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CLASSE DES POISSONS

§ i\lh. La cinquième et dernière classe de l’embranchement des animaux vertébrés comprend les Poissons.

Ces animaux, ainsi que chacun le sait, sont destinés à vivre sous l’eau, et celte circonstance a imprimé à toute leur organisation un cachet particulier; mais les différences les plus importantes qu’ils présentent, lorsqu’on les compare aux autres vertébrés, consistent dans la conformation des appareils de la respiration et de la circulation. Ils n’ont de poumons à aucune époque de la vie, et ils respirent par des branchies seulement. Leur cœur ne renferme que deux cavités et ne reçoit que du sang veineux ; ce liquide, après avoir subi le contact de l’oxygène, passe dans un vaisseau dorsal, où aucune nouvelle force motrice n’accélère sa course vers les diverses parties du corps (§ 109). Leur circulation ne peut donc être aussi active que chez les animaux supérieurs, et leur sang est froid comme celui des reptiles. La peau est nue et couverte d’écailles seulement ; ils n’ont pas de mamelles comme les mammifères, et ils se reproduisent au moyen d’œufs; enfin leurs membres ont la forme de nageoires.

§ h 75. La forme extérieure des poissons varie ; mais leur corps est en général tout d’une venue. Leur tête, aussi grosse que le tronc, n’en est pas séparée par un rétrécissement semblable au cou des vertébrés supérieurs; et leur queue, par sa grosseur vers sa base, ne se distingue pas du resle du corps. Quelques-uns de ces animaux manquent tout à fait de nageoires; mais, chez presque tous, on voit un nombre considérable de ces organes placés, les uns sur la ligne médiane du dos et du ventre, et par conséquent impairs, les autres sur le côté et disposés par paires (fig. 326). Ces derniers représentent les quatre membres des animaux vertébrés. Les membres antérieurs, qui correspondent au bras de l’homme et à l’aile de l’oiseau, sont fixés, de chaque côté du tronc, immédiatement derrière la tête, et sont appelés nageoires pectorales. Les membres abdominaux (y), moins éloignés les uns des autres, occupent en général la face inférieure du corps, et peuvent être placés plus ou moins en avant ou en ar-

rière, depuis le dessous de la gorge jusqu’à l’origine de la queue : on les nomme nageoires ventrales. Les nageoires impaires occupenl, comme nous l’avons déjà dit, la ligne médiane du corps, et se distinguent en nageoires dorsales (d), nageoire anale (a) cl nageoire caudale (c), suivant qu’elles sont placées sur le dos, sous la queue ou à son extrémité. Du reste, les uns et les autres ont à

peu près la même structure, et consistent presque toujours en un repli de la peau soutenu par des rayons osseux ou cartilagineux, à peu près de la môme manière que les ailes des chauves-souris et des dragons sont soutenues par les doigts ou par les côtes de ces animaux.

On remarque aussi, à la surface extérieure du corps, de grandes fentes placées de chaque côté, immédiatement derrière la tête, et servant à la sortie de l’eau qui a baigné les branchies (o) : ce sont les ouvertures des ouïes. En général, il ne s’en trouve qu’une de chaque côté, et leur bord antérieur est mobile et ressemble à un battant de volet. Enfin, il règne dans toute la longueur du corps, de chaque côté, une série de pores qui forment ce que le? ichthyologistes nomment la ligne latérale.

La peau est quelquefois à peu près nue, mais presque toujours elle est couverte d’écaillcs. Quelquefois ces écailles ont la forme de grains rudes; d’autres fois ce sont des tubercules très-gros ou des plaques d’une épaisseur considérable; mais, en général, elles présentent l’aspect de lamelles fort minces, se recouvrant comme des tuiles et enchâssées dans des replis du derme. On peut les comparer à nos ongles ; mais elles renferment beaucoup plus de sels calcaires. Quant aux couleurs dont ces animaux sont

(1) Le Rouget ( Hullus larbatus ), pour montrer les diverses nageoires, etc.: — p, nageoire pectorale; — v, nageoire ventrale; — d*, première dorsale; — d*, deuxième dorsale ; — c, caudale ; — a, anale ; — o, ouverture des ouies; — b, barbillons do la mâchoire inférieure.

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ornés, elles étonnent par leur variété et par leur éclat. Tantôt elles ne peuvent être comparées qu’à de l’or ou de l’argent le plus brillant; tantôt ce sont les teintes les plus riches du vert, du bleu, du rouge ou du noir. La matière argentée, qui leur donne souvent un éclat métallique si beau, est sécrétée par le derme, et se compose d’une multitude de petites lames polies.

§ Zi76. Le squelette des poissons est ordinairement osseux ; mais, chez plusieurs de ces animaux, tels que la raie et le requin, il reste constamment à l’état fibro-cartilagineux ou carti-

lagineux; et ilen est môme où cette charpente offre encore moins de solidité et demeure presque membraneuse : certaines lamproies sont dans ce cas, et, sous ce rapport, elles établissent le passage entre les vertébrés et les invertébrés.

§ i\ll . I es os ne présentent jamais de canal médullaire, et le cartilage qui en fait la base n’est pas semblable àcelui des mammifères et des oiseaux ; car, lorsqu’on le fait bouillir dans l’eau, il ne donne pas de gélatine.

Le squelette se compose de la tète, à laquelle est joint un appareil hyoïdien très-développé et servant à la respiration ; du tronc, et des membres.

§ Zi78. La structure delà tête est très-compliquée. On y remarque d’abord une portion médiane, composée d’un grand nombre d’os articulés entre eux par des sutures et formant une espèce de carène immobile, à laquelle sont suspendus les os de la mâchoire, des joues, etc. Cette portion médiane, dont la forme ordinaire est à peu près celle d’une pyramide à trois faces ayant son sommet dirigé en avant (fig. 328), présente en arrière la boîte crânienne (c), où se loge l’appareil de l’ouïe, aussi bien que l’en-

Fig. 327. — Squelette de Perche.

céphale. Sa partie moyenne est évidée pour former les cavités orbitaires (or), et en avant on y remarque des fossettes appartenant à 1 appareil olfactif (n), et une espèce de gros boulon formé par 1 os vomer et servant à porter la mâchoire supérieure (fig. 329, v). On y distingue les analogues de l’os occipital, des temporaux,

n or

t p io

Fig. 328. — Os de la tôle du Crochet (1).

des sphénoïdes, des pariétaux, du frontal, d’un ethmoïde et d’un vomer; mais la plupart de ces parties sont composées de plusieurs pièces qui ne se soudent jamais entre elles, comme cela arrive de bonne heure pour les mammifères et les oiseaux.

A l’extrémité antérieure de celte portion crânienne de la tête se trouve la mâchoire supérieure, qui y est quelquefois fixée d’une manière immobile, mais qui, en général, conserve une grande mobilité : on y distingue, de chaque côté, un os intermaxillaire ( im ), placé près de la ligne médiane, et un os maxillaire ( m ), qui s’étend latéralement et qui est mobile sur le premier.

Une chaîne de petites pièces osseuses s’étend de chaque côté de l’angle antérieur de la fosse orbitaire, à son angle postérieur, et complète ainsi le cercle orbitaire. Plus en dedans, on voit aussi de chaque côté une sorte de cloison verticale qui est suspendue au crâne et qui sépare les orbites et les joues delà bouche. Elle est formée par les analogues des os palatins, plérygoïdien, tympanique, etc., et s’articule avec le crâne par deux points (sur le vomer et sur les tempes). A sa partie inférieure, elle donne

(1) c, crâne ; — or, orbite; n, fosses nasales; — im, os intcrmaxillaire ; — m, os maxillaire supérieur ; — t, espèce de cloison latérale qui sépare la joue de la bouche, et qui s’articule en avant au vomer par l'intermédiaire des arcades palatines, dont on aperçoit une portion au-dessus do l’os maxillaire, en haut avec le crâne (c), en bas avec la mâchoire inférieure, et en arrière avec lo préoperculo (p), qui, à son tour, porte l’opercule (op) ; — io, l’os préoperculaire suivi d’un sous-operculaire.

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attache à la mâchoire inférieure, et en arrière elle se prolonge de manière à constituer une sorte de couvercle mobile qui protège l’appareil respiratoire etqui est appelé opercule. Trois pièces de chaque côté forment la mâchoire inférieure, qui s’articule par une surface concave avec l’appareil jugal dont nous venons de parler. Enfin, en dedans de ces cloisons latérales et au fond de la bouche, se trouve une charpente très-compliquée dans sa structure, qui sert il l’insertion des branchies ou à protéger ces organes, et qui paraît formée par l’analogue de l’hyoïde parvenu

ph ar s or

im

dp

Fig. 329. — Tête et appareil respiratoire d’un Poisson (t).

â un développement extrême (fig. 329). L’os de la langue (/) se continue en arrière avec une série de pièces médianes, ets’arti-

(1) Fig. 329. Tête osseuse de la Perclie, dont on a enlevé, d’un côté, les mâchoires la cloison jugale et 1 opercule, pour montrer l’intérieur de la bouche et l’appareil hvoï-

liinérîpnr C' cru"e ~ or.’ 0l'hUe: ~ v. vomer (armé de dents); — im, mâchoire supérieure ; dp, dents implantées sur l’arcade palatine; - m, mâchoire inférieure

~’°l L br;',nc'lcs !a,drales d0 ''appareil hyoïdien; - ,, stylet servant à

stéées • — n branc 1CS a la facc Inlerne des cloisons jugales ; — r, rayons branchio-

articulâire de' 1aiC®,auX branchlaux >. ~ Vh, os Pharyngiens supérieurs ; — ar, surface d® la cloison déjà mentionnée; — o à h, ceinture osseuse supportant la

no i r?.C °ra ’ — 0 et 0’’ orn°plate divisée en deux pièces; — h humérus •

ab, os de l’avant-bras ; - ca, os du carpe ; - co, os coracoïdien. ’ ’

cule de chaque côté avec une branche latérale très-longue et très-grosse (b), qui, par son extrémité opposée, est comme suspendue à la face interne de la cloison latérale de la tôle dont il a été déjà question. Ces branches latérales, formées de plusieurs os, portent à leur bord inférieur une série de rayons aplatis et recourbés (r), qui concourent avec les opercules à compléter les parois des cavités branchiales, et sont connus sous le nom de rayons branchiostéges. En arrière de ces branches, il part de la portion médiane de l’appareil hyoïdien quatre paires d’arcs osseux (a), qui se dirigent en dehors, puis se recourbent en haut et en dedans, et vont se fixer à la base du crâne par l’intermédiaire de quelques petits os nommés pharyngiens supérieurs (pli). Ces arceaux portent les branchies et sont appelés pour cette raison arcs branchiaux. Enfin, en arrière de ceux de la dernière paire, à l’entrée de l’œsophage, se voient deux os pharyngiens inférieurs, disposés ordinairement de manière à pouvoir s’appliquer contre les os pharyngiens supérieurs dont il vient d’ôtre question.

Telle est en général la structure compliquée de la tête osseuse des poissons. Quelquefois on y remarque des anomalies : ainsi, chez les espadons et quelques autres espèces voisines des thons, la mâchoire supérieure se prolonge de façon à constituer une

espèce de bec semblable à une broche ou à une lame d’épée, dont ces poissons se servent comme d’une arme puissante FIG. 330. - Espadon. pour attaquer les plus grands

animaux marins. Quant à la comparaison des diverses pièces dont elle se compose avec les os de la tête des mammifères, nous ne nous y arrêterons pas, car il règne encore à cet égard beaucoup d’incertitude.

§ 479. La colonne vertébrale, qui fait suite à la tête, ne présente que deux portions distinctes, l’une dorsale, l’autre caudale (fig. 3'.27), car il n’y a ni cou ni sacrum. Le corps des vertèbres aune forme particulière: il est creusé en avant et en arrière d’une cavité conique; ces deux espaces vides se joignent quelquefois de manière à les transformer en un trou, et la double cavité conique résultant de la juxtaposition des deux vertèbres voisines est remplie par une substance molle. L anneau destiné au passage de la moelle épinière est surmonté d’une apophyse épineuse, et de chaque côté on voit en général une apophyse transverse plus ou moins distincte, qui, au-dessus de la cavité abdominale, se porte en dehors et s’articule d’ordinaire avec la

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côte correspondante, mais qui, dans lu portion caudale de la colonne, se dirige en bas, et forme souvent, avec celle du côté opposé, un anneau, de la partie inférieure duquel naît une longue apophyse épineuse, semblable à celle qui est située à la face dorsale de la vertèbre.

Les côtes manquent quelquefois ; d’autres fois elles enceignent tout l’abdomen, et, chez un petit nombre de poissons, elles viennent se fixer à une série d’os impairs que l’on doit considérer comme un sternum. Souvent elles portent un ou deux stylets, qui se dirigent en dehors et pénètrent dans les chairs. Il y a quelquefois aussi des stylets semblables qui partent du corps des vertèbres : et c’est ainsi que dans quelques genres, tels que celui des harengs, les arêtes des poissons deviennent très-nombreuses.

Enfin, on trouve encore, sur laligne médiane du corps, un certain nombre d’os, appelés interépineux (fig. 331, i), qui, en général, s’appuient contre le

sont tantôtdesos pointus nommés aiguillons ou i

épines ; tantôt des tiges os- F[0. 831 . Nageolro dorsale.

sifiées a leur base seulement, formées ensuite d’une multitude de petites articulations et souvent ramifiées vers le bout. Ces derniers appendices sont appelés rayons mous ou articulés : ils forment toujours la nageoire caudale (fig. 327), et quelquefois il n’en existe pas d’autres.

§ 480. Les nageoires latérales, qui représentent les membres, sont terminées par des rayons semblables à ceux des nageoires verticales et analogues aux doigts. A la nageoire pectorale, on trouve, à la base de ses appendices, une série transversale de quatre ou cinq petits os plats (fig. 329, co), comparables aux os du carpe, qui, à leur tour, sont fixés â deux os plats (a6), qui semblent être le radius et le cubitus élargis. Cet appareil est porté sur une espèce de ceinture osseuse, située immédiatement derrière lesouïes, elsur laquelle l’opercule vient s’appliquer comme sur un chambranle : il se compose d’une série de trois os, s’étendant depuis le crâne jusqu’à l’appareil hyoïdien, et porte en arrière un long stylet. La pièce principale qui entre dans sa com-

bout des apophyses épineuses des vertèbres, et qui s’articulent par leur extrémité opposée avec les rayons des nageoires

médianes (r). Ces rayons 4

position est celle qui porte l’avant-bras et qu’on peut par conséquent comparera l’humérus (h) : elle se réunit inférieurement avec celle du côté opposé et avec un prolongement médian de l’appareil hyoïdien, et tient au crâne par l'intermédiaire de deux os que Cuvier considère comme les analogues de l’omoplate (or) ; enfin, le stylet qui en part, et se prolonge en arrière sur les côtés du corps, est d'ordinaire formé de deux pièces, et peut être comparé à un os coracoïdien (co).

Le membre postérieur (fïg. 327) est moins compliqué; les rayons de la nageoire ventrale ne sont portés que par un seul os, en général triangulaire, qui souvent vient s’attacher en avant à la symphyse médiane de la ceinture osseuse du membre pectoral, et qui d’autres fois reste suspendu dans les chairs.

§ â81. Dans les poissons cartilagineux, tels que les raies et les squales, appelés vulgairement chiens de mer, la disposition du squelette diffère de ce que nous venons de décrire, et offre une ressemblance très-grande avec le squelette encore cartilagineux des têtards. Le crâne n’est pas divisé par des sutures, et ne se compose que d’une seule pièce, modelée d’ailleurs et percée à peu près comme le crâne d’un poisson ordinaire. La mâchoire supérieure est formée par des pièces analogues aux os palatins ou au vomer; les maxillaires et les intermaxillaires n’existent pas ou ne se trouvent qu’à l’état de vestiges, cachés sous la peau. La mâchoire inférieure n’a également qu’une pièce de chaque côté, et l’appareil operculaire manque en général complètement. La colonne vertébrale est quelquefois formée en grande partie d’un seul tube, percé de chaque côté pour le passage des nerfs, mais divisé en vertèbres distinctes ; souvent aussi le corps des vertèbres est percé de part en part, de façon que la substance gélatineuse qui remplit les intervalles de ces os forme un cordon continu. Quant à la disposition des os de l’épaule, du bassin et des nageoires, elle varie. Enfin, l’appareil hyoïdien, qui supporte les branchies, est en général conformé à peu près de même que chez les poissons ordinaires; mais, dans les derniers degrés de cette série (chez les lamproies, par exemple), les arcs branchiaux manquent.

§ â82. La plupart des poissons nagent avec une grande agilité : on assure que le saumon, par exemple, avance quelquefois avec une vitesse de 8 mètres par seconde, et parcourt en une heure l’espace de 3 ou à myriamèlres. En général, c’est en frappant latéralement l’eau par des flexions alternatives de la queue et du tronc qu’ils se meuvent de la sorte : aussi les muscles destinés à courber latéralement la colonne vertébrale sont-ils si développés,

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qu’ils constituent ordinairement à eux seuls la majeure partie de la masse du corps. Les nageoires médianes, c’esl-à-dire la caudale, la dorsale et l’anale, servent à augmenter l’étendue de cette espèce de rame ; mais les nageoires latérales, c’est-à-dire les pectorales et les ventrales, ne concourent que peu à la progression, et ont en général pour usage principal d’influer sur la direction de la course, et surtout de maintenir l’animal en équilibre.

§ 483. Une particularité de l’organisation des poissons, qui leur est d’un grand secours dans la natation, c’est l’existence d’une espèce de poche remplie d’air et disposée de manière à pouvoir être comprimée à volonté. Cette vessie natatoire , placée dans l’abdomen, sous l’épine dorsale, communique souvent avec l’œsophage ou avec l’estomac par un canal à travers lequel l’air contenu dans son intérieur peut s’échapper; mais en général ce fluide ne paraît pas y pénétrer par cette voie : il est le produit d’une sécrétion ayant son siège dans une portion glandulaire des parois du réservoir lui-mûme, et quelquefois celui-ci est complètement fermé. Par les mouvements des côtes, cette vessie élastique est plus ou moins comprimée; et, suivant le volume qu’elle occupe, elle donne au corps du poisson une pesanteur spécifique égale, supérieure ou inférieure à celle de l’eau, et le fait ainsi rester en équilibre, descendre ou monter dans ce liquide. On a remarqué qu’elle manque souvent, et que généralement elle est très-petite dans les espèces destinées à nager au fond des eaux, ou même à s’enfouir dans la vase, telles que les raies, les soles, les turbots et les anguilles; quelquefois cette vessie natatoire est membraneuse et reçoit beaucoup de vaisseaux sanguins, de façon à ressembler à un poumon.

Chez un petit nombre de poissons, les nageoires pectorales prennent un développement extrême, et permettent à l’animal de se soutenir pendant quelques instants dans l’air, lorsqu’il s’élance hors de l’eau. Le dactyloptère (fig. 111) nous en a déjà offert un exemple. Il en est aussi quelques-uns qui, en rampant ou par des sauts répétés, parviennent à avancer sur la terre. On en cite même qui grimpent sur les arbres ; mais ces exemples sont bien rares.

En traitant des organes du mouvement chez les poissons, nous ne pouvons omettre de signaler un appareil très-singulier qui se voit chez quelques-uns de ces animaux, et qui leur permet d’adliérer avec une grande force aux corps étrangers : c’est un disque aplati qui recouvre le dessous de la tête, et qui se compose d’un certain nombre de lames cartilagineuses dirigées obliquement en

arrière et mobiles (fig. 332). Les poissons du genre Echeneis sont les seuls qui offrent ce mode d’organisation; et l’un d’eux qui vit dans la Méditerranée et dans l’Océan, est depuis longtemps célèbre sous le nom de Rémora (fig. 333). Du reste, son histoire a été chargée de fables. On a prétendu que ce petit poisson se nourrissait par l’espèce de succion qu’il exerce avec

le disque dont nous venons de parler, et on lui a attribué le pouvoir d’arrêter subitement la course du vaisseau le plus rapide; mais ce sont là des fables dont nous ne devons pas tenir compte. Une espèce voisine de la précédente est très-commune dans les eaux de l’île de France, et il paraît que, sur les côtes de la Cafrerie, on l’emploie à la pèche, en le lâchant à la poursuite des poissons et en le ramenant, à l’aide d’une ligne attachée à sa queue, aussitôt qu’il s’est fixé sur sa proie.

§ h 8/i. La vie d’un poisson se passe presque entièrement à pourvoir à sa subsistance et à fuir ses ennemis; ses sens extérieurs ne paraissent lui donner que des impressions obtuses, et scs facultés sont des plus bornées; on ne lui connaît aucune industrie, aucun instinct rejnarquable : aussi son cerveau est-il peu développé, et ses organes des sens bien imparfaits.

La cavité du crâne est petite relativement à la masse du corps, et l’encéphale ne la remplit pas à beaucoup près. Entre ses parois et le cerveau, on trouve une masse spongieuse et grasse, d’un volume considérable, surtout chez les individus adultes. Les lobes qui composent l’encéphale sont placés à la file les uns des autres et représentent souvent une espèce de double chapelet. On y distingue un cervelet, des lobes optiques, des hémisphères cérébraux, des lobes olfactifs, et, en arrière de toutes ces parties, des lobes appartenant à la moelle allongée.

La nature des téguments des poissons doit leur rendre le tact très-obus ; et, dénués comme ils le sont de membres prolongés, et surtout de doigts flexibles et propres à envelopper les objets, ce n’est qu’au moyen de leurs lèvres que ces animaux peuvent exercer le sens du toucher. Les barbillons qu’on leur voit autour

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de la bouche (fig. 326, b) paraissent servir à les avertir du conlact des corps. I.e goùi est aussi à peu près nul ; car leur langue, à peine mobile, n’est pas charnue, et ne reçoit que peu de nerfs, et les aliments ne séjournent jamais dans la bouche. L’appareil de l’odorat est d’une structure plus compliquée, mais il n’est pas disposé de façon à être traversé par l’air ou par l’eau servant à la respiration. Les fosses nasales ne consistent qu’en deux cavités terminées en cul-de-sac, s’ouvrant en général au dehors chacune par deux narines, et tapissées par une membrane pituitaire plissée d’une manière très-remarquable. L’oreille est presque toujours logée tout entière dans la cavité du crâne, sur les côtés du cerveau, et ne consiste guère qu’en un vestibule surmonté de trois canaux semi-circulaires, auxquels les ondes sonores n’arrivent qu’aprôs avoir mis en vibration les téguments communs et les os du crâne. En général, on ne voit rien qui puisse être comparé à l’oreille externe, au tympan ou à la caisse. Enfin, les yeux sont très-grands et peu mobiles : ils n’ont pas de véritables paupières ni d’appareil lacrymal. La peau passe au devant de l’œil et se laisse traverser par la lumière. La cornée est presque plane, la pupille très-large et peu ou point contractile; enfin, le cristallin est sphérique. En général, ces organes n'offrent rien de particulier quant à leur position; mais chez quelques poissons ils présentent, à cet égard, une anomalie remarquable : en effet, chez les soles, les plies, les turbots et les autres poissons plats (fig.

334), ils ne sont pas logés, comme d’ordinaire, des deux côtés de la tête, mais sont dirigés l’un et l’autre du même côté, et cette espèce de monstruosité coïncide avec un défaut de symétrie dans d’autres parties du corps.

§ 485. Les poissons sont très-voraces : il n’en est qu’un trèspetit nombre qui vivent principalement de matières végétales, et en général ils avalent sans choix tous les petits animaux qui sont â leur portée. Quelques espèces sont dépourvues de dents; mais chez la plupart il en existe même plusieurs rangées, comme dans la gueule du requin, par exemple (fig. 335); et le plus ordinairement on en trouve non-seulement aux deux mâchoires mah au palais, implantées sur le vomer ou sur les os palatins (fig. 329), à la langue, sur le bord intérieur des arcs branchiaux,

et enfin jusque dans l’arrière-bouche, sur les os pharyngiens qui entourent l’entrée de l’œsophage. Elles n’ont jamais de racines mais se soudent en général avec l’os qui les porte : elles tombent néanmoins, probablement par un mécanisme analogue ;l celui de la chute du bois des cerfs, et sont remplacées par de nouvelles dents qui naissent tantôt sous les anciennes, tantôt à

Fig. 335. — Tête de Requin.

côté d’elles. Les dents dont les mâchoires sont armées ne servent d’ordinaire qu’à retenir ou à briser la proie; celles situées au fond de la bouche sont rarement disposées de manière à broyer. Bu reste, leur forme varie beaucoup : tantôt elles sont si fines et si serrées, qu’elles offrent l’aspect du velours; et d’autres fois elles constituent des crochets robustes, des lames à bords tranchants, ou des tubercules arrondis.

§ â86. Quelques poissons ne se nourrissent pas de matièressolides et vivent en suçant seulement les liquidesqu’ils puisent dans le corps d’autres animaux : les lamproies sont dans ce cas, et leur bouche, au lieu d’avoir la disposition ordinaire, offre une structure très-singulière, mais bien en rapport avec ses fonctions. En effet, les cartilages qui, chez les raies, etc., forment les mâchoires, sont ici soudés en anneau, et soutiennent un disque charnu dont la surface est garnie de dents et dont le milieu est occupé par la bouche; enfin, ia langue, également armée de dents, se meut en avant et en arrière en manière de piston, et permet à l’animal de se servir de cet appareil comme d'une ventouse, soit pour se fixer aux corps étrangers, soit pour pomper les matières dont il se nourrit.

La bouche n’est entourée d’aucune glande salivaire. L’œsophage est court; l’estomac et les intestins varient pour la forme et les dimensions. Le foie est généralement grand et d’un tissu mou; presque toujours le pancréas manque ouest remplacé par des cæcums d’un tissu particulier, placés autour du pylore. En-

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fin, la position de l’anus varie beaucoup : quelquefois il se trouve sous la gorge ; d’autres fois à la base de la queue. Lés reins sont extrêmement volumineux et s’étendent des deux côtés de la colonne vertébrale dans toute la longueur de l’abdomen. Leurs conduits excréteurs aboutissent à une espèce de vessie, dont l’ouverture externe est placée immédiatement derrière l’anus et l’orifice des organes reproducteurs.

La digestion paraît se faire très-rapidement, et le chyle est absorbé par de nombreux vaisseaux lymphatiques, qui aboutissent par plusieurs troncs dans le système veineux, près du cœur.

§487. Le sang des poissons, comme nous l’avons déjà dit, est rouge, cl les globules ont une forme elliptique et des dimensions considérables (§ 81, fig. 39, c).

Le cœur (fig. 54) est placé sous la gorge, dans une cavité séparée de l’abdomen par une espèce de diaphragme, et protégée par les os pharyngiens en dessus, les arcs branchiaux sur les côtés, eten général par la ceinture humérale en arrière. Il se compose, comme nous l’avons déjà vu, (§ 109), d’une oreillette, qui reçoit le sang veineux rassemblé dans le vaste sinus situé auprès, et d’un ventricule placé en dessous et donnant naissance, par son extrémité antérieure, à une artère pulmonaire, dont la base est renflée et constitue une bulbe contractile. Ce vaisseau se divise bientôt en branches latérales, qui se distribuent aux branchies ; et le sang, après avoir traversé ces organes, remonte vers la tète par un autre vaisseau qui longe également le bord des arcs branchiaux. Là ces canaux envoient quelques branches aux parties voisines, et se réunissent pour former une grande artère dorsale, laquelle se dirige en arrière au-dessous de la colonne vertébrale, et donne des rameaux à toutes les autres parties du corps (fig. 54). Enfin, tout le sang veineux ne se rend pas directement dans le sinus que nous avons déjà mentionné ; celui des intestins et de quelques autres parties, avant que de retourner au cœur, se répand par la veine porte dans le foie.

On voit donc que le sang, en parcourant le cercle circulatoire, traverse en entier l’appareil de la respiration, comme chez les mammifères et les oiseaux, mais ne passe qu’une seule fois dans le cœur, ce qui doit rendre sa marche plus lente. Enfin, le cœur lui-môme correspond par ses fonctions à la moitié droite du môme organe chez les vertébrés supérieurs (fig. 51).

• § 488. La respiration se fait au moyen de l’air dissous dans l’eau et a lieu à la surface d’une multitude de 'lamelles saillantes et très-vasculaires, fixées au bord externe des arcs branchiaux, dont nous avons déjà indiqué la position. En général, on compte

de chaque côté quatre branchies, composées chacune de deux rangées de lamelles allongées. Dans la plupart des poissons cartilagineux il y en a cinq (fig. 337), et dans la lamproie on en trouve sept. Chez presque tous les poissons osseux, ces lamelles sont sim-

chez la plupart des poissons cartilagineux, tels que les raies et les requins, elles sont fixées à la peau par leur bord externe, aussi bien qu’aux arcs branchiaux par leur bord interne.

L’eau nécessaire à la respiration entre dans la bouche, et, par un mouvement de déglutition, passe par les fentes que les arcs branchiaux laissent entre eux, et arrive delà sorte auxbranchies, dont elle baigne la surface, puis elle s’échappe au dehors par les ouvertures des ouïes. On voit, en effet, l’animal ouvrir la bouche et soulever son opercule alternativement. Chez les poissons dont les branchies sont libres à leur bord extérieur, il suffit d’une seule de ces ouvertures de chaque côté ; mais lorsque les branchies sont fixes, il faut, pour la sortie de l’eau, autant d’ouvertures qu’il y a d’espaces interbranchiaux. Aussi, chez le requin (fig. 337), on en compte cinq paires, cl chez la lamproie (fig. 354)

sept paires. On peut par conséquent connaître la disposition de l’appareil respiratoire par la seule inspection de ses ouvertures extérieures. Il est aussi à noter que chez quelques poissons, l’eau ne passe pas directement de la bouche dans la cavité respiratoire par les fentes situées entre les arcs branchiaux, mais y arrive par un canal placé au-dessous de l’œsophage, à peu prés comme la trachée des animaux supérieurs : les lamproies offrent ce mpde de structure.

Fig. 33G. — Hippocampe.

pies et fixées par la base seulement; chez un petit nombre, tels que les hippocampes, appelés vulgairement chevaux marins (fig. 336), elles sont au contraire ramifiées et en forme de panaches. Enfin,

Fig. 337. — ficquin.

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Los poissons ne consomment qu’une quantité assez faible d’oxygène; quelques-uns cependant ne se contentent pas de celle qui est dissoute dans l’eau, cl viennent de temps en temps ù la surface respirer l’air. Il en est même qui en avalent et qui convertissent l’oxygène en acide carbonique, en le faisant passer au travers de leur intestin : la loche des étangs nous offre, en effet, un exemple de ce singulier phénomène. Lorsque les poissons demeurent hors de l’eau, ils périssent en général promptement par asphyxie; non pas que l’oxygène leur manque, mais parce que les lamelles branchiales, n’étant plus soutenues par l’eau, s’affaissent et ne se laissent pas traverser aussi facilement par le sang, et parce que ces organes, en se desséchant, deviennent impropres à remplir leurs fonctions : aussi les poissons qui périssent le plus promptement par l’exposition à l’air ont-ils des ouïes Irès-fendues, ce qui facilite l’évaporation la surface des branchies; tandis que ceux qui résistent le mieux ont ces ouvertures très-étroites, ou possèdent même quelque réceptacle où ils peuvent conserver de l’eau pour humecter ces organes. Les divers poissons qui composent la famille des Pharyngiens labyrinthiformes sont très-remarquables sous ce rapport, et doivent leur nom aux cellules aquifères placées au-dessus de leurs branchies?

Ces cellules (fig. 338), renfermées sous l’opercule et formées par des lamelles des os pharyngiens, servent effectivement à retenir une certaine quantité d’eau, laquelle main tient les branchies humides lorsque l’animal est à l’tiir, et lui permet d’y vivre assez longtemps :

aussi ces poissons ont-ils l’habitude de sortir des rivières et des étangs qui sont leur séjour ordinaire, et de se porter ;l d’assez grandes distances, en rampant dans l’herbe ou sur la terre.

Ceux qui présentent cet appareil labyrinthiforme porté au plus haut degré de complication, et qui ont reçu le nom d’,4na6as non-seulement restent très-longtemps hors de l’eau, mais encore, à ce que l’on assure, grimpent sur les arbres. La plupart des poissons de cette famille habitent les Indes, la Chine et les

Moluques. Une espèce, le Gourami, qui est originaire de la Chine el qui est très-eslimé pour sa chair savoureuse, a été acclimatée dans les étangs de l’île de France et de Cayenne.

§ 489. Ainsi que nous l’avons déjà dit, les poissons ne produisent presque pas de chaleur; mais quelques-uns d’entre eux ont la singulière faculté de développer de l’électricité et de donner ainsi des commotions très-fortes aux animaux qui les louchent. La torpille, le silure ou malaplérure, et une espèce de gymnote, sont dans ce cas, et, chose remarquable, l’organe électrique présente une conformation toute différente chez chacun d’eux.

C’est le gymnote, ou anguille électrique (fig. 339), qui possède au plus haut degré cette faculté curieuse. Ce poisson habite

l’Amérique méridionale, et ressemble beaucoup aux anguilles ordinaires, si ce n’est qu’il manque de nageoires au bout de la queue, et que sa peau est sans écailles bien visibles. 11 atteint 2 mètres de long ; son corps est allongé et tout d’une venue, et sa peau est enduite d’une matière gluante : il est très-commun dans les petits ruisseaux et les mares que l’on rencontre çà et là dans les plaines immenses situées entre la Cordillère, l’Orénoque et la Bande, etc. Les commotions électriques qu’il donne à volonté et dans la direction qu’il choisit suffisent pour abattre les hommes et les chevaux. Le gymnote a recours à ce moyen pour se défendre contre ses ennemis, el pour tuer de loin les poissons dont il veut se repaître; car l’eau, ainsi que les métaux, transmet le choc engourdissant de ce singulier animal de la même manière que les paratonnerres conduisent, de l’atmosphère dans la terre, l’électricité des nuages. Ses premières décharges sont en général très-faibles ; mais quand il est irrité et agité, elles deviennent de plus en plus vives, et sont alors terribles. Lorsqu’il a frappé ainsi à coups redoublés, il s’épuise et a besoin d’un repos plus ou moins prolongé avant que de pouvoir donner de nouveaux chocs. On dirait qu’il emploie le temps à charger ses organes électriques, et les Américains profitent de cette circonstance pour le prendre sans danger. Pour faire la pêche des gymnotes, ils fout entrer de force, dans les étangs

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habités par ces poissons, des chevaux sauvages, qui, recevant les premiers chocs, sont bientôt étourdis et abattus ou môme tués ; ensuite on s’empare des gymnotes épuisés avec des filets ou avec le harpon.

L’appareil à l’aide duquel le gymnote produit ces commotions électriques régne tout le long du dos et de la queue, et consiste en quatre faisceaux longitudinaux, composés d un grand nombre de lames membraneuses parallèles et très- rapprochées entre elles, qui sont à peu près horizontales et unies par une infinité d’autres lamelles plus petites, placées verticalement en travers; les petites cellules prismatiques et transversales formées par la réunion de ces lames sont remplies d’une matière gélatineuse; enfin tout l’appareil reçoit des nerfs très-gros.

La torpille (fig. 8ZtO) est un poisson cartilagineux et aplati qui ressemble beaucoup aux raies ordinaires. Son corps est lisse, et représente un disque à peu près circulaire, dont le bord antérieur est formé par deux prolongements du museau qui, de chaque côté, vont rejoindre les nageoires pectorales, et laissent entre ces organes, la tête et les branchies, un espace ovalaire servant à loger l’appareil électrique de ces poissons. Cet appareil (fig. 3/il) se compose d’une multitude de tubes membraneux verticaux, serrés les uns contre les autres, comme des rayons d’abeilles, subdivisés par des cloisons horizontales en petites cellules remplies de mucosités et animées par plusieurs branches trèsgrosses des nerfs pneumogastriques. C’est dans p giQ ces singuliers organes que se produit l’électricité 'com'c à l’aide de laquelle les torpilles peuvent donner, à ceux qui les touchent, des commotions violentes, et produire tous les phénomènes qui, dans les expériences de physique, résultent d’un courant électrique ordinaire, tels que des étincelles, des décompositions chimiques, etc. Ces poissons sont moins puissants que les gymnotes, mais peuvent néanmoins frapper d’engourdissement le bras de celui qui les touche, et ils se servent probablement de ce moyen pour s’emparer de leilr proie. On a constaté dernièrement que cette propriété est sous la dépendance du lobe postérieur de l’encéphale, et qu’en détruisant ce lobe ou en coupant les nerfs qui en partent, on anéantit la faculté de produire des commotions. Nous avons dans nos mers plusieurs espèces de torpilles qui fréquentent les côtes de la Vendée et de la Provence.

Torpille commune.

ZOOLOlilE.

Enfin le silure électrique, ou malaptérure (fig. 3/i2), habile le Nil et le Sénégal; sa longueur est d’environ à/j décimètres, et il paraît devoir la faculté de donner des commotions électriques

Fig. 341. — Appareil électrique de la Torpille (1).

à un tissu particulier situé entre la peau des flancs et les muscles, et ayant l’apparence d’un tissu cellulaire feuilleté. Les Arabes donnent à ce poisson le nom de Raasch, qui signifie tonnerre.

§ h 90. Les poissons se multiplient au moyen d’œufs, et le nombre de ceux-ci est quelquefois immense : il peut s’élever, pour une seule ponte, à des centaines de mille. E:i général, ils n’ont qu’une enveloppe mucilagineuse et sont fécondés après la ponte.

(I) c, cerveau; — me, moelle épinière; — o, œil et nerf optique ; — e, organes électriques ; — np, nerfs pneumogastriques se rendant à l'organe électrique ; — ni, branche du précédent constituant le nerf latéral ; — n, nerfs spinaux.

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Quelques-uns de ces animaux sont au contraire ovovivipares; mais, quelle que soit la manière dont les jeunes poissons sont amenés à la vie, ils sont, du moment de leur naissance, aban-

Fig. 312. — Malaplcruro élecliii|uc.

donnés complètement à eux-mêmes, et dans le premier âge il en péril beaucoup.

C’est au développement simultané d’un nombre incalculable d'œufs déposés dans un même lieu, et à l’instinct qui pousse divers poissons à se suivre entre eux, que l’on doit attribuer la réunion de certaines espèces en légions immenses et serrées, appelées par les pêcheurs des bancs de poissons. En effet, on ne peut guère appeler ces réunions des sociétés : les individus dont elles se composent ne s’aident pas entre eux ; les mêmes besoins à satisfaire les retiennent dans la même localité, ou les en éloignent; et si on les voit quelquefois suivre l’un d’entre eux comme un guide, c’est probablement par suite d’une tendance à l’imitation qui accompagne toujours les premières lueurs de l’intelligence.

§ 491. Quoi qu’il en soit, ces animaux ainsi réunis en troupes font souvent de longs voyages, tantôt pour gagner la mer, tantôt pour remonter les rivières ou pour changer de parages. Certains poissons mènent une vie presque sédentaire, et restent toujours dans la localité qui les a vus naître; d’autres sont toujours errants, et un grand nombre de ces animaux font périodiquement des voyages plus ou moins longs. A l’époque du frai, ils se.rapprochent ordinairement des côtes ou entrent dans les rivières, et font quelquefois de la sorte un trajet extrêmement long. Chaque année, vers la même époque, des bandes de poissons voyageurs arrivent dans les mêmes parages, et l’on croit généralement que plusieurs de ces espèces émigrent régulièrement du nord vers le sud et du sud vers le nord, en suivant une route déterminée; mais peut-être serait-il plus exact de croire que lorsqu ils disparaissent du littoral, ils se retirent seulement dans les grandes profondeurs de la mer. Le hareng est un des poissons les plus re-

marquables sous ce rapport, et le plus célèbre par l’importance des pèches dont il est l’objet. Il habite les mers du Nord et arrive chaque année en légions innombrables sur diverses parties des côtes de l’Europe, de l'Asie et de l’Amérique, mais ne descend guère au-dessous du Zi5e degré de latitude nord. Quelques naturalistes pensent que tous ces bancs de harengs se retirent périodiquement sous les glaces des mers polaires, et partent de cette retraite commune en une immense colonne, qui, en se subdivisant, se répandrait sur presque toutes les côtes situées au-dessus du parallèle que nous venons d’indiquer. On a été môme jusqu’à tracer sur la carte l’itinéraire de ces poissons ; mais celte longue émigration et ce rendez-vous commun dans les régions arctiques sont loin d’ôtre démontrés, et il y a lieu de croire que les choses ne se passent pas de la sorte. C est près de nos côtes que les harengs déposent leurs œufs, et il est probable que les jeunes se retirent bientôt dans les grandes profondeurs de la mer, et s’y dirigent vers le nord, où ils doivent rencontrer en plus grande abondance les petits crustacés et les animalculespropres à leur servir d’aliments. Au printemps, d’autres besoins les rapprochent du rivage et leur font rechercher des eaux moins profondes et plus chaudes : ils se montrent alors en légions innombrables et descendent vers le sud ; mais, après être arrivés dans la Baltique, sur les côtes de la Hollande et jusque dans la Manche, on ne les voit pas reprendre la route du nord pour passer l’hiver sous les glaces du pôle, et recommencer au printemps suivant leur prétendu voyage périodique.

Quoi qu’il en soit, aux mois d’avril et de mai, les harengs commencent à se montrer dans les eaux des îles Shetland, et, vers la fin de juin ou en juillet, ils y arrivent en nombre incalculable et en formant de vastes bancs serrés, qui couvrent quelquefois la surface de la mer dans une étendue de plusieurs lieues et ont plusieurs centaines de pieds d’épaisseur. Peu après, ces poissons se répandent sur les côtes de l’Ecosse et del Anglclere. Pendant les mois de septembre et d’octobre, ils y donnent lieu à de grandes pêches; et, depuis la mi-octobre jusque vers la fin de l’année, ils abondent dans la Manche, principalement dans le détroit de Calais jusqu’à l’embouchure de la Seine. En juillet et août, ils restent d’ordinaire en pleine mer; mais ensuite ils entrent dans les eaux peu profondes, et cherchent un endroit convenable pour y déposer leurs œufs et y séjourner jusque vers le mois de février. Les harengs les plus vieux frayent les premiers, et les jeunes plus tard • mais la température et d’autres circonstances paraissent influer aussi sur ce phénomène : dans certaines localités ou en

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trouve d’œuvés pendant presque toute l’année. Après la ponte, ils sont maigres et peu estimés ; les pécheurs les appellent alors des harengs guais. Leur multiplication est prodigieuse : on a trouvé plus de 60 000 œufs dans le ventre d’une seule femelle de moyenne grandeur. On assure que leur frai recouvre quelquefois la surface de la m(tf dans une grande étendue, et ressemble de loin à de la sciure de bois qui y serait répandue. Du reste, on ne sait que fort peu de chose sur le jeune Age de ces poissons (1).

§ Â92. Les sardines, les maquereaux, les thons et les anchois sont aussi des poissons de passage, qui visitent périodiquement nos côtes et y donnent lieu à des pèches importantes. Le saumon est également remarquable par ses voyages; il habile toutes les mers arctiques, et chaque printemps il entre en grandes troupes dans les rivières pour les remonter jusque près de leurs sources. Dans ces émigrations, les saumons suivent un ordre régulier, en formant deux longues files réunies en avant et conduites par la plus grosse femelle, qui ouvre la marche, tandisque les plus petits mâles sont à l’arrière-garde. Ces troupes nagent en général avec grand bruit, au milieu des fleuves et près de la surface de l’eau si la température est douce, plus près du fond si la chaleur est forte. D’ordinaire les saumons avancent lentement et en se jouant ; mais, si quelque danger paraît les menacer, la rapidité de leur natation devient telle, que l’œil peut à peine les suivre. Si une digue ou une cascade s’oppose à leur

(1) I.a pcche du hareng est une des plus mporlantes : elle occupe chaque année des flottes entières, et jadis elle était poursuivie avec'plus d’activité encore. Vers le milieu du xvn<-“ siècle, les Hollandais n'y employaient pas moins de deux mille bâtiments, cl l'on a évalué à 800 000 le nombre des personnes que celle branche d’industrie faisait vivre dans les deux provinces de la Hollande et de la Frise occidentale. Les Norvégiens, les Américains, les Écossais, les Anglais, et même nos pécheurs, s'y adonnent aussi en grand nombre; et aujourd’hui encore, bien que son importance soit moindre, elle est néanmoins une grande source derichesses pour tout le littoral des mers du Nord. Dans nos divers ports situés entre Dunkerque et l'embouchure de la Seine, on compte chaque année trois à quatre cents bâtiments montés par environ 5000 marins qui s’occupent de la pêche du hareng, et l'on a évalué à près de 4 millions les produits qu’ils en obtiennent.

Celte pèche se fait d’ordinaire avec des filets de 500 à 600 toises de long, dont le bord inférieur cstalourdi par des pierres, tandis quelc bord supérieur est maintenu à flot au moyen de barils vides, et dont les mailles sont juste assez grandes pour permettre au hareng d’y enfoncer la tète jusqu’au delà des ouïes, mais ne laissent pas passer les nageoires pectorales. Le poisson, en cherchant à vaincre l’obstacle que cette grande cloison verticale oppose à son passage, s’emmaille ainsi; et ne pouvant plus, à cause de scs nageoires et de ses ouics, ni avancer, ni reculer, il reste prisonnier jusqu'à ce que les pêcheurs retirent leur filet à bord. Le nombre des harengs qui se prennent de la sorte est quelquefois si considérable, qu’en peu d'instants tout le filet s’en trouve garni et rompt sous leur poids. En général, celte pêche se fait loin du port, et, pour conserver le poisson, on le sale à bord.

marche, ils font les plus grands efforts pour la franchir. Eu s’appuyant sur quelque rocher et en redressant tout à coup avec violence leur corps recourbé en arc, ils s’élancent hors de l’eau, et sautent quelquefois de la sorte à une hauteur de /i à 5 mètres dans l’atmosphère, pour aller tomber au delà de l’obstacle qui les arrêtait. Les saumons remontent ainsi les fleuves jusque vers leur source, et vont chercher dans les petits ruisseaux et les endroits tranquilles un fond de sable et de gravier propre à y déposer leurs œufs ; puis, maigres et affaiblis par tant de fatigues, ils redescendent en automne vers l’embouchure des fleuves, et vont passer l’hiver dans la mer. Les œufs sont déposés dans uu enfoncement que la femelle creuse dans le sable ; le mâle vient ensuite les féconder. Les jeunes saumons grandissent très-promptcment ; et, lorsqu’ils ont atteint la longueur d’environ un pied, ils abandonnent le haut des rivières pour gagner la mer, qu’ils quittent, à leur tour, pour rentrer dans les fleuves lorsqu’ils sont longs de à à 5 décimètres, c’est-à-dire vers le milieu de l’été qui a suivi leur naissance. Nous avons déjà vu que les hirondelles, qui, à l’approche de la saison froide, émigrent vers le sud, reviennent chaque année dans les mêmes lieux. Il paraît que les saumons ont le même instinct. Pour s’en assurer, un naturaliste, nommé Deslandes, mit un anneau de cuivre à la queue de douze de ces poissons, et leur rendit la liberté dans la rivière d’Auzou, en Bretagne. Bientôt après ils disparurent tous; mais l’année suivante on reprit dans le même lieu cinq de ces saumons, la seconde année trois, et l’année d’après trois encore.

§ Zi93. Les mœurs des poissons n’offrent que peu de particularités curieuses ; mais l’histoire de ces animaux doit néanmoins

Fig. 343. — Morue commune.

nous intéresser, ne fût-ce qu a raison de 1 importance des pêches dont ils sont l’objet. A une époque qui n’est pas bien éloignée de la nôtre cette branche d’industrie occupait un cinquième de la population totale delà Hollande, et pour la pêche du hareng seulement ce pays couvrait de ses bâtiments les mers du Nord. En

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Angleterre, elle fait subsister aussi un nombre considérable de bons et hardis matelots ; et même en France, où elle a moins d’importance, on compte de trente à quarante mille pécheurs, dont prés du tiers s’aventurent chaque annéejusque sur les côtes de l’Islande et de Terre-Neuve à la recherche de lamorue(fig. 343), grand et excellent poisson qui abonde dans ces parages et qui se montre aussi, mais en petit nombre, dans nos mers.

§ 494. Classification. — Les poissons constituent une des classesles plus nombreuses du régne animal, et se divisent naturellement en deux séries, d’après la nature de leur squelette.

Le groupe ou sous-classe des Poissons osseux est de beaucoup le plus nombreux en genres et en espèces. 11 se compose de tous les poissons ordinaires, et se subdivise, d’après des caractères en général peu importants, en six ordres, désignés sous les noms d’ Acanthoptérygiens, de Malacoptérygiens abdominaux , de Malacoplérygiens subbrachicns, de Malacoptérygiens apodes, de Lophobranches et de Plectognathes.

§ 495. Les Plectognathes se distinguent de tous les autres poissons à squelette osseux par la conformation de la bouche; car leur mâchoire supérieure, au lieu d’étre mobile comme d’ordinaire, est soudée ou engrenée au crâne. On range dans ce petit groupe les Coil'res (fig. 344), qui sont remarquables par l’espèce de cuirasse à compartiments osseux dont ils sont revêtus. Les Diodons et les Tétrodons, qui ont la faculté de se gonfler comme des ballons en avalant de l’air et en distendant ainsi un peu leur estomac, appartiennent aussi àcettc division.

§ 496. L’ordre des Lophobranches ne présente rien de particulier dans la disposition des mâchoires, mais est caractérisé parla structure des branchies, lin effet, ces organes, au lieu d’avoir la forme de dents de peigne, se divisent en petites houppes rondes, par paires fixées le long des arcs branchiaux. On y range les Syngnathes, les Hippocampes ^fig. 336), etc.

§ 497. L’ordre des Acanthoptérygiens comprend tous les poissons osseux à mâchoire supérieure mobile et à branchies pectinées, dont la première nageoire est soutenue par des rayons osseux et spiniformes (fig. 331). Cette division renferme les trois quarts des poissons connus, et se subdivise en un grand nombre

de familles. On y range : les Perches, les Maquereaux, les Thons (fig. 345), les Espadons (fig. 330), etc.

§ 498. L’ordre des Malacoptérygiens abdominaux se distingue du

précédent parla nature desraÿons qui constituent la première nageoire dorsale, cl qui, au lieu d’être épineux, sont cartilagineux, articulés vers le bout, et en général divisés en plusieurs branches (fig. 346). Ce caractère lui est commun avec les deux groupes de poissons osseux dont il nous reste à parler; et, pour l’en distinguer, il faut ajouter que les nageoires ventrales sont situées sous l’abdomen, en arrière des pectorales et non attachées aux os de l’épaule. Nous citerons comme exemples de cet ordre : les Carpes, les Brochets (fig. 347),

Fig. 345. — Thon.

Fig. 347. — Brochet.

les Silures (fig. 342), les Saumons, les Harengs, les Sardines et les Anchois (fig. 448).

§ 499. Les Malacoptérygiens sdbbrachiens ont les nageoires conformées de la même manière que dans l’ordre précédent ; mais leurs nageoires sont placées sous les pectorales et suspendues aux os de l’épaule. Cette division comprend : la Morue (fig. 343), le Merlan, le Rémora (fig. 333), et la Famille des Mewronectes ou poissons plats, composée des Plies (fig. 349), des I urbots (fig. 334), des Soles, etc.

! 500 Enfin, l’ordre des Malacoptérygiens apodes est surtout caractérisé par le défaut de rayons, épineux à la nageoire dorsale et le manque absolu de nageoires ventrales. Les poissons

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qui offrent ce mode de structure ont tous une forme allongée et une peau épaisse, molle et peu écailleuse : ce sont les Anguilles, les Gymnotes (fîg. 339), etc.

§ 501. Les Poissons cartilagineux, ou Chondroptérygiens, ont le squelette ordinairement cartilagineux; quelquefois cette charpente intérieure est même presque membraneuse, mais jamais elle n’est osseuse, la matière calcaire qui en durcit la surface ne s’y déposant que par petits grains. On y remarque aussi une ressemblance très-grande avec le squelette encore cartilagineux des têtards. 11 est seulement à noter que les pièces qui représentent les os maxillaires supérieurs et intermaxillaires sont rudimentaires, et que la mâchoire supérieure est formée essentiellement par les analogues des os palatins. Tantôt les branchies sont libres à leur bord externe, comme chez les poissons osseux ; tantôt, au contraire, elles sont attachées par ce bord aussi bien que par leur bord interne, et cette différence sert de base à la division des poissons cartilagineux en deux groupes, savoir : les Chonch opténjgiens à branchies libres, qui constituent un seul ordre, et les Chondroptérygiens à branchies fixes, qui en forment deux, les Sélaciens et les Cj/clostomes.

§ 502. L’ordre des Chondroptérygiens a rranchies libres est désigné aussi sous le nom de Sturioniens, parce qu’il a pour type l’Esturgeon ( Sturio ). Il se compose de poissons dont la forme ne présente rien d’anormal (fig. 350), et qui ont pour la plupart la

peau garnie de grandes plaques osseuses disposées par rangées, et la bouche dépourvue de dents.

S 503. Les Chondroptérygiens a branchies fixes présentent un caractère commun très-remarquable dans la disposition de l’appareil respiratoire. Les branchies, au lieu d’être libres par leur

bord externe et suspendues dans une cavité commune, d’où l’eau s’échappe au dehors par une seule ouverture, sont au contraire adhérentes aux téguments; de sorte que, pour la sortie de l’eau qui les a baignées, i! faut autant d’ouvertures qu’il y a d’intervalles entre elles. Ces ouvertures sont presque toujours extérieures; quelquefois cependant elles débouchent dans un canal commun, servant à transmettre l’eau au dehors; enfin des arcs cartilagineux, souvent suspendus dans les chairs, sont placés vis-à-vis des bords extérieurs des branchies. Du reste, ces poissons diffèrent beaucoup entre eux, et constituent, ainsi que nous l’avons déjà dit, deux ordres, les Sélaciens et les Cyclostomes.

§ 50Zi. L’ordre des Sélaciens comprend tous les poissons cartilagineux à branchies fixes, dont les mâchoires sont mobiles et disposées pour la mastication. On y range la famille des Squales, composée des Requins (fig. 337), des Squales proprement dits, des Marteaux (fig. 356), des Scies, etc. ; et la famille des Haies, dans laquelle les Torpilles (fig. 340) prennent place, aussi bien que les Raies proprement dites (fig. 351). Tous ces poissons ont, de chaque

côté du cou ou à sa face intérieure, cinq ouvertures branchiales en forme de fentes, et plusieurs portent à la partie supérieure de la tête deux ouvertures, appelées évents, qui conduisent aux branchies, et qui servent à y porter l’eau nécessaire à la respiration, lorsque la gueule de l’animal est remplie par une proie trop volumineuse. Ces animaux sont très-voraces et souvent remarquables par la force et la multiplicité de leurs dents : le requin, par exemple (fig. 337). Les uns sont ovovivipares, les autres font des œufs revêtus d’une coque dure et cornée.

§ 505. L’ordre des Cyclostomes est caractérisé par la conformation singulière de la bouche, qui n’est propre qu’à la succion, et qui se compose d’une sorte de ventouse formée par les mâchoires soudées en anneau (fig. 353). Ces poissons sont les plus imparfaits de tous les vertébrés ordinaires. Leur squelette est quelquefois membraneux (chez lesammocètesou lamprillons)et

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