‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 107 sur 168 · IV. — MALADIES D£S PORCS · texte numérisé non relu

IV. — MALADIES D£S PORCS

(iréJ2éraiit^8. — Les suidés souffrent beaucoup de la chaleur, leur gueule peu ouverte, les narines étroites, la couche de graisse qui les revêt gênent la respiration; Tévaporation par la sueur étant à peu près nulle, il en résulte des chances d'apoplexie qui occasionnent des troubles graves durant les temps orageux et lourds. Nous avons insisté déjà sur la nécessité d'eiilrclenir les porcs dans les meilleures concilions d'iiyi^iént», en évitant pai ticulièrement Télévalion de température et en nictlaul à leur disposition de Teau propre et IVaiche.

Les porcins présentent vis-à-vis de la malaria et des aflections paludéennes une immunité caractéristique qui a permis leur exploitation dans des contrées malsaines. Ils sont peu exposés aux affections charbonneuses, mais deux maladies graves déciment ces populations : le rouget et la pneumoentérile.

Rouget. — Le rouget du porc est une maladie contagieuse, virulente, inocuIaMe, spéciale à l'espèce porcine et due à la puUuiation ilaii^ !<• sang et les tissus d'un bacille spécili(|ue.

Longtemps on aconl'ondu sous les noms de mal rouge^ érysipèle, feUf pourpre, le rouget avec le charbon.

Les travaux de Roche-Lubin, Haubner, Schmidt, Brauell, Eggeling, Pasteur et Thuillier, Loeffler, Schultz, Lydtin, Schollebur, Kitt, Bang, Jensen, Lorenz, Comevin (1), Nocard et Leclainche ont permis d^établir la nature même de ralTection.

Le bacille du rouget se présente, dans les tissus, sous forme d'un tin bàloniiet. de même dimension que le bacille tuberculeux ; ce bacille tue le porc, le lapin, la souris, le pigeon ; le cobave est abs<dument réfractaire.

Dès les époques les plus reculées on constate en France^ sur divers points de l'Furope Texistence de certains foyers d'où 1 épidémie s'étend; depuis 1850 l'extension du rouget,

(1) CoRNEVjN, Traité de Zootechnie spéciale. Les Porcs, 1898.

MALADIES DBS PORCS.

précipitée parla facilité des transactions, a contaminé tous les centres d'élevage; raffection sévit en permanence dans le Plateau central, la Vendée, la Bretagne, le Poitou, le Dauphiné, la Provence ; on peut évaluer à 100000 environ le nombre de porcs qui succombent annuellement.

Les symptômes diffèrent suivant les formes observées; sous la forme aiguë grave qui est la plus ordinaire, ranimai présente au début do la somnolenre et une diminution de l'appétit. Après douze, vingt-quatie heures linvasion est annoncée par une réaction fébrile intense (40°, 42°), les symptômes s'aggravent, le porc s'enfonce sous la litière et cbanceUe si on le force à se lever; la respiration devient difficile, les muqueuses sont injectées, violacées ; on perçoit une toux rauque, peu sonore.

Vers le deuxième ou le troisième jour, apparaissent sur la peau des taches rosées, se fonçant peu à peu jusqu'à la nuance violacée; ces taches appaiaissent principalement aux oreilles, autour des yeux, sous le ventre, aux flancs, à la face interne des cuisses, aux ars. Les animaux tombent alors dans un coma profond, la diarrhée est presque continuelle, la faiblesse del'arrière-train fait place à une paraplégie complète, la température s'abaisse et la mort survient sans agonie (Nocard et Leclainche).

L'évolution est toujours rapide et dure ordinairement quarante-huit à soixante heures ; parfois Tanimal meurt avant l'apparition des taches rou^^et hlancl. La guérison est pénible, souvent incomplète : le taux de la mortalité atteint 80 à 90 p. 100 du chiffre des malades.

Sur les animaux jeunes on observe des formes cutanées qui ne sont que des types atténués du rouget ; enfm quelques formes chroniques du rouget (endocardite bacillaire) ont pu être constatées.

Les lésions, étendues à tous les organes, affectent particulièrement rintestin et le système lymphatique.

En raison de la rapidité de révolution et de Tabsence de tout symptôme propre, le diaj.,^nostic d un premier cas de rouget est souvent difficile et peut être confondu avec Vérysi' pèle consécutif aux traumatismes, avec le coup de chaleur, fré-

BOUGBT.

quent parmi les porcs entassés dans les wagons. Pour difTérencier le rouget de lapneumo-entérlie on inocule des matières virulentes au cobaye et au pigeon. S'il s'agit du rouget, le pigeon mourra du troisième au cinquième jour, le cobaye reste Indemne; dans le cas de pneumo-entérite le cobaye meurt du cinquième au huitième Jour ; le pigeon survivra.

La contagion dans les porcheries s'établit à l'aide des urines, des matières diarrhéiques qui souillent les litières et les aliments, elle est rendue aisée par le pâturage des porcs, les agglomérations sur les marchés, etc.; ce sont surtout les voies digestives qui sont favorables à rinfection, la pénétration par les voies respiratoires est peu probable, le virus desséché perdant très vite son activité. *

Limmunisation est réalisée par les inoculations de virus atténués par les toxines elles sérums antitoxiques. L'immunisation par le virus atténué a été réalisée dès 1883 par Pasteur et Thuillier. On opéra à Taide de deux virus d*énergie' différente atténués par leur passage à travers l'organisme du lapinle premier virus très ailaibli permet au porc de recevoir le second virus plus virulent (jui le met à Tabri de toute infection.

L'injection de cultures liquides stérilisées (to.xines^ peut rendre le porc réfractaire aux formes les plus graves; enfin le sérum des lapins immunisés par des inoculations successives est doué de vertus immunisantes et capable de prévenir l'infection chez le lapin et la souris. La sérothérapie du rouget est •pratiquement réalisable; les porcs vaccinés par les virus atténués ou ceux qui ont résisté à une atteinte de la maladie donnent un sérum immunisant, cette immunité passive est toute "passagère mais peut être transformée en une immunité active par une inoculation virulente consécutive. M. Leclainche obtient un sérum plus actif à la fois préventif et curatif à l'aide do lapins et de porcs solidement immunisés par des inoculations successives de virus d'énergie croissante ou recevant des quan Utés considérables de cultures viinilentes et donnant ainsi un sérum dont le pouvoir antitoxique croit avec la quantité de toxine absorbée.

' La vaccination des porcs peut être réalisée pratiquement par la méthode de Pasteur (virus atténués) ; la vaccination pas-

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