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DES FONCTIONS DE NUTRITION

décomposition moléculaires est la faculté d’absorber les matières étrangères, c'est-il-dire de s’en laisser pénétrer, de les attirer du dehors et de les admettre jusque dans la profondeur des organes.

L 'absorption, en effet, est une fonction commune à tous les êtres vivants.

§ 26. Chez les plantes, cette seule faculté suffit à l’introduction de toutes les matières nécessaires à la nutrition de ces êtres, et c’est directement qu’ils puisent autour d’eux tout ce qui doit pénétrer dans la substance de leurs organes ; mais, chez les animaux, il n'en est pas de même. Ceux-ci admettent bien de la sorte une partie des matériaux nouveaux qu’ils doivent employer à l’entretien de leur organisme ; mais ils ne trouvent pas autour d eux la totalité de ces matériaux tout préparés, et ils ont besoin d’approprier à leur usage la plupart des matières nutritives avant que de les absorber. Ce travail préliminaire, cette préparation des substances alimentaires nécessaire à leur introduction dans l'économie animale par la voie de l’absorption, constitue le phénomène de la digestion e t peut être signalé comme un des traits distinctifs des animaux comparés aux plantes.

§ 25. C’est donc par absorption que les matières puisées directement au dehors ou préparéespar le travail digestif sont admises dans l’intérieur de l’économie animale, où elles se mêlent aux humeurs du corps. Ces liquides les répandent ensuite partout où elles doivent pénétrer : quelquefois ce transport ne se fait qu’avec lenteur et ne s’effectue que par imbibilion, c’est-à-dire par l’effet d’un phénomène intérieur analogue à celui qui a déterminé leur introduction dans le corps, c’est-à-dire l’absorption ; mais, chez presque tous les animaux, la distribution rapide et régulière des matières nutritives dans toutes les parties de l’économie est assurée par l’existence de courants qui parcourent sans cesse tout le corps et qui servent en même temps à entraîner au loin les molécules éliminées de la substance des organes par le travail nutritif. Ce mouvement du fluide nourricier est déterminé par l’action d’un appareil plus ou moins compliqué et constitue une troisième grande fonction de nutrition, celle de la circulation du sang.

§ 26. Les substances nutritives qui pénètrent ainsi dans toutes les parties de l’économie animale ne suffiraient pas pour l’entretien de la vie. Ce sont bien des matières combustibles qui peuvent servir à former des tissus et à alimenter l’espèce de combustion lente dont l’organisme, avons-nous dit, est toujours le siège; mais, pour qre cette combustion elle-même puisse s’effectuer, il faut aussi de l’oxvgène. Or, les animaux trouvent en abon-

dance ce principe comburant dans l’atmosphère, et, à l’aide des rapports qui s’établissent entre l’air et leurs fluides nourriciers, ils en absorbent sans cesse. C’est par la même voie que les animaux se débarrassent d’une portion des matières ainsi brûlées dans l’organisme, et toute cette série de phénomènes constitue un travail physiologique particulier auquel on donne le nom de respiration.

§ 27. Les produits delà combustion respiratoire, de même que les matières éliminées des tissus par suite du renouvellement de molécules inhérent au mode d’accroissement des êtres vivants; ces matières, qui sont devenues en quelque sorte étrangères à l’économie, 11e doivent pas y demeurer, et, pour que leur sortie soit possible, il est évident que les animaux, de même que les plantes, doivent être le siège d’un phénomène inverse de l’absorption. C’est effectivement ce qui a lieu. Mais la manière dont les excrétions s’effectuent n’est pas identique : tantôt c’est un simple passage, en quelque sorte mécanique, des matières les plus fluides des humeurs qui s’échappent au dehors ; d’autres fois c’est un travail chimique qui opère la séparation de liquides particuliers dont la nature diffère essentiellement de celle du fluide nourricier qui les fournit. On donne au premier de ces phénomènes le nom d 'exhalation, et au second celui de sécrétion: et c’est par ces deux voies que l’économie élabore les sucs particuliers nécessaires à l’exercice de diverses fonctions, en même temps qu’elle se débarrasse de tout ce qui lui est inutile.

§ 28. Enfin la création de la matière vivante destinée à augmenter la masse des tissus ou à remplacer les parties détruites est un travail que le physiologiste 11e doit confondre avec aucun des phénomènes précédents : c’est l’acte par lequel l’organisme fixe dans son intérieur une matière étrangère, organise cette matière, et y développe des propriétés vitales : on le désigne sous le nom d 'assimilation.

Ainsi les fonctions de nutrition consistent essentiellement dans l’absorption, la digestion, la circulation, la respiration, l’exhalation, les sécrétions et l’assimilation. Ce sont, par conséquent, ces grands actes de la vie végétative que nous devons maintenant étudier successivement.

DK T.’ABSOItPTION.

§ 29. L’absorption est l’acte par lequel les êtres vivants pompent, en quelque sorte, et font pénétrer dans la masse de leurs humeurs les substances qui les environnent, ou qui sont déposées dans l’intérieur de leur corps.

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