DES TISSUS ORGANIQUES DES ANIMAUX
cellulaire. Ce tissu est une substance blanche, demi-transparente et très-élastique, qui se compose de filaments et de petites lamelles plus ou moins consistants et mêlés irrégulièrement de façon à laisser entre eux des lacunes ou espaces vides de forme et de grandeur variables. Ces cellules ou lacunes n’ont que des parois incomplètes et ne sont séparées entre elles que par une espèce de feutrage formé des brides dont il vient d’être question; aussi communiquent-elles toutes entre elles et peuventelles livrer facilement passage aux fluides qui tendent à les traverser; enfin, elles sont toujours imbibées d’un liquide aqueux chargé de particules albumineuses, qui a reçu le nom de sérosité.
Ce tissu connectif, appelé aussi tissu conjonctif , est de tous les matériaux constitutifs de nos organes le plus universellement répandu. Chez quelques animaux des plus simples, il paraît former la presque totalité du corps, et chez ceux qui ont, ainsi que l’homme, la structure la plus compliquée, ce même tissu existe en couches plus ou moins épaisses entre tous les organes; il occupe les interstices que ceux-ci laissent entre eux, et il s’étend dans l’épaisseur de leur substance où il sert à réunir les diverses parties dont ils se composent, comme à leur surface il sert à lier entre eux les divers appareils de l’économie; il est en quelque sorte la gangue de tous les organes, et en se modifiant de diverses manières il donne naissance à des membranes et à une foule d’autres tissus secondaires.
Le tissu musculaire constitue ce qu’on nomme vulgairement la chair des animaux : il est l’agent producteur de tous leurs mouvements, et consiste toujours en fibres susceptibles de se raccourcir. Quelquefois ces fibres sont, pour ainsi dire, disséminées dans la substance des organes ; d’autres fois elles sont rassemblées en masses, et forment des muscles ; mais, quelle que soit leur disposition, on les distingue toujours par leur faculté contractile, et dans le corps de l’homme, de même que chez la plupart des animaux, on les rencontre partout où il y a des mouvements à exécuter.
Le tissu nerveux est une matière molle et ordinairement blanchâtre, qui constitue le cerveau et les nerfs, et qui est le siège de la faculté de sentir; en traitant des fonctions de relation, nous aurons 1 occasion d’en étudier les propriétés et les usages.
Les autres tissus organiques qui concourent avec les précé-
ilont la substance enveloppante s’allonge en filaments et se subdivise ensuite en fibrilles ;
a, trame areolaire formée par la jonction de prolongements fibrillaires de cette espèce’.
dents à former les diverses parties du corps des animaux sont les membranes désignées par les anatomistes sous les noms de membranes séreuses et muqueuses, les diverses variétés du tissu fibreux, les aponévroses , les tendons, les cartilages, le tissu osseux, etc.; mais, ces tissus ne sont que des modifications du tissu utriculaire ou du tissu connectif, qui tantôt, comme dans les membranes séreuses, s’étend en grandes lames minces et lisses, tantôt, comme dans les aponévroses, s’enrichit d’une multitude de fibrilles élastiques et, d’autres fois, comme dans les cartilages et dans le tissu osseux-, se charge de produits organiques particuliers qui en remplissent les interstices, ou se solidifie par
Fig. 4. (I)
le dépôt de matières minérales dans les mailles de sa substance. Quant à l’élude plus approfondie de ces tis-us, elle trouvera sa place dans la suite de ce cours.
§ 20. Ces tissus, diversement combinés et affectant des formes particulières, constituent les différents organes ou instruments à l’aide desquels les facultés des animaux s’exercent.
Lorsque plusieurs organes concourent à produire un phénomène, on désigne cet assemblage d’instruments sous le nom d'appareil, et l’on appelle fonction l’action d’un de ces organes isolés ou de l’un de ces appareils. On dit, par exemple, appareil de la locomotion, pour désigner l’ensemble des organes qui servent à transporter l’animal d’une place à une autre, et fonction de la locomotion, pour désigner l’action de toutes ces parties.
Ainsi que nous l’avons déj;\ dit, la manière dont un organe ou un appareil fonctionne dépend de sa conformation, en sorte que
(1) Tissu osseux vu au microscope. — b, b, cellules donnant naissance à des prolongements rameux; — a, a, malièro osseuse qui occupe les intervalles entre les cellules radiées, et qui est formée par du phosphate ca'caire uni à une matière organique analogue à celle dont se composent les cartilages.