ENGRAISSEMENT PROPREMENT DIT
Les sujrls à enjETaîsser <oronl i»lacé«; doux «Miscmhle dans des loges iaiblenienl éclaiit'cs vl réalisant une température de 12 à la degrés centigrades, pour réduire les rauses de déperdition. On assurera aux animaux des rondilions de tranquillité parfaite. Pour deux individus, la loge ofTrira les dimensions suivantes : 1°»,80 de long sur 2 mètres de large, soit 3"^,60 carrés de surface. L'emplacement sera suffisant pour permettre aux animaux d'être à Taise, sans nécessiter de déplacements excessifs; il est inutile d'annexer une cour à la loge.
Les porcs à l'engi'ais sont âgés de huit à dix mois, pour les variétés j)récoces, quatorze ou (juinze mois j)Our les variétés communes et leur alimentation ne différera que par quelques détails du régime établi précédemment.
L'engraissement des porcs de races précocos est en principe plus économique que celui des variétés tardives. Nous pouvons citer à cet égard les chiffres suivants, relatifs à l'emploi de la ration :
Matière sèche.
Graines concassées 1^^,400 ikg,204
Pommes de terre 2^e,^ZÙ 582 gr.
Dans Tengraissement de porcs Suffolks (précoces) et de porcs allemands (tardifs) alimentés avec cette ration on obtint les résultats suivants :
Suffolks purs»
Poids initial des 10 porcs kilogr.
— total après 37 jours 758 <->
EiNGRAISSEMBNT PROPREMENT DIT.
Poids individuel 53kg,700
— — 76kM00
Accroissement par téte 22i's,100
— par jour et par téte. . . . 597 grammes.
— — et par 100 Itg.
de poids vif 9i2 —
1 Idlogr. d'accroissement de poids vif a nécessité 2ks,992 de matière sèche.
Porc8 allemands.
Poids initial des 4 porcs 170 kilogr.
— total après 37 jours i34 —
Poids individuel 41 kilogr.
Accroissement par téte 14kflr,500
— par jour et par tète .... 392 grammes.
— — et par 200 kg.
de poids vif 765 —
1 kilogr. d'accroissement de poids vif a exigé 4^^,559 de matière sèche.
En résumé, rengraissement des porcs lardifs a coûté 1 fois 1/2 plus cher que celui des porcs précoces en Allemagne (1); il est bien évident qu'il faut également tenir compte des prix de vente différents des produits obtenus.
On associera aux pommes de terre, au pctit-lait et aux eaux grasses, des farines, graines cuites, des topinambours, châtaignes, citrouille, etc.
Dans la dernière période (reiiL^raîssement, alin d'améliorer la qualité de la viande, on utilisera Torge, qui aide à produire un lard ferme et de goût agréable.
Le mais réunit les conditions les plus avantageuses, sa teneur en éléments nutritifs bien digestibles est élevée, les animaux Tacceptent volontiers, et il est, de plus, la plupart du temps, meilleur marché que les autres graines; exclusif vement distribué aux porcs, il ne donne toutefois qu'une viande de deuxième qualité et un lard mou, à cause de sa teneur élevée en graisse; la dose la plus convenable est
(i) Rasthabcker, Économie ruirale.
PORCS
1 kilogramme par jour et par tète et il convient de remplacer à la fin de l'opération le mélan^'e de maïs ot de petit-lait distribué par de l'orge, pour améliorer la qualité delà viande.
L*orge convient parfaitement à Tengraissement, mais ses cours soutenus donnent à la viande un \mx de revient élevé ; Torge seule donne de meilleurs résultats que son remplacement partiel par des tourteaux. Une livre d'orge équivaut, pour ren^'raissciiient, à G livres de lait éciviiié et 12 livres de petit-lait (expéritMires danoises^ Le sei',:le équivaut au maïs comme valeur alimentaire, mais il est en général plus cher; l'avoine est d'un prix trop élevé. Les pois et les lèves, à la dose de 500 grammes par jour et par tète, conviendront, mais ces aliments sont d'une digestion difiicile ; on se trouvera bien de mélanger du mais pour faire accepter aisément cette ration aux porcs. On ne dépassera pas la dose de 2^9 ^^qo de pommes de terre; les raves, betteraves, carottes augmentent la digestibilité des grains concassés.
Le lait maigie est un aliment précieux, mais des rations supérieures à 3 litres ne sont plus i-émunératrices pour la pi'oduction de la viande, et sont mieux payées par l'élève des jeunes; le petit-lait, au contraire, à raison de 6 litres et même plus par jour, entrera avec avantage dans la composition des rations; le goût aigrelet de ces liquides surexcite Tappétit. La farine de riz est très digestible, mais sa teneur en matière grasse déprécie légèrement la viande. Les sons de froment et de seigle seront de préférence réservés aux sujets présentant de la constipation (1).
Les aliments concentrés, lurines de viande, touraillons, drèches et pulpes desséchées [)euvenl èire utilisés, mais les aliments oléagineux, tourteaux et graines, doivent être modérément employés, le lard obtenu est mou et de qualité inférieure. Avec les farines de poisson, la viande peut contracter un goût d'huile, la farine de viande lui communique une saveur peu agréable.
Les porcs consomment les fourrages verts, mais il est plus
(i) Gomniuuicatiua du Syndicat dos éleveurs de porcs. Hanovre» i903.
ENGHAISSSMSNT PROPREMENT OIT.
avantageux de les donner à l étal cuit et mélangés avec la farine ; ces fourrages, vesces, trèlks, luzernes, seront coupés avant floraison.
Le porc avale très rapidement ses aliments, Tinsalivation est souvent insufflsante, aussi recommande-t-on parfois de séparer les aliments solides et liquides afîn de forcer Tanimal à mastiquer les premiers ; on donne alors les aliments liquides à une heure d'intei'valle avant ou après, la coutume de donner les rations sous torme de « soupe >» est donc irrationnelle.
L établissement de tiois repas solides, le malin, à midi, le soir, avec distribution d'aliments liquides une heure avant ou après, concilie l'économie et la parfaite utilisation des rations.
11 faut réagir contre la tendance généralement accusée de donner aux porcs tous les résidus de (|uel(|ue nature qu'ils soient ; très souvent ces animaux consomment des aliments
avariés, fermentes, pouvant occasionnel' des accidents dangereux. On exclura <lu ré^'inu^ les [)ulpesde léculer ies provenant du truilcMient de {)omnies de lerre ^^'U('es (mi pourries, les lourleaux de coton v.l la nielle donnés en trop tories proportions; les eaux grasses des cuisines riiar^M'es de carbonate de soude ayant servi au lavage des bouteilles. Les récipients utilisés devront être tenus proprement, ainsi pourront être évitées les gaslro-entérites compliquées de troubles nerveux qui affaiblissent les animaux et déciment même les porcheries.
Le traitement à ap{)li(]uer à ces intoxications alimentaires consistera (;n lavements é\acuants à la graine de lin et au sulfate de soude, le régime uni([uenient lacté est ensuite adoplé juN(ju'à complète ^'uérison (II. (ieorgeV
Le sang peut èlie ulilisé mélangé et cuit avec des |)ommes de terre, des sons, farines, etc. ; la seule diniculté réside dans la conservation d*un produit aussi altérable ; il faut cuire le sang au four en mélange avec des farines grossières, de manière à réaliser des sortes de biscuits qui se consef ven aisément; on peut dessécher le sang coagulé à Tétuve, mais dans tous les cas on traitera chaque jour le sang dont on dispose (A.-G. Girard).
34S PORCS
Lés types de rations suivantes pour des porcs à Tengrais de 60 à 70 kilogrammes peuvent servir d'indication générale.
Eaux grasses et petit-lait 5 litres.
Pommes de terre cuites 5 kilogr.
Seigle cuit 600 grammes.
Lait écrémé «... 4 litres.
Carottes cuites C kilogr.
Farine de sarrasin 600 grammes.
Lait écrémé 3 litres. .
Résidus de distillerie de mais 10 kilogr.
Farine d'orge 700 grammes.
Le porc recherche volontiers le sel, c'est à cette affinité des
suidés pour les eaux salines qu'on doit la découverte de sources thermales célèbres : celles de Bourbonne-les-lîains notamment (xvi« siècle) et de Lunebour^ en Hanovre (1865) (1).
L'augmentation de poids vif obtenu dépend du réi;ime alimentaire et aussi de l'aptitude individuelle à prendre de la graisse; on rencontre de temps à autre des sujets qui sans présenter aucun symptôme de maladie s'engraissent difficilement. Ce sont parfois les derniers nés d'une portée; les paysans disent qu'ils sont noués; la proportion observée est d'environ 4 p. 100 à rétablissement de Kœbeneya (Hongrie).
On peut associer le régime de la stabulation à celui du pâturage ; en parcourant les champs les porcs trouvent des lai ves d'insectes, des racines de gesse tubéreuse, de scirpes, de fougères, orties; leur sensibilité pour certains poisons végétaux est caractéristique : la saponine, les graines de cotonnier, un champignon, parasite des feuilles du chêne, le Bclerotium fascieulatum les empoisonnent facilement (Gomevin) ainsi que certaines moisissures de matières comestibles et spécialement du pain; le sel marin à dose très forte peut déterminer une intoxication ; par contre, certains poisons les laissent indifférents.
Les glands du chêne que les suidés consomment aisément
(1) En commémoration de cette découverte, on conserve à rh6tel de ville de Luncbourg un jambon du porc à qui la région doit cette célébrité (H. George).
ENGHAISSEMENT PROPREMENT DIT
diffèrent de composition suivant les régions ; faiblement nu-r tritifs dans la Haute- Vienne, ils posséderaient une valeur alimentaire appréciable dans le Périgord, la Vendée, le Morvan, les Pyrénées. Sous rinflucncc de cette alimentation la chair prend une coloration bi une, un goût spécial, le lard est ferme et mince. Les marchands du Midi de la France qui vont acheter des jeunes porcs en Limousin, préfèrent toujours les sujets qui ont mangé des châtaignes, cet aliment donnant à la viande et au lard des qualités qui persistent toijyoars après Tengraissement ultérieur.
Dans ritalie centrale et méridionale, dans la Galabre, le Basilicale, les Marches, etc., les porcs s'engraissent dans les forêts de chênes, tandis que les éleveurs deTitalie septentrionale pratiquent l'engraissement à la porcherie.
L'engraissement en libei té suppose l'exploitation de races bonnes marcheuses et agiles.
11 va sans dire que la spéculât ion zootechnique la plus intensive est l'engraissement en stabulation; les cochons ainsi traités doivent être pesés souvent afm d'arrêter Topération au moment où le gain de poids vif obtenu est trop faible pour compenser les dépenses d'entretien et d*alimentation.
En Hongrie, où ces spéculations zootechniques sont très répandues, on pratique : 1*> l'engraissement en troupeau; 2° l'engraissement domestique; 3® l engraissement industriel.
Suivant le premier mode on léunit les porcs en troupeaux bien homo{.îènes de lOU h 300 tètes, et quand on arrive au poids moyen de 75 à 80 kilogrammes par tète on dirige le troupeau vers les marchés ou les établissements industriels d'engraissement; c'est donc à proprement parler une sorte de « mise en viande » (M. Vacher).
L'engraissement domestique se pratique différemment selon l'importance de l'exploitation : sur les grands domaines, les jeunes gorets de neuf à douze mois sont mis au régime exlensif des prairies et jachères jusqu'à l'automne, époque à laquelle on les place dans de vastes hangars où ils sont alimentés de maïs en épis, ou d'orge et de maïs égrugés, on obtient ainsi des animaux de bonne qualité, fermes de maniement. Les petits cultivateurs engraissent de 2 à 10 porcs dans DiPFLOTH. — Zootechnie, III. — 20
PORCS
un af>|M'iitis voisin de la maison en leui* dislriliuanl uuv nourriture abondante (blé, maïs) si ces produit^ s»' vondenl mal ou en les ali montant parcimonieusement lors de la hausse des cours des céréales. Ces méthodes ne permettent pas d'obtenir des sujets de bonne qualité, mais Tesprit d'association s'est développé en Hongrie et les paysans se sont réunis pour améliorer Texploitalion et la vente de leurs élèves ; le porc rassemblé, provenant des cultivateurs syndiqués, est exporté dans des proportions toujouis croissantes.