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ANIMAUX ANNELÉS

et des crustacés, et qu’on nomme antennes, les divers organes de mastication, les pattes, les nageoires, etc. (fig. 161, 162). Quelquefois les appendices de l’arceau supérieur existent partout, et remplissent, comme ceux de l’arceau inférieur, les fonctions de pattes : diverses annélidfes nous en offrent des exemples; mais d’ordinaire ils n’existent tout au plus que sur deux anneaux situés

Arceau dorsal. Rame dorsale.

Fig. 355. — Coupe verticale d'un anneau du corps d’une Annélide du genre Amphinome.

vers la partie moyenne du corps, et ils constituent alors des ailes ou des organes analogues, comme nous le verrons bientôt, en parlant des insectes. Les pattes sont, en général, au nombre de trois, quatre, cinq ou sept paires ; quelquefois on en compte plusieurs centaines, et d’autres fois elles manquent complètement; mais alors elles sont souvent représentées, pour ainsi dire, par des faisceaux de soies roides, comme dans le ver de terre, par exemple.

§ 509. La tendance que montrent les anneaux du corps à se répéter les uns les autres est remarquable dans la disposition des muscles et môme du système nerveux, aussi bien que dans la conformation du squelette tégumenlaire. En général, dans cet embranchement, chaque anneau, dans son état complet, possède une paire de ganglions nerveux ; tous ces ganglions, réunis entre eux par des cordons de communication ou connectifs, constituent une double chaîne qui occupe la ligne médiane du corps près de sa face ventrale (tig. 161). Chez la plupart des animaux articulés inférieurs, comme chez ceux plus élevés dans la série, mais dont le développement n’est pas terminé, ces ganglions sont tous à peu près égaux, et forment, avec leurs connectifs, deux chaînes semblables à des cordons garnis de nœuds étendus

d un bout du corps à l’autre (fig. 35li) ; mais à mesure que l’on s élè\ e à des êtres plus parfaits, on voit ces mêmes ganglions se rapprocher entre eux, soit latéralement, de manière à se confondre sur la ligne médiane en une seule série, soit dans le sens

Fig'. 356. — Anatomie do la chenille du Sphinx (4).

longitudinal, de façon à déterminer la réunion de plusieurs paires en une seule masse (fîg. 357). Cette centralisation est quelquefois portée si loin (dans certains crabes, par exemple), qu’il n’existe pour tous les anneaux du corps que deux masses nerveuses, l’une située dans la tête, l’autre dans le thorax; mais il est impossible qu’elle aille au delà, car les cordons qui réunissent entre eux ces deux centres nerveux passent de chaque côté de l’œsophage, et les ganglions céphaliques sont placés au devant ou au-dessus de ce tube ; tandis que les ganglions du reste du corps sont situés en arrière de l’œsophage, au-dessous du canal digestif. Cette portion du système nerveux forme, en effet, une espèce de collier autour de l’œsophage, disposition que nous retrouverons chez les mollusques. Mais la portion postœsophagienne ou ventrale du système ganglionnaire ne se compose chez ceux-ci que d’une ou deux paires de ganglions situés sur la ligne médiane du corps; tandis que, chez les animaux

(t) Fig. 356 et 357. Sphinx du troène : — a, ganglions céphaliques, ou cerveau’ situés au devant de l’œsophage et donnant naissance aux nerfs des yeux, etc. ; — b, cordons qui unissent ces ganglions à ceux de la seconde paire, en passant de chaque côté de l'œsophage, et formant ainsi un collier autour de ce canal ; — c, première paire de ganglions poslœsophagiens silués derrière la bouche ; — d, ganglions du premier anneau du thorax ; — e (fig. 357), masse nerveuse formée par les ganglions des deuxième et troisième anneaux thoraciques; — f, sixième paire de ganglions abdominaux ; — h, la bouche; — t, (fig. 357), la trompe; — j, œsophage; — k, estomac ; — Z, intestin et vaisseaux biliaires ; — tu, gros intestin ; — w, anus ; — o, pattes de la première paire ; — p , pattes de la seconde paire ; — q, pattes do la troisième paire; — v , première paire de pattes membraneuses de la chenille ; — s, vaisseau dorsal ; — (, premier anneau du thorax; — il, corne qui surmonte l’extrémité de l’abdomen de la chenille.

ANIMAUX ANNELES.

annelés, on trouve d’ordinaire une longue suite de ganglions ventraux ; et, lorsqu’il n’existe dans cette partie du corps qu’une seule niasse nerveuse, on reconnaît facilement qu elle résulte du rapprochement de plusieurs paires de ganglions. mis h e j

Fig. 357. — Anatomie ilu papillon Sphinx (1).

Les anatomistes désignent en général les ganglions céphaliques de tous ces animaux sous le nom de cerveau, et quelquesuns veulent voir dans la chaîne ventrale le représentant de la moelle épiniére ; mais ces rapprochements ne paraissent pas fondés, et s’il fallait chercher les analogues de ces divers centres médullaires chez les animaux vertébrés, ce serait plutôt aux petits ganglions situés sur le trajet des racines postérieures des nerfs spinaux qu’on pourrait les comparer.

§ 510. Les animaux annelés, ayant en général un système nerveux plus développé que les mollusques, des membres pour la locomotion, et une espèce de squelette tégumentaire, doivent nécessairement leur être supérieurs dans tout ce qui caractérise essentiellement l’animalité, c’est-à-dire dans les fonctions de relation; mais, sous le rapport des fonctions de la vie végétative ils sont moins bien partagés, car leur appareil circulatoire est moins complet et manque quelquefois presque entièrement. En général, ils ont le sang blanc; mais tous ne sont pas dans ce cas, et du reste celte différence ne paraît pas avoir chez eux une grande importance. Leur mode de respiration varie; leur tube digestif s’étend d’un bout du corps à l’autre; la bouche est placée à la tête, et l’anus à l’extrémité opposée. Enfin, il existe presque toujours des mâchoires, ou du moins des instruments particuliers pour la préhension des aliments, et ces organes sont toujours disposés latéralement parpaires, au lieu d’éire placés l’un au-devant de l’autre, comme chez les animaux vertébrés.

(t) Les diverses pal lies sont indiquées par les mêmes lellres que dans la figure précédente.

Cet embranchement se divise, comme nous l’avons déjà dit, en deux groupes principaux formés, l’un par les Animaux articulés proprement dits, qui se reconnaissent à leurs membres articulés; l’autre par les Vers, chez lesquels les membres n’existent plus ou ne sont représentés que par des tubercules garnis de soies, et chez lesquels presque toutes les parties de l’organisation se dégradent en quelque sorte, de façon à ne s’offrir souvent que dans un état d’imperfection fort grande.

SOUS-EMBRANCHEMENT

DES ARTIIHOPOOAIHES, OU AVIHAiA ARTICULÉS PROPREMENT DITS

§ 511. Les animaux articulés proprement dits ne doivent pas leur supériorité à leurs organes de locomotion seulement, ils ont aussi le système nerveux bien plus développé que les vers, et la localisation des fonctions est portée beaucoup plus loin dans leur organisation que chez ces derniers. Nous avons déjà signalé quelques-unes des différences qui distinguent entre eux ces êtres, et qui servent de base à leur division en classes (§ 380) ; il est par conséquent inutile d’y revenir en ce moment, et il suffit de reproduire sous la forme d’un tableau synoptique quelques caractères propres à ces divers groupes.

Le corps composé de l trois portions distinc- J tes, tête, thorax et ab- \Insecles, domen ; trois paires de ' pattes ; en général, des ailes

Point de distinction \ entre le thorax et 1 ab- I domen ; vingt-quatre > Myriapodes.

paires de pattes ou da- j 1 ou de poches I \ vantage ; jamais d’ailes. ]

ANIMAUX /pulmonaires..!

articulés a j Point de tète distincte du thorax ; \

proprement! .quatre paires de pattes; point d’anten- > Arachnides.

* 'nés ni d’ailes ’

Respiration aquatique s'effectuant par des branchies. En \ Crustacés. '.général , cinq ou sept paires de pattes; jamais d’ailes. . . >

INSECTES

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