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ANNÉLIDES

La bouche occupe la face inférieure de la tête, ou l’extrémité ^antérieure du corps, lorsqu'il n’y a pas de tête distincte; elle est ■souvent armée d’une trompe protractile (fig. 462) et de mâchoires ayant la forme de crochets cornés. L’intestin est droit, tantôt

Fig. 462.— Tête et trompe d’une Glycère (1). Fig. 403. — Tête, etc., d’une Néréide.

simple, tantôt garni d’un nombre plus ou moins considérable de cæcums situés de chaque côté. Enfin, l’anus occupe l’extrémité postérieure du corps.

Le sang est presque toujours rouge; quelquefois cependant il est vert, et d’autres fois encore à peine coloré. Ce liquide circule dans un système très-compliqué de vaisseaux, dont les uns sont contractiles et tiennent lieu de cœur, et d’autres remplissent les fonctions d’artères et de veines. Du reste, la disposition de cet appareil circulatoire varie d’un annélide à un autre.

La respiration de ces animaux est quelquefois aérienne, mais en général aquatique, et, dans ce dernier cas, elle s’opère ordinairement au moyen de branchies extérieures dont la forme et la disposition varient beaucoup : tantôt ces organes ressemblent à des feuilles ou à des arbuscules, et sont fixés audessus des pattes, de chaque côtéjlu dos, comme chez l’arénicole ; tantôt ils ont 1 aspect de panaches, et sont Fig. 464. -Groupe de Serpules. réunis en couronne autour de l’extrémité antérieure du corps, disposition dont les serpules (fig. 46 4) nous offrent un exemple.

(1) c, portion antérieure du corps; — t, tête; — tr, trompe; — 6, ouverture buccale ; — m, mâchoires.

§ 585. La plupart des annélides habitent dans la mer, et plusieurs de ces animaux s’y construisent pour demeure un long tube, formé tantôt de matières calcaires sécrétées par la peau de l’animal (tig. /i6ti), tantôt de sable ou de fragments de coquilles agglutinés par une substance gélatineuse; plusieurs s’enfouissent profondément dans le sable, l’Arénicolc, par exemple ; d’autres se cachent sous les pierres. 11 est aussi des annélides d’eau douce : les Sangsues, qui se font remarquer par les ventouses dont les deux extrémités de leur corps sont garnies, vivent dans les ruisseaux; et il en est de même des Nais, qui ressemblent davantage aux vers de terre. Entin, ces derniers, que les zoologistes désignent sous le nom de Lombrics, sont des animaux terrestres.

CLASSE DES ROTATEURS.

§ 586. Ces êtres, que l’on confond souvent, mais à tort, avec

les animalcules infusoires proprement dits, sont d’une petitesse telle, qu’avant la découverte du microscope, leur existence n’était même pas soupçonnée; et néanmoins leur structure paraît être presque aussi compliquée que celle des annélides.

Tant que les instruments à l’aide desquels on les observait ne les faisaient paraître qu’une centaine de fois plus gros qu’ils ne le sont réellement, on n’a pu apercevoir dans leurinlérieuraucun organe distinct ; et pendant fort longtemps on les a cités comme des exemples d’êtres composés seulement d’une sorte de gelée animée et se nourrissant par imbibition. Mais les recherches de quelques naturalistes modernes, et surtout d’un professeur de Berlin, M. Ehrenberg, ont fait voir combien on s’était trompé à l’égard de ces animalcules; et aujourd’hui

(1) Anatomie de l'Hydatinc, animalcule microscopique voisin du Rotifcre : fl, cils

vibra tiles ; — b, masse charnue qui entoure la bouche et met en mouvement les mâchoires;— c, estomac; — d, cloaque; — r, anus; f, glandes salivaires; — g, ovaires; — h, muscles.

Fig, 465. — Hydatine (1).

ROTATEURS.

ce n’est pas leur simplicité de structure qui nous étonne, mais bien la complication de leur organisation toute microscopique.

Ces animalcules se rencontrent dans les eaux stagnantes. Leur corps est semi-transparent, et présente des traces assez distinctes de divisions annulaires. La bouche en occupe l’extrémité antérieure, et, de chaque côté, ou môme tout autour de cet orifice, se voient, en général, des cils vibratiles dont les mouvements rotatoires sont très-remarquables. Presque toujours l’arrièrebouche est garnie de muscles puissants et armée de mâchoires latérales. Le canal digestif est droit ; il s’étend d’un bout du corps à l’autre, et présente d’ordinaire, vers le milieu, un renflement qui constitue l’estomac de ces petits êtres; souvent on voit, de chaque côté de ce tube, des corps d’apparence glandulaire, et à son extrémité postérieure une sorte de cloaque dans lequel viennent déboucher les oviductes. On a découvert aussi dans ces animalcules un certain nombre de muscles, et même un système nerveux ganglionnaire.

§ 587. Les Rotifères (fig. 176), dont une espèce est devenue célèbre par les expériences de Spallanzani sur la suspension de la vie qu’entraîne le dessèchement, peuvent être pris pour type de cette classe. Leur corps est allongé, et se termine antérieurement par deux petites couronnes de cils qui, au gré de l’animal, rentrent dans l’intérieur ou se déploient en dehors, et qui, par leurs vibrations, produisent l’image de deux petites roues tournant avec rapidité sur leur axe. Une queue bifurquée et articulée les termine en arrière et leur sert pour se fixer aux corps sur lesquels ils veulent reposer; enfin on leur remarque encore deux petits points rouges qui paraissent être des yeux. Ces animalcules nagent avec une vivacité extrême, et pondent des œufs ovalaires.

§ 588. D’autres animalcules, auxquels on a donné le nom de Brachions, ressemblent aux rotifères par le mode général de leur organisation, mais méritent d’être signalés à raison de l’espèce de carapace dont leur corps est recouvert. Chez plusieurs de ces petits êtres, le test est même bivalve, et rappelle tout à fait colui de certains crustacés, tels que les cypris et les daphnies.

CLASSE DES TURBELLARIÉS.

§ 589. Cette classe doit comprendre un certain nombre de vers dont le corps, plus ou moins déprimé, présente à peine

quelques traces d’annulation et est couvert de cils vibratiles d’une petitesse extrême. En général ils n’ont pas d’anus, et leur appareil digestif est ramifié et terminé en cul-de-s’ac; leur système nerveux se compose de deux cordons latéraux terminés antérieurement dans une paire de ganglions cérébroïdes, et ils possèdent des vaisseaux sanguins bien constitués. Comme exemple de ces animaux, je citerai les Némertes et les Planaires.

CLASSE DES HELMINTHES ou NËMATOIDES.

§ 590. Cette division se compose d’une partie des animaux que l’on désigne quelquefois sous le nom commun de Vers intestinaux, parce qu’ils vivent le plus ordinairement en parasites dans le canal intestinal de l’homme et de plusieurs autres vertébrés. Les Nématoïdes ont le corps cylindrique et atténué aux deux bouts ; extérieurement ils ressemblent beaucoup aux lombrics ou vers de terre, et, de même que chez les annélides, leur canal intestinal est simple et étendu d’une extrémité du corps à l’autre; mais leur système nerveux est rudimentaire, et ils n’ont pas le sang coloré.

. Fio. 406. — A'carido.

Les principaux genres de celte classe sont les Ascarides (fig. Zi66), les Strongles et les Filaires. On y range aussi les Trichines, qui vivent dans la chair de divers animaux, le cochon par exemple, et qui infestent parfois le corps humain. Introduites dans l’estomac avec des aliments de mauvaise qualité, elles taraudent les tissus, et vont se loger dans la substance des muscles, où chacune d’elles s’entoure d’une sorte de poche membraneuse appelée kyste. Leur présence dans l’organisme peut déterminer la mort. Elles ne peuvent supporter, sans périr immédiatement, une température voisine de celle de l’eau bouillante; et par conséquent des aliments bien cuits peuvent être mangés impunément, lors même qu’ils seraient infestés de tri-

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