ZOANTHAIRES
parois du vase, redescendent puis remontent de nouveau, et souvent ils restent plusieurs jours au niveau de L’eau, le corps pouvant n’être qu’à moitié émergé sans en éprouver d’inconvénients: aussi sont-ils faciles à expédier, même à de grandes distances, et les amateurs d’aquariums aiment à en posséder.
On en trouve dans toutes les mers ; plusieurs de leurs espèces sont fort communes sur nos côtes.
Les genres principaux de la famille des Actiniadés sont ceux des Discosoma, Actinia, Corynactis, Thalassianthus, Lucemaria, Cerianthus, Edwardsia, Mynias, etc.
Le genre Actinie (g. Actinia), aux dépens duquel on a établi dans ces dernières années un nombre considérable découpés secondaires souvent regardées comme de véritables genres, quoique les caractères sur lesquels elles reposent aient assez peu d’importance, comprend plusieurs grandes et belles espèces de nos côtes, parmi lesquelles on peut citer les suivantes :
L’Actinie blanche (A. plumosa), qui est souvent blanche, mais aussi quelquefois jaune ou orange, atteint jusqu’à un demi-pied et plus de longueur; elle montre autour de sa bouche des lobes couverts de tentacules. C’est une des espèces les plus faciles à conserver dans les aquariums.
L’Actinie roimriiE (A . equina) ne dépasse pas la hauteur de deux pouces, a la peau finement striée, est d’un beau pourpre et mérite particulièrement lo nom d’Anémone de mer quand elle est épanouie. On la trouve en abondance sur les rochers dans la Manche.
L’Actinie crassicobne (A. senilis) est large de trois à quatre pouces, aies tentacules très gros, courts et arrondis au bout, se distingue par des couleurs vives, souvent rouge de sang, et vit communément dans le sable.
La Méditerranée fournit aussi de belles espèces d’ Actinies. Risso a dénommé celles que l’on trouve aux environs de Nice (1), et Rapp s’est spécialement occupé de quelques-unes de celles qui vivent dans le port de Cette (2). Elles rentrent dans plusieurs des genres établies par les autres.
Quoique les Actinies soient des animaux urticants, onlesmange dans beaucoup de localités après les avoir fait frire. Pendant les mois de janvier, de février et de mars, on porte particulièrement sur le marché de Rochefort V Actinia coriaceci, vulgairement appelée
(1) Histoire naturelle de l'Europe méridionale, t. V, p. 284; 1826.
(2) Uebor die Polypen und die Aclinien, i»-4 avec pl.
.M AJ) RÉPOK AIRES. 379
Cul de Mulet. Elle est estimée de quelques personnes, principalement des marins, qui trouvent sa chair délicate et savoureuse.
Les M y .ni as, classés par Cuvier parmi les Échinodcrmes, sont des Actinies qui vivent libres et voyagent à la manière des Acalèphes. On en a fait quelquefois une famille à part.
Les ZOANTHIDÉS forment une famille plus facile à caractériser. Us sont agrégés les uns aux autres, et leur peau s’encroûte de manière.à laisser après la dessiccation une masse coriace, qui n’est pas encore un Polypier véritable, mais qui résiste bien plus à la destruction que le corps purement charnu des Actinies.
Genres principaux : Zoanthus, Mamillifera, Palythoa et C ortie i fera.
Ordre* des llladrcporaires.
Les Madréporaires, plus connus sous le nom de Madrépores, et même sous celui de Coraux, quoique le véritable corail n’en fasse pas partie, sont caractérisés par l’encroûtement calcaire auquel leurs tissus sont régulièrement assujettis, et c’est de cel encroûtement que résultent les polypiers. Ils ont d’ailleurs une grande analogie avec les Actiniaires dans les principaux traits de leur organisation, et la plupart ont également la bouche entourée de tentacules.
L’étude de leurs espèces fossiles fournit des données précieuses pour la géologie; elle a donné à plusieurs naturalistes l’occasion de travaux intéressants.
On distingue parmi ces Polypes plusieurs familles, dont les principales ont été nommées Turbinolidés , Oculinidés, Astréidés et Fongidés.
Les TURblNOLIDËS ont plusieurs tentacules allongés, placés en deux ou plusieurs séries, et qui portent souvent des gemmes placés latéralement. Ils ont un polypier calcaire avec des loges intercloisonnaires libres dans toute leur longueur, sans traverses ni synapticules.
Cette famille réunit plusieurs genres remarquables, et ses espèces sont les unes vivantes et les autres fossiles.
Le Flabellum pavoninum est une belle espèce des mers de la Chine, qui devient libre à l’état adulte.
Dans la famille des OCULINIDÉS nous citerons le genre oguline [Oculina), dont une espèce (Oculina virginea), est connue sous le nom vulgaire de corail blanc; elle était autrefois employée eu mé-
380 CTKNOCÉHKS.
deeine. Son polypier est solide, plus ou moins luisant et d’un blanc de lait. On le trouve dans l’océan Indien. Il a été décrit d’abord par Besler. sous le nom de Corallium album indicum (1), et plus tard par Rumphius, sous celui d ’Accarbariurn album verrucosum (2). C’est le Madrepara virginea de Linné.
Les ASTRÉIDÉS portent leurs tentacules sur le bord du disque ; leur polypier est calcaire, et leurs colonies acquièrent souvent un volume considérable.
Cette famille comprend entre autres genres les Astrea et les Meandrina.
Les FONG1DÉS se distinguent par leurs tentacules nombreux qui sont épars autour de la bouche, et parleur polypier calcaire simple ou composé, étendu en forme de disque, de champignon ou de feuille.
On y rapporte les genres Fongia et Pavonia.
Ordre des Antipathaires.
Il ne se compose que d’une seule famille, celle des ANTIPA- THIDÉS, qui paraissent n’avoir que six tentacules simples autour de la bouche, les Antipathes fournissent les polypiers qui sont souvent désignés sous le nom de corail noir, et ils sont remarquables par leur grande analogie avec les arbres de mer ou Gorgones. Ils représentent ces dernières dans la classe des Zoanthaires. Quelques auteurs les placent même dans la même classe qu’elles.
Le polypier des Antipathes a été analysé. On y a trouvé de la silice, avec un peu de phosphate de chaux, un peu de magnésie et une très faible proportion de carbonate de chaux.
CLASSE QUATRIÈME
CTÉNOCÉRES (3).
Ces Polypes, appelés aussi Alcyonaires, parce que les Alcyons en forment l’un des principaux genres, ont les tentacules générale-
(1) Rariora mus. Besler., 1760, tab. XXV.
(2) Amboinsch. rariteUkamer.
(3) Cténocères, Blainv,
OORGONAIRES. 381
ment au nombre de huit, toujours bipinnés, et comme dentés en scies sur leurs bord, ce qui leur a valu le nom deCténocères. Us ont
aussi huit lamelles périgastriques portant les organes sexuels. Leur
polypier est le plus souvent formé de spiculés, et l’on ne distingue jamais de cloisons longitudinales dans son intérieur. Cependant il cesse d’être parenchymateux dans les Gorgones, et son axe, qui se solidifie, prend alors une consistance cornée très résistante. Cette consistance est même pierreuse dans le Corail. Il reste toutefois à la surface de l’axe solide une couche moins résistante et spiculifère, c’est celle qui loge spécialement les Polypes. Les Tubipores ont leur polypier entièrement solide et tubiforme.
Les œufs des Cténocères ressemblent à ceux des Sertulaires, et les embryons s’y développent de la même manière. Us sont d’abord couverts de cils vibratiles, puis ils se fixent en s’allongeant et perdent alors leurs cils. Le premier individu qui en naît forme le point de départ de la colonie.
On ne trouve dans cette classe qu’une seule forme, celle de Polypes proprement dits, ce qui a également lieu pour les Zoanthaires, et la génération y est de même monogénèse, puisque c’est sur les Polypes eux-mêmes que se développent les organes reproducteurs.
Les Cténocères peuvent être partagés en plusieurs ordres, sous les noms de Tubiporaires , Gorgonaires, Pennatulaires et Alcyonnires.
Ordre des Tubiporaires.
Les Tubiporaires ne renferment que la seule famille des TUBl- PORIDÉS, composée elle-même du genre Tubipore ( Tubipora ), dont les polypiers sont calcaires et formés par la réunion de tubes distincts réguliers, superposés en couches successives et réunis entre eux de distance en distance par des expansions lamellaires également pierreuses. Les Polypes sont rétractiles dans l’intérieur de ces tubes.
On en trouve les espèces dans la mer Rouge, dans la mer des Indes et dans certaines parties de l’Océanie. L’une d’elles a reçu le nom de Tubipore musique (Tubipora musica) .
Ordre des Gorgonaires.
Ce sont des Cténocères agrégés et qui forment des polypiers, soit calcaires, soit cornés, dont les Polypes occupent la partie cor-
Fig. 187
Corail.
382 GTÉNOCKRKS.
ticale. Celle-ci reste toujours tendre et renferme de nombreux spiculés épineux. Leurs colonies sont arborescentes, vivant autour d'une tige centrale, attachée par une sorte de pied au rocher ou à tout autre corps solide. Les Polypes portent huit tentacules.
Ils se partagent en familles sous les noms de Corallidés, fsididés et Govgonidés.
Famille des CORALLIDÉS. — C’est dans la classe des Cténocères que se placent les Coraux, polypiers célèbres par l’usage
qu’on en fait en médecine et dans la joaillerie. Ces Polypiers, qui sont arborescents comme ceux des Gorgones, et dont la superficie est de même formée par une croûte vivante et spiculifère , ont un axe pierreux presque entièrement formé de carbonate calcaire qui en constitue la partie employée, et dont la consistance est comparable à celle d’une pierre.
Le genre Corail (Corallium), est le seul que comprenne cette division.
11 a pour principale espèce le Corail rouge ( Corallium rubrum) de la Méditerranée.
La véritable nature de cette curieuse production n’a été réellement connue que dans le siècle dernier, et cela grâce aux recherches d’un naturaliste français Peyssonnel, qui eut l’occasion de l’étudier avec soin pendant son séjour à la Calle, ville littorale de l’Algérie.
En effet, au commencement du xvni” siècle, le Corail, comme du reste tous les polypiers, était considéré par les naturalistes comme une plante, bien que Rondelet eût donné dès le xvic siècle des preuves suffisantes de la fausseté de cette opinion. La nature végétale de ces Zoophytes était si généralement acceptée, que les premiers observateurs qui en aperçurent les animaux les prirent pour les fleurs de ces prétendues plantes. Ils en regardaient les tentacules comme un cercle de pétales.
Marsigli vit le premier cette prétendue fleur en 1706, et, dans l’histoire de l’Académie des sciences de Paris, il est dit que le