SIPHONOPHORES
quefois il se flétrit de bonne heure, en tout ou en partie, ou bien, au contraire, il continue il vivre en commun avec sa progéniture. La vessie aérienne en est une dépendance.
Ce premier scolex engendre une ou deux autres formes qui servent à la nage ou à l’entretien de la colonie, et c’est de celle-ci seulement que naissent les individus sexués. Ils vivent souvent librement sous la forme de Méduses ombellifères, et acquièrent leurs organes sexuels après la séparation. Chez tous les Siphonophores on connaît aujourd’hui une forme médusaire, et nous avons ainsi dans ce groupe d’animaux des scolex , des strobiles et des proglottis tout aussi bien que chez les Vers cestoïdes.
Chaque colonie est creusée par des canaux qui partent de la bouche des Polypes nourriciers et se rendent dans l'intérieur des individus nageurs ou sexués pour en entretenir la vitalité.
Le scolex, ou l’individu mère de la colonie, se remplit souvent d’air et joue le même rôle dans la colonie que la tête des Ténias. Les deuto-scolex ont souvent une forme de Méduses (les nageurs) ou de Polypes (les nourriciers), et ces derniers seuls ont une cavité digestive qui est très simple et creusée dans un corps charnu pyriforme. Ils n’ont pas de tentacules autour de la bouche.
Dans chaque colonie on trouve en outre des appendices d’une grande contractilité et que l’on peut diviser en trois catégories : appendices préhenseurs, appendices urticants pour la défense et appendices tactiles.
Enfin on trouve encore chez plusieurs d’entre eux des espèces de capuchons ou de casques qui se balancent régulièrement et qui servent d’organes de protection.
Toutes les parties du corps sont molles, excepté chez les Vélelles qui portent une lame cornée dans l’épaisseur de leurs tissus.
Les embryons, à la sortie de l’œuf, sont ciliés. Plus tard il se forme un corps polypiforme avec une vésicule aérienne à l’un de ses pôles. Celui-ci engendre par agamie les autres sortes d’individus qui viennent successivement enrichir la colonie, jusqu’à ce que les individus sexués se séparent.
Les individus nageurs apparaissent après les nourriciers, et les générateurs se montrent à la fin, seulement pour clore la série du développement agame.
Les Siphonophores sont tous des animaux marins; ils représentent les formes les plus gracieuses, et se font en même temps remarquer par la délicatesse de leurs tissus ainsi que par la vivacité de leurs couleurs.
DliCOPIIORES.
On en a observé depuis les mers équatoriales jusque sur la côte de la Norvvége.
M. R. Leuckart a reconnu le premier la nature véritable des Siphonophores, en tant que formant une division des Polypes (1); toutefois M. Belle Chiaje avait émis antérieurement l’opinion que ce sont des animaux agrégés.
Ils forment quatre familles auxquelles on a donné les noms de Véletiicïés (2), Physalidés, Physophoridés et Diphydét.
Les YÉLELLIDES ont une coquille aérifère et disciforme; ils manquent d’individus natateurs et de fdaments ; on y reconnaît un grand individu avec une bouche distincte au centre de la colonie et plusieurs individus semblables, mais plus petits, placés’en cercle autour de celui-là. La génération sexuelle est médusiforme.
Les genres Velelln et. Porpila font partie de ce groupe. Le premier a une voile verticale oblique.
Les Rataires, dont on a fait un groupe à part, sont de jeunes Vélelles.
Les Vélelles étaient très recherchées des anciens comme aliment; et de nos jours elles le sont encore des Grecs et des Siciliens.
Les PHYSALIDÉS se distinguent par la grandeur du scolex, souche de la colonie, qui devient une énorme vessie aérienne, et par leurs appendices qui sont réunis en un paquet. Les scolex sont astomes comme les deutoscolex, et ces derniers portent des tentacules pour la pêche. La génération sexuelle est médusiforme.
Genre Physalia (3).
Les PHYSOPHORIDÉS sont des colonies provenant d'un scolex ayant une vésicule aérienne pyriforme, des individus nageurs multiples logés sous la pocli^i aérienne avec symétrie, des tentacules et des organes urticants; les individus sexués différant généralement entre eux. Les mâles ont souvent la forme d’une ombelle; quant aux femelles, elle consiste dans un ovisac. Ces dernières restent ainsi dans un arrêt constant de développement.
Les genres de cette famille ont été appelés Slephunomia, Agalma et Physophora.
Les DIPHYDÉS (à) sont des colonies de Phvsophores sans vessie
(1) Gtllling . gelehrt. Anzcigen, p. 1917.
(2) Les V élellidés ont aussi été regardés comme voisins des Zoanthaires.
(3) Voir pour la structure des Physnles : De Quatrcfages, Ann. des sciences nat., 4' série, tome II, p. 188. — R. Leuckart, Zeils. f. Wiss. Z aol., 1831, p. 189.
(4) Voir parmi les publications récentes : Th. Huxley, Se.rual-organe der Diphyda’ und Physophoridœ ( Muller's A r chic, 1831, p. 380).
MEDDSAIBES.
aérienne, montrant souvent deux individus nageurs et privés de tentacules. Les nourriciers, ou Uyphes à l'état de Polypes, sont habituellement très rapprochés et couverts d’un capuchon. Leurs individus sexuels sont médusiformes et semblables dans les deux sexes.
Genres Abyla, Diphyes, Galeolaria et Praya.
L ’Abyla pentagonia forme des colonies dioïques, c’est-à-dire que chaque colonie ne contient que des mâles ou des femelles. M. Gegenbaur a vu naître de la larve ciliée les individus nageurs desquels provenaient ensuite les individus nourriciers (1).
Ordre des Médusaircs.
L’ordre des Médusaires comprend non-seulement les animaux que l’on désignait du temps de Cuvier sous ce nom et dont on faisait des Acalèphes simples, mais encore toutes les espèces de Polypes alors classées avec les Sertulaires sous les dénominations de Tubulaires et de Campanulaires.
Ces Polypes, après avoir perdu les cils vibratiles qui les distinguent à l’état de gemmes, se montrent d’abord sous la forme de ces singuliers Polypes (Tubulaires et Campanulaires), et ils portent alors une ou plusieurs rangées de cirrhes autour de la bouche, ont le corps nu ou couvert d’un étui chitineux (polypier), et vivent solitaires ou en communauté. Lorsqu’ils sont associés, leurs estomacs communiquent directement avec ceux de la colonie. Chez les uns, une forme nouvelle et sexuée, répondant au pro- -glottis des Cestoïdes, succède à la forme sociale, et des œufs ou bien des spermatozoïdes se développent autour de la cavité de l’estomac ; chez les autres, les polypes ne donnent pas naissance à une forme nouvelle, mais ils montrent leurs organes sexuels dans une capsule qui n’est autre chose que le proglottis lui-même, frappé ici d'un arrêt de développement plus ou moins évident .
Cet ordre se divise en deux sous-ordres : les Phanérocarpés et les Cryptocarpés.
Sous-ordi'c des Phanérocarpés.
Cette première division comprend toutes les Méduses qui ont les organes sensitifs marginaux couverts de lobes membraneux, qui possèdent un appareil gastro-vasculaire formant un réseau eapil-
(I) Troschel's Archiv., p. 23.
DÎSCOPHORES.
laire et qui présentent en outre un diaphragme au-devant de la cavité stomacale. Ce sont les Discophores phanérocarpes d’Eschscholtz.
C’est sur eux que MM. Sars et de Siebold ont observé les premiers l’àge infusorif'orme qui donne naissance aux Polypes de ce groupe, et plus tard à la transformation de ces derniers en Strobiles et en Méduses proprement dites. On a reconnu depuis que ce mode développement était propre à la plupart des genres.
Pendant leur état proglottique, c’est-à-dire lorsqu’ils se sont changés en Méduses, les Phanérocarpés se font généralement remarquer par leur volume considérable, la vivacité de leurs couleurs, l’extrême délicatesse de leurs tissus, qui sont souvent transparents comme du cristal, et la grâce de leurs formes quand on les examine en suspension dans l’eau.
Tous nagent régulièrement, montant et descendant dans le liquide par un mouvement alternatif de systole et de diastole. On les voit souvent apparaître brusquement en pleine mer et par bancs considérables; ils sont quelquefois poussés en grand nombre sur les côtes.
Ils forment plusieurs familles, dont nous énumérerons les deux principales : celle des Rhizostomidés et des Médusidés.
Les RHIZOSTOMIDÉS ont la forme d’une ombrelle, point de bouche centrale, mais un grand nombre d’orifices buccaux communiquant par une infinité de branches avec un estomac commun. Cette famille comprend des espèces dont le corps a parfois plusieurs pieds de diamètre.
Les genres principaux sont ceux des Cassiopées, des Rhizostomes et des (dépliées.
Le grand Ruizostome de la Méditerranée ( Rhizostoma Aldro- Vandi) et celui de l’Océan ou de la Manche R h. Cuvieri ) ont une bave fort urticante. Une goutte qui en saute dans les yeux au moment où l’on retire ces animaux de la mer, même dans des filets, peut occasionner une vive conjonctivite ; sur la peau même des paupières elle est encore urticante. Nous avons vu plusieurs fois les mains se couvrir pendant plusieurs jours de très petites élevures indolentes, et qui ressemblaient à de la chair de poule, pour avoir touché de ces animaux. Les baigneurs en sont souvent incommodés, et si, à leur sortie de l’eau, ils portent instinctivement et sans précautions sur certains organes, comme on a l'habitude de le faire en pareil cas, leurs mains imprégnées de la mucosité des Rhizostomes, une vive démangeaison de ces organe et des parties environnantes ne tarde pas à survenir dans les en-
îrÉDTISAIRES. 355
droits qui ont été ainsi mis en contact avec la bave des Médusaires. Cette démangeaison est, il est vrai, de courte durée.
Les MÉDUSIDÈS possèdent une bouche centrale ouverte au milieu de quatre longs appendices.
Leurs principaux genres sont ceux des tiphipa , Chrysciora, Cyanea, Médusa, Pelagia et Aurélia.
Sous-ordre des Cryptocarpés.
Les Cryptocarpés sont des Polypo-Méduses dont les organes sensitifs pendent librement sur le bord de l’ombrelle, et qui ont quatre ou huit canaux gastro-vasculaires communiquant avec un canal circulaire, et le plus souvent un diaphragme membraneux audevant de la cavité digestive. Ils sont généralement de petite taille et se font remarquer par la grande variété de leur mode d’évolution. Quelques-uns prennent directement la forme Méduse en sortant de l’œuf ou en provenant d’un bourgeon, tandis que d’autres montrent la même succession que les précédents. Sous l’état polypiforme, plusieurs d’entre eux ont un tégument corné et solide, et comme on ne les connaissait autrefois que sous cette dernière apparence, ils avaient été placés alors parmi les Polypes du groupe des Sertulaires.
Ils vivent souvent en colonies pendant leur état agame, et sont libres pendant leur état sexué. Chaque colonie donne exclusivement naissance à des individus libres qui sont mâles ou femelles, suivant la colonie dont ils proviennent.
Ce sous-ordre est riche en familles dont les principales, envisagées dans leur état médusaire, ont été nommées Océanidés, T/iaumuntiadés, Equondés, etc.
C’est aussi à cette catégorie que nous rapportons divers Polypes qui en ont été toujours éloignés, à cause du polypier qu’ils possèdent sous leur première forme ; on les prenait pour des animaux complets ; nous voulons parler des Campanulaires et des Tubulaires, que l’on peut, provisoirement du moins, laisser dans une seule famille; nous disons provisoirement, parce que l’âge médusaire de plusieurs d’entre eux n’est pas encore assez bien connu, et que les faits déjà observés permettent d’annoncer qu’un remaniement complet de ce groupe serabientôt nécessaire. En effet, toutes les divisions qu’on y admet sont établies exclusivement sur des caractères tirés de la forme agame (1), tandis que par la suite on devra
(l) Forme stroliilaire ou île Polype.
inscnriiORES.
les tirer surtout de la forme médusaire. Ainsi que nous l’avons déjà dit, certaines espèces de Tubulaires sont tellement semblabes sous leur première forme qu’on ne saurait le plus souvent éviter de les confondre, et cependant elles engendrent des Méduses qui se rapportent à des familles différentes. Toutes les espèces, même celles d’un même genre, n’engendrent pas constamment des Méduses, et dans le cas où la dernière forme avorte ainsi, on doit chercher dans les scolex eux-même des caractères distinctifs.
La famille des TUBULATtTDÉS ou des Tubulaires et des Campanulaires, possède pendant l’âge de Polypes, un polypier, des tentacules pleins et un corps en forme de clochette; pendant l’âge médusoïde ses espèces montrent un estomac central avec quatre canaux en croix et quatre ou huit cirrhes tentaculaires.
Cette famille comprend les genres Campanularia, Tubularia, Eudemlrium, Synconyra , Cordylnphoro, Coryna et H y dr actinia.
Les Campanulaires ( Campanularia ) ont un polypier chitineux, arborescent, fixé à quelque corps solide ; et chacun de leurs polypes est agame, pourvu d’un cercle de tentacules, et logé dans une loge campaniforme, d’oii le nom de Campanulaires qu’on leur a donné. Leurs polypes complets, c’est-à-dire les Méduses, qui font suite à leur état polypiforme, sont discoïdes, portent un cercle de cirrhes simples et ont des organes de sens sur le bord de l’ombrelle.
Leurs subdivisions, nommées Laomedea et Clijtia, n’ont aucune valeur. Lamouroux avait établi ces genres d’après la considération de la tige, qui est rampante ou non, mais nous avons vu des Laomédées, c’est-à-dire des polypiers à tige droite, devenir des Glyties ou des polypiers à tige rampante.
Une belle colonie de Campanularia dichntoma avait projeté du bout de ses branches des sortes de stolons rampant sur les parois du bocal où elle était placée, et elle reproduisait ainsi les caractères des deux genres à la fois. Il est probable qu’on verra aussi le cas inverse , c’est-à-dire le retour des Clyties à la forme Laomédée.
La Campanulaire gélatineuse ( Campanularia gelatitwsa ) est une. espèce très commune dans la mer du Nord, vivant à une certaine profondeur et formant des colonies d’un pied de hauteur.
Les Tubulaires (g. Tubularia) ont également un polypier chitineux, qui ressemble à des tuyaux d’orgue qui seraient plus ou moins tordus et réunis en touffes; elles ne s’élèvent qu’à quelques pouces de hauteur seulement. Leurs polypes ne peuvent rentrer dans les loges, et ils ont les tentacules sur une double rangée qui
MÉDUSAlftKS. 3.')7
entourent, l'une la bouche et l’autre, plus bas, la cavité stomacale. Leurs Méduses, ou les proglottis libres de ces Tubulaires, se développent toujours en dedans des tentacules inférieurs. Ces Méduses sont sphéroïdes et elles portent quatre cirrhes rétractiles sur le bord de leur ombrelle.
Il y a plusieurs espèces de ces animaux dans la mer du Nord ; celle que nous avons trouvée le plus abondamment, principalement sur le bois, est la Tubularia laryngea, qui s’attache et continue à vivre, même dans les endroits qui restent à sec pendant la marée basse.
Les EuDEMiiimi g. Eudendrium) ressemblent à des Tubulaires en miniature, mais n’ont qu’un cercle de tentacules et leurs Méduses portent quatre cirrhes bifides.
U Eudendrium ramosum est assez commun dans la mer du Nord; il forme des touffes épaisses, d’un aspect chevelu, que Ton trouve fixées sur divers corps solides ayant séjourné au fond de la mer.
Les Syncoryxes (g. Syncoryna ) ont les tentacules longs, renflés au bout, épars et à peu près de longueur égale ; leurs Méduses ont une forme sphérique et portent quatre cirrhes; elles se développent entre les tentacules.
La Syncoryna pusilla est la plus commune dans la mer du Nord; elle s’établit souvent sur la carapace des Crabes.
Les Coryxes (g. Coryna) sont sans polypier distinct, et leurs tentacules sont épars comme dans les Syncorynes ; elles vivent agrégées et quand elles portent des individus sexués, elles ressemblent parfaitement à des fleurs.
La Coryna squamata se trouve assez communément dans la mer du Nord sur divers corps solides, quelquefois même sur des Moules provenant de petites profondeurs.
Les Hydiiactinies (g. H y dr actinia) n’ont qu’un cercle de tentacules et s’élèvent d’une masse soutenue par un polypier chitineux, qui recouvre surtout certaines coquilles vides (Bucciuum undatum, Natica, etc.). On les trouve souvent sur les Buccins qui sont habités par des Pagures; elles se font remarquer, quand elles portent des œufs, parleur couleur rougeâtre (1). Les individus qui engendrent des Méduses sont exclusivement générateurs, et ne portent ni tentacules ni bouche.
Cordylophore (Cordylop/iura). — Ce genre a été établi par
(1) Ce sont des Hydractinics desséchées à la surface des Buccins qu on a longtemps désignées avec Fleming (llrit. anim.) sous le nom d’Alcyonidium echinalum .
DISCOPUORKS.
M. Allman, et nous en f'aisdns mention ici parce qu’il est le seul polype de toute cette famille qui soit lluviatile. Il a pour unique espèce le Cordylophora lacustris (J).
Les polypes de cette sorte vivent en colonies ramifiées et portent de nombreux tentacules placés sur plusieurs rangs étagés, comme chez les Corynes et les Syncorynes.
La forme médusaire ne se montre pas ; la capsule qui la représente reste attachée à la colonie sous l’apparence d’un Polype sans tentacules, dans lequel les œufs se développent jusqu’à l’âge infusoriforme.
Le Cordylophore, qui n’avait été encore vu qu’à Dublin, vient d’être observé à Schleswig par le docteur C. Semper.
Quelques espèces marines méritent aussi d’être citées à cause des observations intéressantes auxquelles elles ont donné lieu.
Le Corymorphci nutans est un polype qui n’est pas sans quelque ressemblance avec les Tubulaires proprement dites; il en a les tentacules et d’autres caractères encore ; mais au lieu d’être fixé à la manière de ces singuliers animaux, il reste séparé et libre. On doit la connaissance de cette espèce àM. Sars (2). Dans ces derniers temps, M. 0. Schmidt a fait connaître, sous le nom d ’Amalthea ovifera , un Polype qui paraît identique avec celui-ci (3). Forbes et M. Goodsir ont trouvé les mêmes animaux sur la côte d’Angleterre ; ils les avaient désignés sous le nom de Ellisia flos-maris.
Ces polypes ont quatre pouces et demi de longueur, et dans leur partie la plus large un demi-pouce d’épaisseur. Ils ressemblent plus à une Tubulaire qu’à une Coryne.
Autour de la partie la plus épaisse de leur tête, il y a de quarante à cinquante tentacules pleins, blancs, très longs, rétractiles, disposés en verticille ; en avant, on voit un certain nombre de tentacules plus courts que les précédents, également blancs et dirigés dans l’axe du corps. En dedans et à la base de la première rangée sont les ovaires, ou plutôt les appendices médusipares, au nombre de quatorze. Le polypier est fort délicat et ne semble pas avoir de connexion avec le corps. La Méduse porte quatre boutons sur le bord de son ombrelle, dont l’un est toujours plus large et plus long que Jes autres.
(1) Allmann, Philosoph. Transact., 1853, p. 367.
Le docteur Semper a constaté la présence de ces Polypes h Schleswig dés 1857 ; il nous en a envoyé que nous conservons en vié depuis plus de trois mois.
(2) Hcski ivclscr oy Jaglayelser , pl. I, fig. 3. Bergeu, 1835.
(3) Uand-.ltlas, pl. IX, lig. 2. lénn, 1851.
SERTIJ.VinES.
Mnestia parasites. — Ne connaissant pas exactement les rapports de cet animal, nous le citerons cependant à cause de son genre de vie. C’est jusqu’à présent le seul parasite véritable de ce groupe. C’est une espèce de Méduse qui a été décrite par M. Krohn. Elle vit sur le Phvlliroe bucéphale. Depuis longtemps on avait observé un appendice sur la tête de ce mollusque. M. H. Millier l’avait pris un instant pour une petite Méduse, mais il avait abandonné cette idée (1). Depuis lors, M. Krohn, qui a étudié de nouveau ces corps singuliers, s’est assuré que ce sont bien des Méduses comme M. H. Millier l’avait d’abord supposé. Elles s’attachent par la bouche, qui fait fonction de ventouse, et se nourrissent aux dépens de leur hôte en véritables parasites. On reconnaît les cellules pigmentaires >* des Phylliroës dans l’estomac et dans les canaux gastriques de la Mnestie.
Il part de l’estomac de celle-ci quatre tubes qui se rendent au canal circulaire, et l’on voit un diaphragme en dedans du bord de son ombrelle. Les cirrhes sont renflés à leur base et acquièrent une longueur et une finesse très grandes.
Ce parasite a été observé dans la Méditerranée, à Messine (2).
Ordre des Sertulaires.
Ces polypes ont une forme assez semblable à celle des précédents, c’est-à-dire que leur cavité digestive n’a pas de parois propres, celle de tous les individus d’une même colonie communiquant, et que leurs tentacules sont pleins. La colonie est elle-même protégée par des loges cornées, flexibles, et toujours régulièrement arborescentes. Ces polypes ne prennent jamais la forme médusalre, et, sous ce rapport, ils restent inférieurs aux Campanulaires et aux Corynes.
Chez eux le scolex engendre directement des proglottis , mais ceux-ci, quoique flétris et frappés de mort dès leur apparition, n’en produisent pas moins des œufs et des spermatozoïdes.
Ces individus prolifères n’ont pas de forme bien régulière ; ils sont sans bouche et sans tentacules, et occupent une loge plus grande que les autres.
Nous avons suivi tout le développement de la Sertularia eupres-
(1) '/.cil. f. H 'iss . Zoologie, vol. IV, p. 330.
(2) Sur la nature de l’appendice en forme de coupole, du corps du l’hyllirhoc bucéphale, in Troschel's Archiv, 1833, p. 278.