SUR LES ENT07.0AIRES
toujours les œufs sont évacués, et c/est du dehors que les nouveaux individus paraissent venir. Si donc les Vers meurent le plus souvent quand ils quittent le corps de l’animal qui les contenait, ce qui d’ailleurs n’est ni aussi fréquent ni aussi rapide que Bremser le supposait, cela prouve seulement qu’ils ne peuvent pas vivre à l’état adulte dans un milieu différent de celui-là, et en cela ils ressemblent à tous les autres animaux.
Mais, continue Bremser, si les Vers intestinaux étaient venus du dehors, en quittant le corps de l’animal qui les nourrit, ils devraient pouvoir s’y accoutumer de nouveau, puisqu’en y retournant ils reviendraient à leur séjour primitif. Bremser ignorait encore, entre autres faits, qu’avant de pénétrer dans le corps des Vertébrés, la plupart des Distomaires vivent au dehors dans l’eau, sous une première forme, et qu’ayant perdu cette forme en pénétrant dans les organes de leur hôte, ils devraient, pour reprendre leur état primitif, reprendre aussi leur forme primitive, ou, en d’autres termes, ils devraient redevenir semblables à ce qu’ils étaient dans leur premier âge : et c’est là ce dont ni eux ni les autres animaux ne sont susceptibles.
Bremser invoque ensuite, en faveur de l’hypothèse qu’il défend, l’existence de Vers dans des fœtus nouvellement nés. Nous sommes de son avis lorsqu’il dit que tous les exemples de ce fait cités par les auteurs ne méritent certes pas que l’on y ajoute foi, mais néanmoins le fait a été réellement constaté et l’on ne peut le révoquer en doute. Il nous est arrivé à nous-même de trouver des Vers dans de jeunes animaux qui n’avaient encore pris d’autres aliment s que le lait de leur mère.
La mère peut parfaitement transmettre des Vers au fœtus, puisque beaucoup d’espèces de parasites ont les moyens de percer les tissus. Mais sans pouvoir encore expliquer sûrement l'arrivée de Douves dans le foie d’un Agneau nouveau-né, nous ne voyons cependant pas qu’il soit nécessaire de recourir à une hypothèse, car nous savons que les jeunes Vers ont souvent la possibilité de pénétrer dans le corps sans laisser de traces de leur passage, ou de se rendre d’un organe dans un autre sans léser les tissus d’une manière évidente, ou du moins persistante.
En réfutant Pallas, qui fait venir les Vers du dehors, Bremser établit que les animaux qui ne mangent pas de chair peuvent communiquer leurs Vers à d’autres, et il admet que ces Vers, étant rejetés avec les excréments, doivent aussi être mêlés avec les aliments ou avec les breuvages; mais, ajoute-t-il, comment expli-
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quer la communication d’Hydatides, chez lesquels on ne connaît points d’oeufs, et qui, enfermés dans des capsules particulières, séjournent dans des viscères qui n’ont aucune communication avec le canal intestinal. Cette objection, longtemps inattaquable, a perdu dans ces dernières années toute sa valeur, puisque l’on sait maintenant que les Hydatides ne sont que le premier état des Ténias, et qu’ils en prennent les caractères lorsqu’ils passent dans le canal intestinal des Carnivores, après être restés pendant un temps plus ou moins long enkystés dans les parenchymes des animaux dont ces Carnivores font leur proie.
Bremser cite une expérience curieuse faite par Schreiber, qui en 1806 a nourri, dit-il, un Putois pendant six mois uniquement de lait, de Vers intestinaux de toute espèce et d’œufs de ces derniers. Le Putois fut tué, et au grand étonnement de tout le monde, dit Bremser, on n’y trouva pas la trace d’un Ver quelconque. Mais quels Vers ce Putois pouvait-il contenir, puisqu’il ne recevait que du lait et des Vers d’espèces quelconques ? Bremser a tort de l’invoquer à l’appui de son hypothèse. Si Schreiber avait donné au Putois sa nourriture habituelle (des Campagnols ou d’autres petits rongeurs), il eût certainement trouvé des Vers dans ses intestins. Cette expérience ne prouve donc rien en faveur de la thèse en discussion.
Bremser rapporte lui-même, immédiatement après, qu’il a trouvé l’Échinorhynque, que l’on voit très rarement dans le Campagnol, comme parasite dans un Putois, et une autre fois dans un Faucon cendré (Falco cineraceus ), et que l’estomac de ces carnassiers contenait encore, dans l’un et dans l’autre, des débris de cette espèce de rongeurs.
Les Ligules qui s’observent originairement dans la cavité abdominale des Cyprins, se trouvent comme parasites dans le canal alimentaire d’oiseaux aquatiques et de poissons voraces; niais, quoique vivants, ces Vers sont, au dire de Bremser, dans un état très différent. Ils ont éprouvé une altération d’autant plus apparente qu’ils sont plus éloignés de l’estomac. Nous avons vu qu’il y avait maintenant dans la science un grand nombre d’observations confirmant cestransformations que les Vers, et plus particulièrement les Cestoïdes, subissent en changeant d’hôte, et ces observations sont loin d’être favorables à la théorie de la spontanéiparité.
D’ailleurs l’ouvrage de Bremser renferme beaucoup de détails intéressants tirés des auteurs ou de ses propres recherches, et, lors de sa publication, il a été réellement utile. La traduction