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PROTOZOAIRES

Ce sont les plus simples, les plus nombreux et. les plus pelils de tous les animaux.

Cette division a été établie, il y a quelques années, par les naturalistes pour des animaux dont les divers systèmes d’organes ne sont pas nettement séparés et dont la forme irrégulière et l’organisation très simple ont été quelquefois considérées comme réductibles au type de la cellule. Dans cette manière de voir les Protozoaires, qu’on a aussi appelés dans certains cas des Sphérozoaires, seraient, pour ainsi dire, les cellulaires des animaux, comme les algues, les champignons, etc., sont les cellulaires du règne végétal. Mais cette définition se ressent un peu de l’idée théorique sous laquelle elle a été écrite, et, en réalité, les animaux auxquels on l’étend ne ressemblent que rarement à des cellules élémentaires; le tissu qui les compose semble même, dans la plupart des espèces, dépourvu de toute structure véritable. Les Protozoaires sont alors formés de sarcode, c’est-à-dire de cette matière diffluente et anhiste, si souvent mentionnée par les observateurs modernes et pourtant encore si peu connue, malgré les travaux dont elle a été l’objet ; et les plus élevés d’entre eux ne paraissent constitués que par cette même matière au milieu de laquelle on ne voit aucun organe distinct (1). C’est là peutêtre ce qu’il y a de plus caractéristique chez eux, et s’il fallait conserver cette division, ce qui ne nous paraît pas tout à fait compatible avec l’état actuel de nos connaissances, nous préférerions la désigner par le nom à1 Animaux sarcodaires.

Elle comprend deux groupes principaux : les Infusoires ainsi que les Rhizopodes, dont les For aminif ères, autrefois réunis aux Mollusques céphalopodes, forment une des divisions principales.

Tous ces animaux sont en général petits, ou même microsco-

(I) « Je propose de nommer ainsi, dit M. Dujardin, ce ()ue d’autres observateurs ont appelé une gelée vivante, cette substance glulineuse, diaphane, insoluble dans l'eau, se contractant en masses globuleuses, s'attachant aux aiguilles de dissection et se laissant étirer comme du mucus, se trouvant chez tous les animaux inférieurs interposée aux autres éléments de structure. ■■ (1830.)

INFUSOIRES

piques; ils ont des formes très variées, et ils portent des cils vibratiles, des appendices flagelliformes, des filaments rétractiles ou des expansions sarcodiques.

Leur corps est tantôt nu, tantôt couvert d’une cuirasse siliceuse, calcaire ou membraneuse.

Jamais ils n’ont de spiculés dans l’épaisseur de leur tissu.

CLASSE PREMIÈRE

INFUSOIRES

L’étude de ces organismes offre un très grand intérêt, aussi bien pour le naturaliste que pour le médecin ou le philosophe. Bien des maladies se propagent comme si elles avaient pour cause des animalcules véritables, et les Infusoires, si petits qu’ils soient, semblent jouer un très grand rôle dans la nature. Le géologue ne peut négliger leur action lorsqu’il établit la théorie du globe, et le philosophe ne doit point ignorer que plusieurs savants célèbres ont cru trouver dans les Infusoires l’origine des animaux et même celle de l’homme, comme si la nature avait été astreinte, lorsqu'elle a formé les êtres organisés, à faire nécessairement provenir les espèces les plus grosses et les plus compliquées de celles dont les dimensions sont les plus petites et la structure la plus élémentaire.

Les Infusoires se montrent partout: depuis la cime des montagnes jusque dans les plus profonds abîmes; dans l’air comme dans l’eau ; dans le sol aussi bien que dans les plantes ou dans les animaux ; partout enfin où il y a de l’espace et de l’air, on trouve des Infusoires en plus ou moins grande abondance. Sous les pôles ou sous l’équateur, en été comme en hiver, dans l’air sec ou sur la terre humide, ils vivent, se répandent et se propagent; il y en a jusque dans nos tissus et dans nos humeurs et, dans ces dernières années, on a signalé la présence de ces animalcules jusque dans le lait de femme (1).

L’intérêt qui se rattache à l’étude de ces animaux a d’ailleurs été compris de tous les observateurs, et dès que l'invention du mi-

(1) Vogcl, Medicinisches correspondons bl. des Wurtemberg , aerlsl. Vercins, 2e scni., 185S. — Gazette medicale, t8S4, p. (190.

IHKU80IH156.

croscope a permis de constater leur existence, ils ont été examinés avec la plus grande attention. Leeuwenhoek et ses contemporains, 0. F. Millier, M. Ehrenberg et beaucoup d’autres auteurs, se sont particulièrement appliqués à les bien faire connaître (1).

Comme exemple de l’importance des Infusoires dans la nature, nous citerons ces couches, souvent épaisses de plusieurs mètres et sur une étendue considérable, qui sont presque exclusivement formées des débris de ces animalcules. La fertilité du limon du Nil et celle des autres dépôts fluviaUlos ou lacustres est due en grande partie à des débris d’infusoires. Des terres comestibles (la farine de montagne des Lapons, etc.) sont composées en grande partie des restes de ces petits êtres. La pluie de sang, le papier et la ouate météoriques ont aussi pour origine des animaux microscopiques, et c’est encore à eux qu’est due la rapide coloration en vert ou en rouge des flaques d’eau ou des étangs (2).

Sous le rapport de la durée et des particularités de la vie, connaît-on des exemples plus remarquables dans les autres classes des êtres vivants? Beaucoup d’infusoires n’ont dans les circonstances ordinaires que quelques heures à vivre, et l’on peut prolonger indéfiniment leur existence en les desséchant; la vie est alors suspendue, et ces animalcules peuvent voltiger avec la poussière, être portés à des distances énormes, rester pendant de longues années inertes sur quelque coin de rocher ou dans tout, autre lieu, pour revenir ensuite à la vie, et, comme on l’a observé maintes fois, ressusciter lorsqu’une goutte d’eau vient à imprégner leur tissu.

C'est Leeuwenhoek, vers la fin du xvii” siècle, qui vit le premier des animalcules infusoires dans une infusion do poivre (24 avril 1676). Baker et Trembley en étudièrent, un demi-siècle plus tard; puis Bill, Joblot, Schæffor, Rœsel et Wrisberg, en firent à leur tour connaître de plusieurs sortes. H i 1 1 , en 1752, fit le premier l’essai d’une classification de ces petits animaux, et, en 1764, Wrisberg leur donna le nom d’infusoires, parce qu’on les trouve en abondance dans les infusions de nature animale ou végétale.

(1) Voyez parmi les publications modernes : Ehrenberg, Ueber Infusionslhierchen, 1838. — Dujardin, Histoire naturelle des Infusoires. Paris, 1 8 i I . — Ehrenberg, Mikrogeologie. Berlin, 1834 et 185G. — Stein, Die Infusionstltiere. Leipzig, 1834.

(2) La couleur rouge que prennent, à certains degrés de salure, les eaux des marais salants, est due à la présence de nombreux infusoires, et c’est également par des animalcules analogues que les sels gemmes paraissent avoir été colorés.

INFUSOIRES

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En 1776, 0. F. Millier publia sur les Infusoires un ouvrage spécial qu’il compléta en 1786 (1).

Les Infusoires ont été considérés dès lors comme un groupe particulier dont on a marqué la place parmi les animaux radiaires, tels que Lamarck et G. Cuvier les ont plus tard définis.

Toutefois, pendant son séjour à Kœnigsberg, M . von Baer fut conduit ii supprimer la classe des Infusoires, et à ne voir dans ces êtres que des prototypes incomplets des autres classes. De Blainville, Leuckart et d’autres émirent des opinions analogues, et les Infusoires ont été pendant quelque temps rayés comme groupe distinct.

Une seconde période commença lorsqu'on fit usage des lentilles achromatiques pour l’étude de ces petits animaux. Pendant plusieurs années, à partir de 1830, M. Ehrenberg fît d’immenses découvertes dans cette partie de la zoologie, et depuis lors il n'a cessé de faire des Infusoires son étude favorite; mais il alla trop loin en leur attribuant une organisation plus compliquée que celle qu’ils ont réellement, et il ne réussit pas à séparer nettement les êtres microscopiques véritablement animaux de ceux qui appartiennent au règne végétal. Beaucoup de ses Infusoires polygastriques sont des végétaux, et non des animaux.

En 1 835, M. Dujardin entreprit des observations nouvelles sur les mêmes animalcules, et il s’unit à quelques autres naturalistes pour démontrer que le célèbre micrographe de Berlin s’était laissé quelquefois entraîner par sa trop grande confiance dans les données de l’analogie.

Enfin, dans ces dernières années, MM. J. Millier, Stein, Claparède, Lachmann, Lieberkiihn, etc., ont eu l’occasion de faire encore de curieuses découvertes dans cette branche du règne animal, si souvent et si diversement explorée.

L’étude des Infusoires s’est considérablement simplifiée depuis qu’on en a retiré les Rotateurs, dont nous avons parlé précédemment (2), et d’autres êtres qui ont en réalité des caractères très différents de ceux qu’ils présentent eux-mêmes.

Pendant longtemps on avait placé dans la classe des Infusoires tous les organismes de très petite dimension qui ne trouvaient pas facilement leur place ailleurs dans les cadres zoologiques.

C’étaient quelquefois des animaux encore incomplets ou mal

(1) Animalia infusoria. lu i, av. fig. Copenhague.

(2) Tome I, p. 304.

i.nkusuihüs.

observés, des jeunes Alcyonelles par exemple, et d’autres embryons d'animaux allocotylés.

D'autres étaient des produits morbides ou altérés, tels que des lambeaux de branchies ou des fragments de membranes ciliées.

Il y avait aussi dans ce mélange d’êtres si disparates des plantes microscopiques ou des sporidies de végétaux cryptogames.

Les Bacillaires, les Glostéries, etc., étaient regardés comme étant des Infusoires, aussi bien que les sporidies des Algues, et M. Ehrenberg les classe encore parmi ses Infusoires polygastriques. Beaucoup de prétendues monades ne sont que de semblables germes de végétaux cryptogames mal étudiés.

Des animaux appartenant à diverses classes, comme les Cercaires, qui sont le jeune âge de certains Vers trématodes; les Rotateurs, qui appartiennent au type des Articulés, et les Anguillules, qui sont des Vers nématoïdes, ont longtemps été associés aux Infusoires.

Enfin, on y avait également rangé certains produits normaux de l’organisme, et, en particulier, les spermatozoïdes ou zoospermes (fig. 1 88) que M. Owen a même proposé d’appeler Cercaires du sperme [Cercaria senti nis , et l’on a voulu y rapporter aussi des Vers à l’état de protoscolex, comme les Acéphaloeystes, qui ne sont qu’un état particulier des Échinocoqucs et des Cénures.

Fig. 188. — Spermatozoïdes (*).

(‘) S/Jcrnialozoûlcs hitmiiins, auti el'ois rouüitlcïc’s comme animaux; ligmcs d'iipiùs 31. Mil udl. it ai fr, riut vc’druleux ; c, élut fascicule ; u, b, c, a, cïut lilu a, vu. île profil cl à pial ; e, granule spermatique

LMU-SOIRES.

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Parmi les Infusoires tels qu'on les a plus récemment circon- I scrits, il y a probablement encore d’autres formes qui ne méritent pas mieux ce nom. et d’autres que l’on devra reporter dans | le règne végétal lorsqu’elles seront mieux connues. En effet, on a vu dans ces derniers temps que plusieurs Algues et d’autres cryptogames montrent dans les premiers temps de leur développement une analogie frappante avec certains Infusoires, tels que les Monades et divers autres (1).

Les Infusoires proprement dits (. [nfusoria] forment néanmoins un groupe particulier d’animaux dont les limitessont chaque jour mieux comprises. Ils ont de très petites dimensions, n’ont pas la forme régulièrement symétrique, et sont plutôt pairs que radiaires, quoiqu’ils s’éloignent assez peu de la forme sphérique ou ovalaire. Leur corps est couvert de cils vibratiles ou pourvu de filaments inarticulés mobiles qui sont souvent d’une extrême ténuité. On voit dans son intérieur des vésicules pulsatiles et souvent des canaux ou vaisseaux aboutissant à ces vésicules; on leur reconnaît assez souvent une bouche et parfois même un anus plus ou

Fig. 189. — Chilodon uncinatus (*).

moins distinct. Leur reproduction est ordinairement gemmipare ou fissipare; il paraît cependant qu’elle est sexuelle dans certaines circonstances et que les Infusoires ont un nucléus intérieur qui représente particulièrement leur ovaire. Beaucoup d’entre eux subissent des métamorphoses, et l’on a déjà reconnu que certains (*)

(*) Su multiplication par scission. — A, B, C, 1), montrent les diverses périodes successives de celle operation. — Dans ces figures ont voit: i, la bouche; 2, le sac contractile; ô, la glande sexuelle; 4, 1rs estomacs multiples.

(1) Cotan, Union, ub. d. lintw. d. Mikr. Algcn und Pilse (A'or. .4 et. Arad. leop. nat. cur. t. XXII). — Perty, Zur kentn. Hleinsl. Lebon sfovmen. Hern, 1832). — A. Braun, lielracht. über d. lirscliein.d. Verjüngmg in d. \aJur. lu -4 Leipzig.

genres jusqu’ici considérés comme distincts ne sont que des âges d’une seule et même espèce.

Nous partageons la classe des Infusoires en deux ordres, suivant que ces animaux sont ciliés ou bien jlagellifèrcs.

Ordre des Infusoires ciliés.

Comme l’indique leur nom, ces Infusoires portent de véritables cils vibratiles, et, en général, ils n’ont pas d’autres organes de locomotion. Cet ordre comprend la plus grande partie de véritables Infusoires.

On le divise en plusieurs familles, dont nous allons énumérer les principales, en citant de préférence celles qui ont quelque espèce remarquable au point de vue qui nous occupe dans cet ouvrage. Nous les diviserons en deux sous-ordres: les Vorlicelles et les Infusoires ciliés ordinaires.

Sous-ordre des Vorlicelles.

Les Vorlicelles, ou la famille des Yorlicellidés, forment un premier groupe d’infusoires ciliés qui méritent d’être séparés de tous les autres et dont nous ferons un sous-ordre particulier.

Les YORTICELLIDÉS semblent être les plus élevés des Inlu-

Fig. i90. — Vorlicelles (*).

(*) VorticeiUi microsloma.A' après Ehrenberg: 1 représente lu bouche . cils vibratiles ; 2, le sac contractile ; 3, la glande sexuelle ; 4, les sacs gus L’individu représenté cil A est entier ; ceux des ligures, B, C al D munir, cessives de lu multiplication par scission longitudinale.

lu bouche entourée du cercle de Iriques ; 5, les œufs, ntrenl les périodes suc-

1 <> LNKUSOUUiS.

soires, et quelques naturalistes ont même cru devoir en faire des Bryozoaires. Ils sont généralement portés sur une tige contractile, ont une forme de cloche ou de coupe, et portent une cou- 1 mine de cils vibratiles autour d un entonnoir au fond duquel se trouve leur bouche.

Ces Infusoires vivent généralement dans les eaux claires, soit douces, soit marines; ils se fixent sur les plantes, les Crustacés, les Mollusques, les Polypiers, et même des larves vivantes.

On n’est pas d’accord sur les changements de forme qu'ils subissent: selon les uns, il y a alternance dans leur génération, ou même plusieurs générations de forme différente se succéderaient, d autres naturalistes, et nous sommes de ce nombre, pensent qu’il n’y a chez eux qu’un développement ordinaire avec métamorphose simple.

M. Lachmann a vu des \ orticelles reproduire directement des Yorticelles de même forme qu elles, et il ne doute pas que l’on n'ait dans certains cas considéré à tort des formes d’origine différente comme provenant les unes des autres fl).

On voit souvent des Infusoires de cette famille qui sont munis à la partie postérieure du corps d’un cercle de cils vibratiles, abandonner ensuite la loge qui les renfermait, puis aller former ailleurs une nouvelle colonie. Ces Infusoires ressemblent complètement sous cette forme à certaines larves d’Annélides; ce phénomène n'a rien de commun avec celui de l’enkystement.

M. Stein (2) divise ainsi les Vorticellidés :

1° Les Trichodina et Urocentrum, qui sont sans tiges et nagent librement.

2° Les Vorlicella, Carchesium et Zoothamnium, qui possèdent une tige contractile.

3“ Les Ophrydiurn, qui sont incorporés dans une enveloppe gélatineuse commune.

é° Les 1 agira cola, Cothurma, Nyctemerus et Lagenophrys , qui sont enfermés dans une cellule cupuliforme.

5" Les h'pistylis et Opercularia, qui sont munis d’une tige non contractile.

6° Les Spiroc/wna, dont le corps n’est pas contractile.

Le genre Yorticellc ( Vorticella} possède une tige contractile en spirale et comprend un grand nombre d’espèces.

(1) Lacliinann, Uebcr die Organisai, d. Infusoricn , in Mtiller's Archiv, ISSU, p. 3i0.

(2) Stciu, Die Infusionslhiore. Leipzig, 1S5G.

INKl'SUUUSS CILIÉS. /|17

La \ OKTIGELLE néuulifèuh ( I . nebulifern) n’est point ramifiée et vil abondamment sur les Sertulaires et les Campanulaires de nos côtes.

Le genre Ehstylis ( Epistylis ) comprend une espèce commune dans toute l’Europe, et que Trembley avait nommée Polype à bouquet ( Epistylis anastatica) . On la trouve surtout sur les plantes aquatiques dans les eaux limpides.

Sous-ordre des Infusoires ordinaires.

Les Infusoires ordinaires ou du deuxième sous-ordre peuvent être divisés en plusieurs familles.

Les URCÉOLARIDÉS sont des animaux à forme variable, très contractiles, portant une rangée de cils vibratiles très forts et en spirale autour de la bouche et d’autres cils plus courts sur .tout le corps.

On ne les trouve que dans l’eau douce.

Le genre Stentor [Stentor) se distingue surtout de tous les autres Infusoires par sa grande taille et par la forme turbinée ou en trompette que son corps peut prendre. On distingue ces Infusoires à l'œil nu.

M. 0. Schmidt a observé dans le Stentor cœruleue des jeunes vivants à la sortie du corps (1). Ils étaient de même force que les adultes.

On en connaît plusieurs espèces, et elles se développent en si grande abondance, que l’eau en devient parfois verte ou brune. Elles vivent sur les herbes.

Le genre Urcéolaire [Urceol aria) a la forme d’un vase ou d’un disque, bordé de cils obliques qui se contournent en spirale.

LTrcéolaire stelline ( Urceola stellina ) se trouve particulièrement comme parasite des Hydres. 0. F. Muller l’a nommé Cyclidium pediculus.

Les BUFISATUDÉS ont le corps mou, llexible, contractile, le plus souvent oblong ou ovale, montrant un large orifice entouré de fort cils vibratiles conduisant à la bouche. Toute la surface de leur corps est ciliée.

Le genre Kondylostome ( Kondylostoma ) comprend une espèce, le Trichoda païens, qui est remarquable par sa grande taille (elle atteint jusqu’à lmm,50), et qui parait répandue depuis la Méditerranée jusqu a la Baltique. On la trouve particulièrement en grande abondance sur la côte de Belgique. Elle montre un organe en chapelet sur le côté et se développe en abondance dans les aquariums.

(1) Froriep’s Notizen, 1849, t. IX, p 5.

INFUSOIRES

Le genre Plagiotome (. Plagiotoma ) possède une espèce que ; Ehrenberg a désignée sous le nom générique de Lencophrys, et qui vit en parasite sur les JJnios et les Anodontes; c’est le Plagiotoma Anodontœ. Les branchies, le manteau et toute la masse viscérale de ces Mollusques en sont souvent couverts. Cet Infusoire est très reconnaissable par la fente buccale qu’il présente au milieu du corps.

Les PLESCONIDÉS ont le corps ovale, légèrement déprimé, de forme peu variable, cuirassé, portant souvent des cils vibratiles et des appendices en stylets au moyen desquels ils marchent.

Le genre Plesconie ( Plæsconia ) a la cuirasse marquée de côtes longitudinales et porte des appendices, sous forme de soies ou de cirrhes, pour la marche. Ces Infusoires nagent aussi par le secours de cils vibratiles.

La Plesconie van (PL vannas ) est répandue depuis la Méditerranée jusqu’à la Baltique, et on l’observe dans toute eau de mer qui a un peu reposé.

Le genre Aspidisque (. Aspidisca , Ehr.), établi sur le Trichodalynceus de Millier est aussi rapporté à cette famille. C’est sur cette espèce que J. Haime a fait ses observations (1). Ces Infusoires ont une espèce de carapace à l’âge adulte; mais comme cette carapace manque dans le jeune âge, on avait placé les larves dans une famille, sous le nom d’ Oxy tricha, et les adultes dans une autre.

Les PARAMÉCIDÉS ont généralement le corps de forme ovale ou pyriforme, très variable, aplati et mou, le tégument réticulé et des cils nombreux disposés régulièrement en séries.

Ce sont des Infusoires très communs partout et qui se développent souvent en si grande abondance, que l’eau en devient trouble.

Le genre Paramécie ( Paramecium ) se distingue surtout par la forme oblongue du corps et par le pli longitudinal oblique qui se dirige vers la bouche.

Comme ces Infusoires sont relativement d’assez grande taille et qu’ils sont excessivement abondants dans l’eau de mer et dans l'eau douce, tous les micrographes les ont observés, et c’est sur eux qu’ils ont le plus souvent étudié le phénomène de la fissiparité. On les voit se désagréger sur le porte-objet du microscope.

La Paramécie verte ( Paramecium bursaria , Focke ; Loxodcs bur-

(1) Observations sur les métamorphoses et l’organisation du Trichoda lynccus (Ann. sc.vat., 3° série, 1 853, t. XIX, p. 109, pl. 6.)

noria, Lhr. , npres s être multipliée pur scission spontanée pendant plusieurs générations, s'accouple deux à deux, les bouches appliquées pendant cinq a six jours, et même davantage, l’une sur l’autre et se fécondant réciproquement.

Paramécie nu colon ( Paramecwm coli ). — Un matelot avait conservé, à la suite du choléra, un trouble dans les fonctions digestives, et éprouvé divers accidents propres aux inflammations intestinales. En examinant au microscope du pus recueilli sur une petite ulcération du rectum et du mucus sécrété par cette portion de l’intestin, M. Kalmstein (de Stockholm) a reconnu dans ces tumeurs, outre des cellules de pus et des globules du sang, un grand nombre d’infusoires qu’il a décrits et figurés sous la dénomination ci-dessus.

Le même observateur a depuis retrouvé ces Infusoires chez une femme atteinte d’une inflammation chronique des gros intestins. La malade ayant succombé, M. Kalmstein a constaté que les Infusoires étaient en plus grand nombre sur les points où la membrane muqueuse était un peu altérée que sur les ulcérations intestinales et dans le pus qu’elles avaient fourni.

Hors de l’intestin, ces Infusoires meurent très vite; les matières qui les contiennent doivent donc être examinées immédiatement ou peu de temps après avoir été recueillies (1).

Des Infusoires ont d’ailleurs été signalés dans les intestins de plusieurs espèces d’animaux domestiques par MM. Gruby et Delàfond, et plus récemment par M. Colin. Ce dernier parle de l’espèce qui vit dans la panse du Bœuf et du Mouton (2), et de celle qui se tient dans le cæcum du Cheval, ainsi que dans le côlon replié du Cochon 3).

Infusoires delà panse du Bœuf et du Mouton. — Ils ont été découverts par MM. Gruby et Delafond. M. Colin, qui en donne les figures reproduites ici, en parle dans les termes suivants: « Ces Infusoires, de forme et de grandeur très variées, sont généralement arrondis, ovalaires, souvent échancrés il leurs deux extrémités. Ils portent à leur circonférence des cils vibratiles très déliés qu’ils font mouvoir avec une extrême vitesse. On peut les examiner en prenant dans la bouche d’un Bœuf ou d’un Mouton une pincée des aliments que l’animal rumine. Alors on exprime de ceux-ci une

(1) C.ompt. rend, hebd., 1837, l. XLV, p. 931.

(2) Trailc de physiologie comparée des animaux domestiques , Paris, 1831, I. I, p. 607.

(3) Ibid., p. 037.

r.M'CSUIHES.

goutte de liquide sur une lame de verre que l’on porte aussitôt au loyer du microscope. Les petits animaux s’agitent avec rapidité

Km. 191 (*).

tant que leur vésicule conserve une certaine chaleur; par suite du refroidissement, ils ne tardent pas à mourir, les cils appliqués à la surface du corps. »

Infusoires propres au cæcum du Cheval et au côlon replié du même animal. — Ils sont également nombreux, mais on n’en a pas non

Fig. 192 (**). Fig. 193 (***).

(*) (**)(***) Figures empruntées à l’ouvinge de M. Colin, intitule: Traite de physiologie Comparée des animaux domestiques.

plus déterminé la nature avec exactitude, et nous devons nous borner, comme nous l’avons fait pour les précédents, à reproduire la figure qui en a été publiée par M. Colin.

Les LEUCOPHRYDÉS ont une forme ovale ou oblongue ; le corps est déprimé et couvert de cils vibratiles en rangées régulières.

Le genre Or.uiNE [Opalina) est le plus remarquable et le mieux connu de ce groupe ; on ne trouvé ces Infusoiresque dans l’intestin des Batraciens et dans quelques Vers.

L’Opaline des Grenouilles ( Opalina Ranarum ) vit en abondance au bout de l’intestin, au milieu des fèces. Il est curieux de voir ces Infusoires se croiser dans mille sens lorsqu’on les observe sur le porte-objet du microscope. Aucune Grenouille n’en est exempte, et elles en ont à toutes les époques de l’année.

M. Schultzc a trouvé des Opalines dans des Planaires ; il regarde ces Infusoires comme des formes transitoires de quelque autre genre (1).

Les PÉRIDINIDÉS portent un tét régulier, couvert d’un ou de plusieurs sillons garnis de cils vibratiles et un long filament flagelli forme.

Us vivent dans la mer ou dans l’eau douce, au milieu des plantes, mais on ne les voit pas dans les infusions.

M. Ehrenberg fait mention de six espèces du genre Péridinie ( Peridinium ), qui sont phosphorescentes: 1° P ■ tvipos, < ,er caria tripos, Millier ; 2“ P. fusca; 3" P. fusus ; 4" P ■ Michaelis ; 5“ P. acuminatum ; 6° P. inicans; elles habitent la mer Baltique.

Les ENCHÉLYDÉS sont des Infusoires ciliés en tout ou en partie, sans tégument contractile, et dont les cils sont épars et sans ordre.

Le genre Enchélyde ( hnchelys ) se distingue parla forme du corps cylindrique ou ovoïde, couvert de cils semblables. Ces Infusoires se développent surtout dans les eaux de marais, lorsqu elles sont putréfiées. M. Dujardin en mentionne de cinq espèces.

Les TRICHODÉS ont le corps mou, flexible, très variable et sont entièrement couverts de cils rétractiles.

On les trouve surtout dans les infusions et dans les eaux putréfiées. Quelques-uns habitent l’eau salée.

Le Triciiode poire ( Trichoda pyrum) se développe en abondance dans les infusions de chairs fétides.

(1) Turbellarien, p. ü8.

INKl'SOIRES.

Une espèce très remarquable, qui atteint jusqu’à 3 millimètres de longueur, habite en abondance les côtes de la Belgique. Elle est longue et effilée comme un Nématoïde, mais aplatie et un peu plus large vers le milieu du corps. Son cou est excessivement long. Nous la rapportons au genre Trachelius, sous le nom de T. filaririus.

Ordre de* Infusoire* fhi-elliféros.

Les Infusoires flagellifères ne sont point couverts de cils vibratiles, mais ils sont pourvus d’une ou de plusieurs expansions filiformes douées d’un mouvement ondulatoire et servant généralement à la locomotion. Chez quelques-uns d’entreeux un filament sert à ces animaux pour se mouvoir et un autre pour s’amarrer.

Les EUGLÉNIDÈS ont une forme très variable, un tégument contractile, et se meuvent par des filaments très allongés.

Le genre Eüulène ( Eugleno ) ne porte qu’un seul filament, mince il sa base, et un ou plusieurs points oculiformes.

L’Euglène verte [Euglena viridis) a la forme d’un fuseau et le corps aminci en arrière sous forme de queue. C’est cette espèce qui colore ordinairement en vert l’eau des mares, et elle est peutêtre l’un des Infusoires les plus communs (1).

Les THÉCAMONADÉS sont revêtus d’un tégument non contractile, quelquefois dur et cassant ; ils portent un ou plusieurs filaments qui leur servent à la locomotion.

Le genre Traciielomonas n’a qu’un seul filament; son corps est ovoïde et son tégument cassant.

Le genre Cryptomonas ( Cryptomonas ) n’a également qu’un filament unique ; son corps est ovoïde, mais le tégument y est membraneux.

Les YOLVOCIDÉS se distinguent par leurs enveloppes épaisses, gélatineuses, diaphanes, qui se succèdent et forment une masse commune autour de ces Infusoires. Ils sont souvent de couleur verte et sont munis d’un point oculaire rouge.

Les Volvox ressemblent sous tous les rapports aux Algues inférieures, dont ils ont jusqu’au mode de locomotion, mais ils possèdent encore une vésicule pulsatile.

Le Volvox tournoyant ( Volvox globator ) constitue l’espèce principale de cette division.

Cet Infusoire a été découvert par Leeuvenhoek, le 30 août 1698, et c’est lui qui parait avoir donné l’idée de la théorie de l’emboi-

(I) Weissc, Sur le cours delà vio de l' Euglena. Acad. Sl-Pctersb. (Voyez aussi le Journal de l'Institut, I So t , p. 33G, cl Troschel's Archiv.)

INFlrS0IUES FL A GELMFÈRES . ^,23

tement dos germes, rendue si célèbre par les philosophes du siècle dernier.

Les MONADES sont formés d’une substance glutineuse pouvant s’étirer, de forme variable, sans tégument et portant ordinairement un seul filament.

Ce sont les plus simples des Infusoires.

Le genre Thichoaionade ( Trichomonas ) se distingue par la présence d’un seul filament et par celle de cils vibratiles; son corps est ovoïde et il s’étire en s’agglutinant aux objets environnants.

Le Trichomonade vaginal ( Tr . vaginal is) vit dans le mucus vaginal altéré. 11 a d’abord été observé par M. Donné (1), et depuis lors il a été l’objet de nouvelles recherches de la part de MM. Scanzoni et Külliker (2).

On le trouve chez beaucoup de femmes, enceintes ou non, saines ou affectées d’écoulements, et il n’a, d’après les auteurs que nous citons, aucune relation avec le principe vénérien. Toutefois on ne l’observe pas dans du mucus vaginal qui ne contient point de globules muqueux ou purulents. Ce mucus montre souvent aussi des plantes cryptogames, et il acquiert son plus grand développement quand la sécrétion est vraiment morbide.

Les Trichomonades ressemblent en tous points, disent ces naturalistes cités plus haut, à de véritables Infusoires. Leur forme est généralement allongée, ovoïde ou pyriforme. Leur grandeur varie de 0,008 à 0,018 de millimètre. On voit à Tune de leurs extrémités un, deux ou trois filaments flagelliformes, à la base desquels se trouvent des cils vibratiles assez courts; l’autre extrémité, le corps, s’allonge souvent en une queue ou en un stylet mince, assez rigide et non contractile, dont la longueur peut égaler celle du corps. Il a été impossible à MM. Scanzoni et Külliker de trouver une bouche ; mais ils ont cru voir un sillon léger et oblique à la partie antérieure qui porte les cils. L’intérieur est finement granulé, incolore, sans apparence de nucléus ni de vacuoles contractiles. Examinés dans le mucus vaginal pur, leur mobilité et leur vivacité sont très grandes ; mais placés dans l’eau, ils se gonflent, montrent une forme globuleuse et cessent bientôt de se mouvoir. C’est dans ces conditions qu’on a pu les prendre pour des cellules vibratiles (3).

Les CERCOMONAS (Cercomonas) ont le corps arrondi et un profil Donné, Compt. rend, hebd., 1837, t. IV, p. 46 1 , et Cours de microscopie, Paris, 1844, p. 157, Allas, fig. 33. — Dujardin, lnfus., p. 300.

(2) Journal de l'Institut, 1855, p. 167.

(3) Les Trichomonas ne sont donc pas, comme on l'avaitcru, des spermatozoïdes

INFUSOIRES

longcment postérieur, qui s’al laclie au verre sur lequel ou les place et se laisse etircr. M. Davaiuc a trouvé une grande quantité de ces Infusoires dans les fèces de cholériques (1).

La Monade lentille {Monas lens) est arrondie et discoïde ; elle se montre en abondance dans toutes les infusions (2) : on peut dire que tous les micrographes l’ont, sinon étudiée, du moins observée (3).

égarés, mais bicu, comme I avait dit M. Donné, des Infusoires véritables. Voyez Scanzoni et Kollikcr, Z eilschr. fur wiss. Zoologie; Comptes rendus, 1855, p. 1076, et Ami. nal. hist., XV, p. 464, Inslilul, 1855, p. 167. — Ibid., Gazelle médicale, 1855, n" 20, p 31 5.

(1) Comptes rendus de la Société biologique, 1854, p. 129.

(2) Recherches microscopiques sur la nature du mucus.

(3) VIBRIONS. On a souvent appelé Vibrions les espèces du genre des Anguillules, mais ce nom est resté à certains corps microscopiques qui doivent être classés parmi les Algues. — Nous ne faisons mention de ces êtres microscopiques que pour rappeler que, bien qu'ils aient figuré jusque dans ces derniers temps dans le règne animal avec les Infusoires véritables, ils ont été reconnus par la plupart des micrographes modernes pour des plantes. Les CoraUines dont on faisait des Polypes, et d’autres prétendus animaux inférieurs, sont aussi dans ce cas. Leur histoire est du domaine de la botanique.

Les VIBRIONIDES sont toutefois pour Ehrenberg des animaux filiformes, distinctement ou vraisemblablement polygastriques, anentérésfsans intestins), nus, sans organes externes, à corps de Monadines uniformes et réunis en chaînes ou séries filiformes par l’effet d’une division spontanée incomplète. On n’a pas pu leur faire avaler de substances colorées comme aux Infusoires animaux.

D’après les observations de M. Cohu, les Bacterium (B. Termo, Duj.) ne sont que le jeune âge d’un autre genre ( Zoogloca , Cohn), voisin des l’almella, tandis que les Spirillum appartiennent aux Oscillaires.

Les Vibrions se développent en quantité prodigieuse dans tout liquide contenant des matières organiques soit animales, soit végétales; la salive, te tait, le pus, la matièrequi s’amasseautourdes dents, les sécrétions morbides, peuvent en fournir, etc.

Il y en n qui se meuvent en forme de tire-bouchon, et souvent avec une grande rapidité ; ils portent le nom de Spirillum.

D’autres se présentent sous la forme de lignes droites ou très peu (lexueuses et se meuvent lentement; ce sont les Bacterium.

D’autres enfin se meuvent en ondulant; ils conservent le uom de I Virions véritables.

On voit quelquefois le lait de vache présenter, au bout de quelques jours, de belles taches colorées, tantôt bleues, tantôt jaunâtres. Ces taches se montrent à la surface sous forme de plaques rondes dediverses grandeurs. Leur apparition cause de grandes pertes dans la fabrication du fromage. Dans le lait bleu, M. Fuchs a observé une espèce de Vibrion qu’il nomme Vibrio cyanogenus, et, dans le jauue, une autre espèce appelée par lui Vibrio xanthogenus.

Leur apparition paraît, dit-on, tenir, à un état particulier du lail, puisque

IUlIZOPOPES.

CLASSE DEUXIÈME

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