‹ ZoologieChapitre 9 sur 60 · DE L' ABSORPTION · texte numérisé non relu

DE L' ABSORPTION

’esl arrivée dans son intérieur, elle s’unit à la gomme et lorme t ainsi un liquide nouveau, dont le passage à travers ces mêmes parois est d’autant plus difficile, que la quantité de gomme est plus considérable : elle doit donc s’y accumuler et s’élever dans le tube vertical qui communique avecle réservoir membraneux.

§ 31. Les corps organisés qui absorbent du dehors les liquides dont ils sont entourés sont placés dans les mêmes conditions que le sac membraneux dont nous venons de parler : il est donc ù présumer que, dans tous les cas, les mêmes effets sont dus à des causes analogues, et que la force principale qui détermine le passage des substances absorbées à travers les membranes vivantes est la même que celle dont dépend le phénomène de l’endosmose.

§ 32. organes «le l’absorption. — Dans certains animaux des classes inférieures, ceux dont la structure est la moins compliquée et les facultés les plus bornées, l’absorption ne consiste que dans l’espèce d’imbibition dont nous venons de parler. C’est par le même mécanisme que les substances étrangères traversent l’épaisseur des parties solides avec lesquelles elles sont en contact pour aller se mêler aux liquides dont les aréoles de ces organes sont remplies, qu’elles se répandent ensuite dans le reste du corps et qu’elles pénètrent dans la profondeur de tous les tissus. Chez les animaux dans lesquels il se fait une circulation régulière, l’absorption proprement dite, ou le passage des substances étrangères du dehors dans l’intérieur de l’économie, s’effectue toujours de la même manière que chez les êtres moins parfaits; mais, du moment que ces substances, en traversant de la sorte les tissus, pénètrent dans les vaisseaux dont ceux-ci sont creusés, et qu elles s’y mêlent aux sucs nourriciers du corps, les choses se passent tout autrement : car, au lieu de continuer ù se répandre de proche en proche dans les diverses parties par l’effet de l’imbibifion, elles sont entraînées par des courants plus ou moins rapides et distribuées immédiatement dans tous les points où le sang lui-même pénètre. On voit donc que l’absorption de ces matières et leur transport dans l’intérieur de l’économie ne sont plus un acte unique, mais se composent de deux séries de. Phénomènes parfaitement distincts: les uns, purement locaux, consistent dans l’imbibition des tissus et dans le mélange des matières absorbées avec les humeurs contenues dans les vaisseaux de ces parties; les autres, dépendants d’une circulation générale, consistent dans le transport de ces mêmes substances dans les parties éloignées de celles où elles avaient d’abord pénétré.

S 33. Chez tous ces êtres, l’agent principal à l’aide duquel ce

transport s’effectue est le sang, qui traverse les organes où l’absorption a lieu, et qui retourne par les veines vers le cœur, pour se porter ensuite de nouveau dans l’épaisseur des divers tissus. Il s’ensuit que, chez les animaux pourvus d’un système circulatoire, les veines jouent un rôle très-important dans l’absorption, et que, dans l’immense majorité des cas, c’est par leur intermédiaire que les liquides dont un point circonscrit du corps est imbibé se répandent dans toute l’économie.

§3t|. Chez un grand nombre d’animaux, c’est seulement par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins que l’absorption s’effectue ; mais, chez l’homme et la plupart des autres animaux dont l’organisation est la plus compliquée, il existe un autre système de canaux qui servent au même usage, et qui paraissent être spécialement destinés à absorber certaines substances déterminées. C’est l’appareil des vaisseaux lymphatiques.

On donne ce nom à des canaux qui naissent par des radicules extrêmement déliées dans la profondeur des divers organes, et qui, api'ès s’être réunis en troncs plus ou moins gros, vont enfin déboucher dans les veines. Leurs parois sont transparentes et d’une grande délicatesse; ils communiquent fréquemment entre eux par des anastomoses (1), et se réunissent successivement de façon à constituer des branches plus grosses, lesquelles se joignent à leur tour pour former des troncs d’un diamètre de plus en plus considérable. Chez l’homme elles autres mammifères, on en trouve dans presque toutes les parties du corps, soit sous la peau, soit plus profondément, et la plupart de ces vaisseaux se terminent dans un gros tronc nommé canal thoracique (voyez fig. 6), qui remonte dans l’abdomen et le thorax, au devant de la colonne vertébrale, et va déboucher dans une grosse veine située près du cœur, à gauche de la base du cou, et appelée veine sous-clavière gauche. Mais d autres s ouvrent isolément dans la veine du côté opposé du cou, ou même quelquefois dans divers vaisseaux sanguins situés plus près de leur origine. Pendant leur trajet, on les voit passer a travers de petits organes irrégulièrement arrondis et situés aux aisselles, au pli de 1 aine, au cou dans la poitrine et dans l’abdomen. La structure et les usages de ces corps sont encore peu connus . on les appelle ganglions lymphatiques. Enfin, dans l’intérieur des vaisseaux lymphatiques, il existe un grand nombie de replis tiansversaux qui remplissent les fonctions de valvules, et qui s opposent au reflux du liquide contenu dans leur cavité.

(1) On désigne sous le-nom à'anastomose, V abouchement ou communication directe de deux vaisseaux entre eux.

I)K I/ABS0RPT10N.

On a conslalé l’existence des vaisseaux lymphatiques chez les biseaux, les reptiles, les batraciens et les poissons, aussi bien que

Fig. 6. — Canal thoracique (t).

chez 1 homme et les autres mammifères. Chez divers reptiles et chez les batraciens, tels que la grenouille, cet appareil offre

(1) Saviié thoracique et partie supérieure de l’abdomen de l’homme ouvert pour en ,'a Par°‘ Prieure. - 1. Le canal thoracique appliqué contre la colonne a 0 c P ®ce 3 c°,c do la veine azygos. — 3. Origine do ce canal qui naît des cl‘.yl,rerJes cl des jonglions lymphatique» de lTtbdomen. — i. Terminaison du av *hriClqUe dfn5 “• 'I®"’6 8üUS-c,avlère gaucho, près de la jonction de ce vaisseau du côté £ranchiU5U i’r “ bas0 ducou- — 2. Grands vaisseaux lymphatiques venant 'ein^s'iueuw.^ * ® t d“ brUS J“ môme côlé- P01"' allcr Aboucher dans les 1-ai M Sappèy®) EOUS-clav,erc Baucl‘«’ tirée du Traite d'anatomie humaine,

meme une structure plus compliquée que chez les animaux supérieurs, car les vaisseaux lymphatiques sont en communication avec un certain nombre de réservoirs contractiles, qui battent d’une manière régulière, et qui peuvent être considérés comme des espèces de cœurs lymphatiques,

§ 35. Le liquide contenu dans le système des vaisseaux lymphatiques porte le nom de lymphe. Lorsqu’il n’est pas mêlé aux produits de la digestion, il est légèrement jaunâtre et transparent ; examiné au microscope, on y découvre des globules incolores qui paraissent être sphériques et qui sont plus petits que les globules rouges dont nous aurons bientôt à signaler l’existence dans le sang; abandonné à lui-même, il se coagule à peu près comme ce dernier liquide, mais avec moins de force; enfin, soumis à l’analyse chimique, il se montre composé d’eau, d’albumine, de fibrine et de divers sels.

On ne sait que peu de chose sur les mouvements de la lymphe dans l’intérieur des vaisseaux lymphatiques : ainsi que nous le verrons en étudiant la digeslion, ce liquide remonte quelquefois avec beaucoup de force dans le canal thoracique, et en dernier résultat il va toujours .se mêler au sang dans les grosses veines situées près du cœur.

§ 36. Rien n’est plus facile que de démontrer l’absorption qui a lieu dans certains organes par l’intermédiaire des vaisseaux lymphatiques: pour- le faire, il suffit d’ouvrir l’abdomen d’un animal dont la digestion est en pleine activité; car on trouve alors tous les vaisseaux lymphatiques des intestins gorgés d’un liquide blanc et opaque comme du lait, qui provient des matières alimentaires, tandis que chez un animal â jeun ils paraissent presque vides et incolores.

L’absorption qui a lieu directement par les veines est également prouvée par les expériences faites sur les animaux vivants, et l’on a même constaté de la sorte que c’est par l’intermédiaire de ces vaisseaux que la plupart des matières absorbées pénètrent dans l’économie; les vaisseaux lymphatiques servent principalement à l’introduction des produits nutritifs élaborés par la digestion, et probablement aussi à l’absorption du résidu fourni pa°r le travail nutritif dans la profondeur de toutes les parties de l’économie.

§ 37. Circonstances qui influent sur l'absorption. — 1) après ce" que nous avons dit du mécanisme de l'absorption, on comprendra facilement quelles sont les principales circonstances qui doivent influer sur la marche de cette fonction.

Ainsi, la première condition de toute absorption étant la per-

Page 1