CLASSE DES REPTILES
§ 454. La classe des Reptiles comprend tous les animaux vertébrés à sang froid, dont la respiration est dès la naissance aérienne et incomplète. Ils ont des poumons comme les mammifères et les oiseaux ; mais leur appareil circulatoire est toujours disposé de manière qu’une partie du sang veineux se mêle au sang artériel sans avoir traversé l’organe respiratoire, et en général ce mélange s’opère dans le cœur, qui ne présente qu’un seul ventricule dans lequel s’ouvrent les deux oreillettes (§108). Enfin, la peau de ces animaux est presque toujours couverte d’écailles.
Par leur forme générale, les reptiles se rapprochent des mammifères plus que des oiseaux; mais, du reste, ils offrent à cet égard beaucoup de variations, comme on peut le voir en comparant entre eux une tortue (fig. 294), un lézard (fig. 293), et un
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serpent (fîg. 095). Leur tôle est presque toujours petite, et leur corps très-allongé. Quelques-uns, tels que les serpents, manquent complètement de membres ou n’en onlque des vestiges (fig. 296); mais la plupart de ces animaux, le lézard, par exemple, ont
Fig. 293. — Lézard vert piqueté.
quatre pattes conformées pour servir à la marche ou à la nage. Uu reste, ces membres sont d'ordinaire trop courts pour empê-
Fig. 29i. — Tortue grecque. Fig. 295. — Naja aspic.
cher le tronc de traîner à terre, cl, au lieu d’étre dirigés parallèlement à 1 axe du corps et de se mouvoir dans ce sens, ils se portent en général de cèté, et se meuvent de dehors en dedans perpendiculairement à cet axe, disposition qui est très-défavorable la locomotion : aussi la plupart des reptiles ont-ils l’air
de ramper sur le sol plutôt que de marcher, et c’est de là que leur vient leur nom.
Fig. 296. — Clialcide.
§ Zi55. Leur squelette présenta dans sa structure des variations bien plus grandes que celui des animaux vertébrés à sang chaud : presque toutes les parties dont il se compose peuvent tour à tour manquer, si ce n’est la tête et la colonne vertébrale ; mais les os qui s'y trouvent conservent toujours une grande ressemblance avec ceux des mammifères et des oiseaux, et se reconnaissent facilement pour en être les analogues.
§ â56. Le crâne est toujours petit et la face allongée ; la mâchoire inférieure est composée de plusieurs pièces comme chez les oiseaux, et s’articule aussi à un os distinct du temporal (l’os carré ou tympanique; quelquefois même cet os est à son tour suspendu à un levier mobile (fig. 308), disposition qui augmente beaucoup la dilatabilité de la bouche, comme nous le verrons bientôt en parlant de la déglutition chez les serpents. La mâchoire supérieure est en général immobile, mais chez les serpents elle est articulée de façon à exécuter quelques mouvements; chez plusieurs reptiles, les lézards et les tortues, par exemple, les os du crâne se prolongent latéralement au-dessus des tempes, en manière de bouclier, et donnent ainsi à la tête une largeur considérable. Enfin, la tête est en général peu mobile, et s’articule sur la colonne vertébrale au moyen d’un seul condyle à plusieurs facettes.
§ Zt57. Les os du tronc offrent, dans leur disposition et leur nombre, des variations plus considérables. Chez les lézards, les crocodiles et les autres reptiles conformés à peu près de la même manière, on n’y remarque en général que peu d’anomalies; et il est seulement à noter que les côtes sont plus nombreuses que chez les mammifères ou les oiseaux, et garnissent 1 abdomen aussi bien que la portion thoracique du corps. Chez les serpents, le sternum manque ainsi que les os des membres ; cl les côtes, dont le nombre est très-considérable, sont libres par leur extrémité inférieure : on en compte quelquefois plus de trois cents paires, chez la couleuvre, pur exemple, et elles sont assez mo-
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biles pour que l’animal puisse s’en servir comme d’arcs-boutanls dans ses mouvements de reptation. Les vertèbres jouissent aussi d’une grande mobilité, et s’articulent entre elles au moyen d’une tubérosité reçue dans une cavité correspondante et maihtenue a l’aide de ligaments. Mais c’est chez les tortues que la disposition de ces os est lé plus remarquable, car ils constituent deux grands boucliers entre lesquels 1 animal peut, en général, se retirer tout entier.
L’un de ces boucliers occupe le dos, et se nomme carapace (fig. 29/i) ; l’autre, situé sous le ventre (tig. 297), se nomme plastron, et de chaque côté ils sont unis entre eux de façon à laisser en avant et en arrière une ouverture servant au passage de
Fig. 297. — Tortue grecque (vue en dessous).
la tète, des pattes et de la queue. Cette espèce de cuirasse n’est recouverte que par la peau, qui, à son tour, est en général garnie de larges plaques écailleuses ; et tous les muscles et autres parties molles sont renfermés dans la grande cavité ainsi formée.
§ 458. La charpente osseuse des tortues, pour présenter celte disposition insolite, a dû être, comme on le pense bien, profondément modifiée : on y retrouve cependant les mêmes pièces constituantes que chez les animaux vertébrés normaux ; seulement, plusieurs de ces pièces ont changé de forme et de volume.
Lorsqu’on examine la carapace par sa face supérieure, on voit qu’elle est formée par un assez grand nombre de plaques osseuses unies entre elles par des sutures, et dont huit occupent la ligne médiane ; seize constituent de chaque côté de celles-ci une rangée longitudinale, et vingt-cinq ou vingt-six entourent le tout comme un cadre ovalaire. 11 est alors difficile de reconnaître la nature de ces os; mais si l’on examine la carapace par sa face inférieure (fig. 298), on voit aussitôt que les pièces médianes dont nous venons de parler ne sont autre chose que des dépendances des vertèbres dorsales (vd). En dessous se trouve effectivement le corps de chacun de ces os avec sa forme ordinaire, ainsi que le canal vertébral servant à loger la moelle épinière; mais la portion supérieure des parois de l’anneau qui constitue ce canal, au lieu d’avoir, comme de coutume, la forme d’une bande osseuse transversale séparée de ses congénères par un espace vide, et d’être surmontée d’une apophyse épineuse, est
ici élargie en manière de disque, et se .continue sans interruption avec les plaques analogues appartenant à la vertèbre qui précède et à celle qui suit. Ces vertèbres dorsales, devenues ainsi immobiles, portent chacune une paire de côtes comme chez l’homme et la plupart des autres animaux vertébrés; mais cescôtes (c) s’élargissent au point de se toucher dans toute ou presque toute leur longueur, et de s’articuler entre elles par des sutures; enfin, les pièces marginales (es) qui s’articulent avec l’extrémité des côtes, et qui bordent en quelque sorte la carapace, représentent évidemment la portion sternale de ces os, qui, chez les mammifères, restent à l’état cartilagineux, mais qui, chez les oiseaux, sont complètement ossifiés. Dans quelques tortues, elles restent même cartilagineuses, et, chez presque tous ces animaux, plusieurs d’entre elles s’appuient latéralement sur les bords du plastron.
Le plastron est formé par le sternum, qui présente un développement extraordinaire, et s’étend depuis la base du cou jusqu’à l’origine de la queue (fig. 297). Les pièces qui entrent dans sa composition sont au nombre de neuf, et au lieu d’étre placées toutes à la file les unes des autres, comme chez les mammifères, elles sont, à l’exception d’une seule, rangées par paires, et soudées ou articulées entre elles, de façon à former une grande plaque ovalaire. Tantôt ce bouclier est entier et solide dans toute son étendue; tantôt il est divisé en trois portions, dont l’antérieure et la postérieure sont un peu mobiles, et d’autres fois encore il est évidé au centre en manière de cadre; enfin, de chaque côté, il est fixé à la carapace, soit par un large prolongement osseux, soit par des cartilages, et, en avant comme en arrière, il en reste écarté pour laisser passer la tête, les membres et la queue.
La carapace et le plastron, ainsi que nous l’avons déjà dit, ne sont recouverts que par la peau ; aucun muscle ne s’insère à leur surface extérieure, et c’est par conséquent dans l’intérieur du tronc que vont se fixer ceux du cou et des membres. L’épaule, au lieu de s’appuyer sur la face externe des parois du thorax, se loge également dans l’intérieur de cette cavité, et le bassin est, pour ainsi dire, rentré dans l’intérieur de l’abdomen.
Les os de l’épaule (o, cl, co) s’articulent avec la colonne vertébrale, d'une part, et avec le sternum, de l’autre, de façon à former une sorte d anneau entre la carapace et le plastron. On y distingue trois branches qui souvent se soudent ensemble de bonne heure, et qui convergent vers la cavité articulaire de 1 humérus, qu'elles forment en se réunissant. L’un de ces os (o), sus-
reptiles.
pendu à la colonne verlébrale, est évidemment l'omoplate ; le second, qui se dirige en arriére («.), est 1 analogue de 1 os eora-
Fig, 298. — Squelette de Toi lue (1).
coïdien des oiseaux; et le troisième (cl), qui descend se joindre au plastron, est le représentant de la clavicule, ou du moins de l’apophyse acromion de l’omoplate, avec laquelle cet os s’articule d’ordinaire.
Le bassin (b) ressemble beaucoup à la ceinture formée par les os de l’épaule. Il se compose de trois paires de pièces distinctes :
(1) Squelette d'une Tortue de terre dont on a enlevé le plastron : — vc, vertèbres cervicales; — vd, vertèbres dorsales; — c, eûtes; — es, eûtes sternales ou pièces marginales delà carapace; — o, omoplate; — cl, clavicule; — CO, os coracoïdien; — û, bassin; — f, fémur; — t, tibia, — p, péroné.
un os iliaque, qui s'attache aux apophyses transverses des vertèbres postérieures de la carapace; un pubis et un ischion, qui l’un et l’autre se dirigent vers le plastron et se réunissent à leurs congénères.
§ à59: Chez d’autres reptiles, les os de l’épaule ressemblent davantage à ce que nous avons déjà vu chez les oiseaux. Les membres ne présentent en général rien de bien remarquable. Tantôt ils sont comme tronqués au bout, et ne peuvent servir qu’àpousser l’animal en avant : chez les tortues de terre, par exemple. Tantôt ils sont terminés par des doigts déliés et garnis d’ongles, qui permettent à l’animal de s’accrocher aux inégalités du sol et de grimper avec facilité : les pattes du lézard sont conformées de la sorte. D’autres fois il existe à l’extrémité des doigts une disposition particulière qui est singulièrement favorable à ce genre de mouvement : ainsi, chez les geckos, dont une espèce habite le midi de la France et y est connue sous le nom vulgaire de Tarente (fig. 299), les doigts sont très-élargis vers le bout, et
garnis en dessous de petits replis cutanés qui paraissent faire fonction de ventouses, et qui permettent à ces reptiles hideux de monter le long des murs les plus unis et mémo de marcher suspendus aux plafonds.
Il est aussi des reptiles dont les doigts sont opposables à peu près comme à la main de l’homme. Enfin, chez les caméléons (fig. 300), ils sont réunis en deux paquets qui s’écartent et se rapprochent comme les branches d’une pince, et qui servent à ces animaux pour saisir les branches sur lesquelles ils se tiennent ; les caméléons ont aussi la queue préhensile, ce qui en fait des animaux essentiellement grimpeurs.
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Enfin, chez d’autres reptiles conformés pour une vie plus ou moins aquatique, les doigts sont quelquefois transformés en une
Fig. 300. — Caméléon commun.
sorte de rame aplatie, impropre à la marche, mais très-favorable à la natation. Les tortues de mer (fig. 301) sont les seuls reptiles qui nous offrent aujourd’hui ce dernier mode de structure ; mais des époques plus reculées de l’histoire géologique du globe, nos mers étaient peuplées de grands animaux pourvus de rames semblables, et offrant du reste beaucoup de ressemblance avec les lézards et les serpents :
on a découvert des squelettes de ces reptiles à l’état fossile, et on les a désignés sous les noms d’IcHTHYOSAURES (fig. 302) et de Plésiosaures (fig. 303).
On connaît aussi des reptiles ailés. Les dragons (fig. 30/i), animaux assez voisins des lézards, sont dans ce cas. Ils se distinguent de tous les autres animaux de la même classe par l’existence d’espèces de voiles formées par un grand repli de la peau situé le long des flancs, et assez semblables aux ailes des chauvessouris, mais qui, au lieu d’être soutenues et mises en mouvement par les membres, en sont tout à fait indépendantes, et sont soutenues par les six premières fausses côtes étendues horizontalement en ligne droite. L'animal s’en sert comme d’un parachute pour se soutenir en l’air, lorsqu’il saute de branche en
Fig. 301. — Tortue caret.
branche; mais il ne peut les mouvoir avec assez de force pour voler comme une chauve-souris ou un oiseau. Ces singuliers
Fig. 302. — Ichtliyosaure.
reptiles, qui habitent l’Inde, réalisent donc, jusqu’à un certain point, la fable des lézards ou serpents volants, dont quelques écrivains de l’antiquité ont parlé; mais les dragons des zoologistes, au lieu d’étre des animaux redoutables, comme ceux des poètes, son! de très-pelile f ail 'e, et n’attaquent que les insectes.
Fig. 303. — Plésiosaure.
A l’époque où vivaient les ichthyosaures elles plésiosaures dont nous avons parlé il y a quelques instants, il existait aussi un rep-
Jj Fig. 304. — Dragon.
tile volant encore plus singulier que le dragon. D’après la structure de sa charpente osseuse, on voit que, de même que nos
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chauves-souris, il devait pouvoir marcher sur la terre et voler ; car ses pattes postérieures et tous les doigts de ses pattes de devant, un seul excepté, sont conformés de la manière ordinaire : mais le second doigt des membres antérieurs est plus de deux fois aussi long que le tronc, et servait probablement à soutenir un repli de la peau propre à remplir les fonctions d’aile. Pour rappeler cette conformation singulière, on a donné à ces sauriens fossiles le nom générique de Ptérodactyles (fig. 305).
§ Z16O. Les mouvements des reptiles sont en général moins vifs et moins soutenus que ceux desmammifères et desoiscaux, comme du reste un pouvait le prévoir d’après l’étendue plus bornée de leur respiration ; car il existe toujours, ainsique nous l’avons déjà vu, un rapport intime entre l’énergie de ces deux fonctions. Les muscles reçoivent moins de sang et présentent une teinte blanchâtre; enfin, il est également à remarquer que ces organes conservent plus longtemps leur irritabilité après qu’on lésa soustraits à l’influence du système nerveux. Chezles animaux à sang chaud, la destruction du cerveau et de la moelle épinière, ou la section d’un nerf détermine immédiatement une paralysie complète soit générale, soit locale; et peu de temps apiôs que ce phénomènes’est déclaré, il devient impossible d’exciter descontractions musculaires en piquant ou en stimulant autrement les parties
(1 ) Le fond noir indique le contour présumé do la peau.
affectées. Chez les reptiles, au contraire, la faculté d’exécuter les mouvements sous l’influence de ces stimulants se conserve dans des circonstances analogues pendant fort longtemps : ainsi la queue d’un lézard, détachée du corps, continue à se mouvoir pendant plusieurs heures, et il arrive souvent de voir une tortue, morte en apparence depuis plusieurs jours, agiter ses membres lorsqu’on en slimule les muscles par des piqûres. On peut en conclure que, chez ces animaux, la division du travail physiologique et la localisation des diverses fonctions du système nerveux sont portées moins loin que chez les mammifères et les oiseaux, d’où résulte une dépendance mutuelle moins intime entre les différentes parties de l’économie.
§ Ù61. L’encéphale des reptiles estpeu développé ; la surface du cerveau est lisse et sans circonvolutions (fig. 306). Les deux hémisphères sont ovalaires, plus ou moins allongés et creusés intérieurement d’un ventricule ; de même que
chez les oiseaux, il n’y a point de corps strié; enfin, à
leur partie antérieure, on remarque souvent des lo-
bules olfactifs assez gros, situés à l’origine des nerfs de la première paire. Les lobes optiques sont en général
assez grands et placés en arrière des hémisphères, sur Fig 306 m(^me niveau. Le cervelet est au contraire très-petit, et, de même que chez les autres animaux vertébrésovipares, il n’envoie pas sous la moelle allongée un prolongement transversal, de manière à y former une sorte d’anneau, comme chez les mammifères. La moelle épinière, comparée au cerveau, est très-développée, et l’on remarque aussi que les nerfs sont plus gros, proportionnellement au volume des parties centrales du système nerveux, que chez les animaux supérieurs.
§ ÙG2. La plupart des reptiles n’ont pas d’organe spécial pour le loucher, et eu général la sensibilité tactile en peut être trèsdéveloppée cà raison de la nature de leurs téguments. La peau est d’ordinaire recouverte par une couche épidermique épaisse et formée par des lames plus ou moins dures de matière cornée ou même osseuse. La substance connue sous le nom d’ écaille, et employée à des usages si variés eu tabletterie, n’est autre chose que les plaques cornées qui garnissent la carapace d’une espèce particulière de tortue marine appelée le caret (tig. 301). L’épiderme se renouvelle souvent, et quelquefois cette espèce de mue est partielle, ou du moins l’épiderme ne,(omhe que par lambeaux ; mais d’autres fois il se détache en entier, et conserve la forme de l’animal dont il provient. Les serpents se dépouillent ainsi plusieurs fois par an.
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Les yen v des reptiles ne présentent rien de bien remarquable. Leur disposition est en général à peu près la même que chez les oiseaux ; mais on n’y trouve que rarement un prolongement ayant de l’analogie avec le peigne. Les paupières sont ordinairement au nombre de trois, mais quelque fois elles manquent complètement. Chez les serpents, par exemple, la peau se continue sans interruption au devant des yeux, et présente seulement dans ce point assez de transparence pour ne pas opposer d’obstacle au passage de la lumière, disposition qui donne à ces animaux une fixité remarquable dans le regard.
L’appareil auditif est bien moins complet que chez les mammifères ou même les oiseaux. L’oreille externe manque presque toujours complètement ; il n’y a jamais de conque auditive, et le tympan est à fleur de tête et à nu, ou caché sous la peau, quelquefois même il n’en existe aucune trace ; la caisse n’est d’ordinaire ,que très-imparfaitement cloisonnée par les os du crâne, et communique par une large fente avec l’arrière-bouclic, dont elle semble quelquefois n’être qu’une dépendance ; les osselets de l’ouïe manquent pour la plupart j enfin le limaçon est souvent rudimentaire.
Les fosses nasales sont peu développées, et le sens du goût paraît être obtus chez tous ces animaux. La langue est quelquefois épaisse et charnue, mais en général elle est mince, sèche, trèsprotractile et bifide vers le bout : les serpents (fig. 307) et les lézards nous en offrent des exemples. Chez le caméléon, cet organe devient un instrument de préhension très-remarquable, car l’animal peut darder sa langue à une distance qui dépasse la longueur de son corps, et elle se termine par une espèce de pelote visqueuse à laquelle s’attachent facilement les mouches et autres insectes dont se repaît ce reptile à mouvements lents et gauches.
§ Û63. Il est peu de reptiles qui vivent uniquement de matières végétales. Presquetoussontcarnivores, et, â quelques exceptions prè-, ne recherchent qu’une proie vivante, qu’ils avalent, en général, sans la diviser : aussi le choix des animaux dont ils se nourrissent est-il, pour ainsi dire, réglé par le calibre de leur bouche. Celle-ci est toujours largement fendue ; mais c’est chez les serpents qu elle est susceptible de se dilater de la manière la plus remarquable : aussi ces reptiles peuvent-ils avaler des animaux plus gros qu’eux. Les deux branches de la mâchoire inférieure (mi, lig. 308) ne sont pas unies, et l’espèce de pédoncule ( t ) qui
les soutient (l’os tympanique) est non-seulement mobile luimême, mais comme suspendu à une autre portion du temporal, appelée os mastoïdien (ma), qui est également séparée du crâne (c)
etattachée à cette boîte osseuse par des ligaments et des muscles seulement. Les branches de la mâchoire supérieure (m) ne sont fixées à l’os intermaxillaire que par des ligaments qui leur permettent de s’écarter plus ou moins ; et les arcades palatines (p) participent aussi à cette mobilité. Ce mode de structure est en rapport avec les mœurs de ces reptiles essentiellement carnassiers. Èn effet, ils peuvent supporter pendant longtemps l’abstinence ; mais, en général, lorsque l’occasion se présente, ils engloutissent dans leur estomac une si grande masse d’aliments, que, pendant leur digestion, ils restent dans un état d’engourdissement plus ou moins profond ; ils ne mâchent pas leurs aliments, mais leur gueule est armée de dents crochues propres à y retenir la proie.
§ Zi6/i. Plusieurs serpents, tels que la vipère, l’aspic (fig. 295), le crotale ou serpenta sonnettes (fig. 314), et le trigonocépbale, présentent des particularités de structure encore plus remarquables ; car la nature les a pourvus d’un appareil venimeux à l’aide duquel ils frappent d’une mort subite, dès qu’ils les mordent, les animaux dont ils veulent se repaître. Leur venin est sécrété par des glandes qui ressemblent beaucoup aux glandes salivaires, et qui versent ce liquide au dehors par un conduit excréteur aboutissant à l’une des dents maxillaires de la mâchoire supérieure, dont la conformation est modifiée pour être en rapport avec Jee usages auxquels elle est destinée. Ces glandes (fig. 309, v) sont placées sous les muscles temporaux de manière à être comprimées parleur contraction; et cette dent, plus grande que les autres, est tantôt percée d’un canal, et tantôt creusée d’un sillon seulement ; mais, dans l’un et l’autre cas, le conduit qu’elle présente est en communication avec le canal excréteur de la glande venimeuse, et sert à verser le venin au fond de la plaie faite par la dent ellemême. Ce venin est un poison des plus violents. Il n’est ni âcre ni brûlant; il ne produit sur la langue qu’une sensation analogue à celle occasionnée par une matière grasse, et il peut être avalé
P p nu
Fig. 308. — Tète de Crotale.
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impunément; mais, introduit en quantité suffisante dans une plaie, il donne la mort avec une rapidité effrayante. Son énergie varie suivant les espèces et suivant des circonstances dans lesquelles le serpent se trouve. La même espèce paraît être plus dangereuse dans les pays chauds que dans les pays froids ou tempérés, et les accidents déterminés par sa morsure sont d’autant plus graves, que le poison coule plus abondamment dans la plaie : aussi ces animaux sont-ils bien plus redoutables lorsqu’ils ont jeûné quelque temps, et que leur venin est amassé en quantité considérable dans les glandes où il est sécrété, que lorsqu’ils viennent de mordre à plusieurs reprises, et qu’il ne leur reste plus qu’une petite quantité de ce liquide. On a remarqué aussi que leur morsure n’agit pas de la même manière sur tous les animaux. Il paraîtrait que, pour les sangsues, les limaces, l’aspic, la couleuvre et l’orvet, le venin de la vipère, par exemple, n’est pas un poison, tandis qu’il peut tuer avec une grande rapidité tous les animaux û sang chaud, les lézards et la vipère elle-même. En général, la quantité de venin nécessaire pour donner la mort est, toutes choses égales d’ailleurs, d'autant plus considérable, que l’animal blessé est plus grand : ainsi, lorsqu’un centième de grain de venin de la vipère suffit pour tuer un moineau, il en faudra six fois davantage pour tuer un pigeon.
Ce poison, pour agir sur l’économie animale, doit être absorbé et porté dans le torrent de la circulation ; aussi, dans les cas de morsure de serpents venimeux, faut-il se hâter d’employer les moyens les plus propres il ralentir cette absorption, afin d’avoir le temps de faire sortir ou de détruire le venin déposé au fond de la piqûre. La compression exercée sur les veines au-dessus du point piqué, et l’application d’une ventouse sur la plaie ellemême, sont les moyens les plus propres à ralentir l’absorption
(1) Appareil venimeux d’un Crotale, ou Serpent à sonnettes : — v, glande venimeuse, dont le conduit excréteur aboutit à la grosse dent mobile (c); — m, muscles élévateurs de la mâchoire, qui recouvrent en partie la glande et peuvent la comprimer ; — s, glandes salivaires qui garnissent le bord des mâchoires; — w, narine au-dessous de laquelle se voit la fossette qui distingue ces serpents et les trigonocéphales des vipèros.
s Fig. 300. (1)
du poison ; mais, pour délivrer complètement le malade du danger qui le menace, il faut en général élargir la plaie et en cautériser le fond, soit avec le fer rouge, soit avec des caustiques énergiques. On a vanté aussi plusieurs remèdes internes, tels que l’ammoniaque, l’arsenic, etc.; mais ces moyens, s’ils sont quelquefois utiles, ne peuvent inspirer une grande confiance. Les Indiens de l’Amérique du Sud attribuent des vertus encore plus grandes à une plante de ce pays, connue sous le nom de guaco ou de Micania guaco : ils assurent que non-seulement l’application des feuilles de guaco sur la morsure des serpents les plus dangereux prévient tout effet délétère, mais que l’inoculation du suc de cette plante empêche ces animaux de mordre la personne ainsi préparée. On cite à l’appui de cette opinion les observations d’un auteur espagnol, nommé Vargas, et celles de Mutis ; enfin, le célèbre et savant voyageur M. de Humboldt pense, d’après quelques expériences, que le guaco peut donner à la peau une odeur qui répugne au serpent et l’empêche de mordre.
Quant aux symptômes qui accompagnent l’action du venin, ils diffèrent suivant les espèces et suivant les circonstances. En général, la circulation s’affaiblit extrêmement, le sang perd la faculté de se coaguler, et la gangrène envahit la partie blessée.
La disposition de l’appareil venimeux varie chez ces reptiles. , Tantôt la dent qui termine le canal excréteur du venin est un crochet mobile, tantôt une dent immobile simplement sillonnée.
Les serpents à crochets venimeux mobiles sont les plus redoutables. Ces crochets (c, fig. 309), situés sur le devant de la bouche, sont isolés, très-aigus et percés d’un petit canal qui aboutit près de leur extrémité; ils sont fixés sur des os maxillaires trèspetits (fig. 308), et ces os, portés sur un long pédicule, sont trèsmobiles, de sorte que, lorsque l’animal ne veut pas se servir de ses crochets, il les relève en arrière et les cache dans un repli de sa gencive, tandis que, dans le cas contraire, il les redresse. On voit une de ces longues dents de chaque côté, et il y a derrière chacune d’elles plusieurs germes destinés à la remplacer si elle se casse dans une plaie; mais les os maxillaires ne portent pas d’autres dents, et l’on ne voit dans le haut delà bouche que deux rangées de dents palatines, au lieu de quatre rangées, comme chez les couleuvres. Ces derniers animaux, de même que plusieurs autres reptiles, ont le palais garni de dents, aussi bien que les mâchoires. D’autres reptiles sont au contraire complètement dépourvus de dents, les tortues, par exemple, chez lesquelles les mâchoires sont recouvertes d’une lame cornée à bords tranchants comme le bec des oiseaux ; mais il n y a jamais
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de lèvres charnues el mobiles, comme chez les mammifères.
§ 465. Les aliments ne devant pas séjourner dans la bouche pour y être broyés, le voile du palais aurait été en général inutile, et en effet il n’existe presque jamais. Chez la plupart de ces animaux, le pharynx n’est pas distinct de la bouche, et souvent il n’y a même aucune ligne de démarcation bien tranchée entre l'oesophage et l’estomac, qui est simple et de forme variée. Les intestins sont courts et dépourvus d’appendice cæcal; le gros intestin diffère peu de l’intestin grêle, et se termine dans un cloaque où viennent aboutir aussi les canaux urinaires et les organes de la reproduction.
Les reptiles ont, de même que les animaux supérieurs, des vaisseaux lymphatiques destinés à pomper les produits de la digestion et à les verser dans le torrent de la circulation.
§ 466. Leur sang est peu riche en matières solides, et les globules elliptiques qui y nagent sont d’un volume considérable. La disposition de l’appareil circulatoire varie ; mais, ainsi que nous l’avons déjà dit (§ 108), il y a toujours une communication directe entre le système vasculaire à sang rouge et le système vasculaire à sang noir, de sorte que ces deux liquides se mêlent, et que les organes ne reçoivent qu’un sang imparfaitement artérialisé par le travail de la respiration. Presque toujours le cœur se compose de deux oreillettes (fig. 810) s’ouvrant dans un seul ventricule.
— - Artère aorte ventrale.
• Artère pulmonaire.
Veine pulmonaire.
Oreillette droite.
Veine cave.
Crosse aortique gauche.
Aorte droite.
Artère pulmonaire.
Veine pulmonaire.
--- Oreillette gauche.
Ventricule unique.
Fig. 310. — Cœur d'une Tortue.
en résulte que le sang artériel venant des poumons, reçu dans oreillette gauche, et le sang veineux arrivant de diverses parties du corps dans l’oreillette opposée, se mêlent dans ce ventricule commun. Une portion de ce mélange retourne par l’artère aorte dans les divers organes qu’il est destiné à nourrir, tandis qu’une autre sa rend aux poumons par des vaisseaux qui ùaissenlimmé-
ao c c a
vp
bd
Eig. 311. (1)
diatemcnt du ventricule commun, ou même de l’artère aorte. Dans les crocodiles, le cœur (fig. 311) est conformé à peu près de la même manière que chez les oiseaux et les mammifères, et
présente une cloison qui sépare leventricule droit du ventricule gauche : il en résulte que cet organe offre deux ventricules distincts et deux oreillettes, et que vp m> le sang artériel ne s’y mêle pas au sang
veineux; mais une disposition particulière des artères opère ce mélange à quelque distance du cœur, elles vaisseaux de toute la moitié postérieure du corps ne reçoivent que du sang imparfaitement artérialisé. En effet, le sang veineux reçu dans le ventricule droit ne va pas en entier auxpoumons,commechez les vertébrés à sang chaud ; car, à côté de l’ouverturedesartèrespulmonaires(op), se trouve un au Ire vaisseau (a), qui naît également du ventricule droit, et qui, après s’être recourbé derrière le cœur, va aboutir dans l’aorte ascendante (ao). Un orifice pratiqué dans les parois de ces vaisseaux les fait communiquer aussi entre eux tout près de leur origine. Il résulte de cette disposition que, à chaque contraclion du cœur, une portion du sang veineux est envoyée aux poumons et une autre portion va se mêler au sang artériel; mais ce mélange ne se fait dans l’intérieur de l’artère aorte et n’a lieu principalement qu’au-dessous de l’origine des branches (c,e)que ce vaisseau envoie à la tête et à la partie antérieure du tronc, de manière que ces parties reçoivent du sang artériel presque pur, tandis que toutes celles dont les artères naissent en arrière du point de jonction de l’aorte avec le vaisseau venant du ventricule droit ne reçoivent qu’un mélange de sang rouge et de sang noir.
Quant au mode de distribution des artères chçz les reptiles, nous nous bornerons à ajouter qu’il existe deux ou plusieurs crosses aortiques se recourbant à droite et à gauche, et se réunissant bientôt pour constituer un tronc unique (fig. 53, p. 87).
(1) Cœur et gros vaisseaux du Crocodile : — V, v, veines qui rapportent le sang des diverses parties du corps à l’oreilletle droilo du cœur (od) • — vt, les deux ventricules, qui intérieurement sont séparés par une cloison; — ap, les deux artères pulmonaires qui se rendent du ventricule droit aux poumons ; — a} vaisseau qui part du même ventriculo et se réunit à l’artère aorte descendante; — vp, veines pulmonaires qui portent le sang artériel des jioumons à l’oreillette gauche ( og ), d’où il descend dans le ventricule gauche et pénètre ensuite dans l’artère aorte (no) et dans les deux artères (c, c) qui se distribuent à la tête, etc.
, REPTILES. 461
§ Zi67. La respiration est peu active chez les reptiles; la plupart de ces animaux ne consomment que peu d oxygène, et peu-
(1) i, langue et glotte; — æ, œsophage, coupé en a! pour mettre à découvert le cœur, etc.; — i, estomac; — i', intestin; — et, cloaque; — an, anus; — f, foie; — o, ovaire ; — o' œufs; — t, trachée; — p, poumon principal; — p', le petit poumon; — vl, ventricule du cœur; — c, oreillette gauche du cœur; — c', oreillette droite; — a, aortegauche; — ail, aorte droite; — a', aorte ventrale; — ac, artères
(carotides; — v, veine cave supérieure; — vc, veine cave inférieure^; — vp, veine
vent en être longtemps privés sans tomber en asphyxie. Du reste, la température a la plus grande influence sur ce phénomène, et, dans la saison chaude, le besoin de respirer se fait sentir plus vivement qu’en hiver.
Les poumons sont organisés d’une manière peu favorable à une grande activité de la fonction dont ils sont le siège; car leurs cellules sont très-grandes, et par conséquent la surface vasculaire destinée à recevoir le contact de l’air est péu étendue. Ils ne sont pas logés dahs une cavité particulière, le thorax n'étant pas séparé de l’abdomen par un muscle diaphragme, et l’air se renouvelle dans leur intérieur avec moins de facilité et de régularité que chez les animaux supérieurs. Quelquefois même, chez lés tortues; par exemple, l’immobilité des côtes rend impossibles les mouvements inspirateurs ordinaires, et alors c’est par une sorte de déglutition que l’air est poussé dans les poumons. Il est aussi à noter que les serpents offrent, dans la disposition de l’appareil respiratoire, une anomalie remarquable, l’un de leurs poumons étant tellement rudimentaire, que souvent on l’aperçoit avec peine, tandis que l’autre acquiert des dimensions très-considérables (fig. 312).
§ 468. Les reptiles sont tous des animaux à sang froid, c’est-àdire qui ne produisent pas assez de chaleur pour avoir une température sensiblement au-dessus de celle de l’atmosphère. Tout leur corps s’échauffe ou se refroidit en même temps que le milieu ambiant, et les changements de températhre qu’ils éprouvent ainsi influent puissamment sur toutes leurs fonctions. Une chaleur d’environ 40 à 50 degrés est promptement funeste à la plupart de ces animaux, et le froid tend à ralentir chez eux tous les phénomènes vitaux. En hiver, la plupart des reptiles ne peuvent plus digérer les matières ingérées dans leur estomac et ne prennent pas d’aliments. Leur respiration se ralentit aussi de la manière la plus remarquable, et l’abaissement de la température détermine souvent, chez ces animaux, un engourdissement léthargique analogue à celui des animaux hibernants.
§ 469. De même que les oiseaux, les reptiles n’ont pas de mamelles pour allaiter leurs petits, et se reproduisent par des œufs, seulement ceux-ci éclosent quelquefois avant la ponte (chez la vipère, par exemple), et l’on donne le nom d’ovovivipares aux animaux chez lesquels ce phénomène s’observe.
Le mode de développement de la plupart des reptiles no présente rien d’anormal, et, en sortant de l’œuf, ils ressemblent ;l leurs parents, tant par leur mode do respiration que par la structure générale de leur corps et de leur forme extérieure.
REPTILES
§ 470. En général, les reptiles abandonnent leurs œufs aussitôt après la ponte, et l’incubation s’en fait à l’aide de la chaleur atmosphérique seulement; mais il est à cet égard une exception remarquable : un
grand serpent de l’Inde, voisin des boas et des couleuvres, connu Fig. 313.— Agame.
sous le nom de py-.
thon, couve ses œufs, et pendant qu’il reste enroulé autour de sa progéniture, il développe une quantité de chaleur si considérable, que la température de son corps s’élève quelquefois à plus de 40 degrés.
Les reptiles se subdivisent en trois ordres : les Chêloniens, les Sauriens et les Ophidiens.
Les Chêloniens, ou Tortues, ont les côtes immobiles et réunies aux vertèbres dorsales pour constituer une carapace (fig. 294);
Fia. 314.
— Crotale ou Serpent à sonnettes.
leur corps est également cuirassé en dessous par un plastron (tig. 297) ; leur bouche est dépourvue de dents et garnie d’un bec corné ; enfin leur peau estpresque toujours recouverte de grandes
plaques écailleuses, et leurs membres sont au nombre de deux paires assez semblables entre elles.
Les Sauriens, ou Reptiles lacertiformes, et les Ophidiens, ou Serpents, ont au contraire les côtes et les vertèbres dorsales mobiles ; et ils ne présentent jamais ni carapace ni plastron; ils
Fig. 315. — Crocodile.
n’ont pas de bec corné; leur bouche est fortement dentée et leur peau est écailleuse. Ils diffèrent donc considérablement des tortues ; mais ils se ressemblent beaucoup entre eux, car on les distingue surtout par l’absence ou la présence des pattes, et ces organes disparaissent graduellement, de façon qu’on en trouve des vestiges même chez certains reptiles qui ne peuvent plus s’en servir pour la locomotion. Quoi qu’il en soit, on donne généralement le nom d’Ophidiens à ceux qui n’ont pas de membres, et l’on réserve le nom de Sauriens pour ceux qui en possèdent (lig. 313) et qui ressemblent ainsi à nos lézards. Comme exemples d’ophidiens, nous citerons les Vipères, les Crotales (fig. 31Zi), les Najas (fig. 295), parmi les serpents venimeux ; et les Couleuvres, les Boas et les Pythons parmi les serpents non venimeux. L’ordre des sauriens comprend les Crocodiles (fig. 315), les Lézards, les Caméléons (fig. 300), les Geckos (fig. 299), les Agames (fig. 313), les Iguanes, etc.
CLASSE DLS BATRACIENS.
§ 471. Les Batraciens ou Ampiiihiens, que l’on a longtemps confondus avec les reptiles, sont des animaux qui, dans le jeune âge, respirent par des branchies et ressemblent aux poissons par la conformation générale de leur corps, mais qui subissent des métamorphoses et acquièrent des poumons avant d’arriver à l’état adulte.
De même que les poissons et les reptiles, les batraciens sont des animaux à sang Iroid. Leur circulation est incomplète et leui respiration peu active. Leur cœur ne se compose que d’un ventricule commun et de deux oreillettes peu distinctes entre elles. Enfin, leur squelette est très-incomplet et leur peau est nue.