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UE L’ABSORPTION

raéabilité des tissus interposés entre la substance qui doit être ; absorbée et les liquides qui serviront à en effectuer le transport, ;il est évident que, toutes choses égales d’ailleurs , ce phénomène doit être d'autant plus rapide, que ce tissu lui-même offre une texture plus lâche et plus spongieuse.

Un autre principe également facile à déduire des faits déjà exposés, c’est que, toutes choses égales d’ailleurs, la rapidité de l’absorption doit être en raison du degré de vascularité du tissu : qui en est le siège.

En effet, la texture lâche et spongieuse des solides organiques est, de toutes les propriétés physiques, celle qui doit faciliter le plus l'imbibition, et les veines étant la route principale par laquelle les substances absorbées se répandent au loin dans l’économie, l’influence du nombre plus ou moins grand de ces vaisseaux et de leur grosseur est trop évidente pour nécessiter aucun commentaire.

Dans la plupart des cas, ces deux lois suffisent déjà pour nous fournir l’explication des différences énormes que l’on remarque dans la rapidité avec laquelle l’absorption s’effectue dans diverses parties du corps; elles pourraient même nous faire prévoir ces différences d’après la seule considération de la disposition anatomique de nos organes. •

Ainsi, les poumons, dont nous ferons connaître plus tard la structure et les fonctions, sont, de toutes les parties de l’économie, celle dont la structure est la plus spongieuse et dont le système vasculaire est le plus développé. 11 s’ensuit que l’absorption doit être plus rapide dans ces organes que partout ailleurs; et c’est effectivement le résultat auquel on est arrivé par l’expérience.

La substance molle et blanchâtre que l’on trouve entre tous les organes, et que Ion nomme le tissu cellulaire ou conjonctif, est aussi très-perméable aux liquides; mais ou y trouve bien moins de vaisseaux sanguins que dans le tissu du poumon : aussi 1 absorption s’y fait-elle avec moins de vitesse que dans

ces organes, sans laisser cependant que d’être encore très-rapide.

La peau présente, au contraire, une lextuïe très-dense, et sa surlace est recouverte d’une espèce de vernis peu perméable ormé par 1 épiderme; en général, les vaisseaux sanguins y sont egalement petits et peu nombreux; et, comme on pouvait s’y attendre d après celte disposition anatomique, l’absorption ne s Y tait que très-difficilement. Le peu de perméabilité de l’épi-

rme nous explique aussi pourquoi on peut manier sans dan-

ger la plupart des poisons les plus violents, pourvu toutefois que la peau des mains soit intacte, car alors l’absorption est à peu près nulle ; tandis que les accidents les plus graves peuvent être le résultat du contact de ces memes substances sur un point où la peau est entamée par une coupure ou seulement dépouillée de son épiderme.

Une autre circonstance qui exerce aussi une influence trèsconsidérable sur la rapidité de l’absorption, c’est l’état de plèthore (1) plus ou moins grand de l’animal.

La quantité de liquide qui peut être contenue dans le corps d’un animal vivant a des limites, de même que le degré de dessiccation compatible avec la vie. Or, plus le corps approche de son point de. saturation, plus les liquides éprouvent de difficulté pour pénétrer dans son intérieur.

Ainsi, que l’on administre à deux chiens des doses égales d’un poison dont les effets ne se manifestent qu’après son absorption, et que, préalablement à cette opération, on diminue la masse des humeurs, chez l’un de ces animaux, au moyen d’une saignée copieuse, tandis que, chez l’autre, on augmente le volume des liquides contenus dans le corps par l’injection d’une certaine quantité d’eau dans les veines : l’empoisonnement a.ura lieu, chez le premier, avec plus de rapidité que dans les cas ordinaires, et, chez le dernier, les symptômes qui dénotent l’absorption du poison ne se montreront qu'aprôs un temps bien plus long.

Enfin, la nature des substances absorbées influe aussi sur la promptitude avec laquelle elles pénètrent dans l’épaisseur des tissus et sont portées dans le torrent de la circulation. En thèse générale, on peuL dire que, toutes choses égales d’ailleurs, l’absorption est d’autant plus rapide, que les liquides sont moins denses et mouillent plus facilement les tissus : pour les solides, il faut tenir compte, en premier lieu, de leur degré de solubilité, et ensuite des propriétés physiques des dissolutions qu’ils forment.

DE LA DIGESTION

§ 38. Une des principales voies par lesquelles s’effectue l’absorption des matières nécessaires à la nutrition des animaux est une cavité ouverte au dehors et servant en même temps à la préparation que diverses de ces matières doivent subir pour devenir

(1) Le mot pléthore (irXnôwpa, w.ridw, je remplis) est employé pour indiquer l’étal de plénitude du système vasculaire.

|)K LA DIGESTION

propres à être ainsi absorbées. Ce travail préalable constitue, comme nous l’avons déjà dit, le phénomène de la digestion.

§ 39. Aliments. — On pourrait donner le nom d aliments à toutes les substances qui, introduites dans le corps d un être vivant, servent à son accroissement ou à la réparation des pertes qu’il éprouve continuellement par l’eflet de la combustion respiratoire ou autrement; mais, en général, on restreint davantage le sens de ce mot, et on ne l’applique qu aux matières qui ne sont absorbées et ne servent à la nutrition qu après avoir été digérées. Pour plus de clarté, nous ne l’emploierons que dans cette dernière acception. j .

Les aliments ne sont pas moins nécessaires à l’entretien de la vie que l’air que nous respirons, ou que l’eau que notre corps absorbe continuellement, soit à l’état liquide et sous forme de boisson, soit à l’état de vapeur. Lorsque les animaux en sont privés, on voit leur corps diminuer de volume, leurs forces s affaiblir, et la mort survenir toujours après des souffrances plus ou moins prolongées.

Le besoin d’aliments se fait d'abord connaître par une sensation particulière, qui a son siège dans l’estomac : la faim. Il est augmenté par l’exercice, par l’influence stimulante d’un froid modéré et par l’action que certaines substances amères, telles que le cachou, exercent sur l’estomac. Au contraire, tout ce qui tend à ralentir le mouvement vital, l’immobilité, le sommeil, etc., tend aussi à rendre ce besoin moins impérieux. Les animaux qui s’engourdissent pendant l’hiver ne prennent aucun aliment pendant tout le temps que dure leur léthargie; et les animaux à sang froid, tels que les poissons cl les grenouilles, peuvent supporter une abstinence très-longue, lorsque l’exercice de leurs diverses fondions est ralenti par l’influence d’une température très-basse. Mais les animaux dont le mouvement nutritif est très-rapide, tels que l’homme et la plupart des mammifères, périssent en général très-promptement par le défaut d’aliments, et les jeunes animaux dont la nutrition est bien plus active que celle des adultes (puisque le volume de leur corps augmente continuellement, au lieu de rester stationnaire), meurent aussi de faim plus tôt que ceux-ci. Ce que Dante a décrit avec des couleurs si vives, dans le célèbre épisode du comte Ugolin, est donc bien réellement ce qui arriverait, si un homme déjà parvenu au terme de sa croissance et des enfants en bas âge se trouvaient privés en même temps de. toute espèce de nourriture.

Les aliments proprement dits sont tous fournis par le règne organique, et c’est tdujours aux dépens de substances qui ont

elles-mêmes fait partie d’un être vivant que la vie est entretenue chez l’homme et chez les autres animaux. Ces substances peuvent être fournies par le règne végétal aussi bien que par le règne animal ; mais, quelle que soit leur origine, elles doivent renfermer tous les éléments chimiques qui entrent dans la composition de l’organisme.

Du reste, les aliments ne sont pas destinés à remplir tous le même rôle physiologique, et, à raison des différences qu’ils offrent à cet égard, on les divise en deux classes. Les uns sont aptes à servir comme matériaux constitutifs de l’organisme ; ils servent à former les tissus dont les corps vivants se composent, et par conséquent ils peuvent devenir eux-mêmes des parties douées de vie, propriété qui leur a valu le nom d 'aliments plastiques. Les autres ne jouissent pas de cette faculté et servent principalement à la manière de combustibles, pour entretenir l’espèce de combustion qui s’opère dans la profondeur de l’économie animale, et qui est une conséquence du phénomène de la respiration : aussi les appelle-t-on des aliments respiratoires.

Les aliments plastiques sont toujours des matières organisées neutres, qui sont composées essentiellement d’azote, de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, et qui renferment souvent aussi de petites quantités de soufre ou de phosphore. Tels sont la fibrine, principe immédiat qui est très-abondant dans la viande; l’albumine, qui se trouve dans les œufs; la caséine, qui fait partie du lait; le gluten, qui se rencontre dans les céréales, etc.

Les aliments respiratoires sont des principes immédiats organiques qui ne contiennent pas d’azote, mais qui sont riches en carbone et en hydrogène : les sucres, les matières amylacées, telles que la fécule, et les corps gras, par exemple. Ils ne peuvent suffire à la nutrition de l’homme, ni d’aucun animal, et doivent être toujours associés à une certaine quantité d’aliments plastiques. Aussi a-t-on constaté qu’un chien meurt de faim quand il ne mange que du sucre, de la fécule ou de la graisse, et, bien que les aliments plastiques puissent être employés, dans l’organisme, à l’entretien de la combustion respiratoire aussi bien qu’à la reconstitution des tissus vivants, ils sont beaucoup moins propres au premier de ces deux usages que ne le sont les aliments dits respiratoires. Aussi tout bon régime se compose-t-il d’une certaine ration de principes immédiats appartenant à ces deux classes de substances, et il est à noter que les matières préparées par la nature pour servir essentiellement à la nutrition des animaux renferment toujours des mélanges de ce genre : le lait et les œufs, par exemple.

DE LA DIGESTION

Des expériences trùs-curieuses ont fait voir aussi que, pour la plupart des animaux au moins, le concours d’un certain nombre d’aliments différents était indispensable pour subvenir aux besoins de la vie. Ainsi, des lapins nourris avec un seul aliment, tel que du froment, des choux, de l’avoine ou des carottes, meurent, dans l’espace d’environ quinze jours, avec toute l’apparence de l’inanition; tandis que, nourris avec ces mêmes substances données concurremment ou successivement à de petits intervalles, ces animaux vivent et se portent bien.

La diversité et la multiplicité des aliments sont donc une régie importante d’hygiène ; et en cela les préceptes de la science sont parfaitement d’accord avec notre instirtet et avec les variations que les saisons apportent dans les substances alimentaires qui nous sont offertes par la nature.

L’homme et les animaux ont besoin d'introduire aussi dans leur corps de l’eau et diverses substances minérales, telles que du chlorure de sodium ou sel commun et des sels à base de chaux, qui sont nécessaires à la constitution de certains tissus ou liquides de l’économie (du sang et des os, par exemple), et c’est aussi par les voies digestives que ces matières pénètrent dans l’organisme ; mais elles ne sont pas digérées avant que d’être absorbées: aussi les physiologistes ne les confondent pas avec les aliments proprement dits, et les distinguent sous le nom d’ aliments accessoires.

§ /tO. Appareil digestif. — La digestion a pour objet : 1° de transformer la partie nutritive de ces substances en un liquide propre à se mêler au sang pour nourrir le corps ; 2° de séparer la partie nutritive des aliments d’avec les parties qui ne possèdent pas celte qualité et qui doivent être rejetées sous la forme de fèces.

Cette élaboration des matières nutritives s'effectue principalement par l’action chimique de certaines humeurs sur les aliments, et elle a toujours lieu dans une cavité plus ou moins vaste qui renferme ces humeurs, et qui communique aussi au dehors, afin de recevoir dans son intérieur les substances destinées à être digérées, et de pouvoir rejeter ensuite les fèces ou résidus laissés par le travail digestif. Cette espèce de laboratoire physiologique est désigné sous le nom de cavité digestive, et se reconnaît facilement chez presque tous les animaux ; tandis que chez les plantes, qui n’ont jamais besoin de préparer les matières nutritives avant de les absorber, on ne voit rien de semblable.

§ il 1< Chez quelques animaux, tels que les polypes (voyez

^/Vv.y

fig. ./), la cavité digestive n’est qu'une simple poche communiquant au dehors par une seule ouverture destinée en môme

caîefmt 7n nei i fT 6t à rexPulsion des matières fécales (fï0. 7, a). La plupart des animaux les plus inférieurs, par

exemple les actinies ou anémones de mer, et les astéries ou étoiles de mer, ollrent ce mode d organisation. Mais, chez la plupart des autres animaux, cette cavité communique au dehors par deux orifices distincts dont les usages ne sont pas les mômes : car l’une de ces ouvertures, nommée bouche, sert alors exclusivement à l’entrée des aliments, et l’autre, appelée anus, est spécialement destinée à livrer passage au résidu fécal.

La cavité alimentaire affecte alors la forme d’un tube ouvert à ses deux bouts, et ordinairement élargi vers le milieu, afin que les matières nutritives puissent mieux s’y accu- Hydre, ou Polype d’eau muler et y séjourner pendant le ^ • [douer. temps nécessaire à leur , digestion

(voy. fig. 8). L’espèce de chambre formée par l’élargissement du tube alimentaire, et destinée à être le siège des phénomènes les plus essentiels de la digestion, est nommée estomac. Tantôt il existe une seule de ces grandes cavités digestives, tantôt deux ou plusieurs, et cette dernière disposition se remarque surtout chez les animaux herbivores, tandis que chez les animaux destinés à vivre de chair, l’estomac est le plus ordinairement simple ; et la raison de celte différence est facile à comprendre ; car la viande, se digérant plus vite et plus facilement que l’herbe, n’a pas besoin de séjourner aussi longtemps dans les organes de la digestion.

§ /i2. La cavité digestive tout entière est tapissée par une membrane dite muqueuse, qui, par sa structure, offre beaucoup d’analogie avec la peau dont elle est la continuation, mais qui en diffère par sa texture plus molle, par l’absence presque complète d’épiderme, à la place duquel on trouve d’ordinaire un tissu ntriculaire mou et turgide, nommé épithélium; enfin, par une plus grande abondance de petits vaisseaux sanguins et de pores sécréteurs. Autour de cette membrane muqueuse se

Fie. 7. —

DF. LA DIGESTION

trouve une tunique charnue formée par des fibres musculaires plus ou moins abondantes, et servant, par leurs contractions, soit à pousser les substances alimentaires de la bouche jusqu’à l’anus, soit à les arrêter dans leur marche et à les faire séjourner, pendant un certain temps, dans telle ou telle partie de l’appareil digestif. Enfin, dans une grande partie de son étendue, le tube alimentaire de la plupart des animaux est encore enve-' loppé d’une membrane séreuse, mince et transparente, appelée péritoine , qui sert en mémo temps à le fixer et à faciliter ses mouvements.

Glande sons-maxillaire. Glande parotide.

Poumons.

Coeur.

Foie.

Vésicule.

Côlon.

Cæcum .

Intestin grêle.

Pharynx.

Œsophage.

Thorax.

Artère aorte.

Diaphragme.

Estomac.

Pancréas.

Rate.

Reins.

Côlon.

Abdomen.

Rectum.

Vessie.

Fie. 8. • — Appareil digestif d’un Singe.

§ A3. La digestion des aliments s'effectue principalemenl, avons-nous dit, par l’action de diverses humeurs dont ces substances s imbibent pendant leur séjour dans la cavité alimentaire. La production de ces sucs digestifs est le résultat d’un travail de sécrétion ayant principalement son siège dans des organes particuliers, appelés d’une manière générale des glandes : aussi l’appareil de la digestion ne se compose-t-il pas seulement du tube alimentaire, mais aussi de divers organes glandulaires situés à

l'entour et destines il verser dans sa cavité des liquides particuliers. Le nombre de ces organes sécréteurs varie chez les différents animaux, mais en général ils sont assez nombreux. Les plus importants sont les glandes gastriques, le foie, le pancréas et les glandes salivaires (fig. 8, 31 et 32).

§ l\h. Enfin, pour faciliter l’action des sucs digestifs sur les aliments, il est utile que ces matières soient divisées mécaniquement. Chez la plupart des animaux les plus inférieurs cette division ne s’opère que d’une manière très-imparfaite, par suite de la compression qu’exercent sur les matières en digestion les parois minces et faibles du tube alimentaire. Quelquefois l’estomac lui-mème acquiert assez de force pour pouvoir broyer les corps introduits dans sa cavité : c’est ce qui se voit chez les crabes, les oiseaux granivores, etc. Mais, en général, la division mécanique des aliments est confiée par la nature à des instruments particuliers placés vers l’entrée du tube digestif et disposés de façon à pouvoir couper ou broyer ces matières : ces instruments sont les dents, et l’on donne le nom d 'organes masticateurs à ces dents et aux parties qui servent à les mettre en mouvement.

§ Zi5. D’après ce que nous venons de dire, on peut voir que, si l’appareil digestif est d’une grande simplicité chez quelques animaux inférieurs, tels que les polypes, il offre au contraire, chez les animaux supérieurs, une complication extrême. Chez ces derniers, le tube alimentaire s’étend d’une extrémité du corps à l’autre; mais la plus grande partie de l’appareil digestif est logée dans une vaste cavité qui occupe toute la portion postérieure ou inférieure du tronc, et qui est désignée sous le nom d 'abdomen ou ventre (fig. 8). Chez l’homme et les autres mammifères, cette cavité est séparée du thorax (ou poitrine) par une cloison charnue formée par le muscle diaphragme, et elle est terminée inférieurement par le bassin, espèce de large ceinture osseuse dont le milieu est occupé par une sorte de plancher charnu. En arrière, elle est bornée par l’épine du dos, et en avant, comme sur les côtés, ses parois sont formées par de larges muscles qui s’étendent du thorax au bassin dont nous venons de parler. La surface interne de cette cavité est tapissée par le péritoine, et cette membrane forme en outre divers replis entre les feuillets desquels sont renfermés les principaux viscères. Ces replis, appelés mésentères, naissent tous de la partie postérieure de l’abdomen, et quelques-uns d’entre eux se prolongent beaucoup au delà de l’organe qu’ils doivent recouvrir, et forment ainsi des espèces de voiles ou de tabliers nommés épiploons.

DE LA DIGESTION

Le tube alimentaire ainsi logé prend, dans ses diverses portions, des noms différents. Sa partie antérieure, élargie et remplissant les usages d’une sorte de vestibule, est appelée bouche. La cavité qui y fait suite se nomme arrière-bouche ou pharynx (fig. 33); la troisième partie du canal digestif constitue 1 œsophage la quatrième, Y estomac; la cinquième, 1 intestin grêle , et la sixième, le gros intestin, qui se termine à l’anus.

§ 46. Acte» «in tr»v«n digestif. — Les phénomènes qui ont lieu dans ces diverses parties de 1 appareil digestil constituent une série d actes plus ou moins distincts, et doivent être classés dans l’ordre suivant : 1° la préhension des aliments ; 2° la mastication ; 3° l’insalivation ; 4° la déglutition ; 5° la chymification ou digestion stomacale; 6° la cliylification ou digestion intestinale ; 7° la défécation ; 8° l’absorption du chyle et des autres produits du travail digestif.

Nous allons maintenant étudier successivement ces divers actes du travail digestif, et les organes qui les produisent chez l’homme et les animaux les plus rapprochés de nous.

Préhension des aliments.

§ 47. L’introduction des aliments dans le canal digestif s’effectue de diverses manières, et le mécanisme en est varié suivant que ces substances sontsolidesou liquides ; néanmoins, chez l’homme, elle se fait toujours, soit à l’aide des mouvements de la bouche, soit au moyen des membres supérieurs.

Pour les anatomistes, la bouche ne consiste pas seulement dans l’ouverture qui sépare les deux lèvres, mais dans la cavité ovalaire formée en haut par la mâchoire supérieure et le palais, en bas par la langue et la mâchoire inférieure, latéralement par les joues, en arrière par le voile du palais, et en avant par les lèvres. L’ouverture par laquelle elle communique au dehors peut à volonté s’élargir et se fermer, soit par le mouvement des lèvres, soit par l’écartement ou le rapprochement des mâchoires. 11 est donc facile de comprendre comment elle peut servir à lapréhension des aliments. Les lèvres et les mâchoires agissent comme le feraient des pinces et saisissent les corps qui doivent être introduits dans la bouche.

Chez la plupart des animaux, ce sont ces mêmes organes qui vont au-devant des alimenlspours’en saisir; mais, chez l’homme, les singes (fig. 9) et quelques autres animaux, la division du travail est en général portée plus loin ; car ce sont les membres antérieurs qui remplissent ces fonctions. La main place les

aliments dans la bouche, et les lèvres et les mâchoires ne se rapprochent que pour les y retenir.

Certains animaux, dont les mouvements sont lents ou dont

l’ouverture buccale est très-petite, s’emparent de leur proie à l’aide d'une langue très-longue et très-protraclile. Enfin, chez d’autre "la préhension de ces matières est facilitée par l’action d’un prolongement du nez, tel que la trompe del’éléphant(fig. 10),

ou par les mouvements d’espèces de barbillons qui entourent la bouche et qui, chez les insectes, sont désignés sous le nom de palpes (fig. 11 et 12), tandis qu on les appelle des tentacules chez les mollusques (fig. 13), les polypes (fig. 7), etc.

§ Zi8. La préhension des boissons sc fait de deux manières : tantôt le liquide est versé dans la bouche et y tombe par l’eflet de sa propre pesanteur; d autres fois il est pompé par cette cavité, soit par la dilatation du thorax-, qui l’aspire en même temps qu’il détermine l’entrée de l’air dans les poumons soit par les mouvements de la langue, qui, en sc retirant en arrière agit a la manièic d un piston. Le dernier phénomène constitue l’action de sucer ou de teter.

Quelques animaux inférieurs sont destinés à se nourrir uniquement de liquides qu’ils trouvent dans les plantes, ou qu’ils puisent dans le corps d’autres animaux, sur lesquels ils vivent en parasites. Beaucoup d’insectes sont dans ce cas, et l’on rc-

FlG. d 0. — Tête d’Éléptiant.

DE LA DIGESTION

marque que leur bouche, au lieu d’offrir la structure ordinaire,

constitue une espèce de tube ou de suçoir très-allongé, à l’aide duquel ils aspirent comme avec une pipette les sucs dont ils ont besoin, ainsi que cela se voit chez les mouches (voy.fig. l/i). Lorsque nous traiterons de l’organisation des insectes suceurs, nous exposerons plus en détail ce mode de structure.

Les boissons ne séjournent pas dans la bouche, et descendent tout de suite dans l’estomac; mais les Fig. u.—Bombyle point.

aliments solides y restent pendant un certain temps, et y sont soumis <lla mastication et à Y insalivation.

Mastication .

§ lx 9. La mastication, ou la division mécanique des aliments, est opérée, comme nous l’avons déjà dit, par les dents.

ncuts. — Ces organes sont des corps d’une dureté extrême, qui ressemblent beaucoup à des os, et qui sont fixés solidement au bord de chaque mâchoire, de façon à agir les uns contre les autres. La manière dont ils se forment mérite de fixer notre attention. Chez l’homme , que nous choisirons ici comme exemple, chaque dent se développe dans l’intérieur d’un petit sac membraneux logé dans l’épaisseur de l’os de la mâchoire (fig. 15, d). Ce sac, que l’on nomme la capsule dentaire, se compose de deux membranes vasculaires et renferme dans son intérieur un petit noyau pulpeux semblable à un bourgeon, dans lequel viennent se ramifier des filets nerveux et un grand nombre de vaisseaux (fig. 16). Ce noyau, appelé le bulbe ou germe de la dent, sert à former celle-ci, qui grandit peu à peu, et qui, en

s’allongeant, remonte vers le bord de la mâchoire, qu’elle perce bientôt pour se montrer au dehors : cette portion saillante et dénudée constitue ce que l’on nomme la couronne de la dent, et sa racine , ou portion basilaire, reste engagée dans la mâchoire, comme un clou qui serait enfoncé dans du bois. La cavité

(1) Coupe d’une capsule dentaire grossie pour montrer la disposition du germe et la manière dont la matière pierreuse se dépose à la surface : —a, capsule ; — b, bulbe ou

gC,.me . C| vaisseaux sanguins ot nerfs qui pénètrent dans le bulbe; — d, d, premiers

rudiments de l'ivoire de la dent.

(2) Cette figure représente la mâchoire inférieure d’un très-jeune enfant ; la majeure partie de la surface extérieure de l’os a été enlevée pour mettre h nu les capsules de dents renfermées dans son intérieur : a, gencive; — b, bord inférieur de la mâchoire;

c angle de la mâchoire; — d, capsules dentaires; — e, apophyse coronoïde; —

f, condylc de la mâchoire.

1)K LA DIGESTION

osseuse qui loge ainsi la dent est appelée alvéole, et l’on désigne sous le nom de collet de la dent le point de réunion de la couronne avec la racine. Lorsque le bulbe dentaire est fixé au fond de sa capsule par un ou plusieurs pédicules, il arrive un moment où la matière pierreuse qui se dépose à sa surface l’entoure de toutes parts et comprime ses vaisseaux nourriciers de façon à en déterminer l’oblitération : la dent cesse alors de croître, le bulbe se flétrit, et une cavité centrale indique seule la place de cet organe. Mais, lorsque le bulbe ne présente pas cette disposition, qu’il n’est pas pédonculé et que la dent ne se forme qu’à sa surface supérieure, ce bulbe ne cesse pas de fonctionner, la croissance de la dent ne s’arrête pas, et l’on ne trouve pas dans son intérieur de cavité centrale. Les grandes dents qui occupent le devant de la bouche des lapins (fig. 17) nous offrent un exemple de cette disposition, et si leur longueur n’augmente pas sans cesse , c’est parce qu’elles s’usent par leur extrémité libre à mesure qu’elles croissent par leur base.

§ 50. On distingue aussi, dans chaque dent, des parties qui diffèrent entre elles par leur *"IG' Mâchoire et dents d'un Lapin.

structure. La substance qui en forme presque toute la masse, et qui en occupe 1 intérieur, se nomme dentine ou ivoire ; celle qui d ordinaire en revêt l’extérieur, et qui constitue, à la surface de la couronne, une sorte de vernis ou de couverte pierreuse, se nomme émail ; enfin, vers l’extrémité de la racine de la plupart des dents, et quelquefois même autour de la couronne (chez les bœufs, par exemple), on rencontre une troisième substance qui recouvre 1 émail, et qui, à raison de ses usages et de la place qu elle occupe, a reçu les noms de cément ou de substance corticale.

La dentine, ou ivoire des dents, se compose d’une matière animale analogue à la gélatine, de phosphate de chaux (dans la proportion d’environ 64 pour 100 chez l’homme adulte), de carbonate de chaux (à peu près 5 pour 100), et d’une quantité trèspetite de phosphate de magnésie. L’émail, dont la couleur est un peu différente de celle de la dentine, et dont la dureté est si grande, qu il lait feu au briquet à la manière d’un caillou ollre à peine quelques traces de matières organisées, et le phosphate de chaux entre dans sa composition pour près des neuf

dixièmes. Quant à la substance corticale , elle existe à peine chez l’homme; mais chez le bœuf, où elle est très-développée, elle

a fourni par l’analyse chimique environ l\ 2 pour 100 de matière organique, 50 pour 100 de phosphate de chaux et lx pour 100 de carbonate de la même base.

Examiné au microscope, l’ivoire des dents de l'homme et de la plupart des autres mammifères laisse apercevoir dans sa substance une multitude de tubes flexueux et rameux d’une ténuité extrême (appelés canaux Haversiens), qui vont déboucher dans la cavité centrale (tig. 18), et qui renferment dans leur intérieur des matières granuleuses de nature calcaire ; elles se dirigent vers la surface de la dent, et leurs divisions se terminent fréquemment par de petites cavités ou cellules renfermant aussi un dépôt calcaire et ayant beaucoup de ressemblance avec les cellules qu’on rencontre dans le tissu osseux.

L’émail, soumis également à l’investigation microscopique , paraît formé d’une multitude de fibres ou plutôt de prismes hexagonaux, d’un aspect cristallin, serrés

Fig. 18. (1)

les uns contre les autres, et dirigés à peu près perpendiculairement à la surface de la dent. Enfin, la substance corticale

(1) Section d'une dent molaire de l'homme, grossie: dentaire; - c, cément; -d, dentine ou ivoire, montrant

(2) Section transversale de la même dent.

— a, email; — b, cavité les canaliculcs dentaires.

DE LA DIGESTION

est caractérisée parla présence d’un grand nombre de cellules osseuses et de lubes calcifères irréguliers. Il est aussi à noter que ces trois tissus ne se rencontrent pas dans les dents de tous les animaux; l’émail et la substance corticale manquent souvent chez les poissons, et parfois aussi la dent, au lieu de ne renfermer qu’une seule cavité médullaire, en contient plusieurs.

§ 51. Quelquefois les dents, au lieu d’étre logées dans des alvéoles, se soudent Fig 2o. (i)

par leur base à la mâchoire qui les porte et font corps avec elle (c’est le cas chez plusieurs poissons); et d’autres fois ces organes, au lieu de ressemblera des os, n’offrent que la consistance de la corne. Enfin, chez la baleine (fig. 22), les dents paraissent être remplacées par les grandes lames flexibles connues sous le nom de fanons (fig. 21); et chez d’autres animaux, même dans la classe des mammifères, elles manquent complètement : chez le fourmilier, par exemple (fig. 30).

§ 52. Chez les animaux qui avalent leurs aliments sans les mâcher (les crocodiles et les autres reptiles , par exemple) , les dents ne servent qu’à sai- Fie. 22. — Tûic osseuse de lu Baleine Fig. 21. sir ces matières, et alors garnie rie ses fanons. Fanon. '

tous ces organes sont à peu près semblables entre eux, et ont en général la forme de crochets ou de petits cènes: mais, chez les animaux qui mâchent leurs aliments, la bouche est armée de dents dont les formes varient et dont les usages diffèrent.

Ainsi, chez 1 homme et la plupart des autres mammifères, il existe trois espèces de dents

(fig. 2â). Les unes se terminentparunbord droit, mince et tranchant : aussi serventelles à couper les substances introduites entre les mâchoires et ont-elles reçu le Fio. 23.— Tâte d’un Crocodile gavial.

nom de dents incisives. D’autres sont coniques, et, chez beausuUslance ll0n ,ransver8ale de I‘*maî,> molUranl l’exlrümité dos fibres qui conslituenl cHIo

coup d’animaux, s’avancent bien au delà des dents voisineselles ne peuvent pas servir à couper les aliments, comme les* dents incisives, mais à s y implanter et à les déchirer : on les appelle dents canines. Lutin, d autres se terminent par une surface large et inégale, et présentent les conditions les plus favorables pour écraser et broyer les aliments : ce sont les dents molaires ou mâchelières.

Grosses molaires. Petites molaires. Canine. Incisives.

Fig. 2t. — Dents de l’homme.

La manière dont ces différentes dents sont implantées dans les mâchoires varie aussi bien que la forme de leur couronne, et ici encore il est facile de s’apercevoir combien leur disposition est en accord avec leurs usages. Les dents incisives, dont le jeu doit tendre à les enfoncer dans leurs alvéoles plutôt qu’à les en arracher, n’ont qu’une seule racine assez courte. Les dents canines se prolongent dans l’intérieur des mâchoires bien plus profondément que les incisives, et les dents molaires, qui doivent supporter les plus grands efforts, présentent deux ou trois racines divergentes qui augmentent la solidité de leur insertion, et les empêchent de s’enfoncer trop loin dans leur alvéole lorsqu’elles viennent à être pressées de ta sorte.

§ 53. La disposition de l’appareil dentaire varie chez les différents mammifères, suivant le genre d’aliments dont ceux-ci sont destinés à se nourrir ; et celte harmonie de l’organisation est toujours si évidente, que, par la seule inspection de leur appareil masticateur, on peut arriver à connaître le régime, les mœurs et même la structure générale de la plupart de ces animaux. Effectivement, chez ceux qui se nourrissent de chair, les molaires (flg. 25) sont comprimées et tranchantes, de façon à agir les unes contre les autres, comme le font les lames d’une paire de ciseaux. Chez ceux qui vivent d'insectes, ces dents (flg. 26) sont hérissées de pointes coniques qui se correspondent

DE LA* DIGESTION

de manière que les unes s’emboîtent dans les intervalles que les autres laissent entre elles. Lorsque la nourriture de ces animaux

Fig. 25. — Denis d’un carnassier.

Fig. 26. — Dents d’un insectivore.

consiste principalement en fruits mous, ces dents (fig. 28) sont simplement garnies de tubercules arrondis ; et lorsqu’elles sont

Fig. 27. — Dents d’un herbivore.

Fig. 28. — Dents d’un frugivore.

destinées à broyer des substances végétales plus ou moins dures, elles sont terminées par une large surface aplatie et rude comme celle d’une meule (fig. 27). De toutes les dents, les molaires sont généralement les plus utiles; aussi leur existence est-elle plus constante que celle des incisives ou des canines.

Fio. 29. — Tête de Sanglier. Fig. 30. — Tôle do Fourmilier.

Celles-ci sont nécessaires pour saisir et dévorer une proie vivante, et ne manquent, par conséquent, chez aucun carnassier ; mais elles sont moins utiles aux herbivores, et les unes ou les autres manquent chez plusieurs des mammifères qui ont un régime végétal. Quelquefois aussi elles ne servent plus à la mastication, mais prennent un grand développement et

constituent des défenses plus ou moins puissantes (fîg. 29).

§ 54. A l’époque de la naissance, le développement des dents de l’homme est peu avancé; il est bien rare qu’aucun de ces corps ait encore percé la gencive, et ce n’est communément que de l’âge de six mois à un an que leur évolution commence. Les dents qui se forment alors sont destinées à tomber au bout d’un petit nombre d’années et à faire place à d’autres. On les appelle dents de lait, ou de la première dentition, et l’on en compte vingt, savoir : à chaque mâchoire, quatre incisives, qui occupent le devant de la bouche; deux canines, situées une de chaque côté, immédiatement après les incisives; et quatre molaires, placées plus en arrière, deux de chaque côté.

Vers l’âge de sept ans, ces dents commencent à tomber et à être remplacées par une autre série de dents, qui se sont formées dans les capsules situées plus profondément que celles d’où les premières sont sorties ; aussi leurs racines sont-elles bien plus longues, et leur insertion plus solide.

Les dents de la seconde dentition sont également plus nombreuses que celles delà première. La série complète se compose de trente-deux de ces corps, savoir : pour chaque mâchoire quatre incisives, deux canines et dix molaires, dont les deux premières de chaque côté n’ont que deux racines, et sont appelées fausses molaires ou molaires de remplacement ; tandis que les trois situées plus en arrière sont pourvues de trois racines, et appelées grosses molaires ou vraies molaires (fig. 24).

Dans la vieillesse extrême, ces dents tombent comme les dents de lait tombent dans l’enfance; mais elles ne sont pas remplacées, et les alvéoles s’oblitèrent.

§ 55. Mécanisme de In mastication. — Les dents, dont IlOUS venons d’étudier le développement et la structure, sont les instruments passifs de la mastication. Elles sont mises en mouvement par les mâchoires, dans lesquelles elles sont implantées. La mâchoire supérieure ne peut se mouvoir sur le reste de la tête; mais l’inférieure, dont la forme ressemble un peu à celle d’un fer à cheval, ne s’articule avec le crâne que par l’extrémité de ses deux branches, et peut s’écarter ou se rapprocher de la mâchoire supérieure. Un grand nombre de muscles fixés à cette os par une de leurs extrémités, et aux parties voisines de la tête par leur extrémité opposée, déterminent ces mouvements en se contractant ; et les aliments, continuellement ramenés entre les dents par les mouvements de la langue ou des joues, eL pressés ainsi entre deux surfaces dures, ne tardent pas à être divisés en portions plus ou moins petites, et comme broyés.

DE LA DIGESTION

§ 56. L’importance de celle opération est très-grande ; car, plus la mastication est complète, plus la digestion est facile : ce qui, du reste, est bien aisé à comprendre, car celte division multiplie les surfaces par lesquelles les sucs de l’estomac peuvent attaquer les matières alimentaires. Nous avons déjà vu que, chez divers animaux destinés à se nourrir de substances dures, il n’existe cependant pas de dents ; mais alors la nature supplée souvent à ce défaut, en donnantà ces êtres d’autres instruments de trituration. C’est ainsi que chez les oiseaux granivores, par exemple, l’un des estomacs (le gésier) est doué d’une force musculaire suffisante pour écraser tous les aliments introduits dans sa cavité.

Insalivation.

§ 57. Pendant que les aliments subissent dans la bouche de l’homme et de la plupart des autres mammifères cette division mécanique, ils s imbibent de salive, et quelquefois même se dissolvent dans ce liquide.

§ 53. La salive se forme en partie dans des follicules ou petites fossettes creusées dans l’épaisseur de la membrane muqueuse de la bouche, et en partie dans des glandes situées autour de cette cavité, et composées de petites granulations agglomérées entre elles. Chez l’homme, il en existe trois paires placées symétrique- a ment de chaque côté de la tête, savoir : les glandes parotides, situées au devant de l’oreille et derrière la mâchoire inférieure ; les glandes sous-maxillaires , logées sous l’angle de la mâchoire (tig. 31), et les glandes sublinguales, placées au-dessous üe la langue, dans l’espace que les deux côtés de la mâchoire

Fig. 3t. (i)

... iwn'6 clleva,' raontr!'nt la 6l»nJe parotide «, avec lu canal do Slénon b, qui côloi

massr c- p°ur ^ ««■ ie ae >a ..ccd, ei,„d

-ous un^n ^ , p,uS petite, est cachée par la mâchoire, - muscle .en,

Heure ~ à Z *** ùvres; - f, muscles ré.rac.eurs de là lèvre supé

leure , g, n,uscle ahaisseur et rclracteur de la lèvre inférieure.

inférieure laissent entre eux. Ces glandes communiquent chacune avec la bouche par des conduits excréteurs particuliers, et y versent la salive en quantités variables. Les follicules delà membrane muqueuse de la bouche sont en partie disséminés sur la langue et la surface interne des joues; en partie réunis en deux petites masses situées do chaque côté de l’isthme du gosier (ou entrée de l’arrière-bouche) et nommées amygdales.

La salive fournie par ces différentes glandes ne présente pas les mêmes caractères; celle des parotides est très-aqueuse, tandis que celle des glandes sous-maxillaires est gluante.

11 en résulte que l’importance relative de ces divers organes varie suivant le régime de l'animal. Ainsi ceux qui se nourrissent souvent de substances sèches ei difficiles à avaler, telles que du foin, ont besoin de beaucoup de salive aqueuse pour humecter le bol alimentaire et le faire passer dans le gosier ; il leur faut donc des glandes parotides très-grosses, comme on en trouve chez le cheval. Chez les fourmiliers (fig. 32) et les tatous, qui vivent de petits insectes dont ils s’emparent en y appliquant la langue,

Fig. 32. (I)

cet organe doit être continuellement enduit d’une matière gluante ; la salive aqueuse fournie par les parotides serait donc nuisible si elle était abondante, mais il faut beaucoup de cette salive épaisse que sécrètent les glandes sous-maxillaires ; par conséquent, ces derniers organes acquièrent un très-grand développement, tandis que les glandes parotides sont très-petites.

La salive buccale, ou salive mixte, formée par le mélange de ces liquides avec ceux provenant delà membrane muqueuse de la bouche, est composée, en grande partie, d’eau (environ

(1) Tête du Fourmilier : a, glande parotide; — F, canal de Sténon ; c, glande sous-maxillaire ; — d. canal de Wliarlon ou canal excréteur delà glande sous-maxil- Jaire ; — e, glandes sublinguales.

DE LA DIGESTION

993 parties sur 1000), mais elle contient aussi un principe particulier très-remarquable, qui a été désigné sous les noms d cplyalinee tde diastase animale, divers sels, tels que du sel marin (ou chlorure de sodium) et du tartrate de soude. On y trouve 'aussi une petite quantité de soude libre qui la rend alcaline.

Le mélange de la salive avec les aliments est une circonstance qui a plus d’importance qu’on ne le croirait au premier abord. Il facilite la mastication, il aide puissamment à la déglutition, et, comme nous le verrons par la suite, il paraît jouer aussi un

Voile du palais.

Base du erftne.

Pliarvn.x.

Langue.

Glandes salivaires.

Os hyoïde.

Larynx.

Glande thyroïde.

Œsophage.

Trachée-artère.

Fig. 33. — Coupe verticale de la bouche et du gosier.

grand rôle dans la digestion de quelques-unes de ces substances. Lllectivement la ptyaline, de même que la diastase, jouit de la propriété de transformer les matières amylacées en dextrine et ensuite en une sorte de sucre nommée glycose, qui est soluble

S 59. Chez les mammifères, la cavité buccale est garnie enar-

d UnG- ?pèCe de rideau mobile nommé voile du palais [ J: qm demeure baissé pendant toute la durée de lamasti-

snn ™\a iin d emp.ficher les aliments de passer outre. Cette cloio île, qui n existe pas chez les oiseaux et les autres ani

(i) La salive dans la bouche,

qui arrive des glandes parotides ou maxillaires, et qui ne possédé pas cette propriété.

n’a pas séjourn

maux qui ne mâchent pas leurs aliments avant de les avaler, est suspendue transversalement au bord postérieur du palais, et peut s appliquer contre la base de la langue, ou s’élever de façon à laisser un libre passage entre la bouche et le reste du tube digestif. Lorsque la mastication est terminée, et que les aliments, rassemblés sur le dos de la langue en une petite masse appelée bol alimentaire , viennent à presser contre cette cloison charnue, elle s’élève eu effet, et la déglutition s’opère.

On donne ce nom au passage des aliments de la bouche jusque dans l’estomac à travers le pharynx et l’œsophage.

§ 60. Le pharynx, ou arrière-bouche (fig. 33), est une cavité qui fait suite à la bouche, et qui est placée à la partie supérieure du cou. Les arrière-narines en occupent le sommet, et en haut et en avant il n’est séparé de la bouche que par le voile du palais. En bas et en avant il communique avec le larynx et la trachée-artère, conduits par lesquels l’air se rend aux poumons; enfin, en bas et en arrière, il se continue avec Y œsophage,' tube étroit qui descend le long du cou, traverse le thorax en passant entre les deux poumons derrière le cœur, et, au devant de la colonne vertébrale, traverse le muscle diaphragme, et se termine enfin à l’estomac (fig. 8 et 34).

§ 61. Le bol alimentaire, en traversant le pharynx, doit passer devant les arrière-narines et l’ouverture du larynx (nommée glotte), sans y pénétrer, et doit descendre directement dans l’œsophage. C’est principalement le voile du palais qui, en s’élevant de façon à devenir presque horizontal et à s’appliquer contre la paroi postérieure de l’arrière-bouche, empêche les aliments de remonter dans les fosses nasales et les dirige vers l’œsophage. Pour qu’ils ne pénètrent pas dans la glotte, celte ouverture se resserre au moment de la déglutition ; en môme temps le larynx tout entier s’élève sous la base de la langue comme sous un abri, et, en exécutant ce mouvement, fait abaisser une soupape nommée épiglotte, qui, ainsi que son nom l’indique, est située au-dessus de la glotte, et qui la recouvre alors comme le ferait un écran. Il ne reste donc de passage libre que celui conduisant vers l’estomac ; et, pendant que ces mouvements ont lieu, le bol alimentaire se trouve poussé jusque dans l’œsophage par la contraction des muscles nombreux dont le pharynx est revêtu. Ces contractions, ainsi que les mouvements du larynx, s’effectuent indépendamment de la volonté et d’une manière très-rapide, en sorte que les aliments franchissent presque instantanément le passage, qui peut être comparé à un carrefour où la route digestive croise la voie par laquelle l’air nécessaire à la respiration

DE LA DIGESTION

arrive aux poumons. Quelquefois cependant la déglutition ne se fait pas convenablement, et l’on avale de travers, c’est-à-dire que les aliments, au lieu d’arriver à l’œsophage, pénètrent dans la glotte.

Enfin, le bol alimentaire, parvenu dans l’œsophage, excite la

Intestin grêle. Rectum.

Fig. 3E — Appareil digestif de l’Homme.

Foie, Pylore, Œsophage. Pancréas. Estomac.

Vésicule biliaire.

Gros intestin.

Ciecum.

App. du cæcum

Rate.

Côlon.

Intestin grêle.

Côlon.

contraction successive des fibres charnues qui entourent circulairementce conduit et qui achèvent la déglutition.

Digestion stomacale, ou chymification.

§ 62. C’est à l’aide du mécanisme dont l’étude vient de nous occuper que les aliments arrivent dans l’estomac, où ils doivent être digérés et se changer en chyme.

L’estomac (flg. 34) est une poche membraneuse qui est placée en travers à la partie supérieure de l’abdomen, et qui, chez l’homme, a la forme d’une cornemuse (1). 11 se rétrécit graduellement de gauche à droite et se recourbe sur lui-méme, de façon que son bord supérieur est concave et très-court, tandis que son bord inférieur (appelé grande courbure de l’estomac ) est convexe et trèslong. L’ouverture par laquelle ce viscère communique avec l’œsophage est appelée ouverture cardiaque, parce qu’elle est située du côté du cœur ; et celle qui conduit de l’estomac dans les intestins se nomme pylore (2). Les parois de l’estomac sont très-extensibles : lorsque sa cavité n’est pas remplie d’aliments, elles se contractent, et l'on voit alors à leur face interne une multitude de plis dont le nombre diminue mesure que l’organe est plus distendu. On remarque aussi à la surface de la membrane muqueuse qui tapisse l’estomac un nombre très-considérable de petites cavités sécrétoires appelées Follicules gastriques, qui versent sur les aliments le liquide qu’elles forment.

Ce liquide, que l’on nomme suc gastrique, est, comme nous le verrons bientôt, un des agents les plus importants de la digestion, car c’est son action sur les aliments qui en détermine la transformation en chyme. Lorsque l’estomac est vide, il ne se forme qu’en très-petite quantité ; mais lorsque les parois de cet organe sont excitées par le contact des aliments, et surtout d’aliments solides, le suc gastrique coule en abondance, et a toujours des propriétés acides très-marquées.

§ 63. Les substances alimentaires qui s’accumulent dans l’estomac y sont assez fortement pressées par l’action des parois musculaires de l’abdomen, et tendraient à remonter dans l’œsophage, si la portion de ce conduit voisine du cardia n’était pas fermée par la contraction de ses fibres musculaires. Quelquefois cette résistance est vaincue, et les aliments remontent jusque vers la bouche, ou même sont rejetés en dehors: phénomènes qui portent les noms de régurgitation et de vomissement.

D’un autre côté, les aliments ne peuvent traverser simplement l’estomac, et pénétrer tout de suite dans les intestins, car l’ou-

(1) C'est, en effet, avec l’estomac d’animaux où cet organe ressemble beaucoup à celui de l’homme, que l’on fait le réservoir à air des cornemuses. > %

(-2) Le mot pylore est dérivé du grec mAcopôc, portier (wiXv), porte, et cupoj , gardien), elaélé donnéà l’orifice intestinal de l’estomac, pour rappeler les fonctions qu’il remplit : tant quo la digestion des aliments n’est pas assez avancée pour que ceux-ci puissent passer dans l’intestin, le pylore reste contracté et ne leur livre point passage ; mais lorsque les aliments sont transformés en chyme, cette ouverture se desserre et se laisse traverser.

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verture du pylore est complètement fermée par la contraction •énergique des fibres musculaires dont elle est entourée.

§ Gti. Les aliments sont donc retenus dans l’estomac et s’y accumulent, principalement dans la partie cardiaque ou grand culi de-sac de cet organe. Quelques-unes des substances ainsi ingérées sont alors simplement absorbées par les parois de l’estomac, et ipénètrent dans le sang sans avoir subi d’altération préalable; l’eau, l’alcool faible et quelques autres liquides sont dans ce cas. D’autres substances pénètrent dans l’intestin, et sont même expulsées au dehors avec les excréments sans avoir été altérées ; mais, en général, les aliments y sont digérés, et transformés ainsi en une masse pulpeuse, semi-liquide, appelée chyme.

On remarque d’abord que les fragments placés vers la surface de la masse alimentaire, et près des parois de l’estomac, s’imbibent de suc gastrique, deviennent acides comme ce liquide, et se ramollissent peu à peu de la superficie vers le centre. Toute

la masse des aliments finit par subir la même altération ; et, par suite de ce ramollissement, ces substances se transforment en une matière molle, pultacée, en général grisâtre, et d’une odeur fade et particulière. Ce produit a reçu le nom de chyme.

§ 65. nature «in travail «îigcstir. — On a fait un grand nombre d expériences en vue de nous éclairer sur ce qui se passe pendant la digestion des aliments dans l’estomac. Les plus remarquables sont celles de lléaumur et de Spallanzani, physiologiste célèbre de Modène. A 1 époque où lléaumur entreprit ses recherches, on croyait que ce phénomène n’était autre chose qu’une espèce de trituration, et que le chyme n’était que des aliments broyés de façon à les réduire en pulpe; mais ce naturaliste montra qu’il en était autrement. 11 fit avaler à des oiseaux des aliments renfermés dans des tubes et dans des espèces dç petites boîtes métalliques, dont les parois étaient criblées de trous de façon à préserver ces substances de tout frottement, mais à ne point les soustraire i\ l’action des liquides contenus dans l’estomac, et il trouva que la digestion s’en faisait comme dans les circonstances ordinaires. Spallanzani répéta ces expériences, et il en conclut avec raison que le suc gastrique devait être la cause principale de la chymification des aliments. Enfin, pour le mieux démontrer, il eut encore recours à des expériences très- ingénieuses. Il fit avaler à des corbeaux et à d’autres oiseaux de pei es éponges attachées à une ficelle, au moyen de laquelle il retira ces corps de l’estomac, après qu’ils y eurent séjourné

Sr niî"utes et, qu’ils s’y furent imbibés des liquides conteans cette cavité. 11 se procura ainsi une quantité considé-

rahle de suc gastrique, qu’il plaça dans de pctils vases, avec des aliments convenablement divisés ; il eut soin en môme temps d’élever la température de façon à imiter, autant que possible, les circonstances dans lesquelles la chymification a lieu, et au bout de quelques heures il vit la masse alimentaire soumise à cette digestion artificielle se transformer en une matière pulpeuse semblable en tout point à celle qui se serait formée dans l’estomac par suite d’une digestion naturelle.

D’autres observations faites sur l’homme lui-môme ont conduit à des résultats semblables. Celles que l’on doit à un médecin américain, le docteur Beaumont, offrent surtout un grand intérêt: elles ont été faites sur un jeune homme très-bien portant, mais donc l’estomac avait été ouvert par une blessure d’arme à feu, et dont la guérison était restée imparfaite, de façon que la plaie, quoique cicatrisée, laissait béant un orifice au moyen duquel il était facile de voir tout ce qui se passait dans l’intérieur de cet organe. Ce médecin s’est assuré, de la sorte, que les aliments, en arrivant dans l’estomac, excitent la sécrétion du suc gastrique, s’en imbibent, et sont ensuite digérés par la seule action de cet agent : car, lorsqu’il les retirait de l’estomac ainsi imbibés, il les voyait encore se transformer peu à peu en une masse chymeuse. A l’aide d’un tube, il lui était facile aussi de se procurer de ce suc gastrique, qu’il voyait suinter des parois de l’estomac; et en employant ce liquide comme l’avait déjà fait Spallanzani pour des digestions artificielles, il a réussi à transformer des morceaux de bœuf en une substance demi-fluide, semblable au chyme que cette matière alimentaire aurait produit par la digestion naturelle.

Il est donc évident que le sue gastrique est la cause principale des altérations que les aliments éprouvent pendant leur séjour dans l’estomac , et la connaissance de ce fait doit nous conduire à chercher quel est le principe qui donne à ce liquide des propriétés si remarquables.

§ 66. Jusqu’en ces derniers temps, on attribuait le pouvoir dissolvant du suc gastrique à l’acide chlorhydrique (ou hydrochlorique) et à l’acide lactique, qui entrent toujours dans sa composition. Ces acides possèdent en effet la propriété d’attaquer plusieurs des substances qui servent le plus ordinairement à l’alimentation, mais leur action est trop faible pour expliquer les phénomènes delà chymification; et d’après des expériences que l’on doit à MM. Eberle, Schvvann et Müller, de Berlin, on voit que le suc gastrique renferme une matière particulière dont l’action sur la plupart des aliments est assez analogue à

DE LA DIGESTION

celle de la Jiastase sur l’amidon. Cette matière, encore imparfaitement connue, à laquelle on a donné le nom de pepsine , n’agit qu’autant qu’elle est combinée avec un acide, l’acide chlorhydrique ou l’acide lactique, par exemple, et possède alors la propriété de dissoudre la fibrine, l’albumine coagulée, et plusieurs autres substances alimentaires des plus solides; elle détermine aussi des changements importants dans la nature chimique de quelques-unes de ces matières, dans l’albumine, par exemple.

Certaines substances alimentaires, telles que la fécule et le gluten, ne sont pas dissoutes par la pepsine, et, pour être digérées dans l’estomac, elles doivent être préalablement soumises à d’autres agents. La salive est un de ces dissolvants; et chez

Œsophage.

Cardin.

3" Estomac, ou Feuillet.

Pylore. Est. pri dit. 2e Estom. Panse, rto. 35, — Estomacs du Mouton.

Intestin.

les animaux qui se nourrissent spécialement de substances végétales, il existe souvent, entre la bouche et l'estomac proprement dit, une première cavité destinée à loger les aliments pendant que ce liquide les imbibe : chez les mammifères de l’ordre des Ruminants, ce premier estomac porte le nom de panse (fig. 35); et, chez les oiseaux, on l’appelle jabot.

Ainsi, c’est par l’action de la salive, et surtout du suc gastrique, que les aliments sont transformés en chyme; mais certaines substances, telles que les matières grasses, peuvent résister i ces liquides et traverser l’estomac sans avoir été dissoutes : pour la digestion de celles-là, l’influence d’un autre agent est nécessaire, et, comme nous le verrons bientôt, c’est en avançant plus loin dans le tube intestinal qu’elles le rencontrent.

Pendant que la chymification s’opère, les parois de l'estomac deviennent le siégé de contractions circulaires qui se succèdent d abord de droite à gauche ; mais, après un certain temps ces mouvements vermiculaires, que l’on nomme péristaltiques, be iont dans le sens opposé, et portent le chyme vers le pylore puis jusque dans l’intestin grêle. PJ ’

Digestion intestinale.

§ 67. intestins. - La portion du canal alimentaire dans laquelle les aliments pénètrent après leur digestion dans l’estomac porte le nom d intestin (fig. 34). C’est un tube membraneux et contourne sur lui-même, dont le diamètre est peu considérable, mais dont la longueur est très-grande, étant, chez l'homme, environ sept fois celle du corps. Chez les animaux qui se nourrissent exclusivement de chair, les intestins sont en général p us courts que chez l’homme et les autres animaux omnivores: andis que, chez les herbivores, leur longueur est beaucoup plus considérable. Ainsi, dans le lion, elle n’est que d’environ trois lois celle du corps, et dans le bélier, elle est souvent égale a vingt-huit fois cette longueur. La raison de ces différences est lacile a saisir; car il est évident que les substances herbacées, qui se digèrent très-lentement, et qui renferment une très-petite portion de matière réellement nutritive, doivent séjourner pendant plus longtemps dans le canal alimentaire que la chair musculaire, dont la digestion est très-prompte et dont presque toute la masse est composée de matières nutritives.

Les intestins, comme nous l’avons dit, sont logés dans l’abdomen, et renfermés dans les replis d une membrane nommée péritoine, qui les fixent à la colonne vertébrale (fig. 8). Ils se composent de deux parties distinctes : l 'intestin grêle et le gros intestin.

L’intestin grêle fait suite à l’estomac, et c’est dans son intérieur que la digestion s’achève. Il est très-étroit et forme environ les trois quarts de la longueur totale des intestins. Sa surface extérieuie est lisse, les fibres musculaires qui l’entourent sont serrées les unes contre les autres, et la membrane muqueuse qui en tapisse l’intérieur présente à sa surface une foule de petites glandules tubuliformes, des follicules et de petits appendices saillants nommés villosités (fig. 36). On y remarque aussi un grand nombre de plis transversaux, nommés valvules conniventes. Les follicules sécrètent continuellement une humeur visqueuse,

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iont la quantité est très-considérable. Les villosités, comme nous le verrons bientôt, paraissent servir spécialement à l’absorption des produits de la digestion, et les valvules conniventes ï retarder la marche du chyme.

Fig. 36. (I)

Les anatomistes distinguent dans l’intestin grêle trois portions : le duodénum , le jéjunum et Y iléon; mais cette distinction est de peu d’importance en physiologie.

§ 68. Foie et pancréas. — Les matières alimentaires qui pénètrent dans cet intestin s’y mêlent avec les humeurs sécrétées par ses parois, et avec deux liquides particuliers, la bile et le suc pancréatique, qui sont formés chacun dans un organe glandulaire situé dans le voisinage de l’estomac.

Le foie (fig. 3Zi), qui est l’organe producteur de la bile (il), est le viscère le plus volumineux du corps. 11 est situé à la partie supérieure de l’abdomen de l’homme, principalement du côté droit, et descend jusqu’au niveau du bord inférieur des côtes. Sa face supérieure est convexe et sa face inférieure irrégulièrement concave. La couleur de cet organe est rouge brun ; sa substance est molle et compacte; et, lorsqu’on la déchire, elle paraît être formée par l’agglomération de petites granulations

( I ) Portion do la membrane muqueuse de l'intestin prêle grossie, pour montrer les villosités (1 , 1 et 2), les orifices des glandules tuhuliformcs et les follicules clos (4 et 5).

(2) Nous verrons plus loin que le foie a aussi d’autres usages, et fournit au sang des matières particulières, en mémo temps qu'il verse dans l'intestin le liquide dont il est ici question.

solides dans lesquelles aboutissent les vaisseaux sanguins, et desquelles naissent les conduits excréteurs destinés à porter la bile au dehors.

Ces canaux excréteurs se réunissent successivement entre eux pour former des rameaux, des branches, et enfin un tronc qui sort du foie par la face inférieure de cet'organe pour se porter au duodénum, et qui communique aussi avec une poche membraneuse adhérente au foie, habituellement distendue par de la bile et nommée vésicule du fiel. La terminaison du canal se voit dans le duodénum, à peu de distance de l’estomac.

Chez les animaux inférieurs, le foie est souvent remplacé, soit par une agglomération de petits tubes terminés en cul-desac, et insérés sur les rameaux d’un canal excréleur (comme chez les crabes et les écrevisses) ; soit par des vaisseaux simples, mais très-longs, comme chez les insectes. Enfin, chez les êtres d’une organisation plus simple, il manque tout à fait, ou n’est représenté que par un tissu glandulaire qui entoure une portion de l’intestin ; mais c’est un des organes sécréteurs dont l’existence est le plus constante dans le Régne animal.

§ 69. Labile est un liquide visqueux, filant, verdâtre et d’une saveur très-amère. Elle est toujours alcaline et a beaucoup d’analogie avec du savon. On y trouve dissous, dans de l’eau, un sel formé de soude unie à un acide gras de nature particulière, de la cholestérine, un principe colorant, un peu d’oléate ou de margarate de soude et du mucus.

§ 70. Le suc pancréatique a beaucoup d’analogie avec la salive, tant par ses propriétés physiques que par sa composition et ses propriétés chimiques ; mais il possède en outre la faculté d émulsionner rapidement les graisses. La qlanie pancréas (1) qui le forme ressemble aussi aux glandes salivaires. C’est une masse granuleuse qui, chez l’homme, est divisée en un grand nombre de lobes et de lobules, de consistance assez ferme et de couleur blanc grisâtre tirant un peu sur le rouge, et qui est placée en travers entre l’estomac et la colonne vertébrale (fig. 3Zi). Chacune des granulations qui la forment donne naissance à un petit conduit excréteur, et tous ces conduits se réunissent pour former un canal qui s’ouvre dans le duodénum, près de l’embouchure de celui venant du foie.

§ 71. ingestion intestinale. — Nous avons déjà vu comment les mouvements péristaltiques de 1 estomac poussent le clivme

(1) Le mot pancréas, qui signifie tout cliaruu (de *av, tout, cl de z?sa;, chair), a été donné à cetto glande par les anciens ; mais la substance de cet organe est loin . d’élre réellement charnue.

DE LA DIGESTION

dans le duodénum ;\ travers le pylore. Cette ouverture est garnie d’une valvule en forme de bourrelet circulaire, qui s’oppose au retour de cette matière dans l’estomac; et la présence du chyme dans l’intestin détermine, dans ce tube, des contractions qui sont analogues à celles de l’estomac, et qui ressemblent exactement aux mouvements d’un ver de terre qui rampe. A l’aide de ces mouvements vermiculaires, le chyme s’accumule dans l’intestin et avance de plus en plus dans l’intérieur de ce tube. Pendant ce trajet, il se mêle avec la bile et les autres humeurs qu’il rencontre, et change peu à peu de propriétés; il devient jaunâtre, amer, de moins en moins acide, puis alcalin ; et certaines matières alimentaires qui ont résisté à l’action du suc gastrique se dissolvent â leur tour, soit dans le suc pancréatique, soit dans le fluide biliaire. C’est de la sorte que les substances amylacées et grasses sont en majeure partie digérées; et pendant que ce travail s’achève, il se dégage de la masse alimentaire divers gaz qui distendent plus ou moins l'intestin et qui consistent principalement en acide carbonique et en hydrogène ; quelquefois il y a aussi production d’azote. Enfin, les parties les plus fluides de la masse cliymeuse sont en même temps absorbées parles parois du tube digestif; vers le tiers inférieur de l’intestin grêle il ne s’en trouve presque plus, et la pâle formée par le résidu du chyme, par la bile et les autres humeurs déjà mentionnées, acquiert, dans cette portion du tube alimentaire, plus de consistance, prend une couleur plus foncée, et passe dans le gros intestin.

Expulsion du résidu laissé par la digestion.

§ 72. Les matières alimentaires qui n’ont pu être transformées en chyle ou absorbées directement doivent être rejetées au dehors, et pour cela elles pénètrent dans le gros intestin, et s’y amassent.

Le gros intestin (fig. 3/j) fait suite à l’intestin grêle, et chez la plupart des mammifères se distingue facilement par les dilatations nombreuses que l’on remarque sur ses parois entre les divers faisceaux formés par ses fibres musculaires. On le divise en cæcum, en côlon et en rectum. Le cæcum (1), qui est situé près de 1 os de la hanche du côté droit, se prolonge en cul-de-sac au uela du point d’insertion de l’intestin grêle, et présente à son

G) Les anatomistes ont nommé cæcum la première portion du gros intestin, parce qu elle se prolonge inférieurement sous la forme d'un cul-de-sac (de cæcus, aveugle).

extrémité un appendice vermiforme. Des replis, disposés en manière de valvules, garnissent l’ouverture de l’intestin grêle, et s’opposent à ce que les matières poussées dans le cæcum puissent rentrer dans l’iléon et retourner vers l’estomac.

Le côlon (1) fait suite au cæcum, remonte vers le foie, traverse l’abdomen immédiatement au-dessous de l’estomac, et redescend du côté gauche pour gagner le bassin, où il se continue avec le rectum (2), qui se termine à l’anus.

§ 73. Le résidu provenant de la digestion des aliments est poussé peu à peu depuis le cæcum jusqu’au rectum, où il s’accumule et séjourne pendant un temps plus ou moins long. En traversant ainsi le gros intestin, les matières fécales acquièrent de la consistance, changent de couleur et prennent une odeur particulière. Il se développe en même temps dans cet intestin une quantité plus ou moins considérable de gaz qui diffèrent essentiellement de ceux de l’intestin grêle par l’existence presque constante d’hydregène carboné, et quelquefois aussi par la présence d’un peu d’hydrogène sulfuré.

Les fibres charnues qui entourent l’anus et qui forment le muscle sphincter de cette ouverture, sont continuellement contractées, et s’opposent par conséquent à la sortie des matières accumulées dans le gros intestin. En général, pour que l’expulsion de celles-ci ait lieu, il ne suffit même-pas de la contraction des fibres musculaires qui entourent cet intestin, il faut aussi que le diaphragme et les autres muscles de l’abdomen concourent au même but, en comprimant la masse des viscères renfermés dans cette cavité.

§ 7ù. Théorie tic la digestion. — En résumé, nous voyons donc que la digestion a essentiellement pour but de déterminer la dissolution des matières alimentaires, et que les agents chimiques à l’aide desquels cette dissolution s’opère varient suivant la nature des aliments eux-mêmes. Ainsi, une portion des substances dont les animaux se nourrissent étant solubles dans l’eau, sont dissoutes directement par la salive, le suc gastrique ou les boissons ingérées dans l’estomac, sans l’intervention d’aucun principe actif spécial ; la diastase animale contenue dans la salive possède la propriété de transformer l’amidon en glycose, et détermine ainsi la solubilité d’une portion des madères féculentes introduites dans l’estomac; la pepsine que renferme le suc gastrique agit d’une manière analogue sur la

(1) On fait venir ce nom de z.toXûw, j’arrêle, parce que cet inleslin relient longlcmps

les matières excrémentitielles dans ses replis. ^ .

(2) Cet intestin est ainsi nommé parce qu'il est à pou près droit.

DK LA D1GEST10 .

ibrinc, l’albumine, etc., et liquéfie ces matières dans la cavité le l’estomac; la fécule qui a résisté à l’action de ces agents, et jui est arrivée intacte dans l’intestin, y rencontre le suc pancréatique, dont les propriétés sont analogues à celles de la salive ît dont l’action détermine la dissolution des matières amylacées; enfin, les matières grasses qui ont également échappé à l’action dissolvante de la salive et des sucs gastriques sont émulsionnées ou dissoutes par le suc pancréatique (quelquefois aussi par l’alcali contenu dans la bile); et à mesure que ces diverses réactions s'effectuent, les matières dissoutes sont absorbées par les parois de la cavité stomacale ou de l’intestin. Quelques-unes des substances qui sont ainsi dissoutes dans les liquides de l’appareil digestif sont en môme temps modifiées dans leur constitution chimique : ainsi le sucre de canne est transformé en glycose; mais le phénomène le plus général et le plus important de la digestion consiste dans la liquéfaction des matières alimentaires.

Absorption des produits de la digestion.

§ 75. Pour terminer l’élude de la digestion, il nous reste encore à examiner comment la matière nutritive, extraite des aliments, passe de l’estomac et du canal intestinal dans la masse du sang, qu’elle est destinée à renouveler.

La plupart des liquides et des matières solubles introduits dans l’estomac sont absorbés directement par les veines qui serpentent dans les parois de cet organe et dans celles de l’intestin grêle; mais d’autres, telles que les matières grasses qui constituent le clujle, suivent une autre roule, et pénètrent dans lun système particulier de canaux destinés à en effectuer le transport. Ces vaisseaux, appelés chylifères (ou lactés, à raison de l’apparence qu’ils offrent en général lorsqu’ils sont remplis de chyle), appartiennent, comme nous l’avons déjà dit, à l’appareil :des vaisseaux lymphatiques (1). Ils prennent naissance à la surface des villosités de la membrane muqueuse intestinale, et se réunissent en branches plus ou moins grosses qui marchent entre les deux lames du mésentère. Pendant ce trajet, ces vaisseaux lymphatiques traversent les ganglions appelés ganglions mésentériques (tig. 37), et vont déboucher dans le canal thoracique, qui, à son tour, va se terminer dans la veine sous-clavière du cftté gauche (fig. 6).

(1) Voyez page 24.

§ 76. Lorsqu’un animal est à jeun, ces vaisseaux sont à peu près vides; mais lorsque la digestion intestinale est en pleine activité, ils ne tardent pas à se gorger de chyle, dont la couleur est en général blanche, et l’aspect semblable à celui du lait.

Ce sont les villosités dont la surface de la membrane muqueuse de l'intestin est garnie qui paraissent être spécialement

chargées de l’absorption du chyle. Aussitôt que ce phénomène commence, on les trouve gonflées et imbibées de ce liquide comme des éponges qui seraient imbibées de lait. Le chyle passe ensuite dans les vaisseaux lymphatiques qui naissent de ces villosités, et coule, avec assez de vitesse, dans le canal thoracique; mais ou ne connaît pas bien la cause de son mouvement ascensionnel.

§ 77. ciijic. — L’aspect de ce liquide varie suivant la nature des aliments dont il provient, et suivant les animaux où on 1 observe. Dans l’homme et -la plupart des mammifères, c est eu général un suc blanc, laiteux, d’une odeur particulière, et d’une saveur salée et alcaline. Examiné au microscope, il paiaît

Artère aorte. Canut tlior. Ganglions lymphatiques.

.. Intestin.

! Racines des vaisseaux chylifères.

Fie. 37. — Vaisseaux chylifères.

DU SANU.

(il

composé d’un liquide séreux, tenant en suspension des gouttelettes graisseuses et des globules circulaires. Le chyle provenant d’aliments qui ne renferment pas de matières grasses n est pas opaque comme celui fourni par des substances contenant de la graisse ou de l’huile ; et chez les oiseaux il est presque toujours transparent.

Lorsqu’on examine le chyle dans les vaisseaux lactés près de leur origine, on trouve que les matières organiques qu’il contient consistent principalement en albumine; mais, quand on l’observe plus loin dans son trajet vers la veine sous-clavière, on voit que ses qualités ne restent plus les mêmes : à mesure qu’il avance dans l’intérieur des vaisseaux lymphatiques, il se charge d’une quantité de plus en plus considérable de fibrine; principe qui lui donne la propriété de se coaguler spontanément à la manière du sang. En général, ce liquide prend en même temps une teinte rosée, et devient susceptible de rougir légèrement au contact de l’air. Sa nature, par conséquent, se rapproche de plus en plus de celle du sang, avec lequel il va s’unir dans la veine sous-clavière où débouche le canal thoracique.

C’est de la sorte que les matières nutritives élaborées par la digestion sont absorbées et mêlées au fluide nourricier. Pour continuer l’étude des phénomènes de la nutrition, nous devons, par conséquent, nous occuper maintenant de ce fluide et de la manière dont se fait la distribution des matières organiques qu'il charrie.

DU SANG

§ 78. Dans les animaux dont la structure est la plus simple, tous les liquides de l’économie sont semblables entre eux ; ils ne paraissent être que de l’eau plus ou moins chargée de particules de matières organisées; mais, dans les êtres qui occupent un rang plus élevé dans le Règne animal, les humeurs cessent d’être toutes de même nature, et il en est une qui est destinée d’une manière spéciale à subvenir aux besoins de la nutrition :«ce liquide nourricier est le sang.

C’est ce liquide qui entretient la vie dans leurs organes et leur fournit les matériaux dont ils se composent.

C’est aussi le sang qui est la source de toutes les humeurs formées dans le corps : la salive, l'urine, la bile, les larmes, par exemple.

§ 79. Chez tous les animaux qui par leur structure se rapprochent le plus de l’homme, tels que les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, et même chez 1a plupart des vers de

la classe des annélides, le sang^esl d’une couleur rouge intense. Mais chez presque tous les animaux inférieurs, au lieu d’être rouge et épais, il ne consiste qu’en un liquide aqueux, tantôt complètement incolore, tantôt légèrement teinté en jaune, en vert,ien. rose ou en lilas : aussi est-il assez difficile à voir, et pendant longtemps a-t-on pensé que ces êtres en étaient complètement dépourvus, et les appelait-on des animaux exsangues.

Les animaux a sang blanc, ou ayant le sang à peine teinté, sont très-peu nombreux : tous les insectes rentrent dans cette catégorie, et c’est à tort que l’on regarde vulgairement les mouches comme ayant du sang rouge dans la tête: lorsqu’on écrase un de ces animaux, on voit s’épancher, il est vrai, un liquide rougeâtre, mais cette matière n’est pas du sang, et provient uniquement des yeux de ces petits êtres. Les araignées, les crabes, les écrevisses et tous les animaux qui se rapprochent de ces derniers, et qui sont désignés par les zoologistes sous le nom de crustacés, n’ont aussi que du sang presque incolore; enfin les limaçons, lés moules, les huîtres et les autres animaux de l’embranchement des mollusques et de celui des zoophytes, ainsi que les vers intestinaux, sont dans le même cas.

§ 80. En examinant au microscope le sang d’un animal a sang rouge, tel qu’un mammifère, un oiseau, un poisson, on voit qu’il est constamment formé de deux parties distinctes : d’un liquide jaunâtre et transparent, auquel on a donné le nom de sérum, et d’une foule de petits corpuscules, solides, réguliers et de couleur rouge, qui nagent dans le fluide dont nous venons de parler, et que l’on appelle les globules du sang.

§ 81. «lobules du snng. — Chez les animaux de la même espèce, tous les globules du sang ont la même forme et à peu près la même grosseur (1) ; mais lorsqu'on les compare chez des animaux d’espèces différentes, on y remarque des différences importantes à signaler. En général, ces corpuscules se ressemblent beaucoup plus chez les divers animaux d’une même classe que chez des animaux appartenant à des classes différentes : chez les premiers leurs dimensions peuvent varier, nTais ils affectent presque toujours la même forme; taudis que d une classe à une autre les différences de volume deviennent souvent beaucoup plus considérables, et la forme elle-même peut changer.

(i) Avant la naissance, les globules ont quelquefois des dimensions ou même une forme différentes de celles qu’ils otlrent pendant tout le reste de la vie. Ainsi le poulet dans l’œuf a d’abord des globules circulaires, et ce n’est qu’à une période plus avancée de l’incubation que les globules offrent tous une forme elliptique. Mais apres la naissance les globules ne varient plus.

DU SANG

Ainsi, chez l’homme (fig. 38) et chez presque tous les autres animaux de la classe des mammifères (le chien, le cheval, le bœuf, par exemple), les globules du sang sont circu- ^ laires (1); tandis que, chez les oiseaux, les reptiles, rgV =■ les batraciens et les poissons, ils ont une forme ellipti- (2> que (fig. 39). Fig. 38. (2)

Ces corpuscules sont toujours microscopiques ; mais c’est surtout chez les marnmifùres qu’ils sont d’une petitesse extrùme. Dans l’homme, le chien, le lapin et quelques autres marnmifùres, leur diamùtre est égal à environ la cent vingt-quatriùme partie d’un millimétré, et chez la chèvre ils n’ont que un deux-cent-cinquantième de millimétré ; enfin, chez les chevrotains ils n’ont qu’environ de millimétré.

Dans les oiseaux, les globules du sang sont plus grands que chez les mammifères. Mais c’est dans la classe des reptiles et chez les batraciens qu’ils atteignent les dimensions les plus considérables : ainsi, dans le sang de la grenouille, ils ont environ un quarante-cinquième de millimètre en longueur sur un soixante-quinzième en largeur; et, dans le protée, qui est de tous les animaux connus celui chez lequel ils sont les plus grands , leur longueur est d’environ un dix-septième de millimètre.

Enfin, chez les poissons, ces corpuscules sont intermédiaires pour la grosseur entre les globules des oiseaux et ceux des batraciens.

Du reste, les globules du sang sont toujours aplatis, et présentent une tache centrale entourée d’une espèce de bordure de couleur plus foncée. Leur structure intérieure est quelquefois très-difficile à connaître ; mais lorsqu’on a soin de les prendre chez un animal où leur volume est le plus considérable, et que l’on examine à l’aide d’un microscope puissant, on voit qu’ils sont composés de deux parties distinctes, d’un noyau ceni tral et d’une enveloppe ayant l’apparence d’une petite vessie. En

(t)Les chameaux et les lamas font exception à cette règle, car chez ces mammifères les globules du sang sont elliptiques.

(2) Fig. 38. Globules du sang de l'hommo grossis à peu près quatre cents fois (en diamètre).

(3) Fig. 39. Globules elliptiques du sang des oiseaux, des batraciens et des poissons. — a, globules du sang de la poule, vus de face et de profil ; — b, globules du sang de la grenouille; — c, globules d'un poisson du genre squale (même grossissement).

général, cette enveloppe est déprimée, et forme autour du noyau un rebord plus ou moins mince, de façon que le tout offre l’aspect d’un petit disque renflé au milieu ; elle est de couleur rouge, et semble être formée d’une espèce de gelée facile à diviser. mais très-élastique. Le noyau central a la forme d’un sphéroïde et n’est pas coloré. Chez l’homme et les autres mammifères, la portion centrale des globules est au contraire moins saillante que le bord, et le noyau n’est pas distinct.

Ces globules rouges, qui donnent au sang sa couleur, ne sont pas les seuls qu’on y découvre à l’aide du microscope. Il existe aussi dans ce liquide, mais en beaucoup moindre quantité, d’autres corpuscules incolores et d’une forme sphérique, qui ressemblent beaucoup aux globules du chyle; en général, ils sont difficiles à apercevoir ïi cause de leur mélange avec les globules rouges.

§ 82. Chez les animaux sans vertèbres dont le sang est blanc ou à peine coloré, on trouve aussi des globules, mais ces corpuscules diffèrent beaucoup de ceux des animaux vertébrés ; leur grosseur est très-variable chez le même individu ; leur surface offre un aspect framboisé ; on n’y distingue ni noyau central, ni enveloppe extérieure, et leur forme est en général sphérique.

§ 83. Composition «lu sang. — La chimie nous apprend que le sang se compose d’un grand nombre de substances différentes. Chez les animaux supérieurs, on y trouve: 1° de l’eau ; 2° des principes immédiats albuminoïdes, savoir : de la fibrine, de l’albumine, de l’hématosine (ou matière colorante rouge du sang), de la caséine, etc.; 3° des matières grasses, telles que la cholestérine, la cérébrine, l’acide stéarique, l’acide oléique, etc.; Zi° des matières sucrées (glycose); 5° des matières minérales (du chlorure de sodium, du phosphate de soude, du carbonate de chaux, du fer uni à l’hématosine, etc.); enfin, on y reconnaît la présence d’une petite quantité d’acide carbonique libre, de gaz azote et de gaz oxygène. Mais cette complication, toute grande qu’elle peut nous paraître, est encore au-dessous de la réalité ; et si nos moyens d’analyse étaient plus parfaits, on découvrirait dans le sang d’autres substances encore, qui y existent bien certainement, mais ne s’y trouvent qu’en quantités trop petitespour que le chimiste puisse les saisir. Pour s’en convaincre, il suffit d’arrêter l’action de certains organes chargés de séparer du sang divers liquides particuliers, tels que l’urine; car des matières qui ôtaient expulsées de l’économie par cette voie, et qui ne se montrent pas d’ordinaire dans le sang, s’y accumulent alors, et

DU SANG

deviennent de la sorte faciles à reconnaître, ainsi que nous le verrons du reste plus en détail lorsque nous arriverons à l’étude des sécrétions (1).

I.es substances que nous venons d’énumérer comme étant contenues dans le sang sont aussi celles qui entrent dans la composition de presque toutes les parties, soit solides, soit liquides, de l’économie ; l’albumine forme la base d’un grand nombre de tissus, la fibrine est le principe constituant des muscles, les sels contenus dans le sang se rencontrent aussi soit dans les os, soit dans les humeurs ? et, d’après l’ensemble des faits connus, on est en droit de penser que les matériaux destinés à devenir de la chair, de la bile, de l’urine, etc., existent déjà dans le fluide nourricier: les organes qui doivent se les approprier les puisent dans ce liquide, et ne les créent pas ; aussi n’est-ce pas sans raison que le sang a été appelé par quelques auteurs de la chair coulante.

§ 8/1. Les proportions dans lesquelles les diverses matières constituantes du sang s’y trouvent réunies varient beaucoup chez les différents animaux. Dans l’homme, on trouve ordinairement, sur 100 parties de sang, environ 79 parties d’eau, .19 centièmes d’albumine, 1 centième de sels, et quelques millièmes seulement de fibrine et de matière colorante. Dans le sang des fiscaux, la proportion d’eau est en général un peu moins forte ; nais, dans le sang des batraciens et des poissons, on en trouve lavantage. Dans celui de la grenouille, par exemple, il existe dus de 88 centièmes d’eau.

Des différences analogues se remarquent, lorsque l’on compare es quantités relatives de sérum et de globules dans le sang de liyers animaux ; et. comme nous le verrons par la suite, il ïxiste un rapport remarquable entre la proportion de ces globules et la chaleur développée par ces êtres. Les oiseaux sont de ous les animaux ceux dont le sang est le plus riche en globules ‘t ceux aussi dont la température est la plus élevée. Le sang des nammifères en renferme un peu moins (7 à 12 centièmes) ; fiiez les reptiles et les poissons, que l’on appelle des animaux à ang froid, à cause du peu de chaleur qu’ils développent, la juantité relative des globules est beaucoup plus faible encore :t ne dépasse guère 5 ou 6 centièmes du poids total du sang.

Du reste, les proportions des éléments solides et liquides valent aussi chez les différents individus d’une même espèce, et

(D Pour plus de détails sur lïiisloire chimique et physiologique du «am?

diverses circonstances peuvent apporter des modifications dans le sang d’un même animal. Ainsi la quantité des globules est plus grande et celle de l’eau plus Faible dans le sang de l’homme que dans celui de la femme, et dans le sang des individus d’un tempérament sanguin que dans ceux d’un tempérament lymphatique.

§ 85. Coaguiabiiité «m sans. — Dans l’état ordinaire, le sang est toujours fluide et se compose, comme nous l’avons déjà dit, d’un liquide aqueux tenant en suspension des globules solides , mais il est des circonstances où ses propriétés physiques changent complètement. C’est ce qui a lieu, par exemple, toutes les fois qu’on extrait le sang des vaisseaux où il est contenu dans l’intérieur du corps d’un animal vivant; abandonné à lui-même, il se transforme alors, au bout de quelques instants, en une masse de consistance gélatineuse, qui se sépare peu à peu en deux parties: l’une liquide, jaunâtre et transparente, formée par le sérum ; l’autre plus ou moins solide, complètement opaque, et d’une couleur rouge, à laquelle on donne le nom de caillot ou d e cruor du sang .

Ce phénomène est dû à la présence de la fibrine contenue dans le sang. Cette substance, qui est dissoute dans le sérum, a la propriété de se solidifier lorsqu’elle n’est plus soumise à l’influence de la vie ; et, en se solidifiant ainsi, elle entraîne avec elle les globules, et forme avec eux une masse gélatineuse, de la même manière que du blanc d’œuf, employé pour clarifier un liquide trouble, entraîne les corpuscules qui s’y trouvent mêlés lorsque par l’effet de la chaleur il vient à se coaguler. Pour s’assurer que la coagulation du sang dépend de la fibrine, il suffit de battre ce liquide avec des verges aussitôt qu il est tiré de la veine ; la fibrine, au moment de sa solidification, s’attachant alors aux baguettes, s’extrait facilement, et le sang perd la propriété de se coaguler. A l’aide d’une expérience fressimple on peut également se convaincre que cette fibrine se trouve dans le sérum, et n’est pas contenue dans les globules,! comme on le croyait jusque dans ces derniers temps. Effectivement si l’on jette sur un filtre du sang dont les globules sonu très-volumineux, du sang de grenouille, par exemple, il est possible de faire passer le sérum et de retenir tous les globule^ avant que la coagulation se soit effectuée; et, dans ce cas, bien que les globules soient restés intacts sur le filtre, le ^ sérum J3<| prend en masse comme d’ordinaire : seulement le caillot, formé alors exclusivement de fibrine, est blanc au lieu d être rouge,

comme lorsque les globules s’y trouvent englobés.

DU SANG

§ 86. l'anse* «lu *nng. — Le sang, avons-nous dit, est 1 agenl spécial de la nutrition. Mais il ne sert pas seulement à réparer les pertes que subissent les organes et à les nourrir, il est destiné aussi à produire dans ces parties une excitation sans laquelle la vie ne saurait s’y maintenir. L’expérience suivante peut, mieux que toute autre, donner une idée de 1 importance du rôle que ce liquide joue dans l’économie.

§ 87. Lorsqu’on saigne abondamment un animal, on le voit s’affaiblir de plus en plus ; et, si l’hémorrhagie est très-abondante, il ne larde pas perdre connaissance ; sa respiration s’arrête, tout mouvement musculaire cesse, et la vie ne se manifeste plus par aucun signe extérieur; enfin, si la perte du sang est poussée assez loin, et qu’on laisse l’animal dans cet état, la réalité succède bientôt à l’apparence et la mort ne tarde pas à arriver. Mais si, au lieu d’abandonner à son sort cette espèce de cadavre, on injecte dans ses veines du sang semblable à celui qu’il a perdu, on le voit avec étonnement revenir à la vie : à mesure qu’on introduit dans ses vaisseaux de nouvelles quantités de sang, l’animal se ranime de plus en plus ; bientôt il respire librement, se meut avec facilité, reprend ses allures habituelles, et il peut môme se rétablir complètement.

Cette opération, que l'on désigne sous le nom de transfusion , est certes une des plus remarquables que l’on ait jamais faites, et elle prouve mieux que tout ce que l’on pourrait dire l’importance de l’action des globules du sang sur les organes vivants; car, si l’on emploie de la môme manière du sérum privé de globules, on ne produit pas d’autre effet que si l’on se servait d’eau pure, et la mort n’en est pas moins une suite inévitable de l’hémorrhagie.

§ 88. L’influence du sang sur la nutrition est également facile à démontrer. Ainsi, lorsque, par des moyens mécaniques, on diminue d’une manière notable et permanente la quantité de ce liquide reçue par un organe, on voit celui-ci diminuer de grosseur, et souvent mémo se flétrir et se réduire presque à rien. D’un autre côté, on observe également que plus une partie quelconque du corps fonctionne, plus elle reçoit de sang, et plus aussi son volume s’accroît. lin effet, chacun sait que l’exercice musculaire tend à développer davantage les parties qui en sont le siège ; que chez les danseurs, par exemple, les muscles des jambes, et surtout du mollet, acquièrent une grosseur remarquable, tandisque chez les boulangers, et les autres hommes qui exécutent avec leurs bras des travaux rudes, les muscles des membres supérieurs deviennent plus charnus que les autres par-

lies. Or, les muscles reçoivent plus de sang lorsqu’ils se conlrac- * tent que lorsqu’ils sont en repos, et par cet afflux de sangle travail nutritif dont ils sont le siège est activé et leur volume s’accroît.

§ 89. Le liquide nourricier, en agissant ainsi sur les organes ; avec lesquels il est en contact, en éprouve à son tour des modifi- 1 cations, et à raison de ce changement il perd bientôt ses qualités vivifiantes. Le sang qui arrive dans les diverses parties du corps est d’une couleur rouge vermeil ; tandis qu’il présente, après les avoir traversées, une teinte sombre d’un rouge noirâtre; et dans cet état il ne possède plus la faculté d’entretenir la vie dans les organes auxquels il se rend. Mais du sang ainsi vicié, ou du moins en quelque sorte usé, reprend, par l’action de l’air, ses propriétés primitives, et redevient alors propre à exciter le mouvement vital.

La fonction à l’aide de laquelle ce changement important s’opère est celle de la respiration, dontnousauronsbientôlànousoccuper.

Le sang qui a subi l’action de l’air, et qui est propre à l’entretien de la vie, est appelé sang artériel ; celui qui a déjà agi sur les organes, et qui ne peut continuer à y exciter le mouvement vital, se nomme sang veineux: il contient, en général, moins de globules que le sang artériel, et se coagule moins promptement, mais c’est par sa couleur noirâtre, par la quantité d’acide carbonique dont il est chargé et par son mode d’action sur les tissus vivants, qu'il s’en distingue le plus.

CIRCULATION DU SANG

§ 90. D’après ce que nous venons de dire sur le rôle que les liquides nourriciers remplissent dans l’économie animale, et sur l’influence que la respiration exerce sur les propriétés physiologiques de ces liquides, il est évident qu’ils doivent être le j siège d’un mouvement continuel.

En effet, puisque c’est le sang qui distribue à toutes les parties du corps les matériaux nécessaires à leur nutrition, et que ce liquide est aussi la voie par laquelle les particules éliminées de la substance des tissus sont entraînées au loin, il ne peut rester en repos, et il doit nécessairement traverser sans cesse tous les organes. Mais, chez la plupart des animaux, ces conditions d’existence ne sont pas les seules qui rendent le mouvement du sang indispensable pour l’entretien de la vie: lorsque 1 air ne pénètre pas lui-même dans l’épaisseur de tous les tissus (comme cela a lieu chez les insectes), et n’agit que par l’intermédiaire d’un organe spécial de la respiration (tel que les pou-

CIRCULATION 1)U SANG

mons), il est également facile de voir que le sang qui a déjà traversé les tissus doit aussi se rendre dans l’appareil respiratoire pour y subir l’influence vivifiante de l’air avant que de retourner de nouveau vers ces mêmes tissus.

Or, c’est ce qui a réellement lieu ; et ce mouvement constitue ce que les physiologistes appellent la circulation du sang.

Ce phénomène était inconnu des anciens ; la découverte en est due à Harvey, médecin du roi d’Angleterre Charles lor (en 1619).

§ 91. Appareil île la circulation. — Chez quelques animaux inférieurs le sang ne circule que dans les lucunes ou espaces qui existent entre les divers organes du corps ou entre les lamelles constituantes de ces organes. Mais chez tous les animaux supérieurs, et aussi chez plusieurs de ceux appartenant aux classes moins élevées dans les séries zoologiques, la circulation a lieu dans l’intérieur d’un appareil très-compliqué, composé : 1° d’un système de canaux ou de tubes membraneux servant à conduire le sang dans toutes les parties où il doit passer; 2° d’un organe particulier destiné à mettre ce liquide en mouvement.

Ces tuyaux portent le nom de vaisseaux sanguins , et cet organe moteur est le cœur.

Le cccur est le centre de l’appareil de la circulation; c’est une espèce de poche charnue en communication avec les vaisseaux sanguins, qui reçoit le sang dans son intérieur, et qui, en se resserrant de temps en temps, lance ce liquide dans ces canaux et y' détermine ainsi un courant continuel.

Presque tous les animaux ont un cœur. Cet organe existe non-seulement chez les mammifères, les oiseaux, les. reptiles et les poissons, mais aussi chez les colimaçons, les huîtres et les autres animaux de la division des mollusques, chez les crabes et les écrevisses ; chez les araignées, etc.

Les vaisseaux sanguins sont de deux ordres, savoir:»

1° Les artères, qui servent à porter le sang du cœur dans toutes les parties du corps.

2° Les veines, qui rapportent ce liquide de toutes les parties du corps dans le cœur.

Les artères partent du cœur et se divisent en branches, en rameaux et en ramuscules de plus en plus nombreux et de plus en plus déliés à mesure qu’elles s’avancent et qu’elles se distribuent à des parties plus nombreuses et plus éloignées.

Les veines présentent une disposition semblable, mais qui est destinée à produire un résultat tout contraire, parce que le sang suit dans ces vaisseaux une marche inverse. Elles sont trèsnombreuses loin du cœur, mais peu à peu elles se réunissent

pour former des canaux plus gros, qui, à leur tour, se réunissent aussi de façon à se terminer au cœur par un ou deux troncs seulement.

Les dernières ramifications des artères dans la substance des organes se continuent avec les racines des veines, de manière à former une suite non interrompue de canaux étroits dans lesquels le sang coule pour traverser ces organes (fig. ZiO).

On donne le nom de vaisseaux capillaires à ces canaux déliés qui établissent ainsi la communication entre les extrémités des artères et des veines, et ce nom leur vient de leur finesse extrême, qui les a fait comparer à des cheveux.

Par l’extrémité opposée à celle où se trouvent les vaisseaux capillaires, les artères et les veines communiquent entre elles par l’intermédiaire des cavités du cœur. 11 en résulte que chez l’homme et les autres animaux supérieurs, l’appareil vasculaire forme un cercle complet dans lequel le sang se meut pour revenir sans cesse à son premier point de départ ; et c’est en raison de la nature de ce mouvement qu’on l’appelle circulation.

Le cercle circulatoire peut être comparé à un arbre dont le tronc serait replié sur

laii-es Je la paite d'une lui-même, de manière à faire rencontrer les

Grenouille (1). dernières ramifications des branches avec

les dernières divisions des racines: la portion supérieure du tronc et ses branches représenteraient les artères, laportion inférieure du tronc et les racines représenteraient les veines, et c’est au point de réunion de ces deux .portions du tronc que

Fig. 40. — Vaisseaux capil-

serait la place du cœur.

Dans tous les animaux où la respiration se fait dans un or- , gane spécial, tel que le poumon, les vaisseaux sanguins se ramifient, non-seulement dans les tissus qu’ils doivent nourrir, ; mais aussi dans l’organe où le sang doit subir 1 action de lair, et ce liquide traverse, par conséquent, deux ordres de vaisseaux « capillaires, servant, l’un à la nutrition, l’autre à la respiration. | La circulation qui se fait dans l’appareil respiratoire est appelée la petite circulation ; et celle qui se fait dans le l’este du corps, la grande circulation.

(i)a, artères; — v, veines. — Les flèches indiquent

la direction du courant circulatoire.

CIRCULATION DU SANG

Du reste, la route suivie par le sang et la structure de l’appa- ’eil circulatoire varient beaucoup dans les différentes classes l’animaux. Nous indiquerons plus loin ces différences ; mais, ivant que de nous en occuper, il convient d’étudier avec plus ie détails la conformation et le mécanisme de cet appareil chez l’homme, qui pourra nous servir ensuite comme terme de comparaison.

Description de l’appareil de la circulation chez les animaux supérieurs.

§ 92. Cœur. — Chez l’homme, et chez les animaux qui, par eur structure, se rapprochent le plus de nous, le cœur est logé

Veiue dn liras.

Artère du bras.

Veine du bras.

Poumons.

Pouuioiis.

od vc v d a vg

Fig. 41. — Poumons, cœur et principaux vaisseaux de l’Homme (1).

entre les poumons, dans la cavité de la poitrine que les anatomistes appellent le thorax (fig. 8 et 61) ; son extrémité inférieure est dirigée un peu obliquement à gauche et en avant, et son extrémité supérieure, qui donne naissance à tous les vaisseaux en communication avec son intérieur, est fixée aux parties voisines, à peu près sur la ligne médiane du corps. Dans le reste de son étendue, le cœur est complètement libre, et il est enve-

(1) od, vd, oreillette et ventricule droits; — vg, ventricule gauche; — a, artère aorte; — ac, artères carotides; — vc, veine cave inférieure; — vj, veines jugulaires ou veines du cou ; — t, trachée.

loppé par une espèce de double sac membraneux, le péricarde, dont la surface interne est partout en contact avec elle-même, parfaitement lisse et continuellement humectée par un liquide aqueux ; disposition qui sert à rendre les mouvements de cet organe plus faciles (1).

La forme générale du cœur (fig. /il) est celle d’un cône ou pyramide irrégulière et renversée; son volume est à peu près égal à celui du poing, et sa substance presque entièrement char-

Veine cave sup. Art. pulm. Aorte. Artère pulmonaire.

Veines pulmonaires.

Oreillette droite.

Valvule tricuspide.

Veine cave inférieure.

Ventricule droit.

Cloison. Aorte.

Veines pulmonaires.

Oreillette gauche.

Valvule mitrale.

Ventricule gauche.

Fig. 42. — Coupe théorique du cœur de l’Homme.

nue : c’est un muscle creux, qui, chez les oiseaux aussi bien que chez tous les mammifères, renferme quatre cavités ou chambres distinctes. En effet, une grande cloison verticale (fig. Zi2) le divise intérieurement en deux moitiés, et chacune de ces moi-

(1) Celle tunique, ainsi que le péritoino, dont il a élé déjà question, est une de celles que les anatomistes désignent sous le nom de séreuses, et la disposition de ces membranes mérite d'ôlrc remarquée : elles ont toujours la forme d une espèce o sac dont la surface interne, extrêmement lisse et constamment enduite d’une couche de liquide, est partout en contact avec elle-même; l’une des moitiés de ce sac adhère par sa surface externe aux parois de la cavité qui loge les viscères, et 1 autre inoili entoure ces viscères eux-mêmes et y adhère par sa face externe. Pour me servir d une comparaison triviale, mais qui peint parfaitement les choses, ces membranes ressemblent à un bonnet du colon qui entourerait les viscères comme ce bonnet enveloppe la tête et dont lu moitié extérieure serait fixée aux parois d’une cavité renfermant a la fois’ le bonnet et la tête. Ces membranes tendont à diminuer le frottement de ces parties entre elles, et, par conséquent, à faciliter leurs mouvements : aussi trouvc-l-on des poches analogues partout où des organes frottent continuellement ou avec force les uns contre les autres, comme aux articulations des os des membres, autour des poumons, des intestins, etc.

CIRCULATION DU SANG

liés, à son tour, est subdivisée par une cloison transversale, de façon à former deux cavités superposées, un ventricule et une oreillette (fig. /il et Zi2).

Les deux ventricules du cœur en occupent la partie inférieure et ne communiquent pas entre eux, mais s’ouvrent chacun dans l’oreillette située au-dessus, au moyen d’un grand orifice nommé auriculo-ven tricu laire . Les cavités du côté gauche contiennent le sang artériel, celles du côté droit le sang veineux. On remarque que les parois des ventricules sont douées d’une force bien plus grande que celles des oreillettes, et l’utilité de cette disposition est évidente; car les oreillettes ne doivent chasser le sang que dans les ventricules situés au-dessous, tandis que ces dernières cavités doivent l’envoyer à une distance bien plus considérable, soit aux poumons, soit aux autres parties du corps. Le ventricule gauche est aussi bien plus fort que le ventricule droit, et l’éten-due du trajet que les contractions de ces cavilés doivent faire parcourir au sang nous explique également bien la raison de cette différence; car le ventricule droit n’envoie ce liquide que dans les poumons, situés à peu de distance du cœur, tandis que le ventricule gauche le pousse jusqu’aux parties les plus éloignées du corps.

§ 93. vutsscaux Hangnins. — Les vaisseaux dans lesquels le sang circule communiquent tous avec le cœur, par l’intermédiaire d’un petit nombre de gros troncs, et se distinguent, comme nous l'avons déjà dit, en artères et en veines, suivant qu’ils sont destinés à porter le sang du cœur vers une autre partie, ou bien qu’ils rapportent ce liquide de divers organes vers le cœur.

Les artères et les veines sont formées, intérieurement, par une membrane mince et lisse qui se continue avec celle qui tapisse les cavités du cœur, et qui a de l’analogie avec celles désignées par les anatomistes sous le nom de séreuses. Dans les artères, cette tunique interne est entourée d une tunique moyenne, gaine épaisse, jaunâtre et très-élastique, qui se compose de fibres d’une nature particulière disposées circulairement; et le tout est renfermé dans une troisième tunique externe ou celluleuse, formée par du tissu cellulaire ou conjonctif, dense et serré. Dans les veines on ne trouve pas de tunique moyenne ou élastique bien développée, et la membrane interne n’est entourée que par une couche mince de libreslongiludinales, lâches et extensibles. 11 en résulte une différence très-grande dans les propriétés physiques de ces deux ordres de vaisseaux. Les veines ont des parois minces et flasques qui s’affaissent, lorsqu’elles ne sont pas distendues par le sang, et qui se cicatrisent facile-

ment lorsqu’elles oui été divisées. Les artères, au contraire, ont des parois beaucoup plus épaisses, et conservent leur calibre, lcrs même qu’elles sont vides, comme cela arrive toujours après la mort ; enfin, lorsque ces derniers vaisseaux sont ouverts, les bords de la plaie tendent à s’écarter, à raison de l’élasticité des fibres de leur tunique moyenne, et la cicatrisation ne s’effectue jamais d’une manière complète, à moins que l’on ne détermine l’oblitération de l’artère dans le point divisé : aussi, pour arrêter le sang qui s’échappe d’une veine, suffit-il de maintenir pendant quelque temps les bords de la plaie en contact, tandis que, lors de 1 ouverture d’une artère, il faut lier le vaisseau ou l’oblitérer au moyen de la compression.

§ 9Zi. Système artériel. — Les vaisseaux qui doivent transporter le sang artériel dans tous les organes naissent du ventricule gauche du cœur par un seul tronc appelé artère aorte (fig /j3).

Cette grosse artère remonte d’abord vers la base du cou, puis se recourbe en bas, passe derrière le cœur, et descend verticalement au devant de la colonne vertébrale jusqu’à la partie inférieure du ventre. Pendant ce trajet, il se sépare de l’aorte un grand nombre de branches, dont les principales sont les deux artères carotides , qui remontent sur les côtés du cou et distribuent le sang à la tête; les deux artères des membres supérieurs, qui prennent successivement les noms d 'artères sousclavières, axillaires et brachiales, suivant qu’elles passent sous la clavicule, qu’elles traversent le creux de l’aisselle, ou qu’elles descendent le long du bras; l’artère cœliaque, qui se rend à l’estomac, au foie et à la rate; les artères mésentériques, qui se ramifient dans les intestins; les artères rénales, qui pénètrent dans les reins ; et les artères iliaques, qyü terminent en quelque , sorte l’aorte, et qui portent le sang aux membres inférieurs.

§ 95. Système veineux. — Les veines, qui communiquent avec les dernières ramifications des artères par l'intermédiaire des vaisseaux capillaires, et qui reçoivent le sang après qu’il a ainsi arrosé toutes les parties du corps, suivent à peu près le I même trajet que les artères; mais elles sont plus grosses, plus nombreuses, et en général situées plus superficiellement. Lu grand nombre de ces vaisseaux marchent sous la peau, d’autres J accompagnent les artères, et, en dernier résultat, tous se réu- j nisseut pour former deux gros troncs qui s’ouvrent dans l'oreil- j lette droite du cœur, et qui ont reçu les noms de veines caves I supérieure et inférieure (fig. 42).

Les veines des intestins présentent dans leur marche une particularité remarquable : le tronc commun formé par leur réunion

CIRCULATION DU SANG

pénètre dans la substance du foie et s’y ramifie, de façon que le sang de ces organes ne retourne au cœur qu’après avoir circulé

Artère

temporale.

Artère

carotide.

Artère

aorte.

Artère

rénale.

Artere

iliaque.

Artère

fémorale.

Artère tibiale ant.

Artere

pédieuse.

l'tG. 43. — Système artériel de l'Homme.

Artère

vertébrale.

Artère

sous-clav.

Artère

axillaire.

Artère

brachiale.

Artère

cœliaque.

Artère

radiale.

Artère tibiale post.

Artère

péronière.

dans un système particulier de canaux capillaires contenus dans

le foie, cl donnant naissance à des vaisseaux qui se réunissent entre eux pour aller s’ouvrir dans la veine cave inférieure. Celle portion de l’appareil veineux est appelée système de la veine porte.

§ 96. i»eu<e circulation. — Le sang veineux, qui arrive de toutes les parties du corps, pénètre dans l’oreillet le droite du cœur par les veines caves, cl passe de cette cavité dans le ventricule situé au-dessous, pour se rendre ensuite aux poumons.

Le vaisseau destiné à conduire le sang veineux du cœur aux poumons est nommé artère pulmonaire (tig. Zi'l et Zi2); il naît de la partie supérieure et gauche du ventricule droit, remonte à côté de l’aorte, et se divise bientôt en deux branches qui s’écartent presque transversalement l'une de l’autre, et vont se ramifier dans les poumons : celle du côté droit passe derrière l’artère et la veine cave supérieure ; celle du côté gauche passe au-devant et au-dessus de la crosse de l’aorte. La première se subdivise en trois branches avant que de pénétrer dans la substance des poumons, la deuxième en deux; l’une et l’autre vont se ramifier sur les parois des cellules pulmonaires.

§ 97. Les veines pulmonaires naissent, dans la substance des poumons, des dernières divisions capillaires des artères de même nom, et se rassemblent en rameaux et en branches qui suivent le même trajet que ces vaisseaux; elles forment enfin quatre troncs, qui abandonnent deux à deux chaque poumon, et se rendent dans l’oreillette gauche du cœur, où elles versent le sang devenu artériel par son contact avec l’air dans l’intérieur de l’organe respiratoire. Enfin cette oreillette communique avec le ventricule gauche, d’où naît, .comme nous l’avons déjà vu, l’artère aorte.

Mécanisme de la circulation.

§ 98. mouvement «lu cœur. — Le mécanisme a laide duquel le sang se meut dans tous les vaisseaux est facile à comprendre. Les cavités du cœur, comme nous l’avons déjà dit, se resserrent et s’agrandissent alternativement, et poussent ainsi le sang dans les canaux avec lesquels elles sont en communication.

Les deux ventricules se contractent en même temps ; et pendant que leurs parois se relâchent ensuite, les oreillettes se contractent à leur tour. Ces mouvements de contraction portent

CIRCULATION DU SANG

le nom de systole (1), et l’on appelle diastole (2) le mouvement contraire, lisse renouvellent très-fréquemment : chez l’homme adulte, on en compte ordinairement de soixante à soixantequinze par minute; chez les vieillards, leur nombre paraît augmenter un peu; et dans les très-jeunes enfants, il s’élève, en général, à environ cent vingt. Du reste, une foule de circonstances influent sur la fréquence et la force des battements du coeur : ils sont accélérés par l’exercice, par les émotions de l’âme et par un grand nombre de maladies; dans la défaillance et la syncope, ils sont considérablement diminués ou même interrompus momentanément.

§ 99. Passage «lu sang clan* les cavités «lu cœur. — L’oreille tfe gauche, qui reçoit le sang venant des poumons, communique, comme nous l’avons vu, avec les veines pulmonaires, d’une part, et avec le ventricule gauche, de l’autre; lorsqu’elle se contracte, elle expulse de sa cavité la majeure partie du sang qui s’y trouvait, et il est évident que ce liquide doit tendre à s’échapper par ces deux voies : c’est en effet ce qui a lieu.

Mais, comme le ventricule se dilate en même temps, c’est dans son intérieur que la presque totalité du sang pénètre, et trèspeu retourne dans les veines pulmonaires.

Hienlùt après, le ventricule gauche se contracte à son tour, et chasse le sang qu’il vient de recevoir : or, il existe, autour des bords de l’ouverture qui fait communiquer le ventricule avec l’oreillette placée au-dessus, un grand repli membraneux (fig. 44, 45 et 46), disposé de manière è s’affaisser lorsqu’il est poussé de haut en bas, et à se relever et à fermer l’ouverture lorsqu’il est poussé en sens contraire (4) : il en résulte que pendant la eon-

Fig. 44. — Section du cœur (3).

(1) S'JOToXt, de ouo7£/.X<i), je resserre.

(2) De «5'ia.OTc'XXw, je dilate.

(3) Figure théorique de l’intérieur du cœur pour montrer le mécanisme du jeu des valvules: — a, oreillette recevant les veines (e, e); — b , ventricule séparé de l'oreillette par les valvules (c); — d, freins charnus de ces valvules ; — f, artère naissant du ventricule ; — g, valvules situées à l'entrée de ce vaisseau.

(i) Cette espèce de soupape a reçu le nom de valvule mitrale, a cause de la division de son bord libre en deux languettes. Le mécanisme au moyen duquel elle ferme l'ouverture auriculo-ventriculaire est très-simple : de petites cordes tendineuses, qui naissent de colonnes charnues fixées inférieurement aux parois du ventricule, s’insèrent à son bord libre et l'empêchent de se renverser dans l'oreillette, tandis qu'elles n'opposent aucun obstacle à son affaissement. (Voyez les fig. 4 4 et 4 1!).

traction du ventricule, le sang ne peut retourner dans l’oreillette, et qu’il est poussé dans l’artère aorte. Les contractions du

Fig. 45. — Section verticale du cœur (1).

(1) Cavités veineuses du cœur. — i . Intérieur du ventricule droit montrant les colonnes charnues qui en garnissent les parois. — 2. Portion do la valvule tricuspide qui, en se relevant, bouche le passage entre le ventricule et l'oreillette, et qui ne peut pas se renverser dans celte dernière cavité à cause des tendons qui s’étendent de son bord libre aux parois du ventricule placé au-dessous. — 3. Cavité de l'oreillette droite.

— 4. Colonnes charnues qui garnissent une portion des parois de cette cavité. — 5. Embouchure de la grande veine coronaire qui rapporte le sang veineux du tissu du cœur. — 0. Valvule d'Eustache située à l'embouchure de la veine cave inférieure.

— 7 et 8. Fosse ovale an fond de laquelle se trouve l’ouverture qui chez le fœtus établit une communication directe entre les oreillettes. — 9. Embouchure de la veine cave supérieure. — 40. Tronc de la veine cave inférieure. — 44. Artère aorte. — 4 2, 4 2. Veines pulmonaires.

CIRCULATION DU SANG. 79

ventricule se succédant rapidement, de nouvelles ondées de sang pénétrent à chaque instant dans ce vaisseau ; le liquide contenu dans son intérieur doit par conséquent s y mouvoir et couler du cœur vers l’e.vtrémité capillaire du système artériel

Fig. -4 C» . — Valvules du cœur (1).

car il existe aussi, ;Y l’entrée de l’artère aorte, des valvules ((2) disposées de façon s’opposer à son reflux dans le cœur.

§ 100. l’ours du sang dans les artères. — D’après la nature des mouvements dont nous venons de parler, on pourrait croire que le sang ne chemine dans les artères que par saccades, chaque fois que le ventricule gauche se contracte, et que pendant la dilatation de cette cavité, il doit rester en repos. 11 en est cependant tout autrement : si l’on ouvre un de ces vaisseaux sur un animal vivant, on voit le sang s’en échapper en formant

(1) Face supérieure du cœur dont on a enlevé les oreillettes pour montrer la dispoi silion des valvules qui garnissent les orifices auriculo-ventriculaires et l’origine des

artères. — 1. Orifice auriculo-vontriculaire droit oblitéré par la valvule tricuspide.

— 2. Anneau fibreux circonscrivant cet orifice. — 3. Orifice auriculo-vcntriculaire gauche entouré par un anneau fibreux et fermé par la valvule mitrale. — 4. Orifice conduisant du ventricule gauche dans l'artère aorte et bouché par scs trois valvules sigmoïdes.

— 5. Orifice conduisant du ventricule droit dans l'artère pulmonaire et garni de scs valvules sigmoïdes.

(2) Ces valvules (voy. la fig. 44, g, et fig. 46, 5), au nombre de trois, sont formées par les replis de la membrane interne de l'artère, et sont nommées, à cause do leur forme, valvules semi-lunaires ; leur disposition est analogue à celle des valvules des veines dont il sera question plus loin. Lorsque le sang est poussé du cœur dans l’artère, elles se relèvent et s’appliquent contre les parois de celle-ci ; mais lorsque le sang tend à rentrer dans le ventricule au moment où celui-ci cesse de se contracter, le poids du liquide les distend et les abaisse : elles ressemblent alors assez bien aux petits paniers dans lesquels on fait couver les pigeons ; et comme elles se touchent par leur bord libre, elles ferment l’artère (voy. fig. 46).

un jet continu, et qui devient plus fort au moment de la contraction du cœur, mais qui n’est pas interrompu lors du mouvement contraire. Cela dépend de l’action des parois des artères sur le cours du sang. Ces parois sont très-élastiques; lorsqu’une ondée de sang est projetée dans l’aorte par la contraction du ventricule, elles cèdent à la pression ainsi exercée, comme le ferait un ressort, mais elles tendent ensuite à revenir sur ellesmêmes et à chasser le sang qui les distendait.

Pour démontrer l’influence des parois artérielles sur le cours du sang, il suffit de mettre à nu une grosse artère sur un animal vivant, et d’en intercepter une portion entre deux ligatures serrées avec force, puis de pratiquer une petite ouverture entre les deux points ainsi oblitérés. Le sang qui s’y trouve est complètement soustrait à l’influence des mouvements du cœur, et cependant il s’échappera encore de l’artère en formant un jet très-élevé, et le vaisseau ne tardera pas à se vider par le seul effet du resserrement de ses parois. La portion de l’artère située au delà des ligatures diminue aussi de calibre, et fait passer dans les veines la majeure partie du sang qui s’y trouvait.

C’est ainsi, par l'élasticité des artères, que le mouvement intermittent imprimé au sang par les contractions du cœur se trouve transformé en un mouvement continu. Dans les grosses artères, les saccades occasionnées par ces contractions se font encore sentir; mais dans les vaisseaux capillaires, et même dans les petites branches artérielles, on ne les aperçoit presque plus, et

le sang n’y coule que par l’effet

Fig. -17. (1)

d’une double pompe foulante (fig. !\1), qui serait disposée de

de la pression exercée par les parois élastiques des artères.

§ 101. On voit donc que ies contractions du cœur servent à remplir continuellement les grosses artères, et, pour ainsi dire, à tendre le ressort représenté par les parois de ces vaisseaux, et destiné à pousser d’une manière continue ce liquide jusque dans les veines.

Ainsi les cavités gauches du cœur remplissent les fonctions

(t) a, corps ilo pompe représentant l’oreillette et recevant le liquide par le canal (c); fr, corps de pompe représentant le ventricule ■ — d, canal de communication repré-

CIRCULATION DU SANG

façon que les deux pistons alternassent dans leurs mouvements, et que le liquide chassé du premier corps de pompe (a) s’introduisît dans le second (6) sans pouvoir revenir sur scs pas, et fût lancé par cette seconde pompe dans le conduit (/) représentant le système artériel.

§ 102. Le phénomène connu sous le nom de poids n’est autre chose que le mouvement occasionné parles pressions du sang sur les parois des artères, chaque fois que le cœur se contracte.

D’après hx fréquence et la force de ces mouvements, on peut juger de la manière dont cet organe bat, et en tirer des inductions utiles pour la médecine. Mais le pouls ne se fait pas sentir partout; pour le distinguer, il faut comprimer légèrement une artère d’un certain volume entre le doigt et un plan résistant, un os, par exemple, et choisir aussi un vaisseau situé près de la peau, comme l’artère radiale au poignet (fig. /i3).

§ 103. Rien que ce soit le même agent moteur qui fasse couler le sang dans toutes les parties du système artériel, on observe cependant que ce liquide n’arrive pas à tous les organes avec la même vitesse. La distance qui les sépare du cœur est une des causes de ces différences, mais elle n’est pas la seule.

Tantôt ces vaisseaux marchent à peu près en ligne droite, tantôt ils forment des coudes plus ou moins nombreux; or, toutes les fois que la colonne de sang, mise en mouvement par la contraction du cœur, rencontre une de ces courbures, elle tend fi redresser le vaisseau, et perd ainsi une partie de la force qui la faisait moutoir, ce qui ralentit d’autant la rapidité de son cours.

On sait, d’après les lois de la physique, que, toutes choses égales d’ailleurs, la rapidité avec laquelle une quantité déterminée de liquide coule dans un système de canaux non capillaires diminue toujours lorsque la capacité de ces conduits devient plus considérable : c'est de la sorte qu’une rivière ralentit son courant quand son lit s’élargit. Or, l’observation nous apprend que la capacité totale des divers rameaux d’une branche artérielle ou des diverses branches d’un tronc est toujours supérieure à celle des vaisseaux desquels ils naissent. 11 en résulte que plus une artère se subdivise avant que de pénétrer dans la substance d un organe, plus le sang doit arriver avec lenteur dans cette partie; et, sous ce rapport, on observe dans

sentant 1 orifice auriculo-venlriculaire et garni d'un clapet dont le jeu permet le passage du liquide de a en b, mais s’o| poso à son retour ; — e, clapet situé à l’orifice opposé de la pompe b, représentant les valvules sigmoïdes de l’artère aorte, et fonctionnant comme le précédent ; — f, canal représentant l’aorte.

l’économie animale des différences très-grandes : tantôt ces vaisseaux ne se distribuent aux organes qu’après s’étre subdivisés un grand nombre de fois, et tantôt, au contraire, c’est le tronc artériel lui-méme qui s’enfonce dans l’épaisseur de la partie où il doit se ramifier.

Ces dispositions, à l’aide desquelles l’impétuosité du cours du sang est modérée dans certains points de l’appareil circulatoire, se remarquent principalement dans les artères chargées de porter ce liquide à des organes dont la structure est des plus délicates et les fonctions des plus importantes, au cerveau, par exemple.

Du reste, la nature, dans sa prévoyance éclairée, ne se borne pas à ces précautions pour assurer l’arrivée d’une quantité convenable de sang dans chacune des parties du corps. On conçoit facilement que, par la compression et par d’autres accidents, une artère peut se trouver oblitérée dans un point de sa longueur, et que, le sang ne pouvant alors arriver à l’organe où ce vaisseau se distribue, la mort de la partie en résulterait inévitablement; mais cela n’a pas lieu, car la plupart des artères ont entre elles des communications fréquentes, nommées anastomoses, au moyen desquelles ces vaisseaux peuvent recevoir du sang d’une artère voisine, lors même qu’ils ne communiquent plus directement avec le cœur.

§ 10 h. Cours au sang veineux. — Nous avons déjà vu que le sang passe des artères dans les veines en traversant les vaisseaux capillaires ; l’impulsion qui détermine la progression de ce liquide dans les premiers de ces vaisseaux est encore la cause de son mouvement dans les veines : ainsi, dans tout le trajet de la grande circulation, ce sont les contractions du ventricule gauche du cœur et le resserrement des parois artérielles qui déterminent essentiellement le cours du sang.

En effet, si l’on interrompt le passage du sang dans une artère, et que l’on ouvre la veine correspondante, ce liquide continuera à s’écouler de ce dernier vaisseau tant que l’artère, en se resserrant, n’aura pas expulsé tout le sang qui la distendait ; mais, aussitôt après, l’hémorrhagie cessera, bien que la veine soit encore remplie de sang, et la sortie du liquide recommencera dès que la circulation sera rétablie dans l’artère.

Mais il est aussi d’autres circonstances qui tendent à favoriser ce mouvement, et qui méritent d’être mentionnées. Ainsi, dans les veines des membres et de plusieurs autres parties du corps (fig. Z18, a), la membrane qui tapisse ces vaisseaux forme un grand nombre de replis ou valvules (6) qui laissent le passage libre

CIRCULATION DU SANG

lorsque le sang les pousse des extrémités vers le cœur, et le ferment, au contraire, lorsque ce liquide tend à revenir du cœur vers les extrémités. Or, cette disposition empêche par conséquent le sang de refluer vers les capillaires, et contribue aussi d’une manière active à faciliter son passage vers le cœur ; car, chaque fois que, par les mouvements des parties voisines, la veine se trouve comprimée, le sang est poussé en avant, et, lorsque la compression cesse, il ne peut plus retourner en arrière, mais est remplacé par une nouvelle quantité de liquide venant de la partie inférieure de la veine. Toute compression intermittente de ces vaisseaux contribue donc au retour du sang vers le cœur.

§ 105. La dilatation de la poitrine produite par les mouvements respiratoires, en aspirant ce liquide à la manière d’une pompe, facilite aussi l’arrivée du sang veineux dans les cavités du cœur (1).

Néanmoins le sang coule beaucoup moins vite dans les veines que dans les artères, et la nature a multiplié les moyens propres à empêcher que l’obstruction d’un de ces vaisseaux n’arrêtât le retour de ce liquide vers le cœur. Effectivement, il existe en général plusieurs veines destinées à remplir les mêmes fonctions, et ces vaisseaux communiquent entre eux par des anastomoses nombreuses.

§ 106. Le passage du sang à travers les cavités du côté droit du cœur se fait de la même manière que de l’oreillette gauche dans le ventricule du même côté.

Lorsque l’oreillette droite se relâche, le sang y afflue des deux veines caves, et lorsque cette cavité se contracte ensuite, la majeure partie de ce liquide passe dans le ventricule, car il

(t) Les mouvements d'expiration suspendent au contraire, d’uno manière momentanée, le cours du sang dans les grosses veines, et l’accélèrent dans les artères qui partent du cœur, et se trouvent alors comprimées.

C’est à ces deux phénomènes quo l’on doit attribuer le gonflement des veines (surtout celles de la tète, au cou) qui a lieu pendant une forte expiration. Dans l’intérieur du crâne, ce gonflement est si marqué, qu’à chaque mouvement respiratoire, les vaisseaux situés sous la base du cerveau soulèvent ce viscère et y produisent une espèce de pulsation. r

existe sur le bord de l’ouverture de ces vaisseaux une valvule destinée à s opposer au reflux du sang dans la veine cave inférieure (fig. 44), et, par l’effet de la pesanteur, ce liquide doit nécessairement tendre à tomber dans la cavité ventriculaire plutôt que de remonter dans la Veine cave supérieure.

L ouverture par laquelle le ventricule droit communique avec 1 oreillette (fig. 45) est garnie d’une soupape (1) comme celle du ventricule gauche, et, par ses contractions, cette cavité pousse le sang dans l’artère pulmonaire, en soulevant d’autres valvules qui entourent l’entrée de ce vaisseau (fig. 46, 5), et qui empêchent le liquide contenu dans son intérieur de rentrer dans le cœur.

Rufin le sang passe des artères pulmonaires dans les veines de même nom, en traversant les vaisseaux capillaires des poumons, et rentre dans l’oreillette gauche de la même manière qu’il se meut dans les canaux de la grande circulation.

Cours du sang chez les divers animaux.

§ 107. Mammifères et oiseaux. — La circulation du sang se fait de la même manière chez l’homme, chez tous les autres mammifères et chez lesoiseaux. Dans tous ces animaux (fig. 49) le cœur se compose de deux moitiés parfaitement distinctes et divisées chacune en deux cavités : une oreillette et un ventricule. Le sang artériel remplit les cavités gauches du cœur et passe du ventricule dans l ’aorte et ses dépendances ; ce système d’artères le conduit dans toutes les parties du corps, où il traverse les vaisseaux capillaires et se transforme en sang veineux. Les veines de la grande circulation reçoivent alors ce liquide et le conduisent dans l’oreillette droite du cœur. Celte cavité verse ensuite le sang dans le ventricule droit, et ce ventricule le pousse dans l’artère pulmonaire. Le sang veineux arrive de la sorte aux poumons, et, en traversant les vaisseaux capillaires par lesquels les artères pulmonaires se terminent, il subit le contact de l’air et redevient sang artériel. Enfin le sang ainsi vivifié passe dans les veines pulmonaires, qui le versent dans l’oreillette gauche du cœur, et cette oreillette le pousse ensuite dans le ventricule gauche, d’où il sort de nouveau pour recommencer le trajet que nous venons d’indiquer.

Ou voit donc que, chez les mammifères et les oiseaux, le sang,

(1) On la nomme valvule tricuspide, parce qu'elle est divisée en trois portions triangulaires ; sa disposition est analogue a celle de la valvule mitrale (voyez p. i9).

CIRCULATION DU SANG

en parcourant le cercle circulatoire, passe deux fois dans le cœur et traverse deux systèmes de vaisseaux capillaires, servant, 1 un à la nutrition du corps, l’autre à la respiration : c’est ce que l’on exprime, en disant que, chez ces animaux, la circulation est double. Il est aussi à remarquer que, dans ces deux classes d’animaux, la circulation est complète, c’est-à-dire que la totalité du sang veineux est conduite à l’appareil respiratoire et transformée en sang artériel, avant que de retourner aux organes qu il est destiné à nourrir.

Avant la naissance, lorsque l’air ne distend pas encore les poumons, la circulation ne se fait pas de la mémo manière que pendant tout le reste de la vie. Il existe alors une ouverture qui fait communiquer l’oreillette droite avec l’oreillette gauche, et un ou plusieurs vaisseaux se rendent directement du ventricule droit à l’artère aorte, de façon que le sang venant des diverses parties du corps peut parvenir dans cette artère sans traverser le système pulmonaire. Mais, lorsque le jeune animal commence à respirer, ces communications entre les systèmes veineux et artériel ne tardent pas à s’oblitérer , et la circulation se fait de la manière indiquée ci-dessus.

§ 108. itcptiica. — Dans la classe des reptiles, la circulation n’est pas complète comme chez les mammifères et les oiseaux ; une portion plus ou moins considérable de sang veineux se mêle au sang artériel avant que de se rendre aux poumons, et par conséquent le liquide nourricier qui traverse les organes n’est qu’imparfaitement révivifié. En général, ce mélange s’effectue dans le cœur, cet organe n’étant pourvu que. de trois cavités, savoir : deux oreillettes et un seul ventricule (fig. 50); le sang veineux venant des diverses parties du corps est versé par l’oreillette droite dans le ventricule unique, qui reçoit aussi le sang artériel venant des poumons et contenu dans l’oreillette gauche; une portion de ce mélange de sang artériel et de sang veineux retourne ensuite aux poumons, et le reste se rend, par les artères, aux organes qu’il est destiné à nourrir. Cette conformation de l’appareil circulatoire rappelle un peu ce qui existe chez les mammifères et les oiseaux avant la naissance, lorsque les deux moitiés du cœur communiquent entre elles.

Quant au trajet des vaisseaux sanguins, il ne diffère aussi que peu de ce que nous avons vu chez les mammifères. Il est seulement à noter qu’il part du cœur deux aortes, qui, après avoir fourni chacune une crosse dirigée l’une à gauche, comme chez les mammifères, et l’autre à droite, se réunissent pour constituer un tronc unique (fig. 53).

Petite circulation.

Veines

pulm.

Oreil-

lette

gauche.

Veines

caves.

Ventricule J roit.

; Artère pulm.

Oreil-

lette

droite.

Cœur.

Altère

aorte

Ven-

tricule

gauche.

Grande circulation.

Fig. 49. — Mammifères et Oiseaux.

Petite circulation.

Veines

caves.

Grande circulation.

FlG. 50. — Reptiles.

Cœur.

Artère

aorte.

Ven-

tricule

unique.

Grande circulation.

Petite circulation.

Ventricule.

Oreil-

lette. \

Artere

‘ dorsale

Cœur.

Veiues.

Petite circulation.

Grande circulation.

Canaux brandi iocardia ques.

-«Coeur.

Artères,

F10. 51 . — Poissons.

Fig. 52. — Crustacés.

Figures IhéBriques de la circulation che% les différents animaux (t).

(1) Dans toutes ces figures, les parties ombrées indique.it les cavités où se trouve

CIRCULATION DU SANG

Chez quelques reptiles, les crocodiles par exemple, la circula-

ire. 53. — Appareil circulatoire d'un Lézard.

el • *,:rUX ’ .6t *eS Parl'es dessinées au trait, celles qui contiennent le sanu art

rection Ju ^ un,cercle Ponclué- Enfin, 'es flèche, indiquent

ant sanguin, qui est la même dans toutes ces figures.

Artère [limonaire r'eine cave nférieure.

Foie et ‘ine porte.

Reins. — Aorte

ventrale. —

Veine porte.

Intestins.

Artère carotide.

Crosses de l’aorte.

Oreillette gauche.

eines caves ipérieiires.

Aorte

ventrale.

Poumons.

Artère pulmon.

Estomac.

Crosses le l’aorte.

Oreillette

droite.

. Ventric. du cœur.

Veine pulmonaire Artère brachiale.

lion se fait d’une manière un peu différente, comme nous le verrons en traitant spécialement de ces animaux,

§ 109. Poissons. — Chez les poissons, l’appareil circulatoire se simplifie davantage. Le cœur ne présente que deux des ca-

Fig. 54. — Appareil circulatoire d’un Poisson.

vilés dont nous venons de parler (1), une oreillette et un ver

0) Chez ces animaux, de même que chez les batraciens, il existe en outre ui petite cavité contractile nommée bulbe, à l’entrée du système artériel.

CIRCULATION DU SANG

tricule, et ne reçoit que du sang veineux (fig. 51); par ses fonctions, il correspond par conséquent à la moitié droite du cœur des animaux supérieurs. Le sang qui en part se rend à 1 appareil respiratoire, et, après avoir subi 1 influence vivifiante de l’air, passe directement dans les vaisseaux artériels destines a le transporter dans toutes les parties du corps ; enfin ce liquide, après avoir servi à la nutrition des organes, revient par les veines dans l’oreillette du cœur, qui le verse dans le ventricule, d où il sort pour retourner de nouveau à l’appareil respiratoire (fig. 5Zi}.

On voit donc que, chez les poissons, le sang, en parcourant le cercle circulatoire, ne traverse qu’une seule fois le cœur, et cela à l’état veineux. Mais la circulation est encore complète; car toute la masse du sang veineux passe dans l’appareil respiratoire, et se transforme en sang artériel avant de retourner aux organes (fig. 51, p. 86).

§ 110. Mollusque*. — Chez la plupart des mollusques, la I circulation se fait à peu près comme chez les poisson®, avec

Fig. 55. — Appareil circulatoire d’un Mollusque (t).

celle dilFérence cependant, que le cœur est aortique au lieu d être pulmonaire, c’est-à-dire se trouve sur le trajet du sang qui

(I) Anatomie du colimaçon : — a, la bouche ; — bb, le pied ; — c, l’anus ;

dd, poumon; e, estomac, recouvert en dessus par les glandes salivaires; — ff, intestin ; g, fuie ; — h, cœur ; — i, artère aorlc ; — j, artère gastrique ; — l, artère lopatiquo ; — fc, artère du pied ; — mm, cavité abdominale remplissant les fonctions un sinus veineux ; — « », canal irrégulier en communication avec la cavité abdominale

'.P“Ianl lcsaneai1 poumon ; - oo, vaisseau qui porte le sang artériel du poumon «ui cœur. *

se rend de l’appareil respiratoire aux diverses parties du corps, et que le système veineux est plus ou moins incomplet. Le Cœur de ces animaux se compose ordinairement d’un ventricule (fîg. 55, k), d’où naissent les artères (i), et d’une ou de deux oreillettes en communication avec les vaisseaux (o) qui y apportent le sang artériel de l’appareil respiratoire ( d ), auquel ce liquide arrive directement par des canaux veineux plus ou moins complets (n). C’est le cas pour les limaçons, les huîtres et tous les autres moll usques de la classe des gastéropodes et de la classe des acéphales; mais quelquefois il n’existe pas d’oreillettes, et l’on trouve des espèces de cœurs veineux tout à fait distincts du ventricule aortique et situés à la base des organes de la respiration : c’est le cas des poulpes, des seiches et des autres céphalopodes. Quoi qu’il en soit, chez tous ces animaux, le sang artériel traverse le cœur, puis se rend dans toutes les parties du corps, et se dirige ensuite vers l’appareil de la respiration. Mais, dans cette dernière partie de son trajet, le fluide nourricier n’est pas toujours renfermé dans des vaisseaux proprement dits. Quelquefois les veines manquent complètement, et ce sont les lacunes ou espaces compris entre les divers organes qui en tiennent lieu; d’autres fois il existe des veines dans quelques parties du corps, tandis qu’ailleurs les canaux veineux sont dépourvus de parois propres, et ne consistent que dans les lacunes interorganiques ou les grandes cavités du corps, la cavité abdominale par exemple ( fn , fig. 55). Enfin le sang, après avoir subi l'influence de l’air, retourne de nouveau au cœur pour recommencer le même trajet.

§ 111. Crustacés. — Dans les écrevisses, les crabes et les autres animaux de la classe des crustacés, le sang suit la même

(4) a, le cœur ; — b, l’artère oph thaï inique ; — c, l’artère anlennaire; d, 1 artère hépatique; — e, l artère abdominale supérieure; — f, l’artère sternale; — gg, sinus

CIRCULATION DU SANG

inarche que chez les mollusques; seulement le cœur, destiné <j le distribuer dans toutes les parties du corps, ne se compose !i ue d'un ventricule (fig. 52), et les veines sont partout remplacées pas des cavités irrégulières qui n’aflectent pas la forme des

i aisseaux, et qui constituent, dans le voisinage des branchies, I es espèces de réservoirs nommés sinus veineux (fig. 56). Le sang

ii eineux baigne ainsi tous les organes; mais le fluide nourricier S st de nouveau renfermé dans des tubes lorsqu’il se rend des franchies vers le cœur. La circulation est par conséquent scmi-

(asculaire et semi-laeuneuse.

§ 112. iiiModcM. — Dans les insectes, le sang n’est plus infermé dans un système de vaisseaux particuliers; il n’existe ii artères ni \eines, et le fluide nourricier est répandu dans les

l'iG. 57. — Circulation dans les Insectes (1).

TPTT qm ex.ist®nl,entre les divers organes; mais cependant il est encore animé d un mouvement circulatoire, et l’aeent

èrr al^i,6116 Ch'C,Ula,ti0n V3gUe G1 i-omplète êsfun S

lubedtgest fffie w n gnC média"C du corPs> ail-dessus oe aigestil (fig. 57). Nous verrons plus tard quelle est la route

veineux

branchio- cardiaques, i. ' '»). d ou .1 retourne au cœur par les vaisseaux

le sang se dir^rd'rrr'èrreVavanr110" b™ ?°Ur!"ltS : ~ ïaissM“ dorsal dans lequel f ntre e“ dvanl i ~ b, principaux courants latéraux.

suivie par le sang dans l’organisme de ces animaux à appareil circulatoire lacunaire.

§ 113. vers, — Chez les vers de la classe des annélides (tels • que la sangsue et le lombric terrestre), il existe au contraire un appareil vasculaire complet ; mais, en général, il n’y a pas de cœur proprement dit, et le liquide nourricier n’est mis en mouvement que par les contractions des principaux vaisseaux. Aussi le cours du sang est-il bien moins régulier que chez les divers animaux dont nous venons de parler, et souvent la direction du courant n’est -pas constante.

§ 1 1 Zj. zoophytes. — Enfin, il existe aussi une espèce de circulation encore plus imparfaite chez divers zoophytes, tels que certains polypes, où le liquide nourricier, répandu dans la grande cavité dont le corps de ces animaux est creusé, s’y meut ' avec assez de rapidité, sous l’influence de petits filaments appe- lés cils vibratiles, qui garnissent les parois de cette cavité, et qui frappent le liquide comme le feraient des rames ou palettes Celte cavité, qui remplit en même temps les fonctions d’un estomac, est quelquefois simple, mais d’autres fois elle se continue jusque dans les parties les plus éloignées du corps, sous la forme de canaux ramifiés.

§ 115. Telles sont les principales modifications que l’on remarque dans la manière dont s’effectue la circulation du fluide nourricier chez les divers animaux. Étudions maintenant les phénomènes qui s’accomplissent pendant qu'il parcourt ainsi le système vasculaire.

DE LA RESPIRATION

§ 116. Nous avons vu que le sang artériel, par son action sur les tissus vivants, perd les qualités qui le rendaient propre à l’entretien de la vie, et qu’après avoir été modifié de la sorte, ce liquide reprend, au contact de l’air, ses propriétés premières : ce contact est donc nécessaire à l’existence des êtres vivants. Et ! en elfet, si l’on place un animal sous la cloche d’une machine pneumatique dans laquelle on faille vide, ou bien qu on le. prive d’air par tout autre moyen, il survient un trouble trèsgrand dans les diverses fonctions ; bientôt après, l’action de tousles organes s’interrompt, la vie cesse de se manifester, et l’animal tombe dans un état d 'asphyxie ou de mort apparente; enfin la vie s’éteint complètement ei ne peut plus être rappelée.

Ce phénomène est l’un des plus généraux de la nature organique : l’influence de l’air est indispensable tous les animaux,

DE LA UESl’l NATION.

ommc elle l’est à tous les végétaux; et, lorsqu’un être vivant n est privé pendant un certain temps, il meurt toujours. Partout ù il y a vie, l’air paraît être nécessaire.

Au premier abord, on pourrait croire que les animaux qui • ivent toujours au fond de l’eau, comme les poissons, sontsousraits à l’influence de l’air, et font, par conséquent, exception à a loi dont nous venons de parler; mais il n’en est pas ainsi, car e liquide dans lequel ils sont plongés absorbe et tient en dissoution une certaine quantité d’air qu’ils peuvent facilement iéparer, et qui suffit pour l’entretien de leur vie; il leur est mpossible d’exister dans de l’eau purgée d’air, et on les voit s’y ispbyxier et y mourir, comme périraient des mammifères ou lesoiseaux que l’on soustrairait à l’action de l’air atmosphérique >ous sa forme ordinaire.

Les rapports de l’air avec les êtres organiques forment une les parties les plus importantes de leur histoire physiologique, et la série des phénomènes qui en résultent constitue l’acte de

la RESPIRATION.

§ 117. L’air, disons-nous, est nécessaire à la vie de tous les animaux; mais ce fluide n’est pas un corps homogène; la chimie y a démontré l’existence de principes très-différents, et qui, par conséquent, peuvent ne pas jouer le même rôle dans le phénomène delà respiration. En effet, outre la vapeur d’eau dont l'atmosphère est toujours plus ou moins chargée, l’air fournit, par l’analyse, environ 21 centièmes d 'oxygène et 79 centièmes à azote, ainsi que des traces d e gaz acide carbonique.]. a première question qui se présentcà l’esprit, lorsqu’on aborde l’étude de la respiration, est donc de savoir si ces gaz différents agissent de la même manière sur les animaux, ou bien si c’est à l’un d’eux qu’appartient plus spécialement la propriété d’entretenir la vie.

Pour la résoudre, il suffit d’un petit nombre d’expériences. Si l'on place un animal vivant dans un vase rempli d’air, et que l’on intercepte toute communication de ce fluide avec l’atmosphère, on voit qu’au bout d’un temps plus ou moins long, cet animal s’v asphyxie ei périt; l’air qui l’entoure a donc perdu la faculté d’entretenir la vie, et, si l’on en fait alors l’analyse chimique, on s’aperçoit qu’il a perdu en même temps la majeure partie de son oxygène. Si l’on place ensuite un autre animal dans un vase rempli de gaz azote, on le voit périr promptement; tandis que si l’on enferme un troisième animal dans de l’oxygène, il y respire avec plus d’activité que dans l’air, et ne présente aucun symptôme d’asphyxie.

Il est donc évident que c’est à la présence de l’oxygène que l’air atmosphérique doit ses propriétés vivifiantes .

La découverte de ce fait important ne date que de la fin du siècle dernier (1777), et elle est due à l’un des chimistes français les plus célèbres, Lavoisier, qui, malgré ses titres nombreux à la reconnaissance publique, périt sur l’échafaud, victime de la tourmente révolutionnaire.

§ 118. lJar l’acte de la respiration, disons-nous, tous les animaux enlèvent à l’air qui les entoure une certaine quantité d’oxygène; mais les changements qu’ils déterminent ainsi dans la composition de ce fluide ne se bornent pas ht : l’oxygène qui disparaît est remplapé par un gaz nouveau, de l’acide carbonique, qui, loin d’étre, comme le premier, propre à l’entretien de la vie, fait périr les animaux qui le respirent en quantité un peu considérable. La production de celte substance est un acte non moins général parmi les animaux que l’absorption de l'oxygène ; et c’est dans ces deux phénomènes que consiste essentiellement le travail respiratoire.

§ 119. Quant à l’azote de l’air respiré, son volume ne change que peu; et l’usage principal de ce gaz paraît être d’affaiblir l’action de l’oxygène, qui, à l’état de pureté, excite trop fortement les animaux.

On a remarqué, cependant, que, dans quelques cas, une partie de l’azote de l’air disparaît pendant la respiration, et que d’autres fois son volume augmente. Il paraît même que les animaux en absorbent et en exhalent continuellement, comme ils exhalent et absorbent les liquides renfermés dans la cavité du péricarde, du péritoine, etc., et que les variations que nous venons de signaler dépendent de ce que ces deux fonctions opposées se font en général équilibre, de manière que leur résultat n’est pas apparent, mais que l’absorption de l’azote est quelquefois plus active que son exhalation, tandis que d’autres fois la quantité de ce gaz exhalée excède celle qui est absorbée: d’où résulte tantôt une diminution, tantôt une augmentation dans son volume, lorsqu’on le compare avant et après qu’il a servi la respiration.

§ 120. Enfin, il s’échappe aussi du corps, avec les produits de la respiration, une quantité plus ou moins considérable de vapeur d’eau ; cette exhalation, qui a reçu le nom de transpiration pulmonaire , est même un des phénomènes les plus apparents de la respiration, lorsque, par l’action réfrigérante de. l'air ambiant, ces vapeurs se condensent à la sortie du corps et forment un nuage plus ou moins épais.

DE LA RESPIRATION

§ 121. Pendant que l’air respiré éprouve les changements que ious venons d’indiquer, le sang qui parcourt les membranes en ontact avec ce fluide éprouve également des modifications imiortantes; il redevient propre à entretenir la vie, et passe du ouge noirâtre à un rouge vit et éclatant. Pour bien obserxerce ait, on n’a qu’a ouvrir une artère sur un animal vivant, et à omprimer en môme temps son cou, de façon à empêcher l’air le pénétrer dans ses poumons ; le sang qui s’écoulera de l artère era d’abord d’un rouge vif, mais ne tardera pas à prendre une ouleur sombre et à-devenir du sang veineux. Si alors on permet [e nouveau l’accès de l’air dans les poumons, on voit ce liquide Langer encore de couleur et reprendre la teinte propre au sang irtériel.

§ 122. Théorie de la respiration. — Tels sont les principaux ihénomènes de la respiration des animaux. Cherchons maintelant à nous en rendre compte, à en trouver l’explication.

Et d’abord que devient l’oxygène qui disparait, et quelle est origine de l’acide carbonique produit pendant l’exercice de ette fonction?

Lorsqu’on fait brûler du charbon dans un vase rempli d’air, n voit que l’oxygène disparaît et est remplacé par un volume gai de gaz acide carbonique ; il se fait en même temps un dégaement considérable de chaleur. Or, pendant la respiration, les nêmes phénomènes ont lieu, et l’on observe toujours un rapport remarquable entre la quantité d’oxygène employée par l’admal et celle de l’acide carbonique qu’il produit ; dans les cironstances ordinaires, le volume de ce dernier n’est que de peu tu-dessous de celui du premier, et les animaux, comme nous le errons par la suite, dégagent tous plus ou moins de chaleur.

Il existe donc la plus grande analogie entre les principaux phéîomènes de la respiration et ceux de la combustion du charbon, ;t cette parité dans les résultats a fait penser que la cause des ms et des autres devait être la même. On a donc supposé que oxygène de l’air inspiré se combinait dans l’intérieur de l’or- ;ane de la respiration avec du carbone provenant du sang, et [ue, de cette espèce de combustion, naissait l’acide carbonique [ont l’expulsion est en quelque sorte le complément de l’acte espiratoire.

Mais cette théorie, proposée par le célèbre Lavoisier, et adopée jusqu’en ces dernières années par la plupart des physiologies» ne s’accorde pas complètement avec les résultats de l’ex- )érience, et, par conséquent, doit être modifiée ; car on sait mjourd hui que la consommation de l’oxygène par la respiration

n’esl pas liée immédiatement à la production de l’acide carbonique ; ce dernier gaz exisle tout formé dans le sang veineux, et vient simplement s’exhaler à la surface de l’organe respiratoire pendant que l’oxygène de l’air, absorbé par cette même surface/ vase dissoudre dans le liquide nourricier et donne à celui-ci le; qualités caractéristiques du sang artériel.

§ 123. Pour prouver que l’acide carbonique n’est pas le produit de la combinaison directe de l’oxygène inspiré avec le car-i bone du sang qui traverse l’organe respiratoire, il suffit d’une expérience très-simple, faite, il y a quelques années, par William Edwards. Placez dans un. vase rempli d’azoie, ou de quelque autre gaz qui ne contient pas d'oxygène, un animal susceptible de résister pendant assez longtemps à l’aspbyxie, une grenouille par exemple ; puis faites l’analyse du gaz : vous trouverez que l’animal, ainsi privé d’oxygène, aura continué néanmoins à donner de l’acide carbonique comme s’il avait respiré dans l’air; Or, dans ce cas, il est impossible d’attribuer la formation de l’acide carbonique à une combustion directe qui aurait lieu dans le poumon, car celle combustion aurait nécessairement cessé aussitôt que l’air respiré ne contenait plus d’oxygène; le dégagement de l’acide carbonique se continuant, il faut que ce gaz existe déjà tout formé dans le corps de l’animal et soit simplement exhalé par l’organe respiratoire.

§ 12 L\. En effet, c’est le sang qui est la source de l’acide carbonique dégagé pendant l’acte de la respiration, et l’on a constaté récemment qu’il existe toujours, en dissolution dans le liquide nourricier, une certaine quantité de ce gaz, ainsi qu’uu peu d’oxygène et d’azote. Les recherches d’un chimiste de Berlin, M. Magnus, ont fait voir aussi que le sang possède la propriété de dissoudre une certaine quantité de tous le gaz avec lesquels il se trouve en contact; mais que toutes les fois que ce liquide, étant déjà chargé d’un gaz, vient à en absorber un autre, il ne le fait qu’en abandonnant une certaine quantité du premier, lequel semble céder la place au second. Ainsi, lorsqu'on agite du sang veineux avec de l’hydrogène, une portion de ce gaz est dissoute, et une certaine quantité de l’acide carbonique déjà existant dans le liquide est dégagée (1). Lorsque, au lieu de se servir d’hydrogène, comme dans l’expérience précédente, on emploie de l’oxygène, ou obtient un résultat analogue : le sang veineux dissout une certaine quantité de ce gaz, abandonne une

(1) Ce dégagement est une conséquence de la diflusibilUé des gaz. (Voyez mes Leçons sur la physiologie cl l'anatomie comparée de l'homme et des animaux, t. 1, p. 4-50 cl suivantes.)

DE LA RESPIRATION

quantité à peu prés équivalente de son acide carbonique, et, par l'effet de cette substitution, change de teinte, passe du rouge sombre au rougevermeil,etdevientscmblable à du sangartériel.

§ 125. On voit que, dans celte expérience, tous les principaux phénomènes de la respiration se reproduisent indépendamment îe l’influence de la vie et par le seul effet de la propriété que possède le sang de dissoudre alternativement les divers gaz avec lesquels il est en contact. Il est donc à présumer que les choses se passent de la même manière dans l’intérieur du corps des animaux vivants, et que la respiration ne consiste que dans l’absorption de l’oxygène et des autres matières que l’atmosphère peut nous fournir, absorption qui détermine à son tour le dégagement et l’exhalation de 1 acide carbonique et des autres gaz dont le sang se trouve préalablement chargé.

Nous savons, d’ailleurs, que l’interposition d’une membrane analogue à celle qui forme les parois des vaisseaux respiratoires dans lesquels le sang circule n’est pas un obstacle au passage des gaz: si l’on place du sang veineux dans une vessie bien ternée, et qu’on expose celle-ci à l’action de l’oxygène, on observera les mêmes phénomènes que si l’on mettait ces deux fluides en contact immédiat : l’oxygène se dissoudra en partie dans le san'g, et sera remplacé par 1 acide carbonique qui se dégagera de ce liquide, dont la couleur passera en même temps du rouge srun au rouge vermeil. Nous avons déjà vu que les organes 'espiratoires sont conformés de la manière la plus favorable à absorption, et Ion sait par des expériences nombreuses que outes les substances volatiles introduites dans le torrent de la circulation sont, de même que l’acide carbonique, expulsées peu i peu du corps par l’exhalation dont ces organes sont le siège.

§ 126. D’après cet ensemble de faits, on peut se former une idée nette de ce qui se passe dans 1 acte de la respiration.

Le sang veineux qui arrive de toutes les parties du corps lient en dissolution de l’acide carbonique en quantité assez onsidérable, un peu d azote et quelques traces d’oxygène, dais il n'est pas saturé de ce dernier gaz, et en traversant l’appa- ■cil respiratoire, ou il se trouve en contact presque direct avec air, il en rencontre des quantités considérables. Il en dissout lonc, et en même temps une portion de l’acide carbonique ^ont il est chargé, obéissant à la loi de la diffusion des gaz, se iegage pour se répandre dans l’air (1). Si le sang ne tient en

muk wlneux^nnnim! ,lc •7tCrq,,C la ‘,uan,i,d a’acidc carbonique conlenuc dans le 8 • . q loique médiocre, suflit pour rendre compte de toute la quantité de

dissolution que très-peu d’azote, il peut en absorber aussi; mais, le plus ordinairement, il en abandonne un peu. Enfin, l’air inspiré n’étant pas saturé d’humidité, il y a aussi dégagement d’une certaine quantité de vapeur d’eau; il s’effectue de la sorte des échanges entre le sang et l’air.

En résumé, la respiration consiste donc essentiellement en un phénomène d’absorption et d’exhalation, par suite duquel le sang venant en contact avec l’air atmosphérique, se débarrasse de son acide carbonique et se charge d'oxygène.

Or, le sang qui est très-chargé d’acide carbonique offre tous les caractères du sang veineux, et celui qui est chargé d’oxygène libre est vermeil et constitue le sang artériel.

Ainsi l’échange respiratoire a pour effet, d’une part la transformation du sang veineux en sang artériel, d’autre part l’alté- ; ration de l’air qui se trouve appauvri en oxygène et chargé ; d’acide carbonique, modification qui le rend inapte à servir, ' comme auparavant, soit à la respiration des animaux, soit à l’entretien de la combustion ordinaire.

Quant à la source de l’acide carbonique contenu dans le sang et exhalé de la sorte par le travail respiratoire, il y a lieu de \ croire que ce gaz se forme à la fois dans toutes les .parties du corps, et résulte delà combinaison de l’oxygène absorbé avec du carbone provenant des matières organiques contenues dans le fluide nourricier ou enlevées aux tissus vivants. Le phénomène essentiel de la respiration n’est donc autre chose qu’une sorte de combustion s'opérant dans laprofondeur de l’organisme, et les échanges qui s’effectuent entre le sang et l’atmosphère par la surface respiratoire ne sont que les préliminaires et les conséquences de ce travail.

§ 127. Activité «le la respiration. — Nous avons vu que la | respiration est indispensable à l’entretien de la vie de tous les êtres animés, mais le degré d’activité de cette fonction varie beaucoup dans les différents animaux.

Les oiseaux sont, de tous ces êtres, ceux dont la respiration est la plus active : dans un temps donné, ils consomment plus d’air que tous les autres animaux, et ils succombent aussi à l’asphyxie avec plus de rapidité.

ce gaz dégagée pendant la respiration. Ainsi, cticz l'homme, ce liquide contient au moins 1/5” do son volume ; et comme la quantité de sang qui traverse les poumons en une minute peut être évaluée à environ 5 litres, il doit y passer pendint ce même espace de temps environ t litre do gaz acide carbonique : or, la quantité de ce gaz dégagée par la respiration pondant ce même laps de temps ne dépasserait pas, même d’après l'évaluation la plus élevée, 535 centimètres cubes, ou un peu plus d’un demi-litre.

DE LA RESPIRATION

Les mammifères ont également une respiration très-active, et ’on a fait un grand nombre d’expériences pour apprécier la quantité d’oxygène que l’un d’eux, l’homme, emploie de la iorte dans un temps donné. Cette quantité varie suivant les iniividus, les figes et diverses autres circonstances ;mais, d’après es recherches les plus récentes, elle paraît être, terme moyen, d’environ 550 litres ou décimètres cubes par jour. Or, l’oxygène 11e forme que les 21 centièmes (en volume) de l’air atmosphérique ; il s’ensuit donc que l’homme consomme, pendant cet espace de temps, au moins 2750 litres ou décimètres cubes de ce dernier fluide (1).

Les animaux des classes inférieures ont, en général, une respiration bien plus bornée, surtout ceux qui vivent dans l’eau.

Mais néanmoins, si l’on réfléchit à la consommation énorme d’oxvgène que tous ces êtres doivent faire chaque jour, on voit que l’atmosphère en serait dépouillée à la longue, et que tous les animaux périraient asphyxiés, si la nature n’employait des moyens puissants pour renouveler sans cesse la quantité de ce gaz répandu autour de la surface du globe.

C est en eflet ce qui a lieu ; et une chose digne de remarque, c’est que ce moyen est précisément un phénomène de môme ordre que celui dont il est destiné à contre-balancer les effets : c'est la respiration des plantes.

Les végétaux absorbent l’acide carbonique répandu dans l’atnosphère,' et, sous l’influence de la lumière solaire, ils en exilaient le carbone et mettent l’oxygène à nu. Ainsi c’est le règne végétal qui donne aux animaux l’oxygène qui leur est nécessaire, et (, est la respiration des animaux qui fournit sans cesse aux végétaux 1 acide carbonique indispensable à leur accroissement.

On voit donc que c est en grande partie du rapport qui existe entre les animaux et les végétaux que dépend la nature de l’atmosphère, et qu’à son tour c’est la composition de l’air qui doit régler en quelque sorte le nombre relatif de ces êtres (2).

(t| 0n sc tromperait grossièrement si, d'après ces calculs, on supposait que la luanlile d air indiquée ci-dessus pourrait suffire à l’entretien de la respiration d'un .oiiime pendant vingt-quatre heures; car nous ne pouvons pas utiliser tout l'oxygène .on cnu dans 1 air qui entre dans nos poumons, et dès que l’atmosphère qui nous entoure onhent une certaine proportion d'acide carbonique, nous ne pouvons y vivre Un liomme fait passer dans scs poumons 7 à 8 mètres cubes d'air par jour, et, pour respirer \ins"i 7 T un leu rcnferme' 11 a bes°i" d’une quantité beaucoup plus considérable 7,! 1 o?"8 C8| Sa Cf d° .^.eclaclc cl (lans les aub es lieux où des hommes se trouvent d'air par heure " re’ P°Ur ChaC"n d’eux h'squ’è 0 ou même 1 0 mètres cubes

vivent rtlïeloù ^‘TV8"8 "ri,le8’ °Ù U" «rand "embre d'hommes

existe tres-peu de plantes, 1 atmosphère doit être moins riche en

§ 128. Il existe toujours un rapport remarquable entre la quantité d air consommée par chaque animal dans un temps déterminé et la vivacité de ses mouvements. Les animaux dont les mouvements sont lents et rares ont, toutes choses égales d’ailleurs, une respiration bien moins étendue que ceux qui se meuvent avec rapidité et ne restent que peu de temps en repos. Les grenouilles ou les crapauds, par exemple, consomment moins d’air que certains papillons, bien que leur corps soit d’un volume bien plus considérable que celui de ces insectes; mais ces reptiles ne se meuvent que peu et lentement, tandis que les papillons exécutent sans cesse les mouvements les plus vifs.

§ 129. L’activité de la respiration varie aussi chez le même animal, suivant les circonstances où il est placé ; et l’on peut établir, en thèse générale, que tout ce qui tend à diminuer l’énergie du mouvement vital détermine une diminution, soit dans l’absorplion.de l oxygènc, soit dans la proportion relative de l’acide carbonique exhalé, tandis que, d’un autre côté, tout ce qui augmente la force de l’animal produit un changement correspondant dans l’étendue de la respiration.

Ainsi, chez les jeunes animaux, ce travail est moins actif que chez ces mêmes êtres à l’âge adulte. Pendant le sommeil, l’étendue de la respiration est également diminuée. La fatigue, l'abstinence, l’abus des liqueurs spiritueuses, produisent le même effet. Un exercice modéré et l’alimentation activent au contraire cette fonction.

Jusqu’ici nous nous sommes occupé seulement des phénomènes de la respiration, considérés en eux-mêmes, et sans avoir égard aux organes qui en sont le siège. Voyons maintenant quels sont les instruments destinés à cette fonction importante, el voyons aussi comment ils sont modifiés dans les divers animaux.

Appareil de la respiration.

§ 130. Dans les animaux dont l’organisation est la plus simple, la respiration n’est l’apanage d’aucun appareil spécial, mais s’effectue dans toutes les parties qui sont en contact avec l’élément dans lequel ces êtres vivent et puisent l’oxygène nécessaire leur existence.

L’enveloppe générale du corps, ou la peau, est aussi le siège d’une respiration plus ou moins lente chez la plupart des animaux

oxygène que ilnns les campagnes ; mais ce serait une erreur. 1. analyse chimique mon lie que l’air a partout la même composition, et celte uniformité doit cire attribuée aux courants dont l'atmosphère est continuellement agitée.

DE LA RESPIRATION

des classes les plus élevés, el notamment chez l’homme; mais, chez tous ces êtres, une partie déterminée de la membrane tégumentaire est plus spécialement destinée à agir sur l’air, et se modifie dans sa structure de manière à mieux remplir cette fonction.

Là partie ainsi modifiée pour agir sur l’air présente une texture molle, spongietise et fine; elle reçoit une grande quantité de sang, et elle est toujours disposée de manière à offrir, sous un volume comparativement petit, une surface d’autant plus étendue, que la respiration doit être plus active. On peut établir aussi, en thèse générale, que cet organe sera un instrument d’autant plus puissant, que son organisation s’éloignera davantage de celle de l’enveloppe générale du corps, el que, toutes choses égales d’ailleurs, la respiration qui a eu lieu par la peau sera d’autant moins active, que celle dont ces organes spéciaux sont le siège sera au contraire plus étendue.

§ 131. Du reste, la structure des organes respiratoires varie suivant qu’ils sont destinés à être en contact avec l’air à l’état de gaz, ou à agir sur de l’eau tenant en dissolution une certaine quantité de ce fluide.

En effet, chez tous les animaux qui vivent plongés dans l’eau, et qui respirent par l’intermédiaire de ce liquide, les instruments spéciaux de la respiration sont saillants, et portent le nom de branchies ; tandis que, chez les animaux à respiration aérienne, il n’y a pas de branchies, mais bien des cavités intérieures qui servent aux mêmes usages, et que l’on appelle des poumons ou des trachées.

§ 132. Organe* île la rcMpirntion

aquatique. —Les BRANCHIES varient beaucoup dans leur forme : quelquefois elles ne consistent que dans des tubercules ou des prolongements foliacés, qui ont une texture un peu plus délicate que celle du reste de la peau, et qui reçoivent une quantité de sang plus considérable ; d’autres fois ces organes se composent d’une multitude de filaments rameu.x, et ressemblent à de petits arbuscules ou à des panaches vasculaires (fig. 58); enfin, d’autres fois encore ils sont

formés par un grand nombre de petites lamelles membraneuses disposées comme les feuillets d’un livre, ou comme les dents d’un peigne. Le premier de ces modes d’organisation se rencontre chez plusieurs vers marins, tels que l’arénicole, si commun sur nos côtes ; le second se voit aussi chez divers annélides, ainsi que chez plusieurs crustacés ; enfin, le dernier est propre à la plupart des mollusques et des poissons.

Il est aussi à noter que, chez les animaux inférieurs, les branchies sont en général situées à l’extérieur, de façon à flotter librement dans l’eau ambiante ; tandis que chez les animaux plus élevés dans la série zoologique, tels que la plupart des mollusques et tous les poissons, ces organes sont logés dans une cavité qui sert à les protéger, et qui est disposée de telle sorte, que l’eau peut facilement se renouveler dans son intérieur.

§ 133. Organes «le la respiration aérienne. — Les cavités intérieures qui servent à la respiration aérienne affectent tantôt la forme de trachées, tantôt celle de poumons.

Les trachées (fig. 59, g) sont des vaisseaux qui communiquent avec l’extérieur par des ouvertures nommées stigmates, et se ramifient dans la profondeur des divers organes. Ils y portent ainsi l’air, et c’est, par conséquent, dans toutes les parties du corps que s’effectue ia respiration. Ce mode de structure est particulier aux insectes, aux myriapodes et à quelques arachnides.

§ 13d. Les poumons sont des poches plus ou moins subdivisées en cellules, qui reçoivent également l’air dans leur intérieur, et dont les parois sont traversées par les vaisseaux contenant le sang qui doit être soumis à l’influence vivifiante de l’oxygène.

Il existe des poumons (mais dans un état de simplicité extrême) chez la plupart des araignées, et chez quelques mollusques, tels que les limaces. Les reptiles, les oiseaux et les mammifères en sont également pourvus.

§ 135. Dans l’homme (de même que dans tous les autres mammifères), les poumons sont logés dans une cavité nommée thorax , qui occupe la partie supérieure du troue (fig. 8, p. 33). Ces organes sont, pour ainsi dire, suspendus dans cette cavité, et sont enveloppés par une membrane mince et très-unie qui tapisse également les parois du thorax et qui est appelée pleure (1). Ils sont au nombre de deux, placés de chaque côté du corps, et ils communiquent au dehors à l’aide d’uu tube, la trachée-artère (6, fig. 60),

(4 ) La disposition de la plèvre esl analogue à colle des autres membranes séreuses dont il a été question (page 73).

DE LA RESPIRATION

[ui monte le long de la partie antérieure du cou et vient s’ourir dans l’arrière-bouche.

Ce conduit est formé par une série de petites bandes carfila-

Fig. 59. — Appareil respiratoire d’un Insecte (la Nèpe) (1).

;ineuses placées en travers et affectant la forme d'anneaux in- :omplets postérieurement ; il est tapissé par une membrane nuqueuse qui est de la même nature que celle de la bouche, et

(I) o, tète ; b, base des pattes do la première paire — c, premier anneau du

°fax' lles ailes ; — e, base des pattes de la deuxième paire ; — f stie-

nates ; g, trachée, . h| yéücü]es aériennM “

ZOOLOfilK.

qui se continue avec elle (1). Enfin, à sa partie inférieure, la trachée-artére se divise en deux branches qui prennent le nota de bronches, et qui se ramifient dans l’intérieur de chaque poumon, comme les racines d’un arbre dans l’intérieur du sol(c, e, fig. 60).

§ 136. Les poumons, comme nous l’avons déjà dit, présentent dans leur intérieur une foule de:

cellules, dans chacune desquelles s’ouvre un petit rameau de la bronche correspondante.

Les parois de ces cavités sont formées par une membrane très-fine et très-molle et sont ! creusées d’une multitude de vaisseaux capillaires qui reçoivent le sang veineux de l’artère d pulmonaire et l’exposent à l’ac- • lion de l’air.

Sous un même volume, la :

surface par laquelle la respira- • fion s’opère sera donc d’autant

Fig. GO. - Poumons et trachée de PluS Sang recevra

l’Homme (2). le contact de 1 air par des points ■

d’autant plus nombreux, que les • poumons seront forméspar des cellules plus petites. Il existe, par conséquent, un rapport direct entre l’activité de la respiration et la grandeur des cellules pulmonaires ; et en effet, chez les grenouilles par exemple, où cette fonction ne s’exerce que d’une

(t) Il est à noter que la membrane muqueuse dont la trachée et les bronches sont: lapissées est garnie d'une sorte de duvet microscopique, et que chaque brin de ce duvet est animé d’un mouvement ondulatoire très-rapide ; ce mouvement vibratile détermine dans le liquide en contact avec celle surface des courants souvent trèsrapides, et persiste pendant un certain temps après que la membrane qui en est le siège a été séparée du corps de l’animal : do sorte qu’à l’aide d'un microscope puissant on peut facilement l'étudier. La direction du courant ainsi produit paraît être de l'exté- rieur vers l’intérieur de l'appareil respiratoire, et tin mouvement semblable s’ohsen® • à la surface de la membrane qui tapisse la première portion des voies aériennes, c’està-dire Jes fosses nasales; mais, en général, on n'aperçoit rien d'analogue dans l'arrière-bouche.

(2) L'un des poumons est resté intact (d); mais, de l'autre côté, on en a détruit la substance pour mettre à nu les ramifications des bronches (e).

a, .larynx et extrémité supérieure de la trachée-artère; — b, trachée; — c, division des bronches ; — e, ramusculcs bronchiques ; — d, l'un des poumons.

DE LA RESPIRATION

lanière faible et lente, les poumons ont la forme de sacs divisés mlement par quelques cloisons, tandis que, chez les mammires et les oiseaux, où la respiration est la plus active, ces organes >nt divisés en cellules si petites, qu’à l’œil nu il est difficile de :s apercevoir.

§ 157. Dans l’homme et dans les autres mammifères, les bronlies se terminent toutes dans les cellules pulmonaires, et celles-ci int toujours terminées elles-mêmes en cul-de-sac; il en résulte ue l’air qui entre dans les poumons de ces animaux ne pénètre as au delà. Mais chez les oiseaux, où la respiration est encore lus active, quelques-uns de ces canaux traversent les poumons e part en part, et vont s’ouvrir dans de grandes poches membraeuses qui s’avançent jusqu’à la base des membres, et conduisent air dans des cavités dont est creusée la substance de la plupart es os. Il en résulte que la respiration n’est pas limitée aux pouions, mais s’opère aussi au loin dans l’intérieur de l’économie. § 138. Hrcaniüinr île la respiration cliex l'homme. — D’après 3 que nous avons dit des altérations que l’air subit par la resiration, il est évident que ce fluide doit être sans cesse renou- 3lé dans l’intérieur des poumons; c’est ce qui a lieu à l’aide des louvements d’inspiration et d’expiration que nous exécutons iternativement, et ces mouvements, à leur tour, dépendent du u des parois de la cavité thoracique où sont logés les poumons. Le mécanisme par lequel l’air est appelé dans les poumons, ou n est expulsé, est très-simple, et ressemble en tous points au jeu 'un soufflet, si ce n’estque, dansles poumons, le fluidepénètre ans l’organe et s’en échappe parle même conduit. En effet, les arois du thorax sont mobiles, sa cavité peut alternativement agrandir et se resserrer, et les poumons en suivent tous les mouemenls. Aussi, dans le premier cas, l’air, pressé par tout le poids e l’atmosphère, se précipite dans la poitrine à travers la bouche u lès fosses nasales et la trachée-artère, et vient remplir les celiles pulmonaires de la même manière que l’eau monte dans un irps de pompe dont on élève le piston. Dans le second cas, lors u mouvement d’expiration, 1 air contenu dansles poumons est u contraire comprimé, et s’échappe au dehors par la voie qui a éjà servi à l’entrée de ce fluide.

Pour comprendre comment le thorax de l’homme se dilate et a resserre, il est indispensable d’en examiner la structure. Celte cavité (fig. 61) a la forme d’un eonoïde dont le sommet st en haut cl la base en bas, et ses parois sont formées en maeure partie par une espèce de cage osseuse résultant de l’union ies côtes (c) avec une portion de la colonne vertébrale (ou épine du

dos) en arrière (a) et avec l’os sternum en avant (6). Les espaces que les côtes laissent entre elles sont remplis par des muscles i « c qui s’étendent de l’un de

ces os à l’autre (e) ; des muscles ( i ) se portent aussi de la première d côte à la portion cervicale de la colonne vertébrale (a); enfin, la paroi c inférieure de la poitrine est formée par le muscle b diaphragme (g), espèce de cloison charnue qui a s’attache au bord inféc rieur de la charpente os- , seuse dont nous venons c de parler.

§ 139. La dilatation du thorax peut se faire ( de deux manières : par ' la contraction du dia- , phragme, ou par l’élévac tion des côtes.

En effet, le diaphragme, dans l’état de repos, forme une voûte élevée t qui remonte dans l’intérieur de la poitrine (g), et il est facile de comprendre que la contraction de ce muscle doit diminuer la courbure de celte voûte, et en l’abaissant doit, agrandir d’autant la cavité du thorax.

Le jeu des côtes est un peu plus compliqué. Ces os (c et c'). au nombre de douze de l’un et de l’autre côté, décrivent chacun une courbure dont la convexité est tournée en dehors et un peu en bas; leur extrémité antérieure, qui est unie au sternum (b) à * l’aide de cartilages intermédiaires, est beaucoup moins élevée que leur extrémité postérieure, et l’articulation de celle-ci aveci la colonne vertébrale leur permet de jouer comme sur une

Fig. 61. — Thorax de l’Homme (1).

(1) Du côté gauche les muscles ont été enlevés, tandis que du côté opposé ils son! < en place. La voûte formée dans l’intérieur du thorax par le diaphragme (g) se voit à gauche, ot du côté droit la continuation do celto voûte est indiquée par uno ligne ponctuée : — II, piliers du diaphragme s'insérant aux vertèbres lombaires ; — i, muscles élévateurs des côtes ; — d, clavicule.

DE LA RESPIRATION

îarnière. Leur élévation est déterminée par lu contraction des mscles de la base du cou (t). Or, lorsque les côtes s’élèvent ainsi, les tendent à se placer sur une ligne horizontale ; car, en même mps que leur extrémité antérieure remonte en entraînant avec le le sternum, elles tournent un peu sur elles-mêmes, de façon ic leur courbure ne se dirige plus en bas, mais en dehors; il 1 résulte que les parois latérales et antérieure du thorax s’éloilent alors de la colonne vertébrale, et que la cavité de lapoiine s’agrandit.

§ 140. Dans le mouvement d’expiration, les poumons, à raison i l’élasticité de leur tissu, se resserrent, le diaphragme se reche, et cette cloison musculaire remonte en forme de voûte, jrsque les muscles qui ont produit l’élévation des côtes et du ernum cessent de se contracter, leur poids et la traction iercée par l'élasticité des poumons déterminent aussi l’abaisunenl de ces os; mais il est également d’autres forces qui peu- ;nl contribuer à déterminer le resserrement du thorax et îxpulsion de l’air hors du poumon : telle est la contraction ïs muscles qui forment les parois du ventre, et qui se fixent à partie inférieure de la poitrine.

§ 141. On remarque plusieurs degrés dans l’étendue de ces ornements, et dans la respiration ordinaire la quantité d’air pirée par le thorax ou chassée des poumons n’excède guère septième partie de celle que ces organes peuvent contenir, a évalue à environ 4580 centimètres cubes la quan ité d’air inter.ue ordinairement dans les poumons, et à 555 centimètres ibes celle qui entre dans la poitrine ou en sort à chaque spiration ou expiration; mais, terme moyen, cette dernière lantité ne paraît guère dépasser un tiers de litre.

Le nombre de mouvements respiratoires varie suivant les idividus et suivant les âges : dans l’enfance ils sont plus fré- ,ients que chez l’homme adulte, et chez ce dernier on compte i général environ seize inspirations par minute.

On voit donc que, dans l’état ordinaire, il doit entrer dans les mmons d’un homme à peu près 5 litres et demi d’air par imite, ce qui fait, pour une heure, environ 330 litres, et par ur à peu près 7 à 8 mètres cubes de ce fluide.

§ 142. Le soupir, le bâillement, le rire et le sanglot ne sont que ïs modifications des mouvements ordinaires de la respiration, s soupir est une large et profonde inspiration dans laquelle ne grande quantité d’air entre peu à peu dans les poumonsjssi ce phénomène ne dépend-il pas seulement des affections lorales, qui en sont la cause la plus fréquente, et le besoin de

soupirer se fait-il sentir toutes les lois que le travail respira-, toire ne s’effectue pas avec assez de rapidité.

Le bâillement est une inspiration encore plus profonde, qui est accompagnée d’une contraction presque involontaire et spasmodique des muscles de la mâchoire et du voile du palais, -

Le rire consiste en une suite de petits mouvements d’expiration saccadés et plus ou moins fréquents, qui dépendent en majeure partie de contractions presque convulsives du dia-: phragme. Enfin, le mécanisme du sanglot diffère peu de celui du rire, bien que ce phénomène exprime des affections de l’âme toutes différentes.

§ ü|3. Mécanisme «le la respiration chez les autres animaux. — ■ Le mécanisme de la respiration est essentiellement le même chez tous les mammifères, les oiseaux et la plupart des1 reptiles ; seulement, dans ces deux dernières classes, le muscle diaphragme manque plus ou moins complètement, et par con-, séquent c’est principalement par le jeu des côtes que l’air est appelé dans les poumons ; mais chez les tortues et les batraciens (c’est-à-dire les grenouilles, les salamandres, etc.), le thorax n’est pas conformé de manière à pouvoir se dilater activement et à agir comme une pompe aspirante : aussi, chez ces animaux, la respiration se fait d’une manière différente, et c’est par des mouvements de déglutition que l’air est poussé dans les poumons.

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