AO
position relative, et dont les surfaces sont assez nettes et bien conservées; j’y ai distingué cinq espèces non décrites de Spongiaires en lames minces, couvertes d’oscules sur une ou sur leurs deux faces ; elle contient des Peignes et des Térébratules converties également en silex. La terre blanche qui contient ces Zoophytes est toute pénétrée de spiculés siliceux de 2 à â millimètres, qui lient la masse, et l'empêchent d’être friable comme elle le serait sans cela; cette terre blanche se casse difficilement, comme une pâte grossière de carton, et, quand on la manie sans précaution, les spiculés pénètreut dans les mains comme les poils de certaines Chenilles. Ces spiculés paraissent avoir de grands rapports avec ceux qui appartiennent aux Zoophytes décrits et figurés par le docteur Grant ; quand on cherche avec attention, on en trouve qui sont terminés par 3 ou 6 petits rayons symétriques. J’ai trouvé des Hallirhoés peu compactes, dont le tissu lâche paraissait formé de spiculés; un autre polypier compacte à l’extérieur m’a présenté, en le cassant, des spiculés nombreux au milieu d’une poussière blanche ; enfin, celles de ces Hallirhoés qui sont devenues plus compactes ont encore leur surface hérissée et susceptible d’adhérer aux fils de coton et de chanvre dont on les enveloppe, comme si les spiculés présentaient leurs pointes à l’extérieur. »
M. le docteur Guyon a indiqué, dans un dépôt tertiaire des environs d’Oran, qui a reçu la dénomination fautive de craie, des corps aciculaires assez nombreux.
Il nous avait paru depuis longtemps que ces corps ne pouvaient être que des spiculés d’Éponges, et c’est ce dont nous nous sommes plus récemment assurés par l’examen microscopique de la prétendue craie dont il s’agit. Pulvérisée et soumise au microscope, de faibles parcelles de cette formation, même prises au hasard, présentent de petits corps spiculaires fort semblables à ceux des Spongilles, mais un peu plus longs; ce sont évidemment des Haléponges. Leur nature est siliceuse, quoique celle de la roche qui les renferme soit calcaire; divers autres corps organisés microscopiques, et en particulier des Foraminifères, y sont mêlés avec eux.
11 serait facile de multiplier ces exemples. Ceux qui viennent d’être cités nous ont paru suffisamment nombreux. On ne cite encore aucun cas d’accidents morbides occasionnés par l'implantation dans le derme des spiculés de ces Spongiaires, mais il pourrait se faire qu’on en observât, et c’est ce qui nous a engagés à reproduire les détails qu’on vient de lire.
Les acjates mousseuses d’Oherstein, en Allemagne, celles de Sicile,
/. os
SPO.VOI AIDES.
0t ^uel(Iues i-'*spes de l’Inde doivent à la présence d’Éponecs la particularité qui leur a valu leur nom; M. Bowerbank a donné il v a quelques années une démonstration évidente de ce fait 1) il v a reconnu des gemmes d’Éponges, des fibres résultant de la'ma- „e C°mec transformée en silex, et .les spiculés. C’est même par cette observation mtéressante qu’il a été conduit à supposer et bientôt apres à démontrer que les Éponges usuelles qu’on supposait dépourvues de spiculés en avaient néanmoins. Pour être étudiées sous ce rapport, les agates mousseuses doivent être usées en lames minces et soumises à un assez fort grossissement Les silex de plusieurs localités renferment aussi, d’après M. Bowcrnank, des débris d’Eponges (2).
Les Spongiaires fossiles (3) les plus anciens que l’on connaisse montent a époque silurienne; ils appartiennent a trois genres differents : celui des Paleponyes, qui est propre à cette formationcelui des stroma topores, qui a duré jusqu’à la fin de la période secondaire, et celui des C lianes, dont il existe encore de nombreuses especes dans les mers actuelles.
(1) Ann. and Mag. of nat. Hist., t. X.
(2) Trans. geol. Suc., 2e série, t. IV, p. jgl.
(3) On trouvera un résumé de leur histoire dans logic, 1857, I. rv, p. 580, 2° édition.
Piolet, Traite de paléanto-