voit quatre éminences arrondies disposées en croix. Le mâle a la bourse caudale formée de trois lobes à plusieurs rayons fourchus. La queue de la femelle est tronquée; le vagin s’ouvre un peu en dessous de la partie moyenne du corps.
Le mâle atteint jusqu’à 30 millimètres; la femelle jusqu’à 50.
Ce Ver habite l’intestin ainsi que le cæcum du cheval, de l’âne et du mulet (2).
L’autre espèce, propre aux solipèdes, que quelques auteurs admettent , est le Scijérostome armé ( Sclerostoma armatum . C’est un Ver très curieux qui habite dans les artères et dans les intestins du cheval. On prétend qu’il produit des anévrysmes dans le premier cas. Le corps est droit, un peu eftilé en arrière ; il est rosé ; la tête et le cou sont presque rouges. La tête est globuleuse et tronquée; la bouche est armée d’une capsule à dentelures fines. Le mâle a une bourse terminale formée de trois lobes; ces lobes sont soutenus par des rayons divisés; celui du milieu est le plus petit. La femelle a le bout de la queue obtuse; la vulve est située vers le tiers postérieur du corps.
Le mâle a 28 millimètres de long ; la femelle va jusqu’au double.
D’après les observations de MM. Mehlis et Gurlt , il y a des différences assez grandes, surtout selon l’âge, dans la composition de la bouche.
Le Sclérostome armé habite les anévrysmes des artères mésen-
(1) De Cucullani eleganlis vivipari evolulione. Berolini, ISSU.
(2) M. Blanchard n figuré cctlo espère : Itègne animal illustré, Zoom., pl. XXVtl, lig. 1-2.
\ LMATOÏUES.
tériques et cœliaques, ainsi que la veine porte, le gros intestin et surtout le cæcum ; on le trouve dans le cheval et dans l’âne.
M. Dujardin rapporte ce Sclérostome au Sclerostoma equinum, mais depuis longtemps MM. Mehlis et Gurlt ont distingué ces deux j espèces, et M. Diesing admet cette distinction.
On a quelquefois considéré comme étant une espèce à part le Sclérostome denté (Sclerostoma dentatum). Son corps est droit,
| aminci aux deux extrémités^ sa tète est tronquée et le bord de la capsule buccale est garni de dix à douze dentelures recourbées. La bourse du mêle a trois lobes, dont l'intermédiaire est le plus petit; chaque lobe est soutenu par trois rayons non ramifiés. L’extrémité caudale de la femelle est droite et subulée, avec l'orifice sexuel situé près de l’anus.
Le mâle a 15 millimètres de longueur; la femelle, 18.
Habite les intestins grêles, le cæcum et. le côlon du Sanglier et I du Porc; on l’a également observé dans les Pécaris du Brésil.
Le genre Syngame (Syngamus, de Siebold) a tous les caractères des Sclérostomes, et M. Diesing ne l’en distingue même pas. Ce qui rend surtout curieux les Vers de cette division, c’est que les mâles se soudent aux femelles de manière à représenter un animal unique, mais fourchu.
On n’en connaît bien qu’une espèce.
Syngame trachéal (Syngamus trachealis). — Ces Vers, remarquables sous plus d’un rapport, ont été observés d’abord par Wiesenthal, puis étudiés avec quelque soin par Montagne au commencement de ce siècle. Montagne les avait reconnus dans la trachée-artère des oiseaux de basse-cour, et il avait remarqué que leur présence gène quelquefois la respiration, au point de causer la maladie connue, en Angleterre, sous le nom de gupes. Ce sont surtout les jeunes oiseaux, dans les premières semaines après l’éclosion, qui en sont attaqués.
Le corps est droit, cylindrique, de couleur rouge ; il montre des cordons blanchâtres très grêles, visibles à travers la transparence de la peau. La partie postérieure du Ver est semblable à un Nématoide; mais vers le tiers antérieur, le corps se bifurque et se divise en deux branches inégales, terminées chacune par un renflement ou bouton.
Ce Ver est long de 10 à 12 millimètres.
Il habite la trachée artère du Coq, du Faisan, du Dindon, du Paon, de la Perdrix, de la Pie, du Pic, de l’Étourneau, du Martinet et du Canard domestique.
VERS
lin Angleterre, sa grande abondance produit quelquefois une épizootie parmi les oiseaux de basse-cour, surtout parmi les Poulets il j.
On l'a vu non-seulement en Angleterre, mais aussi en Allemagne et en Amérique.
Les premiers auteurs qui ont étudié cet Helminthe l'ont regardé comme un Trématode. Montagne le désigne sous le nom de Fasciola trachea, et Hudolphi sous celui de fJistoma lineare.
Rudolphi, en prenant les deux ventouses pour les deux extrémités du corps, s’en faisait toutefois une idée fausse.
M. de Siebold voit dans les Syngames la réunion de deux individus, l'un mâle et l'autre femelle, comme dans le genre Diplozoon.
M. Dujardin partage la manière de voir de M. de Siebold, et conserve le genre que M. de Siebold voulait même supprimer. M. Diesing opère cette suppression, mais il place le Ver dans les Sclérostomes.
Il y a une bonne figure du Syngame dans les Archives de Wiegmann pour l'année 1856.
Un Ver très voisin de celui-là habite les fosses nasales de diverses espèces d’Oiseaux du genre des Mouettes ou Larus. Le mâle en est connu comme la femelle, mais les deux sexes ne se soudent pas ensemble. C’est le Cyathostoma lari que nous avons observé sur des Larus des côtes de la Belgique.
Cyatuostome des mouettes [Cyathostoma Lari). — Sur cinq individus, nous avons vu trois femelles et deux mâles. Ils sont tous rouges. Le mâle n’a pas la moitié de la taille de la femelle.
Le corps se termine brusquement en arrière et s’épanouit en un éventail membraneux à six pièces de soutien, dont les moyennes sont les plus fortes. Le corps est rouge jusqu’à cette troncature. La bouche et la tête sont semblables à celles de la femelle. Il y a un oesophage rétortiforme, musculeux, nettement séparé. Le canal intestinal a les parois minces, de couleur noire; il est un peu plus long que le corps. Le testicule consiste en un seul tube fort large replié en avant.
Le pénis est double; ses deux spiculés sont de longueur égale.
La peau est extrêmement mince, et, les organes font hernie par le simple séjour de ce corps dans la salive, ou sous la plus légère pression.
Nous joindrons aux Sclérostomidés les Dachmmxs, qui renferment aussi plusieurs genres.
Les Dochmees (g. Dochmius j sont des Vers à bouche béante, non
(1) Magasin fur die gesammtc Thierheilkunde, 1841, p. 500.
NÉMATOÏPES.
terminale, et dont la tète, relevée et tronquée obliquement en dessus, présente une large cavité anguleuse revêtue par une membrane cornée.
Dochmte trigonocéphale Dochmius trigonocephalns) . — C’est Frœlich qui a trouvé le premier ce petit Néinatoïde dans le Renard. 11 a été revu depuis lors par plusieurs observateurs.
11 se distingue par une tête obliquement tronquée, très irrégulière, avec la bouche latérale, tapissée par une membrane très résistante; l’oesophage a les parois très épaisses avec un renflement en arrière. Le corps du mâle est terminé par deux lobes latéraux assez larges, formant tantôt une bourse, tantôt une cloche.
La femelle a le corps arrondi au bout et terminé par un crochet grêle.
Le mâle est long de 6 à 7 millimètres; la femelle, de 13 à lâ.
Ce parasite a été trouvé dans le Chien, le, Renard et le Loup, en Allemagne, (ni Belgique, en France et en Angleterre ; en outre, il a été signalé dans les Canis jubatus et Azartr du Brésil, par Natterer. Il habite l’intestin et l’estomac.
Nous croyons qu’il échappe souvent à l’examen par la petitesse de sa taille.
Nous en avons trouvé une femelle dans l’estomac d’un Renard, à côté de quatre Ascaris triquetra, au mois de janvier. Ce Renard avait un Lapin dans son estomac.
Cette espèce est figurée dans Rudolphi (1).
Dochmie htpostome ( Dochmius hypostomus) . — Le corps est cylindrique droit; la tête globuleuse, obliquement tronquée; elle contient une capsule cornée dont le bord porte des dentelures convergentes. La queue du mâle présente une expansion membraneuse soutenue de chaque côté par quatre rayons; l’extrémité caudale de la femelle est arrondie ou conoïde, mais pourtant obtuse; elle se termine par une pointe.
Le mâle a 15 millimètres de long; la femelle, 20.
Ce Ver habite les intestins de différentes races de Moutons et ceux du Chamois, de la Gazelle, de l’Antilope leueoryx, du Dain, du Cerf et du Chevreuil.
Bremser en a donné une bonne figure (2).
Stêphaküre denté ( Stephanurus dentatm). — Le corps est cylindrique, élastique, plus mince en avant. La bouche est grande, orbieulaire, à six dents faiblement marquées, dont deux, plus fortes
(1) Entoz. Jiisi., t. II, fig. 5-6.
■ 2) Icon. flelminth., tab. îv, fig. 1-6.
VKILS.
que les autres, sont opposées. La queue du mâle est droite; elle porte cinq lobes réunis par une membrane; spiculé simple entre trois papilles coniques. Lu femelle a la queue infléchie, obtuse, terminée en pointe et garnie de chaque côté d’un tubercule obtus.
Le mâle a de 22 ii 30 millimètres; la femelle, de 3âà âO.
Ce \ er vit isolément ou plusieurs ensemble dans des kystes du mésentère des cochons de race chinoise ; on ne le cite qu'au Brésil, où il a été observé par Natterer (1 .
Ophiostomk jies chats iOphiostoma tubtpformis . — Ce Ver, tout en ayant été étudié par un grand nombre de naturalistes, est encore loin d'être bien connu. M. Dujardin , et d’après lui M. Diesing , le placent dans le genre Doc/nnius .
Le corps est grisâtre, cylindrique. La tète est légèrement penchée, et la bouche s’ouvre en dessous et en travers comme une bouche de serpent ; l’armure de la bouche est garnie de chaque côté d'une forte dent à trois pointes. Le corps conserve la même grosseur jusqu'à l’extrémité antérieure; en arrière, il se termine brusquement en pointe. Le mâle a la bourse caudale évasée; la femelle a la queue conique et l’orifice de sa vulve est situé vers le tiers postérieur.
Le mâle est long de 1 millimètres; la femelle atteint jusqu'à 1 U millimètres.
Ce Ver a été observé dans les F élis suivants : F élis catus, F. viverrina, F. onça, F. concolov, F. tiyrina, F. melliuora, F. leopardus et F. pardus. Il a été vu en Allemagne par Heder et Gurlt, au Brésil par Natterer, eu Autriche par Diesing, en Hollandê par Bennet, et par nous à Paris et eu Belgique 2 .
Avghylostome DUODÉtjAL [Anchylostoma duodenule . — C'est un Ver propre à l’espèce humaine ; il n’a été découvert que dans ces dernières années.
C’est M. Dubini (3) qui en a fait la découverte à Milan. En mai (*)
(*) a. De grandeur naturelle. — b. La lutc grossie.
(1) Voyez Diesing, Ann. des Wiener Muséum, vol. Il, tab. xv, fig. 9 19.
(2) Voyez pl. 1, lig. 3-7 de Herlwig's Magaz., vol. XIII, 1847.
(3) a Le mot Agchylosloma, de àyxiï.oi, sous lequel, dit Dubini, j'ai voulu, dès 1 843, faire connaître au public ce nouveau Ver à crochet, est moins euphonique et moins conforme aux dérivations grecques latinisées que ne l'est le mot Anchy-
t'tG. 109 (*; .
NKMATOÏHES. 1 OU
1838, en ouvrant le cadavre d’une paysanne morte avec une hépatisation pulmonaire, M. Dubini trouva dans le jéjunum un petit Ver caché dans les mucosités. Ce Ver lui présenta des caractères particuliers, mais ce ne fut toutefois qu'en 1843, qu’il attira sérieusement son attention et qu’il en fit une étude spéciale. Tl l’a observé vingt Ibis sur cent cadavres qu’il a ouverts à cet effet.
Ces Vers sont petits, cylindriques, un peu courbés, transparents dans leur quart antérieur, jaunâtres, rougeâtres ou quelquefois bruns dans les trois quarts postérieurs, et marqués, dans la partie intermédiaire, d’une petite tache noire qui indique le commencement de l’intestin. L’intestin est toujours taché de noir. Il n'a qu'une ligne et demie de longueur. L’Anchylostonie duodénal habite le duodénum et les deux tiers supérieurs du jéjunum.
Dans quelques cas, le nombre de ces Vers est si, grand que, en l’absence de toute lésion, M. Dubini croit devoir attribuer la mort à leur présence.
Depuis les observations de M. Dubini, MM. CruneretBilharz ont reconnu ce parasite en Égypte (au Caire) , et M. Eschricht l’a signalé en Islande. M. liilharz l’a observé plus fréquemment dans le jéjunum que dans le duodénum, et souvent plusieurs centaines d’individus ont été trouvés dans un seul cadavre.
Les mâles et les femelles se rencontrent dans la proportion de l à 3.
La tête porte un appareil corné armé de quatre fortes dents. La
losluma, que je propose maintenant. D’autres noms analogues ont subi la même variation euphonique : ainsi on dit, par exemple, Anchytoglossum (provenant également de â-fy.uXc;, courbé) pour indiquer le défaut ou vire de la langue qui se trouve repliée par suite d’adhércuces avec les gencives. »
Le mémoire du docteur Dubini (avec deux planches) est inséré dans les Aimait twiv. di medicina de Milan, 18 43, t. CVI, fasc. d’avril.
Voyez aussi : la Note de Sicbold, Berichl ii ber die Leislungen in Cebiete der Hclminthologie ivahrend des Ja/ires 1853-184*, daus les Archiv für Nalurgeschichte, par A. F. A. Wiegmaun. Berlin, 1845, t. V, p. 220-221. — La Note de Délie Cliiajc, avec plauchcs, dans le Compte rendu de l’Académie bour- Ionique des sciences. Naples, 1846, t. V, p. 399. — Le Journ. de méd. et de pharm. de Bruxelles, anu. 1846. — Entosoografia umana per service dt complemenlo agli sludii di analomia palologica , etc., del doit. Angelo Dubini. — Opéra alla quale venue aggiudicalo il premio Vell’Acqua, per l’anno 1840, dalla commissione a cio delta nello spedale maggiore di Milano. Milan, 1849. — Schmidt' s Jahrbiicher, 18 44, t. XI, I, p. 189. — Pruucr, Krankheilen des Orients, 1847, p. 24 4. — Dicsing, Syst . helminlh., vol. 111, p. 322. — liilharz et de Siebold, ’/.eitschr. für wissenschafll ’/.ooltnj., 1853, p. 55.
110 VERê.
bouche s'ouvre en dessous. Ce N er est toujours fortement accroché à la muqueuse, et l’on voit une ecchymose, de la grosseur d’une lentille, autour du point où il est attaché. Au milieu de cette ecchymose se trouve une tache blanche qui est perforée au centre.
Le pénis est très long et double. M. Uubini en a vu deux individus accouplés. Le mâle était attaché avec ses membranes caudales à l'orifice sexuel de la femelle.
M. Bilharz dit que la diagnose de ce Ver donnée par M. Uiesing est très défectueuse, et qu'il faut reprendre celle de M. Uubini, publiée dans son Entozoogrophie, en 1850. M. de Siebold propose de caractériser ainsi la disposition de la bouche et celle des dents : « Os acelabuli forme subcorneum ; apertura oris accepta circulant subdor salis ; dentes in fundo oris vitra apertura- marginetn abdomina-
lem quatuor uncinati. »
M. de Siebold a pu s’assurer de l’exactitude des observations de M. Uubini, au sujet des deux éminences papillaires que ce dernier a reconnues en avant sur les côtés du corps. Elles avaient échappe à l’attention de M. Bilharz; M. de Siebold les a fait représenter et il les regarde comme des organes tactiles.
Le travail du docteur Bilharz est accompagné de bonnes figures.
Les STRONGYLIDËS, ou les Nématoïdes de la seconde famille.
ont la bouche nue et sans lobes; leurs Fig. 110. Strougle filaircC'). m/qes portent un second pénis, lequel est toujours terminal.
Tels sont les genres Strongylus, Pseudalius, Leptodera, Dicelis et Eucamptus.
Le genre des 8trongl.es i Strongylus nous fournit plusieurs espèces qui méritent d’être décrites. Ce genre se distingue principalement par des lobes membraneux, souvent rayonnés, qui terminent en arrière le corps des mâles, et par l’égal développement des deux pénis. Les femelles ont, au contraire, le corps terminé en pointe, et leur vulve est plus rapprochée de l’extrémité postérieure que de l’antérieure. Ces Vers sont quelquefois vivipares. Ils habitent en général le tube digestif des Mammifères ou des Oiseaux. On en trouve communément dans les bronches des Ruminants. Quelques Strongles se trouvent dans le corps des Reptiles.
(•) Lu pnvllu posuirieuia du corpj, mu, .1, uni I n,, pu, cil «tëri.ur de lu ecnerulion chou I. mâle.
NÉMATOÏDES. 111
Stronsie géant ( Strongylus yigas). — Ce parasite des reins, qui a été observé dans un si grand nombre d’animaux, est vraiment le géant des Vers nématoïdes, puisqu’on en voit des individus qui ont jusqu’à 1 mètre de longueur.
Son corps est presque cylindrique, légèrement aminci aux deux bouts. La bouche est terminale, petite et entourée de six petites papilles. Le mâle a le corps terminé par une bourse entière, sans rayons et sans fdaments, avec les pénis longs et filiformes. La femelle porte l’orifice des organes sexuels en avant du milieu de la longueur du corps. L’extrémité caudale est obtuse et très légèrement recourbée. Le corps est d’un rouge sanguin.
Le mâle atteint jusqu’à âO centimètres de long sur 5 millimètres de large ; la femelle atteint jusqu’à un mètre, et peut devenir large de 12 millimètres.
Ce Ver est en général facile à distinguer des autres espèces par sa taille et par sa couleur rouge, quoique cette couleur disparaisse assez facilement.
Le rein dans lequel un Strongle se loge est ordinairement détruit.
On a des exemples de cette désorganisation du rein par les Strongles, non-seulement chez l’homme, mais aussi chez les animaux. De Blainville (1) rapporte que le rein d’une martre, sur lequel se trouvait un Strongle long de 29 pouces et S lignes, était réduit ii la minceur d’une demi-ligne environ, et n’offrait plus aucun indice de son organisation normale.
11 est établi que quelques jeunes Strongles ont été évacués par les urines, ainsi qu’on l’avait dit, mais ces cas sont très rares, et, dans la plupart des exemples rapportés, ce sont d’autres corps, et non des Strongles géants qu’on a décrits. Quelquefois même des larves d’insectes, ou des produits morbides, ont donné le change à cet égard.
M. le docteur Arlaud, chirurgien de la marine française, a publié en 18â6 un cas très curieux de la présence de Strongles géants dans l’espèce humaine (2). Ce cas a été présenté par une femme de la ville de Brest.
Cette femme était âgée de vingt-six ans, bien réglée, bien portante
(1) Traitézool. etphys. des fers intest. cle l’homme, par Bremser. Paris, 1837, p. 324.
(2) Observ. de Strongles géants sortis des voies urinaires d’une femme, par M. Arlaud (rapport fait à l’Académie royale de médecine le 27 janvier 18(0, Bulletin de l' Académie de médecine, Paris, 1846, t. XI, p. 426).
VKIIS.
jusqu’à l’époque où se sont manifestés les premiers symptômes de l’affection vermineuse.
M. Arlaud vit pour la première fois la malade le 3 mars 1 8/iü elle souffrait déjà depuis dix-huit mois. Elle avait éprouvé d'abord les symptômes d’une néphrite ; puis il s’y était joint un sentiment de brûlure et de picotement dans la région des reins. Après trois mois de souffrance elle avait rendu spontanément par l’urèthre un ver ou quelque chose qui lui avait paru être un ver, mais que l’on avait négligé de conserver. Dans l’espace de six mois, six autres vers furent également rendus, dont deux par l’intervention de la sonde.
Le 3 mars 1840, les symptômes étaient les suivants: Faciès souf- | frant, un peu d’amaigrissement; douleur dans la région rénale droite, et douleur le long du nerf crural droit jusqu’auprès de l’articulation fémoro-tibiale ; ischurie. La malade disait sentir depuis trois jours quelque chose qui d’abord l’avait piquée dans le côté droit des lombes, qui ensuite lui avait causé plus bas une sensation indéfinissable de douleur, peu vive, mais fort désagréable, et qui maintenant pesait dans la vessie. Un ver, disait-elle, avait remué pendant deux ou trois heures dans cet organe.
Ce même jour, le cathétérisme, pratiqué sans difficulté, donna issue à une assez grande quantité d’urine blanchâtre, lactes-
cente.
Le lendemain, la rétention d’urine étant complète, M. Arlaud pratiqua encore le cathétérisme, et cette fois il sentit un obstacle au col de la vessie, et remplaçant la sonde parla pince de Hunter, il saisit, après quelques tâtonnements assez longs et douloureux, un corps mou qu’il tira avec lenteur et en causant des douleurs très aiguës. C’était un nouveau ver long de 0,22 sur 0,004 d'épais-
seur.
D’autres accidents morbides furent présentés par cette femme, accidents dont la présence des Strongles parait avoir été l’origine ; ils sont également décrits par M. Arlaud.
Les obligations du service maritime ayant contraint ce chirurgien à quitter Brest en juillet 1841, il n’a pu suivre la malade plus longtemps, mais il tient de source certaine qu'après son départ il y a eu du mieux pendant quelques mois, et qu’ensuite les accidents qui avaient précédé la sortie des premiers Strongles ayant reparu, trois de ces entozoaires furent extraits de nouveau.
En janvier 1846, la malade était encore en vie.
Ruysch a observé le Strongle en Hollande, dans le rein de
NÉMATOÎPKS. 113
l'homme 1 etduChien. Hartmann et plus lard Uedi l'ont signalée en Italie dans la Martre et dans le Chien, kleid l’a vu dans les reins du Loup, et probablement c’est le même Ver que Pallas a vu de son côté dans le mésentère du Glouton [Gulo arcticus ) ; Kudolphi l'a observé dans le poumon, le foie et 1 intestin du Phoque [Phoca vitulina) , dans l’intestin de la Loutre [I.utra vulgaris), et dans les reins du Cheval ainsi que du Bœuf; enfin on l’a reconnu encore dans les reins du Kenard et dans ceux du Canin jubatus, de l'Amérique méridionale.
Ces Vers, trouvés dans des animaux si éloignés les uns des autres,
! et dont le régime, le pays, et même le milieu diffèrent tant, apparj tiennent-ils à une seule et même espèce? C’est ce que le temps I nous apprendra.
Comme c’est avec l’Ascaride lombricoïde que l’on pourrait le ] plus facilement confondre le Strongle géant, nous ferons remarquer que l’Ascaride a trois éminences papillaires autour de la bouche, tandis que le Strongle géant en a six. Chez le Strongle i ces éminences sont en même temps plus petites. En outre, quand les Vers sont encore frais ou vivants, le Strongle géant se reconnaît toujours à sa couleur rougeâtre, tandis que l’Ascaride est d’un blanc mat.
Ce Ver est-il propre à l’homme ou ne l’attaque-t-il qu’ac- ! cidentellement? Partout il est d’une rareté excessive, aussi bien
I, chez l’homme que chez les animaux, et malgré son énorme taille et les ravages qu’il cause, il serait difficile de dire à quel animal il appartient en propre.
Depuis que l’on s’occupe d’anatomie pathologique, on n’a fait aucune observation qui puisse nous apprendre comment ce singu- | lier parasite envahit le corps de l’homme ou celui des animaux. On a remis tout récemment it notre examen un Ver qui, d’après le rapport du médecin, avait été extrait de la vessie d'une femme, et que l’on regardait comme un Strongle; mais c’était un Ascaride lombricoïde de taille ordinaire. Nous avons de la peine à croire qu’il n’y ait pas eu d’erreur quant à l’organe d’où il a été rejeté, quoique la note qui en accompagnait l’envoi renfermât les détails les plus circonstanciés.
Strongle pilaire Slrongylus filaria). — Ce Ver parait se trouver quelquefois assez abondamment dans la trachée et les bronches du Mouton et de la Chèvre ; il peut même causer la mort, et mérite à
(1) Grotius rapporte qu’on trouva une pierre et un Ver dans les reins du grand-duc Ernest d’Autriche, mort en 1595 dans les Pays-Bas, dont il fut gnu verneur.
VERS
cause de cela d’attirer plus particulièrement l’attention des hommes de l'art.
P. Cowper en a trouvé par milliers dans les bronches de Veaux morts pendant une peste des hôtes à cornes. Un Antilope Bubale, mort à Gand,en avait les bronches farcies; il y avait presqu’autant de mâles que de femelles.
Ce Ver a le corps filiforme, très long, un peu aminci vers les deux bouts et entièrement blanc; sa tête est obtuse; on ne voit pas de stries transverses dans sa peau. Les lèvres de la bouche portent trois petites papilles. La queue du mâle présente une bourse soutenue par dix rayons tantôt unifides tantôt bifides. La femelle a le corps terminé par une pointe aigue et sa queue est droite. La vulve est située en arrière de la partie moyenne du corps.
Ces Strongles sont ovovivipares.
Le mâle est long de 50 à 60 millimètres; la femelle a des dimensions doubles.
Daubenton a parlé de ces Vers dans ses Instructions pour les bergers et pour les propriétaires de troupeaux.
Ils habitent la trachée-artère, les bronches et les poumons. On les a trouvés, non-seulement dans le Mouton et la Chèvre, mais aussi dans le Mouflon, dans les Antilopes • Bubale et Dorcas, dans le Chameau et dans le Dromadaire. Ces observations ont été faites par Daubenton, Sick, Flormann, Bremser et Gurlt.
Strongle contourné (. Strongylus contortus ). — Cette espèce habite, non pas les voies respiratoires comme la précédente, mais les voies digestives; c’est Fabricius qui l’a trouvéele premier en Danemark.
Son corps est filiforme, effilé aux deux bouts, mais surtout antérieurement; sa tête est tronquée et ovale; sa bouche est petite.
Le mâle porte une bourse à deux lobes et chaque lobe est soutenu par cinq rayons; les lobes sont très étendus. Le corps de la femelle est terminé en pointe très aiguë ; sa vulve s’ouvre à une courte distance de l’extrémité caudale. La tête est rouge, le tube digestif noir et les ovaires d’un blanc mat; ceux-ci se détachent nettement et contournent , le tube digestif d’une manière régulière.
Le mâle a de 18 à 20 millimètres de long, et la femelle jusqu’à 1 décimètre.
Nous avons trouvé ce Strongle dans la caillette et les intestins grêles d’un Antilope Dorcas, mort en ménagerie. Il y avait des mâles et. des femelles. Ces dernières se distinguent surtout par la manière dont leur ovaire tout blanc s’entortille régulièrement et de
NÉMATOÏWES. H 5
distance en distance autour du tube digestif qui est tout noir. C’est ce dernier caractère qui a valu à l’espèce le nom de Strongle contourné, lequel est parfaitement justifié. La tète du Ver est rouge ; le commencement du tube digestif à une teinte verdâtre.
Cet helminthe a été observé dans l’estomac du Mouton, du Mouflon, de la Gazelle et du Chamois.
M. üiesing n’accepte pas la synonymie qui en a été donnée par M. Dujardin.
Strongle veineux [Strongylus venulosus) . — Le corps de ce Ver est presque droit et un peu aminci en avant ; la tète est obtuse avec la bouche nue et sans papilles.
Strongle a long vagin (Strongylus longevaginntus). — Ce Ver n’a encore été décrit que par M. Diesing, qui l’a reçu du docteur Rokitansky. Le docteur Jovisits l’a trouvé en Transylvanie dans la substance pulmonaire d’un enfant de six ans; il y en avait plusieurs individus, les uns libres, les autres adhérant au tissu pulmonaire ; on peut se demander s’il a quelque rapport avec le Filaria hominis bronchialis, observé par Treutler dans lesglandes bronchiales d’un jeune homme.
Ce Ver a le corps allongé, droit, d’un blanc jaunâtre, un peu effilé aux deux bouts chez la femelle, en avant seulement chez le mâle ; l’extrémité caudale de ce dernier est recourbée; la bourse est bilobée, presque en forme de cloche, chaque lobe portant trois rayons ; pénis très longs, linéaires, atteignant presque la moitié de la longueur du corps, de couleur orange et finement striés en travers; la partie postérieure du corps de la femelle est terminée par un onglet, et l’orifice sexuel s’ouvre au-dessus du bout caudal. La tète est conique, tronquée ou ailée, et la bouche est garnie de quatre à six papilles.
Longueur du mâle, 8 millimètres; grosseur, 3/ù de millimètre.
Longueur de la femelle, 55 millimètres; grosseur, 1 millimètre.
Ces Strongles sont vivipares.
Strongle paradoxal ( Strongylus paradoxus). — Ce Ver est filiforme, blanc ou gris brunâtre ; sa tête est conique et montre une bouche dont le bord porte trois petites papilles; le mâle a une bourse à deux lobes et avec des rayons. Le corps de la femelle est droit et aminci en arrière. Celle-ci est vivipare.
Le mâle mesure 25 millimètres de longueur; ta femelle 40.
Habite la trachée et les bronches du Cochon. Ebel Modeer, Mehlis et llremser l’ont observé en Allemagne et en Autriche > Rayer, Chaussât et Dujardin à Paris, Bellingham en Irlande.
VERS
Strongle micrure i Strongylus mierurut). — Le corps est filiforme, la tête arronrlie sans ailes; la bouche portant trois petites papilles. Le mâle a la bourse tronquée, marquée rie cinq rayons; la femelle a l’extrémité caudale pointue, et son orifice sexuel s’ouvre audevant de la partie moyenne du corps. Elle est vivipare.
Le mâle a âO millimètres de longueur, la femelle le double.
Cowper avait déjà observé des milliers de ces Vers dans les bronches et les poumons du Veau, et depuis il en a été revu dans le même animal (Veau et Bœuf) par Nicholls et Mehlis; Eichler l’a également observé dans le Cheval, à Berlin ; Gurlt, dans l’Ane, et Mehlis dans le Daim. Nous l’avons vu dans le Bœuf, en Belgique.
Strongle radié ( Strongylus radiatus). — Le corps du Ver est droit, assez épais, blanc ou rougeâtre, un peu effilé en avant. La tête est obtuse. Le mâle a la queue tronquée et la bourse papillaire ; son corps est terminé par une bourse à deux lobes, tronquée et montrant plusieurs rayons. Le corps de la femelle se termine postérieurement sans former de courbure et en s’arrondissant ; l’orifice sexuel est situé très loin en arrière.
Le mâle a 25 millimètres; la femelle en a 3â.
Habite l’intestin grêle du bœuf.
Strongle nodulaire ( Strongylus nodularis). — Ce Ver, découvert d’abord par Frœlich, a été retrouvé par plusieurs naturalistes, et toujours dans les voies digestives des oiseaux aquatiques.
Il a le corps capillaire, très grêle en avant;. la tète globuleuse, tronquée en avant ; la bouche sans papilles. Le mâle a la bourse bilobée, soutenue de chaque coté de U à 5 rayons convergents. La queue de la femelle, est droite et terminée en pointe.
Le mâle a 15 millimètres de long, la femelle 25.
Il a été trouvé dans le Canard sauvage, le Canard domestique,
1 ’ Anas ulbifrons , l’ Anas segetum, l’ Anas clangulu, Y Anas fnsea, VA nas nigra, Y Anus querquedula, l’Anos marila, l’Anas Pénélope, YAnas leucops, YAnas crecca , Y A nas fuligula, YAnas mollissima et le Fulica atra.
Habite l’œsophage, le gosier ou le duodénum de ces Palmipèdes.
Strongle perforant ( Strongylus tubifex . — Ce Ver a été observe dans un grand nombre d’oiseaux aquatiques, et a été placé par M. Diesing dans son genre Eustrongylus avec l’espèce géante de ce groupe.
Le corps est renflé vers le milieu, épais et contourné; il s'amincit brusquement vers les extrémités ; la tète est obtuse et on voit six papilles coniques autour de la bouche. L’extrémité caudale du
NÉMATOÏDES. 117
mâle est recourbée et obliquement tronquée; la bourse est en forme de cloche. La femelle a la queue droite et obtuse, avec l’orifice sexuel ouvert très avant. Elle est vivipare.
Le mâle a 18 millimètres; la femelle en a 35.
Gn l’a trouvé dans les oiseaux suivants: Mergus serrator , M. i libellas, il/, mergnnser, Colymbus septentrionalis, C. arcticus , Podiceps cristalus, P. minur, Anas boschas, A. crecca, A. acuta , A. clypeata et Alcu torda. Il habite librement le canal digestif ou dans des tubercules de l’œsopliage (Diesing).
Genre Proshecosacter. — Il a été établi par Diesing pour des Vers qui étaient confondus avec les Strongles, et qui diffèrent d’eux autant par leurs caractères anatomiques que par leur genre de vie.
Ce sont jusqu’à présent les seuls Vers connus qui vivent dans les bronches, dans les artères et veines pulmonaires, dans la veine azygos et même dans l’intérieur du cœur.
Diesing en établit trois espèces : P. inflexus ou minât', P. convolutus, P. alatus.
Nous avons trouvé en abondance le P. inflexus ou minor, que M. Dujardin nomme Stenurus inflexus, dans les bronches du Marsouin.
La tète est arrondie et la bouche terminale sans lèvres ni papille; Je mâle est bifide en arrière et porte doux pénis courts et semblables.
11 y en avait de vingt-cinq à trente dans chaque bronche, la bouche appliquée aux parois et formant une sorte de plumasseau qui doit sensiblement oblitérer la capacité de ces organes.
Longueur du mâle, 50 millimètres; de la femelle, 150 millimètres.
Les ASCAKIDÉS dont le nom rappelle celui des Ascarides, l’un de leurs genres principaux, ont habituellement la bouche triangulaire et à trois lobes papilliformes ; leur pénis s’ouvre un passage près de l’extrémité postérieure du corps , qui est terminée en pointe.
On les partage en Ascaris, Oxyurus, Ozolaimus, Heligmus et Heterakis.
Le genre Ascaride [Ascaris] est du nombre de ceux dont les mâles ont deux spiculés pour pénis; leur bouche est entourée de trois lobes égaux très saillants et très nettement séparés. Leur œsophage n’est pas précédé par un pharynx distinct, ce qui les dis. tingue des Heterakis (Dujardin), comprenant les Ascaris vesicularis,
VERS
acuminata et bramcaudata. Plusieurs espèces d’Ascarides véritables méritent une mention spéciale, et parmi elles nous devons d'abord signaler le Ver lombric ou l’Ascaride ordinaire, qui est si fréquent dans l’espèce humaine.
Ascaride i.omrricoïde ( Ascaris lumbricoides) . — Ce Ver, qui est un des plus communs chez l’homme, Img. 111. — Ascaride lombri- esj. connu depuis les temps les plus reculés, et il est fort étonnant que les naturalistes aient été si longtemps avant de reconnaître les caractères qui le distinguent d’avec les Vers Lombrics qui vivent librement dans le sol. On a longtemps discuté sur la question de savoir, • si les Lombrics entozoaires ne vivaient pas d’abord dans la terre sous la forme de Lombrics annélides , et, plus tard , les premiers auteurs qui ont eu reconnu que cela n’était pas, en ont tiré la conséquence non moins erronée que les parasites doivent se former de toutes pièces dans le corps des animaux qui les nourrissent.
Le corps de ces Vers est assez épais* cylindrique , aminci aux deux extrémités, roide et élastique ; il est d’un blanc de lait. La tète est petite,et montre trois valves qui portent chacune une papille ; c’est au milieu de ces papilles que se trouve la bouche.
Le mâle a la partie postérieure du orps courbée et légèrement déprimée; les spiculés de son pénis sont presque droits et aplatis. Tl est long de 160 à 170 millimètres, et large de 3 millimètres environ.
La femelle a la queue conique et obtuse, et son orifice sexuel est situé vers le milieu de la longueur du corps. Elle est longue de 250 à 300 millimètres et large de U à 5 millimètres.
(*) «, Ascaride lombricoïdf. femelle «le l'homme : b% son extrémité antérieure grossie’, vue de cote; c, lu même vue de face, montrant lu bouche au centre, entourée de trois mamelons ayant chucun un sillon qui empiète sur leur angle interne ; e, l'extrémité poslci ieure grossie; un individu mâle de grandeur naturelle.
NÉMATOÏTffiS. il 9
Ce Ver est facile à distinguer de tous les autres helminthes de l'homme par sa grosseur et sa longueur, ainsi que par sa couleur blanche, et surtout par les trois éminences ou papilles disposées en trèfle autour de sa bouche.
Il est surtout propre à l’enfance et habite l’intestin grêle. Il y a peu d’enfants qui n’en nourrissent, quelle que soit leur constitution, et : au lieu de regarder leur présence comme un état maladif, on doit plutôt la considérer comme un état normal. De tous temps les médicaments qu’on a administrés contre ces Vers ont causé plus i de mal et ont produit plus d’accidents que les Vers eux-mêmes.
Quoi qu’il en soit, ce sont plus particulièrement les Ascarides lombricoïdes qui ont donné lieu aux nombreuses considérationsde patho- ! logie générale concernant les Vers, et la théorie de l’état vermineux i repose principalement sur les notions incomplètes ou inexactes que la science avait autrefois réunies à leur égard. On ne saurait nier cependant que leur trop grande multiplication n’ait besoin d’être combattue, et les mères de famille savent aussi bien que les médecins combien leurprésence peut, dans certains cas, occasionner d’accidents. Des irritations du tube digestif et des phénomènes nerveux quelquefois très inquiétants sont au nombre des plus fréquents.
C’est en particulier ce qui a lieu lorsque ces Vers se sont développés en grande quantité, et qu’ils se sont pelotonnés dans l’intérieur des intestins, ou bien lorsqu’ils sont remontés dans l’œsophage et qu'ils se sont égarés dans les voies respiratoires (1). Dans ce dernier cas la mort par suffocation peut être la conséquence de cette migration (Lepelletier, Lebert, etc.).
Voici, d’après Estor, le cas observé par le docteur Lepelle-
(1) Guersant distinguait deux sortes d’abcès vermineux dus à la présence des Ascarides, les abcès vermineux non stercoraux et les abcès vermineux stercoraux. Dans les premiers l'ouverture par laquelle passent les Vers est tellement étroite qu’elle ne laisse pas échapper de matières fécales dans le foyer de l’abcès, le simple écartement des tissus parait alors suffire au passage de ce Vers. Au contraire, dans le second cas, elle permet la filtration des excréments. Au dired’Estor les abcès stercoraux sont ordinairement accompagnés des symptômes d’une entérite aiguë, ou tout au moins d’un embarras gastro-intestinal. Au milieu de ces symptômes plus ou moins tranchés survient une douleur vive, profonde, et comme pongitive, dans un des points de la cavité abdominale, et, peu de temps après, on découvre à l’aine ou ù l'ombilic une tumeur arrondie, très douloureuse au loucher, rénitenle d’abord, rouge et fluctuante ensuite, oITrant tous les symptômes d’un véritable phlegmon. L’abcès ayant été ouvert, soit spontanément, soit par l’effet de l’art, il s'en écoule du pus accompagné de liquides fétides qui ont tous les carac-
VERS
lier. Un enfant de douze ans mourut au milieu des plus violentes convulsions. Son œsophage présentait à droite, vers le milieu de la longueur, une ulcération de 6 à 8 lignes de diamètre. Cette ulcération communiquait avec une cavité creusée dans la partie inférieure du lobe pulmonaire moyen. Lieux Vers lombrics longs de â il 5 pouces étaient contenus dans cette cavité, et un troisième se trouvait encore engagé dans l’ulcération.
On dit aussi que les Ascarides déterminent parfois la perforation de l’appendice vermiculaire du cæcum, et même celle de l’intestin proprement dit. Dans ce cas, ils donnent lieu à des abcès vermineux (Mondière, Guersant, etc.). Quelquefois les Ascarides pénètrent dans l’appareil biliaire, et M. le professeur Bouisson, de la Faculté de Montpellier, cite l’exemple très curieux d’un fragment de Ver de cette espèce qui serait devenu le noyau d'un calcul biliaire. M. Tonnelé a vu des abcès du foie occasionnés par l’introduction des Ascarides dans les voies biliaires. Mais ces accidents sont rares, et, d’ailleurs, il n’est pas toujours facile, à l’autopsie, de décider si le Ver s’est frayé son passage avant ou après la mort.
On trouve aussi les Ascarides lombricoïdes dans l’estomac, dans l’œsophage, dans le conduit cholédoque, dans le conduit pancréatique (Rokitansky) , dans le cæcum (Weisse: , et quelquefois même dans des tumeurs (1) ; si on les rend habituellement par l’anus, il n’est pas rare d’en voir rendre aussi par la bouche ; et quoiqu’ils soient incomparablement plus nombreux chez les enfants que chez les sujets adultes il peut en exister également chez ces derniers, et l’on en voit chez des individus de tous les âges.
Pendant longtemps on a confondu l’Ascaride du Cheval avec celui de l’homme; c’est J. Cloquet qui a le premier fait connaître
tères des matières fécales, et qui, quelquefois même, sont mélangés de débris d’aliments. Du milieu de ces liquides sortent un ou plusieurs Vers lombrics, et bientôt la tumeur s’affaisse, mais elle conserve toujours une espèce de bourrelet plus ou moins étendu et dur, au centre duquel se trouve une Qstulc stercorale qui tantôt guérit facilement, et tantôt, au contraire, résiste plus que celle qui succède à la hernie étranglée avec gangrène. (Estor, Application de l’analyse clinique à la pathologie chirurgicale ; I8H6, t. II, p. 1099.)
Voir, pour plus de détails sur les accidents occasionnés par les Vers lombrics, Rilliet et Barthez, Maladies (les enfants.
(I) Grâce aux soins intelligents de M. Valenciennes, le Muséum d'histoire naturelle de Paris possède un foie de jeune fille qui a été presque entièrement détruit par les Ascarides. f&I. Blanchard, Voyage en Sicile, p. 228.)
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les différences spécifiques de ces Vers. L’Ascaride du Cochon que Dujardin avait nommé Ascaris suilla, ne paraît pas devoir être séparé de l’Ascaride humain (1).
L’Ascaride lombricoïde a été observé dans toute l'Europe, en Égypte, dans l’Afrique centrale, et même au Brésil, d’après tydterer. M. Yinson le cite à la Nouvelle-Calédonie.
Ce Ver, propre à l’homme, a été trouvé dans le SangUer, dans le Cochon et dans le Bœuf (Bremser) ; le Pécari du Brésil l’a aussi fourni à Natterer. Nous avons constaté sa présence chez l’Orang- Outan qui vivait au Muséum à Paris, en 1836, ainsi que chez un Daw, espèce de Zèbre, et chez un Phoque qui sont morts dans la même ménagerie.
Aristote connaissait déjà les Ascarides de l’homme. Si quelques auteurs du dernier siècle les ont regardés à tort comme des animaux congénères des Lombrics, l’absence de soies ambulatoires chez les Ascarides et tous les détails de leur organisation permettaient de rectifier aisément une telle confusion. Dès 1685, Tyson avait déjà indiqué la plupart de ces différences, et cependant Bréra a essayé, il y a seulement une cinquantaine d’années, de soutenir l’opinion ridicule que les différences d’organisation qu’on remarque entre ces deux genres de Vers proviennent de ce que les endroits où s’opère le développement des Ascarides étaient différents de ceux où vivent les Lombrics, et aussi de ce que la nourriture de ces animaux n’est pas la même.
Le Stomachide de Perreboom n’est qu’un Ascaride lombricoïde mutilé ou défiguré, et l’animal trouvé par Treutler parmi beaucoup d’Ascarides de la même espèce, lui est également identique, bien que, par anomalie, les valvules de sa bouche ne fussent qu’au nombre de deux.
L’anatomie des Ascarides a été faite par un assez grand nombre d’auteurs, parmi lesquels nous citerons plus particulièrement Rudolphi, Cuvier, Meckel, de Blainville, ainsi que MM. J. Cloquet, Morren et Blanchard.
Ascaride ailé [Ascaris alata). — Ce Ver a été observé dans les intestins grêles de l’homme, à Dublin, par Bellingham, qui pense que la même espèce de parasite avait déjà été vue par Thompson.
La tête de l’Ascaride ailé est munie de deux ailes membraneuses qui lui ont valu son nom spécifique; elles sont demi-transparentes, longues de 3 millimètres, plus larges en arrière qu’en
(l) Diusing, Sysl. Helm'tUhum, t- II, p. 1G8.
VERS
avant, presque comparables aux ailes membraneuses de V Ascaris rmjstax du Chat. L'extrémité antérieure est infléchie tandis que l’extrémité opposée est droite.
M. Bellingham n’en a observé que deux femelles, longues de 88 millimétrés, larges de 1""",50 on avant et de l",m,57 en arrière.
Ne serait-ce pas, comme le suppose M. Diesing, un Ascaride lombricoïde dont l’épiderme de la tète se serait en partie détaché? Nous le croyons, sans pouvoir l’affirmer.
Ascaride du cheval (Ascaris megalocephalo). — Cette espèce a été longtemps confondue avec l’Ascaride lombricoïde dé l’homme. C’est M. J. Cloquet le premier qui l’en a distinguée. Goeze les avait considérées l’une et l’autre comme appartenant seulement à deux races.
L’Ascaride du Cheval a la même taille que celui de l’homme ; il en diffère surtout par la forme de ses valves céphaliques, qui sont, comme M. J. Cloquet l’a fait observer, plus arrondies et plus larges. M. Blanchard dit aussi que le corps est d’un blanc jaunâtre uniforme dans l’espèce du Cheval, ce qui n’a pas lieu pour celle de l’Homme et du Cochon.
On observe communément ce Ver dans l’intestin des Chevaux, surtout dans les vieux. M. Ercolani assure en avoir obtenu le développement artificiel dans les poumons du Chien.
On possède, au musée de l’École vétérinaire de Munich, 3âè Ascarides mégacéphales trouvés dans le corps d’un cheval : il y en avait 12 dans l’estomac, 25 dans le duodénum, 295 dans le jéjunum, 9 dans l’iléon et 3 dans le cæcum.
M. Blanchard a donné une anatomie de cette espèce dans ses recherches sur l’organisation des Vers (1).
Ascaride du chat ( Ascaris mystax ). — Ce Ver a été trouvé dans diverses espèces du genre Felis, par exemple dans le Lion, le Lynx, le Guépard, le Chat sauvage et le Chat domestique. Il est probable que les grandes espèces dont nous venons de parler ont pris ce parasite pendant leur captivité dans les ménageries.
Cet Ascaride a la forme ordinaire des Vers de ce genre, mais ii se distingue surtout par les deux ailes membraneuses qui lui donnent l’aspect d’une pointe de flèche. Le mâle a 50 millimètres de long, la femelle 85 ; la plus grande épaisseur est de 1 millimètre et demi.
(1) Voyage en Sicile, p. 220, pl. 18, fig. 1.
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Fig. 112. — Ascaride myslax (du Guépard ) (*) .
L’estomac d’un Guépard que nous avons ouvert, contenait 30 Ascarides de cette espèce ; sur ces 30 Ascarides, il y avait 3 mâles (1).
Ascaride du chien Ascaris marginata ). —
Ce Ver est connu depuis bien longtemps, et il y a peu d’helminthologistes qui n’en aient fait mention.
Il se distingue par son corps blanc ou légèrement brunâtre, par sa taille, qui, chez le mâle, a 75 millim. de long, sur 1 millim. à '1 millim. et demi de largo , et, chez la femelle, 110 millim. de long; la tête porte deux ailes membraneuses, et chaque lobe montre au milieu une papille saillante.
11 est commun dans l’intestin grêle du Chien et on le trouve aussi dans le Loup et le Chacal.
On l’a observé dans presque toute l’Europe, etNatterer l’a reconnu au Brésil chez le Chien ordinaire et chez le Canis Azarœ.
Nous en avons observé sur de jeunes Chiens qui n’avaient encore pris d’autre nourriture que le lait de leur mère.
Ascaride du mouton [Ascaris ovis). — Cette espèce doit être inscrite parmi celles qui demandent de nouvelles recherches pour être admises définitivement. (*)
(*) a, le mnle; b, lu femelle ’, c et d, les expansions uliformus de sa partie antérieure, de fucc et de profil.
(1) C’est sur cette espèce que M. Nelson a fait des observations sur l’introductiou des spermatozoïdes daus l’intérieur de l’ovule.
M. Claparède a récemment publié une notice au sujet du débat survenu entre M. BischofT d’un côté, et MM. Nelson, Meisner et Thompson de l’autre, sur la question de savoir si les spermatozoïdes pénètrent réellement dans l’intérieur de l’œuf et jouent chez les animaux un rôle analogue à celui du pollen et du boyau pollinique chez plusieurs plantes phanérogames. M. BischofT avait considéré les spermatozoïdes des Vers nématoïdes comme de simples cellules épithéliales. M. Claparède les regarde, avec MM. Nelson, Meissner et Thompson, comme de véritables corpuscules spermatiques, mais il nie l’existence d’un micropyle daus les œufs des Nématoïdes dont il s'agit ici. L’existence du micropyle est d’ailleurs incontestable chez d'autres animaux, et eu particulier chez certains insectes, ainsi que le prouvent les observations de M. Leuckart. Voir Nelson, Sur la formalion des œufs el la fécondation des Némato'idcs (Zeilschr. f. Wiss. Zool., t. IX, p. 106. 1857).
VERS
Ascaride du paca (Ascaris nncinata ). — Ce Ver a été observé dans l’intestin cæcum du Cavia aperça et du Cœlogenys paca.
Son corps est un peu plus gros en avant qu’en arrière ; sa tête est nue ou sans ailes membraneuses, à valves assez longues et obtuses. Le mille a 18 millimètres de long, la femelle de 25 à 30.
Natterer l'a observé au Brésil dans le Cœlogenys paca.
Ascaride du pigeon (Ascaris maculosà). — Cette espèce, signalée d’abord par Goeze, puis par Rudolphi, Heister et Gebauer, a été trouvée dans l’intestin grêle de plusieurs espèces.
M. Dujardin ne s’accorde pas avec Rudolphi au sujet des ailes latérales de sa tête ; il ne les a pas observées. On voit dans cette espèce des corpuscules diaphanes plus grands que les œufs qui lui donnent un aspect tacheté ; c’est ce qui a valu à ce Ver le nom de maculosa. On retrouve aussi de semblables corpuscules dans les Ascarides du Perroquet ; M. Dujardin dit qu’il les croit analogues aux Acéphalocystes.
Le mâle a 60 millimètres de long, la femelle 50.
Ascaride des gallinacés ( Ascaris vesicularis). — Ce Ver a été trouvé dans un grand nombre de Gallinacés et aussi dans quelques Palmipèdes lamellirostres.
La partie antérieure de son corps est communément enroulée, tandis que la postérieure est presque droite ; sa tète est petite avec des valves obtuses et courtes ; on voit une première cavité pharyngienne qui commence aux valves buccales, et une seconde vers la partie inférieure du bulbe œsophagien; ce bulbe est très gros en dessous. Dans le mâle, il existe une grande ventouse au-devant des spiculés qui sont inégaux ; un de ces spiculés est trois fois plus long que l’autre, et la partie postérieure du corps est entourée dans ce sexe d’ailes membraneuses soutenues par des rayons. La femelle a la vulve vers le milieu du corps.
Le mâle a 8 millimètres de long, la femelle 12.
M. Dujardin, à cause de l’inégalité des spiculés, de la position de la vulve et du mode de division de l’utérus, a pris ce Ver pour type d’un genre à part qu’il nomme Heterakis.
Sur cent quatre-vingt-dix Poules examinées, cent sept contenaient des Vers de cette espèce. Elle est surtout commune dans les cæcums.
Ascaride gidueuse (Ascaris gibbosu) . — Zeder ayant seul vu ce Ver et ne l’ayant décrit que longtemps après, d’après ses souvenirs, on doit, dit AI. Dujardin, en considérer l’espèce comme très douteuse. Elle a été observée une seule fois dans l’intestin du Coq.
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Ascaride de la POULE (Ascaris indexa). — Ce Ver a le corps également aminci aux deux bouts, et porte deux membranes latérales sur toute sa longueur ; les valves de la tête sont grandes, avec des papilles à la face externe. Il a une teinte jaunâtre.
Le mâle a âO millimètres de long, la femelle 70.
Sur quatre-vingt-quatre Poules, M. Dujardin a trouvé trente fois ce Ver, et toujours dans l’intestin grêle.
Ascaride du dindon (Ascaris perspicellurn) . — M. Dujardin pense que cette espèce, établie par Rudolphi d’après des femelles non adultes provenant de l’intestin grêle du Dindon et à une époque où il confondait les Ascarides de la Poule, est simplement une Ascaris inflexa.
Ascaris de l’oie ( Ascaris dispar). — Cette espèce, qui ne diffère guère de l’ Ascaris vesicularis que par ses dimensions presque doubles, a été observée par Frœlich, Zeder et Schrank dans le cæcum de l’Oie grasse. Rudolphi ne l’a pas vue et M. Dujardin dit qu’on ne l’a trouvée ni en France, ni en Angleterre; nous ne l’avons pas non plus observée en Belgique, mais il est vrai de dire que les Oies y sont rares.
M. Diesing la cite dans les Anas anser, leucops, canadensis et moschata.
Le corps de l’Ascaris dispar est aminci, surtout eu arrière, et il porte deux ailes latérales qui s’étendent de la tète jusqu’à la queue. Le mâle montre aussi une ventouse en avant des spiculés.
Le mâle est long de 18 millimètres, la femelle de 23.
Ascaride du cygne • Ascaris anatis cygnoidvœ) . — Ce Ver, décrit par Creplin, réclame de nouvelles recherches. La tète porte deux ailes un peu lancéolées, et le corps de la femelle est plus aminci en avant; il est long d’environ 30 millimètres.
Trouvé dans l’œsophage du Cygne.
L’Ascaride capsulaire ( Ascaris capsularia), qui est le même animal que le Gordias marinus de Linné, est un des Vers les plus communs dans le corps des Poissons de mer. On le trouve tantôt enkysté dans le péritoine, tantôt libre dans le canal intestinal ; il est alors complet et sexué. Presque tous les Poissons en renferment, surtout à l’état enkysté, et il peut s’y rencontrer par centaines. La femelle est plus grande que le mâle; elle peut atteindre jusqu’à 0,80 de longueur. Ces Vers ont la vie très dure. Nous en avons conservé en vie au delà de trois semaines en les tenant simplement dans de l’eau de mer.
Aux 17â espèces d’Ascarides mentionnés dans son Systema Hel -
vers.
minthum, M Uiesing vient d’en ajouter encore seize nouvelles d’après les descriptions de divers auteurs fl).
Le genre Oxyure ( Oxyurus ) a pour caractères principaux d’avoir la bouche à trois lobes peu saillants et le spiculé pénial unique, court et falciforine.
Oxyure ver.micui.aire ( Oxyurus vermicutaris). — Malgré la petitesse de sa taille, ce Ver pa- Fig.113. — Oxyure ver- Fig. il i. — Oxyurcvcr- rasite était déjà connu d'Hipmiculaire femelle (*). miculairc mile (**). p0crate. Il le désignait SOUS
le nom de Les mères
de famille en général le connaissent aussi bien que le médecin ; elles savent qu’il habite souvent le rectum des enfants, et qu’on en voit souvent en quantité considérable au pourtour de l’anus où il cause, surtout la nuit, des démangeaisons parfois insupportables. Les Oxyures descendent, jusqu’à l’orifice anal, et cherchent même une issue vers le soir ou au commencement de la nuit; c’est pour ce motif que le plus souvent les démangeaisons se déclarent seulement à la fin du jour et non le matin.
Le mâle n’a que de 2 à 3 millimètres, avec la queue enroulée en spirale et la pointe très courte : c’est Soemmerring qui l’a connu le premier.
La femelle est longue de 9 à 10 millimétré^, avec le corps très aminci en arrière.
Dans les deux sexes le corps est fort mince, blanc et très élastique.
La bouche est ronde quand elle est en repos, mais en protraction elle devient triangulaire et montre son bord- légèrement trilobé. L’œsophage est charnu et
(*) fl. Do grandeur naturelle, b. Très grossie.
(•*) a. De grandeur naturelle, b. Très grossie.
(1) Scchsehn Arien von Newatoidcii (Dcitkschr.
der Math. Nalurw. Wien.
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musculeux, pourvu d’un canal triquètre, et il sc sépare nettement du ventricule.
On a observé ce parasite dans toute l'Europe et en Afrique.
Ce Ver doit être considéré comme propre au rectum des enfants, mais il se trouve quelquefois plus haut dans l'intestin (1), et dans d'autres cas il s’introduit de l'anus dans le vagin. On le découvre aisément à l’extérieur quand les enfants en sont incommodés ; on en trouve quelquefois dans leurs lits; le plus souvent ils sont communs dans les selles.
Le remède le plus simple, en même temps le plus efficace, est d’expulser les Vers au moyen d’un lavement à l’eau froide qui les emmène en grand nombre lorsqu’il est rejeté de l’intestin. Ces parasites meurent d’ailleurs très rapidement dans l’eau pure.
MM. Barthez et Rilliet (2) indiquent aussi comme remède contre les Oxyures les lavements d’absinthe, d’ail et d’asa fœtida, d’huile d’olive, d’eau de chaux et de sulfure de potassium.
11 est inutile de faire remarquer que le soin principal et même unique du médecin doit être d’expulser le Ver, et qu’il n’a guère à s’occuper ni de la constitution du malade, ni de son état moral. Bien des médecins croient, sans doute à tort, avoir vu naître ces Vers sous l’influence d’une forte impression morale ou d’un régime débilitant; les aliments végétaux mangés crus paraissent être une cause bien plus certaine de leur apparition.
On a dit à tort que les Oxyures s’introduisaient dans l’économie à l’état de larves au milieu de la farine, et que le Blé niellé renferme de jeunes Nématoïdes qui deviendront plus tard des Oxyures.
D’après M. Marchand, le Prurigo podicis de Willan est généralement dù à la présence des Oxyures.
Il y a des accidents locaux et des accidents généraux qui surviennent par suite de la présence de ces Vers, et qui peuvent devenir graves, même chez les adultes. Les premiers sont les démangeaisons au fondement, les excoriations, l’eczéma de cette région, le ténesme, la chute du rectum, l’uréthrite, la nymphomanie, etc.; les seconds sont l’amaigrissement et l’hypochondrie, mais ces derniers sont plus rares.
Beck a vu survenir la nymphomanie chez une femme de soixante et dix ans qui avait des Oxyures; cet état cessa par des injections dans le vagin qui firent périr les Vers (Cruveilhier).
M. Raspail, dans plusieurs de ses écrits* et surtout dans son
(1) Bremser dit en avoir observé dans le cæcum.
(2) Traité des maladies des infants.
128 VERS
Histoire de la santé cl de la maladie, fait jouer un très grand rôle aux Oxyures dans la production d’un grand nombre d’affections ; maison ne peut nier qu’il n’y ait de l’exagération dans sa manière d’envisager les faits connus.
Chez les petites tilles, l’onanisme a souvent pour cause la présence d’Oxyures dans les organes sexuels.
Les auteurs citent des cas de malades qui ont rendu des Oxyures toute leur vie ; M. Cruveilhier rapporte qu’il a donné des soins à un sujet qui en était affecté depuis dix ans. M. Marchand a vu un malade qui en a été tourmenté pendant quinze ans.
Les Oxyures rendus par un individu peuvent-ils passer dans le corps d’un autre. Cela est peu probable, même en supposant deux individus couchés dans le même lit. C’est très probablement à l’état de germes, ou lorsqu’ils sont encore très petits qu’ils s’introduisent dans le canal intestinal, soit par l’intermédiaire de certaines eaux, soit au moyen des aliments crus, et en particulier des fruits. Les fraises paraissent surtout en donner.
M. Marchand, n’acceptant pas les assertions des helminthologistes, et ne voulant admettre que ce qu’il croit avoir vu, arrive à ce résultat singulier : que la nutrition s’opère chez les Oxyures par la surface externe de la peau, comme celle des Acéphalocystes. Il n’a aperçu en effet d’autres traces de l’organisation des Oxyures que des globules renfermés dans un sac, et peu de traces d’appareil digestif. Quand on n’observe pas d’une manière complète, ne ferait-on pas mieux de s’en rapporter à ce que disent les autres?
Un malade tourmenté par les Oxyures a dépeint lui-même ses souffrances de la manière suivante :
«Cette maladie en apparence si simple est pour moi un supplice. Chaque soir, entre cinq et six heures, lorsque les premières douleurs se font sentir, je deviens pâle, j’ai des horripilations, je parais troublé; mes camarades s’en aperçoivent facilement; plusieurs fois j’ai eu des frissons. Je ne peux tenir en place; je suis obligé de marcher, de m’agiter; si je suis dans un lieu public, je sors à l’instant et je cours prendre des lavements à l’eau froide, qui ne me soulagent pas toujours, et je suis alors au supplice : je me déchire le périnée et les bourses, je suis obligé d’uriner à chaque instant (1), »
Oxyure nu cheval ( Oxyurus equi ). — Cette espèce a été désignée
(I) Marchand, Gazette des hùpit., t. IX (18*7), p. 367, 395, ioa, 503.
NÉMATOÏDES. 129
depuis Rudolphi sous le nom d’O. curuula, mais il convient de lui rendre son premier nom spécifique imposé par Goeze.
Le corps s’amincit aux deux extrémités, et en avant il se recourbe légèrement; la tête est conique, la bourse triangulaire. L’extrémité caudale du mâle est subulée. Le corps de la femelle se termine brusquement; il montre à l’extrémité un stylet court et irrégulier.
Cette espèce est beaucoup plus grande que la précédente.
On l’a trouvée dans le cæcum du Cheval, de l’Ane et du Mulet.
Oxyure du lièvre [Oxyuris ambiyua). — Il se distingue par son corps effilé aux deux bouts ; sa queue est subulée et sa bouche armée de trois pièces. L’extrémité caudale du mâle est enroulée et terminée par un stylet légèrement recourbé ; l’extrémité caudale de la femelle est crénelée.
Le mâle a 7 millimètres de long; la femelle 11.
Ce Ver n’a encore été trouvé qu’en Autriche,
Il habite le gros intestin du Lapin sauvage, du Lapin domestique et du Lièvre.
Oxyure spirothèque ( Oxyurus spirotheca , Guory) . Espèce parasite de Y Hydrophilus piceus, gros Coléoptère commun dans nos eaux douces. Sa bouche a une conformation particulière.
Oxyure orké ( Oxyuris ornata, Duj.). Cet Oxyure habite le canal intestinal des Tritons et des Grenouilles.
La femelle a 8 millimètres de long sur 1 millimètre environ de large.
M. G. Walter vient de publier la monographie de ce Ver (1).
La famille des TRICHOCÉPHALIDÉS a le corps très long et très grêle, surtout dans sa partie antérieure qui est plus étroite que la postérieure ; les mâles n’ont qu’un pénis et les œufs portent une sorte de rétrécissement en goulot à chacune de leurs extrémités. Aux genres Trichosome et Trichocéphalc dont nous décrirons quelques espèces, il faut ajouter ceux des Thominx, Eucoleus , Calodium et Liniscus.
Les Trichosomes (g. Thrichosomurn) sont faiblement renflés en arrière ; leur gaine est courte et lisse.
Trichosome mince [Trichosomum tenue).' — Ce Ver ale corps très grêle, avec des stries faibles et transverses à la surface de la peau. L’extrémité caudale du mâle est obliquement tronquée; le pénis
(I) Beitratge zur Anal, und Phys, von Oxyurus ornata ('/.eitsch. f. wiss. 7.ool. , t. VIII, p. us, pl. 5 et 6; I8">6).
130 VE HS.
est strié transversalement. La partie postérieure du corps de la femelle est obtuse, et sa vulve porte un appendice membraneux.
Le mâle a 13 millimètres de long; la femelle 20.
Vit dans l’intestin dos Pigeons domestiques.
Tricijosome a long cou (Trichosomum longicollé). — Le corps s’épaissit légèrement en avant et la surface de la peau est striée en travers; il est d’un blanc opaque. La femelle a la queue obtuse, et son orifice anal est très reculé.
Il habite le gros intestin et le cæcum du Coq, du Faisan, de la Perdrix et des Tetrao tetrix et urogullus. On l’a trouvé dans presque toute l’Europe.
C’est Goeze qui a donné le premier une figure de ce Ver, mais elle est faite d’après un exemplaire incomplet.
Trichosome brevicol ( Trichosomum brevicolle ). — En avant le Ver devient un peu plus épais; en arrière son corps est obtus. Le mâle, long de 15 millimètres, a le spiculé droit; la femelle est longue de 30 millimètres.
Habite le cæcum de diverses espèces d’Oies et Canards : Atias amer , A. querquedula, A. glacialis, A. fusca et Mergus serrator.
Nous l’avons observé dans plusieurs espèces de Canards sauvages et dans le Grèbe castagneux.
Sur cent trente-neuf Oies ouvertes au musée de Vienne, dix-huit contenaient ce Trichosome.
Trichosome clique ( Trichosomum plica). — M. Dujardin a réuni cette espèce avec quelques autres dans le genre Cutodium, à cause de l’organe copulateur qui est différent de celui des autres Trichosomes.
Ce Ver vit dans la vessie urinaire de quelques espèces du genre Chien; il a été d’abord décrit par Rudolphi.
Le corps est très grêle, complètement filiforme ; le mâle a la queue terminée par un appendice membraneux en pointe; le spiculé est logé dans une gaine très longue et rétractile ; il est strié en travers et obliquement. La femelle a la partie postérieure du corps large et la queue obtuse.
Le mâle a 13 millimètres de long; la femelle de 30 à 36, d’après M. Rayer (1). Il habite la vessie urinaire du Chien, du Renard et peut-être du Loup. Il a été observé en Allemagne par Rudolphi, en France par M. Rayer et en Irlande par M. Bellingham.
Les Trighocéphales (g. Trichocephalus), qui ont donné leur nom à
(1) Archives de médecine comparée, t. 1, p, 180. Paris, 1843.
Fig. Mo. — Tricbocéphale dispar {*).
NÉMATOÏDES. \Z\
lu famille, ont pour principaux caractères d’avoir le corps nettement partagé en deux parties : l’antérieure, longue et filiforme, ne contient que l’œsophage et une courte partie de l’intestin ; l’autre comparativement renflée, contient le reste de l’intestin et les organes génitaux. L’anus est situé à son extrémité, qui finit en pointe obtuse. Le mâle a son spiculé génital simple et entouré par une gaine renflée ou vésiculeuse.
La femelle a l’ovaire simple, replié dans la partie renflée du corps, et terminé en avant par un oviducte charnu qui s’ouvre au point de jonction des deux parties. Les œufs sont ohlongs et prolongés en goulot à leurs deux extrémités.
Trichocépuale de l’homme (Trichocephalus dispar). — Ce Ver a été découvert par Morgagni (1) et en 1761, un étudiant en médecine de l’université de Gottingue l’a aussi trouvé dans le cæcum d’un enfant de cinq ans.
Rœderer et Wagler décrivirent ensuite le même Ver sous le nom de Trichuris ; ils en avaient observé en abondance dans le cæcum de soldats français enlevés par une épidémie qu’ils désignèrent sous le nom de Morbus mucosus (la fièvre typhoïde), et qu’ils attribuèrent à la présence de ce Ver (2) .
Depuis lors, ce parasite a été trouvé dans le cadavre d’hommes morts de diverses maladies, et l’on cite des exemples de 119 Vers trouvés à la fois dans le cæcum d’un même sujet, à Dublin (M. Bellingham), et même de plus de mille ensemble (Rudolphi).
Le docteur Bellingham dit que sur vingt-huit individus qui avaient
(') a. Le mâle, de grandeur naturelle, —b. Le même, grossi, — c. La femelle, de grandeur naturelle.
(1) Morgagni, Epistolœ anatomicœ; Patav., 1764. — Voyez aussi Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, avec planches, vin' "livraison.
(2) En 1836, Délie Chiajc a publié une notice sous le litre : Sul Iricocephalo dispara, ansilliario del choiera asiatico osservatoin Napoli.
VERS
succombé à diverses maladies et qui étaient d’âges et de sexes différents, il a rencontré vingt-cinq fois ce Ver (1). Mayer le considère comme tellement commun, qu’il est, suivant lui, difficile qu’on n’en trouve pas, et il en a observé sur un nègre.
Le Trichocéphale serait rare en Italie, d’après Brera; Gruner le cite au contraire comme abondant chez les enfants en Égypte ; en général on l’observe plus communément chez les vieillards.
Les helminthologistes ont reconnu ce Ver chez l’Orang-outang (Mayer), et dans plusieurs autres quadrumanes des genres Cercopithèque (Gervais, Creplin), Semnopithèque (Treutler, Bremser), Magot (Treutler) , Cynocéphale (Bremser) , Sapajou (Rudolphi) et même Maki (Bremser). Ces observations ont été faites sur des animaux morts en Europe dans des ménageries.
On trouve le plus communément le Trichocéphale dans le cæcum; quelquefois dans le côlon, et, plus rarement encore, dans les intestins grêles. Sa présence paraît ne produire aucun symptôme susceptible de la faire reconnaître.
Ce Ver se distingue surtout par son cou d’apparence capillaire, extraordinairement allongé, aussi fin qu’un cheveu, et par son corps relativement gros; le corps est cylindrique. Le mâle est enroulé en spirale; la femelle est presque droite. La bouche de l’un et de l’autre est terminale et fort petite. L’extrémité caudale du mâle est terminée par une bourse dans laquelle est logé un spiculé simple, filiforme et rétractile. Le corps de la femelle est brunâtre, et la partie antérieure ou grêle égale à peu près les deux tiers de la longueur totale. C’est à la jonction de ces deux parties du corps que s’ouvre l’oviducte; ce conduit est charnu.
Le mâle est long de 37 millimètres dont la partie antérieure et mince mesure 22 millimètres et l’autre 15 millimètres.
La femelle est longue de âO à 50 millimètres, dont la partie mince occupe les deux tiers (2).
Les Trichocéphales sont ovipares; leurs œufs sont oblongset ont une coque résistante ; ils portent un court goulot aux deux bouts.
La ténuité de la partie antérieure du corps des Trichocéphales, qui, jusqu’à Goeze (1782), avait fait prendre cette région pour la partie postérieure, suffît pour distinguer ces Nématoïdes de toutes les autres espèces vivant aux dépens de l’homme.
(1) Journal l'Inslitul, 1838, p. 303.
(2) Voyez pour l'anatomie : Mayer, Deilr. sur anal, der EnUiaoen. Bonn, 1841 — et Blnnehard, Voyage en Sici’e , p. 272, pl. 23, fig. 1.
NÉMAT01DES. 135
Tricocéphale déprimé ( Tricocep/ialus depressiusculus). — Ce Ver a été d’abord trouvé par Frôlich, dans le cæcum du Renard.
Il a le corps presque droit, le cou très long et capillaire ; chez le mâle l’extrémité caudale est enroulée en spirale et pourvue d’une bourse cylindrique; la queue est tronquée. La femelle est un peu recourbée; sa queue est uncoïde.
Le mâle a 50 millimètres de long; la femelle en a de 65 à 70.
On le signale dans le cæcum du Chien et du Renard.
Tricocéphale crénelé [Tricocep/ialus crenatus ). — C’est Goeze qui a connu le premier ce Ver. Il lui avait été envoyé par un médecin de Laubach qui l’avait trouvé dans un Sanglier.
Cette espèce a le corps assez épais et le cou très long, capillaire et un peu crénelé. Le mâle est enroulé en spirale en arrière; la femelle, au contraire, a le corps presque droit. L’extrémité caudale du mâle porte une bourse en forme d’entonnoir.
Le mâle a 50 millimètres; la femelle, un peu plus.
On l’a trouvé dans le cæcum du Cochon et du Sanglier, ainsi que dans celui du Pécari et du Phacochère.
Trichocéphale voisin ( Trichocephalus affinis). — Rudolphi a décrit le premier cet helminthe qui habite le cæcum de divers Ruminants, et qui avait été vu antérieurement par Àbildgaard.
Le cou est d’une longueur considérable et d’une grande ténuité ; la tête est assez large; la surface du corps est striée ; le mâle a la partie postérieure enroulée en spirale, l’extrémité de la queue obtuse et une bourse longue et cylindrique toute hérissée; son spiculé est pointu et recourbé. La femelle a le corps peu enroulé et la queue obtuse.
Longueur du mâle 70 millimètres; delà femelle un peu plus.
Ce Ver a été trouvé dans le Mouton, le Mouflon, la Chèvre, le Bœuf, le Chameau, le Dromadaire, la Gazelle, le Chevreuil, le Cerf et le Daim. Le Cervus dicholomus, le C. simplicicornis et, d’après Diesing, le Porc-épic le présentent aussi; il habite le gros intestin.
Mayer a donné une bonne figure du pénis de cette espèce (1).
LesFILARIDÉS sont des Vers très allongés, également filiformes dans toute leur longueur, dont les mâles ont deux pénis inégaux. Leurs principaux genres sont ceux des Filaires et des Spiroptères.
Les Filaires (g. Filaria ) sont caractérisés par la forme plus ou moins tordue de leurs spiculés ou pénis. Une de leurs espèces est célèbre sous le nom de Dragonneau ou Filairc de Médine.
(1) Bcilraigc, pl. 1, fig 6.
VKHS.
Pilaire de Médine ( Filnria medinensit) . — 11 ne peut plus être question aujourd’hui de révoquer en doute l’existence de cet Helminthe ; le Dragonneau existe réellement, et c’est, comme nous allons le voir, un Ver aussi curieux à étudier pour le naturaliste que pour le médecin.
Son corps est blanc, arrondi et d’une longueur excessive; il a, à peu près, le même calibre dans toute son étendue; il est, toutefois, un peu plus mince en arrière ; la bouche est ronde et porte quatre épines disposées en croix. Le corps de la femelle est terminé en crochet. Elle est vivipare. On en a vu depuis ZiO centimètres de longueur jusqu’à 75 ; on prétend même en avoir observé d’un mètre et demi et plus. L’épaisseur du corps est à peu près de 2 millimètres.
II y a peu de Vers sur lesquels on ait autant écrit, et dans l’histoire desquels on trouve plus d’assertions contradictoires; mais il n’y a qu’un petit nombre de naturalistes qui aient eu l’occasion de l’étudier frais ou en vie, et sa monographie est encore à faire.
Sous le rapport de l’organisation, on a reconnu, mais avec doute, un tube digestif que l’on suppose parcourir le corps dans toute sa longueur. 11 existe certainement des dviductes, et , dans les individus que l’on observe sur l’homme, ils sont remplis de petits.
C’est Jacobson qui a pu faire cette dernière observation, à Copenhague, sur un Ver extrait de la jambe d’un garçon de treize à quatorze ans, né en Afrique. Depuis lors, les mômes embryons vivants ont été revus dans le corps des Dragonneaux, et jusque dans le pus qui sort des abcès que leur présence développe sur les parties qu’ils habitent. M. Maisonneuve' (1) a observé un cas analogue à celui décrit par Jacobson. Il lui a été fourni par un homme de vingt-huit ans, revenant du Sénégal, et qui portait sur le dos du pied une tumeur furonculeuse renfermant le Ver. M. Lebert (2) rapporte que « MM. Maisonneuve et Deville purent y étudier les petits Vers cylindriques, à tête mousse, de plusieurs centimètres de longueur (sic) et d’une grande agilité. » Plus récemment un autre fait semblable à celui de Jacobson et de M. Maisonneuve a été également observé dans un des hôpitaux de Paris.
Il est probable, quoiqu’on ait dit le contraire, que l’orifice des organes sexuels femelles se trouve tout près de la bouche comme dans les autres Pilaires ; cette disposition curieuse facilite l’éva-
(1) Archives y'én. de mcd. , A1 2" série, t. VI, p. 472.
(2) Traite d'anatomie pathologique grn. et spéc. Paris IS57, I. I, p. 402.
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cuation des œufs ou lorsque la génération est vivipare, celle des jeunes sujets, comme c’est le cas pour le Dragonneau.
On ne connaît encore que la femelle do cette espèce.
Le Dragonneau a été observé dans les diverses régions du corps, sous la peau des cuisses, des jambes, du scrotum, des bras, de la poitrine, etc., mais le plus communément on le voit autour de la cheville du pied.
Les médecins français du Sénégal attribuent l’infection par les Dragonneaux à un séjour prolongé dans les marigots ou marais bordant le fleuve. C’est ainsi, suivant eux, que les matelots prennent cette espèce de Ver.
Elle estoriginaire des régions intertropicales de l’ancien continent, surtout de certaines parties de l’Afrique (la côte de Guinée et le Sénégal) ; si on l’a trouvée quelquefois sur des Européens ou sur les habitants des colonies américaines, c’est qu’ils en avaient apporté le germe de l’Afrique, de l’Arabie ou des Indes.
Les blancs en sont attaqués comme les noirs, et un médecin de Curaçao, M. Doerssel, a rapporté à Hussein, qu’il a vu le même Ver sur le Chien une fois à Buénos-Ayres, une autre fois à Curaçao même (1).
Au bout de quelques mois, la présence de ces Helminthes déter* mine la formation de tumeurs volumineuses qui causent quelquefois des douleurs atroces et dont on ne peut délivrer le patient que par l’extraction. Il se forme habituellement des abcès, et c’est alors au milieu du pus qu’il faut chercher le Ver. On l’enroule avec précaution autour d’un bâton, ou d’un petit cylindre fait avec du diachylon, pour tacher de l’extraire en entier et sans le briser. Cette opération dure ordinairement plusieurs jours. On cite de nombreux accidents occasionnés par les morceaux de Filaires Dragonneaux restés dans les chairs. Si l’abcès tarde trop à se former, on recommande d’inciser la peau pour en extraire plutôt le Ver. On peut le voir à travers le derme et même le sentir au doigt.
Lœtiler recommande de faire une incision au milieu de l’endroit où le Ver est perceptible au toucher, de placer dans la partie du corps qui le présente un morceau do bois fendu à l’une de ses extrémités, et d’exercer ensuite une traction tantôt sur une, tantôt sur l’autre moitié du corps du Ver.
Peré préconise le même mode de traitement. Il fut un jour chargé d’examiner, à Saint-Domingue, un bâtiment qui venait de
(1) Hussein; lac. cil., p. 4 54.
VKIlS.
Guinée. « Il trouva sur ce bâtiment un jeune nègre de dix à douze ans, qui était tellement maigre et affaibli, qu’il ne pouvait pas se tenir sur ses jambes. Après un examen attentif, il remarqua que cet enfant était incommodé par un Dragonneau qui était perceptible au toucher, non-seulement sur presque toute la surface du bas-ventre, mais encore sur une grande partie de la poitrine. Le chirurgien du bâtiment avait pris les protubérances que l’animal formait à l’extérieur, pour des veines superficielles; cependant ces protubérances provenaient de la position du Dragonneau. Ce chirurgien, après avoir employé inutilement toutes sortes de remèdes pour opérer la guérison, abandonna à la fin cet enfant comme un malade étique et incurable. Il est à remarquer que le petit nègre avait toujours conservé son appétit pendant la durée de la maladie. Peré l’acheta, pour une bagatelle, dans l’intention de le débarrasser de son Yer, s’il était possible. Il pratiqua une incision de quatre lignes sur cette partie de la peau soulevée. Après avoir disséqué et écarté les lèvres de la plaie, il vit un corps blanc de la grosseur du la d’un violon, sur lequel, en exerçant une traction lente, il donna lieu à la formation d’une espèce d’anse. Quand le Ver ne voulut plus céder à la traction qui était exercée sur lui d’un côté, le médecin le faisait tenir par un aide, et il essayait de tirer sur l’autre bout. Il ordonna en même temps au malade de se tenir dans une position convenable, afin que les parties qui environnaient le ver se trouvassent dans un état complet de flexion ou de relâchement, de manière que la tension des muscles n’empêchât pas les mouvements du ver, et par conséquent sa sortie. En moins de quatre heures , ce médecin fut assez heureux pour l’extraire entièrement. Le malade ne sentit aucune douleur pendant cette opération, et il voyait sortir le Yer avec le plus grand sang-froid; il se rétablit ensuite à vue d’œil, sans prendre de médicaments, et il devint tellement gras et robuste, que Peré put le vendre douze cents francs trois mois plus tard, époque à laquelle il fut obligé de revenir en France (1). »
Nous ferons suivre ici la lettre que Jacobson écrivit de Copenhague à de Blainville au sujet du Yer de cette espèce qu’il eut occasion d’observer.
« J’ai, parmi mes malades, dit Jacobson (2), un garçon de treize à quatorze ans, né sur la côte de Guinée, où son père, le frère du
(1) Bremser, Traité soologique et physiologique des Vers intestinaux de l'homme, Paris, 1837, p. 232.
(2) Nouvelles Annales du Muséum d’histoire naturelle, t. 111, p. 80.
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célèbre philosophe Steffens, a été gouverneur. Cet enfant , après la mort de ses parents , a quitté l’Afrique , dans le mois de mars de l’année passée, et après un séjour très court aux Indes occidentales, est venu ici dans le commencement d’octobre dernier. Vers les premiers jours de décembre, il se plaignait de douleurs à la cheville interne de la jambe droite, et il s’y forma un abcès. Je fus alors appelé. L’abcès s’était ouvert, et un domestique en avait tiré un morceau de Pilaire de la grosseur d’une forte ficelle et de la longueur d’un pouce; mais il l’avait arraché de manière qu’il n’en avait enlevé que la moitié environ. Le jeune garçon ne parlant que la langue d’Oka, que nous ignorons tous ici, et ne sachant que quelques mots danois, encore difficiles à comprendre, nous pûmes cependant apprendre qu’en Guinée on lui avait déjà enlevé un Ver du pied. Quoi qu’il en soit, l’inflammation assez forte qui avait eu lieu autour de l’abcès ayant cessé, j’examinai le pied tous les jours, et je parvins à découvrir que sur la peau du dos de cette partie, il y avait un Filaria medinensis. Je fis une petite incision dans un endroit où existait une anse assez grande, et je trouvai le Ver. Je le tirai alors, et je l’attachai sur un petit morceau de bois que je fis tourner sur son axe, en sorte qu’en très peu de jours, en continuant cette même manœuvre, je l’eus extrait complètement. Il avait presque une aune de longueur sur une épaisseur d’une demiligne. Sa couleur était entièrement blanche, la peau lisse, les deux extrémités légèrement pointues.
» Les douleurs cessèrent bientôt, et la plaie guérit en peu de temps. Cependant l’abcès de la malléole interne s’était changé en un ulcère d’assez mauvais caractère. L’enfant n’éprouvait d’abord point de douleur et marchait facilement ; mais quelques jours après elles se firent sentir de nouveau. J’examinai plusieurs endroits que je pouvais regarder comme suspects, et je découvris, sur le tendon d’Achille, une anse formée par un autre Ver. J’y fis une petite incision, et l’animal se présenta aussitôt en formant une anse assez considérable sortant de son corps et par la plaie.
» En examinant cette anse, je remarquai que la lancette avait fait une petite ouverture au corps de l’animal et qu’il en découlait une matière blanche ; mais ce qui m’étonna le plus, c’est que le Ver se vida et que les parois de son corps s’affaissèrent. Je conçus alors que la matière rejetée n’était que des œufs. Après avoir attaché l’animal à un morceau de bois, je coupai une partie de l’anse sortie et je l’emportai chez moi pour l’examiner au microscope. Imaginezvous mon étonnement, lorsque je vis que cette humeur blanche
VKRB.
que je prenais pour des œufs n’était eomposée que d’une quantité innombrable deVers pleins de vie et qui se mouvaient d’une manière extrêmement vive. Ils sont cylindriques, tout à fait transparents ; la peau, sous certains aspects, est ridée ou presque articulée ; l’une des extrémités du corps est légèrement atténuée, mais arrondie et obtuse; l’autre finit par une pointe extrêmement fine, droite et de la longueur de la moitié du corps environ. Le petit animal se roule et forme une spirale, en sorte qu'il ressemble à un Trichocéphale ; mais ce qui est presque inconcevable, c’est la quantité innombrable de vermicules dont le corps du Dragonneau est rempli, sans que j’aie trouvé aucune trace de viscère qui les renfermerait. Cette observation m’étonnant beaucoup, j’allai alors examiner l’individu que je conservais dans l’esprit-de-vin. A ma grande surprise, en faisant des incisions en différents endroits, je fis, par la pression, sortir une masse de ces mêmes vermicules; en sorte que je pense que tout le corps de l’animal en est rempli. J’ai de nouveau constaté aujourd’hui mes observations, en extrayant une nouvelle portion du Ver. Les vermicules que je fis sortir vécurent plusieurs heures dans un tube rempli d’eau. Sont-ce bien les petits du Dragonneau? mais alors quelle quantité innombrable ! ou bien, je n’ose presque pas faire cette question, le Dragonneau ne serait-il qu’un tube ou un fourreau rempli de vermicules ? »
On sait très bien aujourd’hui que chez plusieurs Vers tous les viscères s’atrophient et font place aux œufs ou aux petits sortis des œufs par ovoviparité. Dans ce cas le corps de la mère n’est plus, pour ainsi dire, qu’une gaine destinée à protéger les œufs ou les petits.
Comment le ver de Médine s’introduit— il dans l’économie? est-ce par la bouche, à l’aide des boissons, ou bien est-ce par la peau? Est-il encore dans l’œuf au moment de son intromission, comme le suppose le docteur Chisalm (1), qui a traité plus de mille malades attaqués du Dragonneau, ou enfin s’introduit-il à l’état d’embryon comme le suppose Ilcat (2).
Les anciens médecins n’ayant guère étudié l’histoire des Vers, leur opinion n’a pas une grande importance pour la solution de ces questions; et, au milieu de leurs nombreuses relations, qui sont souvent contradictoires, on ne sait trop que considérer
(1) Essay on lhe mal. peslil. fevers, on lhe coasl. of Guinca. London, 1801 . — Edimb. mod. and Surgical Journal. 1815, vol. 15, p. 115.
(2) Observ, on lhe yen. of lhe Guinca-U'orm ; in Edimb. mcd. and Surgical Journal, t. 12, p. 120.
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comme admissible. Nous allons toutefois citer quelques faits qui out toute l’apparence Ravoir été bien constatés.
Mais disons d’abord un mot de l’histoire des Dragonneaux.
Les Vers de Médine sont des Vers nématoïdes; ils ont donc les sexes séparés; ils affectent déjà leur forme définitive au moment de l’éclosion et l’on sait que plusieurs espèces de la même classe vivent un certain temps en parasites dans le corps de divers animaux, comme c’est le cas pour les Mermis, les Gordius, etc.
Il nous semble résulter du fait qu’il y a séparation des sexes et de l’état de gestation des femelles observées dans les plaies, que le Dragonneau, au moment de pénétrer dans le corps do l’hôte qu’il attaque, doit avoir été fécondé, et l’on sait qu’on n’en a jusqu’à présent observé que des femelles. Ce n’est donc pas précisément à l’état d’embryon qu’il s’introduit, et comme il est vivipare, c’est encore moins sous la forme d'œuf qu’il pénètre dans le corps de sa victime. En partant de là, on peut admettre qu’en général ce n’est pas le breuvage qui infeste, mais bien les courses à pied, surtout à pieds nus, ou peut-être les bains de pied; nous verrons plus loin que les jeunes Vers de cette espèce peuvent se déssécber complètement et revenir ensuite à la vie lorsqu’on les mouille.
Ainsi que nous l’avons déjà dit les médecins français du Sénégal attribuent l’infection par les Dragonneaux à un séjour prolongé dans les marigots. C’est ainsi, suivant eux, que les matelots prennent cette espèce de parasites.
Cherchons dans les auteurs quelques faits à l’appui de l’opinion que les mêmes Vers peuvent aussi être contractés pendant une marche à pieds nus sur un sable échauffé.
M. S. Oke (1) rapporte qu’un jeune marin de vingt ans arriva au cap Coast castl, en juin 1852, où il séjourna soixante-cinq jours, et que pendant tout ce temps il n’alla qu’une seule fois à terre ; il y resta pendant trois heures; il était nu-pieds et il avait trouvé le sable tellement chaud qu’il avait eu de la peine à marcher. Tous les jours des Africains vinrent à bord; plusieurs avaient le Dragonneau et chez quelques-uns d’entre eux les tumeurs formées par ce parasite étaient en pleine suppuration. Ce marin débarqua le là octobre à Southampton ; il se portait bien. Dans le courant de mai 1853, il éprouva une douleur au talon du pied gauche; et, quinze jours après, il se forma un abcès qui s’ouvrit. Au milieu du pus le patient
(1) Provincial medical Journal. London, 1813, n° 151, p. 146, et Wiegmann’s Archiv. ; 1813, pag. 207.