BATRACIENS
même époque, les poumons se développent et commencent à fonctionner, de sorte qu’à cette période de leur existence, les batraciens méritent à tous égards le nom d’amphibiens. Quelquefois, ainsi que nous l’avons déjà dit, ils conservent les branchies pendant toute la vie, et restent par conséquent toujours de véritables amphibies; mais en général ces organes de respiration aquatique s’atrophient à mesure que les poumons se développent, et chez l’adulte il n’en reste plus de traces.
L’appareil de la circulation subit des changements correspondants à ceux qu’éprouvent les organes de la respiration. Le cœur des batraciens adultes se compose, comme celui de la plupart des reptiles, de deux oreillettes et d’uu seul ventricule, d’où naît une grosse artère qui, à sa base, est renflée en bulbe contractile,
{tôt o ab
3 a ap av c ab 2 vb
Fig. 320. — Vaisseaux sanguins du Têtard de la Grenouille (I).
et qui bientôt se bifurque pour former les deux crosses de l’aorte. Mais, lorsque le jeune animal respire par les branchies seule-
(I) a, artère qui part du ventricule unique du cœur et se divise en six branches (ab) qui se rendent aux trois paires de branchies et s’y ramifient (on les appelle artères branchiales ); — br, les branchies, dans lesquelles on voit se distribuer les artères branchiales et naître les veines branchiales (vb) qui reçoivent le sang après son passage à travers les lamelles des branchies; celles des deux dernières paires de branchies se réunissent pour fournir de chaque côté un vaisseau (c) qui, en s’anastomosant à son tour avec celui du côté opposé, forme l'artère aorlc venlralc ou arlère dorsale (av), laquelle se dirige en arrière cl distribue le sang à lu plus grande pallie du corps ; la veine branchiale de la première paire de branchies se recourbe en avant et porte le sang vers la tète (t, t); — I, petite branche anastomotique extrêmement fine qui unit l'artère et la veine branchiales entre elles à la base de la première brunchic, et qui, en s’élargissant plus tard, permettra au sang de passer du premier do ces vaisseaux dans le second, sans traverser la branchie; — 2, petite branche anastomotique qui établit le passage de la même manière entre l'artère et la veine des branchies delà seconde paire; — 3, vaisseau qui, en se réunissant avec un filet situé plus en
dedans, joint également l’artère et la veine des branchies postérieures; o, artère
orbitaire; — ap, artères pulmonaires rudimentaires.
ment, le sang, chassé du ventricule, se distribue à ces organes, et de là se rend en majeure partie dans une artère dorsale dont
l tôt
3 ap av ap Fig. 321. (1)
les branches se ramifient dans les divers organes (fig. 320). Nous
ap av al’ Fig. 322.
(1) Fig. 321. Los mémos parties qtto dans la figure 320 chez un têtard branchies commencent à perdre de leur importance dans la respiration, et dont une Ïo du son" va du cœur aux diverses parties du corps sans traverser ces organes Les mêmes lettres indiquent les mêmes vaisseaux que dans la igme l’on remarquera que les branches anastomotiques (J, 2, J), Jesquo > ’ tablo
précédent, étaient capillaires cl ne pouvaient pas laisser passer , q ' . •
île sang, sont ici assez grosses, et que c’est avec elles, plu.ot qu'avec les vaisseaux
batraciens.
avons déjà vu que, chez les poissons, le sang suit le même trajet (§ 109); mais lorsque les poumons se développent, la disposition de l’appareil vasculaire change : il s’établit une communication directe entre les artères qui portent le sang aux branchies et celles qui le reçoivent de cet organe; de sorte que le liquide nourricier n’est pas obligé de traverser cet appareil de respiration aquatique pour arriver dans l’artère dorsale, et de là dans les diverses parties du corps. I/artèrc (a) qui naît du ventricule, et que l’on pourrait comparer d’abord à une artère branchiale, devient alors l’origine du vaisseau dorsal, et constitue avec lui une véritable artère aorte, dont certaines branches, quisc rendent aux poumons, se développent en même temps et établissent la circulation pulmonaire. Enfin, les vaisseaux branchiaux s’oblitèrent, et alors la circulation se fait à peu près de même que chez les reptiles. Le sang veineux, revenant de toutes les parties du corps, est versé dans le ventricule par l'une des oreillettes, et s’y mêle avec le sang artériel venant des poumons et poussé dans le même ventricule par l’autre oreillette. Ce mélange pénètre dans l’aorte, et se rend en petite partie aux poumons et en majeure partie aux divers organes de l’animal.
Les poumons des batraciens adultes n’ofirent qu’un petit nombre de cellules incomplètes, et ne reçoivent le sang qui doit y subir l'action de l’air que par l'intermédiaire de deux petites branches de l’artère aorte, lesquelles remplissent les fonctions d’artères pulmonaires. Aussi la respiration pulmonaire est-elle faible chez ces animaux ; mais la respiration cutanée supplée en partie à cette inactivité des poumons, et lorsque la température est basse, elle peut même suffire à l’entretien de la vie.
L’état incomplet du squelette ( lig. 323) chez les batraciens adultes nécessite, chez ces animaux, un mode d’inspiration ana-
Fig. 323. — Squelette de Grenouille.
branchiaux, que les arlères venant du cœur semblent so continuer. Les artères pulmonaires se sont aussi beaucoup développées. — Fig. 322. Les memes parties chez l’animal parfait, indiquées par ies mêmes lettres; les vaisseaux qui, dans le têtard su rendaient aux deux branchies de la seconde paire, so continuent maintenant avec l’aorte par l’intermédiaire des branches anastomotiques n« 2, cl constituent ainsi les deux crusses aortiques.
logue à ce que nous avons déjà vu chez les tortues. Ici les côtes manquent plus ou moins complètement, et le thorax, dépourvu d’une charpente solide, ne peut pas se dilater comme chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles. C’est donc par des mouvements de déglutition que l’animal pousse l’air dans ses poumons ; aussi, pour empêcher une grenouille de respirer, suffit-il de lui tenir la bouche grande ouverte.
Enfin le système nerveux de ces animaux est peu développé ; l’encéphale est très-petit et le cervelet surtout esta peine visible.
§ 473. 1.a classe des Batraciens est peu nombreuse, mais elle présente des modifications de structure si considérables, qu’il faut la diviser en quatre ordres, savoir :
Les Anoures, qui subissent des métamorphoses complètes, et qui, à l’état adulte, sont toujours, ainsi que l’indique leur nom, dépourvus de queue. Ce sont les Grenouilles, les Crapauds, les Rainettes (fig. 324), les Pipas, etc.
Les Urodèi.es, qui conservent leur queue, mais qui, à l’état
Fie. 325. — Salamandre aquatique.
adulte, ont quatre membres et point de branchies : les Salamandres aquatiques ou Tritons, par exemple (fig. 325).
Les Pérennibr anches, qui conservent leurs branchies pendant toute la vie, et qui, à l’Age adulte, ont aussi des poumons, savoir : les Protées, les Axolotls (fig. 146), les Ménobranches et les Sirènes.
Enfin les Céciues, qui manquent complètement de membres et ressemblent aux serpents par la forme générale de leur corps.
On a découvert dernièrement des animaux très-curieux, qui possèdent des branchies et des poumons comme les batraciens
POISSONS
pérennibranches,mais qui n’ont que des nageoires cylindriques à la place des pattes, et qui ressemblent tellement aux poissons par l’ensemble de leur organisation, que la plupart des zoologistes les rangent dans la classe suivante. Ces ont les Lepidosiren (fig. 1Ù7).