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mais cet organe est beaucoup plus allonge que chez les oiseaux de proie, et par conséquent moins puissant. Lorsque les oiseaux piscivores ne recherchent que des poissons ou des reptiles assez petits pour être saisis et avalés avec facilité, le bec devient droit, s’allonge encore davantage, et ressemble à une pince à longues branches : les martins-pêcheurs .(fig. 268) les cigognes (fig. 264) nous en offrent des exemples. Les oiseaux qui vivent d’insectes, de vers, de graines ou de fruits, ne présentent rien de semblable. Les premiers ont en général le bectrês-grêle, très-allongé, et droit, ou faiblement arqué (fig. 265 *

à moins toutefois que ce ne soit au vol qu’ils prennent les petits insectes dont ils se nourrissent, car alors le bec est court, trôsélargi et profondément fendu : disposition qui se voit chez les hirondelles, les engoulevents (fig. 266), etc., et qui leur permet d’engloutir facilement leur proie dans leur large gueule. Les granivores, au contraire, ont le bec court, épais, bombé en dessus ou conique, et en général droit (fig. 267).

Fig. 207. — Moineau.

Fig. 208. — Marlin-pêclieur.

Une modification de cet organe plus remarquable encore nous est offerte par les pélicans (fig. 269), oiseaux aquatiques qui portent entre les deux branches de la mâchoire inférieure une grande poche cutanée très-extensible, dans laquelle ils accu-

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mulenl le produit de leur pêche pour le dégorger ensuite et s’en repaître à loisir.

Enfin il est aussi à noter que le bec des oiseaux offre quelquefois des bizarreries de forme dont l’utilité ne nous est pas con-

nue : telle est, par exemple, l’espèce de casque qui surmonte cet organe chez les calaos (fig. 270), et qui acquiert des dimensions monstrueuses.

§ /|3G. La langue sert quelquefoisàla préhension des aliments aussi bien qu’à la déglutition, et présente des particularités de structure remarquables. L’os hyoïde (h, fig. 271), sur lequel elle est portée, se prolonge en arrière sous la forme de deux longues cornes qui remontent derrière la tète, et qui donnent atlache par leurs extrémités à des muscles (m) fixés antérieurement à la mâchoire inférieure ; lorsque ces muscles se contractent, ils ramènent en bas et en avant ces cornes, et poussentpar conséquent la langue hors de la bouche. Ce mécanisme est surtout curieux chez les pics (fig. 272), et chez quelques autres oiseaux qui dardent leur langue avec une vitesse extrême et à des distances considérables sur les insectes dont ils se nourrissent. Cet organe présente aussi dans sa forme des différences importantes à noter. Chez les perroquets, qui mâchent jusqu’à un certain point leur nourriture, la langue est épaisse et charnue ; chez les oiseaux de proie, elle est encore large et assez molle ; chez la plupart des granivores (fig. 271), elle est sèche, triangulaire et hérissée, vers

la base, de petites pointes cartilagineuses; enfin, chez certains insectivores, son extrémité est armée de crochets ou de dentelures.

Les glandes salivaires sont placées sous la langue et consistent

en des amas de petits follicules arrondis. La salive est ordinairement épaisse, quelquefois elle est tout à fait gluante.

§/t37. L’arrière-bouche, ou pharynx, n’est pas séparée de la bouche par un voile mobile, comme chez les mammifères, et ne présente rien de remarquable. L’œsophage (fîg. 273), parvenu vers la partie inférieure du cou, communique avec une première poche digestive, nommée jabot, dont les parois sont membraneuses. Les aliments séjournent pendant un certain temps dans ce premier estomac, dont la forme et la grandeur varient. C’est chez les granivores que le ja- Fic. 270. — Calao à casque en croissant. bot est le plus développé, 011 le

trouve aussi chez les oiseaux de proie diurnes, mais il manque chez les hiboux, chezl’autruche et chez la plupart des piscivores. Au-dessous de cette partie, l’œsophage se resserre de nouveau, et présente il quelque distance une seconde dilatation appelée ventricule succenturié, dont la surface interne est criblée par un nombre considérable de petits pores communiquant avec des follicules destinés à sécréter le suc gastrique : en général, le volume de ce second estomac est peu considérable ; mais, chez les oiseaux qui manquent de jabot, il est beaucoup plus grand que de

Fie. 271. (1)

(1) Langue, glolto, elc. : — l, langue; — h, hyoïde ; — m, muscles de l’hyoïde; — Vi pharynx; — g, glotte ; — t, trachée; e, œsophage.

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un

coutume, et paraît en tenir lieu. Enfin, le ventricule succenturié s’ouvre inférieurement dans un troisième estomac nommé gésier, où la'chymifi cation s’achève; sa capacité varie beaucoup, mais c est surtout dans sa structure qu’il présente des différences impor-

tantes. Chez les oiseaux qui se nourrissent uniquement de chair, les parois du gésier sont minces et membraneuses ; mais, chez ceux qui avalent des aliments plus durs et plus difficiles a digérer, il est garni de muscles puissants, destinés à comprimer ces matières et ù les broyer. C’est chez les granivores que cctorgane est le plus musculaire; l’épaisseur de scs parois charnues est très-considérable, et sa surface interne est revêtue d’une espèce d’épiderme presque cartilagineux ; sa force est immense. Chez l’autruche, par exemple, on a vu les corps les plus durs être broyés par ses contractions, et il tient évidemment lieu d’un appareil masticateur.

L'intestin, qui fait suite à cetie série d’estomacs, est beaucoup moins long que chez la plupart des mammifères, mais se compose aussi de deux portions : l’intestin grêle et le gros intestin. Le premier, après avoir formé une première anse, se contourne diversement ; le second n’en diffère que peu et n’est pas boursouflé, mais en général s’en distingue facilement par l’existence, dans son point de jonction avec le premier, de deux appendices tubiformes et terminés en cul-de-sac, que l’on appelle des cæcums. Ces appendices manquent, ou du moins sont très-petils, chez la plupart des oiseaux deproie,maissonl généralement longs et assez gros chez les oiseaux granivores et omnivores.

Le foie est très-volumineux et remplit une grande partie du thorax, aussi bien que de la portion supérieure de l’abdomen ; car ces deux cavités ne sont pas séparées, le muscle diaphragme étant réduit à l’état rudimentaire. Cette glande est divisée en deux lobes à peu près égaux, et donne en général naissance à deux canaux hépatiques qui, après s’être réunis, débouchent dans l’intestin. Enfin, il existe presque toujours une vésicule du fiel, qui ne reçoit qu’une portion delà bile et la verse dans l’intestin

Fig. 272. — Tôle de Pic.

par un canal particulier. Le pancréas est logé dans la première anse de l’intestin grêle : il est généralement long, étroit, et plus ou moins divisé.

La rate, organe dont les usages ne sont pas bien connus, est

Ventricule

succenturié.

Gésier.

Pancréas.

Duodénum.

Ca'cum.

Gros intestin.

Uretère.

Oviducte.

Cloaque.

Anus.

Fig. 273. — Appareil digestif de la Poulo.

petite. Les reins, qui sécrètent l’urine, sont au contraire trèsvolumineux et de forme irrégulière ; ils sont logés derrière le péritoine, dans plusieurs fossettes creusées le long de la partie supérieure du bassin, et ne présentent pas, comme chez les

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mammifères, une substance corticale distincte. Les uretères aboutissent, de même que les oviductcs, près de l’anus, dans une

as cl

Fig. 274. — Système artériel d’un Oiseau (1).

(1) Artères du Grèbe : — a, artère aorte ; — am, l’une des grosses artères qui naissent de la crosse do l’aorte, laquelle, après avoir fourni l’artère carotide ( ac ) et l’artère sous-clavière, va se distribuer aux muscles do la poitrine et correspond à l'artère mammaire des animaux mammifères ; — av, l'une des branches de l’artère vertébrale se rendant aux muscles de l’épaule ; — cc, ansos artérielles formées par des branches de la carotide externe ; — al, artère linguale ; — t, la trachée-artère ; — ar, artères rénales; — af, artères fémorales ; — ai, artère ischiatiquo allant aux membres inférieurs ; — as, arlôro sacrée faisant suite ù l’aorte et donnant naissance à l’artère mésentérique inférieure, etc.; — cl, le cloaque.

partie dilatée de l’intestin rectum nommée cloaque (fig. 273); il n’existe point de vessie, etl’urine est évacuée aveclesexcréments. Ainsi que nous l’avons déjà dit, elle se compose presque entièrement d’acide urique, qui est très-peu soluble, et qui, en se desséchant, forme une masse blanchâtre.

§ Z|38. Les produits nutrilifsde la digestion passent de l’intestin dans le torrent de la circulation par des vaisseaux lymphatiques qui, en se réunissant, forment deux canaux thoraciques ; ces conduits s’ouvrent dans les veines jugulaires de chaque côté de la base du cou.

§ 439. Le sang des oiseaux est plus riche en globules que celui des mammifères, et ces corpuscules, au lieu d’ôtre circulaires, sont elliptiques (fig. 39). La manière dont ce liquide circule ne présente rien de particulier, et la roule qu’il suit est la même que chez les mammifères. En effet, le sang se rend du ventricule gauche du cœur aux artères, qui sont chargées de le distribuer à tous les organes ; revient dans l’oreillette droite du cœur, descend ensuite dans le ventricule droit, qui l’envoie aux poumons par l'intermédiaire des artères pulmonaires; revient de nouveau au cœur par les veines pulmonaires, pénètre dans l’oreillette gauche, et achève enfin le cercle circulatoire en entrant dans le ventricule gauche, d’où nous l’avons vu partir (fig. Zi9). Le cœur a la même forme, la même structure, la même position et les mêmes enveloppes que chez les mammifères; maisles parois du ventricule gauche sont extrêmement, épaisses, et le ventricule droit enveloppe le premier à droite et en dessous sans se prolonger jusqu’à la pointe de cet organe ; les oreillettes n’ont pas d’appendice bien distinct à l’extérieur; enfin, l’aorte, dès sa naissance, se divise en trois grosses branches (fig. 27Zi), dont les deux premières portent le sang à la tête, aux ailes et aux muscles de la poitrine; et la troisième se recourbe en bas autour de la bronche droite, et constitue l’aorte descendante. Il existe aussi quelques particularités dans le mode de distribution des artères, mais elles sont peu importantes, et il est seulement à noter que, dans divers points du corps, ces vaisseaux constituent des plexus remarquables en s’anastomosant fréquemment entre eux. Le système veineux se termine par trois gros troncs, dont l’un est l’analogue de la veine cave inférieure des mammifères, et les deux autres correspondent à peu près aux deux veines sous-clavières, qui ne se réunissent pas pour constituer un canal commun (ou veine cave supérieure) comme chez ces derniers animaux.

§ ZiàO. L’appareil de la respiration offre des particularités plus importantes que celui de la circulation. Les poumons, comme

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nous l’avons déjà dit, communiquent avec de grandes cellules membraneuses, et transmettent ainsi 1 air dans diverses parties du corps, de façon que la respiration est en quelque sorte double,

le sang veineuxse trouvant encontactavec l’oxygène, lors de son passage à travers les vaisseaux capillaires de plusieurs organes, aussi bien que lorsqu’il traverse les capillaires pulmonaires.

Les poumons ne sont pas divisés en lobes comme ceux des mammifères, et sont loin de remplir le thorax ; ils sont accolés aux côtes, et présentent à leur surface inférieure plusieurs ouvertures (fig. 275) appartenant à des bronches qui les traversent de part en part et servent à porter l’air dans les cellules pneumatiques placées entre les divers organes de l’animal. Ces cavités sont formées par des cloisousmembraneuses, et communiquent les unes avec les autres; on en voit dans le tronc qui présentent des dimensions très-considérables, et d’autres qui se prolongent vers la tète et entre les muscles des membres : l’air se répand ainsi jusque dans la substance des os.

L’examen des cellules aériennes, chez ditfércnlsoiscaux, montre que la quantité d’air distribué ainsi aux diverses parties du corps est, toutes choses égales d’ailleurs, en rapport avec l’énergie et la continuité des mouvements de l’animal : ainsi, chez les aigles, les éperviers et d’autres oiseaux grands voiliers, ce fluide pénètre dans tous les os ; tandis que, chez ceux qui n’ont pas la

faculté de voler et qui ne marchent que lentement, commoles pingouins, etc., il est exclu de la plus grande partie ou même de la totalité du squelette. En général, l’air se trouve en plus grande abondance dans les os des membres les plus employés dans la locomotion : chez l’autruche, par exemple, les cellules aériennes présentent dans le fémur un développement remarquable.

Les oiseaux sont de tous les animaux ceux dont la respiration est la plus active ; ils consomment proportionnellement plus d’oxygène que les mammifères, et ils résistent moins longtemps à l’asphyxie. Ce sont aussi les animaux qui produisent le plus de chaleur : la température de leur corps s’élève à 41, 42, 43 et môme 45 degrés centigrades, et les plumes dont ils sont recouverts leur sont très-utiles pour empêcher leur refroidissement lorsqu’ils s’élèvent dans l’atmosphère à des hauteurs considérables.

§ 441 . De même que chez les mammilères, l'organe de la voix est une dépendance de l’appareil de la respiration.' Le larynx supérieur est d’une structure très-simple et ne sert que peu ou point à la production des sons. Son ouverture a la forme d’une fente {g, fig. 271) dont les bords ne peuvept ni s’étendre ni se relâcher ; et il ne s’y trouve ni ventricules, ni cordes vocales, ni épiglotte. Mais, à l’extrémité inférieure de la trachée, il existe un second larynx dont le jeu est très-remarquable, et dont la structure est d’autant plus compliquée, que l’oiseau module mieux son chant. Chez les oiseaux chanteurs, ce petit appareilse compose d’une espèce de tambour osseux (/, fig. 276), dont l’intérieur est divisé inférieurement par une traverse de même nature, que surmonte une membrane mince de forme semi-lunaire (c, fig. 277). Ce tambour communique inférieurement. avec deux glottes formées par la terminaison des bronches et pourvues chacune de deux lèvres ou cordes vocales ; enfin des muscles, dont le nombre varie suivant les espèces, s’étendent entre les divers anneaux dont se composent ces parties, et les meuvent de manière à tendre plus ou moins fortement les membranes qu’elles soutiennent. Chez les oiseaux qui sont privés de la faculté de moduler les sons d une manière compliquée, la cloison membraneuse dont nous avons parlé ci-dessus manque ; et chez ceux qui ne chantent pas, il n’existe pas de muscles propres au larynx inférieur, et l’étal de la glotte ne peut être modifié que par ceux qui élèvent ou abaissent la trachée.

§ 442. Les oiseaux sont ovipares, et n’ont pas, comme les animaux de la classe précédente, des mamelles pour allaiter leurs

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petits. La durée de l’incubation (ou du temps que le jeune oiseau met à se développer dans l’intérieur de l’œuf) varie dans les différentes espèces, mais elle est à peu près constante pour

Fig 210. ( ! ; FlG. 217. (2)

chacune de celles-ci : pour l’oiseau-mouche, le plus petit des animaux de cette classe, elle est de douze jours seulement; pour les serins que nous élcvonscn domesticité, elle est de quinze à dix-huit jours, et de vingt et un jours pour les poules, de vingtcinq jours pour les canards, de quarante à quarante-cinq jours pour les cygnes. Un certain degré de chaleur est nécessaire à ce phénomène ; celle du soleil suffit pour faire éclore les œufs de quelques oiseaux des régions intertropicales; mais, en général, il en est tout autrement, et, pour maintenir les œufs à la température convenable, la mère les recouvre de son corps et les dépose dans un lit propre à les abriter.

Quelques oiseaux se contentent, pour cela, de creuser dans la terre ou dans le sable une cavité arrondie; mais la plupart déploient, dans la construction de cette espèce de berceau, une adresse et un art remarquables ; et une chose non moins surprenante, c’est la régularité avec laquelle toutes les générations

M) Larynx inférieur de la Corneille : — l, trachée-artère; — i', tambour formé

par l'extrémité inférieure de la trachée; — i, osselet moyen de la trachée; b'

premier arceau des bronches, séparé du troisième osselet du larynx par un espace membraneux; — b, bronches; — m, muscles propres du larynx : ces muscles ont été enlevés du côté opposé ; — m.', muscle abaisscur de la trachée.

(2) Coupe verticale du larynx : — (, portion inférieure de la trachée fendue par la moitié; — c, membrane semi-lunaire située au-dessus du point de réunion des deux gloitcs cl fixée à une traverse osscuso (o); — a, bourrelet que forme la lèvre interne de la glotte droite; — me, face interne de la bronche droite formée par une membrane tympaniforme; — b, portion de la cavité jl; la bronche droite mise à nu par la section d’une partie do cette membrane.

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successives exécutent les mêmes travaux et bâtissent des nids exactement semblables, lors même que les circonstances où ces animaux ont été placés ne leur ont jamais permis d’en voir et de prendre des leçons de leurs parents : un instinct admirable les guide et les porte ci prendre une foule de précautions dont ils ne connaissent pas d'avance toute l’utilité. Les parois du nid

sont ordinairement bâties avec de petites tiges flexibles et quelquefois mastiquées avec de la terre délayée danslasalive gluante de l’animal ; mais leur forme et leur disposition varient beaucoup, comme nous avons déjà eu occasion de le voir (§ 328). Presque tous en garnissent l’intérieur avec des substances molles qu’ils ramassent avec soin, ou même avec un duvet moelleux qu'ils arrachent de leur poitrine. La substance chaude et légère, employée dans l’économie domestique sous le nom d’édredon, n’a pas d’autre origine; elle provient d’une espèce de canard appelé eider (fig. 278), qui habite les îles des mers arctiques, et qui a l’habitude de sc dépouiller de la sorte pour garnir son nid avec le duvet arraché à sa poitrine et à son ventre.

La ponte a lieu, en général, une fois par an, quelquefois deux, et, dans l’état de domesticité, la fécondité devient encore plus grande. Le nombre des œufs est en général plus considérable chez les petites espèces que chez les grandes : les aigles n’en pondent qu’un ou deux; la mésange et le roitelet, quinze à vingt.

La constance avec laquelle ces oiseaux couvent leurs œufs est admirable : quelquefois les deux parents se partagent ce soin ; d’autres fois le mâle se borne à veiller aux besoins de la femelle pendant que celle-ci reste accroupie sur ses œufs ; et dans d’autres espèces, c’est la mère qui s’occupe seule de l’incubation. En général, ce n’est qu’à regret et poussée par la faim qu’elle quitte pour quelques instants sa progéniture ; et lorsque ses petits sont éclos, son instinct maternel la porte à leur prodiguer les soins les plus tendres : elle les recouvre de ses ailes pour les préserver du froid, et leur apporte une nourriture choisie, que

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souvent elle dégorge dans leur gosier après l’avoir à moitié digérée pour la rendre plus appropriée à leur estomac délicat. On la voit aussi guider leurs premiers pas, leur apprendre à se servir de leurs ailes, et, lorsqu’un danger les menace, déployer pour les sauver autant de courage que de dévouement, et l’on pourrait presque dire d'intelligence. 11 est cependant quelques oiseaux qui déposent leurs œufs dans les nids qui ne leur appartiennent pas, afin de les faire couver par des nourrices étrangères : tel est le coucou, qui pond ses œufs un à un dans des nids de fauvettes, de bruants, de merles ou de quelque autre oiseau insectivore ayant l’habitude de nourrir ses petits avec des aliments convenables aussi aux jeunes coucous ; et, chose remarquable, la couveuse qui s’y trouve devient pour ces intrus une mère tendre et infatigable, quoiqu’ils la privent de sa propre progéniture. Suivant quelques naturalistes, les vieux coucous ont le soin de détruire les œufs qu’ils trouvent dans le nid auquel ils confientleleur ; mais d’autres observateurs assurent que c’est le jeune coucou lui-même qui se charge de les rejeter de sa demeure ou d’en expulser, aussitôt après leur naissance, les petits dont il usurpe la place. L’illustre Jenner, médecin anglais, à qui on doit la découverte de la vaccine, nous dit avoir vu bien des fois le manège au moyen duquel ce petit intrus se débarrasse de ses faibles compagnons : le jeune coucou se glisse sous l’un des petits oiseaux dont il partage le berceau, et parvient bientôt à le placer sur son dos où il le retient à l’aide de ses ailes ; ensuite, se traînant à reculons jusqu’au bord du nid, il le jette pardessus; puis il recommence les mêmes mouvements pour second, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il reste maître de sa demeure. On ne connaît pas bien la cause qui détermine les coucous à abandonner ainsi à d’autres oiseaux le soin de l’incubation. Ils restent souvent par paires dans le voisinage de l’endroit où les œufs ont été déposés ; et leurs petits, quand ils sont assez forts pour voler, quittent leurs premiers pourvoyeurs, et rejoigent leurs parents naturels, qui se chargent de compléter leur éducation.

L’instinct qui porte l’oiseau à couver ses œufs est en général des plus puissants; et cependant celte impulsion, en quelque sorte aveugle, est susceptible d’être, jusqu’à un certain point, modifiée par les circonstances extérieures. Ainsi, les autruches couvent leurs œufs lorsqu’elles habitent les climats tempérés, mais en abandonnent l’incubation à la chaleur des rayons solaires lorsqu'elles vivent sous la zone torride. 11 paraîtrait aussi que souvent plusieurs de ces grands oiseaux réunissent leurs

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œufs dans un même trou, et se relayent à tour de rôle pour les couver.

§ ù/i3. Les soins que les oiseaux donnent à leur progéniture sont un sujet d'observation plein d’intérêt ; mais un instinct plus singulier, et par conséquent plus remarquable encore, est celui qui porte certaines espèces à changer de climat suivant les saisons, et à faire, à des époques déterminées de l’année, des voyages plus ou moins longs (§ 325). Quelques espèces émigrent ainsi pour fuir le froid ou pour chercher une température moins élevée, et vont dans le Midi ou dans le Nord pour pondre ou pour y passer le temps de la mue; d’autres changent de pays pour se procurer plus facilement des moyens de subsistance: la plupart des insectivores sont dans ce cas; mais il est des oiseaux qui exécutent des voyages réguliers sans y être sollicités par aucune cause appréciable et sans que leur déplacement paraisse apporter aucun changement bien notable dans les conditions où ils se trouvent. Du reste, quelle que soit la circonstance qui rende la migration périodique des oiseaux utile à eux-mêmes ou à leur progéniture, il est bien évident que ce n’est pas elle qui en est ordinairement la cause déterminante ; les oiseaux voyageurs éprouvent, à certaines époques de l’année, le besoin de changer de place, comme ils éprouvent dans d’autres moments le désir de construire leur nid, sans y être portés par un calcul intellectuel ou par la prévision des avantages qu’ils en recueilleront. C’est un instinct aveugle qui, en général, les pousse, et qui se développe quelquefois indépendamment de tout ce qui peut influer dans le moment sur le bien-être de l’animal. Ainsi, dans des expériences faites sur quelques oiseaux voyageurs de nos pays, on a vu ce besoin se manifester avec force à l’époque ordinaire, bien qu’on eût le soin de maintenir autour de ces animaux une lempératureconstante, de leur donnerune nourriture convenable, et qu’on eût la précaution de choisir de jeunes individus qui n'avaient pas encore pu contracter l’habitude des migrations. Lorsqu’ils changent de climat, ils n’attendent pas pour partir que le froid leur soit devenu insupportable, et ils ne sont pas repoussés peu à peu vers le Midi par les empiétements de l’hiver; mais ils les précèdent et se transportent tout de suite et presque tout d’un trait dans les régions tropicales. Souvent on les voit revenir au printemps, lorsque la température en est encore au-dessous de ce qu elle était au moment de leur départ , et, pour certaines espèces, nous le répétons, les migrations ne coïncident avec aucune circonstance extérieure. Ce phénomène est par conséquent inexplicable ; mais en cela il ne diffère pas

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de tous ceux que détermine l’instinct, et à mesure que nous avancerons dans l’étude des animaux, nous aurons l’occasion de voir un grand nombre de faits analogues qui ne sont ni moins intéressants ni moins incompréhensibles.

Mais de ce que les migrations dépendent d'une impulsion instinctive et aveugle, il ne faut pas conclure que les circonstances extérieures soientsansinfluence sur le développement du besoin que les oiseaux voyageurs éprouvent de changer d’habitation ; on remarque au contraire que ce phénomène coïncide en général avec des variations atmosphériques, et que le moment de l’arrivée et du départ est souvent avancé ou retardé, suivant que la saison froide se prolonge plus ou moins.

L’époque à laquelle les oiseaux voyageurs arrivent dans nos pays ou les quittent, varie suivant les espèces. Ceux qui sont originaires des régions les plus septentrionales de l’Europe nous viennent à latin de l’automne ou au commencement de l’hiver, et, dès les premiers beaux jours, fuyant la chaleur comme ils avaient fui l’excès du froid, ils retournent vers le Nord pour y faire leur ponte. D’autres oiseaux qui naissent toujours dans nos contrées, et qui doivent par conséquent être considérés comme étant essentiellement indigènes, nous quittent en automne, et, après avoir passé l’hiver dans ces climats chauds, reparaissent parmi nous au printemps, ou bien, évitant au contraire lachaleur modérée de notre été, émigrent alors vers les régions arctiques. 11 en est d’autres encore qui, natifs des pays méridionaux, s’élèvent vers le Nord pour échapper à l’ardeur du soleil d’été, et nous arrivent au milieu de la belle saison. Enfin, on en voit aussi qui ne séjournent jamais dans nos contrées, et qui, dans leurs migrations annuelles, ne font qu’y passer. L’époque de l’arrivée et du départ de ces voyageurs est en général déterminée d’une manière très-précise pour chaque espèce, et l’expérience a appris quedans certaines localités les chasseurs pouvaient compter sur l’arrivée de tels ou tels oiseaux, comme sur une rente dont les termes écherraient à jour fixe. L’àge y apporte cependant quelque différence : on voit ordinairement les jeunes ne se mettre en roule que quelque temps après les adultes ; et cela paraît dépendre de ce que, la mue ayant lieu plus tard chez eux que chez ces derniers, ils ne sont pas encore rétablis de l’espèce de maladie qui accompagne ce phénomène, au moment où ceux-ci sont déjà en état de supporter les fatigues du voyage.

§ hhh. Un autre fait non moins curieux dans l’histoire des oiseaux est la faculté à l’aide de laquelle ces animaux s’orienfent dans un pays inconnu, et savent reconnaître à des distances im-

menses la route à suivre pour regagner leur nid. Les pigeons voyageurs nous ont déjà offert un exemple remarquable de cet instinct ou sens incompréhensible pour l’homme (§ 325) ; les hirondelles nous en fourniront également. Ces petits oiseaux font, comme nous l’avons déjà dit (§ 325), des voyages bien longs ; et cependant, par un instinct singulier, ils savent au printemps suivant retrouver les lieux où ils ont déjà niellé, et ils y reviennent toujours. Ons’est assuré de ce fait en attachant à la patte de plusieurs hirondelles de petits cordons de soie pour constater leur identité. Elles construisent leur premier nid dans le voisinage de celui où elles sont nées : l’hirondelle de cheminée bâtit chaque année le sien au-dessus de celui de l’année précédente, et l’hirondelle de fenêtre s’établit dans celui qu’elle avait quitté à l’automne. Un célèbre physiologiste italien du siècle dernier, Spallanzani, a vu, pendant dix-huit années consécutives, les mêmes couples revenir à leurs anciens nids sans presque s’occuper de les réparer. Les hirondelles montrent aussi, dans d’autres occasions, la singulière faculté de se diriger vers un lieu déterminé dont elles sont éloignées d’une distance considérable : si l’on transporte au loin une couveuse renfermée dans une cage et qu’on lui donne sa liberté, elle s’élève d’abord trèshaut comme pour examiner le pays, puis se dirige en ligne droite vers l’endroit où elle a laissé sa couvée. Spallanzani a répété avec succès cette expérience à diverses reprises, et a vu un couple d’hirondelles de rivière, qu’il avait transporté à Milan, se rendre en treize minutes auprès de ses petits laissés à Pavie.

§ ht |5. L’instinct de la sociabilité est aussi très-développé chez certains oiseaux ; nous avons déjà eu l’occasion de parler de la manière dont plusieurs de ces animaux se réunissent par légions innombrables pour voyager de concert, et des secours mutuels qu’ils se prêtent quelquefois (§§ 329, 330, 339); mais'il est à noter que cet instinct ne se développe guère que chez les espèces destinées à se nourrir d’insectes et de substances végétales, et que les oiseaux de proie vivent presque toujours solitaires ou réunis seulement par paires.

§ IxL 16. Les oiseaux, de même que les mammifères, varient aussi entre eux par la manière dont ils se procurent leur nourriture : la plupart ne la cherchent que de jour, mais on en connaît aussi qui sont nocturnes ou qui ne prennent le vol que pendant le crépuscule; et il est digne de remarque que ces derniers ont en général des couleurs sombres et le plumage moelleux, de façon que leurs ailes frappent l’air sans bruit, comme si le Créateur,

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dans sa prévoyunce infinie, avait voulu favoriser ainsi la chasse à laquelle ces animaux se livrent au milieu de l’obscurité. Les diverses espèces de la famille des hiboux, les engoulevents, etc., nous offrent des exemples de cette coïncidence entre les mœurs de l’oiseau et la nature de son plumage.

§ UU 7. Le nombre des espèces d’oiseaux connues des naturalistes est d’environ sept mille ; et, comme l’organisation de ces oiseaux présente une grande uniformité, leur classification oflre des difficultés considérables. Les caractères dont on se sert pour les diviser en ordres, en familles et en genres sont fournis principalement par la conformation du bec et des pattes, organes dont la structure est en rapport avec le régime de ces animaux Cuvier, dont nous suivons ici la méthode, les partage ainsi en six ordres j savoir, les Rapaces, les Passereaux, les Grimpeurs, les Gallinacés, les Echassiers, et les Palmipèdes.

§ Zi48. Les Rapaces, ou Oiseaux de proie, se reconnaissent à la puissance de leurs serres et de leur bec ; la mandibule supérieure est robuste, recourbée vers le bout et terminée en une

Fl G. 279. — Gypaète, ou Vautour «tes agneaux.

pointe aiguë propre à déchirer la chair des animaux dont ils se nourrissent ; et les doigts, également vigoureux, sont garnis d’ongles crochus et puissants, à l’aide desquels ils saisissent leur proie. En général, toutes les parties de leur corps indiquent une force considérable, et leur aspect dénote leur caractère farouche. Les uns sont diurnes, et se reconnaissent à leurplumage sex-ré et à leurs yeux dii'igés latéralement: ce sont les Vautours (lig. 263' les Gypaètes (fig. 279), les Faucons, les Aigles (fig. 255), les Éperviers, les Milans (fig. 260), les Ruses, etc. Les autres sont nocturnes, et constituent la famille des Hiboux (tig. 280), caractérisée par un plumage lAche et par la direction antérieure des yeux.

§ M9. Les Passereaux ont les pattes grêles, faibles et conformées de la manière ordinaire, c’est-à-dire ni palmées, ni armées d’ongles crochus et puissanls, ni allongées en forme d’échasses,

Fig. 280. — ' Hibou (Scops vulgaire).

Fig. 281. — Oiseau île paradis.

et ayant un seul doigt dirigé en arrière. Leur bec est faible (fig. 282), droit et peu ou point crochu (fig. 283, 28/i); leurs ailes

Fig. 282. — Sillelle. Fig. 283. Alouellc.

Fig. 284. — Roitelet

assez grandes. Enfin, ils sont tous de petite ou de moyenne (aille, et ils ont en général des formes sveltes et légères. Les uns son insectivores, d’autres sont granivores, et d autres encore sont omnivores, et c’est dans cet ordre que se rangent tous les oiseaux

OISEAUX

chanteurs et la plupart des oiseaux de passage. Le nombre des passereaux est immense, et nous nous bornerons citer

comme exemples les Pies-grièches, les Merles, les Fauvettes, les Hirondelles, les Engoulevents (fig. 266), les Alouettes (fig. 283), les Moineaux, les Corbeaux, les Oiseaux de paradis (fig. 281), les Colibris ou Oiseauxmouches (fig. 285), les Hoitelets (fig. 284), les Martins-pêcheurs (fig.

268) , et les Calaos (fig. 270).

§450. Les Grimpeurs sont des oiseaux qui, avec le régime et l’organisation ordinaires des passereaux, ont les doigts dirigés deux en avant et deux en arrière, disposition qui leur permet de se mieux cramponner au tronc et aux branches des arbres sur lesquels ils grimpent dans toutes les directions , quelquefois même en se servan!

de leur bec pour faciliter leurs mouvements. On range dans cette division les Toucans , remarquables par leur énorme bec , les Perroquets (fig. 286), les Coucous,

les JPics (fig. 252), etc.

§ 651. Les Gallinacés ont le bec médiocre, renflé en dessus et propre seulement à un régime granivore; les ailes courtes, le corps lourd, les pattes médiocres, et les doigts faibles, mais réunis ordinairement à leur base par un petit repli cutané. La plupart de ces oiseaux volent mal, ne nichent pas sur les arbres, et cherchent leur nourriture à terre.

Cet ordre se compose de deux familles bien distinctes, celle des Pigeons et celle des Galinacés proprement dits, comprenant le Coq, les Faisans, les Puons, les Dindons, les Pintades, les lloccos (fig. 288), les Perdrix , les Cailles , les Lagopèdes ou Perdrix

Fig. 287. — Lagopède ordinaire. neige (fig. 28/) , les

Coqs de bruyère, etc.

§ Z|52. Les Échassiers se reconnaissent à leurs tarses très-élevés et à leurs jambes dénuées de plumes vers le bas, disposition

qui les fait paraître comme montés sur des échasses, et qui est très-favorable, soit à la rapidité de la course, soit au passage à gué dans des eaux peu profondes. Leur taille est en général élancée, et la longueur de leur cou est telle que, si haut montés qu’ils soient sur leurs pattes, ils peuvent, sans se baisser, ramasser à terre leurs aliments Les uns se nourrissent d’herbes, les autres de reptiles aqua-

Fio. 288. - Hocco commun, tiques, de mollusques, de

petits poissons, etc.

On l’ange dans cette division les Oiseaux de rivage , tels que les Hérons, les Grues (fig. 289), les Cigognes (fig. 266), les Butors (lig. 290), les Bécasses, les Ibis (253), les Echasses (üg. 257),

OISEAUX

les Poules d’eau, les Flamants (fig. 291), etc., et quelques autres

genres qui n’habitent pas dans le voisinage des eaux, mais qui ressemblent aux précédents parleur conformation : les Autruches (fig. 256), les Casoars (fig. 2'i5), et les Outardes, par exemple.

§ 453. Enfin, les Palmipèdes, ou Oiseaux nageurs, sont caractérisés par leurs pattes, de longueur médiocre, terminées par une large nageoire. Ces rames sont formées par les doigts réunis à l’aide d’un repli de la peau, et sont en général placées très-

loin en arrière, ce qui est favorable à la nage, mais rend la marche difficile. Nous citerons comme exemples de ce groupe les Manchots (fig. 254) elles Pingouins, quixmlles ailes si courtes, qu’elles ne peuvent servir au vol; les Pétrels, les Albatros, les Mouettes et les Sternes ou Hirondelles de mer (fig. 292), qui ont au contraire les ailes longues et le vol puissant; les Pélicans (fig. 269); les Frégates (fig. 250) et les Fous, qui sont non moins bien organisés

Fig. 292. — Hirondelle de mer.

pour le vol que les précédents, et se font remarquer par une palmure encore plus complète des pattes ; enfin les Cygnes, les Oies et les Canards (fig. 258), dont le bec est revêtu d’une peau molle, au lieu d’être garni de corne.

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